Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les Soda lakes :

Au nord-ouest de la ville de Fallon, deux maars, emplis d’eau, formés en subaérien, sont datés de moins de 10.000 ans. Le plus grand, Soda lake, est un maar allongé NE-SO de 1.300 m sur 2.000 m.

Le second , Little Soda lake, large de 300 m, est situé au sud du premier.

 

soda-lake-maar---Nevada--volcano.si.edu.jpg                                  Nevada - Soda lake - photo Global Volcanism Program


Le lac contenu dans le maar est stratifié chimiquement, qualifié de méromictique, très anoxique à plus de 35 m. de profondeur ; ses eaux sont alcalines : pH de 9,7.

 

 Autour de ces cratères d’’explosion, on rencontre des scories de basalte, contenant de petits cristaux clairs de feldspath, ou vert d’olivine, ou encore brun-noir de pyroxène.

 

Soda-lake-bombs---nbmg.unre.edu.jpgNevada - Soda lake : inclusions dans les scories basaltiques - le crayon pointe sur un phénocristal d'olivine - photo Nevada Bureau of Mines and Geology.

 

Ces lacs ont une connotation spéciale pour les ornithologues, en raison de 400px-Double-crested_cormorant_during_breeding_season---Mik.jpgleurs eaux profondes et des zones humides proches … Mais la qualité des observations n’est pas constante : en plus de l’époque de l’année, elle dépend beaucoup des conditions météo. La période d’observation la plus favorable est durant la migration d’automne.

On peut y rencontrer des limicoles, des canards, des mouettes, des plongeons, des grèbes et des phalaropes.


Le cormoran à aigrettes ( Phalacrocorax auritus, double-crested cormorant) -ici en plumage nuptial - fréquente le Soda lake

Photo Mike Baird

 

Le champ volcanique Lunar Crater:

Le champ volcanique contient environ 95 évents, datés de la fin du Pliocène au Pléistocène, et au moins 35 coulées de lave associées.

Les coulées de lave sont importantes ; leur longueur va jusqu’à 6,1 km., la largeur jusqu’à 1,9 km., pour une épaisseur variant de moins de 3 m à 25 mètres.

Les évents incluent des cônes de cendres, des fissures allongées et au moins deux maars. Au NE et au centre du champ volcanique, les coulées sont couvertes de tephra, alors qu’ailleurs, elles le sont par des dépôts éoliens de limon et de sable.

 

Lunar-crater-VF---1----hindered-settling.jpg


Lunar-crater-VF---hindered-settling.jpg                  Nevada - Lunar crater volcanic field - photos Hindered settling / blogspot.

 

Lunar crater, le plus grand des deux maars, est quasi circulaire large de 1.050 mètres et de 130 m. de profondeur.

Le second , large de 550 m et profond de 65 m., termine une chaîne de cinder cones coalescents.


005_LunarCrater3b-lightrainproductions.jpg

                                     Nevada - Lunar crater - photo Lightrain productions.


La zone de Lunar crater abrite une polygonacée endémique, connue sous le nom de Johanneshowellia crateriorum - Lunar Crater Howell's-buckwheat. Cette plante rougeâtre, à limbes obovale à arrondi de 0,5 x 1,5 cm., possède de petites fleurs blanc-rosée, donnant des fruits rouges.

 

Johanneshowellia-crateriorum---near-Lunar-crater---James-L-jpg           Johanneshowellia crateriorum - photo James L. Reveal / près de Lunar crater.

 

Sources :

- USGS - CVO - Nevada volcanoes and volcanics - link

- Global Volcanism Program - Soda lakes

- Hydrogeochemistry of Big Soda Lake, Nevada: An alkaline meromictic desert lake - by Y.K. Kharka & al - USGS Menlo Park.


Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Steamboat Springs est un petit champ volcanique, situé au SO. de Reno, et composé de dômes de lave rhyolitique et de coulées.

Bien qu’aucune activité ne l’ait marquée au cours de l’Holocène, le Global Volcanism Program l’a inclus dans son catalogue des volcans actifs en raison de l’activité géothermale.

 

steamboat-springs---Bill-Rose-MTU.jpg         Le champ volcanique et géothermal Steamboat Springs - photo Bill Rose / MTU

 

Les dômes sont alignés sur 8 km., selon un axe NE. Les plus importants ont coupe-steamboat-springs.jpg1.000 mètres de diamètre et près de 150 mètres d’élévation maximale. Des coulées d’andésite basaltique recouvrent les collines situées au sud de la principale zone de sources chaudes ; elles sont datées du Pléistocène.

La datation du champ volcanique est ainsi comprise entre 2,53 et 1,14 Ma., respectivement pour des andésites basaltiques et un dôme de rhyolite.

 

 

(a) Simplified map of the youngest opaline sinter terraces at Steamboat Springs, Nevada, showing
the relationship between the elongate, narrow terrace complex and the parallel Steamboat Springs
fault (dotted line). (b) Cross-section through Steamboat Springs geothermal area.
(Adapted from White et al ., 1964.) / in Volcanology and geothermal energy - K.wohletz & G.Heiken

 

 

Le champ géothermal se compose d’une cinquantaine de sources chaudes et de nombreux évents fumerolliens.

Il suit la ligne de dômes rhyolitiques, mais on suppose de plus une intrusion rhyolitique sous la zone de sources chaudes. La source énergétique du système thermal est probablement la chambre magmatique entièrement cristallisée à l’origine des dômes.

 

steamboat---Alan-Glennon.jpg                          Steamboat Springs - fumerole sur la fissure - photo Alan Glennon.


Le système thermal, toujours actif aujourd’hui, l’a été depuis plus de 2,5 millions d’années, probablement de façon intermittente. Les dépôts incluent de l’or, de l’argent, du mercure, de l’antimoine, de l’arsenic, du thallium et du bore.

Des puits ont été forés dans les années 50 et 60, mais le premier puit opérationnel ne le fut qu’en 1979.

 

soufre-Steamboat-springs---bonznstonz.jpg                        Steamboat Springs - soufre sur geysérite - photo Bonznstonz

 

Steamboat-hills---Carson-Range--Lee-Siebert.jpgSteamboat Hill geothermal field -  de la vapeur s'échappe au sommet du complexe de dômes de lave (centre de la photo) - la chaîne montagneuse à l'horizon est la Carson Range - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.  

  

Un peu d’histoire :

Les indiens ont installés depuis des lunes leur camp d’hiver le long de la Steamboat creek ; ils utilisaient l’eau des sources chaudes pour cuire leurs pignons de pins.

 

Petroglyphes-South-nevada---Alanah-Woody.jpg  Nevada - les pétroglyphes témoignent d'une occupation très ancienne des lieux - photo Alanah Woody.


Les premiers immigrants, passant par le Truckee Meadows, se crurent déjà arrivés à Sacramento, au vu des vapeurs émanant du sol … Ils les associaient aux colonnes de fumées émises par les bateaux à vapeur sur une rivière. La dénomination Steamboat a été accolée à la région depuis la ruée vers l’or de 1849.


Mais l’apparence de la zone était différente à cette époque : un des plus grand geyser des Etats-Unis y était actif.

En 1859, une première installation se composait de deux chambres, une consacrée au bain, l’autre au traitement par la vapeur. L’année suivante, des hangars furent construit pour capturer la vapeur émanant du sol , ainsi qu’un hôtel. Puis les activités minières de l’argent près de Virginia City favorisèrent le développement de Steamboat hot springs, avec des hôtels , un saloon et une salle de danse, et des bains chauds … décrits comme " le seul endroit où, en une journée de voyage, un gars peut rincer sa personne de l’argent qui la recouvre ".

 

Steamboat-Springs-fissure-vent---1867---T.O-Sullivan.jpg  Steamboat Springs fissure vent - 1867 - photo Timothy H. O'Sullivan -  The Metropolitan Museum of Art,    New York.


Etape de diligence, ensuite arrêt de train, la ville vit s’implanter un hôpital qui utilisait l’eau des sources chaudes comme moyen de soin.

Un séisme, le 10 décembre 1900, assécha le geyser et les sources chaudes … et en avril 1901, un incendie rasa l’hôtel et les autres constructions.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Steamboat Springs

- Origin and evolution of the steamboat springs siliceous sinter deposit , Nevada, USA - by B. Lynne & al. - link

- Volcanology and geothermal energy- K. Wohletz & G. Heiken - Univ. of California Press

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 Le champ volcanique Aurora-Bodie comprend une série de petites coulées de lave et de cônes de scories, dont l’âge s’échelonne depuis 15 Ma jusqu’à environ 100.000 ans.

Situé entre la Sierra Nevada et le Great Basin, il fait partie de la province Basin and Range, une zone d’extension crustale parcourant l’ouest des Etats-Unis.

 

the-aurora-bodie-volcanic-field-stocktrek-images-copie.jpgZone nord du champ volcanique Aurora-Bodie -en haut, à droite, Muds Springs volcano - à gauche, Aurora crater - quelques cônes de scories (plus brunâtres) ponctuent l'espace intersticiel - photo Nasa Earth Observatory / Digital globe's worldview juillet 2008 . 


Les plus anciennes entités, faites d’andésite, de dacite et de trachyandésite, de brèches et de tuff , datés d’entre il y a 15 à 8 millions d’années, couvrent environ 80 km². Leur volume est estimé à 35 km³.

Des dômes et coulées andésitiques, datées de 4 ,5 à 2 Ma, caractérisent e.a. Cedar hill ; avec des cinder cones et leurs coulées basaltique, datés du Pléistocène au début Holocène, ils couvrent une centaine de kilomètres carrés.

 

Mud-springs-volcano---Rick-cooper-flickr.jpg      Mud Springs volcano - coulées et évent à l'extrême droite - photo aérienne Rick Cooper / Flickr


Mud Springs Volcano  est constitué de coulées de lave, épaisses et bulbeuses, entourant un évent dont elles se sont écoulées sur 7.000 mètres. Leur couleur sombre témoigne de leur relative jeunesse , 100.000 ans environ.

Douze kilomètres à l’ouest de Mud Springs volcano, Aurora crater, est un cratère ébréché large de 1700 m., entouré totalement de coulées de lave d’un volume estimé à 2 km³ … le tout daté de 250.000 ans.

 

La topographie de la zone entière a été adoucie par les cendres émises par le Mono craters, plus jeunes, situés au sud-ouest.

 

Aurora-VF02.jpg   Carte géologique du champ volcanique Aurora-Bodie - doc. R.A. Lange/ The Aurora Volcanic field 

 

La plupart des éruptions qui ont marqué ce champ volcanique ont été de petite envergure, avec un ratio moyen de 200m³ par km² et par an depuis 3,6 Ma. Ce faible ratio est une évidence d’une alimentation par du basalte refondu au départ de la croûte inférieure, plutôt que par une chambre magmatique stable située dans la croûte supérieure.

 

De l’or et de l’argent, trouvé dans des veines de quartz zébrant des roches du Miocène, firent l’objet d’une exploitation minière jusque dans les années 50. Des galeries, longues de 4 à 6,3 km, et les villes fantômes d’Aurora et de Bodie en témoignent.

 

Mine-building-Juniata-Mill-complex.jpgMine building - Juniata Mill complex - Hawthorne mineral county - photo Library of Congress prints and photographs division.

 

Sources:

- Volcanoes of North America: United Statesand Canada – by Wood and Kienle

- USGS - Cascades volcano Observatory – Nevada volcano and volcanics - link 

- The Aurora volcanic field, California-Nevada : oxygen fugacity constraints on the development of andesitic magma - by R.A. Lange & I. Carmichael

- Geological Society of Nevada - Miocene Magmatic and Metallogenic History of the Bodie Hills, California and Nevada -   John, David A & al.  

- Nasa Earth observatory

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Un atterrissage à Las Vegas vous mettra déjà dans l’ambiance volcanique du Nevada : en pleine rue, un volcan y entre en éruption toutes les heures, dans un show lumineux et une chorégraphie aquatico-musicale au Mirage.


mirage21.jpg                               Las Vegas - Mirage hotel volcano - photo Nevada tourism

 

Après ces délires réalisés à coup de millions de dollars, oublions le cliquetis des machines à sous et passons aux choses sérieuses.


 Situé dans l’ouest américain, l’état du Nevada est coincé entre la nevadaCalifornie, côté ouest, et l’Utah, côté est.

Il est bordé au nord par les états de l’Oregon et l’Idaho. Au sud-est, une petite frontière le sépare de l’Arizona.

 

 

Lake_Tahoe_California_Nevada---Michael-Marfell.jpg

 

Lake Tahoe - Emerald bay - A la frontière entre la Calfornie et la Nevada, le lake Tahoe est une zone touristique majeure de la Sierra Nevada, alliant sports d'hiver (12 stations) et sports nautiques. -  photo Michaël Marfell.

 

 

Le Nevada est localisé, géologiquement parlant, dans le Grand bassin, soit la section nord et semi-aride / désertique de la province Basin and Range, un plateau inter-montagneux de l’ouest des Etats-Unis. Le Grand bassin est bordé à l’ouest par la Sierra Nevada, chaîne montagneuse dont il hérite le nom, au nord par le plateau Columbia, au nord-est par les Rocky Mountains, à l’est par le plateau du Colorado et le désert de Mojave au sud.

 

Le Nevada est sous le niveau marin au Paléozoïque ... ses volcans se sont formés sur la plaque continentale,  par subduction de la plaque fossile Farallon (actuellement plaque Pacifique) sous la plaque nord-américaine, à partir du milieu du Mésozoïque (Jurassique 200 Ma - 145 Ma). La province Basin and Range est le résultat d'une extension tectonique commencée au Miocène vers 17 Ma.

(Echelle de temps et unités géochronologiques - lien)

 

reno1.jpgreno2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

reno3.jpg

        Nevada - Coupes réalisées au niveau de Reno à différentes périodes géologiques - doc.PhysGeogVFT

 

800px-Simplified Basin and Range Province Cross Sec - Kathl

Coupe simplifiée de la Province Basin and Range, formée de horst et graben - doc. Kathleen Smith / Thatmaceguy.

 

Basin_range_province-centre-Nevada---Nasa.jpg

                 La Basin and Range province, au niveau du centre de l'état du Nevada - doc. Nasa


Une douzaine de zones volcaniques sont réparties sur le territoire de l’état.

 

map_nevada_volcanics.gif

 

Sources :

- Volcanoes of North America: United States and Canada – by Wood and Kienle

- USGS - Cascades volcano Observatory – Nevada volcano and  volcanics - link

 

  - Physical Geography : Reno / Lake Tahoe

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les recherches de l’USGS au cours des dernières décades montrent que le Mt Baker est un des plus jeunes volcans de la chaîne des Cascades … cependant l’activité volcanique a débuté dans la région depuis des millions d’années, mais la plupart des laves et dépôts de tephra ont été enlevés par l’érosion glaciaire.

Au nord-est du Mt Baker, des roches de couleurs pâles marquent l’emplacement d’une ancienne caldeira, qui s’est effondrée suite à une éruption ignimbritique, il y a 1,15 Ma. : la caldeira Kulshan.

 

2010_NWGS_Fall_Trip_Baker_Guide34.jpgBord sud de la caldeira Kulshan, vu de Artist Point - Le dôme Ptarmigan, un dôme rhyodacitique post-caldeira, au centre droit, domine les ignimbrites claires intracaldériques  - photo Northwest Geological Society.

 

La caldeira Kulshan :

c’est une caldeira cylindroïde à parois abruptes de 4,5 km. sur 8, emplie d’ignimbrite rhyodacitique et de laves émises post-caldeira, située au pied nord-est du Mt Baker.

Une faille circulaire quasi-verticale dans le sous-basement rocheux des Cascades renferme 30 km² d’ignimbrites, mélangées à des brèches d’effondrement, d’une épaisseur de plus de 1.000 mètres.

lipman 97 bv06Au stade actuel, il est impossible de définir si l’effondrement s’est fait "au coup par coup" ou par "effet piston".

 

Schéma de formation de caldeira - doc. P.W. Lipman


Tout effondrement formateur de caldeira est lié à une dispersion de poussières volcaniques ordinairement correspondant à 20% du volume total érupté (> 50 km³).

On n’en trouve aucune trace dans le nord des Cascades, suite à l’érosion glaciaire ; seule trace au sud, à 200 km. de la source, une couche de cendres épaisse de 30 cm., nommée Lake Tapps tephra, dans le Puget lowland.

L’examen des dépôts cendreux distaux et du tuff intracaldeira suggère un épisode phréatomagmatique important durant une éruption qui pourrait avoir démarré sous la glace.

 

1-s2.0-S0377027303002907-gr3.jpg            Carte géologique simplifiée de la caldeira Kulshan - Doc. Wes Hildreth & al. 2003.

en rose : les ignimbrites intra-caldeira - en rouge : coulées et dykes rhyodacitiques - en orange : les sédiments stratifiés et riches en cendres post-caldeira - en bleu, vert et pourpre : les laves andésito-dacitiques post-caldeira -en jaune :  les dépôts d'avalanches de l'holocène. - - AP : Artist Point - CP : Coleman Pinacle - HM : Heather Meadows - KR : Kulshan ridge - PR : Ptarmigan ridge.

 

 

Kulshan-caldera-coupe-SO-NE.gif                            Coupe SO-NE de la caldeira Kulshan - Doc. Wes Hildreth & al.

 

Bien que la caldeira ne soit pas structurellement résurgente, plusieurs intrusions de laves rhyodacitiques intracaldériques reposent directement sur la couche d’ignimbrite ou sur les sédiments lacustres remaniés par les produits éruptifs. Principalement présentes plus au sud, les laves rhyodacitiques couvrent plus de 12 km².

 

Kulshan

  

 

Caldeira Kulshan - laves rhyodacitique en intrusion ou couverture de l'ignimbrite intra-caldérique. - photos Wes Hildreth & al. 2003.

 

(A) :  trois dômes de lave érodés surmontent les ignimbrites claires de la caldeira Oreamnos (rod), Corax (rcx), and Ptarmigan (rpd).

Coleman Pinnacle (acp) et  Lasiocarpa Ridge (alr)sont des restes andésitiques datés du milieu du Pléistocène.

 

 

(B) : Oreamnos lava dome, face SE :

A l'avant-plan, des sédiments stratifiés riches en cendres.

Une intrusion par un sill d'andésite foncé à gauche et à droite, un dyke d'andésite pratiquement vertical

 

 

(C) Le dôme Ptarmigan  - à droite, la silhouette de Coleman Pinacle se détache sur les neiges du Mt Baker.

 

 

Des laves andésitiques post-caldeira, andésite à olivine, pyroxène et hornblende, forment plus d’une cinquantaine de dykes, qui recoupent les ignimbrites, les sédiments et les laves rhyodacitiques.

 

Kulshan cald. - Table Mountain - Lee Siebert

La caldeira Kulshan - Table Mountain, au centre gauche, formée de coulées andésitiques - en fond, à gauche, Icy Peak dominant North fork Nooksack drainage - à droite, le Mt Shuksan couvert de glaciers. - photo Lee Siebert / Smithsonian Inst.

 

Une coulée dacitique particulièrement épaisse est présente à Table Mountains ; les géologues pensent qu’elle a été émise dans un canyon, qui a restreint son écoulement latéral, et où la coulée pourrait avoir formé un lac de lave. Après remplissage de la vallée par les coulées de lave, et solidification, l’œuvre des glaciers a forgé un toit plat, en inversion topographique.


Les caldeiras du quaternaire :

les caldeiras datées du quaternaire sont rares dans la Chaîne des Cascades, où on n’en retrouve que trois pour plus de 1.800 volcans : La caldeira de Crater Lake (éruption du Mazama), de Rockland, et la caldeira Kulshan.

Pourquoi sont-elles si rares ? Diverses hypothèses tentent de l’expliquer : - une croûte plus épaisse au niveau des Cascades - une convergence plus lente des plaques.

 

1-s2.0-S0377027303002907-gr1Localisation du champ volcanique Mont Baker (MBVF) - les villes sont symbolysées par des lettres :
 Bellingham (B), Vancouver (V), et Victoria (VC). Dans  southern Puget Lowland, sont situés Seattle (S), Tacoma (T), Olympia (O), et Hoodsport (H).

Dans l'insert, les principaux foyers magmatiques : Hannegan caldera (HC), Lake Ann stock (LA), Kulshan caldera (KC), Chowder Ridge focus (CR),  et les volcans récents Black Buttes and Mount Baker  (Hildreth et al., 2003) - Doc. Wes Hildreth & al. 2003.


Migration du magmatisme :

Au cours des derniers quatre millions d’années, on constate la migration du magmatisme vers le sud-ouest, avec un ratio de 5-6 mm./an.: depuis la caldeira Hannegan (HC) à 4 Ma, vers Lake Ann (LA) à 2,7 Ma, puis vers la caldeira Kulshan (KC) à 1,15 Ma et pour finit à Black Buttes/MtBaker il y a 500.000 ans. (voir insert ci-dessus).


Sources :

- GSA - Kulshan caldera: A Quaternary subglacial caldera in the North Cascades, Washington - By Wes Hildreth  

- Rhyodacites of Kulshan caldera, North Cascades of Washington: Postcaldera lavas that span the JaramilloWes Hildreth, Marvin A. Lanphere, Duane E. Champion, Judy Fierstein

-  Geology of the North Cascades: A mountain mosaic - by R. Tabor and R. Haugerud / USGS.

- Subsidence of ash-flow calderas: relation to caldera size and
magma-chamber geometry - P.W. Lipman

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La situation actuelle du Mt Baker est caractérisée par une activité thermale importante suite à une réactivation en 1975 et la présence d'une couverture par de multiples glaciers... le feu couve sous la glace!

 

Mt-Baker-fumeolles-09.01.2011-scurlock--mark.jpg                 Fumerolles et Glaciers ... le sommet du Mt Baker - photo John Scurlock / MBVRC

 

La réactivation thermale de 1975 :

 

En mars 1975,  un grand jet de vapeur sous pression, inhabituellement foncé, est subitement monté à 760 m. de haut, de nouvelles fumerolles se sont activées, développant des crevasses dans la glace, concentriques aux parois du cratère, et provoquant l’effondrement d’un bouchon de glace de 70 mètres de large. Il en a résulté la formation d’un lac d’eau chaude, et la dispersion de tephra non juvéniles autour du cratère Sherman.

La chimie, le ratio isotopique et les émissions gazeuses se sont modifiées en 75 : les ratios respectifs de CO2 et H2S furent de 950 et 112 tonnes/jour, pour décroître en 2007 à 150 et 1 tonnes/jour.

 

Mt-Baker-08.74---08.75---USGS.jpgMt-Baker-08.74---08.75---USGS-2.jpg

 

Photos prises de Lahar Lookout :

à gauche, en août 1974 - à droite, en août 1975.

Le flux de chaleur a fait se crevasser la couverture glaciaire du Sherman crater  -  Archives USGS

 

En dépit d’un décuplement du dégagement de chaleur par le volcan au cours des 12 mois qui suivirent, aucune éruption ne s’est produite. Seules mesures prises, la fermeture de la zone récréative de Baker Lake et une baisse du niveau de l’eau dans le réservoir, pour éviter une vague causée par une éventuelle avalanche de débris.

 

fumarole-fields-per-park-thesis.jpgMt Baker  - Sherman crater - les aires fumerolliennes sommitales -doc. MBVRC / Melissa Park thesis.

 

MT_Baker---Dragon-hole---Cascade-climbers.jpgMt Baker - Sherman crater : Dragon hole, "le trou du dragon" laissé dans la couverture glaciaire par une fumerolle - photo Cascade Climbers.

 

Baker81_gas_sampling_fumarole_mount_baker_1981_med.jpg     Mt Baker - échantillonnage gazeux dans les fumerolles du Sherman crater en 1981 - photo USGS / W.Chadwyck.


Les scientifiques ont conclu à une intrusion magmatique dans la croûte superficielle ou moyenne sous le Mt Baker, durant ce réveil thermal. Les émissions continues de CO2 et la présence d’un système hydrothermal sur le long terme laisse supposer une connection continue entre la surface et le magma en profondeur.

 

Les glaciers du Mt Baker :

Le Mt Baker est, avec le Mt Rainier, l'un des volcans actifs les plus recouvert de glace de la chaîne des Cascades. Le volume de neige et glace est estimé à 1,79 km³; le Mt Baker est aussi un des endroits où il neige le plus, avec des pointes à 29 m. tombés au cours d'une seule saison !

 

Boulder_Glacier_3737.JPGMt Baker - le Boulder Glacier coule du sommet entre les pics Sherman et Grant, situés à 3.091 et 3.286 m., juqu'à une altitude environnant 1500 mètres. - photo W. Siegmund 2004.


map_baker_glaciers.gifDouze glaciers entourent le sommet du Mt Baker. Le plus grand, le Coleman glacier, occupe une surface de 5,2 km².

Parmi ceux qui couvrent une surface supérieure à 2,5 km², on note les Roosevelt glacier, Mazama glacier, Park glacier, Boulder glacier, Easton glacier, Deming glacier.

Tous ces glaciers se sont "retirés" durant la première moitié du 20° siècle, avant d'avancer de nouveau entre 1950 et 1975 ... un retrait rapide s'est installé depuis 1980.

 

Ces glaciers alimentent de  nombreux fluxs qui coulent au nord dans la North Fork Nooksack River, à l'ouest dans la Middle Fork Nooksack river, au sud-est et à l'est dans la Baker river, barrée par deux barrages qui ont créé les lacs Shannon et Baker.

 

Baker---Moraine-glaciaire-Railroad-grade---Lee-Siebert-81.jpgMt Baker - le cône Schreibers Meadow végétalisé au centre gauche et "Railroad Grade", à l'avant-plan droit, une moraine glaciaire - photo Lee Siebert / Smithsonian Institute.

 

Sources :

- CVO - Mount Baker volcano - link

- Mount Baker volcano Research Center - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 Après le Lassen Peak vu la semaine dernière, nous passons à l’autre extrémité de la Chaîne des Cascades avec le Mont Baker.

 

Mount_Baker_22181.JPG

Ce stratovolcan andésitique, haut de 3285 mètres et recouvert d’une douzaine de glaciers, s’est construit sur le flanc Est du volcan Black Buttes (400.000 ans), et au sud ouest de la caldeira Kulshan (4,5 km. sur 8), un volcan rhyodacitique daté du début du Pleistocène (1,15Ma).

 

Toponymie :

Il doit son nom au troisième lieutenant de l’expédition Vancouver, le lieutenant Joseph Baker . L’explorateur George Vancouver consigna son observation en 1792 dans son journal :

"About this time a very high conspicuous craggy mountain ... presented itself, towering above the clouds: as low down as they allowed it to be visible it was covered with snow; and south of it, was a long ridge of very rugged snowy mountains, much less elevated, which seemed to stretch to a considerable distance ... the high distant land formed, as already observed, like detached islands, amongst which the lofty mountain, discovered in the afternoon by the third lieutenant, and in compliment to him called by me Mount Baker, rose a very conspicuous object ... apparently at a very remote distance."

Le nom local, donné par les indiens Nooksack, kw’eq sámit, signifie "montagne blanche" … c’est en effet un des volcans le plus recouvert de glaciers des Cascades.

 

Mount_Baker_from_Boulder_Creek-SE---Lhb1239.jpg                "La montagne blanche" ... le Mt Baker, vu de boulder Creek  - photo Lhb1239

 

Formation :

Les connaissances sur ce volcan sont limitées aux parties non recouvertes par des glaciers ou d’autres roches volcaniques émises … et les différents centres d’activité volcanique reconnus n’en représentent pas nécessairement les phases les plus significatives.

 

map-Baker.gifCarte de situation générale - carte des zones à risques de lahar, de coulées pyroclastiques et d'effondrement - doc. USGS.

 

timeline-large-Mt-Baker---USGS.gif                              Mt Baker - ligne du temps éruptive - doc. USGS

 

Les coulées de lave les plus anciennes sont attribuées à Black Buttes, restes érodés du volcan primordial, et datées d’il y a 400.000 ans.

Bien que la composition des roches soit principalement andésitique, on retrouve aussi du basalte hypersthène. (L'hypersthène est un inosilicate commun dans les roches appartenant au groupe des pyroxènes orthorhombiques)

 

Les premières éruptions qui ont marqué le présent volcan ont produit des coulées de laves fluides qui ont descendus les canyons érodés formés dans l’ancien sous-bassement rocheux. L’existence sur les flancs nord de cirques formés par les glaciers démontre que la construction du volcan était largement avancée au temps de la grande glaciation du Pléistocène, entre il y a 25.000 et 10.000 ans.

 

Les derniers 10.000 ans furent marqués, d’après les dépôts cartographiés, par une coulée pyroclastique, au moins quatre petites unités de tephra, deux coulées de lave au moins, et plus de huit coulées de boues, ce dernier phénomène étant considéré comme la risque majeur présenté par le Mt Baker.

L’activité volcanique à l’Holocène concerne le conduit central, à l’exception de la formation du cône de cendres satellite Schreibers Meadow, formé il y a 9800 ans. Ce cinder cone, haut de 100 mètres et large de 760 m., est responsable d’une coulée de lave longue de 11 km.

 

lahar-deposit---Nooksack-river.jpg                      Mt Baker - dépôts de lahar dans la Nooksack river - photo GVP


Une éruption magmatique majeure, datée d’il y a 6.600-6.500 ans, s’est accompagnée d’effondrement et de lahars consécutifs dans le drainage Nooksack. Elle concerne le cratère historiquement actif, situé juste au sud du sommet, le Sherman crater.

 

Mt-baker---Sherman-crater-D---John-Scurlock-MBVRC.jpg   Le sommet du Mt Baker, avec sur la droite, le cratère Sherman - photo John Schurlock / MBVRC

 

Le cratère Sherman, large de 450 mètres, a été le siège de "changements drastiques dans l’aire sommitale" au 18° et début du 19° siècle, d’après les légendes indiennes.

En 1843, une éruption a provoqué un grand feu de forêt, la mort massive de poissons dans la rivière Baker et couvert la région proche de cendres. D’autres éruptions sont enregistrées en 1852-53, 1854, 1859-60, 1863, 1870, 1880, 1884.

Depuis, une activité fumerollienne marque les zones sommitales de Sherman crater et le champ fumerollien Dorr, jusque dans les années 1950.

La reprise de cette activité est signalée comme modérée dans les années 60 au Sherman crater, ponctuée d’un épisode majeur de mars 1975 à début 1976.

 

Baker-from-artist-point---Bbigbbobb---Summitpost.jpg                Le Mt Baker, depuis "Artist point" - photo Summitpost / bbigbbobb.

 

sources :

- Global Volcanism Program - Baker

- CVO - Mt Baker volcano - link

- Mount Baker Volcano Research Center - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’aire d’activité hydrothermale, qui témoigne de l’activité du centre volcanique Lassen, est située au sud et au sud-est du Lassen Peak.

Elle comprend diverses zones séparées, aux noms évocateurs : Bumpass Hell, Little Hot Springs Valley, Pilot Pinnacle, Sulphur Works, Devils Kitchen, Boiling Springs Lake, et Terminal Geyser.

 

lassen-volcanic-park---californiablogging.jpeg                 Lassen Volcanic N.P. - l'aire géothermale de Bumpass Hell - photo Californiablogging

 

Le schéma de fonctionnement du système hydrothermal :

Les eaux de pluie et de fonte des neiges pénètrent le sol au travers de roches perméables ou par les fractures et failles rocheuses. Elles sont chauffées en profondeur, par conduction, par un  corps magmatique ou de roches solides mais très chaudes, localisé  8 - 10 km. sous le Lassen Peak.

C’est là qu’elles se chargent en acide chlorhydrique, gaz sulfureux et autres volatiles émis par le magma ou les roche chaudes.

En montant, cette eau acide va réagir avec les roches qui l’environnent et s’enrichir en silice et métaux. Elle va saturer les roches perméables et s’accumuler dans un réservoir profond appelé  la zone dominée par la phase liquide (liquid-dominated zone) ; la température devrait y avoisiner les 240°C.

Les eaux entrent en ébullition lorsque la pression diminue à une profondeur d’environ 1 km. La vapeur entraîne la masse aqueuse, et les gaz dissous, CO2, H2S, hydrogène, azote et hélium, vers la surface … la zone en subsurface,où prédominent gaz et vapeur est nommée la zone dominée par la phase vapeur (vapor-dominated zone)

 

Lassen-hydrothermal-system.jpgLe système hydrothermal Lassen - les différentes zones - doc. U.S. Geological Survey Fact Sheet 101-02

Dans l'encart, Morgan hot springs, une source chaude.


 

L’arrivée de la vapeur en surface se fait

- soit directement par des conduits et donne des fumerolles ; la température de la plus chaude, dans la zone Big Boiler, atteint 161°C.

- soit en se condensant et chauffant l'aquifère proche de la surface. Ceci va se traduire par des zones où le sol fume, des mares de boue bouillantes, ou des bassins d’eau claire et bouillante.

 

Les eaux peuvent être sulfatées ( l’H2S est oxydé pour donné du soufre élémentaire et de l’acide sulfurique) ou bicarbonatées, surtout en marge des zones chauffées ( le CO2 va émerger dans des eaux peu oxygénées et déposer du travertin, du carbonate de calcium, au niveau des sources chaudes)

 

Hors du Parc volcanique, à Growler et Morgan Hot Springs, les eaux arrivent par un flux latéral ; elles sont de pH neutre, chargées en chlorures et pauvres en gaz. Leur température est de l’ordre de 52 à 97°C.

 

thermap.gif       Situation des zones géothermales du Lassen Volcanic National Park et environs - carte USS.

 

Quelques hot spots et leurs spécificités :

 

Sulphur Works et Little Hot Springs Valley :

Ces zones ont été altérées chimiquement par les acides soufrés qui ont délité les laves andésitiques gris-vert en  argiles colorées en rouge, brun, et jaune par les oxydes de fer. Il y règne une atmosphère d’œufs pourris à proximité des évents. Sulphur works est considéré comme le centre volcanique de l’ancestral Mont Téhama.

 

Sulpher_Works_in_Lassen_VNP--Daniel-Mayer.JPG                           Lassen volcanic N.P. - Sulphur Works - photo Daniel Mayer.

 

Little Hot Springs valley Boiling mudpot - SkepticalRaptor

  Lassen volcanic N.P. - une mare de boue bouillonnante dans Little Hot springs valley  - photo SkepticalRaptor

 

Bumpass Hell est une des zone thermale où l’on retrouve le plus de structures différentes : sources chaudes, fumerolles et mud pots. Cette zone doit son nom à un cowboy qui y travaillait dans les années 1860, Kendall Vanhook Bumpass : il fut gravement ébouillanté lorsque sa jambe passa au travers d’une mince croûte recouvrant une mare de boue. Il en parla autour de lui, en décrivant cette zone comme " un enfer ". Un journaliste, intéressé par cette histoire, le convainc de l’emmener sur place … ce que fit Bumpass, mais il repassa au travers d’une croûte couvrant un mud pot et du cette fois être amputé.

 

Bumpass-Hell---John-Poimiroo-Lassen-Park-foundation.jpg  Lassen volcanic N.P. - Bumpass Hell - les panneaux de mise en garde ne sont pas superflus - photo John Poimiroo / Lassen Park Foundation   -- vue générale : photo du haut.

 

Cold Boiling lake

Comme son nom l'indique, cette source n'est pas chaude, mais, située en périphérie du système thermal, animée de bulles de dégazage ... CO2.

 

Cold-boiling-lake---Sandra-Ochs---NPS.jpg                      Lassen Volcanic N.P. - Cold Boiling lake - photo Sandra Ochs

 

Devils Kitchen

Les sources chaudes y sont tellement acides qu’elles ont creusé dans le lit rocheux des trous et des puits, faisant penser à une cuisine du diable.

 

Boiling Springs Lake

Ce n’est pas qu’un grand lac d’eaux chaudes ... des sources chaudes, des mudpots et des fumerolles sont présentes sur sa berge ouest. Cette zone un peu à l’écart n’a pas été développée avec des boardwalks et panneaux indicatifs … et permet de voir les structures thermales dans leur beauté naturelle.

 

Lassen-Peak-hydroth.area---boiling-spring-laka.jpg                      Lassen Volcanic N.P. - Boiling Springs lake - photo Russell Virgilio - NPS

 

Terminal Geyser n’en est pas un à proprement parlé ; il résulte d’un flux froid passant au dessus d’un évent de vapeur.

 

Lassen-peak---Terminal-geyser---Russell-Virgilio-NPS.JPG                  Lassen volcanic N.P. - Terminal Geyser - photo Russell Virgilio / NPS

 

 Les eaux chaudes et acides ne sont pas dépourvues de vie … des algues colorées et des bactéries sont présentes dans les partie les moins chaudes et dans les drainages. Des thermophiles , micro-organismes unicellulaires de type Archea, survivent au sein du système hydrothermal et sous la surface, à des températures de 80°C. Ces organismes puisent leur énergie en métabolisant les composés sulfureux ou le méthane , et ne sont pas dépendant de la lumière solaire.

 

Alg-and-bacterial-mats---USGS.jpg          Lassen Volcanic N.P. -  Sources chaudes tapissée d'algues et bactéries - photo NPS

 

Pour ne pas affecter ce système hydrothermal exceptionnel, une zone tampon a été créée au sud du parc volcanique, où l’exploitation géothermale reste interdite.

 

Sources :

- USGS / CVO - Hydrothermal activity - link

- USGS - "Hot water" in Lassen Volcanic Nationa Park - by M.Clynne & al.

- National Park Service - Lassen Volcanic National Park - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le Lassen Peak, un dôme de lave, fut formé en seulement quelques années, il y a 27.000 ans. Il devait ressembler à l’époque à l’actuel Chaos Crags dome.

Au cours de la dernière période glaciaire, il fut largement érodé ; l’érosion glaciaire a laissé sur son flanc NE, une dépression en forme de bol, un grand cirque érodé par un glacier qui s’étendait jusqu’à 11 km. du dôme.

 

Lassen_Peak_from_Devastated_Area-1200px.JPG             Le Lassen Peak, vu de la "Devastated area", toujours peu végétalisée.

 

 Entre le 30 mai 1914 et le 29 juin 1917, le Lassen Peak connut une période éruptive, classée de VEI 3, qui marqua sa zone sommitale.

 

Les prémices de l’éruption :

Lassen 14.06.14 - BF. Loomis NOAA photo libraLe 30 mai 1914, après un repos de 27.000 ans, une éruption phréatique secoue le dôme. Cent quatre-vingt explosions de vapeurs vont se succéder jusqu’en mi-mai 1915, ouvrant un cratère de 300 mètres près du sommet.

 

Lassen Peak - épisode phréatique du 14.06.1914 - photo archives NOAA photo library / B.F. Loomis.

 

Puis le caractère de l’éruption se modifie : Le 14 mai 1915, on peut voir des blocs incandescents rebondir sur les flancs du volcan, roulant jusqu’à plus de 30 km. Un dôme de dacite va croître dans le cratère et le combler.

Le 19 au matin, une explosion de vapeur fragmente le dôme dacitique, créant un nouveau cratère.

La chute de blocs incandescents sur la neige va générer une avalanche et un lahar qui va inonder la vallée de Hat Creek et détruire six ranch d’été heureusement non encore occupés. Dans la nuit du 19 au 20 mai, de la lave dacitique, plus fluide que celle émise les 14-15, va remplir le nouveau cratère sommital, déborder et couler sur les flancs ouest et nord-est.

 

Le climax du 22 mai 1915 :

Après deux journées de calme, le Lassen Peak explose le 22 mai 1915 en fin d’après-midi.

 

eruptions_of_lassen_peak---RE-Stinson-22.05.1915.jpg

               Le panache éruptif du Lassen Peak, le 22.05.1915  - photo R.E. Stinson

 

Un panache de gaz et cendres se développe et monte à plus de 9.000 mètres ; il sera visible jusqu’à Eureka (cela ne s’invente pas !), situé à 240 km. à l’ouest. Les retombées de ponces chaudes créent un surge pyroclastique qui dévaste 5 km², zone appelée Devastated area. Son mélange avec la neige engendre un lahar, qui va inonder une seconde fois la Hat Creek Valley. Une couche de ponces et cendres est traçable sur 40 km. vers le NE, tandis que la pluie de cendres atteint le Nevada, à plus de 300 km à l’est.

 

Lassen-Peak-1915---Myers---Loomis.JPG        Lassen Peak - Le panache de l'éruption du 22 mai 1915 - ancienne carte postale / Myers & Loomis


150test-copie.jpg      Lassen Peak - carte des dépôts éruptifs de mai 1915 et zone dévastées par le blast - doc. USGS

 

before-1914.jpgJuin-1915.jpg

 

Lassen Peak devastated area interpretative trail  - d'un point de vue identique, la zone dévastée avant et après l'éruption .

Le "Hot Rock", visible à gauche, est une portion du dôme de lave charrié à cette place (voir sur la carte) par l'avalanche consécutive à l'éruption - doc. archines NPS / USGS.


La fin de l’épisode éruptif :

Durant plusieurs années après l’éruption, les eaux de fonte neigeuse percolent au printemps et entraînent des explosions de vapeur, signes que les roches demeurent chaudes. Une explosion particulièrement vigoureuse va pulvériser un des deux cratères en mai 1917.

L’éruption est considérée comme terminée en juin 1917 … mais le volcan n’est qu’en sommeil, comme en témoignent les sources chaudes, les mares de boues chaudes et les évents fumerolliens.

 

N.B. :  selon un article du NPS - 2004 : des chiffres différents sont annoncés dans cet article, la hauteur du panache du 22 mai 1915 : 12.000 mètres - fin de l'éruption en 1921.

 

Lassen-devastated-area----Lee-Siebert-1982.jpgLassen Peak - à l'avant-plan, quelques vestiges d'arbres couchés par le surge pyroclastique du 22 mai 1915 - L'aire dévastée en arrière-plan ne présente qu'une végétation rare plusieurs décades après l'éruption - photo Lee Siebert / Smithsonian Inst. 1982

 

Lassen-peak---dacite-et-dome---Lee-Siebert.jpg

Le Lassen Peak vu du Lac Helen - des bouchons de dacite noire émergent des roches plus claires du dôme - photo Lee Siebert 1972


 L'éruption de mai 1915 a produit quatre types de roches vocaniques en trois jours : de la dacite noire formant le dôme en croissance entre le 14 et le 19 mai et la coulée des 19-20 mai (a), de la ponce dacitique claire en blocs non stratifiés (b), ou  interstratifiés avec de l’andésite noire (c), tous deux émis le 22 mai, et enfin des inclusions andésitiques de magma hybride en surfusion incorporées dans la dacite.

 

rocks-eruption-1915-Lassen.gif

Lassen Peak éruption de 1914-17 - Types de roches volcaniques - doc. Michael Clynne / réf. en sources

 

Ces roches reflètent un processus complexe de mélange entre andésite et dacite interrompu par l’éruption.

 

Lassen_Volcanic_Natl_Park_poster_1938.jpgPoster du Lassen Volcanic National Park, illustré par un dessin de l'éruption de 1914-1917 - original de 1938 / Bibliothèque du congrès.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Lassen Volcanic Center

- USGS - Eruptions of Lassen Peak, California, 1914 to 1917 - Link

- USGS - Lassen Peak eruptive activity 1914-1921 - link

- Journal of Petrology - A complex magma mixing origin for rocks erupted in 1915, Lassen Peak, California  - by M.A. Clinne - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

chaos-crags-lassen-volcanic-national-park---John-Soares.jpg

                      Lassen volcanic park - Chaos Crags et Chaos Jumbles - photo John Soares

 

Le développement de Chaos Crags s’est passé au cours d’un cycle volcanique typiquement basaltique, daté d’il y a 1.100 -1.000 ans.

L’activité initiale a formé un cône de scories, mis en place deux coulées pyroclastiques et fait croître un dôme qui a bouchonné l’évent.

Après un intervalle de 70 ans environ, le dôme fut pulvérisé par une explosion, qui causa une coulée pyroclastique et des retombées de cendres, visibles dans les drainages de Manzanita et Lost Creek situés dans les 10 km. de Chaos Crags.

 

Lassen-park---Chaos-Crags---USGS.jpg

                              Lassen Volcanic Park - les dômes de Chaos Crags - doc. USGS


Cette éruption fut suivie de la croissance de cinq dômes, dont trois ont présenté des avalanches d’effondrement du dôme. Chaos Jumbles s’est formé 700 ans plus tard lorsqu’un des dômes s’est effondré en une série de trois avalanches de blocs. (Wood & Kienle )

La morphologie des dômes n’est pratiquement pas modifiée par les processus érosionnels.

 

Chaos-Crags----Dan-Dzurisin-USGS.jpg               Lassen volcanic park - Chaos Crags - photoDan Dzurisin / USGS

 


L’épisode éruptif du Cinder cone consiste en quatre coulées de lave andésitique, un évent conique complexe et de la cendre recouvrant 200-300 km². Une datation récente fixe l’évènement autour de 1650 (Clynne & al 2000). L’âge des éruptions est basé sur des données paléomagnétiques et une datation d’arbres au carbone-14 (1630-1670).

 

Cinder_Cone_from_the_Fantastic_Lava_Beds_in_Lassen_VNP--enM.jpg         Lassen Volcanic Park - Cinder cone , vu depuis la coulée Fantastic Lava Beds - photo enMav

 

Lassen-Cinder_Cone---BelsKr-2004.JPG Lassen volcanic Park - le cratère à double bord de Cinder Cone - l'échelle est donnée par un personnage au centre - photo BelsKr2004


 L’USGS a prouvé que la séquence éruptive à cinder Cone est constituée d’un seul évènement continu, ayant duré quelques mois ; le sommet de Cinder Cone présente un cratère à double bord, probablement créé par des fluctuations d’activité lors de sa formation. La composition du magma nourricier s’est modifiée au cours de l’éruption de l’andésite basaltique (53-57% SiO2) à l’andésite (57-63% SiO2), puis de nouveau à une andésite basaltique à haute teneur en titane.

Le premier groupe de dépôts éruptifs, pauvres en titane, est constitué du vieux cône de scories, de la coulée Old Bench, des deux coulées Painted Dunes et de la partie basse de la couche de cendres.


lassen-volcanic---Painted-dunes--James---Kelly-Stones-Nat-G.jpg

  Lassen volcanic Park - la coulée Painted Dunes, colorée, et une coulée ultérieure de cinder cone - photo James et Kelly Stones / Nat Geo

 

Les Painted dunes se sont formées lorsque des dépôts de cendres émis par l'éruption du cinder cone furent oxydés par la couche de lave sous-jacente toujours chaude. La surface en monticules reflète la topographie irrégulière de la coulée de lave Painted Dunes. A proximité se remarque une coulée de lave noire, libre de cendres, émise elle aussi par le Cinder cone, à une date ultérieure.

 

Le groupe de dépôts éruptifs relativement plus riche en titane est formé du jeune cône de scories, des deux coulées Fantastic Lava Beds et de la partie supérieure de la couche de cendres.

 

Fantastic Lava Beds from Cinder Cone in Lassen VNP - Daniel                  Lassen volcanic Park - la coulée Fantastic Lava Beds et Butte Lake - photo Daniel Mayer.

 

Fantastic-lava-beds-flow-2---USGS.jpgLassen Volcanic Park - aspect juvénile de la dernière coulée de Cinder cone : Fantastic Lava Beds 2. (FL2 sur la carte ci-dessous)

 

cinder-cone-flows.jpgLassen Volcanic Park - Cinder Cone - situation de l'ancien et du jeune cône de scories qui se recouvrent, et celles de leurs différentes coulées de lave - isopaque de retombées de cendres - doc. USGS.

 

 

Sources :

- USGS - Volcano Hazards assessement for the Lassen region - Link

- CVO - Lassen Peak and Lassen Volcanic National Park - link

- Global Volcanism Program - Lassen Volcanic center

- Lassen volcanic National Park - link

Lire la suite

Articles récents

Hébergé par Overblog