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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

A 4 km. au sud du Mont dore, se dresse le massif du Sancy. C'est, avec ses 1 885 mètres d'altitude, le point culminant du Massif central et le plus haut volcan de France métropolitaine.

Naguère, on appelait le Puy de Sancy, le Puy de la Croix car une croix en fer se trouvait au sommet. On avait coutume d'y faire un pèlerinage en mai pour chercher le beau temps. La paroisse de Saint-Donat y allait le 6 août, jour de la Saint Sixte, vite déformé en Sancy.

 

-Puy_de_Sancy_and_cable_car_station---Herbythyme-2008.JPG                             Puy de Sancy  et téléphérique - photo herbathyme 2008

 

les-cretes-du-sancy-addt63.jpg                         Randonnée sur les sommets du Sancy - photo addt63


Sa mise en place s'est faite sur le versant sud de ce massif entre 1 et 0,2 million d’années, période à l'issue de laquelle il atteignit vraisemblablement l'altitude de 2 500 mètres. Des éboulements massifs se sont produits par la suite puis l'érosion, en particulier glaciaire, a fini de façonner le sommet. Il se présente aujourd'hui sous la forme d'un neck de grande taille.

 

Puy-de-Sancy---summitpost.JPG                           Puy de Sancy : neck et dykes sommitaux - photo summitpost


La roche qui le constitue est appelée Sancyite : c’est une trachyandésite de sancyite.jpgcouleur claire, contenant de gros cristaux de sanidine, de l’oligoclase, de la biotite, de la hornblende, parfois aussi un peu de tridymite et de cristobalite.

 

Echantillon de Sancyite - photo Y. & C. Lemeur


Les affleurements de sancyite sont nombreux, principalement rencontrés dans la partie interne du volcan, et sous des formes différentes :

- Necks et dykes : au sommet du Sancy, dans la vallée de Chaudefour

– en dômes péléens : puy de la Tache, puy Baladou

– en dômes-coulées : puy Gros

– en coulées épaisses : Puy Ferrand et Grande Cascade.

La sancyite des dômes-coulées et coulées épaisses est plus sombre que celles des autres formes.

 

puy_de_Sancy-depuis-la-Tour-Carre---Clement-Beckert.JPG             Le sommet du Sancy depuis la tour carrée - photo Clémént Beckert

 

Puy_de_Sancy-lave-du-sommet---MRW.jpg                                        Puy de Sancy - dykes sommitaux - photo MRW


Du sommet du puy de Sancy, le paysage s’ouvre à 360° sur quatre vallées qui prennent naissance sur ses flancs et qui ont été érodées par les glaciers : 

- la vallée de Chaudefour, qui possède le statut de réserve naturelle, au nord-est.

- la Fontaine salée, au sud

- la Dordogne, au nord

- la Biche, à l’ouest


La Vallée de Chaudefour :

Son amplitude altimétrique (1 150 - 1 854 m), ses pentes abruptes et le maintien d'une activité pastorale favorisent une grande variété d'espèces.

 

Chaudefour---Sancy---ericcyclosprtif-blog.jpg          Massif du sancy - la vallée de Chaudefour - photo ericcyclosportif blog


Source-ferrugineuse-sainte_anne_Chaudefour---Nadegen.jpgLa source ferrugineuse Sainte-Anne, accessible par une passerelle,  a donné son nom à la vallée.

 

Vallée de Chaudefour - source St-Anne - photo Nadegen


Les plus beaux necks et dykes du massif s’y trouvent : citons le puy Ferrand, le puy de la perdrix, la Dent de la rancune, le Crête du coq.

 

Ci-dessous :

Vallée de Chaudefour - à l'extrême gauche, le puy Ferrand - sur sa droite, en arrière-plan, le sommet du puy de Sancy.

photo Vulcanoo 2009.

Vallee-chaudefour-G-Puy-Ferrand---Puy-Sancy---Vulcanoo-200.JPG

 

Crete_de_coq_et_Dent_de_la_Rancune--Clumsy-and-stupid-2011.jpg        Vallée de Chaudefour : la crête de coq et la Dent de la Rancune - photo Clumsy and stupid 2011


   Chamois, mouflons et marmottes vivent sur le puy de Sancy. Seuls les mouflons et marmottes ont été introduits par l'homme puis ont prospéré, le chamois a quant à lui fait le chemin tout seul pour rejoindre les sommets sancyliens.

Le massif du Sancy présente également un grand intérêt pour sa flore : on trouve ici un certain nombre d'espèces alpines qui sont très rares dans le Massif central comme la soldanelle des Alpes, la benoîte des montagnes, l'érigeron des Alpes, le dryade à huit pétales… On y croise aussi une espèce endémique remarquable : la jasione naine (Jasione crispa subsp. arvernensis) qui ne pousse que sur les sols de trachyandésite.

 

jasione_crispa_arvernensis---Eric-Dronnet.jpg                  La jasione naine - Jasione crispa subsp. arvernensis - photo eric Dronnet

 

Les eaux ont érodé le massif au cours du temps, laissant quelques belles cascades et des orgues volcaniques intéressantes.

 

La-grande-Cascade-mont-dore---bertrandblogspace.jpg La Grande cascade - haute de 35 mètres, elle met au jour une succession de trachybasaltes et de sancyite - photo Baertrand D / blogspace

 

Chaudefour-cascade-de-la-Biche---Calypso-96-Panoramio.jpg                      La cascade de la Biche - photo Calypso 96 / Panoramio


Parmi les ruisseaux qui prennent leur source sur les flancs du Sancy : la Dore à 1 680 mètres d'altitude, et la Dogne à 1 640 mètres, et qui en se réunissant à 1 370 mètres d'altitude, donnent naissance à la Dordogne.

   

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et F. de Larouzière -éd. Delachaux & Niestlé

- BRGM – volcans Monts Dore – Sancy  - link 

- Les volcans du Massif Central – BRGM – P. Nehlig & al.

- Site touristique Monts Dore - Sancy

  

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le stratovolcan du Mont Dore est un analogue de celui du Cantal, plus réduit tant en volume qu’en surface.

 

AMUR.JPG                             Paysage des Monts Dore - photo marche-A.M.U.R.

 

Monts-Dore---calypso-96-panoramio.jpg                                   Les Monts Dore - photo Calypso 96 / Panoramio


Il présente une histoire complexe et difficile à reconstituer. Des datations ont été effectuées en 1979 par Ménard sur les nappes de ponces en rapport avec l’activité explosive (datations K/Ar) :

- Une nappe infrabasale, proche de La Bourboule, date de 8,33-6,1 Ma.

- Une nappe inférieure, avec un point d’émission aux environs du plateau de l’Angle, date de 4,7-4,5 Ma.

- Trois nappes supérieuressont distinguées :

La nappe de Pessy, située à l’intérieur de la fosse du Mont Dore, et avec un point d’émission aux environs de l’actuel puy de Sancy (Brousse) date de 3,8 +/- 0,2 Ma.

La nappe de Rochefort-Montagne, caractérisée par un point d’émission au nord-est du massif, date de 3,2 Ma. On peut en voir des coupes atteignant une épaisseur de 20 mètres au moins au niveau des anciennes carrières.

La nappe de la Charbonnière, située au centre de la caldeira, date de 3 Ma.

 

Nappe_de_ponce_de_ROCHEFORT-Montagne---BRGM.jpgCarrière de Rochefort-Montagne - la nappe de ponce ( le personnage donne l'échelle) - photo BRGM

 

tephrostratigraphie-mt-dore---Pastre---Cantagrel.jpg                           Carte téphrostratigraphique des Monts Dore - doc.Pastre & Cantagrel


Selon les auteurs, le volume de ponces émis, à l’origine de la caldeira du Mont Dore, est de 11 à 8,4 km³. Pour la Grande Nappe, le volume de lave avant expansion est estimé entre 5 km³ (Vincent) et 3,2 km³ de lave (Mossand)

 

Le-Mont-Dore---chaine-thermale-du-soleil_CORENTIN_MOSSIERE.jpg                              Le Mont Dore, la ville - photo Chaîne thermale du Soleil


Le thermalisme :

Le Mont Dore est une station thermale appréciée. Les sources sont les plus siliceuses de France. Riches en gaz carbonique, elles émergent à des températures comprises entre 38 et 44°C.

Elles ont utilisées depuis la période gauloise, puis romaine pour traiter les affections pulmonaires et rhumatismales. Des piscines primitives ont été Affiche_La_Bourboule-de-Sim-reproduite-par-F.Pouzerat-sur-m.JPGretrouvées sous les thermes romains. Au moyen-âge, la pratique a tendance à disparaître, sauf au Mont Dore.

Au 19° siècle, le thermalisme se développe dans la région : le Mont Dore, La bourboule et Saint-Nectaire voient s’ouvrir des thermes et des établissements de remise en forme. 

 

Affiche publicitaire de Sim ventant les mérites des eaux arsénicales de La Bourboule- reproduite sur mur par F. Pouzerat / photo de Sébastien Thébault.


Au Mont Dore, les huit sources alimentent un complexe de style néo-byzantin classé aux monuments historiques, où on soigne l'asthme, les affections respiratoires et les rhumatismes. Sont également traitées les sinusites et autres affections nasales telles que les polyposes naso-sinusiennes.

 

Thermes-du-Mont-Dore---Vinckie.jpg                  Thermes du Mont Dore - deux bassins abritent des sources - photo Vynckie

 

Thermes-du-Mont-Dore---salle-des-pas-perdus----Vinckie.jpg                              Thermes du Mont Dore - la salle des pas perdus - photo Vynckie.

 

Parmi les curistes célèbres, on relève des têtes couronnées, des présidents de la République, des écrivains tels que George Sand ou Anatole France, qui font des Monts Dore le cadre de leurs romans.

 

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et F. de Larouzière -éd. Delachaux & Niestlé

- BRGM – volcans Monts Dore – Sancy  - link 

- Les volcans du Massif Central – BRGM – P. Nehlig & al.

- Site touristique Monts Dore - Sancy

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'ensemble Monts Dore - Sancy est un édifice composite qui forme deux grands stratovolcans d'âges différents et couvrant une superficie d'environ 500 km², une vaste ellipse de 35 km N-S et 18 km E-O.  Le volume de laves - basalte, trachyandésite, phonolite, rhyolite - et produits pyroclastiques, de nature principalement rhyolitique ou trachytique, accumulées est estimé à 200 km³.

Il est recouvert par la chaîne des Puys au Nord et l'ensemble du Pavin au Sud, et culmine au Puy du Sancy à 1885m.

 

Le_mont_dore_vu_du_puy_gros---Fabien-1309.jpg                               Les Monts Dore, vus du Puy Gros - photo Fafien1309

 

massif_centra.htm_txt_volcfrbonperspectiv3.gif     Massif central Français- localisation respective des différents massifs volcaniques - carte BRGM

 

Evolution du Massif :

 

1. Les premiers signes d'activité volcanique dans cette région voient la mise en place de basaltes dispersés et peu importants à partir de 15 Ma et jusqu'à 3 Ma.

Entre les basaltes, des coulées et retombées de ponces trachytiques vont s’intercaler. Des extrusions de rhyolite et phonolite se mettent en place dans la région centrale.

 

2. Il y a 3,1 Ma, une période d’activité majeure se déclenche avec une coulée de ponces rhyolitiques porphyriques.

post-231-1255937434_thumb.jpg

 

 

Ensuite, la " Grande nappe " de ponces rhyolitiques fibreuses est émise : son volume est estimé à 9 km³. Elle affleure à la carrière de Rochefort-Montagne.

 

Ponce rhyolitique (Rochefort-Montagne) / Y & C. Lemeur - via Geoforum.

 

La-grande-nappe-de-ponce-Rochefort-montagne----college-de-.jpg"la Grande Nappe" de ponces affleurant à la carrière de Rochefort-Montagne - photo Collège de Rochefort-Montagne.


A la fin de cet épisode plinien cataclysmique, le toit de la chambre magmatique vidée s’effondre pour former la caldeira de la Haute-Dordogne : superficie 20 km² - profondeur dépassant 250 mètres.

 

Dossier-43-9634.JPG                  Doc. in Guide des volcans d'Europe ... / Krafft et de Larouzière


3. Une troisième période est caractérisée par la sortie de nombreux pointements trachytiques, phonolitiques et rhyolitiques, localisés en pourtour de la caldeira. De cette période datent le dôme de Luscade (2,6 Ma), les roches Tuilières et Sanadoire (2,7 – 2 Ma), et diverses coulées.

Il y a 2 Ma, l’effondrement de l’Aiguiller engendre une énorme avalanche de débris qui recouvre un tiers du massif.

 

Roches_tuiliere_et_sanadoire---Thierry-46.jpg                                    Les Roches Tuilière et Sanadoire- photo Thierry46

 

4. Entre 2 et 1,5 Ma, un volcanisme trachyandésitique forme des dômes, des coulées et brèches aux environs de l’Aiguiller et du lac de Guéry. C’est la fin de l’édification du massif de la Banne d’Ordanche. Puis suit une période d’accalmie de plusieurs centaines de milliers d’années.

 

Banne_d-Ordanche_ouest---Jmp48.jpg                                 La Banne d'Ordanche côté ouest - photo jmp48

 

5. Entre 1,1 Ma et 250.000 ans, l’activité construit le stratovolcan du Sancy, composé d’une alternance de brèches pyroclastiques, de coulées trachyandésitiques – sancyites et doréites – et ponces trachytiques.

Le Sancy primitif se déstabilise il y a environ 1 Ma ; cet effondrement produit une avalanche de débris, connue sous le nom de " lahar de Fonteville ".

Les évènements pyroclastiques sont suivis par la mise en place de dômes, de coulées et de dykes (Dent de la Rancune). Des dépôts d'avalanche de débris d'environ 100 m d'épaisseur, ont été mis en évidence à la sortie de la vallée de Chaudefour, entre les sources Sainte Anne et la cascade de Peyrouse (P. Lavina, 1999) et posent là aussi le problème de l'importance de cet événement dans l'évolution du stratovolcan. Leur âge est inférieur à 450 000 ans BP.

 

Puy-de-Sancy.jpg                                           Le Puy de Sancy - photo site du Sancy

 

6. Une phase tardive a lieu au dans l’Est, il y a moins de 50.000 ans : elle est rattachée au volcanisme de la Chaîne des Puys ( puy de Vivanson, d’Ebert, de Tartaret, volcan de Montchal et Montcineyre, maars du Pavin et d’Estivadou.

 

Massif-du-Sancy---Rando-Auvergne.jpg                         Table d'orientation - Massif du Sancy - doc. Rando Auvergne

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et F. de Larouzière -éd. Delachaux & Niestlé

- BRGM – volcans Monts Dore – Sancy  - link 

- Les volcans du Massif Central – BRGM – P. Nehlig & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le complexe volcanique Cántaro-Colima, situé à l’extrémité sud du graben Colima, comporte trois volcans, dont un des plus actifs d’Amérique du nord.

 

1-s2.0-S0377027309004107-gr1.jpg                    Complexe Cántaro-Colima - image radar et ondes courtes de la Nasa 


Cadre tectonique : le TMVB – Tranversal Mexican Volcanic belt

Le TMVB est l’arc volcanique du néogène, construit sur la partie sud de la plaque nord-américaine ; sa partie nord-ouest est liée à la subduction de la micro-plaque Rivera (un des restes de la plaque fossile Farallon) sous la plaque nord-américaine, et au point de triple jonction formé par le rift Tepic-Zacoalco au NO, le rift Chapala à l’E et le graben Colima au S.

 

Environnement-tectonique-Colima---F.Nunez-Cornu.jpg                 Le TMVB ouest  - environnement tectonique du Colima (C 1 et 2) - F.Nunez-Cornu

 

Geology-and-erupive-history-of-active-volcanoes-of-Mexico--.jpg Tectonic setting of the western portion of the Trans-Mexican Volcanic Belt, after DeMets and Stein (1991), Lange and Carmichael (1991), and Luhr et al. (1989).

Les stratovolcans sont : 1—San Juan; 2—Sangangúey; 3—Tepetiltic ; 4—Ceboruco; 5—Tequila; 6—La Primavera caldera. Colima Volcanic Complex: 7—Cántaro; 8—Nevado de Colima; 9—Colima volcano. ChG—Chapala Graben; CiG—Citala Graben; MAT—Middle America Trench (discontinuous line);
TZR—Tepic-Zacoalco Rift. Les lignes représentant les fractures


Les volcans du graben Colima :

L’activité volcanique au Quaternaire a commencé vers 1,6 Ma dans le graben Colima avec la formation du stratovolcan Cántaro, caractérisé par des coulées de lave andésitique suivies de dômes dacitiques. Cette activité a cessé il y a 1 Ma.

Le Cántaro est entouré à l’ouest et à l’est d’un groupe de cônes de cendres, datés de la fin du Pléistocène.

 

JF.Luhr---Colima-andesite--03.jpg Carte simplifiée du graben Colima : les failles, le Cántaro, les cinder cones ( étiquettés CAB - calc-alkaline basalt, BA - basaltic andésite, B - Basanite et M - minette)  et le complexe Colima - doc. the Colima volcanic complex / James F. Luhr and Ian S.E. Carmichael

 

Au sud du Cántaro, le complexe Colima forme une structure, grossièrement circulaire de 12 km. de diamètre, composée de deux volcans qui se recouvrent : le Nevado de Colima et le Fuego de Colima.


Le Nevado de Colima :

Il forme le point culminant du complexe avec ses 4320 mètres.


Nevado_de_Colima---Jrobertiko-Skyscrapercity.JPG                      Le Nevado de Colima - photo Jrobertiko / Skyscrapercity

 

Son histoire éruptive est complexe, influencée par l’activité de la faille Tamazula. Elle se décompose en 6 périodes distinctes selon les dernières études (Cortés & al . 2005), dont trois sont marquées par des avalanches de débris.

1.      Il y a 53 Ma, un stratovolcan composé de laves andésitiques, de dépôts pyroclastiques, et de dépôts de retombées s’est formé : un géant de 25 km. de diamètre et un volume de plus de 300km³.

2.    Un second édifice lui succède, plus petit, d’âge inconnu

3.    Un troisième est associé à la formation d’une caldeira semi-circulaire de 4 km. de large, ouverte vers le sud-est, produite par un un effondrement de flanc qui a causé une avalanche de débris visible près du village d’El Platanar.

4.    L’activité se poursuit avec la construction d’un quatrième édifice et l’émission de coulées andésitiques, de coulées pyroclatiques et retombées. Une de ces coulées est datée de 350.000 ans (Robin & Boudal) . Elle s’est terminée avec l’effondrement latéral du volcan vers le SE et une nouvelle avalanche de débris, exposée à 25 km. du cratère dans la ravine Beltrán et Tuxpan-Naranjo.

5.    Un cinquième édifice s’est construit, avec une activité finissant sur un évènement explosif qui a produit une coulée de blocs et cendres sur 17 km. vers l’ESE , et laissé une caldeira ouverte vers l’ENE, datée de 16.500 ans avant JC.

6.    Une période de repos a suivi. Des éruptions explosives ont formé des coulées de ponces et cendres jaunes datées de 16.000 ans environs avant JC. Une série d’éruptions pliniennes s’est produite entre il y a 8.000 et 2.000 ans, avec des retombées de cendres et de surges pyroclastiques dans la caldeira. L’activité éruptive du Nevado de Colima s’est terminée avec des coulées andésitiques intra-caldeira et la mise en place du dôme El Picacho, actuel sommet du volcan.


Fuego---nevado-de-colima---Protection-civile.jpg

Le complexe Colima: à l'avant-plan, le Fuego de Colima et au fond, le Nevado de Colima - photo Proteccion civil de Jalisco

 

Le Fuego de Colima :

Contemporain de la dernière période d’activité du Nevado de Colima, le Paleofuego a commencé à s’édifier à 5 km. au sud de celui-ci, il y a 38.400 ans (Komorovski 1993).

Ce volcan laisse actuellement une caldeira large de 5 km. ouverte vers le sud. La projection des parois de cette caldeira suggère que ce paléovolcan devait atteindre jadis une hauteur de 4.100 m. asl.

Le Paléofuego s’est effondré au moins cinq fois au cours de son histoire, et les dépôts associés ont couvert une surface de 5.000 km². La dernière avalanche de débris est datée d’il y a 2.500 ans.

 

fuego-de-Colima-DEM---2011.jpg                   Le Fuego de Colima et le bord restant de la caldeira du Paléofuego - DEM 2011


L’activité a migré ensuite vers le sud de la caldeira du Paléofuego, pour former le stratovolcan Fuego de Colima, aussi appelé volcan de Colima.

Il est composé de couches de laves andésitiques et de dépôts pyroclastiques ( retombées, surges et coulées pyroclastiques).

Ce jeune volcan est très actif, et a expérimenté quelques 43 éruptions dans les 400 années passées.

Les premiers rapports détaillés débute le 15 février 1818, date à laquelle une éruption explosive détruit le dôme de lave, disperse cendres et scories de Guadalajara à Mexico, et laisse un cratère de 500 mètres de large.

Le 12 juillet 1869, un évent parasite commence à se former. El Volcancito sera actif jusqu’en 1872, caractérisé par deux épisodes importants de VEI 3.

 

Colima---Tapiro-fotografia.jpg Le Fuego de Colima , flanqué d'El Volcancito, domine la Valle de la Luz- photo Tapiro Fotografia 2010


L’installation d’observatoires à Colima et Jalisco entre 1893 et 1903 va permettre des observations systématiques … avant l’éruption de VEI 5 de janvier 1913.


Sources :

- Global Volcanism Program - Colima

- The Colima Volcanic Complex, Mexico - by James F. Luhr and Ian S.E. Carmichael

- Geology and eruptive history of some active volcanoes of México

José Luis Macías - Departamento de Vulcanología, Instituto de Geofísica, Universidad Nacional Autónoma de México,

- Tapiro fotografia - volcan de Colima - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Hindukush-mt-in-chitral---Ali-Jaffri-Mountain-project.jpg

                      Afghanistan - montagnes de l'Hindukush - photo Ali Jaffri / Mountain project


L’Afghanistan est marqué géologiquement et tectoniquement par la zone de collision entre les plaques Indienne et eurasienne; elle se traduit par la présence de la chaîne de montagne de l’Hindukush, qui culmine au Nowshak à 7.485 mètres, et deux sites volcaniques jeunes. Les forces tectoniques s’y expriment surtout au travers de fréquents et forts séismes.

 

quake1935PakistanQuetta1.jpgLes plaques tectoniques incriminées : Eurasienne, Indienne et Arabique (carte établie au moment du séisme de Quetta 1935) - les blocs et failles régionales


Le champ volcanique Vakak est situé à 115 km. à l’OSO de Kabul. Il se compose de 18 petits volcans dacitique à trachytique. Ce champ volcanique est considéré comme le plus au nord  d’un groupe de petits champs volcaniques de la région de Ghanzi. L’activité de ces dômes endogènes est relativement récente, moins de 10.000 ans.

 

Dacht-i-Navar-group---Nasa-copie.jpg            Les champs et groupes volcaniques afghans - doc. Nasa JPL / Aster Volcano archives


Le groupe volcanique Dacht-i-Navar se compose de 15 dômes de lave trachyandésitique, localisés au cenre-ouest de l’Afghanistan. Relativement jeunes, ils sont considérés comme potentiellement actifs.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Vakak group

- Global Volcanism Program - Dacht-i-Navar group

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La zone de subduction Makran caractérisée par du volcanisme et des volcans de boue en Iran se poursuit aussi au Pakistan voisin où on dénombre 18 volcans de boue, en deux groupes : le complexe Chandragup (7 volcans de boue au NE d’Aghor / Hungol river) et le Jabl-ul-Ghurab ( 11 volcans de boue entre Kutch et Gwadar).

 

chandragup_ali_2010042.jpgLe complexe Chandragup - photo Nasa earth Observatory / EO-1 Ali 02.2010

 

Le complexe Chandragup est composé de deux structures : le Chandragup I, haut de 100 mètres, possède un cratère de 15 mètres de large ; il déborde régulièrement et ses coulées boueuses ont noirci les flancs nord-ouest. Le flanc sud est ponctué par un cratère inactif aujourd’hui.

Le Chandragup II a un cratère empli par un lac de boue en forme de huit, probablement le résultat de volcans jumeaux dont les cratères se sont effondrés pour n’en former qu’un seul.

Près du groupe Chandragup, se trouve un temple hindouiste appelé Hinhlaj temple ou Nani temple.

 

chandragup-2005---Offroaders-club-karachi.jpg

     Le complexe Chandragup - les véhicules 4x4 donnent l'échelle - photo OffroadersClub Karachi

 

Pakistan---Chandragup-volc.jayshah27.jpg                                             Le Chandragup I - photo Jayash

 

Pakistan---Rani-mud-volcano---jayshah28.jpg            Le Chandragup II (Rani volcano) - dégazage actif dans ce volcan de boue - photo Jayash


En novembre 1945, un séisme de magnitude 7,8 en mer Arabique au large de la côte de Makran a provoque un tsunami tuant 4.000 personnes  et détruisant villages et infrastructures pétrolières. Il secoua les volcans de boues d’Hungol faisant ressortir les gaz de ces structures ... ils s’enflammèrent, laissant croire à une éruption.

 

Le “volcan Tor Zawar” : différent des volcans de boue communs au Pakistan.

Plus au nord, dans un contexte géologique tout à fait différent, une petite éruption basaltique (moins de 5 m³) se produit, le 27 janvier 2010, à 75 km. au NE de Quetta sur le site de Tor Zawar.

D’après des témoignages locaux, de la vapeur s’est échappée en continu de six fissures. Le matériel émis, ressemblant à de la lave, des scories et du verre volcanique, fut retrouvé froid et solidifié en surface, mais toujours chaud en subsurface. La coulée couvre une surface de 15 m²et une épaisseur de 15 à 60 cm., solidifiée en couches concentriques en atteignant la surface.

 

Tor-Zawar-eruption-2010.jpgSite de Tor Zawar - A. le cône d'éjecta sur site - B. le même déplacé au Musée des sciences de la Terre, et montrant quelques zone de déplacements / cassures - photos : A. Rana & Akhtar 2010 - B. Kahar 2010 / in GVP

 

Deux échantillons furent analysés par le Geoscience advance research laboratories, l’un décrit comme spongieux, l’autre comme vitreux. La composition révélée donne un taux de SiO2 de 48,02 – 48,27 wt% et  5,18 – 5,23 wt% de Na2O+K2O , qualifiant du basalte alcalin.

 

Tor-Zawar-eruption-site2010.jpgLocalisation du site de Tor Zawar - compris entre les failles Gogai et Bibai, dans la zone de collision entre la plaque indienne et la plaque eurasienne. - From Kerr, Khan, and McDonald (2010), modified from Khan, Kassi, and Khan (2000).

 

Les volcanologues considère la tectonique régionale et l’origine de ce volcan comme "spéciale ".

Le site est localisé dans la formation volcanique Bibai, datée du Crétacé; la chimie a indiqué que des basaltes alcalins similaires ont été trouvé dans les roches volcaniques Bibai. Ces roches sont très anciennes et proviennent d'éruption sous-marine il y a 72 Ma, au sud de l'équateur, et ont dérivé ensuite vers le nord avec le sous-continent indien qui est venu emboutir la plaque eurasienne. Divers séismes dans la zone pourraient avoir développé de nouvelles fissures, ou modifié des fissures pré-existantes, facilitant la remontée de matériaux fondus.

 

Une explication est proposée : une fusion asthénosphérique localisée entrainerait un mélange appauvri, contaminé par des matériaux fusibles du manteau, durant le trajet vers la surface.

 

 

Alternativement, il a été proposé que cette lave a été produite de la même manière que de la fulgurite.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Tor Zawar - Peculiar, unprecedented eruption emitted <5 m3 of frothy basalt

- Mud volcanoes of Balochistan

- Panic in Ziarat - by Asif Nazeer Rana, Deputy Director in Geolabs, Geological Survey of Pakistan, Islamabad.

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Publié le par Bernard Duyck
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La plupart des volcans de boue du sud-est iranien sont situés le long de la plaine costale de la mer d’Oman, sauf le volcan Pirgel situé à 300 km. à l’intérieur des terres.

 

Makran-accretionary-prism---dorostian---drgeorgepc.gifSud-est iranien - Zone de subduction Makran et position des volcans ( A en violet) et des volcans de boue - différentes zones de failles et d'accrétion - doc. Dorostian / drgeorgepc.

 

Gel-Afshan-mud-volcano----2----Abedin-Taherkenareh-EPA.jpg               Iran - Balouchistan : volcan de boue Gel-Afshan - photo Abedin Taherkenareh EPA

 

Ils sont de deux types :

- Les volcans de boue chaude sont associés aux volcans Taftan et Bazman, et sont la conséquence de l’activité volcanique. Ils sont caractérisés par une température des eaux et boues extrudées de 70 à 90°C, plus élevée que la température ambiante ; les gaz émis sont sulfureux et ils présentent des incrustations de soufre dans leur cratère.

- Les volcans de boue froide sont d’origine sédimento-tectonique, et complètement déconnecté de l’activité ignée. Leurs eaux et boues sont à température ambiante ou inférieure. Les gaz émis sont principalement du dioxyde de carbone ou des gaz d’origine biologique. Les volcans Borborok et Pirgel sont de ce type.

 

Leur morphologie peut différer fortement: formé de un ou plusieurs cônes, ou d’un simple réservoir à fleur de sol.

 

Mud-volcanoes-Makran-coast2.jpgA -Location map of SE Iran with the position of a north-facing subduction zone off the Makran coast (adapted from Hosseini-Barzi & Talbot, 2003).

B– Location of mud volcanoes in Sistan-Balochistan Province, SE Iran. Prigel mud volcano is in the central part of the province.

C– Location of Boborok and nearby mud volcanoes in the coastal region, SE Iran.

Doc. Negaresh

 

Le volcan de boue Napag est particulier à divers titres : il a la forme d’une colline en cône haute de 36 mètres. Son émission de gaz méthane et la formation de grosses bulles le rendent uniques parmi les volcans de boue iraniens. Son activité peut être douce, ou occasionnellement éruptive avec émission de grandes quantités d’une boue visqueuse.

 

Gel-Afshan-mud-volcano----Abedin-Taherkenareh-EPA.jpg              Iran - Balouchistan : volcan de boue Gel-Afshan - photo Abedin Taherkenareh EPA

 

Gel-Afshan-mud-volcano----3----Abedin-Taherkenareh-EPA.jpg               Iran - Balouchistan : volcan de boue Gel-Afshan - photo Abedin Taherkenareh EPA

 

Le volcan de boue froide Borborok a été actif depuis 1989 jusqu’en début 2004, date à laquelle il est devenu dormant, sans explication aucune. C’est un volcan multi-cônes : le cône principal est flanqué de plusieurs cônes périphériques. Sa morphologie indique qu’il n’y a pas eu qu’un seul cratère actif dans le passé … la boue a été émise de différents sites , chaque cratère crachant une boue épaisse qui a formé des cônes … érodés ensuite, pour laisser des cratères de 100 à 150 m de diamètre, alors que les cratères actifs sont de plus petites dimensions, leur cratère mesurant entre 20 et 70 mètres.

La hauteur actuelle du plus haut cône est de 32 m., laissant estimer une hauteur avant érosion de 90 à 100 mètres.

 

Le volcan de boue froide Pirgel est situé à l’intérieur des terres à l’est du Bazman. Il est localisé sur un anticlinal étroit de marnes, entre deux synclinaux allongés, sur une colline de 1 km. sur 500 m. Plusieurs cônes le forment, le plus grand de 127 m. de hauteur au dessus des terrains environnants et culminant à 1667 m. au dessus du niveau marin. Sept cratères sont actifs ou semi-actifs, cohabitants avec quatre autres dormants.

La boue du Pirgel est plus saline que celle des autres volcans de boue du Balouchistan, et les gaz émis sont composés exclusivement de dioxyde de carbone.

Le mécanisme de formation est une haute pression d’eau interstitielle : l’eau est prisonnière des sédiments ce qui mène à une intrusion de boue liquide le long de failles ou fractures. Si la pression est suffisante, l’argile liquide est poussée, avec les gaz, vers la surface. Des facteurs sismiques peuvent aussi contribuer à l’éjection de boue et d’eau.

Peu étudié, il n’est pas repris sur la carte géologique de l’Iran.

 

Sources :

- Mud volcanoes in Sistan and Baluchestan Provinces, Makran Coast, Southeast Iran - by Osséine Negaresh / Geography and Environmental Planning Faculty, University of Sistan and Baluchestan, Zahedan, Iran

- The Geomorphic and Morphometrics of Napag Mud Volcano
In the South Eastern Area of Iran - by H.Negaresh and M. Khosravi -
Geography Department, University of Sistan and Baluchestan

- Mud volcanoes : indicators of stress orientation and tectonic controls - by Marco Bonini.

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Publié le par Bernard Duyck
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                     Les Monts Taftan, dans le sud-est Iranien - photo treklens / Yogesh Mazurian

Bien que dans le cadre général du déplacement de la plaque arabique, la zone de subduction de Makran , au sud-est de l'Iran, est caractérisée par la subduction de la croûte océanique d’Oman sous la plaque eurasienne. Cette zone est comprise entre la zone de collision entre les plaques Arabique et Eurasienne, le long des monts Zagros, à l’ouest et la zone de collision entre la plaque Indienne et la plaque Eurasienne à l’est. L’angle de la dalle plongeante est faible, environ 20°, et possède un faible ratio d’activité sismique.
La zone de subduction de Makran, de direction est-ouest, est longue de plus de 800 km. Le fossé, associé au front d’accrétion actuel, ne présente pas le relief typique des autres fosses océaniques de par le monde. L’érosion extensive de la chaîne himalayenne et les nombreuses rivières coulant dans la partie nord de la Mer arabique  ont empli le fossé de sédiments d’une épaisseur atteignant plus de 7 km. Cette zone est sous surveillance active, en raison d’un risque potentiel de tsunami.

PakistanPBmap.jpgGrandes lignes tectoniques : zones de collision et la Makran subduction zone (en violet) - image google annotée / Wired science.

 

WATER_11069_2008_9259_Fig2_HTML.jpg          Séismes et tsunamis avec dates - Tectonique locale de la Makran Subduction Zone - MSZ -

                                                                    doc. Springer

Plusieurs volcans parsèment la zone : le Bazman le Taftan, et différents champs volcaniques.

Volcans-SE-Iran---GVP.jpg Situation des volcans et champs volcaniques du SE Iranien et du Pakistan - map produced by S. Purcell / GVP

 

Volcans-SE-iran----G.Mc-Call.gif             Alignement des centres éruptifs calco-alcalins du SE de l'Iran - doc . G. McCall

Le volcan Bazman est un stratovolcan à dominance andésitique culminant à 3.490 mètres, coiffé d’un cratère de 500 mètres de large. Des cônes satellites sont responsables de coulées de lave de composition "basalte à olivine", dont certaines proéminentes et marquées par des levées. Aucune éruption historique n’a été enregistrée mais une activité fumerollienne mineure persiste.

 

Bazman---Aster-copie-2.pngLe volcan Bazman, au centre de l'image - imposante coulées de lave avec "levées" d'un cône satellite, en bas à gauche - image ASTER - Nasa

Le volcan Taftan est un stratovolcan andésitique dominé par deux sommets proéminents, établi sur une zone volcanique à cheval sur le Bélouchistan (SE Iran) et le Pakistan. Le sommet sud-est bien préservé culmine à 3.940 mètres ; il a été la source de coulées de lave à l’aspect récent. Le sommet du cône sud-est abrite une zone fumerollienne active. Le cône nord-ouest profondément découpé est daté du Pléistocène.

Taftan-volc.-google.jpg                                                Le Taftan en hiver - photo Google

 

Taftan---Naser-Ramezani.JPG             La zone fumerollienne sommitale du Taftan - photo Naser Ramezani

Taftan en Perse signifie " l’endroit de la chaleur ".
Un champ volcanique "sans nom" est situé entre les volcans Bazman et Taftan . Ce champ est composé de cônes et cratère parfaitement conservés qui se sont mis en place entre un groupe de pics calcaires datés du Crétacé. Il a produit des coulées de lave basaltique au quaternaire.

Unnamed-volc.-Makran-SE-Iran---Nasa-Landsat7.jpgChamp volcanique entre le Bazman et le Taftan - coulées de lave basaltique - image Nasa Landsat 7

Plus à l’ouest, le champ volcanique Qal’eh Hasan Ali se compose de 14 maars datés de la fin du Quaternaire.

Ces maars ont un diamètre variant entre 150 et 1200 mètres ; le plus grand, qualifié de Grand cratère, a un diamètre de 1.200 mètre pour une profondeur de 200 à 300 mètres. Leur âge est estimé, sur base de leur degré d’érosion, entre 5.000 à 50.000 ans ; ils se sont formés en perçant un désert alluvial, un socle granodioritique et des roches volcaniques dans une zone située à plusieurs centaines de kilomètres des plus proches volcans du quaternaire.

Qual-eh-Hasan-ali---SE-Iran----Nasa-Landsat7.jpgLe champ de maars Qal'eh Hasan Ali / SE Iran -  au centre, le "Great crater" - image Nasa Landsat 7

 (worldwind.arc.nasa.gov)

 

Sources :

- Global volcanism Program - Volcanoes of the Middle-east - Iran and Afghanistan.

- Structure of the Makran subduction zone from wide-angle and reflection seismic data - by C. Kopp & al. 

- Subduction in the Western Makran: The historian’s contribution - by R.M.W. Musson

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Le Damavand, l’un des volcans les plus hauts au monde, est situé au sud de la Caspienne, au NE de la capitale iranienne, Téhéran.

Ce volcan massif, de plus de 400 km³, repose sur le lit plissé des monts Elbrouz.  Son activité à dominante trachyandésitique fut principalement originaire de l’évent sommital, avec une série de coulées radiales de nature effusive, ce qui lui vaut ce beau profil !

 

Damavand-Peak-by-Hamid-Yaghoubi.jpg

       Le cône parfait du Damavand en hiver, et sa fumerolle sommitale - photo Habid Yaghoubi


Geology of Damavand volcano13Le volcanisme y a débuté il y a au moins 1,8 Ma ; trois périodes d’activité significatives sont relevées, sur base d’analyses d’échantillons de terrain : de 1,2 Ma à 800.000 ans – de 280.000 ans à 150.000 ans – 60.000 ans à 7.000 ans.

 

Schéma évolutif du Damavand - by Jon Davidson & al / Geology of Damavand volcano.

 

Les stratovolcans montrent en général des évolutions majeures de leur système magmatique dans le temps, qui s’accompagne de changements dans la composition des produits éruptifs … le Damavand présente au contraire une composition homogène des ses matériaux éruptés sur plus d’un million d’années.

Une longue période de dormance a suivi la première phase active, permettant une érosion importante du vieux Damavand, aide par une forte altération hydrothermale et des effondrements sectoriels.

L’activité du jeune Damavand a probablement débuté entre 600.000 et 500.000 ans. Un jeune cône s’est installé sur l’ ancien édifice,  dont il ne subsiste qu’une portion en demi-lune, la dorsale de Sardobitch.

Son activité effusive a dominé avec des émissions pyroclastiques limitées, et un seul évènement explosif majeur  qui a produit une ignimbrite soudée il y a 280.000 ans (Ask ignimbrite).

 

Damavand_from_space.jpg         Le cône symétrique du Jeune Damavand et son petit cratère sommital - photo Nasa / JPL

 

Damavand_Volcanic_Crater-08.2009-M.Samadi.JPG                        Damavand - cratère et lac sommitaux - photo M. Samadi août 2009

 

Son cratère, bien préservé, a un diamètre de 150 mètres et contient un petit lac gelé de 40 m. de diamètre. Malgré l’altitude, la région est trop aride pour supporter des glaciers permanents ; seuls de petits "penitentes " témoignent, comme sur les sommets des Andes, de ces conditions d’altitude.

En 1993, une visite du sommet a révélé la présence d’un petit mais puissant évent fumerollien sur le bord sud du cratère, émettant des gaz riches en SO2 à une température de 50°C environ, et de dépôts de soufre (sulphuric hill). Une autre visite par des équipes de la SVG en 1999 a confirmé cette situation … signe de sa potentielle activité future.

 

Damavand---hkiaee-Summitpost.JPG

Damavand - l'évent fumerollien proche du sommet (des personnages sur la gauche donnent l'échelle) - photo Summitpost / hkiaee.


 L’activité plus récente a consisté en une série de coulées de lave couvrant le côté ouest du volcan. La dernière éruption est datée (U/Th) de 5.350 avant JC. Toutefois, des sources chaudes ponctuent ses flancs.

 

Damavand---04.2004---Iran-Skiing---summitpost.jpg                    Le Damavand vu du premier refuge - photo Summitpost / Iran skiing 2004

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Damavand

- The geology of Damavand volcano, Alborz Mountains, northern Iran – by Jon Davidson & al / GSA 2004

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Sahand---iranmap.jpg                       Sommet du Sahand, avec son lac de cratère - photo Iranmap

 

Le volcan Sahand, aussi appelé Kuh-e-Sahand, est localisé au nord-ouest du pays, au sud de Tabriz. C’est un grand stratovolcan calco-alcalin érodé,  flanqué de nombreux dômes de lave. Un lac de cratère est entouré de quelques 12 pics, dont le plus haut culmine à 3.707 mètres.

Son activité remonte à 1,2 – 0,8 Ma selon Innocenti (1982) , à l’holocène selon Karakhanian (2002).

L’analyse des roches volcaniques implique trois sortes différentes de magmas : Basaltique au Miocène supérieur, dacitique et riche en K, composé de latite et banakite à la fin de sa période active.

 

Mount-Sahand---Panoramio-2011.jpg          Le Mont Sahand en hiver - ses pentes abritent une station de ski - photo Panoramio 2011

 

A Kandovan, les autochtones ont creusé leurs maisons dans les dépôts ignimbritiques émis il y a 11.000 ans. Ces maisons, passives avant l’heure, profite de l’ensoleillement en fonction de l’orientation des ouvertures au sud, et d’intérieurs confortables à chaque saison en raison de l’inertie thermique des matériaux. Ces maisons troglodytes, dont certaines ont 700 ans, sont subdivisées : au rez-de-chaussée, une place pour les animaux, au premier et deuxième étages, l’habitation et au dessus, les greniers. Des porches, des balcons, des escaliers sont venus s’y ajouter, de même que l’alimentation en eau et électricité et les évacuations sanitaires. Une source, aux vertus curatives, alimente le village et permet l’irrigation des terrasses.

 

Kandovan---ignimbrites-du-Sahand---blogspot.jpg     Les ignimbrites érodées du Sahand et leurs habitations troglodytes - photo Iran at a glance

 

hotel-a-Kandovan.jpgUn hôtel 5* a été creusé dans les ignimbrites, en respectant l'architecture locale - photo Iran at a glance

 

 Le Sabalan (Kuhha-ye-Sabalan) est un stratovolcan trachyandésitique à dacitique culminant à 4.811 mètres, situé à l’ouest de la mer Caspienne et de la ville d’Arbil.

Son activité est datée entre 5,6 et 1,4 Ma (selon Innocenti 1982), mais pourrait avoir continué jusqu’il y a moins de 10.000 ans (Karakhanian 2002).

Sa situation en zone de climat continental, caractérisé par des étés chauds et secs, et des hivers froids et neigeux, justifie la présence de sept glaciers proches du sommet et au dessus de 4.000 mètres.

 

Sabalan---Stanislav-Zolnaj.JPG                                                 Le Sabalan - photo Stanislas Zolnaj

 

Sabalan---Alireza-Teimoury-mountain-forecast.jpg                        Sommet du Sabalan - photo Alireza Teimouri / Mountain forecast


Trois champs géothermaux, caractérisés par des sources chaudes et des sources froides,  sont localisés au nord (Meshkin Shahr group), à l’est (Saraein group) et au sud (Borjlu group) du volcan.

 

Sources:

- Global Volcanism Program - Sahand

- Global Volcanism Program - Sabalan

- Iran at a glance - Kandovan cave homes - link

- Kandovan, 700 years oldest village - blogspot

- Geochemistry of geothermal springs in the Sabalan area - by K. Khosrawi

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