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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pelé arrive dans votre poche … avec le nouveau Quarter produit par l’U.S. Mint’s America Quarters program.

Cette nouvelle pièce de monnaie, d’un quart de dollar, met le parc national des volcans d’Hawaii à l’honneur, avec sur une de ses faces la représentation stylisée d’une éruption.

Elle serait inspirée d’une photo prise par le géologue de l’USGS J.D. Griggs le 6 septembre 1983, et cette version, exagérée verticalement pour les besoins, dépeint des gerbes d’éclaboussures de lave (spatters) et une coulée sortant d’un cône.

 

2012-ATB-Quarters-Unc-Hawaii.jpgLe nouveau quarter avec les inscriptions : Hawaii volcanoes, Hawaii, 2012, E Pluribus Unum - designer et graveur : Charles L. Vickers - courtesy "Quarter-dollar coin image from the United States Mint."


Griggs faisait partie de l’équipe d’observation de l’éruption dite du Pu’u O’o – Kupaianaha qui débuta le 3 janvier 1983.

Pendant les six premiers mois, une éruption fissurale vomit ses laves de façon intermittente entre le cratère Napau et Kalalua, sur une section médiane de l’east rift zone.

En juin 1983, l’éruption se localisa sur un évent, nommé plus tard le Pu’u O’o. Les retombées des fontaine de lave ont construit un cône de cendres et projections (cinder-and spatter cone) haut de 255 mètres, soit plus de deux fois la hauteur des autres cônes de la zone de rift est.

La photo a été prise le 6 septembre 1983, au cours de l’épisode éruptif 8, cinq mois après le début de l’éruption. On y voit la fontaine de lave montant à une hauteur au moins égale à celle du cône, et alimentant une brève coulée en direction du nord-est.

 

1983---Griggs-naissance-Pu-u-O-o.jpgLe cône du Pu'u O'o le 6 septembre 1983, cinq mois après le début de l'éruption - photo J.D. Griggs / HVO-USGS.


  

Cette pièce produite à 68 millions d’exemplaires devrait faire connaître au plus grand nombre les volcans hawaïens, et les inciter à une visite du Parc National des volcans.

 

The Beautiful Quarters program a produit des pièces mettant à l’honneur divers parcs nationaux depuis 2010 : le Yellowstone, le Mont Hood, le Yosemite entre autres.

 

2010-WY Unc

Quarter du Yellowstone - avec les inscriptions : Yellowstone, Wyoming, 2010, E Pluribus Unum. - designer et graveur : Don Everhart - courtesy "Quarter-dollar coin image from the United States Mint."


 

Ce quarter de 2010 représente le geyser le plus célèbre du Parc National du Yellowstone, le Old Faithfull, avec à l'avant-plan, un bison mâle adulte. 

 

Geysers_8283-copie.jpg Yellowstone N.P. - une de manifestations régulières d'Old Faithfull -  photo © Bernard Duyck 2009 


 

2010-OR_Unc.jpgQuarter du Mont Hood - avec les inscriptions : Mount Hood, Oregon, 2010, E Pluribus Unum - designer et graveur : Phebe Hemphill - courtesy "Quarter-dollar coin image from the United States Mint."

 

usa-920-copie.jpg

                       Le Mont Hood et Mirror Lake - photo © Jean-Michel Mestdagh 2010

 

Le Mont Hood est un stratovolcan de l'arc des Cascades et la plus haute montagne de l'Oregon. Avec 3.429 mètres, il est recouvert de douze glaciers et fait partie du Mount Hood National Forest.

 

Sources :

- Hawaii news - ceremony marks new Hawaii volcano Quarter - link

- The United States Mint - Press image library - link

- Hawaiian Volcano Observatory - Kilauea, history - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

  Après l’éruption de mai 1980 au St Helens, l’écosystème forestier qui entourait le volcan avait été fortement impacté : arbres brûlés, déchiquetés par le blast ou couchés. Des lahars avaient remplis la vallée de la Toutle River d’arbres morts, de boue et de blocs de roches. La Columbia river fut bloquée par un flot monstrueux. Le lac Spirit a vu sa surface réduite et encombrée de multiples troncs.

 

usa-491-copie.jpg                     Mont St Helens : cicatrice encore visible en 2010 - photo © J-M. Mestdagh

 

Les scientifiques escomptaient un retour de la vie, devant suivre des étapes bien définies et successives après la survenue d’une catastrophe naturelle. Ils croyaient aussi que, dans certaines zones, toute trace de vie avait disparue à jamais, recouverte par les ponces.

 

disturbance-zones-100518-02---Pacific-northwest-research-st.jpg   St. Helens - zone touchées par l'éruption de mai 1980 - doc. Pacific northwest reseach station.


Mais le St Helens reservait encore une surprise …

La surveillance de terrain, couplée à l’évolution des paysages grâce aux images satellites Landsat ont permis de voir que la récupération ne suivait pas le schéma prévu.

Divers facteurs ont été depuis reconnus pour expliquer un retour rapide de la vie végétale et animale :

- la saison et l’heure de l’éruption : à cette latitude et cette heure, des mammifères nocturnes furent protéger dans leur terrier. Cependant que d’autres n’étaient pas encore revenus de migration.

- pour la même raison, des plantes en dormance furent protégées.

- la topographie a éte influente : les affleurements rocheux, les falaises et les plaques de neige mettant à l'abri des animaux et des plantes.

 

Le site Stromboli on line avait déjà mis des images comparatives, entre deux visites effectuées respectivement en 1988 et 2001.

 

msh1251_220---return-of-life-1988-2001.jpg

Près de Lahar viewpoint, une jeune forêt s'est réimplantée entre 1988 et 2001 - le gros tronc a été renversé par le lahar, qui a causé une brèche dans la forêt en arrière-plan - photo Stromboli on line.

Un clic sur la photo vous mène vers le dossier " Life returns".

 

D'autres photos comparative de David Anderson, prises au cours d'excursions ornithologiques avec la société Audubon, témoigne aussi du retour de la nature dans une zone soumise au blast.

 

From-Norway-pass-1985---Dav.-Anderson-MSHI.jpgNorway-pass--2009---MtStHelens-institute.jpgMont St Helens - vues prises depuis Norway pass en 1985 (photo du dessus) et 2009 (photo du dessous) -

on peut remarquer le déplacement des troncs morts flottant sur le lac Spirit - photos David Anderson / Mount St Helens Institute.


L’USGS et le NASA's Goddard Space Flight Center/NASA's Earth Observatory  viennent de mettre à disposition 40 ans d’archives d’images Landsat , en une vidéo qui retrace 32 ans de surveillance … en 50 secondes (trop rapide à mon goût).

 

St-Helens-recup-74--80--2011-Nasa-climate.jpg

Mt. St. Helens - avant et après l'éruption : respectivement en octobre 1974, août 1980 et juillet 2011. - doc. NASA/Goddard Space Flight Center / USGS / images Landsat.


3395 10151111276833076 347124967 n

St. Helens - à gauche, août 1980 après l'éruption - à droite, juillet 2011, la récupération - doc. NASA/Goddard Space Flight Center / USGS / images Landsat.

 

usa-652-copie.jpg St. Helens - zone colonisée par les lupins, pionniers et quelques Paintbrush - photo © J-M. Mestdagh

 


Sources :

- Nasa - Landsat top ten - Mount St. Helens : volcanic eruption and recovery - link

- USGS - Cascade volcano Observatory - Mt St. Helens

- Stromboli on line - Mt. St. Helens - life returns 1988 - 2001

- Mount St. Helens Institute / Facebook - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

On a parlé récemment de l’éruption des volcans de la ligne Taupo sur North island, le Tongariro et White island, qui se sont tous deux "calmés"  d’après le rapport hebdomadaire du Global Volcanism Program.


Par contre, on fait peu souvent état du champ volcanique d’Auckland, situé au nord-ouest de cette même île. Une étude a révélé que les habitants de cette ville et de ses vastes faubourgs vivaient sous la menace potentielle de volcans sur lesquels elle s’est édifiée.

 

Lac-Pupuke---Auckland.jpg              Le lac Pupuke, un maar ... et une partie de l'aglomération d'Auckland. - photo GNS


Le champ volcanique d’Auckland :

Ce champ élliptique de 29 km. de long  N-S couvre 360 km². Plus de 50 structures monogéniques (*) s’y sont formées au cours des dernières 140.000 années : maars, tuff rings, cônes de scories et petits volcans boucliers. Les coulées de lave contiennent 14 tunnels de lave.

 

Auckland-volcanic-field_gallery_supersize_portrait.jpg              Les structures volcaniques monogéniques du champ volcanique d'Auckland - doc. GNS / L.Kermode

 En rose : cendres, lapilli, tuff - En rouge : lave, scories - cercles noirs : étendue des dépôts volcaniques - points noirs : volcans.


Contrairement au volcanisme explosif induit par subduction du centre de North Island, les volcans d’Auckland ont été alimentés intraplaque par un magma basaltique à basanitique. Ce volcanisme est induit par un point chaud actif situé à 100 km. sous la ville.

Les 20.000 ans passées ont connus 19 éruptions, la plus récente, il y a 600 ans, concernant Rangitoto. Cette île de 6 km. de large s’est formée au cours du dernier millénaire et consiste en de multiples cônes de scories qui couvrent un volcan-bouclier bas.

La plupart de ces volcans ont aujourd’hui été exploités sous forme de carrières ou transformés en parc ou base de loisirs. Ces structures monogéniques (*) ne redeviendront pas actives, mais le champ volcanique lui-même est "jeune et toujours actif" !

 

6040134_600x400.jpg               Auckland - un cône de scories exploité au milieu de la ville - Auteur non référencé

 

Mt-Eden--Auckland---GNS.jpg             Auckland - le Mt. Eden ... un cône de scories et son cratère dans la ville ! - photo GNS.

 

Rangitoto_Island-fromNorth_Head---Ingolfson.jpg                          Rangitoto est visible depuis Auckland  - photo Ingolfson

 


L’étude de la Massey University  a permis aux autorités locales d’identifier les zones à hauts risques.

L’analyse topographique a permis de mesurer la longueur maximale atteinte par les coulées de 15 volcans majeurs. Dans la partie nord et centrale du champ, les coulées pourraient être canalisées par les accidents du paysage, laissant la majorité des dorsales hors d’atteinte. Au sud , elles pourraient par contre couler plus librement sur un terrain plus plat. La longueur moyenne des coulées typiques d’Auckland est de 2.500 m. - 6.500 m. pour le Mt Wellington - et l’épaisseur peut varier de 80 m. à One Tree Hill, à plus de 180 m. à Rangitoto.

 

LavaAuckland_v1-copie.gifCarte simplifiée des sites étudiés et de la direction potentielle des coulées de lave - doc. du New Zealand Herald.

 

La localisation du site d’une future éruption ne pourra se faire que quelques jours, si pas quelques heures avant celle-ci. La détermination des zones à hauts risques ne peut donc prendre en compte comme "points chauds" que les dépressions principales, où il est vraisemblable que les coulées se produiront.

Le DEVORA – Detremining VolcanicRisk in Auckland – a inclus ces données dans ses plans et prédit , dans le cas d’une éruption majeure, des dommages significatifs aux infrastructures, la fermeture de l’aéroport, et des pertes pour un montant estimé à plus de deux milliards de dollars. 

 

Auckland et ses habitants sont assis sur une poudrière !

 

6040126_600x400.jpg                                        Auckland - des volcans dans la ville - le Mt. Mangere

 

(*) : un volcan monogénique est un volcan qui se forme au cours d'une seule et unique éruption.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Auckland field

- GNS - Auckland volcanic field

- GNS - Auckland volcanic field geology - link

- LiDAR-based quantification of lava flow susceptibility in the city of Auckland - NZ - by G.Kereszturi & al.

- The New Zealand Herald - 500.000 people in lava's line of fire - 23.08.12

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le 18 août était le 20° anniversaire d’une des dernières éruptions du Mont Spurr . Trois éruptions similaires en intensité ont marqué l’évent de flanc Crater Peak du stratovolcan Spurr, situé à l’extrémité nord-est de l’arc volcanique des Aléoutiennes au cours de l'année 1992.

 

Spurr-18.08.1992---Game-McGimsey--2-AVO-USGS.jpg                   Mt. Spurr - éruption du 18.08.1992 - photo Game McGimsey / AVO-USGS

 

Le Mont Spurr :

Le plus haut volcan des Aléoutiennes culmine à 3.374 mètres au niveau du dôme de lave qui s’est construit au centre d’une caldeira en fer-à cheval de 5 km. de large, ouverte vers le sud.

Cette caldeira s’est formée  suite à un effondrement associé à une avalanche de débris et des coulées pyroclastiques, daté de la fin du Pléistocène / début Holocène.

L’avalanche de débris a parcouru plus de 25 km. en direction du sud-est, déposant des blocs atteignant 100 mètres de diamètre. La caldeira abrite divers cônes de dômes post-caldeira.

L’évent le plus récent, Crater Peak, s’est formé sur le côté ébréché sud de la caldeira, il culmine à 2.309 m. et est responsable d’au moins 40 dépôts de tephra identifiés au cours de l’holocène.

Anchorage a été touché par les cendres émises par les éruptions de Crater Peak en 1953 et 1992.

 

Deposit-of-1992-eruptions-of-craterpeak-vent-Mt-Spurr01.jpg                       Le Mt. Spurr - Photograph by Austin Post, September 4, 1996.

 

Crater-Peal-et-sommet-du-Spurr---08.2011-Kern-christoph-AVO.JPG         Crater Peak et le sommet du Mt. Spurr - en août 2011 / photo Kern Cristoph / AVO-USGS

 

Spurr-localisation--AVO.jpg                                     Localisation du Mt. Spurr - carte AVO-USGS.

 

Les éruptions de 1992 :

Datées respectivement du 27 juin, du 18 août et des 16-17 septembre 1992 , ces éruptions de type vulcanien à subplinien ont produit des colonnes éruptives de plus de 14 km. de hauteur et ont duré 3,5 à 4 heures.

 

Deposit-of-1992-eruptions-of-craterpeak-vent-Mt-Spurr13.jpg Zones de dépôts de tephra en provenance des panaches émis respectivement le 27.06.92, le 18.08.1992 et les 16-17.09.1992, par les éruptions du Mt. Spurr - Doc. McGimsey / AVO - réf. en sources.

 

- L’éruption du 27 juin a émis un nuage de cendres qui a concerné un secteur au nord du volcan, recouvrant la chaîne montagneuse en Alaska.

 

Spurr-28.06.92---C.Nye-AVO-Alaskan-division-GGS.jpgCrater Peak / Mt. Spurr - Le cratère dégaze abondamment après l'éruption du 27.06 - l'intérieur du cratère est couvert de dépôts pyroclastiqques et le lac a disparu - photo du 28.06.1992 par C. Nye / Alaska Volcano Observatory / Alaska Division of Geological & Geophysical Surveys.

 

Spurr-18.08.92---Game-Mc-Gimsey-AVO.jpgLe panache de l'éruption du Mt. Spurr / évent Crater Peak, le 18.08.1992 - photo Game McGimsey / AVO-USGS.

 

- Seules 8 minutes d’une sismicité un peu au dessus de la normale ont précédé une éruption explosive le 18 août, signalée à 15h48 par un pilote d’avion. Divers témoignages de pilotes signalent des cendres émises durant la demi-heure suivant l’explosion. La sismicité augmente fortement à 16h41 et à 16h45, le radar du NOAA détecte un panache s’élevant à plus de 11.000 mètres.

Un survol par l’AVO une heure après le début de l’activité permet d’attribuer celle-ci à Crater Peak. La zone sommitale est dégagée, mais des nuages de cendres noires, secoués de pulsations, percent la couverture de nuages à 2400 m. d’altitude.

A partir de 18h41, le système de détection de l’AVO comptabilise 171 éclairs en une heure. La sismicité redescend vers 20h et la phase principale de l’éruption est considérée comme terminée vers 20h20.

Les données satellites confirment une altitude max. du panache à 13.500 m.

 

19.08.12-Spurr-vis.-et-IR---NOAA.jpg

               19.08.1992 - image du nuage de cendres par le NOAA, dans le visible et l'infra-rouge.


spurr-ejecta-circling-the-globe---Nasa-space-shuttle--92.jpgLe nuage de cendres du Mt. Spurr dans son voyage circum-polaire - photo Nasa Space Shuttle 1992

 

Le nuage de cendres de l’éruption du 18 août s’est dirigé vers le sud-est , atteignant Anchorage, puis la côté sud-est du Golfe d’Alaska.

L’aéroport international d’Anchorage a été fermé durant 20 heures, et les vols suspendus aussi aux bases de l’air force d’Elmendorf et Merill Field, et les habitants cloîtrés chez eux. Des restrictions aériennes concernent les 50 km. autour du volcan.

 

- Le panache des 16-17 septembre s’est dirigé vers l’est et le Yukon au Canada.

 

SatelliteSpurr 92Déplacement du nuage entre le 17.09 et le 20.09.1992 - carte de David Schneider, Michigan Technological University.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Spurr

- U.S. GEOLOGICAL SURVEY - Areal Distribution, Thickness, Mass, Volume, and Grain Size of Tephra-Fall Deposits from the 1992 Eruptions of Crater Peak Vent, Mt. Spurr Volcano, Alaska - By Robert G. McGimsey, Christina A. Neal, and Colleen M. Riley.

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Publié le par Bernard Duyck
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Geomunoreum-lava-tube---world-heritage.jpg

                Corée du sud - Geomunoreum lava tube system - photo Unesco world heritage

 

Le volcanisme de Jeju-do (Cheju-do), île située au sud de la péninsule Coréenne, peut être différencié en cinq grandes périodes, d'après Anne-Marie Marabal-Gonzales, volcanologue et correspondante de L.A.V.E. (Revue L.A.V.E. 135 - novembre 2008)

- la mise en place des formations basales de l'île se fait entre - 2,6 et - 1,2 Ma. Des affleurements sont visibles au niveau des falaises prismées.

 

 

Part-of-the-Jusangjeolli-Cliff-Jungmun-Seogwipo-si----Marti.jpg         Jeju-do - partie de Jusangjedli cliff, falaises basaltiques prismées - photo Martin Chen.


- l'édification de Jeju-do au quaternaire entre - 1,6 Ma et - 700.000 ans.

- la mise en place des formations volcaniques côtières, entre -700.000 et - 300.000 ans. Des laves basaltiques fluides ont édifié des plateaux qui ont recouvert les formations plus anciennes.

 

 

Hallasan---K.Goncalves-tripadvisor.jpg                                       Le massif Halla-san - photo K.Goncalves / tripadvisor.

 

Halasan---lacs-de-cratere---Richardfabi.jpg                        Halla-san , le cratère est partiellement occupé par un lac - photo Richardfabi.


- l'édification du volcan-bouclier Halla-san , entre - 300.000 et - 100.000 ans.

Les premières émissions ont recouvert les zones côtières est et ouest, puis l'activité effusive s'est restreinte au secteur du Baengnokdam, le cratère sommital du Halla-san.

 

 

Son sommet, qui culmine à 1950 m., est tronqué par un cratère de 400 m. de large. Ses flancs sont ponctués de centaines de cônes de scories parasites, et de quelques cônes de tuff, anneaux de tuff et dômes de lave.

Les cônes parasites sont appelés localement " oreum ".

La végétation couvre les coulées, allant d’une forêt de conifères à l’étage sub-alpin, où domine le sapin endémique coréen, à une une forêt de feuillus à feuilles caduques, avec une majorité de chêne de Mongolie.

 

map-geomunoreum-system1.jpg             Ile de Jeju - situation du Geomunoreum lava tube system - carte Yun / AGU meetings.

 

De nombreux tunnels de lave, au nombre d’environ 120, sont présents, dont un ensemble fameux, le Geomunoreum lava tube system, situé dans la partie nord-est de l’île.

Ce vaste système couvre 22.367 km² , et est divisé en :

- une série de tunnels principaux : Utsanjeun-gul, Bukoreum-gul, Daerim-donggul, Manjang-gul, Gimnyeong-gul, Yongcheon-donggul, Namjimi-donggul and Dangcheomul-donggul lava tube

- un réseau complexe de petits tunnels de lave : le Bengdwigul lava tube

- et une série de tunnels unitaires : Bilemot-gul, Gaeusaem-gul lava tube.

 

La source des coulées de lave à l’origine de ces tunnels est le cône de scorie Geomunoreum, formé entre il y a 300.000 et 100.000 ans.

 

 

Le tunnel Manjang-gul fait partie du groupe de tunnels principaux .

Un tunnel conventionnel s’est d’abord formé ; ensuite, la coulée de lave est passé au travers du tunnel initial. La surface de la lave s’est solidifiée pour former le plancher du niveau supérieur du tunnel ; la lave fut ensuite drainée pour former le niveau inférieur du tunnel. Son flot continu a causé une forte érosion du plancher et une accrétion de lave épaisse sur le toit du tunnel. Une nouvelle arrivée de lave dans le tunnel inférieur a formé une colonne au sein du tunnel.

 

Manjanggul_Lava_tube-Jeju-isl.-S.Korea---Gary-Cycles.jpg              Geomunoreum lava tube system  -  Manjang-gul lava tube - photo Gary Cycle

 

Manjanggul_Lava_Tower---Korea---Shane-Porter.jpg Geomunoreum lava tube system Manjang-gul lava tube : colonne de lave entre les deux niveaux - photo Shane Porter

 

Le tunnel Bengdwigul forme un véritable labyrinthe de 4.481 m. de longueur, et pour les géologues, constitue un exemple inestimable, pour la démonstration de la façon dont la lave peut s’écouler à la surface du sol et des routes complexes que peut former un tunnel de lave en sous-sol.

Ce réseau est très proche de la surface, et percé de nombreux skylights, autant d'entrées possibles … il est malheureusement fermé au public.

On y retrouve des chambres à double et triple niveaux, des colonnes de lave et des ponts.

 

Bengdwigul-cave---visitkorea.jpg                   Geomunoreum lava tube system - Bengwidul lava tube - photo visitkorea

 

 

 

Sources :

- AGU meetings : The Geomunoreum Lava Tube System in the northeastern Jeju Island, Koreaby Yun, S  /Dept Earth Sciences, Pusan Natl Univ, Busan, Republic of Korea  & al.

- Unesco - World Heritage proposition 2006 - Jeju island and the lava tubes

- Global Volcanism Program - Halla

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La ligne volcanique La Mecque- Medine – Nafud / Makkah-Madinah-Nafud volcanic line / plus simplement la ligne MMN:

 

A proximité du chemin de pèlerinage La Mecque-Médine, de jeunes volcans et les champs de lave associés forment une chaîne orientée nourd-sud dans l’ouest de l’arabie, longue de 600 km., la chaîne MMN. Cet ensemble est daté entre 10 Ma et les éruptions historiques.

Ces structures ne sont pas associées à l’ouverture de la Mer Rouge (axée NNO), mais sont représentatives d’un nouveau rift crustal orienté N-Squi a commencé à se former il y a seulement 10 millions d’années.


harra sm          Les champs de lave Cénozoïques de la MMN - les Harrats - carte Saudicaves / Jack Roobol

 

De grands champs de lave ponctuent cette chaîne

- le champ de lave Harrat Rahat couvre 20.000 km², et contient 644 cônes de scories, 36 volcans- boucliers et 24 dômes.

- les champs coalescents Harrat Khaybar, Ithnayn et Kura, ensemble, couvrent une surface de 20.560 km², et abritent 327 cônes de scories, 46 volcans-boucliers basaltiques, 20 dômes, 5 cônes de tuff et un stratovolcan basaltique : le Jebel Q'idr.

 

harrat-khaybar---arabie-saoudite.jpg           Arabie Saoudite - les volcans et les coulées de lave de l'Harrat Khaybar - photo Nasa

 

Les basaltes formés dans ce contexte de rift sont des basaltes alcalins différenciés, avec une teneur faible en Na et K. On les nomme : AOB, alkali olivine basalt ; hawaiite ; mugearite ; benmoréite ; trachyte et comendite.

En contraste, les basaltes des champs de lave situés de chaque côté de la ligne MMN sont fortement alcalins, plus primitifs et on y retrouve : des AOB ; basanite ; phonitéphrite ;téphiphonolite et phonolite.

 

On retrouve des tunnels de lave dans tous les harrats situés le long de toute chaîne MMN : trois unités stratigraphiques se distinguent.

La plus ancienne, caractérisée par de très grands volumes de lave contiennent de longs tunnels.

Avec l’évolution, les volumes deviennent plus petits et les coulées courtes.

Puis les volumes diminuent encore.

Ces unites stratigraphiques peuvent se superposer, la plus jeune ayant une aire réduite, la moyenne occupant une zone intermédiaire et la plus ancienne s’étendant plus loin de chaque côté.

 

Les tunnels de l’Harrat Kishb :

Ils appartiennent à la plus jeune unité stratigraphique, qui contient les tunnels les plus courts.

Le Jebel hil et son tunnel n’a que 2.000 ans , mais les coulées érodées adjacentes, et leurs tunnels, peuvent être âgés d’un million d’années. Les jeunes tunnels sont partiellement remplis de sable et débris ; les plus anciens, entre 5 et 10 Ma, ils sont érodés ou remplis de débris d’érosion.

 

Arabie-saoudite---Jebel-hill-lava-tube----saudicaves.jpg                     Arabie Saoudite - le tunnel de Jebel Hil - photo saudicaves.

 

PRELIMINARY-SURVEY-FOR-LAVA-TUBE-CAVES10.jpg   Arabie Saoudite - carte de l'Harrat Kishb - position et nature des évents - doc. Roobol & al.

 

L’Harrat Kishb est l’un des plus petit champ de lave d’Arabie Saoudite ; il mesure 5.890 km² et contient 162 cônes de scories, 1 bouclier, 9 dômes, 6 tuff rings et une large coulée. Les trois unités stratigraphiques sont représentées, mais les plus anciennes laves sont difficilement datables, car recouvertes de sels d’évaporation.

Ce petit champ de lave est renommé en Arabie à cause de l’abondance en nodules de peridotite présents dans la basalte. Ces nodules contiennent de grands cristaux d’olivine exploitables en joaillerie.

 

PRELIMINARY-SURVEY-FOR-LAVA-TUBE-CAVES14.jpgArabie Saoudite - Jebel Hil lava tube - levées et marques dans le tunnel de lave - doc. Roobol & al.

 

Différents sites de tunnels reflètent leur formation dans trois parties différentes d’un flot de lave typique.

 

hform.jpggform.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

fform.jpg

Différents mécanismes de formation des tunnels de lave dans l'harrat Kishb - doc. J. Roobol / Saudicaves

 

Les plus grands sur Jebel Hil se sont formés à proximité de l’évent, façon la plus simple : la lave continue à couler au départ de l’évent nourricier … ce qui donne un long tunnel. (fig.39)

Plus à l’est de cette zone, au milieu de la coulée, le flot s’est divisé en entourant un ancien cône. Cette crête surmonte la coulée, et seule sa partie supérieure se draine pour former un tunnel de lave, suite à un effondrement ponctuel du toit. (fig.40)

Le troisième type ( fig.41) s’est formé au milieu d’une très longue coulée de lave pahoehoe recouverte d’un toit fin. La propagation de la coulée peut aspirer une portion de toit, pour former une entrée d’air en entonnoir et former un tunnel de lave seulement à partir de ce point de la pente ; c’est le cas de Dahl Faisal.

 

Ces tunnels de lave ont été occupés par des humains, qui y ont laissé des pétroglyphes montrant des chameaux, des autruches, accompagnés d'écritures nabatéennes, et des artefacts, tels des batons de jet recourbés (boomerangs).

Ils le sont toujours par de nombreuses chauve-souris, responsables de stalagmites de guano, les "guanomites", d'une hauteur d'homme.

 

PRELIMINARY-SURVEY-FOR-LAVA-TUBE-CAVES18-copie.jpgFigures fantomatiques de chauve-souris à l'entrée de Ghostly cave, la bien nommée - doc. in Roobol


Sources :

- Vulcanospeleology in Saudi Arabia - by John J. Pint

- Preliminary survey for lava tube caves on Harrat Kishb, Kingdom of Saudi Arabia - By roobol, JJ.Pint & al. - link

 - The lava fields of Saudi Arabia and the formation of the Kishb lava tubes – by Jack Roobol

- Preliminary survey for lava-tube caves on Harrat Kishb, Kingdom of Saudi Arabia - Roobol, M.J., Pint, J.J., Al-Shanti, M.A., Al-Juaid, A.J., Al-Amoudi, S.A. and Pint S., with the collaboration of Al-Eisa, A.M., Allam, F., Al-Sulaimani, G.S. and Banakhar A.S., 2002.

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Publié le par Bernard Duyck
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Reykjanes-lava-fileds---Talba-Flickr.jpg

        Champs de lave de la péninsule de Reykjanes - Reykjanes lava fields - photo Talba / Flickr


La péninsule de Reykjanes, formant l'extrémité sud-ouest de l'Islande contient plusieurs grands champs de lave, tous parcourus de tunnels de lave, rapidement accessibles compte tenu de leur proximité avec l'aéroport et la capitale.

 

F1.large.jpg

 

   Péninsule de Reykjanes -  tectonique - champs de lave et zones de haute température doc. ISOR

 

Le champ de lave Leitahraun, situé dans la péninsule de Reykjanes, provient des cratères Leiti, au sud-ouest des Blue Mountains. Une partie de la lave s’est écoulée vers la mer , vers l’anse Ellidaarvogur, s’étalant par endroit. Les pseudocratères Raudholar, proche de la capitale, font partie de ce champ de lave. Il est daté d’il y a  5.500 ans

Le champ de lave Svinahraun recouvre le Leitahraun entre Daugahlidar et Threngsli.

 

Leitahraun-L.F.---Steve-s-wildlife-Flickr.jpg        Péninsule de Reykjanes - le champ de lave Leitahraun - photo steve's wildlive / Flickr

 

 C’est dans ces coulées que s’est établie Raufarholshellir (Split mound cave). Ce tunnel, très accessible et à moins d’une heure de Reykjavik, est daté d’environ 5.000 ans. Sa longueur estimée est de 1.360 m., sa largeur varie de 10 à 30 m. pour un hauteur d’une dizaine de mètres.

Sa visite est conseillée l’été ; en hiver, une pellicule de glace rend la progression hasardeuse. La visite est facile dans les portions sans effondrement ; la partie distale se sépare en trois tunnels scellés dans la coulée Leitahraun.

 

Raufarholshellir---extremeiceland.jpg                   Raufarholshellir - cascade de lave figée - photo extreme iceland


Dans le même champ de lave, le tunnel Búri a été découvert en mai 2005 par le volcano-spéléologue Björn Hróarsson.

Formé lors d’une éruption massive, le tunnel de lave possède des mensurations à sa hauteur : 1.025 m. de longueur, diamètre 10 mètres, et surtout une fosse terminale profonde de 17 mètres, considérée comme le plus grand gouffre de  sur terre.

Mais elle se mérite : depuis la route, une heure de marche est nécessaire pour y accéder par une entrée très étroite, une chatière à la verticale … mais qui ouvre sur une grande salle couverte en hiver de stalactites et stalagmites de glace. Parcourir cette salle et en escalader sa pente de glace nécessite une excellente condition physique. Pour accéder au fond du gouffre, la maîtrise des techniques de descente en rappel ou sur des échelles de spéléo est indispensable.

 

buri-lava-tube--3---extremeiceland.jpg                     Péninsule de Reykjanes - Buri lava tube - photo extreme iceland

 

Buri lava tube - Steve's wildlife Flickr

  Péninsule de Reykjanes - Buri lava tube : stalactites de lave et marques sur les parois - photo Steve's wildlife / Flickr.

 

Buri-lava-tube-2---extremeiceland.jpgPéninsule de Reykjanes - Buri lava tube -  stalactites et stalagmites de glace en hiver - avec l'aimable autorisation de Michel Detay.


 

Buri-lava-falls---hole---Karl-Paalson-2011.jpg               Péninsule de Reykjanes - Buri lava falls et le puit vertical - photo Karl Palsson

                    (voir aussi les spectaculaires photos de M. Detay)


Le champ de lave Tvibollahraun contient lui aussi de nombreux tunnels de lave, dont le plus représentatif est Floki, littéralement "le tunnel emmêlé".

Accessible après une marche de trente minutes, ce tunnel fait 1.096 mètres de long. Il est souhaitable de prendre un guide car, en raison d’une topographie complexe, il est facile d’y errer durant des heures.

Un équipement minimum est nécessaire, incluant combinaison et genouillères … par place, on peut s’y tenir debout, mais en d’autres endroits, il faut ramper.

On y trouve d’étranges figures d’étirement, évoquant avec un peu d’imagination des créatures fantastiques (dinosaures ou crocodiles) , certaines bien colorées de rouge.

 

Floki-06-extremeiceland.jpg                        Tvibollahraun lava field - Floki lava tube - photo extreme iceland

 

Tvibollahraun-lava-field---Floki-tube-close-up---extremeice.jpg     Tvibollahraun lava field - Floki lava tube - détail des étirements ...  - photo extreme iceland

 

Je cite Ferlir pour son exceptionnelle coulée de lave multicolore, unique au monde.

Cette  superposition de coulées de couleurs différentes a été rarement observée, car ce tunnel n’est pas cartographié et constitue sur plusieurs étages, un véritable labyrinthe; elle proviendrait d’un rétro-drainage d’une poche de lave vers le tube principal. Différents états de maturation, des vitesses de refroidissement et des états d’oxydation différents sont à l’origine des couleurs franches superposées, jaune, orange, verte, rouge.

Je vous réfère à la description de Michel Detay, dans son article de l’ENS (figure 16) ou dans la revue L.A.V.E.

 

Sources :

- Extreme Iceland - Caving in Iceland - link

- Icelandic lava tube / Flickr - photos de Michel Detay - link

- ENS Lyon - Les tunnels de lave islandais, leurs exceptionnels spéléothèmes et leur festival de couleurs - par M. Detay - link

- Revue L.A.V.E. 148 / janvier 2011 : Volcanospéléologie en Islande - perspectives scientifiques et émergence du géotourisme.

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Publié le par Bernard Duyck
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Les champs de lave islandais sont nombreux et étendus … ce qui laisse supposer un grand nombre de tunnels de lave au sein de ceux-ci ; on en connaît actuellement plus de 500, dont le données sont compilées dans " Islenskir Hellar " un ouvrage de 2006 du géologue et volcano-spéléologue Björn Hroarsson,  mais beaucoup restent encore à découvrir !

 

 

Surtshellir-cave---2---west.is.jpg                      Islande - tunnel de lave Surtshellir - photo West Iceland

 

Connus depuis longtemps, mais expliqués depuis peu :

Les premières références apparaissent dans les sagas dès le 13° siècle : Codex_Regius_-_Voluspa.JPGdans le Völuspa, les prédictions de la voyante, un poème cosmogonique et eschatologique de la mythologie scandinave, on attribue le nom de la grotte de Surtshellir à Surtur, prince noir et équivalent de notre Vulcain ; la grotte était habitée par des " géants de feu " régnant sur l’Islande.

Photo du Codex Regius - le Völupsa.


  Giants and Freia - Arthur Rackham 1867-1939

                       " Les géants de feu et Freia " - oeuvre de Arthur Rackman (1867 - 1939)


D’autres sagas le signale comme repère de bandits bannis de la société primitive de l’île. Trente trois tunnels de lave, dont sept dans l'Hallmundardhraun, ont été recensés comme contenant des traces d'occupation ou d'activité humaine depuis 874, date du premier établissement nordique sur l'île.

En 1772, des explorateurs islandais publient une carte de cette grotte.

Ces différents récits et cartes ont pu servir de référence à Jules Verne, pour son "Voyage au centre de la Terre" (1864) . Celui-ci fait preuve, une fois de plus, d’une stupéfiante clairvoyance en mettant ces paroles dans la bouche du Professeur Lidenbrock : " N’est-il pas évident que cette galerie (le passage emprunté en Islande au cours de voyage fantastique) a été autrefois le chemin des laves, et qu’alors, les matières éruptives y circulaient librement ? "  … à l’époque, les tunnels de lave n’étaient pas identifiés en tant que tels et leur mécanisme de formation restaient une énigme.

Ce n’est qu’au 20° siècle que les connaissances sur ces tunnels ont progressé.

 

Les tunnels du champ de lave Hallmundarhraun:

Ce champ abrite les plus grands tunnels islandais connus : on y dénombre une Hallmundarhaun.pngdouzaine de cavités, dont Víðgelmir, Surtshellir, and Stafanshellir.


Ces coulées de lave – 2 à 3 km³, couvrant 242 km² - sont liées à des éruptions  datées entre 900 et 1050,  de cratères en bordure du glacier Langjökull ; deux cratères restent visibles, mais l’avancée du glacier a sans doute recouvert une fissure éruptive.

 

Surtshellir est le plus grand et le plus profond tunnel islandais, localisé en aval de l’écoulement.

Sa longueur est de 1.970 mètres et il possède cinq lucarnes.

Il est connu depuis la conquête de l’île par les Vikings. Les traces de son occupation humaine sont conservées au Musée national; en 2001, on y a retrouvé une habitation de pierres sèches, avec à côté, un fumier riche en os et une muraille de fortification massive, de 13 m. de long sur 2,5 m. de hauteur par place, à 100 m. à l'intérieur du tunnel en bord d'un skylight.

Sa notoriété est malheureusement liée à la destruction ou le prélèvement de nombreux spéléothèmes ( un spéléothème est en vulcano-spéléologie / vulcanologie l’équivalent de stalactites et stalagmites dans les grottes calcaires ) il provient d’une extrusion en goutte à goutte d’un magma partiellement cristallisé qui subit une baisse de température , passant de 1070 à 1000°C ( Allred & al.)

    

Surtshellir----Fred-Kamphues---Mill-House.jpg                             Islande - Surtshellir - photo Fred Kamphues / Mill House.

 

surtshellir---Aaron-Santucci-SmugMug.jpg  Islande - stalactites de glace dans le tunnel de lave Surtshellir -photo Aaron Santucci / SmugMug


Stefanshellir, situé dans un segment amont de la coulée, n’est séparé que de quelques dizaines à centaines de mètres du précédent, et devrait faire partie du même ensemble, qui approche les 3.500 m de longueur totale. Ce tunnel de lave, découvert dans les années 50,  fait 1.520 mètres de long, et complexe, s’oriente dans toutes les directions. Ses mensuations : 7 mètres de haut et 13 de large, avec un sol tantôt scoriacé,tantôt lisse. L’origine de la coulée dont il fait partie a été localisée à 26 km. en amont du tunnel.

 

Stefanshellir-05---extremeiceland.jpg                               Islande - Stefanshellir lava tube - photo extremeiceland

 

Víðgelmir est situé à 5 km. à vol d’oiseau et localisé à 33 km. du cratère qui lui a donné naissance. Ce tunnel mesure 1.585 m. de long, ; son diamètre maximum est de 16,5 m. pour un volume estimé à 150.000m³.

Un club de volcano-spéléologie a découvert un siphon gelé à 35 m. de l’entrée ; son niveau, gelé ou non, est conditionné par la température annuelle moyenne dans le tunnel. Il a été franchissable entre 1930 et 1960, date après laquelle il a gardé son actuel niveau.

En 1994, une porte métallique a été posée au premier retrécissement du tunnel pour protéger les spéléothèmes. L’accès et des visites guidées sont possible au départ de Fljótstunga.

 

vidgelmir--route-NE-Husafell---voyageenislande.free.fr.jpg               Islande - le tunnel de lave Víðgelmir - photo voyageenislande.free.fr

 

-Vidgelmir--Olikristinn-2007.jpg            Islande - le tunnel de lave Víðgelmir - photo Olikristin 2007


Un tunnel pour le moment inaccessible a été repéré en 2000 par magnétomètre et radar de pénétration de sol – RPS – de l’autre côté de la fermeture de Stefanshellir. Nommée Hulduhellir, la grotte cachée, il aurait une longueur de 350 mètres … ce qui ferait passer l’extension de l’ensemble à près de 5 km.

 

Sources :

- Lava caves in the Hallmundarhraun lava flow, Western iceland - by Björn Hroarsson and Sigurdur Jonsson - Icelandic speological society.

- Revue L.A.V.E. n°148 / janvier 2011 - Volcanospéléologie en Islande: perspectives scientifiques et émergence du géotourisme. - par M. Detay.

- Outlaws of Surtshellir cave : the underground economy of Viking age Iceland - by G. Olafsson & al.

- Surtshellir, a fortified outlaw cave in West Iceland - by Gudmundur Olafsson & al.

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Publié le par Bernard Duyck
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La Grotta Tre Livelli appartient à la coulée de lave de l'éruption principale de 1792.

L’éruption du 25 mai 1792 au 26 mai 1793 débuta par de violentes explosions sur le Piano del Lago suivies de formation d’une fissure et du pit crater de Cisternazza. La fracture s’est ensuite propagée jusqu’à la paroi extérieure sud de la Valle del Bove et a vomi des coulées de lave jusqu’aux portes de Zafferana, ensevelissant des terres agricoles.

 

Grotta-dei-tre-Livelli---2----Le-Taddarite.JPG   Etna - Grotta de Tre Livelli  - photo Associazone Naturalistica Speologistica La Taddarite

 

grotta-tre-Livelli----2---etnanatura.jpg         Etna - Grotta de Tre Livelli - communication entre deux niveaux - photo etna Natura

 

Le tunnel de lave Tre Livelli a été le principal canal de l’éruption 1792-93 ; sa longueur totale est de 1.150 mètres et son dénivelé de 304 m. La pente de ce tunnel est de 40°, ce qui est inhabituel dans ce domaine.

Son nom – Tre Livelli - dérive de la découverte de trois niveaux superposés, bien que sur un court tronçon seulement, près de l’entrée principale. Il ne fut découvert qu’en 1964, lors de travaux d’excavation de la route de Zafferana Aetnea vers le refuge Sapienza . On l’appelle aussi la Galerie des Pipistrelles, car sa cavité est fréquentée par de nombreuses chauves-souris.

 

La galerie supérieure , longue de 60 mètres, est étroite et une partie du plafond est formée d’une dalle de béton armé supportant la route : c’est une entrée artificielle le long des rails de sécurité, nommée Ingresso basso. Le tunnel de lave se développe en montée dans la Galleria a monte, puis la Galleria nuova, et en pente dans la Galleria a valle. Le tube médian est plus large que le supérieur et caractérisé par de nombreux blocs sur son plancher. Le passage d’un niveau à un autre nécessite des échelles de spéléo, ou des cordes …mais la visite guidée reste possible sans connaissances particulières des techniques de spéléologie.

D’autres endroits plus étroits et plus bas nécessitent cependant de ramper … un équipement minimum est fourni par les guides. De bonnes bottines sont nécessaires en raison de la présence de laves aa .

Une visite complète nécessite 4 heures.

 

 

 

 

La Grotta di Cassone :

Située à 1400 mètres, sur le versant sud , dans la localité de Piano del Vescovo, elle appartient à la coulée de lave de l’éruption 1792-93.

 

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                              Etna - Grotta del Cassone - entrée - photo Etna natura

 

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                                        Etna - Grotta del Cassone - photo Etna natura

 

 

 

 

La Grotta de Monte Nunziata :

Faisant partie d'une autre éruption et coulée, mais pour compléter l'explication de la vidéo ci-dessus ...

Sur le versant ouest de Monte Nunziata, entre le refuge de Poggio La Caccia et le monte Scavo, la coulée de l’éruption de 1832 abrite ce tunnel de lave, dont l’entrée laisse apercevoir une superposition de débordements répétés de lave.

Elle était utilisée par les habitants de Bronte, qui, jadis, la remplissaient de neige l’hiver pour confectionner une provision de glace pour l’été.

 

Sources :

- Ten of the most ntersting caves on Mount Etna – by R.Bonaccorso and R.Maugeri / 9° symposium of vulcanospeleology

- Etna adventure - speleologia - link

- Etna natura - Contrada Cassone - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Notre plus grand volcan Européen, l’Etna, présente aussi des tunnels de lave, appelés ici "Grotta", dont les plus beaux sont à mettre en relation avec ...

 

l’éruption de 1614-1624 :

La plus longue et le plus volumineuse éruption de l’Etna fut une éruption latérale effusive, qui a duré une dizaine d’années et a émis deux kilomètres cubes de lave qui se sont répartis sur plus de 15 km², avec une accumulation sur des dizaines de mètres d’épaisseur, voir 200 à 300 mètres par endroit.

Cette effusion de laves fluides, pahoehoe, présente des tumulus de lave de 10 à 20 mètres de haut, dont le sommet est couvert de petites coulées qui ont dégouliné de ces dômes.

 

Etna-Due-Pizzi---Panoramio-Rosbar.jpgEtna nord - les "Due Pizzi", deux hornitos source de l'éruption et des coulées - photo Rosbar / Panoramio


La source éruptive serait, selon Guy Kieffer (1973), les Due Pizzi, deux hornitos situés sur le flanc nord à 2.515 mètres d’altitude. La lave a été véhiculée au sein de nombreux tunnels pour ne ressortir qu’à environ 1.000 mètres d’altitude.

 

Passo-Dammusi---Etna-tracking-copie.jpg          Etna - le Passo Dammusi et ses laves cordées de la coulée 1614-1624 - photo etna trekking.


Deux exemples spectaculaires : la Grotta del Gelo – la grotte de glace et la Grotta dei Lamponi – la grotte aux framboises.


La Reine des grottes – la Grotta del Gelo.

 

Située sur le flanc nord-ouest de l’Etna, à 2.043 m. au dessus du niveau marin, La Grotta del Gelo est le tunnel de lave le plus spectaculaire du champ de lave.

 

Grotta-del-Gelo----Esterno_della_grotta.jpg

               Etna - entrée de la Grotta del Gelo - photo Marcoetna / EtnaWalk / Wikipedia

 

Etna-nord---grotta-del-Gelo---guidetnanord.jpg

 Etna - Grotta del Gelo : stalactites de glace dans un tunnel de lave -photo Gruppo guide etna nord

 

Grotta-del-Gelo----Gruppo-guide-etna-nord.jpg  Etna - Grotta del Gelo : étranges stalagmites bulbeuses  -photo Gruppo guide etna nord


Il contient un "glacier" pérenne d’une centaine de mètres de long qui couvre son plancher. Même au sein de l’été, la température ne s’élève pas au dessus de -6°C à l’intérieur du tunnel, alors que la température des parties proches de l’entrée est soumise à l’atmosphère extérieure.

Les glaciers comme ceux-ci peuvent se produire dans des grottes, même si la température moyenne de l'air reste bien au-dessus de zéro degré Celsius, si l'entrée de la grotte est à une température supérieure à la grotte elle-même. En hiver, l'air froid, plus lourd,  s'accumule dans la grotte et ne peut pas sortir pendant l'été en raison de sa densité. Évidemment l'eau de pluie doit s'écouler dans la grotte pour former la masse de glace en hiver. Même si elles sont appelées "glacier" au niveau local, ils ne sont pas considérés comme véritables glaciers dans le sens scientifique du terme, qui couvrent des surfaces plus importantes et montrent des signes évidents de mouvement (par exemple, fissures) sous l'influence de la gravité.

 

Grotta-del-Gelo---ruisellement--SOL.jpgEtna - Grotta del Gelo : ruissellement d'eau sur la glace - photo Stromboli on line / Ice cave on Etna : the last "glacier" in Sicily - un clic sur la photo vous fait accéder à la page.

 

Ces dernières années, on constate une perte de glace intérieure, due en partie au passage à proximité de l’éruption de 1981, en partie à un possible réchauffement lié à une trop grande fréquentation touristique. Depuis les années 90, sa température est sous le contrôle des experts du Centre volcanologique de Catania, grâce à des capteurs informatisés.

 

De réelles qualités d’endurance sont nécessaires pour y accéder, puisqu’il faut traverser les champs de lave sur plusieurs kilomètres, puis y descendre sécurisé par une corde et des crampons aux pieds.

 

 

 

L'exploitation ancienne de la glace présente dans le tunnel a été fixée par Houël, graveur et peintre Français, au 18° siècle.

 

Houel-18----grotta-del-gelo.jpg                    Gravure de J.P. Houël - exploitation de la glace dans la Grotta del Gelo.

 

La Grotta di Lamponi :


Située à 1.745 m. au dessus du niveau marin, ce tunnel de lave présente une ventilation et un  bel éclairage naturels, dus aux nombreux skylights.

 

Etna---Grotta-di-lamponi---speleoclubibleo.jpg            Etna - Un des skylights de la Grotta dei Lamponi - photo Spéléo Club Ibléo


Deux branches le caractérisent, se développant sur environ 700 mètres : l’une de 300 m. de long sans ouvertures est parsemée de gros blocs et aboutit à une vaste salle ; l’autre, plus longue, est percée de trois lucarnes. De bonnes conditions d’éclairage font découvrir un tunnel quasi circulaire, aux côtés marqués par des banquettes témoignant du niveau de la lave et un plafond constellé de gouttes de lave.  

 

Etna---Grotta-dei-lamponi-2---etnanatura.jpg                           Etna - Grotta dei Lamponi - photo Etna natura

 

Sources : 

- Parco dell'Etna - Monitoraggio della Grotta del Gelo - link

- Stromboli on line - Ice cave on Etna : the last "glacier" in Sicily - link  

- Etna Walk - Grotta el Gelo e Grotta dei Lamponi - photos 

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