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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Fin d’année passée, je vous avais promis un article sur les bières,  volcaniques naturellement …

 

Débutons avec une production spécifique de l’Eifel allemand et sa relation directe avec le basalte.

 

Actu---3-0303-copie.jpgLa Lava-keller de Mendig / Eifel - Parois et piliers de soutènement basaltiques; le mur chaulé à droite date de l'exploitation brassicole. - © Bernard Duyck


Niedermendig a été depuis longtemps une ville de tailleurs de pierre et de carriers, qui y exploitaient les coulées de basalte du cône de scories du Wingerstberg (daté de 200.000 ans).

Il a fallu creuser les dépôts éruptifs laissés par l’éruption du Laacher See, il y a 13.000 ans,  pour arriver au niveau des coulées basaltiques qu’ils recouvraient … une fois cette pierre extraite, un énorme volume vide a formé la Lava-keller (la cave de lave) … cette cave naturelle située à 32 mètres sous terre est dotée d’une température constante de 6-8°C, et d'une humidité élevée, conditions de conservation idéale pour la bière.

 

 

Actu---3-0441-copie.jpg

Coupe schématique du sous-sol de Mendig au niveau de la coulée basaltique. D'après un document du Lava-Dome. - © Bernard Duyck

 

On a commencé à y entreposer la bière locale vers 1839. L’industrie brassicole a compté aux temps glorieux jusqu’à 28 brasseries à Mendig … mais suite à l’invention en 1876 par Carl Linde du réfrigérateur, nombre d’entre elles se sont délocalisées ou ont fermé.

 

Dossier-42-9632-rec-jpgEntrepôts dans la Lava-keller de Nedermendig  -  doc. Steinbach 1880 / in Vulkane der Eifel - H-U. Schmincke


L’ancienne brasserie Wölker, aujourd’hui la Vulkan Brauerei, a cependant continué à y produire des bières non filtrées (intestins délicats s’abstenir) selon des pratiques du 16° siècle, et à maintenir la tradition brassicole à Mendig.

 

Vulkan-beer.jpgLaacher See 118 copie2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Vulkan-Braü -  "sous-bock", représentant le stockage des futs dans la Lava-keller et tonnelet plus moderne

 

Bien que la bière ne soit pas en général considérée comme boisson nationale en France, les terres volcaniques du Massif Central produisent quelque bières artisanales, naturelles et aromatisées, difficiles à intégrer dans les réseaux de distribution, et trouvable seulement dans les bars ou restaurants. Les céréales et plantes locales, ainsi que l’eau filtrée par les terrains volcaniques, entrent dans la composition de ces bières locales.

 

Biere-des-volcans.jpg

                                            " La bière des volcans", une brune auvergnate.

etiq-blanche-33.jpgLA-Planeze.jpg

 

 

 

 

A gauche, étiquette de la "Gaïa", bière du Sancy - à droite, trio de "Planéze", bière de Saint-Flour. -

Doc. des producteurs.

 

"La Planèze" puise sa saveur dans la lentille blonde de Saint-Flour ;

"la bière des volcans" est brassée par la brasserie du Cerf dans le Puy-de-Dôme … blonde dans sa version standard , brune pour la version bière de Noël.

 

En Amérique du Nord, la liaison entre les phénomènes volcaniques et la fabrication de la bière est moins flagrante et plutôt strictement commerciale. Pour n’y avoir visité que ces régions volcaniques, je dois dire que les seules bières acceptables sont produites par de petites brasseries régionales, ou d'exportation … la lavasse blonde américaine courante restant inconsommable !

La chaîne des Cascades en Oregon, ou encore la région du Yellowstone, fournissent par contre une production honorable.

 

Peinture USA bieresDossier-42-8337---Old-Faithfull.jpgPeinture USA bieres (1)A gauche et à droite, des bières d'Oregon :

une "Obsidian stout" et la "Black Butte porter" ... au marketing volcanique.

photo Deschutes brewery.

 

A l'extrême droite,

une "Old Faithfull ale", bue près du geyser du même nom au Yellowstone N.P. -

Grand Teton brewing co.

 

Parmi les nombreuses bières d'Hawai, épinglons la "Fire Rock pale ale" :

son nom et sa couleur cuivrée, due au mélange de malts torréfiés, rappellent les coulées de lave du Kilauea. Son houblon Galena a des arômes d'agrumes floraux ... "hawaiian style".

 

Fire rock pala ale

                                       Hawai - "Fire Rock Pale Ale" - doc. Kona Brewing co.

 

Selon la maxime, toujours à consommer avec modération ...

           

     A votre santé !  Cheers !   A su salud !   Alla vostra salute !

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

En cette période de fêtes et de ripailles, nos estomacs surchargés ont besoin d’un peu d’aide … une cure d’eau minérale, et particulièrement celle des régions volcaniques, est la bienvenue !

 

Les régions volcaniques européennes nous fournissent des eaux naturelles de qualité, et de composition différente selon les origines. Quelques exemples, avec les eaux des volcans d’Auvergne et du Massif volcanique allemand de l’Eifel.

 

Volvic-Faites-le-plein-dune-nature-preservee.jpg 

Voyons avec l’eau de Volvic comment ces eaux se chargent en minéraux :

 

L’impluvium de Volvic est un territoire de 38km² qui recueille les eaux de pluie et de fonte des neiges pour constituer une masse d'eau souterraine qui traverse lentement une succession de couches de roches volcaniques, acquiert une composition minérale typique et donne naissance à l’eau minérale naturelle Volvic. Cet impluvium, caractérisé par une faible densité de population et par l'absence d'activités industrielles ou de cultures intensives, fait l'objet d'un haut niveau de protection environnementale.

 

Puy-de-Jumes-et-de-la-Coquille---Impluvium-de-Volvic.jpg                                 L'impluvium de Volvic - les puys de Jumes et de la Coquille


volvic3.jpgCes édifices et matériaux volcaniques reposent sur un socle cristallin à la morphologie accidentée. Celui-ci affleure au niveau des limites nord et ouest du bassin versant et constitue le substratum imperméable de l’aquifère de Volvic. La structure de l’aquifère correspond à un empilement de coulées de lave et de formations scoriacées et pyroclastiques, qui ont recouvert la morphologie antévolcanique du socle au quaternaire.

 

Le filtre naturel de Volvic - coupe de la vallée


Les eaux de pluie ou issues de la fonte des neiges peuvent suivre des parcours distinct en fonction des formations en surface : soit elles percolent directement dans les formations volcaniques, soit elles ruissellent sur le socle affleurant pour s’infiltrer au contact entre celles-ci et les formations volcaniques. Les eaux transitent ensuite verticalement dans une zone non saturée qui peut dépasser 100 voir 200 m d’épaisseur au niveau des cônes de scorie, avant de rejoindre le socle cristallin imperméable. Puis l’écoulement se concentre dans les paléovallées correspondant à la morphologie antévolcanique. Les reconnaissances géologiques antérieures ont permis de révéler l’existence de deux axes de circulation, deux paléovallées qui se rejoignent au niveau du lieu dit Les Goulets.

 

Volvic---naissance-eau-unique.jpg                           Volvic - le cheminement souterrain des eaux - doc. Volvic.fr


Ce sont les carriers qui ont été à l’origine de la prospection d’eau sur Docteur_Moity---Matthieu-perona.JPGl’impluvium sous les coulées de lave du Puy de La Nugère.

En 1927, à l'initiative du docteur Pierre Moity, maire de la commune de Volvic, des études géologiques qui ont conduit à creuser une galerie souterraine de 700 m de long, libèrent une importante voie d'eau, aussitôt dénommée source du Goulet.

Photo Matthieu Perona

Le captage du Goulet permet l'alimentation en eau de la commune. En 1963, les forages de Clairvic sont implantés pour alimenter l’usine d’embouteillage de la Société des Eaux de Volvic. L’eau extraite est classée en 1965 " Eau Minérale Naturelle " par le Ministère de la Santé.

 

 

  • Résidu sec à 180 °C : 130 mg/L
  • pH : 7
  • Température de l'eau au puisage : 8 °C.
Éléments Concentration en mg/L
Calcium (Ca2+) 11,5
Magnésium (Mg2+) 8
Sodium (Na+) 11,6
Potassium (K+) 6,2
Sulfates (SO42-) 8,1
Bicarbonates (HCO3-) 71
Nitrates (NO3-) 6,3
Chlorures 13,5
Silice 31,7
Fluor 0,22

 

Volvic convient tout particulièrement dans certains régimes, notamment pour les affections urinaires (calculs) en raison de sa faible teneur en calcium, dans les régimes et maladies de la nutrition - car elle favorise l'élimination accrue des déchets métaboliques et dans tous les régimes qui motivent une restriction sodée (affections cardio-vasculaires, hypertension artérielle, néphropathies ...). Elle est également indiquée sous forme de tampon, pulvérisation, nébulisation pour les soins dermatologiques.

 

Sans vouloir les citer toutes, les eaux de Vichy, dont la Saint-Yorre, ou la Rozana sont exploitées dans le Massif Central, d’autres, telle que l’Aizac le furent autrefois en Ardèche.

 

-tiquette-source-du-volcan-aizac.jpg

                       Eau minérale naturelle d'Aizac  - Ardèche - la source du volcan.


77008375 o

                   Eau de Cilaos - Source Véronique - Les Dom-Tom ont aussi leur eau volcanique.

 

Dans l’Eifel, en Allemagne, avec la Gerolsteiner et le Vulkanius, voyons comment elles sont naturellement gazéifiées.

 

gerolsteiner-150x300L’eau Gerolsteiner bénéficie d’une combinaison de conditions naturelles favorables. Les anciennes terres volcaniques lui apportent une forte teneur en acide carbonique, tandis que la roche dolomite l’enrichit en minéraux.


Caractéristiques de la Gerolsteiner en mg/l: Calcium 348, Bicarbonates 1816,  Magnésium 108, Sulfates 38,30, Sodium 118 mg.

 

Elle est naturellement pétillante … mais d’où proviennent ses bulles ?

Elles se développent lorsque le magma refroidit en remontant  à la surface de la terre. Il se mélange alors à l’eau présente et les bulles de gaz carbonique se forment. Bien que les quelques 350 volcans de la région se soient éteints il y a plus de 10.000 ans, le magma en refroidissement continue aujourd’hui de transformer chaque goutte de pluie en eau gazeuse.

 

q-Laden-011.jpg  Eifel - les eaux ferrugineuses Vulkanius, produites près du Laacher See. - Hermann Kreuter Quelle.


Si vous n’aimez pas l’eau … nous parlerons bientôt de bières volcaniques, mais après les fêtes !

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Laguna_Verde_et_Licancabur---altitude-rando.jpg

                       Le Licancabur et la laguna Verde - photo altitude rando.


Le symétrique cône du Licancabur, d’un diamètre de 10 km. environ, semble avoir été construit largement à la période post-glaciaire, au contraire du Juriques voisin.

Des coulées de lave à l’aspect juvénile bien développées sur les flancs ouest attestent d’une activité récente ; elles s’étendent, en plusieurs bras, pour la plus longue sur 6 km.  et présentent des levées bien préservées sur des coulées en blocs épaisses de 5 à 100 mètres. Les coulées plus anciennes se développent jusqu’à 15 km. du cratère et sont recouvertes de dépôts pyroclastiques.

 

aster_licancabura_24mar03_15m-copie.jpgLe Licancabur et ses coulées, en bas à gauche - à sa droite, le Juriques - à leur pieds, les laguna Verde (gauche) et Blanca (droite) en fausses couleurs - doc. Nasa satellite Terra / Aster novembre 2003.

Une analyse des laves par Marinovic et Lahsen (84) montre qu’il s’agit d’andésite à pyroxène, typique également des volcans Escalante et Sairecabur localisé au nord. Vingt à quarante pour cent de la lave sont constitués de plagioclase, d’augite-Ca, biotite, quartz, brinzite …

 

Licancabur-summit-crater---summitpost.jpg                      Le cratère et le lac sommital du Licancabur - photo Summitpost

 

Un petit lac sommital de 90 sur 70 m., souvent pris par les glaces, est contenu dans le cratère sommital d’un diamètre de 400 m. C’est un des lacs les plus élevé au monde. Une expédition en 1984 a relevé une température de 6°C au fond de ce lac, à une profondeur de moins de 4 mètres, mais elle peut chuter jusqu’à moins 30°C. Il contient malgré tout une faune planctonique extrêmophile, notamment des diatomées, intéressante pour les biologistes.

   

Ils ont découvert dans un lac au pied du Licancabur, actuellement d’une profondeur de seulement 50 cm., des diatomées ayant dix fois plus de déformations que les algues similaires présentes dans d’autres lacs. Ce petit lac s’est en partie évaporé, et permet une forte pénétration des rayons UV … la question est de savoir si les mutations déformantes constituent une adaptation à cette situation, une évolution, ou au contraire sont un signe que la vie n’est pas possible dans un tel environnement, un signe d’extinction. A-t-on atteint une réelle limite à la vie sur terre ?

 

4828146-Inca_Ruins_on_the_peakcrater_rim_of_Licancabur_Boli.jpgRuines pré-colombiennes sur le bord du cratère du Licancabr - sur la droite, les pentes du Juriques et en contrebas, la laguna Blanca - photo Tremendopunto / Virtualtourist

 

Des ruines d’intérêt archéologiques ont été trouvées sur les bords du cratère, venant compléter celles présentes au pied du volcan. Elles sont une preuve de l’occupation pré-colombienne des lieux et de l’absence d’éruption au cours du dernier millénaire.

 

800px-Ruinas_Incas_a_los_pies_del_volcan_Licancabur_Bolivi.jpg                   Ruines incas sur le pied bolivien du Licancabur - photo Christian Ordenes.


Une légende rapporte les relations entre les Atacamenos et le volcan : Il y a très longtemps, les chasseurs-cueilleurs avaient coutume de faire un sacrifice annuel au volcan. Ils livraient une jeune femme au dieu capricieux et puissant. Ces sacrifices féminins prirent fin grâce à la bravoure d’un jeune homme, qui escalada le volcan malgré les tremblements et de violentes tempêtes. Il atteignit le sommet à 5.916 m. après plusieurs jours et nuits d’efforts. Ce succès fut couronné par la formation d’un lac au sommet … le volcan ne fut plus actif après ce jour. La légende ajoute qu’à dater de ce jour, les chasseurs-cueilleurs enterrèrent leurs morts dans le lac. Il y aurait donc des trésors dans le lac, puisque ces inhumations s’accompagnaient d’offrandes au dieu-volcan, et des objets de valeur accompagnant la dépouille mortelle.  (Gómez Parra, Domingo, Cuentos de nuestra tierra, Instituto de Investigaciones Antropológicas, Universidad de Antofagasta, 1994.)


Au pied du Licancabur, deux lacs différents et contigus : les laguna Verde et Blanca.

La pluviométrie intervient peu dans le régime hydrologique des lacs d’altitude, alimentés par des nappes d’ eaux souterraines ; l’évaporation joue un rôle important vis-à-vis de la salinité.

 

P1030586---PG.jpgA gauche, la Laguna Verde et à droite, la Laguna Blanca vues du sommet du Licancabur - photo © Pierre Gondolff.


La laguna Verde : ce lac, situé à 4.400 mètres d'altitude, doit sa couleur vert jade aux carbonates de soufre, de plomb et d'arsenic présents dans ses eaux; le vent le rend encore plus magique en le parant d'une fine écume blanche. Un pH de 8,72 a été mesuré (A. Iltis)

 

P1040948.JPGLa Laguna Verde et la chaîne volcanique Sairecabur - Escalante - photo © Carole et Frédéric Hardy


Un mince couloir le sépare de la Laguna Blanca, aux eaux plus pâles et opalescentes, couleur causée par la haute charge en minéraux. Ses caractéristiques : 5,6 km. sur 3,5 - 10,9 km² - 4.350 mètres d'altitude.

 

P1070729---LB.jpg                                      La Laguna Blanca - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

P1070759-LB.jpg  La Laguna Blanca et la chaîne volcanique Sairecabur - Escalante - photo © Carole et Frédéric Hardy


 La salinité globale des eaux des lacs de l'altiplano varie de 7 à 10 g./l. pour les lacs les moins concentrés jusqu’à plus de 100 grammes par litre. D’aprés la nature des sels dissous, on distingue des milieux chlorurés sodiques (c’est le cas le plus fréquent), des milieux carbonatés sodiques et des milieux sulfatés sodiques. Le pH des eaux est toujours élevé et varie entre 8,15 et 10,8.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Licancabur

- Global Volcanism Program - Sairecabur

- Contribution à l’étude hydrobiologique des lacs salés du sud de l’altiplano  bolivien – par A. Iltis, F. Risacher et S. Servant-Vildary

- Diatomées et milieux aquatiques de bolivie - par M. Roux & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le complexe volcanique Altiplano-Puna (AVPC) contient deux champs géothermaux majeurs, en plus de nombreuses sources chaudes mineures : El Tatio, déjà examiné et Sol de Mañana.


Sol de Mañana -  22º23'S; 67º4'W – est un champ solfatarien situé sur le territoire bolivien à une vingtaine de kilometres au sud de la Laguna Colorada.

 

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                 Le champ solfatarien Sol de Mañana -  photo © Carole et Frédéric Hardy


Les manifestations géothermales couvrent une surface de 120 km² entre 4800 et 5000 m. d’altitude. Le champ principal couvre 10 km² en deux entités : une petite au SO. de Cerro Apacheta, et une autre à 12 km. au NO. à Huayllajara.

 

AVPC---Tatio-et-sol-de-Manana.jpgPartie du complexe volcanique Altiplano-Puna, avec la localisation de Sol de Mañana (SM) et El Tatio (T) - d'autres petites zones d'activité géothermale : Cerro Apacheta (A) et Huayllajara (H)  et les failles (F) sont renseignées. Les centres volcaniques régionaux sont le volcan Putana (P), le volcan Escalante (E) et le Cerro Tocopuri (CT). - Doc. Volcanoworld.

 

 Les manifestations thermales diffèrent de celle d’El Tatio … ce sont ici des mares de boue vigoureusement agitée, quelques sources chaudes et un petit drainage. De nombreuses marmites ont été creusées sous l’action érosive de la vapeur et des émissions sulfureuses et emplies de boue brûlante à environ 200°C.

 

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                                Sol de Mañana - mudpots -  photo © Carole et Frédéric Hardy


Sol-de-Manana--Radial-star-shape-of-a-boiling-mud-pot---Ore.JPG            Sol de Mañana - structure radiale sur une mare de boue bouillonnante - Volcanoworld

 

Bien qu’El Tatio et Sol de Mañana soient proches, on ne peut, pour des raisons de divergence politique entre la Bolivie et le Chili, s’attendre à une analyse d’interrelation entre les deux champs géothermaux.

Ils sont situés à 30 km. de distance sur une série de failles récentes NO.-SE., et en bordure du système de caldeiras Pastos Grandes / Cerro Guacha. Le volcan Putana, un des rares volcans à forte activité fumerollienne, est localisé à seulement 18 km. au sud de Sol de Mañana.

 

800px-Solfarata_fumarolas_putana_volcano---Ger.-Prins.jpg      Volcan Putana -  fumerolles au sommet et solfatare dans le cratère du volcan - photo Gérard Prins.


Des études de 73-76 ont établi que les eaux chaudes coulent horizontalement en direction du nord-ouestau travers de l’ignimbrite Puripicar (datée de 4,2 Ma) qui soutend le champ El Tatio et Sol de Mañana … l’aquifère pourrait être le même (les eaux thermales ont la même composition – H.Rosales 1989). Sol de Mañana serait plus proche de la source thermale et el Tatio représenterait le drainage distal à une altitude plus basse, les fluides chauds étant véhiculés le long du système de failles en suivant la pente naturelle.


Sol de Manana - Oregonstate.edu      Ensemble de marmites bouillantes du champ solfatarien de  Sol de Mañana - photo Volcanoworld

 

P1040798.JPG                                                     photo © Carole et Frédéric Hardy


 Ce champ géothermal actif ne possède aucune infrastructure, et s’y déplacer requiert la plus extrême prudence … la croûte est fine et la boue bouillante est sous celle-ci ! Les champs solfatariens sont dangereux, en raison de l’altération des sols par l’action hydrothermale, qui peuvent facilement céder sous le poids d’un homme. A El Tatio, des cercles de pierre délimitent les zones de sécurité, ici au contraire rien ne protège d’éventuelles éclaboussures, et un vertige, lié au manque d’oxygène en altitude, peut y faire tomber un photographe qui s’est trop approché.

On est bien loin de la sécurité et du confort des boardwalk du Yellowstone.

Des bassins d’eau chaude ont été aménagés, où l’on peut se plonger dans une eau à 40°C.

 

De belles bulles de boues sur le site de Viajeros 4x4 - Géiseres de Sol de Mañana ... à voir !

 

Sources :

- Volcanoworld - a virtual altiplano Bolivia - link

- Volcano / Oregonstate - Altiplano-Puna volcanic complex - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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                                  Le salar d'Uyuni -   photo © Carole et Frédéric Hardy


Un décor surnaturel : une mer de sel blanche, aveuglante, plus grande que la Corse : le salar d'Uyuni.  

Ce salar couvre 12.100 km² , soit le double du grand lac salé des Etats-Unis (le Great Salt Lake, près de Salt Lake City). Il est inondé périodiquement, ce qui explique sa planéité.

 

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P1040556.JPG            Uyuni - halite et saumures ... du sel à perte de vue ! - photos © Carole et Frédéric Hardy


Son origine est un ancien et très grand lac préhistorique, le lac Minchin, daté au radiocarbone entre 30.000 et 42.000 ans. Ce lac fut pris au piège par le soulèvement andin et s'est élevé à 3.760 m. Ce lac s'est transformé en un paléolac nommé Tauca, profond de 140 mètres, entre 13-18.000 ans (ou 15.000-26.000 ans selon d'autres sources).

La formation la plus jeune est le lac Coipasa, daté de 11.500-13.400 ans. En s'asséchant, le lac Coipasa se sépara en deux entités modernes, les lacs Poopo et Uru Uru, et deux salars, le salar de Coipasa et le salar d'Uyuni. Le lac Poopo est proche du lac Titicaca, et reçoit son excédent avant de le relarguer dans les deux salars.

 


5fig1.gif                    Localisation des salars boliviens  et du lac Poopo, entre les deux cordillères


P1040381.JPG                             Salar d'Uyuni et le Tunupa - photo © Carole et Frédéric Hardy


Au centre du salar, se dressent quelques "îles", en réalité des vestiges du sommet d'anciens volcans submergés durant la période de vie du lac Minchin.

L'île d'Incahuasi (maison de l'Inca), appelée aussi isla de pescado (île du poisson, en raison de sa forme) est une pseudo-île : la colline entourée par le salar, qui se transforme en île lorsque l'eau recouvre le désert salé, empêchant son accès pédestre. L'île est couverte de stromatolites, colonies bactériennes fossilisées, premières traces de vie sur terre.

Preuve que la vie est tenace, dans cet univers salé et soumis à un climat rigoureux, dès qu'un substrat le permet, elle s'installe ... des centaines de cactus habillent les pentes de l'île et certains atteignent quatre mètres de haut , et l'âge respectable de plusieurs centaines d'années. Ils sont richement fleuris au printemps austral.

 

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P1040438.JPG    Les cactus de l'île Incahuasi et leur superbe floraison printanière - photo © Carole et Frédéric Hardy


Sous la surface du salar, on détecte la présence d'un lac de saumure profond de 2 à 20 mètres; la composition de la saumure est une solution sursaturée de chlorure de soude, de chlorure de lithium et de magnésium. La croûte solide qui le recouvre varie entre une dizaine de centimètres et quelques mètres; elle est caractérisée par de multiples hexagones, dont les côtés sont formés de cristaux d'halite de 3 à 5 cm. d'épaisseur. L’exploitation manuelle du sel se fait en bordure du Salar, à Colchani, avec comme seules aides, des pics et des brouettes; les ouvriers les mieux équipés possèdent des lunettes de soleil avec flasques pour se protéger de l'intense réverbération.

 

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          Les cumulus répondent aux tas de sel récolté - Uyuni - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

 

 

Le volcan Tunupa est peu documenté; il possède une caldeira compliquée et richement colorée. L'accès au belvédère situé à 4.600 mètres est possible pour des randonneurs acclimatés, mais son sommet déchiqueté, qui culmine à 5.432 m., reste réservé aux alpinistes chevronnés.

La modélisation des paléoglaciers du Tunupa a permis de reconstituer les conditions paléoclimatiques régnant sur l'altiplano entre 17.000 et 15.000 avant JC. Elle a été réalisée par mesure de l'He3 cosmogénique contenu dans les pyroxènes prélevés sur les moraines glaciaires.

On a conclu que les glaciers de l'altiplano ont persisté dans leur position maximale en même temps que la lac Tauca atteignait son maximum d'extension, 50.000 km². Les glaciers ont brutalement reculé , en phase avec la disparition du lac Tauca (étude et doc. du CNRS).


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                        Le volcan Tunupa et sa caldeira colorée - photos © Carole et Frédéric Hardy

 

Petit clin d'oeil :

 

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         Le seul camélidé que je trouve "sympathique" ... le lama -  photo © Carole et Frédéric Hardy


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                                 Lama bicéphale ?  - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Un dernier regard sur le salar avant de pouvoir admirer le Licancabur entouré de lacs colorés.


P1040590.JPG

 

Sources :

- Le Salar d'Uyuni - M@ppemonde - link

- Paléoclimat des Andes, quand lacs et glaciers étaient connectés - CNRS 01.2010

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Direction la vallée Arcoiris, ou vallée de l’arc-en-ciel, à quelques cent kilomètres de San Pedro de Atacama, peu fréquentée par les touristes.

La pyrite, la calcite, et les oxydes de fer et de cuivre se sont alliés pour offrir des formations géologiques aux couleurs surprenantes : un camaïeu d’ocre, de jaune, d’orange, virant sur le rouge, avec quelques notes de vert.

 

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Vallée de l'arc-en-ciel - un assortiment de couleurs surprenant - photo © Carole et Frédéric Hardy


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Vallée de l'arc-en-ciel -  cet endroit aride a été peuplé et cultivé à une époque où les conditions climatiques étaient plus favorables - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

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P1040008.JPG                           photos © Carole et Frédéric Hardy

 

 

 

C’est aussi dans cette région qu’on trouve une grande concentration de pétroglyphes, dessins gravés dans la pierre par le peuple originel du désert de l’Atacama, les Atacameños. L’eau a disparue de cette zone, autrefois travaillée et irriguée par l’homme ; on y retrouve des champs de cultures en terrasses et des parcs à bestiaux qui en témoignent. Les pétroglyphes abondent sur les rochers d’éboulis et à la base des tajos, ces falaises abruptes qui dominent les torrents aujourd’hui à sec. On peut les retrouver aussi sur les parois des grottes habitées par les indiens.

 

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Pétroglyphes de la vallée de l'arc-en-ciel - figure humaine assise - photo © Carole et Frédéric Hardy


P1030943.JPGPétroglyphes de la vallée de l'arc-en-ciel :  un lama, autrefois présent - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Les deux-tiers se présentent sous forme de gravures. Cinquante pour cent des figures sont faites d’une ligne de 1 à 8 mm. de profondeur dessinant une silhouette humaine ou animale dans un même plan, sans notion de perspective. Trente pour cent sont des gravures obtenues par piquetage ou grattage de la surface, atteignant jusqu’à 3 cm. de profondeur, et mettant en avant de façon sommaire les mouvements. Le reste est constitué de figures très schématiques.

 

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P1030940-copie.jpgPersonnages schématisés - tête emplumée, mains esquissées, sexe hypertrophié (à gauche)P1030940-copie-2.jpg Pétroglyphes de la vallée de l'arc-en-ciel : Sur ce panneau, 7 à 8 personnages de différentes grandeurs sont tous assis "en tailleur", certains les bras levés, d'autres les bras pendants -à gauche, un animal peu identifiable - photos © Carole et Frédéric Hardy


Les différents styles peuvent participer à le même scène, pas toujours facilement lisible. Les représentations humaines sont peu esthétiques et caricaturales. La main, simplifiée, ne compte que deux doigts ; beaucoup de personnages sont nus, et affublés d’un sexe volumineux. La tête est surmontée d’une ou plusieurs plumes.

Des animaux, principalement des camélidés et des félidés, accompagnent les représentations humaines.

 

P1030922.JPGPétroglyphes de la vallée de l'arc-en-ciel : Un seul plan sans perspective pour cette figure animale piquetée (un puma ?) - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Sources :

Gravures et peintures rupestres du désert d'Atacama - par Jean-Christian Spahni.

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                              Cordillera de la Sal -   photo © Carole et Frédéric Hardy


Au nord-ouest de San Pedro de Atacama, on retrouve une surprenante formation géologique, remaniée il y a des millions d’années par les forces tectoniques … le fond d’un lac asséché soulevé lors de la surrection des Andes qui a fait surgir la Cordillera de la Sal.


Cette zone fait partie de la dépression pré-andine, une structure basse entre la pré-cordillère chilienne (cordillère costale) et la  cordillère des Andes ouest.

Actuellement, la cordillère des andes ouest est considérée comme la partie ouest de l’arc magmatique moderne. Bien que la dépression pré-andine occupe une position inhabituelle entre un arc magmatique et une région de pré-arc, elle est considérée comme un bassin intra-arc. (Reutter 1988)

 

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Carte de l'Atacama avec les failles primaires et secondaires responsables de la structure régionale - d'après Aron & al. 2008 / Magnetotelluric study of the Western cordillera - D.D. Alvarado 2011.

 

L’érosion a depuis sculpté le relief dessinant des structures de sel, de gypse et de calcaire.

Une partie de cette cordillière est nommée Valle de La Muerte. Découverte par Le Paige, un prêtre belge, elle portait originellement le nom de Valle de la Marte, Vallée de Mars … une mauvaise traduction par l’abbé qui ne maitrisait pas bien l’espagnol, a été interprétée par les Atacaméniens comme Valle de la Muerte, Vallée de la mort.

 

P1030772.JPG                          Cordillera de la Sal - "sécheresse" - photo © Carole et Frédéric Hardy


Jadis, le site doit avoir servi de lieu de sépulture, ce qui a facilité la confusion. Il est vrai que son extrême aridité et salinité y rendent impossible toute forme de vie. C’est le domaine réservé du minéral !

 

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P1030900.JPG                                Cordillera de la Sal - photos © Carole et Frédéric Hardy


Des roches découpées et d’immenses dunes de sable gris rosé, alternent avec des zones blanchies par le sel. Les roches rosées deviennent rouges au coucher du soleil et contrastent avec le ciel plus ou moins bleu selon l’heure de la journée. Un petit cayon étroit, sinueux possède des parois incrustées de cristaux de sel qui reflètent le soleil comme un miroir. On y entend vivre la roche, qui se dilate ou se contracte en fonction de son exposition.

 

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P1030752.JPGCordillera de la Sal - Quelques gros-plans sur des faciès intéressants par leurs couleurs et leur forme - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

 

Sources :

- Evolution of the Cordillera de la Sal, northern Chile -  by Eberhard Wilkes and Konrad Gorier

- Magnetotelluric study of the Western Cordillera (Northern Chile), by Daniel Díaz Alvarado 2011

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Publié le par Bernard Duyck
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Les sources chaudes et les geysers renferment des formes de vie qui leur donnent leurs belles couleurs. Ce sont des bactéries extrêmophiles, des bactéries ayant la capacité de résister à des conditions physico-chimiques extrêmes, ou à la présence d’éléments toxiques.

 

P1030459.JPG                     El Tatio - geysers et leurs drainages - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

On les qualifie aussi de thermophiles (qui aiment la chaleur), ou d’hyperthermophiles en fonction de la température des eaux ambiantes, d’acidophiles (aimant les milieux à pH faible, acide), ou de thermoacidophiles, pour celles qui cumulent les adaptations.

 

Les concrétions de silice du champ El Tatio consistent en dépôts de silice amorphe autour des sources chaudes et bouches de geyser au départ d’eau pratiquement neutre, chlorée et sodée, saturée en silice. Le refroidissement de l’eau et son évaporation à sec sont les principaux processus qui contrôlent la déposition d’opale, en relation spatiale avec les communautés microbiennes en milieu subaqueux et subaérien.


Le paramètre écologique principal est le gradient de température :

- Paramètres des geysers : température de l’eau comprise entre 70 et 86°C (86,3°C étant le point d’ébullition à l’altitude de 4200 m.), macrostructure des dépôts grossièrement laminée avec des variations locales rapides, présence de bactéries hyperthermophiles et non-photosynthétiques.

 

P1030398.JPG                   El Tatio - nodules et terracettes (à gauche) - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

P1030563                          El Tatio - concrétions siliceuses -  photo © Carole et Frédéric Hardy


- Paramètres des zones d’éclaboussures autour des geysers : température de l’eau entre 60 et 75°C, spicules laminés et macrostucture en colonne, avec formation locale de cupules de moins de 30 cm., prédominance de cyanobactéries de type Synechococcus

 

P1030462.JPGEl Tatio - les biofaciès passant du vert à l'orange témoignent d'un gradient de température - photo © Carole et Frédéric Hardy


- Paramètres des sources chaudes : température des eaux : 40 à 60°C, spicules laminés et colonnes, nodules subsphériques caractérisant la macrostructure, présence de cyanobactéries filamenteuses Phormidium et de diatomées (e.a. Synedra sp.)

 

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El Tatio - les biofacès orange caractérisent les eaux de température entre 65 et 40°C, et le développement de bactéries filamenteuses alignés dans le courant - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Ces pigments ont une fonction de protection des cellules; par exemple, les caroténoïdes apportent une protection aux protéines, à l'ADN et aux membranes cellulaires contre certains dommages chimiques, comme ceux produits par les intenses radiations à ces altitudes.


- Paramètres des zones de décharge : eaux à 20-40°C, macrostructure avec spicules laminés et nodules de formes variés, abondance de cyanobactéries type Phormidium et Calothrix, ainsi que de diatomées.

 

P1030513.JPG             El Tatio : un arc-en-ciel d'origine microbactérienne - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Importance de ces extrêmophiles :

La découverte en 1966 par Thomas Brock de microorganismes vivants dans les sources chaudes du parc national du Yellowstone en a initié l’étude. Depuis, ils ont été découverts dans les structures géothermales partout dans le monde, en Islande, au Kamchatka, en Nouvelle-zélande, en Italie, etc. Tandis que ces sources chaudes ne constituent pas un milieu favorable à la vie animale, des organismes vivants ont été capables de s’adapter à cet environnement.

La découverte des archéobactéries a bouleversé les modèles scientifiques existant et suscité de nouvelles théories concernant l’appariton de la vie terrestre. De nombreux scientifiques croient que la vie pourrait avoir connu ses débuts, il y a 3 milliards d’années, dans un environnement de hautes températures et que les premiers organismes vivants pourraient être des thermophiles. Ils ouvrent deplus de réelles possibilités concernant les conditions d'une vie extra-terrestre.

Des astrobiologistes, dont ceux de la Nasa, suggèrent de considérer les sources chaudes commes " des portes d’entrée dans la Terre primitive ".

 

La capacité d’adaptation des extrêmophiles aux environnements très chauds est liée à la présence d’enzymes pouvant prospérér à ces températures, qualifiés d’extrêmozymes. Ces enzymes stables à la chaleur ont trouvé un champ d’application dans les biotechnologies, en tant que source de DNA polymérase.

 

Sources :

- GOSA - The Extraordinary Thermal Activity of El Tatio Geyser Field,
Antofagasta Region, Chile - by J.A. Glennon & Rh.M. Pfaff / 2003 - link

- 3D Electron Tomography of extreme environment fossil microbes (Rio Salado, Chile): the problem of biogenicity and its detection - by Barbara Cavalazzi, PhD/Centre de Biophysique Moleculaire, CNRS-Orléans/2008

- SERC - Microbial life in extremely hot environments- link

- Science Daily - New Research Challenges Prevailing Theory Of Microbial Biodiversity July 29, 2003

- Global volcanism Program - El Tatio

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Située entre 4200 et 4600 m d'altitude et d'une surface de plus de 30 km², El Tatio est la troisième plus grande zone géothermale au monde, après celle du Yellowstone / USA et Dolina Geiserov / Russie.

 

P1030475.JPG                             Les geysers d'El Tatio - photo © Carole et Frédéric Hardy


Le champ géothermal Hoyada de los géisers del Tatio abrite plusieurs dizaines de fumerolles et de solfatares, des terrasses de geysérite, plus d'une centaine de sources chaudes, dont probablement 80 ont toutes les caractéristiques d'un geyser, et quelques volcans de boue. Même si la hauteur moyenne des geysers est inférieure à un mètre, au lever du jour quand les contrastes de température sont maxima, les vapeurs s'élèvent, et le spectacle est fascinant.

 

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P1030577.JPG          El Tatio :  Des geysers peu élevés, mais bien fumants - photo © Carole et Frédéric Hardy


La zone géothermale de El Tatio, inclue dans le catalogue des volcans actifs par Casertano en 1963, n'est pas une zone volcanique en soi.

Elle s'intègre dans le complexe volcanique de Puna qui a une surface de 50.000 1-s2.0-S0037073805002435-gr1.jpgkm² !

Ce complexe volcanique comprend aussi la zone géothermale de Sol De Manana située en Bolivie. Aucune activité volcanique n'a été mise en évidence durant ces 10.000 dernières années à El Tatio.

 

Localisation d'El Tatio et carte géologique simplifiée des trois bassins - doc.Fernandez-Turiel et al., 2005. - (APVC: Altiplano–Puna Volcanic Complex.)

 

Le nombre de manifestations géothermales au coeur du complexe volcanique de Puna tend à montrer le caractère actif de la région.

De multiples et puissantes éruptions ignimbritiques se sont succédées depuis environ 10,4 millions d'années formant notamment les caldeiras de Pastos Grandes, au nord de El Tatio, et de Cerro Guacha, à l'est.

La zone géothermale se trouve dans une dépression nord-sud, un graben, de 7 km de large et de 20 km de long qui s'est formée lors du plissement des Andes à l'ère Tertiaire (Pliocène). Elle est directement aux pieds de volcans (Pliocène à Holocène ?), le Cerro Deslinde, le Cerro Volcán, le Cerros del Tatio, le Volcán Tatio, et non loin du volcan Putana qui a peut-être connu des éruptions historiques.

 

P1030589.JPG                El Tatio : gros plan sur un geyser "moussu"  -  photo © Carole et Frédéric Hardy

 

Le nom " El Tatio " provient du mot " El tata " qui signifie grand frère dans l'Atacama. D'après une légende locale, le volcan El Tatio, " le grand frère", qui se trouve à environ 10 km au sud-est de la zone géothermale d'El Tatio protège les peuples de l'Atacama. Il leur a donné la force des geysers pour plusieurs siècles.

 

Un cycle hydrologique lent :

L'eau issue des précipitations et de la fonte des neiges s'infiltre à une vingtaine de kilomètres au sud-est de El Tatio. Elle suit un système de failles orientées nord-ouest sud-est, s'enfonce et circule sous terre pendant une quinzaine d'années. A une vitesse d'environ un kilomètre par an, l'eau passe à travers différents dépôts, dont celui de l'ignimbrite de Puripica (daté à 4,2 millions d'années), et sous des dépôts ignimbritiques imperméables plus récents, notamment ignimbrite de El Tatio (1,7 milions d'années). Là, entre 800 et 1000 m de profondeur, l'eau, piégée et réchauffée, atteint 260°C. Seule une petite partie de cette eau chaude, donc plus légère, remonte au nord-ouest et donne en surface les geysers et les sources chaudes de la zone de El Tatio.

Ces eaux chaudes forment la rivière du Rio Salado dont le débit varie de 250 à 500 litres par seconde suivant la saison. La plupart des sources atteignent 86°C, la température d'ébullition de l'eau à 4300m d'altitude ! Sept forages profonds de 870 à 1820 m ont été creusé entre 1969 et 1974 pour exploiter cette chaleur géothermique et alimenter en électricité la mine de cuivre de Chuquicamata et la ville de Calama situées à plus d'une centaine de kilomètres de là. Un équipement pour la désalinisation de l'eau a été mis en place. Pour des raisons techniques ces installations sont aujourd'hui presque totalement abandonnées.

 

Malgré les conditions climatiques rudes, ces plateaux sont habités par une faune andine riche.

 

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  Des vigognes, et ...

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Ci-contre, à gauche, un flamant des andes - Phoenicoparrus andinus ;

à droite, une mouette de Patagonie - Larus maculipennis.

 photos © Carole et Frédéric Hardy

 

 

 

 

Demain, d'autres habitants ... les extrêmophiles.

 

Sources :

- GOSA - The Extraordinary Thermal Activity of El Tatio Geyser Field,
Antofagasta Region, Chile - by J.A. Glennon & Rh.M. Pfaff / 2003

- 3D Electron Tomography of extreme environment fossil microbes (Rio Salado, Chile): the problem of biogenicity and its detection - by Barbara Cavalazzi, PhD/Centre de Biophysique Moleculaire, CNRS-Orléans/2008

- Global volcanism Program - El Tatio

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Le désert d'Atacama occupe 105.000 km² dans le nord du Chili. Une bande longue de 1.000 km. borde la côte Pacifique, à l'ouest de la Cordillère des Andes. Ce désert n'est pas plat ou parsemé de petites dunes, c'est au contraire une succession de hauts-plateaux rocailleux, de lacs asséchés, de roches érodées, de dunes ... le tout à une altitude comprise entre 1.000 et 3.500 mètres.


C'est le désert le plus sec et le plus stérile de la planète ! La raison est double : coincé entre les Andes et la chaîne côtière chilienne, elle voit son climat influencé par l'inversion créée par le courant froid de Humboldt et l'anticyclone du Pacifique ... c'est ainsi que la région d'Antofagasta ne reçoit qu'un millimètre de pluie par an, et que certaines stations météo situées dans l'Atacama n'ont jamais reçu une goutte d'eau. Des scientifiques britanniques affirment que certains lits de rivière sont restés "secs" depuis 120.000 ans.

Certains endroits de l'Atacama bénéficient d'un "fog marin", connu localement sous le nom de Camanchaca, qui apporte suffisamment d'humidité pour permettre la vie d'algues, de lichens ... et de cactus.

 

P1030346.JPG                                        Atacama - photo © Carole et Frédéric Hardy


Cette région se compose de différents biotopes : bassins endoréïques salés,  salars, étendues de sable et de lave.

 

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P1030312-copie.jpg     Les volcans San Pedro et San Pablo forment un complexe élevé - photos © Carole et Frédéric Hardy


Situé dans le désert de l’Atacama, le volcan composite San Pedro est en fait formé par des jumeaux : le volcan San Pedro, haut de 6.145 mètres, de nature andésitique à dacitique et plus jeune, s’est installé dans dans un escarpement en fer-à-cheval laissé par un effondrement du San Pablo, plus ancien et haut de 6.092 mètres.

D’épaisses coulées de dacite couvrent la partie supérieure du plus jeune cône.

 

San-Pedro---google.jpg                  Chili - Volcan San Pedro et la coulée du cône de scories La Poruña - image Google 


Sur son flanc ouest, le cône de scories La Poruña a produit une coulée de lave longue de 8 km.. La datation d’un bloc de la coulée nous donne un âge de 103.000 ans, surprenant par rapport à l’aspect juvénile du cône.

La dernière éruption historique du San Pedro est datée de 1960 par le GVP.

 

L'oasis de San Pedro (le village) :

 

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                     Une oasis dans le désert : le village de San Pedro de Atacama - photo Pierre cb

 

Les premiers habitants de la région sont arrivés il y a environ 11 000 ans. Au cours des millénaires, ils ont d'abord domestiqué le guanaco pour donner le lama. Ils pratiquaient la transhumance entre les Andes et le plateau. Puis ils se sont sédentarisés grâce au développement d'une agriculture utilisant les plantes qui pouvaient résister dans ce climat désertique. Des villes et villages furent fondés, certains sur des buttes stratégiques avec fortifications : les Pucarás.

San Pedro de Atacama a commencé à être fréquenté par les humains entre 500 av. J-C et 300 ap. J-C alors que plusieurs communautés de potiers se sont établies à l'embouchure du Rio San Pedro dans le Salar de Atacama.

 

P1030351.JPG                      Habitat local - Région de San Pedro - photo © Carole et Frédéric Hardy


Craneo_deformado_atacameno-260-300-AD--Musee-des-Ameriq.jpgCes populations pratiquaient la déformation de leurs crânes, utilisant dès l'enfance des petites planches bandées par les lanières de laines autour de la tête, pour leur donner un front plat. Cette civilisation était dirigée par des chefs de villages, les Atacameños, et s'étendait de la dépression de Chiu-Chiu au pied des Andes jusqu'au salar.

                         Musée des Amériques - crâne Atacameño déformé - photo Luis Garcia


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Museo Arqueologico Gustavo Le Paige - Miss Chile


C'est dans cette région que fut découverte une série de momies. L'une d'entre elles, vieille de trois mille ans est appelée Miss Chile et sa réplique était visible jusqu'en 2008 dans le Museo Arqueologico R.P. Gustavo Le Paige, situé près de la place centrale du village.

(Wikipédia)


-Tulor_Settlement---S.Pedro-de-Atacama---800BC--1100---Owen.jpg                    San Pedro de Atacama - peuplement "Tulor" - 800BC-1100 - photo Owen Cliffe.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - San Pedro

- Patrimonio cultural immaterial de San Pedro de Atacama - link

- San Pedro - musée archéologique - link

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