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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Lassen VP - Manzanita lake - Russell virgilio NPS

              Le Lassen Peak et le Manzanita Lake - photo Russell Virgilio / National Park Service

 

Le CalVO vient de metre en ligne un document d’évaluation des risques pour le Lassen Peak et la région proche. Celle-ci est une zone volcaniquement active, susceptible de produire des éruptions dans le futur. Bien que cette probabilité soit faible, ce rapport définit les différents risques et établit des zones de risques pour les différents types d’activité volcanique.

 

hazmap                                       Carte des risques volcaniques - doc . USGS

Points bleus : évents essentiellement basaltiques - triangles : évents principalement dacitiques.

Pointillé rouge : extension max. des coulées pyroclastiques - en chamois clair : zone de risques de coulées de lave - en chamois foncé : zone de risques de retombées de cendres - en orange : zone de risques cumulés - en rose : drainages susceptibles d'être atteints par des lahars.

 

C’est donc le moment de revenir sur ce volcan, qui porte le nom d’un émigrant Danois, Peter Lassen, qui, guidant un train de 12 wagons, ouvrit une route en 1848 entre le Missouri et la Californie. Elle fut pratiquée durant 5 ans par les émigrants à la recherche d’aventure, d’or et d’une nouvelle forme de vie, avant d’être abandonnée en raison des difficultés et de l’hostilité des indiens. Lassen fut assassiné en 1859 lors d’une expédition dans le Black Rock desert.

 

sir2012-5176-a text17 copieSituation du Lassen volcanic Center, du Lassen Volcanic national Park , et des autres centres volcaniques proches - Ages des centres en millions d'années - doc. Clynne et Muffler 2010 / in Volcano Hazards assessement for the Lassen region - USGS

 

Le centre volcanique Lassen se compose du stratovolcan andésitique Brokeoff, au sud-ouest du Lassen Peak, d’un champ de dôme dacitiques, de petits boucliers andésitiques périphériques et de coulées de lave.

 

Lassen park - USGS                                       Panorama sur le Lassen Park - doc. USGS

 

L’activité volcanique y couvre 600.000 ans et débute avec la construction du stratovolcan Brokeoff, aussi appelé Mont Tehama.

 restes du Tehama - Brokeof Mt, Driller Mt, Eagle peak

  " Les restes du Mont Tehama " : de gauche à droite, Brokeoff Mountain, Driller Mountain et Eagle Peak - photo Summitpost.


Elle se déplace il y a 400.000 ans vers le flanc nord du Brokeoff, avec la production d’un champ d’une douzaine de dômes de lave dacitiques, incluant Bumpass mountain, le Mont Helen, Ski Heil Peak et Reading Peak.

 

Lassen peak 2003 JPG                         Le sommet du Lassen Peak - photo National Park Service

 

timelineLassen Volcanic center : ligne du temps en fonction des structures volcaniques et de leurs type d'émission, au cours des derniers 70.000 ans - doc. USGS.


Au cours des 100.000 ans passés, 12 épisodes éruptifs marquent ce centre, dont la formation du Lassen Peak, il y a 28.000 ans.

 

Chaos Crags et LAssen Peak - Dan Dzurisin USGSLassen volcanic Center : Le Lassen Peak, à gauche, et le complexe de dômes Chaos Crags - photo Dan Dzurisin / USGS

 

Le dernier millénaire est marqué par trois épisodes principaux (détaillés dans les articles suivants) :

- Le complexe de dômes Chaos Crags se construit au nord du Lassen Peak, entre il y a 1.100 – 1.000 ans.

- Autour de l’an 1666, une période d’activité de plusieurs centaines d’années construit le complexe Cinder Cone.

- Les éruptions sommitales du Lassen Peak, de 1914 à 1917, forment le dernier épisode en date d’activité du centre 

 

Le Lassen volcanic Center abrite le système hydrothermal le plus extensif de l’arc des Cascades. La présence de ce système hydrothermal indique la présence de magma ou de roches chaudes en subsurface du centre volcanique, et le potentiel éruptif de la zone.

Les manifestations en surface de ce système hydrothermal incluent des évents fumerolliens, des sources chaudes, et de nombreuses zones instables altérées en surface par les eaux acides et les gaz.

 

Lassen Peak hydroth.area - Bumpass hell           Lassen Volcanic Center - la zone hydrothermale de Bumpass Hell - photo National Park service

 

Sources :

- CalVO -California volcano Observatory - link

- USGS - Volcano Hazards assessement for the Lassen region - Link

- CVO - Lassen Peak and Lassen Volcanic National Park - link

- Global Volcanism Program - Lassen Volcanic center

- Lassen volcanic National Park - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Une photo satellite de la Nasa nous ramène vers l’ouest de la Bolivie, et le Salar de Coipasa.

 

ISS033-E-006202_lrg.jpgBolivie - le salar et le lac Coipasa - Astronaut photograph ISS033-E-6202 was acquired on September 20, 2012 - NASA/JSC Gateway to Astronaut Photography of Earth. Caption by William L. Stefanov, Jacobs/ESCG at NASA-JSC.

Des sédiments forment une tâche brune sur le lac Coipasa, à droite de la photo.


Ce désert de sel, le second plus grand salar du pays, après le Salar d’Uyuni situé au sud-est, occupe 2.218 km² à une altitude de 3.657 m. sur l’altiplano andin. Il entoure complètement le lac Coipasa, un lac tectonique profond de 3,5 mètres. Il est alimenté par les eaux de la rivière Laca Jahuira. A la saison des pluies, entre mi-novembre et mars, le salar peut être recouvert d’eau atteignant jusqu’à 30 cm de hauteur. Elle s’évapore en grande partie au cours de la saison sèche, en laissant une croûte d’halite d’un blanc étincellant.

 

5fig1.gif                   Localisation des salars boliviens  et du lac Poopo, entre les deux cordillères


Son origine est un ancien et très grand lac préhistorique, le lac Minchin, daté au radiocarbone entre 30.000 et 42.000 ans. Le soulèvement andin a emprisonné une masse importante de l’ancien océan et l’a surélevé pour former un grand bassin hydrographique, connu au nord sous le nom de Ballivian et Minchin dans sa partie sud. Ce lac s'est transformé en un paléolac nommé Tauca, profond de 140 mètres, entre 13-18.000 ans (ou 15.000-26.000 ans selon d'autres sources). La formation la plus jeune est le lac Coipasa, daté de 11.500-13.400 ans. En s'asséchant, le lac Coipasa se sépara en deux entités modernes, les lacs Poopo et Uru Uru, et deux salars, le salar de Coipasa et le salar d'Uyuni. Le lac Poopo est proche du lac Titicaca, et reçoit son excédent avant de le relarguer dans les deux salars. ib3654-a-localisation-altiplano-b-contextes-geomorphologiqu.jpg

Contexte géomorphologique et paléoclimatique de l'altiplano central, il y a 17-15.000 ans. La paléoligne de rivage du lac Tauca en bleu clair - la limite du bassin versant Titicaca-Tauca en orange - Doc. CRPG (INSU-CNRS)


Le salar abrite une île rocheuse, formée par le volcan endormi Coipasa, encore appelé Villa Pucarni : il domine le salar de 1253 mètres, pour une altitude de 4.910 mètres au dessus du niveau de la mer.

 

Tata-Sabaya---Jon-Davidson.jpg                                  Bolivie - le Tata Sabaya - photo Jon Davidson / GVP


D’autres volcans entourent le salar, dont côté nord, le stratovolcan Tata Sabaya.

Constitué initialement d’un bouclier pyroclastique couvert de dômes de lave, des éruptions effusives ont construit un stratovolcan andésitique. Son effondrement à la fin du Pléistocène a généré une immense avalanche de débris qui a parcouru 30 km. et recouvert 300 km² au sud du volcan, entrant dans le salar de Coipasa. Des dépôts de tuff couvrant l’avalanche en hummock dans le salar correspondent au niveau plus élevé du lac, il y a environ 12.000 ans.

A l’holocène, la reprise des éruptions est à l’origine de coulées et des dômes de lave, qui ont restauré l’édifice original, produisant l’actuel stratovolcan dont le dôme culmine à 5430 m. De jeunes coulées de lave s’étendent jusqu’aux bas-flancs ouest et nord-ouest, tandis que des dépôts de coulées pyroclastiques faisant suite à un effondrement partiel du dôme couvrent le flanc sud-ouest.

 

Satellite_Image_Photo_Lake_Coipasa_Salt_Flat_Bolivia---11.1.jpgLe Tata Sabaya et son avalanche de débris, le Saxani voisin et le Coipasa, situé dans le lac et la salar Coipasa - photo Nasa prise en période de hautes eaux.

 

chipaya-canal----JM-Allen-Atlantisbolivia.jpg                  Salar de Coipasa - canal Chipaya - photo J.M. Allen / projet atlantisbolivia.

 

La salar de Coipasa risque de disparaître pour partie à terme, suite à l’exploitation systématique des ressources minérales contenues dans et sous sa croûte de sel.

Le lithium a déjà attiré l’attention des grandes Salar-Coipasa---concentrations-en-lithium.jpgentreprises de fabrication de batteries (Mitsubishi, Bolloré), mais le président bolivien entend bien garder la production du lithium sous contrôle étatique et s’appuyer sur cette ressource pour permettre le développement du pays.

 

Salar Coipasa - Concentrations en Lithium - doc. ULg / Oruro univers. tecnica.


Le marché mondial est immense : il  représente la moitié du revenu annuel de la Bolivie, le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud. Les espoirs sont tels qu’avec le déclin prévisible de l’extraction pétrolière dans le monde, la Bolivie est parfois qualifiée de future Arabie Saoudite.

La question environnementale se pose plus particulièrement pour l’extraction et le traitement des déchets. Car la production de lithium nécessite de grandes quantités de mercure, un métal hautement polluant. Cette question reste entière, et rappelle les problèmes récurrents de pollution grave à proximité de nombreux autres sites miniers de Bolivie.

 

Sources :

- Nasa Earth Observatory - image of the day - link

- CNRS - Paléoclimat des Andes, quand lacs et glaciers étaient connectés - link

- Global Volcanism Program - Tata Sabaya

- Evaluation des ressource minérales non-métalliques du Salar de Coipasa - Bolivie - coopération scientifique entre l'ULg et Universitad Tecnica de Oruro.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'Australie, tout comme la Tasmanie, ont des pierres comme emblêmes ... l'une l'opale, l'autre la crocoite.


Opale vient du sanskrit upala signifiant pierre précieuse, à l’origine lui-même du grec opallion et du latin opalus.

Pline l’ancien écrivait dans son histoire naturelle du Monde, publiée en l’an 77 : " l’opale est la pierre précieuse la plus prisée et la plus chère de toutes les pierres de l’empire, car en elle se trouve le feu subtil de l’escarboucle ou du rubis, l’éclat purpurin de l’améthyste, le vert de mer de l’émeraude, et toutes ces teintes y brillent, merveilleusement fondues ".

 

-WLA_hmns_Fiery_Opal_Opalville_Mine-Quennsland---sulla55-fl.jpg          Les couleurs d'une opale - Queensland / Opalville mine - photo Sulla55 - flickr


Toutes les couleurs de l’arc-en-ciel apparaissent dans les opales, les pierres semi-précieuses symboliques de l’Australie. Selon la légende aborigène, les couleurs tourbillonnantes auraient même été créées quand un arc-en-ciel est tombé au sol.

L’Australie produit 95 % des opales du monde, ce qui fait de cette pierre fascinante un souvenir unique d’Australie. Elles vont de la plus commune opale blanche ou laiteuse que l’on trouve à Coober Pedy aux rares opales noires de Lightning Ridge. Les "opales boulder" sont spécifiques au Queensland, et vous pouvez les dénicher autour des villages reculés de l’outback comme Quilpie, Yowah et Opalton.

 

Boulder_Opal---Quennsland---JJ-Harrison.jpgOpale-noire-Lightning-ridge-New-south-wales-15x12mm---Didie.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, Opal boulder brut - Queensland - photo JJ. Harrison

A droite, Opale noire polie - 15 x 12 mm. - Lightning ridge - New South Wales - photo D.Descouens.

 

L’opale est une forme de silice hydratée de nature cristalline … on admet -Close-packed spheres - opaleune structure arrangée en sphères de silice de 150 nm de diamètre, qui se succèdent à intervalles de 4,1.10-10 m. en couches plus ou moins régulières.

 

L'opale précieuse consiste en un empilement de microsphères de silice de dimensions régulières - représentation d'après Th. Harriot

 

 La quantité d’eau contenue dans l’opale fait varier sa densité voisine de 2. L’introduction de pigments en fait varier sa couleur : laiteuse à l’état pur, elle passe du jaune au brun par la présence d’oxydes de fer. Mais les jeux de lumière interviennent provoqués par sa stratification qui provoque des interférences et lui donnent un aspect nacré.

 

Opal_from_Yowah-_Queensland---20-mm---JJ.Harrison.jpg                              Opale - Queensland Yowah - 20 mm. - photo JJ. Harrison

 

La crocoite est l’emblême mineral de la Tasmanie depuis l’année 2000.


-Crocoite_from_Tasmania---Eric-Hunt.jpg

                Crocoite - emblême de la Tasmanie - de la Red lead mine - photo Eric Hunt

 

Présente dans la region côtière ouest, à Dundas, ce chromate de plomb – PbCrO4 - est formé par altération de la serpentine, de la stichtite et de la galène et se présente sous forme de cristaux imbriqués de couleur rouge-orangée brillante. Sa dureté est faible sur l’échelle de Mohs : 2,5 – 3. On en retrouve aussi en Oural, au Brésil, aux Philippines sur l’île de Luzon.

Son nom vient du grec krokos, signifiant safran, allusion à sa couleur particulière.

 

800px-Crocoite_from_the_Dundas_extended_mine-_Dundas-_Tasma.jpg                          Crocoite - Dundas mine / Tasmanie - photo JJ. Harrison

    

Sources :

- Webmineral - Opale

- Webmineral - Crocoite

- A Catalogue of the minerals of tasmania - by R.S.Botrill & W.E.Baker


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Lord_Howe_Island_from_North---Mt-Lidgbird--Mt-gower-from-Mt.jpg

             Lord Howe island - le lagon et les monts Lidgbird et Gower - photo Fanny Schertzer.


Après avoir vu l’action du point chaud est-australien, passons à ses voisins immédiats : les points chauds Tasmantid et Lord Howe.

 

Howe1.jpg                             Les deux lignes de seamounts est-australiens - doc. Oregonstate Univ.

 

Le point chaud Tasmantid :

Localisé au centre du bassin de Tasmanie, il a formé une chaîne de volcans sous-marins orientée N-S, qui s’étend sur plus de 1800 km.

Cette succession de guyots résulte de l’action de l’anomalie thermique depuis l’oligocène jusqu’à la fin du Miocène, et correspond au passage de la plaque indo-australienne au dessus du point chaud. De cette chaîne sous-marine, émergent les îles Bird et Cato. Les volcans sont assis sur une croûte océanique profonde, datée de la fin du Crétacé / début du Cénozoïque. Nombre d’entre eux se sont construit depuis le niveau du plancher marin à plus de 4000 m. de profondeur, pour être ensuite érodés en montagnes à toit plat qui ont subsidé à des profondeurs de 400 m. environ.

Des échantillons de basalte prélevés sur les volcans Gascoyne, Taupo, Derwent Hunter, Britannia et Queensland ont permis une datation K-Ar  et Ar40/Ar39, entre 24 et 6,4 Ma. Les volcans rajeunissent vers le sud le long de cette chaîne de seamounts, avec un ratio de 67+/- 5 mm / an. La position actuelle du point chaud  est 40,4°S et 155-156°E.

 

Gascoyne-seamount---seamount-biogeosciences-network.jpgGascoyne-seamount----2009---Mike-Sexton.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Gascoyne-profil-NO-SE.jpg

 

 

 

 

 

 

Gascoyne seamount : SMNT – 367S – 1565E / localisation 36,40°S-156,10°E

et profil NO-SE.


La route dessinée par ce passage a été affectée par la collision du plateau Ontong-Java avec la zone de subduction péri-Pacifique, avec une incurvation de la trajectoire vers l’ouest de la transition entre la dorsale Dampier et le plateau Chesterfield, et un changement de cinématique de la plaque australienne.

 

hotspots-copie.jpgTraces laissées par le passage de la plaque indo-australienne au dessus des points chauds Tasmantid et Lord Howe - situation actuelle des points chauds - âges des îles et seamounts en Ma - les flèches blanches témoignent de l'influence de la collision avec le plateau Ontong-Java - doc. Romsey Australia.

 

Le point chaud Lord Howe :

 

La trace laissé par le passage de la plaque Indo-australienne au dessus de ce point chaud est caractérisée par une série de guyots s’étendant sur plus de 1000 km., avec quelques sommets émergés formant l’île Lord Howe et l’archipel Chesterfield.

Les basaltes prélevés sur les flancs de l’île Lord Howe sont datés de 6,9 – 6,4 Ma par K-Ar ; La dorsale Chesterfield a été formée au cours du Miocène ( environ 25 Ma).

Cette trace a été affectée de la même façon que celle du Tasmantid hot spot par la collision avec le plateau Ontong-Java.

 

LordHowe---Moloch05.jpgLord-Howe-and-Balls-pyramid---Oregonstate.jpgLord Home et Balls pyramid : vue 3D de gauche Island museum, via Moloch 5 - bathymétrie de droite Oregonstate univ.

 

L’île Lord Howe est un reste d’un volcan-bouclier éteint, de 11 km. sur 2, en forme de croissant emprisonnant un lagon et un récif corallien, considéré comme étant situé le plus au sud  de la planète. Elle est dominée par les pics basaltiques des monts Lidgbird (777 m.) et Gower (875 m.), à l’extrémité sud de l’île, virtuels restes de coulées de lave qui ont empli une grande caldeira volcanique (6,4 Ma).

 

lord-howe-background.jpgLord Howe island - la vue aérienne permet de détailler les hautes falaises, le lagonet la trace du récif corallien, les sommets Monts Lidgbird et Gower - photo site officiel de l'île.

 

-BasaltDykes LordHoweIsland 7June2011 - Granitethighs            Lord Howe island - les dykes basaltiques du sud de l'île - photo Granitethighs.


Le groupe d’îles Lord Howe  comprend 28 îles, îlets et rochers. Parmi ceux-ci, Balls Pyramid, un îlet rocheux haut de 551 m. colonisé par les oiseaux. Au nord, le groupe Admiralty est formé de sept petites îles inhabitées ; à l’est, Mutton bird island et Blackburn (or Rabbit) island dans le lagon.

 

lord-howe-island-Balls-Pyramid---pacific-island.jpg                            Lord Howe - Balls pyramids - photo Pacific islands.


Le climat humide sub-tropical est marqué par un taux de pluies de 1717 mm. par an, qui a permis l’installation de forêts présentant des affinités avc les flores Australiennes, Néo-calédonienne, et même Néo-zélandaise.

Son isolation est responsable d’un fort endémisme marquant la flore et la faune ; 105 espèces de plantes sur les 241 espèces natives sont endémiques. Parmi l’avifaune, sept espèces endémiques se sont éteintes ; quatre endémiques demeurent : le Zostérops de Lord Howe ( Zosterops tephropleurus), le râle sylvestre (Gallirallus sylvestris), le siffleur doré (Pachycephala pectoraliscontempta) et un passereau, the Lord howe Currawong (Strepera graculina crissalis).

Les oiseaux marins utilisent massivement ces îles comme site de nidification.

 

800px-Woodhen_Tricholimnas_sylvestris_Ned-sBeachRd_11June20.jpg         Le râle sylvestre (Gallirallus sylvestris) - espèce endémique de Lord Howe - photo Granitethighs

 

Sources :

- Romsey australia - Hot spot system in our backyard - link

- Age progressive volcanism in the Tasmantid seamounts - by Ian Mc Dougall & al.

- Tasmantid and Lord howe seamounts : biostratigraphy and paleoceanographic signifiance - by P. Quilty

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La Tasmanie a une histoire géologique longue et complexe. Un milliard deux cent septante millions d’années, enregistrées dans les roches tasmaniennes, ne se résument pas facilement !

 

Mont-Read---Rosebery---Bonzle.jpg                              Paysage vu du Mont Read - photo Rosebery / Bonzle


Les plus anciennes roches de l’ouest de la Tasmanie et de l’île King ont été fortement plissées et métamorphisées , e.a. en quartzite. Une glaciation au Cryogénien, fut suivie du réchauffement global qui commença à l’Ediacaran. Une orogenèse a plissé les roches anciennes du Précambrien.

Au Cambrien, on assiste à l’orogenèse Tyennan, qui a déplacé le bloc Tyennan du sud-ouest et centre de la Tasmanie vers le nord-ouest. Du Cambrien à l’Ordovicien, une action volcanique et sédimentaire se marquent.

 

Tasmania_simple_geology_map--G.Bartlett.png                   Tasmanie - Carte simplifiée des roches de surface - doc. G.Bartlett


Les roches volcaniques du Mont Read  (500 Ma) comprennent des laves sous-marines de type rhyolite à basaltique, des intrusions et des roches volcanoclastiques qui contiennent des dépôts massifs de sulfides, formés par les sources chaudes du plancher marin. Elles ont donné naissance à des gisements de minerais : cuivre, plomb, zinc et argent.

Le nord-est de la Tasmanie a commence à se former dans le cadre de l’orogenèse Lachlan. L’orogenèse Taberabban, au Dévonien, est marquée par des plissements, et une intrusion granitique sur les côtes ouest et est.

Au Permien, les conditions sont de nouveau glaciaires et on assiste à la formation du basin de Tasmanie, avec de faibles niveaux marins au Trias.

 

The_Totem_Pole-the-candelstick-Cape_Huay---JJ-Harrison.jpg

  Tasmanie du sud - Cape Huay - le "Candlestick" - ... de la dolérite du Jurrassique - photo J.J. Harrison

 

totem_pole---StockArch-jpg

Gros-plan sur le "Totem Pole", un pilier de dolérite : Il mesure 65 mètres de haut, et 4 mètres de large à sa base qui plonge dans la mer. Il est à proximité d'un autre stack plus large le Candlestick (57 mètres), dans un étroit et profond chenal qui sépare la presqu'île Tasman de la première des Lanterns, deux îles qui prolonge Cape Hauy. - photo StoclArch


Au Jurassique (180 Ma), une intrusion magmatique géante, couvrant un tiers de l’île, se produit avec formation de dolérite (diabase), couvrant 30.000 km², qui donne leur apparence actuelle aux montagnes Tasmaniennes. Cette intrusion a affecté également l’Antarctique, l’Argentine et l’Afrique du sud, et a mis en œuvre entre 3 et 5 millions de m³ de magma… elle est connue sous le nom de grande province ignée Karoo-Ferrar.  Cette intrusion magmatique, originaire de la croûte terrestre, s’est faite principalement sous forme de sills épais de plus de 500 mètres. Les Monts Anne, Mueller et Wedge sont couverts de dolérite.


La Tasmanie telle qu’on la connaît actuellement :

Tasmania.A2005-nasa-gsfc.jpgLa fragmentation continentale et le splitting des plateaux sous-marins, du Crétacé et de la période Tertiaire, a formé le détroit de Bass  et séparé finalement la Tasmanie de l’Antarctique. Cette séparation commencée il y a 120 Ma, s’est poursuivie avec l’ouverture de la mer de Tasmanie, vers 80 Ma, La Tasmanie ne fut réellement isolée qu’avec la montée des mers il y a 23 Ma.

 

Photo satellite de la Tasmanie - Nasa Gsfc./ 2005seafloortas.jpgTopographie du sud-est australien : la Tasmanie est supportée, comme le bassin de Bass, par le plateau continental - Notez la position de volcans sous-marins au sud-est de la Tasmanie - doc. Romsey Australia.


Le volcanisme, associé à la fracturation, daté d’entre 64 et 8,5 Ma a produit des basaltes et laissé au moins 120 centres volcaniques reconnaissables. Les premières éruptions marquèrent la côte Est, à Bream Creek ; les basaltes de Sandy Bay (Hobart), au sud-est sont datés de 26,5 Ma et les basaltes à olivine d’Hobart de 23 Ma.

 

Organ_Pipes_Mount_Wellington---Tasmanie---Graeme-Bartlett.jpg            Hobart - le sommet du Mont Wellington et les "Organ pipes" - photo G. Bartlett


Au nord-est, de nombreuses coulées de lave datent d’entre le milieu de l’Eocène et le début du Miocène ; elles sont de quatre types : du basalte à olivine, de la tholéiite, du basalte alcalin et de la néphélinite à olivine.

Au nord-ouest, les coulées de lave ont rempli les vallées et débordé, créant une plaine couverte d’une épaisseur de plus de 750 mètres.  Table Cape est formé de basanite datée de 13,3 Ma ; sa falaise domine la mer de 170 mètres, et en octobre, le printemps dans l’hémisphère sud, la vedette est tenue par une ferme de tulipes.

 

Table-cape---tasmania-on-tour.JPG  Table Cape - sur la droite, la tache coloré de Tulip farm et le phare - photo Tasmania on tour.

 

The_Nut_-_Stanley_-_Tasmania---DidierB.jpg"The Nut" , un plug volcanique à toit plat haut de 152 mètres qui domine la bourgade de Stanley  - photo DidierB.

 

Le point chaud est-autralien :

Toutes les structures examinées, plutôt survolées, cette semaine sont sous la dépendance du point chaud dit "est-australien" , large de plusieurs centaines de kilomètres ; il se situe d'après les volcanologues sous le détroit de Bass et sous une partie de victoria et de la Tasmanie.

 

hotspot.jpg

 

Sources :

- Tasmanian Geological Survey - the geology and mineral deposits of Tasmania - link

- Romsey Australia - volcanoes and earthquakes

- The Tasmanides of eastern Australia - R.A. Glen

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

rosette-rock-victoria---gisforgeology.jpg

Organ Pipes National Park / Victoria : "Rosette rock" , une rosette formée par des orgues basaltiques - photo gisforgeology.

 

Organ-pipes--victoria---NickCarson.JPG                Organ Pipes National Park / Victoria - orgues basaltiques par Nick Carson.

 

Les plaines basaltiques de l’ouest de l’état de Victoria sont les troisièmes plus plus importantes au monde, avec 2,3 millions d’hectares,  après les trapps du Deccan (Inde) et les basaltes de la Snake River en Idaho (USA). Elles occupent 13% de la surface de l’état.

Elles furent formées par une activité volcanique extensive entre le Cénozoïque supérieur (6Ma) jusqu’à récemment, il y a 7.200 ans , avec le Mt. Napier. Différents types de coulées de lave sont ponctuées de cônes de scories, tels que les Mt. Elephant , Noorat et Napier,, et des cônes basaltiques , comme le Mt. Cottrell.

 

western victorian volcanic plain - Roomsey                                     The Western Victorian Volcanic Plains - doc. Romsey Australia

 

La hauteur moyenne est de 250 m. au dessus du niveau marin, et le paysage est constitué de vastes zones fertiles couvertes de prairies, entrecoupées de petites taches boisées, et parcouru par quelques rivières. Les sols sont généralement de teinte brun-rouge à foncé, à haute teneur en phosphore.


Bien qu’aucune éruption n’ait eu lieu dans la province depuis 4500 ans, au Mount Gambier ( Eastern South Australia ), une carte des risque volcaniques a été présenté par Bernie Joyce, de l’université de Melbourne à la 17° convention de la société de géologie australienne à Hobart, en 2006.

 

volcanic-risk-and-hazards-map.jpg

  Carte des risques volcaniques pour la Newer Volcanic Province - doc.Bernie Joyce / Melbourne Univ.

 

Etant donné le jeune âge des structures volcaniques présentes, les sismologues et volcanologues australiens n’excluent pas un possible retour d’activité dans la région, qui menacerait les populations des cités qui s’y sont installées.

 

Harmans_Valley_looking_to_Mt_Napier--Mikeybear.JPG       Harman's Valley et ses tumuli - au fond, la silhouette du Mt. Napier - photo Mikeybear.


Le Mont Napier est un volcan-bouclier composite coiffé d’un cône de scories surimposé. Le Napier s’est formé en deux étapes bien distinctes : la construction du bouclier bas est liée à des effusions de lave fluide. La seconde étape résulte d’éruption explosive, lorsque les fontaines de lave ont été en présence du lac de cratère, avec retombée de scories et de spatters. Le cône résultant s’est ébréché vers la fin de l’éruption, libérant un lac de lave temporaire.

 

Mt-Napier-along-Harman-s-valley---travelling-australia.jpgMt. Napier - on y remarque la cassure sur les flancs qui marque les deux étapes de formation du volcan - photo Travelling australia. 

 

MtNapier_Geol_Map---Ken-G44.png     Géologie du Mt.Napier et de ses coulées et structures : tunnels de lave et tumuli. - doc. Ken G44

 

Les coulées de lave se sont répandues dans l’Harman valley à l’ouest du volcan, laissant différentes structures :

- les tunnels de lave Byaduk : les tunnels les plus grands mesurent plus de 18 m. de large et 10 m. de haut, et s’étendent à 20 mètres sous le sol. Ils ne se sont pas vidés complètement avant la solidification de la lave, de sorte que l’on n’a pas accès à des chambres vides continues.

 

Byaduk-lava-cave-sinkhole---travelling-australia.jpg                       Mt.Napier - Bayduk lava cave sinkhole - photo travelling australia.

 

800px-20090926_Volcanic_Blister_-Tumulus-_-_Byaduk_-_Victor.JPG                    Byaduk / victoria - Volcanic blister, ou tumulus - photo Mikeybear.


tumuli1.jpg– des tumuli , ou boursouflures (volcanic blisters or pressure ridge), de la taille d’une maison : ces structures inhabituelles se sont formées lorsque la pression a fait sortir la lave fluide de la croûte qui s’était formée.

 


Le Mont Gambier est un complexe de quatre maars : Blue Lake, Valley Lake, Leg of Mutton Lake, et Brownes Lake. La datation au radiocarbone la plus récente suggère la dernière éruption autour d’il y a 6000 ans.

Seuls deux lacs subsistent : Le Leg of Mutton Lake s’est asséché de façon durable dans les années 1960, et le Brownes lake a subi le même sort fin des années 80, suite à une baisse de niveau de la nappe phréatique due au drainage. Le Blue lake , de 5 km. de circonférence et une profondeur de 70 mètres,  contient 36 Mm³. Sa couleur passe du gris en hiver à un bleu profond en été;  ce changement s’opère en quelques jours fin novembre - début décembre. Ceci est du à la réflexion de la lumière et à un phénomène chimique : au printemps, le dioxide de carbone dissous est rélâché dans l’air ; avec le réchauffement des eaux, le pH augmente et la sursaturation en calcite la fait précipiter. Les fins cristaux de calcite capturent les matériaux organiques et éclaircissent les eaux en précipitant.

 

Mount_Gambier_Blue_Lake---Diceman.jpg                          Mt. Gambier - le Blue Lake, un maar - photo Diceman


A quelques kilomètres du Mont Macedon, une série de mamelons rocheux pointe au dessus de la plaine : au nord, Hanging Rocks, autrefois connu sous la dénomination de Mont Diogène, au sud, Camels Hump et à l’est, Rocks Crozier. Ces mamelons sont constitués de solvsbergite, une forme rare de trachyte ; ils ont été formé il y a 6,25 Ma par un magma poussé hors de l’évent et solidifié en place …puis érodé !

 

800px-Rock_Formations_-_Hanging_Rock-_Victoria-_Australia--.JPG                        Hanging Rocks / Victoria - photo Andrew Katsis.

 

Hanging Rocks est constitué de diverses structures : Hanging Rock lui-même, un rocher suspendu entre deux autres, la Colonnade, l’Aigle et l’OVNI. Le point culminant est situé à 105 mètres au dessus de la plaine et 718 mètres au dessus du niveau de la mer. Hanging rock, situé sur le territoire de la nation Wurundjeri, est un site d’initiation masculine, dont l’accès était réservé aux seuls initiés. Après le colonisation, les autochtones ont été dépossédé et chassés de leurs territoires en 1844.

 

Rocks_on_the_way_to_apex_at_hanging_rock_in_Vic_Australia--.jpg                  Hanging Rocks / Victoria - rocks on the way to apex - photo Katyare.

 

Sources :

- Romsey Australia - The western Victorian volcanic plains - link

- Mt.Napier, Vic. - Travelling Australia - link

- Organ Pipe National Park - link

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Publié le par Bernard Duyck
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MtWarning_9108_cr-NickRains-australian-geographic.jpg

Queensland / New South Wales - la caldeira du Tweed volcano/Mt Warning - photo Nick Rains / Australian Geographic


Parmi les volcans de la province New South Wales, on examinera deux grands volcans-boucliers, structures typiques du volcanisme de point chaud :

Le Tweet volcano / Mt Warning (point sans numéro à la limite de provinces) et le Warrumbungle (n°6 sur la carte)

 

volcanic-centers-of-New-south-wales---Victoria---oregonstat.jpg                   Volcanic centers of New South Wales and Victoria - doc. Oregonstate Univ.

Leucite suite : 1.Byrock – 2.El Capitan – 3.Cargelligo – 4.Cosgrove  //  Central volcanoes : 5.Nadewar – 6.Warrumbungle – 7. Canobolas – 8. Macedon – 9.Ebor – 10.Comboyne // Lava fields :  11.Central – 12.Doughboy – 13.Walcha – 14.Barrington – 15.Liverpool Range – 16.Dubbo – 17.Kandos – 18.Sydney – 19.Abercrombie – 20.Graben Gullen – 21.Southern Highlands – 22.Monaro – 23.Snowy Mountains  - 24.South coast – 25.Older Volcanics – 26.Newer Volcanics

 

Le Tweed volcano / Mount Warning :

Sur un bassin sédimentaire mis en place il y a 135 à 200 Ma, dont on retrouve traces dans la Tweed valley et sur les pentes basses du Mt Warning, le passage de la plaque indo-australienne au dessus du point chaud est-australien a édifié entre 23 et 20 Ma un gigantesque volcan-bouclier, de Tweed-volcano-copie.jpgplus de 100 km. de diamètre et d’une hauteur supposée de deux fois celle de l’actuel Mt Warning (1156 m) .


Tweed volcano - image 3D - Credit: NASA/JPL/NGA


" Un monde perdu ", dont ne restent après des millions d’années d’érosion, que la plateau de Lamington, le Mt Warning et la chaîne frontière entre les états du Queensland et New South Wales. La grande caldeira qui s’est formée autour du bouchon volcanique (plug ou neck) du Mt Warning est considérée comme la plus grande caldeira d’érosion de l’hémisphère sud.

 

MtWarning_Nick-Rains---Australlian-geographic.jpgQueensland / New South Wales - la caldeira du Tweed volcano/Mt Warning - photo Nick Rains / Australian Geographic

 

Tweed-volcano-A----geocaching.jpg

Tweed volcano B - geocaching

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tweed-volcano-C----geocaching.jpg

Erosion progressive du volcan-bouclier Tweed volcano - croquis de WF. Wilmott / Geological Survey of Queesland.


La stratigraphie du volcan révèle que les plus anciennes unités sont des basaltes tholéiitiques à calco-alcalins, nommées basaltes Lismore/ Beechmont. Ces coulées sont visibles au niveau de la mer e.a. à Fingal Head et Burleigh head.

 

Fingal-head---M.Flinders.jpgBurleigh-head---M.Flinders.jpg

A gauche, les orgues de Fingal Head.

à droite, ceux de Burleigh Head

photo C.Grant /Villanova College, Qld, AU

 

Ils furent suivis par des éruptions rhyolitiques sous forme de lave ou de pyroclastes. Elles sont connus sous les noms de Nimbin rhyolite ou Binna Bura rhyolite. Une dernière période de volcanisme basaltique a clôturé le cycle d’activité, formant le basalte Blue Knob/Hobwee.

 

fig9.gif        Coupe géologique simplifiée de la Tweed Valley d'ouest en est - doc. bigvolcano.com

L’érosion a exposé le Neck central, le Mt Warning, et une série de dykes circulaires l’entourant : ils forment une chaîne montagneuse basse, incluant le Mt Uki, les Sisters et Brummies lookout.

 

Le volcan des Warrumbungles :

  

 

 

 Dans un contexte de sable et boues érodées de régions plus élevées, déposés dans un système de lacs d’eau douce, formés il y a 180 Ma , et ensuite comprimés pour former des grès et schistes argileux, une activité volcanique mineure débute il y a 17 Ma. Elle est caractérisée par des éruptions explosives de trachytes pyroclastiques et quelques coulées basaltiques au nord et au sud de l’actuel parc.

Des épais dépôts de brèches pyroclastiques et de tufs se sont déposés dans la partie centrale du volcan ainsi que sur les environs formant une couverture de roches pyroclastiques (tufs et brèches). Les nombreux conduits par lesquels les roches pyroclastiques trachytiques furent dispersées se trouvèrent bloqués par un magma visqueux, mais de nouveaux conduits se créèrent et continuèrent de rejeter cendres et tufs.

Au cours du temps, le magma trachytique atteignant la surface dans les Warrumbungles est devenu moins visqueux ainsi, au lieu de s'accumuler autour ou dans le conduit, il a commencé à se répandre en coulées épaisses de lave. A cette étape, beaucoup des premiers dômes et des roches pyroclastiques auraient été enterrés au fur et à mesure de la mise en place Mt-Exmounth---kevinswilderness.jpgdu volcan bouclier. Les coulées épaisses de trachyte, que l'on rencontre par exemple sur le Mont Exmouth (photo kevinwilderness)

 et à Siding Spring Mountain, appartiennent à cette période éruptive.

Le magma a continué à devenir de moins en moins visqueux, raréfiant les éruptions de trachyte dans les étapes finales (il y a environ 14 millions d'années). La plupart des laves de cette période étaient plus de composition basaltique (formant des roches de type hawaiite et mugéarite) et les coulées beaucoup moins épaisses mais plus longues. Les minces coulées et leurs roches pyroclastiques associées, que l'on observe maintenant au sommet du mont Exmouth, auraient achevé le développement du large dôme, et auraient aussi coulé sur les plaines environnantes, où beaucoup de restes sont maintenant préservés.

 

coupe-du-volcan-des-Warrumbungles.jpg

Coupe schématique du volcan des Warrumbungles, montrant comment l'érosion a éliminé une bonne partie du bouclier originel.- doc. le volcan des Warumbungles par Olivier Pingot.

 

Les éruptions volcaniques ont cessé, il y a environ 13 millions d'années. Depuis cette époque, l'érosion a creusé à travers l'édifice volcanique, qui avait un diamètre originel de 50 km., enlevant la plupart des dépôts postérieurs et exposant les produits volcaniques des phases d'éruption précédentes. ( d'après Olivier Pingot)

 

-Warrumbungle-N.P.----the-breadknife---Mgillaus.jpg              Warrumbungle Natioanl Park - " the Breadknife " - photo Mgillaus.

 

Sources :

- Bigvolcano - The National Parks of the Tweed Volcano region - link

- Le volcan des Warrumbungle - Olivier Pingot - link

- Warrumbungle National Park - Kevin Wilderness - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Volcanisme de la Province du Queensland / Australia : les champs de lave sont localisés par les croix, les volcans centraux par des points ronds. - doc. Oregonstate Univ.

 

Le nord-est du Queensland est marqué par des volcans à champs de lave. Parmi ceux-ci, la province volcanique Mc Bride qui couvre une zone de 80 km undara-map.jpgde diamètre, caractérisée par de nombreux cônes et des plaines de lave. Le volcanisme y est daté de 3 millions d’années environ.

Dans ce champ, Undara est constitué presqu’entièrement de coulées de lave, où des tunnels de lave une fois drainés, ont laissé un réseau de grandes cavités, s’étendant sur 30 km.


undara-lava-tubes.--2--atlas-obscura.jpg 

 

 Mc Bride / Undara lava tubes - photosAtlas Obscura. 

 

Il y a 190.000 ans, l'activité volcanique expulsa 23 milliards de mètres cubes de laves fluides, qui recouvrirent 55 km² de l'Atherton tableland.

Parmi ces tunnels, Bayliss cave, 1.300 mètres de long, sur 22 de large et 11 de haut, est  le reste d'un tunnel qui courait sur plus de 100 km. Cette structure est réputée pour son air vicié qui contient 5,9 % de dioxyde de carbone.

Ces tunnels sont habités par des grenouilles et des chauves-souris, ainsi que leurs prédateurs, des serpents.

Undara est un mot aborigène signifiant "un long chemin". 

 

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                                             Mc Bride / Undara lava tubes - photosAtlas Obscura. 

 

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                                     Mc Bride / Undara lava tubes - photo Jane Farquhar.

 

Le centre et le sud-est de la province abritent plutôt des volcans centraux. Les volcans centraux, comme leur nom le suggère, diffèrent des champs de lave par le fait qu'ils sont généralement centrés sur un secteur plus petit, autour d'un centre d'éruption bien défini, mais pas forcément autour d'un unique cratère. Ils diffèrent aussi par le fait qu'ils ont une plus grande gamme de roches, y compris de la trachyte en abondance et/ou de la rhyolite et présentent généralement des preuves d'une activité explosive aboutissant à une abondance de roches pyroclastiques. Les volcans centraux sont responsables de certains paysages volcaniques parmi les plus spectaculaires de l'est de l'Australie.


Le Cap Hillsborough est formé de laves interstratifiées de cendres volcaniques, principalement rhyolitiques. Leur érosion à donné des sables fin à mica, qui miroitent sous le soleil et la mouvance des déferlantes.

A proximité, Pinacle rock est un plug trachytique. La datation révèle une activité vieille de 33-32 Ma, corroborée par celle des fossiles de crocodiles et tortues retrouvés dans des lits calcaires.

 

cape-hillsborough--mica---Claire-Raborar.jpg     Cape Hillsborough - sables noirs micacés - photo Claire Raborar /  lakwatseradeprimera 


Plus au sud, le Glass Houses Mountains National Park, établi en 1994, est constitué d’une plaine plate ponctuée d’une douzaine de bouchons de trachyte et rhyolite, en fait le cœur de volcans éteints et érodés, formés il y a 27-26 Ma, dont il ne subsiste que les cheminées emplies de ces laves solidifiées.

 

-Glass_House_Mountains---Bidgee.jpgPanorama sur les Glass Houses Mountains - de gauche à droite, le Mt Tibrogargan, le Mt Beerwah, le plug du Mt Coonowrin, le Mt Ngungan,  etc - photo Bidgee


Parmi ces structures, le Mont Beerwah est constitué de deux pics, dont le plus élevé atteint 556 m. Le Mont Tibrogargan est un bouchon volcanique de rhyolite ; sa forme faisait penser à celle d’un gorille … jusqu’en 2004, où une partie de la face rocheuse ressemblant aux yeux s’est écroulée.

 

MtBeerwah_overhanging-Cliff---Mathieumcguire.jpgGlass Houses Mountains - le sommet du Mt. Beerwah et sa falaise en surplomb - photo Mathieumcguire.

 

Glasshouse_mountain---Boticario.jpg                        Glass Houses Mountains - le plug du Mt. Coonowrin - photo Boticario


La région a été nommée par le capitaine Cook, lors de son passage en 1770 à bord du HMB Endeavour, car la forme des montagnes lui rappelait celle des énormes fours verriers de son Yorkshire natal. Il nota dans son journal de bord : These hills lie but a little way inland, and not far from each other: they are remarkable for the singular form of their elevation, which very much resembles a glass house, and for this reason I called them the Glass Houses: the northern most of the three is the highest and largest; there are several other peaked hills inland to the northward of these, but these are not nearly so remarkable…”.


Dans la mythologie Aborigène, Tibrogargan est le père des toutes les autres Glass Houses Mountains, à l’exception de Beerwah, son épouse. On y raconte aussi que Tibrogargan voyant une montée des eaux de la mer aurait demandé à son fils Coonowrin d’emmener sa mère en sûreté … celui-ci omit de le faire, et Tibrogargan, en grande colère, l’aurait frappé lui cassant le cou.

Divers biotopes, des ravines couvertes de forêt tropicale à la lande qui couvre les sommets, constituent un habitat pour toute une variété d’animaux : on y retrouve des koalas, des échidnés, des kangourous gris et près de 170 espèces d’oiseaux.

 

Sources:

- Undara experience - link

- Origin of north Queensland Cenozoic volcanism: Relationships to long lava flow basaltic fields, Australia  - by F. L. Sutherland

- le blog de Claire Raborar - link

- OZ Volcanoes -a web-based activity exploring recent volcanic activity in Australia - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le continent Australien ne comporte pas de volcans actifs, mais dans l’est, le long de la chaîne de montagnes " Great Dividing Range ", on trouve des volcans éteints ou endormis, des champs de lave et des tunnels de lave. En parallèle, on trouve des chaînes de volcans océaniques.

 

The_great_dividing_range---ph.-fir0002-flagstaffotos.jpg     The Great dividing Range - photo fir0002 / Flagstaffotos.com.au (Non commercial users)


La situation tectonique de l’Australie n’explique pas la possibilité de volcanisme dans cette partie du continent … et ses volcans ne sont pas reliés aux zones de subduction qui ont induit le volcanisme de la Nouvelle-Zélande, de la Papouasie-Nouvelle Guinée, des îles Kermadec, Tonga, Samoa … il faut se référer à l’hypothèse d’un point chaud.

 

Plaque indoaustralienne - oregonstate         Plaque indo-australienne - tectonique -  Carte de Johnson & al. 1989 / Oregonstate univ.

 

Le point chaud est-Australien n’a pas été la cause d’éruptions au cours des temps historiques. Elles s’échelonnent entre il y a 23 millions d’années, comme en New South Wales au Tweed volcano, un grand volcan-bouclier et l’une des plus grande caldeira d’érosion au monde, et 5.000 ans avec les éruptions du Mt Schank, du Mt Gambier et Mt Napier, dans les Newer volcanics Province.

Au contraire de la plupart des points chauds, le point chaud Est-Australien est caractérisé par des éruptions phréatomagmatiques explosives, dues à l’interaction entre le magma basaltique et l’aquifère.

 

pvolcans-australie.JPGHotspot-ageen-Ma---oregonstate.jpgCarte de gauche :

Localisation des volcans centraux (points rouges) et des champs de lave (croix noires) dans lest de l'Australie. Remarquez comme les centres volcaniques sont localisés dans une zone très proche de la limite du Great Dividing Range.

(Olivier Pingot)

 

Carte de droite :

Age progressivement plus jeunes des volcans - en Ma - et position sur différentes chaînes  (Oregonstate Univ.)

 

Les volcans australiens sont localisés sur différentes chaînes, marquées par des volcans de plus en plus jeunes vers le sud, confirmant l’hypothèse de point chaud. La largeur du point chaud tire avantage des faiblesses locales de la plaque pour alimenter les volcans en surface en magma.

 

Depuis les îles Maer, à 500 km. au nord du Queensland, les volcans s’étendent sur 4.400 km. jusqu’à la Tasmanie au sud.

Trois types de centres volcaniques sont retrouvés :

- des volcans-centraux, recouverts de trachyte et rhyolite

- des champs de lave , formés par effusion

- des laves et tephra contenant de la leucite, pauvre en silice et riche en potasse par rapport à la plupart des basaltes.

 

Nous examinerons successivement quelques structures de chaque province ; depuis le Queensland (QLD) au nord, le New South Wales (NSW), Victoria (VIC), une pointe de South Australia (SA) jusqu'à la Tasmanie.

 

Source:

- Geoscience Australia - link

- Volcanoes of Australia - oregonstate Univ. - link

- Romsey Australia - volcanoes and earthquakes

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Publié le par Bernard Duyck
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Après le village de Jaujac, évoqué hier, bien installé sur une coulée du volcan voisin, voici un autre site construit lui sur un dyke : Arlempdes (prononcez Arlandes).

 

Cette commune de la Haute-Loire, dans la région auvergnate, est connue surtout pour son château éponyme assis sur un piton volcanique … bien que son bourg soit classé parmi les plus jolis villages de France, encaissé au fond de la vallée de la Loire, à une trentaine de kilomètres de ses sources, sous le Mont Gerbier de Jonc.

Le paysage est dominé par des coulées basaltiques, parfois agrémentées d’orgues, qui lui ont valu son nom : en Celte, la région s’appelle " la vallée des éboulis ", vraisemblablement en référence à ces orgues volcaniques effondrées, et fracturées en centaines de morceaux.

 

arlempdes---patrimoine-d-ardeche.jpg                   Le village et le château d'Arlempdes - photo Patrimoine d'Ardèche.

 

Le site domine une boucle de la Loire et sert de "verrou" entre plusieurs vallées.  C’est ce qui lui a valu d’être choisi, depuis l’antiquité, comme site militaire et religieux.

Le nom Arlempdes dérive du Gaulois, littéralement "temple de l’est ". Les Romains installèrent un camp sur une colline avoisinante au temps de la Guerre des Gaules, au 1° siècle avant JC : le camp d’Antoune, partiellement bordé de falaises basaltiques.

 

Chateau_d-Arlempdes_depuis_la_Loire---Nicolas-Varney.jpgLe dyke d'Arlempdes vu de La Loire - avec la chapelle St Jacques et un pan de la forteresse - photo Nicolas Varney.

 

Arlempdes_Chateau---muraile-ouest-et-chemin-d-acces---Tor.JPG     Château d'Arlempdes - murailles ouest et chemin d'accès actuel  - photo Torsades de Pointes


Au haut Moyen-âge, le dyke d’Arlempdes est habité. La chapelle Saint-Jacques, construite en tuff rouge, date dans sa configuration actuelle du 12° siècle, mais a été construite sur un édifice plus ancien. Le château est construit du 13° au 16° siècle, avec de nombreux remaniements, en s’adaptant à la morphologie du dyke ; ses remparts sont naturellement prolongés par la roche volcanique, et son ascension est quasi impossible.

Jusqu’au 16° siècle, il sera possédé par divers seigneurs locaux, dont la famille de Monlaur, puissante dans le sud de l’Auvergne. Il passera,par le biais de mariage à Diane de Poitiers, qui fit construire le logis seigneurial. La forteresse servit ensuite de garnison aux troupes royales, sous la direction de seigneurs locaux, parmi lesquels on trouve au 18° siècle, la famille de Goÿs de Mézeyrac.

Perdant son intérêt stratégique, il est abandonné, tombe en ruines et sert de carrière aux habitants du coin.


En 1963, une association, regroupant des descendants de Goÿs de Mézeyrac et des passionnés, rachète la ruine et entreprend de la restaurer. Ce dernier épisode de la vie du château d’Arlempdes vient d’être évoqué dans une émission consacrée à La Loire sur FR3, dans la série " Des racines et des ailes ".

 

Arlempdes---orgues-volc.---Estables-hotel-decouverte.JPG        Arlempdes - orgues volcaniques - photo © Alexandre Aubry - www.mezenc.eu 

 

Le volcanisme producteur de dykes serait à rattacher à celui du bassin du Puy et au volcanisme basaltique du Devès, qui a affecté la zone entre La Loire et l'Allier, du Pliocène supérieur (vers 3 Ma) au début du Pléistocène moyen (vers 0,6 Ma).

 

Evolution-Plio-quaternaire-du-bassin-du-Puy02.jpgdoc. Evolution Plio-Quaternaire du bassin du Puy - la localisation d'Arlempdes : étoile rouge. - d'après A. de Goër

 

Sources :

- L'évolution Plio-Quaternaire du bassin du Puy (Massif Central, France) rythmes morphosédimentaires et volcanisme -  par E. Defive, A. Gauthier et JF. Pastre.

- BRGM - Les volcans du Massif Central - par P. Nehlig & al.

- Massif du Mezenc Gerbier, et régions environnantes - par Alexandre Aubry

 

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