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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

the-beauties-of-Iran.jpg

                         Montagnes iraniennes - photo Beautés de l'Iran/ Elias Pirasteh


La tectonique et le volcanisme de l’actuel Iran est lié aux mouvements de la plaque arabique, à sa séparation d’avec le continent africain et se remontée en direction du nord-est vers l’eurasie … dans le cadre de la fermeture du paléo-océan Téthys. Ce schéma se complique par les déformations dans la zone d’orogenèse active alpine-Himalaya.

 

Fermeture de Téthys - JP. Defert education.fr    Mouvements de la plaque Arabique et fermeture de Téthys - doc. JP. Defert / éducation.fr

 

Différentes plaques et micro-plaques (blocs) sont incriminées : les plaques arabique, indienne et eurasienne, les blocs iranien et turc. L’ensemble du plateau iranien est compressé et soumis à un processus de surrection, d’où naissent de jeunes chaînes de montagnes, comme les monts Zagros, au sud-ouest, et l’Elbourz (Alborz mountains), en bordure de la mer Caspienne au nord. Ces mécanismes tectoniques impliquent de nombreuses failles et une sismicité diffuse et fréquente concentrée au nord et au sud de l’Iran où se retrouvent les failles principales.

 

image001.gif                          Failles de la plaque Arabique et de la micro-plaque Iranienne 

 

650px-Iran_topo-fr.jpg          Topographie de l'Iran - les monts Zagros et Elbourz et les déserts du Lut et Kavir

 

iran-subdivisions--1-.jpg                                Carte géologique de l'Iran - doc. Iran Geological Survey

 

Au sud de la Caspienne, trois grands volcans ressortent du paysage, le Sahand, haut de 3707 m., le Sabalan , atteignant 4811 m. et le Damavand, qui culmine à 5670 m.

 

Sabalan---Arte-tv.jpg                                          Le massif volcan Sabalan - photo Arte Tv

 

Le plateau Iranien inclut le bloc Lut, un désert aride situé dans l’est du pays. Le bloc Lut est bordé au nord par la faille Dourouneh, au sud par la dépression Jazmurian et le prisme d’accrétion du Makran. Il est séparé du reste du plateau par les failles Nehbandan à l’Est et la faille Nayband à l’ouest. Ce bloc est largement recouvert de roches volcaniques du Néogène.

 

Les dunes vertes de Dasht-e Lut - Didier Schürch

  "Les dunes vertes du Dash-e-Lut" - le désert de Lut fait partie du plateau iranien -  photo Didier Schürch

 

irp-14082012-1.jpg                                      Iran / Turquie : zones de hauts risques sismiques

 

Les principaux séismes en Iran depuis quarante ans (source : AFP)

L'Iran a été frappé a de nombreuses reprises par des séismes de grande magnitude, qui ont fait de très nombreuses victimes.

Voici les principaux :

- 1er septembre 1962 : 12.000 morts, 200 villages détruits dans le district de Qazvin (ouest de Téhéran)  
- 31 août 1968 : environ 10.000 morts dans la province de Khorassan (Nord-Est), magnitude 7,4 sur l'échelle de Richter 
- 10 avril 1972 : 5.044 morts, 45 villages détruits dans la région de Ghir (province de Fars - Sud)
- 16 septembre 1978 : 25.000 morts dans l'Est. La ville de Tabass est entièrement détruite par ce séisme de magnitude 7,5 (15 000 morts).  
- 11 juin 1981 : Plus de 1.000 morts et 950 blessés dans la province de Kermann (Sud-Est). La ville de Golbaf est la plus touchée. Le 28 juillet, un nouveau séisme fait 1300 morts dans la même région  
- 21 juin 1990 : 37.000 morts dans les provinces de Ghilan et de Zandjan (Nord-Ouest). Ce tremblement de terre d'une magnitude de 7,7 - le plus meurtrier en Iran à ce jour - a dévasté en quelques secondes 2100 km² comprenant 27 villes et 1871 villages.  
- 28 février 1997 : un millier de morts dans la région d'Ardabil (Nord-Ouest)
1745601 5 94e3 ill-1745601-3091-iran-x1i1 d8c5b9d13155aefdd- 10 mai 1997 : environ 1.600 morts dans la région de Birjand (Est). Magnitude de 7,1 sur l'échelle de Richter.
- décembre 2003 : le séisme le plus meurtrier ces dernières années a tué 31.000 personnes, soit un quart de la population, dans la ville de Bam.
- 11 août 2012 : Le double séisme qui a frappé le nord-ouest de l'Iran a fait au total 306 morts, en majorité des femmes et des enfants, et 3.037 blessés.

08.2012---Ishikhli---Fardiz-Tigehsaz.jpg                       Le village d'Ishikhli détruit en août 2012 - photo Fardiz Tigehsaz

 

Demain, les grands volcans du nord Iranien ...

 

Sources :

- Iran Geological Survey

- Petrochemical Characteristics of Neogene and Quaternary Alkali Olivine Basalts from the Western Margin of the Lut Block, Eastern Iran - by S. Saadat & al.

- Tectonique active du Nord-est de l’Iran et accommodation de la convergence entre l’Arabie et l’Eurasie: contribution des chaînes du Kopeh Dagh et du Binalud - E. Shabanian / thèse Univ. P.Cézanne Aix-Marseille.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 Le complexe volcanique Los Ilinizas est composé de deux sommets, l’Iliniza nord et l’Iliniza sud, et de deux dômes satellites : le Tishigcuchi (Rasuyacu) et le Pilongo, alignés dans la direction du système de faille régional Pallatang – Algeciras – Sibundoy.

Il a une morphologie elliptique de 9 km de diamètre NO-SE et de 8 km de diamètre NE-SO.


Illinza volcano ec - Gerard Prins                 Le complexe volcanique Ilinizas - photo Gérard Prins.

                               Iliniza sud à gauche - Iliniza nord à droite.


L’Iliniza nord culmine à 5.105 mètres et est âgé d’un à deux millions d’années. Sa composition est essentiellement andésitique, avec des coulées de lave dacitique.

  

L’Iliniza sud culmine à 5.245 mètres et est âgé de 200.000 ans environ. Sa composition est andésito-dacitique. Un épisode explosif important a provoqué un effondrement partiel à l’origine des dépôts de ponces et cendres à son pied, et la formation d’un petit cratère de 1.000 m. de diamètre, dans lequel s’est installé un dôme pyramidal, qui constitue le sommet actuel de l’Iliniza sud.

 

Illiniza-sud---sacred-mountain-expe.-.jpg                                       Iliniza sud - photo Sacred mountain experience

 

Les sommets sont séparés par un ensellement qui abrite un lac, un bijou enchâssé couleur émeraude (photo bigbender.over-blog.com)

 

1-s2.0-S0377027306003271-gr1 copieCarte géologique du complexe volcanique Ilinizas - doc. in Petrogenesis of the volcanic Ilinizas complex / S. Hidalgo.

1 = South Iliniza Dome; 2 = Jatuncama Ignimbrite, deposits from South Iliniza; 3 = Tishigcuchi Dome; 4 = Pilongo Dome; 5 = Santa Rosa Pumice and Ash flow; 6 = South Iliniza ancient lavas; 7 = North Iliniza ancient lavas; 8 = Quaternary Volcanic Complexes (Almas Santas and Corazón); 9 = Pliocene Santa María Volcanic Complex; 10 = Silante and Zumbagua Eocene–Miocene Units.

 

 Le dôme dacitique Pilongo est situé dans la partie nord-est du complexe, et culmine à 3.935 mètres.

Le dôme Tishigcuchi, de composition andésitique est situé dans la partie sud du complexe, avec un sommet à 4.185 mètres. Ce dôme fut actif à l’holocène.

   

L’ensemble du complexe volcanique a été couvert et erodé par des glaciers, daté de 30.000 ans.

( G.V.P. & Theofilos Toulkeridis / CGVG)

 

Iliniza---2--J.L.Espinisa-Naranjo.jpg                                   Le complexe Iliniza  - photo José Luis Espinosa Naranjo

 

Climat et écologie des Ilizinas :

L’Equateur est situé de façon privilégiée au lieu de convergence de deux courants marins importants. Venant du nord, le courant chaud Panama ou El Niño apporte de grands volumes d’eaux chaudes qui vont s’évaporer pour donner des nuages, puis de la pluie. Venant du sud, le courant froid de Humboldt a au contraire un taux d’évaporation bas.

La rencontre de ces deux courants se combine avec la géomorphologie : la cordillère des Andes engendre un effet de tourbillon avec des vents dirigeant la vapeur d’eau vers l’Est ; cet effet est renforcé par la hauteur de la chaîne montagneuse et dans le cas de la partie nord de la cordillère reserva-ecologica-los-Illinizas--ministerio-de-ambiente.giféquatorienne, le taux d’humidité sera élevé.

 

La Réserve écologique Los Ilinizas - doc. Ministerio de Ambiante Ecuador.


On retrouve ainsi dans les Andes équatoriennes différents types d’habitats caractérisant différents types de climats … un endroit privilégié pour une faune et une flore diversifiées, et dont une partie reste à découvrir, en raison des difficultés d’accès à la zone.


Depuis le 18° siècle, de nombreux botanistes et naturalistes se sont essayés à l'étude de la flore équatorienne et andine : La Condamine et Jussieu (1735-1747) furent les premiers, suivis de la paire von Humboldt et Bonpland (1802-1803). Plus tard, vinrent W. Jameson (1822-1869) et le Père Sodiro (1870-1909).

Les écrits de von Humboldt, Jameson et Sodiro sont d’importance pour la géographie des plantes des Andes équatoriennes. Le 20° siècle vit se développer la taxonomie et les études écologiques … puis les études ethno-pharmacologiques ( l'étude scientifique interdisciplinaire de l'ensemble des matières d'origine végétale, animale ou minérale, et des savoirs ou des pratiques s'y rattachant, que les cultures vernaculaires mettent en oeuvre pour modifier les états des organismes vivants, à des fins thérapeutiques, curatives, préventives, ou diagnostiques

 

Plantas-Medicinales---Ilizinas---Theofilos-Toulkeridis001.jpg" En el corazón de los Ilinizas : PLANTAS MEDICINALES usadas en la UNOCANC y sus poderes curativos" - " Au coeur des Ilinizas : PLANTES MEDICINALES utilisées dans la UNOCANC (Union of Rural Organizations to the North of Cotopaxi)  et leur pouvoir curatif"  -

Couverture du livre écrit à quatre mains - références en sources.

 

Une étude intéressante et récente sur les plantes médicinales de la région des Ilinizas, et leur implication dans la médecine locale, vient de paraître ; elle a été réalisée grâce à la collaboration de Angel Sillo et Nelson Zabala, pour l’étude des plantes, de Theofilos Toulkeridis du CGVG – Centro de Geologia, Volcanologia y Geodinamica, pour les géosciences et David Romo pour l’écologie.

Le livre est traduit en trois langues : quechua, espagnol et anglais, pour faciliter sa diffusion ; la description illustrée des plantes comporte les usages locaux courants, les usages en Equateur et ceux reconnus par la communauté internationale.

 

Il reste à espérer que ces études ethno-pharmacologiques débouchent sur des développements "gagnant-gagnant" pour les populations locales, et ne servent pas les intérêts exclusifs des puissantes sociétés pharmaceutiques et de leurs dirigeants, comme cela s'est déjà passé sur d'autres continents.

 

Sources :
- En el corazón de los Ilinizas : PLANTAS MEDICINALES, usadas en la UNOCANC y sus poderes curativos - ISBN: 978-9942-02-662-0
Editor: David Romo, CGVG-USFQ Theofilos Toulkeridis

- Reserva ecologica Los Ilinizas - link

- Adakitic magmas in the Ecuadorian volcanic front : petrogenesis of the Iliniza volcanic complex (Ecuador)  - by S. Hidalgo, M. Monzier & al.

- Global Volcanism Program - Iliniza

- L'ascension de l'Iliniza nord - par Benjamin Bernard - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

  Le 3 janvier 2013, le Castle geyser du Parc National du Yellowstone est entré en « éruption », à 9h04 … heure précise relevée par un ranger chargé de contrôler chaque jour, à ski, l’activité des geysers de l’Upper geyser basin. Après une vingtaine de minutes, les émissions du Castle geyser sont passées de l’eau à la vapeur.

 

Castle-geyser-er-2013.01.03.-YNP.jpgYellowstone National Park - dans l'encart, éruption du Castle geyser le 03.01.2013 - et son retour à la normale, avec une émission de vapeur - photo Yellowstone National Park / kd.

 

Durant la saison hivernale, les paysages du Yellowstone deviennent encore plus magiques. La  vapeur des sources chaudes et les panaches des geysers se confondent avec l’environnement glacé et enneigé et se fondent sur le ciel plus gris. Les troupeaux de bisons se regroupent auprès des sources chaudes pour se préserver du climat glacial.

 

Mammoth-springs-in-winter.jpg                                     Mammoth hot springs  - photo Yellowstone National Park / Flickr

 

Lower falls 11.2012 - Jim Peaco MG 9603Grand Canyon du yellowstone - Lower falls en novembre 2012 - photo Jim Peaco  / Yellowstone National Park / Flickr

 

Midway-geyszer-basin---firehole-river-03.2006---T8M9177.jpgYellowstone National Park - Midway geyser basin , bisons près de la Firehole river en mars - photo
Yellowstone National Park  / Flickr

 

Old-Faithfull---03.2012-275-2740.jpgYellowstone National Park - émission régulière du geyser Old Faithful - photo Yellowstone National Park mars 2012  / Flickr

 

  Seuls bémols, les voitures y sont interdites entre novembre et mars, et l’environnement devint plus dangereux : il faut se méfier des zones de geysers et sources chaudes en restant impérativement sur les chemins balisés et éviter les endroits scabreux dissimulés sous la neige.

 

Pour la quatrième saison hivernale consécutive, le parc national du Yellowstone a reconduit les mesures visant à la fois un accès aux sites, une sécurité maximale et une préservation de cet environnement fragilisé par les conditions atmosphériques.

 

Transport-hiver---YNP-JP.jpg      Modes de transport hivernaux dans le parc national - photo Yellowstone National Park / jd


A part les skis et les raquettes, le NPS a préféré l’alternative d’accès par motoneiges, ou bus spécialement équipés, en imposant des quotas saisonniers et par type de transport ; 110 déplacements quotidiens sont alloués aux tous opérateurs … les groupes ne peuvent dépasser 10 motoneiges et 50 "trains de motoneiges" maxi, ceci afin de favoriser les déplacements groupés.

Les places seront donc "chères et convoitées" ; les réservations sont à faire à l’avance !

 

Old-Faithfull-snowlodge-12.2012.-Lisa-Culpepper-YNP.jpgL'Old Faithful snow lodge sous la neige de décembre - photo Lisa Culpepper 12.2012 / Yellowstone National Park  / Flickr

 

West Thumb hut - John Padilla YNP           Yellowstone N.P. - West thumb hut - Photo John Padilla / Yellowstone National Park

 

Une image d'archive du premier "snowplane" utilisé au Yellowstone ... retrouvez l'histoire des déplacements hivernaux dans le parc national sur le site du National Park Service.

 

Yello-snowplane-1949.jpg                                  Yellowstone's snow plane - 1949 - doc. Yellowstone N.P.

 

Sources :

- NPS - Winter use in Yellowstone National Park - link

- National Park Service - Yellowstone today - Our park newspaper

- Flickr / Yellowstone NPS - winter

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les autres champs de la partie centrale de la province volcanique Payenia sont le Cerro Nevado et le Llancanelo.

 

Llancanello-et-Cerro-Nevado.jpgLe champ volcanique Cerro Nevado et le stratovolcan à droite - Le champ volcanique Llancanelo, à gauche et ses volcans situés entre la lac et la frontière avec le Chili - carte Scielo.

 

Le champ du Cerro Nevado :

Il englobe un stratovolcan, le Cerro Nevado, culminant à 3980 mètres et divers cônes monogéniques. L’ensemble repose sur des basaltes du début du Pléistocène (1,83 à 1,71 Ma)

Ce champ volcanique fut actif entre 1,324 et 1,320 Ma, pour le Cerro Nevado et 1 Ma à 800.000 ans pour les cônes monogéniques. (Quidelleur & al 2009)

 

Cerro Nevado - Champaqui.com.ar

                                          Cerro Nevado - photo Champaqui.com.ar

 

Le champ volcanique Llancanelo :

Ce champ volcanique contient des cônes de scories et des cônes et anneaux de tuff.

Les principales différences entre ces structures sont :

-  la couleur des unités pyroclastiques : rouge-noire pour les cônes magmatiques, et jaunes pour les structures d’origine phréatomagmatique.

-  la géométrie des volcans : les tuff rings ont un profil bas et de larges cratères

-  la localisation des volcans phréatomagmatique se fait à l’intersection de deux alignements (excepté le cas du Carapacho).

 

RissoetalJVGR07phreatomagmaticscoriaconefield05 Llancanelo volcanic field - l'alignement des évents suggère un contrôle structural de leur distribution, en dépis du manque de manifestations en surface de lignes tectoniques. - doc. C.Risso 2007

 

Les volcans phréatomagmatiques sont liés à une interaction entre le magma ascendant et l’aquifère du lac Llancanello nettement plus étendu à l’époque de volcanisme actif. (Violante & al 2010)

 

reerva-provincial-Laguna-de-Llancanello---M.Thibau-copie-1.jpg            La réserve provinciale Lagune de Llancanelo, et le Tarpal - photo M. Thibaud


Les tuff rings et tuff cones, de composition basalte à olivine, surmontent d’épaisses unités de lave fracturées, présentes avant les éruptions phréatomagmatiques. Le forte palagonitisation des cônes explique leur résistance à l’érosion et la bonne conservation des structures.

 

Les cônes de tuff Malacara et Jarilloso ont été produit par retombées de téphras secs à mouillés.

Le cône du Jarilloso a une hauteur de 110 m. et un cratère bien conservé de 200 m. de large.

 

Malacara volc.- wordpress                                    Cône de Tuff  Malacara - photo Wordpress

 

Mallacara - guidokritz flickr Malacara - l'érosion met en évidence les dépôts stratifiés du cône de tuff - photo guidokritz / Flickr


Le Malacara forme un volcan complexe, avec ses trois cônes adjacents et des coulées de lave, dont une longue de 7 km et 10 m. d’épaisseur. Le Malacara montre trois cratères bien conservés, chacun de 400-600 m de diamètre

Il est caractérisé par une prédominance d’unités mises en place en milieu humide, comme le montrent de nombreuses structures de déformation des sédiments mous, telles que: les plans de stratification ondulés, des lits tronqués et les caractéristiques d'évacuation de l'eau.

L’érosion par les vents et l’eau a formé des canyons où on peut visualiser les différentes couches fines déposées … certains canyons ont plus de 30 mètres de haut, et forment des cheminées spectaculaires.

 

Les tuff rings Piedras Blancas et Carapacho résultent d’éruptions explosives avec un foyer en profondeur. Ils sont caractérisés par des lapilli de tuff et des unités de tuff, mis en place par des surges pyroclastiques.


Carapacho tuff ring - scienenet.cn                      Llancanelo volcanic field  - Carapacho tuff ring - photo Sciencenet.cn


Le Carapacho est situé en bordure du lac salé Llancanelo ; son cratère en fer-à-cheval ouvert vers l’ouest est large de 1200 m. pour une profondeur de 90 m.

 

Llancanello---Carapacho--scielo-copie-1.jpgLlancanello---Carapacho-volc-jpg

 


 

Llancanelo volcanic field - Carapacho tuff ring - photo et carte Scielo / C. Risso & al.

 

 

Piedras Blancas forme un édifice monogénique haut de 140 m. avec un cratère de 1150 m. de diamètre, ébréché côté NO. Il a produit des coulées massives de lave a'a bleuâtre (formation Puente) La séquence éruptive finale fut effusive et strombolienne, et a produit un cône de scories niché et deux coulées de lave émergeant de l’ensemble.

 

RissoetalJVGR07phreatomagmaticscoriaconefield15.jpg   Llancanelo volcanic field - Piedras Blancas tuff rings et cônes de scories- photo in C. Risso & al.

 

Sources :

- The role of phreatomagmatism in a Plio-Pleistocene high-density

scoria cone field: Llancanelo Volcanic Field (Mendoza), Argentina - by

Corina Risso, Károly Németh & al. / 2007 

- El volcanismo cuaternario en el retroarco de Payenia - bt E. Llambias & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La partie centrale de la province volcanique Payenia a concentré l’activité volcanique autour de trois champs volcaniques :  Cerro Nevo, Llancanelleo et Payún Matrú.

 

Commençons par le champ volcanique  Payún Matrú : Plus de la moitié des laves émises dans la région lui sont attribuées ainsi que les plus longues coulées basaltiques !

 

Cerro-Payun-Matru---panoramio.jpg                   Le Cerro Payún Matrú et les champs basaltiques - photo Panoramio

 

Morphologie du champ volcanique Payún Matrú :

on y distingue trois unités principales.

1. Le champ basaltique Los Volcanes : il se compose de cônes stromboliens et de leurs coulées de lave associées, émises entre 300.000 ans et l'holocène.

2. Le stratovolcan Payún Liso, de composition intermédiaire, culminant à 3838 mètres, qui s’est construit vers 265.000 ans et,

3. Le volcan-bouclier Payún Matrú : ce bouclier de style hawaiien est caractérisé par des laves trachytiques et une grande caldeira sommitale de 8 km. sur 10. Le point culminant sur le flanc sud-ouest du bouclier atteint 3.680 m. d’altitude.

 

fig08-03.jpg 

Payún Matrú volcanic field - a. image Landsat 7 - b. vue de l'ouest montrant les morphologies différentes et une partie du champ basaltique ouest - doc. I.R. Hernando / in Stratigraphy of the quaternary Payún Matrú volcano.

 

Etapes de formation du Payún Matrú :

1. le stade pré-caldeira : composé de dômes et coulées de composition trachytique, de dykes radiaux et de roches volcaniclastiques. Une datation récente, par méthode Ar40/Ar39, par Germa & al (2010) renseigne un âge de schema-stratigraphique-du-Payun-matru-VF-Germa---al-2010.jpg168.000 ans.


Stratigraphie schématique des volcan et des champs basaltiques - Germa & al 2010


2. le stade caldeira :il se caractérise par l'émission de l'ignimbrite trachytique Portezuelo, dispersée radialement depuis les sommet jusqu'à 40 km. de distance. Elle n'est pas exposée à l'intérieur de la caldeira, recouverte par le volcanisme post-caldeira. L'ignimbrite est massive, avec un degré de soudure moyen, et une épaisseur variant entre 50 cm. et plus de 20 mètres; son volume est estimé à 30 km³ (Llambias & al. 2010) 

L'émission de ce grand volume d'ignimbrite a généré l'effondrement de la caldeira.

 

Payun Matru profil - A.GermaPayun-Matru-VF---SiO2-vs-age.jpg

 A gauche, profils du
Payún Matrú et modèles DEM du volcan avant et après la formation de la caldeira -

à droite, âge en ka versus composition en

SiO2 des différentes structures du champ volcanique.- doc.
Germa & al 2010

 

payu5_sg.jpg

 

                            La caldeira du Payún Matrú - image Landsat 7en fausses couleurs / Nasa.

 

3. le stade post-caldeira :

- les premières laves émises sont de composition basalto-trachyandésitique à trachyandésitique, marquant un changement vers des produits moins évolués au regard de l'ignimbrite Portezuelo. Elles ont été émises au niveau de fractures annulaires de la caldeira et se sont écoulées dans celle-ci et sur les flancs sud et nord-ouest. Les coulées intra-caldériques sont datées de 82.000 ans  (Germa & al)

- Un nouveau changement dans la composition des produits émis s'opère ensuite, pour donner des trachytes de composition plus homogène mais avec des faciès lithographiques différents : trachyte en blocs, ponces trachytiques et trachyte vitreuse, datées entre 37.000 et 7.000 ans. 

 

Volcan_Payun_Liso_---Simone-Hickx.JPG                          Le Payún Liso et les champs basaltiques - photo Simone Hicks

 

Le stratovolcan Payún Liso est contemporain ou légèrement plus âgé que le 

Payún Matrú, comme l'indique le recouvrement partiel des pentes nord par l'ignimbrite Portezuelo, et sa datation entre 285.000 et 261.000 ans. Il est formé de couches de laves trachytiques à trachyandésitiques, similaires à celles du stade pré-caldeira du Payún Matrú. Son volume est estimé à 40 km³, avec un évent central bien défini et des pentes raides, typiques d'un stratovolcan.

 

Les champs basaltiques sont situés à l'ouest et l'est du Payún Matrú, et ont un âge similaire compris entre 233.000 et 7.000 ans. Les laves sont des basaltes alcalins et des trachybasaltes, émis par des éruptions sous le contrôle de fissures NO-SE et E-O.

 

Geologie-Payun-Matru.jpg                                  Carte géologique du champ volcanique  Payún Matrú

 

ISS030-E-030265_lrg.jpg               Le champ volcanique  Payún Matrú, vu par l'ISS030-E- 030265 / Nasa

 

Le champ volcanique Payún Matrú est un example parfait du mélange de SVZ-arc---georoc.jpgmagmas, où les membres finaux de ce processus se retrouvent côte à côte dans le champ volcanique : cônes basaltiques monogéniques et coulées, volcan-bouclier polygénique, et stratovolcan. Le mélange de magma est le résultat de l'injection de magma basaltique venant des profondeurs dans une chambre magmatique trachytique proche de la surface.

 

Analyse des laves de la zone volcanique sud des andes et du champ volcanique Payún Matrú - doc. Germa & al 2010

 

La coulée Pampas Onduladas : la plus longue coulée de lave quaternaire sur Terre.

Une des coulées de lave originaire du rift sommital du bouclier est longue de 181 km., constituant la plus longue coulée de l'époque quaternaire terrestre. Sans aucune intervention de la topographie, elle s'est maintenue étroite et droite ; la coulée a progressé suivant un mécanisme d'inflation thermique. Sa température élevée (1130-1160°C), sa viscosité entre 3 et 73 Pa, un ratio lent de refroidissement couplé à un ratio d'effusion soutenu et durable ont influencé un transport extrêmement long. Trente trois km³ ont été émis à l'extrémité est du système de faille Carbonilla, par des fissures actives réparties sur 16 km. de long, en deux branches : La coulée Pampas Onduladas vers l'ESE, et une branche NO sur une distance respectable de 60 km. à partir du point de divergence . (G. Pasquare & al)

 

Payenia-volcanic-province--central-segment--.jpgLe champ volcanique  Payún Matrú, et la coulée Pampa Ondulada -  the Payún Matru volcanic field based on Germa et al. (2010); isolated ages south of the Pampa Ondulada flow are standard K–Ar ages based on Melchor and Casadío (1999)

 

Payen eastern volc. - inflated pahoehoe lobe

         Le champ basaltique Payún Matrú est - section d'un lobe pahoehoe dilaté - photo G.Pasquare

 

Sources :

- Payenia volcanic province in the southern andes : an appraisal of an exceptional quaternary tectonic setting - by Victor A. Ramos & A. Folguera.

- Volcanic stratigraphy and evidence of magma mixing in the Quaternary Payún Matrú volcano, andean backarc in western argentina  - by I.R. Hernando & al.

- Very long pahoehoe inflated basaltic lava flows in the Payenia volcanic province - by G. Pasquarè & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’activité récente du Copahue m’a amené à m’intéresser à cette région située au sud du sous-continent sud américain, et plus particulièrement à la province volcanique Payenia, en Argentine.

 

Cette grande province volcanique, essentiellement basaltique, s’étend sur plus de 40.000 km², comportant près de 800 volcans, majoritairement monogéniques entourant des complexes volcaniques plus imposants.


La Payunia Provincial reserve - argentosoma -skyscrapercity

                  Paysage de la Payenia provincial reserve - photo skyscrapercity / argentosoma

 

Cette région, peu mise en avant par la volcanologie, a vu son volcanisme débuter à la fin du Miocène, pour se développer au Quaternaire, avec l’émission de plus de 8.000 km³ de lave en deux millions d’années.

Les scientifiques divisent la province volcanique en trois grands segments :

 

Payenia-volcanic-province.jpg Zone volcanique Andine sud - Payenia volcanic province - Situation des volcans datés du quaternaire (arc andésitique chilien) et délimitation des principaux champs volcaniques  - doc. V.A. Ramos & A. Folguera.

 

1. La partie nord caractérisée par de petits champs basaltiques monogéniques, datés entre 3 Ma et 5.000 ans, avec un climax entre 1 Ma et 400.000 ans. 


2. La partie centrale, la plus active, articulée autour de trois champs volcaniques : Le Cerro Nevado, Le Llancanelo et le Payún Matrú.


3. La partie sud qui englobe les champs basaltiques autour des volcan Aura Mahuida  - 2 Ma à 800.000 ans - et Tromen. Le volcan Tromen présente une activité étalée entre 2,7 Ma et 40.000 ans, alors que le champ volcanique Tromen se présente sous la forme d’un plateau basaltique datant de 1,8 à 1,6 Ma (Folguera et al., 2008) sur lequel sont disposés plusieurs petits volcans monogéniques.

 

VolcanTromen---wikipedia.jpg                                              Le volcan Tromen - photo wikipedia

 

Tectonique de la province volcanique Payenia :

 

L’origine du volcanisme à la fin du Miocène (7Ma) semblerait être liée au brusque élargissement vers l’est d’un magmatisme initié lors de la formation des Andes et qui était depuis lors contenu plusieurs dizaines de kilomètres plus à l’ouest. Selon Ramos et Kay (2006) ce phénomène pourrait être corrélé avec un redressement du plan de Wadati-Benioff de la plaque Nazca subductée, entraînant un élargissement de la zone d’hydratation du manteau par rapport à l’axe de la subduction.

Cet épisode n’est pas à proprement parler responsable de la formation des grands plateaux basaltiques caractérisant la Payenia mais a favorisé la création et l’élévation d’un bloc appelé " bloc San Rafael " par la mise en place de deux chevauchements majeurs d’axe nord-sud situés au niveau de Malagüe et de San Rafael. Cette action a permis une fragilisation et un amincissement de la croûte continentale associés à la mise en place des premières phases de volcanisme

Ce bloc soulevé s’est ensuite écroulé et fracturé à partir de la fin du Pliocène en relation avec une période d’extension de la zone. Cette phase a permis la mise en place rapide de larges plateaux basaltiques dont les premières traces remontent approximativement à 2 Ma au niveau du champ volcanique Auca Mahuida et du plateau du volcan Tromen avant de gagner l’ensemble de la région à partir de 1,8 Ma. L'édification des nombreux volcans sur ces plateaux est liée à la poursuite de l'extension de la zone.

 

Payenia-volcanic-province-evolution--Ramos---Folguera-2005.jpgModélisation del'évolution de la province volcanique Payenia, suite à l'augmentation de la pente de la plaque Nazca en subduction et l'injection d'un panache asthénosphérique, responsable de l'extension et le déplacement du volcanisme en direction de la fosse océanique - schéma in Ramos & folguera , d'après Bohm & al. modifié.

 

Les scientifiques suggèrent une interaction entre une source asthénosphérique très chaude et des éléments volatiles provenant d’une plaque océanique (en violet sur le schéma) pour expliquer la composition des basaltes de la Payenia. Le modèle proposé est la remontée de matériel asthénosphérique très chaud sous forme d’un panache, à la faveur d’un fléchissement de la pente de la plaque en subduction, qui permet d’expliquer la composition des basaltes, la grande quantité de laves émises, les anomalies thermiques sous la province Paeynia et le fractionnement du bloc San Rafael. (Stern 1990 - Bohm & al 2002 – Gilbert & al 2006).

Au cours des dernières 200.000 années , le panache ascendant asthénosphérique se trouverait sous la zone du Payún Matrú.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Volcanoes Central Chile- Argentina

- Payenia volcanic province in the southern andes : an appraisal of an exceptional quaternary tectonic setting - by Victor A. Ramos & A. Folguera.

- Volcanic stratigraphy and evidence of magma mixing in the Quaternary Payún Matrú volcano, andean backarc in western argentina  - by I.R. Hernado & al.

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L’activité volcanique au nord de la Syrie durant le Cénozoïque est associée à un épisode d’extension, particulièrement à la jonction entre la faille transformante Yammouneh et son extension nord, la dépression du Ghab. Ces structures font partie du système de failles de la Mer Morte, qui représente la frontière entre les plaques arabique et Africaine.

 

1-s2.0-S0264370706000408-gr1.jpgSituation des basaltes d'Homs (14-15-16) et du graben d'El Ghab (10) sur la carte de droite - doc. Neogene volcanic activity of western Syria and its relationship with Arabian plate kinematics / M. Lustrino & al

 

(A) Main outcrops of Cenozoic volcanic rocks of the Arabian Plate (modified from Garfunkel, 1989). (B) Simplified geological sketch map of Syria (modified from 79 and 78). 1 = late Cenozoic volcanic rocks; 2 = relatively stable platforms (A = Aleppo Platform; R = Rutbah Platform); 3 = molasse basins (D = Damascus Basin; AD = Ad-Daw Basin); 4 = dome-shaped uplifts and horsts; 5 = southern Palmyrides; 6 = northern Palmyrides; 7 = El-Ghab Plio-Quaternary Graben; 8 = platform margins, including Alpine allochnonous masses (B = Bassit-Latakia; K = Kourdag); 9 = Miocene Graben (AK = Al Kebir Graben); 10 = main faults. DST = Dead Sea Transform.

Black circles = sample locality 

 

On retiendra les basaltes d’Homs et le champ volcanique El Ghab .

 

Les basaltes d’Homs :

Le champ volcanique d’Homs couvre 500 km², principalement composé de basalte alcalin et tholéiitique.

Ils sont liés à un édifice volcanique de forme ovale, le volcan-bouclier Shin. Celui-ci a été nourri au travers de fractures orientée nord-ouest, formant actuellement des dykes et des dorsales volcaniques. Ce modèle correspond à une extension NE-SO datée d’environ 6 Ma. La partie nord-ouest du volcan Shin est déplacée latéralement vers la gauche d'une vingtaine de kilomètres, ce qui donne un ratio moyen de mouvement relatif de 3,3 mm/an  entre les plaques arabique et africaine.

Les datations, entre 6,4 et 3,7 Ma, ont été effectuées par la méthode Ar40/Ar39 sur des laves prises au pied et au sommet du site du Krak des Chevaliers (Searle & al. 2010)

 

Krak_des_Chevaliers_landscape---Ergo.jpg                                       Syrie - Le Krak des Chevaliers - photo Ergo

 

Le champ volcanique El Ghab :

Contrastant avec les basaltes d’Homs, les roches volcaniques d’El Ghab (Al Ghab) sont associées à de nombreux cinder cones ayant produit des coulées de lave et des scories couvrant de petites zones (moins de 25 km² et de 20 m. d’épaisseur)

Ces laves ont été datées par les méthodes Ar40/Ar39 et K/Ar entre 4,0 et 1,1 Ma, avec une grande partie plus jeune que 2 Ma (Searle & al. 2010)

 

Tectonic-development-of-the-Ghab-basin-Syria07.jpg                      Développement tectonique du bassin El Ghab - doc. Graham Brew & al.

 

Inscribed_basalt_block-_Anderin-_Syria---James-Gordon.jpg               Syrie - Anderin : bloc de basalte portant des inscriptions - photo James Gordon

 

Sur "l'axe du basalte", on retrouve quelques grands sites anciens et une histoire millénaire liée à des générations de bâtisseurs et d'envahisseurs, aux confins du "croissant fertile".

CarteIG_Syrie---Herodote.net.jpgDiverses villes anciennes telles Alep et Bosra, le site du Krak des Chevaliers et le château se Saladin, Palmyre et les villes mortes du nord syrien sont classées au Patrimoine mondial de l'Unesco.


Carte des sites patrimoniaux / Hérodote.net

 

De grands musées nationaux comme celui de Damas et d'Alep contiennent de nombreuses oeuvres en basalte.

 

Bassin-sacrificiel-basalta---Tel-Mardikh---Nat-mus.-Damas.jpgTell Mardikh - bassin sacrificiel en basalte - âge de bronze - photo Lessing archives / Musée de Damas 

Surmontant une série de lions couchés, sur la face de gauche :  une scène de banquet - sur la face de droite : des guerriers en marche.

 

Le Musée d'Alep, un bâtiment moderne sans charme, abrite cependant des trésors archéologiques : ceux des villes de Mari, 3000 av JC, d'Ebla, 2400 av Jc et d'Ougarit, 1300 av JC, qui sont aux sources de notre civilisation. Un partie du temple araméen de Tell Halaf, sont également visibles ... d'autant plus précieux que la majorité des découvertes a été détruite ou endommagée dans les bombardements, à Berlin en 1943.

  

basalt-lion-Western-palace-Tell-Halaf-9-s-BC---AFP.jpg

           Tell Halaf - Palais ouest - des lions de basalte datés du 9° siècle avant JC - photo AFP

 

Sources :

- Structure and tectonic development of the Ghab basin and the dead sea fault system, syria - by graham Brew & al.

- Neogene volcanic activity of western Syria and its relationship with arabian plate kinematics - by M. Lustrino & al.

- Syrie - Cinq mille ans de patrimoine - herodote.net

- Lessing photo archives - Damas museum

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20100630-israel-----Earthsnapshot.jpg

                             Les champs volcaniques Syrio-Jordaniens - photo Earthsnapshot.

 

Le champ volcanique basaltique Es Safa (ou As Safa) est situé au sud-est de Damas dans le sud Syrien. Il mesure environ 17 km. de diamètre.

De nombreux cinder cones sont dispersés au travers du champ de basalte, mais certains sont alignés nord-ouest/sud-est, marquant des failles permettant l’accès du magma vers la surface. L’activité volcanique la plus récente date de 1850, avec la présence d’un lac de lave ; les coulées de lave les plus jeunes forment une masse foncée sur la photo prise par la station spatiale.

 

Es-Safa-lava-filed---Dionysias---Panoramio.jpg                                         Es Safa lava field - photo Panoramio / Dionysias

 

Es_Safa_Volcanic_Field-_Syria---Nasa-ISS-09.2010.JPGEs Safa basaltic field - Nasa Astronaut photograph ISS024-E-13690 was acquired on September 4, 2010

 

Le champ volcanique Jabal al Druze culmine au sommet du même nom, aussi appelé Djebel Al-Arab, Jabal ed Duruz, Jabal al Druz, Jebel Duraz, Djebel ed Drouz, à 1803 mètres. Il est constitué de quelques 118 cônes basaltiques, qui ont été actifs du début du Pléistocène à l’holocène. Ils ont alignés en direction NO-SE.

 

NW-corner-arabian-plate---science-direct-copie.jpg     Les champs volcaniques Jordaniens - plaque arabique nord-ouest -  d'après un doc. science direct

 

Ces deux champs volcaniques font partie du grand champ volcanique Harrat Ash Shaam, qui s’étend du sud Syrien vers l’Arabie Saoudite.

Son épaisseur varie entre 100 mètres et 1500 mètres, et atteint même 1800 m. sur le plateau syrien.

En Jordanie, son épaisseur moyenne est de moins de 150 mètres et y couvre une surface de 11.400 km².

Il est caractérisé par une série de coulées de lave subhorizontales d’environ 25 m. d’épaisseur, de nombreux cônes de scories , des failles extensionnelles et de grandes fissures éruptives en liaison avec des dykes nourriciers.

 

Les laves sont composées de basaltes alcalins, de basanites, téphrites, hawaiites, mugearites, et rares trachytes et phonolites.

 

Harrat-Ash-Shaam---petrology-oxford-journal.---lavas-htm.jpg
                                   Harrat Ash Shaam  - analyse des échantillons de lave   (Shaw et al., 2003).


Le champ Harrat Ash Shaam est daté par la méthode K-Ar entre l'Oligocène (34 Ma) et la quaternaire, avec une interruption entre 22 Ma et 13 Ma, qui correspond à une baisse du volcanisme et une activité tectonique restreinte à la région de la Mer Rouge.

Une reprise du volcanisme le long des bords ouest de la plaque Arabique vers 13 Ma est vraisemblablement associée avec un mouvement gauche le long de la faille transformante de la Mer Morte, et peut refléter l'émergence de remontées du manteau supérieur sous la plaque.

 

Le volcanisme en Jordanie correspond à un modèle d’extension lithosphérique, avec mélange de différentes sources : l’extension provoque d’abord une fusion partielle du manteau superficiel, puis avec la progression de l’extension et la remontée de l’asthénosphère, il se produit un mélange avec des produits du manteau plus profond.

Bien que le volcanisme intra-plaque Jordanien présente des similitudes isotopiques avec des échantillons du volcanisme cénozoïque de la péninsule arabique dans son ensemble, de subtiles différences chimiques et isotopiques entre le volcanisme Jordanien et Yéménite suggèrent que le panache Afar n’a pas été canalisé sous la plaque Arabique en direction du nord-ouest, et ne joue aucun rôle dans la production des champs volcaniques Jordaniens et du nord de la plaque arabique. (J. Shaw & al)

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Es Safa - Jabal ad Druze 

- Petrogenesis of the largest intraplate volcanic field on the arabian plate (Jordan) : a mixed lithosphere-asthenosphere source activated by lithospheric extension. - by J. Shaw& al / Journal of Petrology. - link

- GFZ Postdam - Magma genesis and mantle dynamics at the Harrat Ash Shamah volcanic field (southern Syria) - M.-S. Krienitz & al.

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Le Golan, region située à l’est et au nord-est de la mer de Galilée, s’étend de la rivière Yarmuk, principal affluent du Jourdain, au sud jusqu’aux pentes du Mont Hermon au nord, dans la chaîne montagneuse anti-Libanaise.

 

Golan_panorama-et-Mer-de-Tiberiade----Daniel-Case.jpg            Panorama sur le Golan et la Mer de Galilée (Lac de Tibériade) - photo Daniel Case


Bordé à l’ouest par le vallée du Jourdain et la mer de Galilée, ce plateau s’étend sur 1200 km² jusqu’à la rivière Raggad à l’est.

Son altitude varie de 250 m. au dessus du niveau de la mer au sud, à 900 m. côté nord-est.

Les roches basaltiques recouvrent une grande part de la surface des Hauteurs du Golan, produites par des éruptions échelonnées entre 3,7 et 0,14 Ma (Mor 1986).

Le champ volcaniqe du Golan constitue la partie nord du champ volcanique  Harrat Ash Shaam, qui s'étend du sud de la Syrie vers l'arabie Saoudite, en passant par le nord-ouest de la Jordanie.

 

NW-corner-arabian-plate---science-direct.jpg                Les champs volcaniques du nord-ouest de la plaque arabique - doc. Science Direct

 

Golan_Heights_Map---CIA.jpgCarte géopolitique des Hauteurs du Golan, entre 4 frontières - cette zone annexée par Israël est séparée de la Syrie par une zone de désengagement militaire UNDOF. - carte CIA

 

Le Berekhat Ram est un maar, cratère volcanique d'explosion rempli par un lac d'eau douce, seule source d'eau pour les agriculteurs et éleveurs du nord Golan. Il alimente des sources en contrebas.


A proximité du Berekhat Ram, se trouvent le Mont Hébron, Jabl a-Sheikh ou montagne du Cheikh, et une colline, Jabl a-Sheikha, la colline de la femme du Cheikh ; selon la légende, le Cheikh cessa d'aimer sa femme, après de nombreuses années de vie commune et les larmes de chagrin de celle-ci ont empli le vaste cratère.

La région est couverte de chênes et sert d'abri aux chacals et gazelles, qui y côtoient les renards et sangliers.

 

Brechat_ram_mt_hermon---Sheynmetz.JPG                                Le maar Berekhat Ram et le Mont Hermon - photo Sheinmetz

 

1-s2.0-S0377027310001885-gr1.jpg              Carte géologique simplifiée du Berekhat Ram (Birkat Ram) - doc. Shaanan, 2009

 

 

prehistoric-venus-berekhat-ram.jpg  

La Vénus de Berekhat Ram, datée de 230.000 à 700.000 avant JC, première trace artistique hors de l'Inde.

 

Découverte entre deux couches de résidus volcaniques, datées respectivement de 230.000 et environ 700.000 avant JC, cette "sculpture" en tuff basaltique aurait été faite par l'homo erectus.

 

Le Mont Hermon appartient à la chaîne montagneuse anti-Liban, qui a vu le jour lors de l'effondrement de la faille Syro-africaine; elle date du Jurassique et est de nature calcaire.

 

Mt-Hermon---Amit-Moscovich.jpg

            Golan nord - le mont Hermon en hiver et ses installations de ski - photo Amid Moscovich

 

Le Mont Bental, appelé Tel al Aram en arabe, signifiant "la bouche aimée" ou "la bouche du grand amour", en raison de sa topographie, est un volcan  aujourd’hui éteint  … mais qui reste un point chaud touristico-militaire local.

 

mount-bental---Israel-traveler.jpg                       Golan - le mont Bental - photo Israël traveler

 

Les Hauteurs du Golan abritent un site préhistorique, Rujm al-Hiri (Rogem Hiri), considéré comme l’équivalent en Terre Sainte de Stonehenge.

Ces quatre cercles concentriques de pierres basaltiques entourant un cairn central seraient soit un temple astrologique, soit le site funéraire du roi géant de Bashan, Og.

Son diamètre le plus large est de 150 mètres ; les cercles ont plus de 3,5 mètres de large et une hauteur (restante) de plus de 2,5 mètres.

 

Rujm-Al-Hiri-prehistoric-struct---Albatross-AP.jpg                           Golan - le site préhistorique Rujm al-Hiri - photo Albatross / AP

 

Golan-dolmens--.jpgLe plateau compte des centaines de dolmens, utilisés comme lieux de sépulture à l’âge de bronze … il était difficile de creuser des tombes dans cette région au terrain basaltique.

 

Dolmens sur le plateau du Golan - photo Bibleplaces.

 

La forteresse de Nemrod, dont on parle dans le livre de la Genèse (10 :8-9) comme étant le premier potentat post-diluvien, a été bâtie par les musulmans, qui l’appellent Kal’at al-Subeiba, avant de changer maintes fois de mains au cours du 12° siècle. Cette citadelle s’élève sur une colline de 400 m. de long sur 150 m. de large à certains endroits, et une altitude atteignant 800 m.

 

Golan----nimrod-fortress-overview----midwinter.jpg                          Plateau du Golan - la forteresse Kal’at al-Subeiba - photo midwinter

 

N.B. : dans cette région revendiquée par diverses populations, il faut s'habituer aux multiples dénominations des lieux.

 

Sources :

- The geology of Lebanon - by C.D. Walley

- Global Volcanism Program - Golan Heights

- OSL dating of a pleistocene maar : Birket Ram, the Golan Heights - by Uri Shaanan & al. The Hebrew univeristy Jerusalem - link

- Visual art / Venus of Berekhat Ram - link

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La province volcanique arabique nord-ouest correspond grosso modo aux pays bordant la Méditerranée à l’est : la Syrie, le Liban et le Golan.

Ces pays sont actuellement en guerre ou soumis à une instabilité chronique depuis plus de cinquante ans, et ne se laissent pas visiter en toute sécurité … il faudra oublier ces destinations pour vos prochaines vacances.

 

Cette zone est aussi un lieu d’instabilité tectonique : trois plaques s’y côtoient, la plaque indo-européenne au nord, la plaque Africaine à l’ouest et à l’est, la plaque Arabique.

 

arabian-plate-saudi-geological-survey.jpg                La plaque Arabique et son environnement tectonique - carte Saudi geological survey

 


Intéressons-nous aux limites de la plaque arabique : elle est marquée à l’ouest par les failles décrochantes Anatolienne-est et de la Mer Morte, qui se poursuivent vers le sud, par une zone d’expansion correspondant aux rifts de la Mer Rouge et du golfe d’Aden. Du nord-ouest au sud-est, une zone de collision et de subduction est représentée par les chaînes montagneuses Zagros (collision)  et Makran (subduction).  

 

La plaque arabique se sépare du continent africain depuis des millions d’années et remonte vers l’eurasie, en direction nord-est. Cette séparation s’est faite en plusieurs étapes dans le cadre de la fermeture de l’océan Téthys.

 

Fermeture-de-Tethys---JP.-Defert-education.fr.jpg Fermeture de Téthys et séparation de la plaque arabique - doc. La dorsale de Sheba - M. Fournier et

N. Chamot-Rooke


Il y a 65 Ma, le plancher de la Téthys commence à plonger sous l’Eurasie, au niveau de sa bordure nord.

Il y a 30 Ma, l’émergence du point chaud Afar est associé à des épanchements volcaniques importants en Ethiopie et au Yémen (trapps ethiopiens et du Yémen) et on assiste à la fragmentation progressive de la plaque africaine et à la formation des rifts de la Mer Rouge et du Golfe d’Aden.

Actuellement et à terme, la tectonique fait et fera s’ouvrir un nouvel océan entre l’Afrique et la plaque arabique, grâce à la dorsale de Sheba, et aboutira à la séparation de la plaque somalienne.

 

Dorsale-de-Sheba---situation-actuelle.jpgDorsale de Sheba, au sud de la péninsule arabique - situation actuelle et âge du plancher océanique en Ma - doc. La dorsale de Sheba - M. Fournier et N. Chamot-Rooke


 

L’activité volcanique en Syrie et la région du plateau du Golan (nord de la "Palestine" – en arabe : الجولان   , al-jūlān ; en hébreu : גולן, golan) est liée à un magmatisme important entre l’éocène supérieur et l’holocène, entre 40 Ma et 5 Ma.

 

1-s2.0-S0264370706000408-gr1----copie.jpgMagmatisme du Cénozoïque affectant le nord-ouest de la plaque arabique - doc. modified from Garfunkel


Sources :

- Global Volcanism Program - volcanoes of the Middle East - Syria

- Neogene volcanic activity of western syria and its relationship with arabian plate kinematics - by M. Lustrino & E. Sharkov

- Pour la Science - La dorsale de Sheba - M. Fournier et N. Chamot-Rooke

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