Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Petite "mise en bouche" ...

 

 

 

Philippe Audra, docteur en géographie au laboratoire de géo-écologie alpine et méditerranéenne de l’Université de Nice-Sophia Antipolis, est l’auteur d’un "inventaire préliminaire des cavernes de l’île de la Réunion". Il a recensé environ 80 structures volcaniques associées aux coulées basaltiques, dont 18 tunnels de plus de 100 mètres , le plus important atteignant près de deux kilomètres, pour des dénivelés compris entre 50 et 100 mètres.

 

Tunnel_de_lave---ph.-RV.JPG                  La Réunion - petits tunnels de lave de taille décimétrique - photo RV.

 

Reunion_PitonChisny_LavaTube---B.Navez.JPGLa Réunion - massif de La Fournaise - un tunnel un peu plus grand dans une coulée du Piton Chisny - photo B. Navez


A La Réunion, ces tunnels portent des noms exotiques : cavernes Bateau, trou de la Plaine-des-Palmistes, caverne des Fées, caverne du Brûlé de Citrons-Galets, grotte des Salanganes, grotte du Bernica, Le Trou d’Eau, Caverne de la ravine Fleurimont, trou du sentier de Piton Textor, caverne de la ravine Saint-François, caverne aval du Pylône, caverne des Quatre-Voies, caverne du Butor, cavernes de la Rivière-des-Remparts, caverne nord du chemin Bruniquel, caverne du Nez-de-Bœuf, grotte du Guano, caverne du Vieux Fusil et caverne sud du Chemin Bruniquel.


tunnel_lave-effondrement-routier---BRGM.jpgLa plupart des tunnels de lave du Piton de La Fournaise ont été découverts lors des chantiers de terrassement réalisés dans le cadre de travaux de construction. Ils sont causes d'effondrements répétés de la route côtière RN 2.

 

Tunnel de lave et effondrement routier - Doc. BRGM / La Réunion.


Parmi ceux-ci, quelques mots sur les structures majeures associées à des coulées d’âges divers : la Caverne de Citrons-Galets dans la coulée de 1800, la caverne Bateau, et le tunnel de la coulée de 2004.


Le tunnel de Citron-Galets (ou caverne du Brûlé de Citrons-Galets) :

L’éruption de Citron-Galets qui s’est produite entre le 2 et le 8 novembre 1800, nous est révélée par Bory de saint-Vincent et Alfred Lacroix, sur base des notes de Joseph-Henri Hubert, agriculteur à Saint-Benoit et guide de Bory, en son temps :

L’éruption qui s’est fait une issue au dehors de l’enclos, à peu près vers les sources des ravines des Citrons-Galets et du Tremblet, a eu lieu le 2 novembre 1800 et est parvenue à la mer, le 8 du même mois, à 9 heures du soir. La lave, en arrivant à la mer, tombait en cascades dans le lit de la ravine des Citrons-Galets, à soixante gaulettes - La gaulette était une ancienne unité de mesure de Bourbon et correspondait à 15 pieds de Roi, soit 4,875 mètres -  environ de celle du Tremblet par où la lave a aussi coulé, mais goutte-à-goutte et sans aller plus loin. (…) Il est impossible de décrire la cascade de lave de la ravine des Citrons-Galets ; cette cascade était un des spectacles majestueux et terribles qu’on ne peut rendre dans aucune langue. La lave tombait à plomb de 80 à 100 pieds de hauteur ; elle était divisée en trois courants de feu : celui du milieu d’un volume considérable, était aussi fluide que de l’eau. Les autres coulaient à peu près comme aurait fait le miel. "

 

citon-Galets---Tremblet---JP-Goursaud-Randopitons.jpg            La Réunion - tunnel des Citrons-Galets - photo JP. Gourseaud / Randopitons


circuit3.jpgL’éruption de Citron-Galets s’est faite par fentes excentriques sur les pentes extérieures du cône interne du volcan, à l’extérieur des remparts de Bois blanc et du Tremblet.

 

Carte de prospection du BRGM 2005.

 

Ce tunnel mesure 680 mètres de long pour une dénivellation de 94 mètres ; il présente par endroits un diamètre allant jusqu’à 4 mètres. S’y succèdent stalactites de lave, figures de flux, plancher en gratons.

 

tunnel_citron.jpg                    La Réunion - tunnel de Citron-Galets: entrée et structures - doc. BRGM

 

Citron-Galets-tube-imbrique-et-banquette---Speleologie.f.jpg            La Réunion - Tunnel de lave de Citron-Galet : tubes imbriqués et banquette de lave -

                                    photo Spéléologie.free.fr

 

tunnel-de-Citron-galets---BRGM.jpg

 

Il fait l’objet, comme la caverne Bateau, de projets d’aménagement en vue d’une ouverture au public … qui n’en finissent pas d’aboutir.

La polémique sur l’équipement des tunnels de La Réunion pose le problème de leur dangerosité : outre les risques d’effondrements, le manque d’aération est à l’origine des fortes teneurs en gaz toxiques dans l’air. Il pose aussi celui de leur préservation : ces structures magnifiques mais fragiles ne peuvent supporter un tourisme de masse. Eternel conflit entre sécurité et moyens de l’assurer … sans confiscation du site !


Pour l'anecdote : le citron galet - Citrus aurantifolia -  est un agrume épineux de la famille des Rutacées, originaire d’Inde, de petite taille, produisant un petit citron consommé vert.
Très juteux et parfumé, il est utilisé dans le punch et dans le rougail, où mélangé au piment, il accompagne la cuisine Réunionnaise.

 

Dossier-36-9737.jpgCarte simplifiée des structures du massif de LA Fournaise - par A. Demaison dans le livre de Krafft, réf. en sources.

 

La Caverne Bateau est le plus grand tunnel répertorié de l’île. Sous la Plaine des Cafres, son réseau atteint 1900 mètres. Elle est actuellement interdite d’accès !

Une carte et une description précises ont été faites en 1999, par Diego Coppola, étudiant de l’Université de Turin, en stage à l’Observatoire Volcanologique du Piton de La Fournaise … stalactites de lave, banquettes et tubes superposés s’y rencontrent au gré de la progression, parfois difficile.

 

Caverne-Bateau---Imazpress.jpg                                      La Réunion - Caverne Bateau - photo IMAZPress

 

Les hirondelles des Mascareignes, les salanganes, y ont établi quatre colonies pour un total de plus de cent nids, qui au vu des monticules de guano, ne datent pas d’hier … selon les ornithologues : " Le maintien des colonies de salanganes qui nichent dans les tunnels de lave du coteau de Brèdes représente un enjeu majeur de protection sur le site. Le caractère endémique de l’espèce, la spécificité de la population de la caverne Bateau par rapport aux autres colonies connues de la Réunion  - période de reproduction différée - justifient une protection forte et une vigilance particulière dans la définition des aménagements futurs et de la gestion mise en œuvre. Cependant, l’ouverture au public d’une partie des galeries n’est pas incompatible avec la tranquillité nécessaire à la reproduction de cette espèce. Des suivis réguliers devront être mis en place pour attester de cette compatibilité et le cas échéant prendre toutes mesures nécessaires à la conservation des colonies ".

 

Le décor minéral de la galerie n’en reste pas moins impressionnant. Au bout de quelques mètres, le tube de lave prend une forme régulière. La voûte s’arrondit, le sol est un chenal plat recouvert de lave cordée. À main gauche, s’ouvre une étrange banquette. La lave liquide qui a coulé 7000 ans plus tôt dans le tunnel s’est refroidie sur les côtés, laissant derrière elle ces étagères insolites. Plusieurs amoncellements de roche rappellent que la voûte s’effondre de temps en temps. À 150 mètres de l’entrée, la voûte est traversée par quelques rais de lumière.  Il faut ensuite jouer des coudes pour progresser. Le plafond d’un des couloirs est hérissé de stalactites. (description IMAZPress)

 

Le tunnel de la coulée 2004 :

Le tunnel de lave de la coulée d’août 2004 n’a fait pour l’instant l’objet d’aucun véritable relevé topographique. Mais les premières évaluations effectuées à l’aide d’un GPS en révèlent les dimensions : c'est le tunnel des superlatifs ! Il est le plus long connu à ce jour à La Réunion, avec un développement de 2.300 – 2.650 mètres, se prolongeant vraisemblablement en amont dans Les Grandes Pentes ; c’est aussi celui qui présente le plus grand dénivelé : 300-350 m. et le plus long tronçon aveugle, avec 1.400 mètres sans accès au jour.

 

Tunnel---serge-Gelabert---Mediatheque-orange-Reunion-tou.jpgLa Réunion - tunnel de lave 2004 : " le salon rouge" - photo Serge Gélabert / médiathèque Orange Réunion Tourisme

 

La-Reunion-coulee-2004---Gaetan-H.--citoyennedestpierre.jpg  La Réunion - tunnel de lave 2004 - photo Gaetan H. / Société citoyenne de St Philippe SCSP

 

Entre la terre et la lune … La Réunion .

Avec la conquête spatiale, les tunnels de lave sont considérés comme de potentiels abris pour les cosmonautes voulant s’établir sur La Lune ou Mars.

 

Dans ce cadre et pendant sept semaines, trois Cadets de l'Ecole de l'Air de Salon de Provence ont fait au SALM Sainte-Rose un stage pour la conception d'un " LTRF " (Lunar Tube Research Facility), une "cellule" de 7 m. de long et 2 m.50 de large, soit 17,5 m², un habitat - laboratoire à implanter temporairement dans un tunnel de lave de la coulée 2004 pour y simuler des conditions analogues à une future exploration souterraine lunaire voire martienne.... Un robot sera aussi utilisé pour reproduire la recherche et l’extraction d’éléments géologiques. Quand à nos astronautes chercheurs, ils seront en permanence en liaison avec l’extérieur, avec un moyen des plus classique, la 3G. Le but, y tenir un journal de bord, mais aussi rendre des comptes sur ce qui va, mais surtout ce qui ne va pas. La notion de sécurité a vraiment été mise en avant : une "sortie de secours" est intégré à la future cellule, ainsi que plusieurs interrupteurs pour mettre l’ensemble des équipements hors tension en cas de danger, mais l’extraction demeure le soucis principal, seule une brigade de pompiers est autorisée à intervenir dans les cavités des coulées de lave à La Réunion.

 

Un des derniers tunnels en date :

 

Grand-Brule---10.2007-Ph-M.Moreira-IPGP.jpgLa Réunion - prises de mesures par les équipes de l'IPGP sur un tunnel du Grand Brûlé  - photo M. Moreira 10.2007

 

Sources :

Des photos à voir sur :

- Ricaric - Canyoning et Tunnels de lave - link

- Face aux feux du volcan - photos de Christian Holveck - link

- Volcans Passion - le blog de Sylvie et Daniel Chereau - Tunnels de lave La Réunion - avec photos du Salon rouge / coulée 2004 de Thierry Sluys - link

 

- Au coeur de La Fournaise" par R. Bénard & M. Krafft - éd. Nourault & Bénard.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le mont Tongariro a été le siège d’une éruption le 6 août à 23h52.

Les satellites NOAA18 et 19 ont enregistré en infra-rouge le nuage de cendres ; ce nuage large de 15 km. et long de 25 km., présentait à son sommet une température de 54°C, à une altitude de 12 km. Le nuage a ensuite parcouru 250 km. en 4 heures.


07.08.12 tongariro

                      Première carte du NIWA, 39 minutes après l'éruption - en IR. - doc. NOAA


Les dernières éruptions du Tongariro concernaient le cratère Te Mari ; elles ont été répertoriées en 1869, 1892, 1896 - 1897.

 

tongariro-Mairi-crater---GeoNet.jpg         Massif du Tongariro / N.Z. - le cratère Te Mari est à l'avant-plan. - photo GNS


En 2012, l’éruption de cendres et roches a duré une trentaine de minutes, avec des explosions suivies de la formation d’un panache de cendres, et des éclairs, en provenance d’un évent dans le flanc nord de la montagne.Selon GNS, une couche de cendres de plusieurs centimètres recouvre la région proche ; cette cendre est déplacée par les vents en direction des villes de la côte, à 100 km.

 

Tongariro--2012.08-Adrift-outdoors-Guided-Tongariro-Alpine-.jpg

    Massif du Tongariro - premières photos par Adrift Outdoors - Guided tongariro alpine crossing.

 

Les premières photos prise par les guides d'Adrift outdoors semblent indiquer la présence de plusieurs évents.

 

Les volcanologues du Geonet indiquent que la crise sismique se poursuit sous le Tongariro mais de façon beaucoup moins intense désormais. Le nombre et l'intensité des secousses sont plus faibles qu'en juillet.

L’éruption n’a causé aucun dommage humain dans cette région désertique, sous réserve d’atteinte ponctuelle de randonneurs restés dans les refuges. Des équipes de secours ont été envoyées sur le Tongariro pour s'en assurer.


mt-tongariro-ash.jpg                      Premières photos de la région couverte de cendres - presse locale AAP/3News.nz

 

Elle a cependant causé l’évacuation de quelques résidents proches, par mesure de précaution, et la fermeture des routes. Il est demandé à la population de ne pas sortir, de garder portes et fenêtres fermées, et d'écouter les instructions à la radio. GNS a décrété le code aviation rouge, niveau le plus élevé, rabaissée ensuite à l’orange et Air New Zealand a supprimé ou retardé les vols domestiques vers des destinations proches de l’éruption. Aucun vol international n’a été affecté.

 

Sources:

- Agences de presse AP et AFP

- Radio New Zealand - link

- Niwa maps - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Gruta do Carvão est le plus long tunnel de lave de l’ile de São Miguel et s’étend sur 1912 m. Ce tunnel est divisé en trois sections ; la partie nord (Section de « Paim ») avec une longueur de 880.2 m, la partie sud (Section de « João do Rego ») d’une longueur de 300m et une section intermédiaire (Section du  « Séchoir de Tabac » ou de  « La rue de Lisbonne ») d’une longueur de 701.8 m. Cependant, selon quelques documents et dossiers anciens, il semblerait que sa longueur soit plus importante que celle répertoriée aujourd’hui. Elle est supposée être supérieure à 5km, allant de la ligne de côte jusqu’à proximité de la Serra Gorda dans la ville de Arrifes.  

Parmi les particularités de ce tunnel, la qualité de ses stalactites et stalagmites, certaines de ces dernières atteignant plus de 25 cm. de long, est à remarquer, ainsi que de longues sections de tunnels superposés, comprenant des dolines.

 

Gruta-do-Carvao---Acores----Por-Atalhos.JPG                   Açores - São Miguel - Gruta do Carvão -  photo Por Atalhos

 

Gruta-do-Carvao---Acores----Facebook-2---.jpg                   Açores - São Miguel - Gruta do Carvão -  photo page Faceook Gruta do Carvão


Située aux abords du « Complexe Volcanique des Pics » dans la région de São Miguel, cette région de volcanisme fissurale compte plus de 250 cônes de scories et de coulées de laves basaltiques, recouvrant grossièrement la zone entre Capelas et Ribeira Grande (Côte Nord) et entre Ponta Delgada et Lagoa (Côte Sud)). La grotte s’étend à l’intérieur même d’une longue coulée basaltique orientée N-S rejoignant la mer dans la partie Ouest de la ville de Ponta Delgada. La zone d’éruption principale est située dans la zone axiale du « Complexe Volcanique des Pics ».

 

Sao-Miguel-caves.jpg       São Miguel - localisation des tunnels de lave - en gris bleu, le Complexe volcanique des Pics

 

L’âge de ce tunnel est compris entre 5000 et 12000 ans selon la datation au Carbone 14 et selon l’analyse des dépôts de matières pyroclastiques (cendre et lapilli), probablement émis par le volcan de Sete Cidades ou celui de Fogo et recouvrant cette grotte.

 

Gruta-do-Carvao---Acores---azoresphotos.blogspot.be.JPG            Açores - São Miguel - Gruta do Carvão : stalactites oxydés - photo Azoresphoto.blogspot

 

Gruta-do-Carvao---Acores----Facebook-3---.jpg                      Açores - São Miguel - Gruta do Carvão - photo page Faceook Gruta do Carvão

 

Sur Terceira, quatre grands volcans sont situés sur une zone fissurale basaltique coupant l’île du NO au SE. : le Pico Alto, le Santa barbara, le Cinco Picos et le Guilherme Moniz. Associé directement à ce dernier volcan, l’Algar de Carvão.

Algar qualifie, en Portugais, une cavité naturelle d’orientation verticale, comme un puits … Algar do Carvão, traduit littéralement, signifie le puits de charbon, en rapport avec la couleur des roches foncées et non en fonction de sa composition.

 

Algar do carvao, gruta - Luis Silveira                              Açores - Terceira - Algar do Carvão : l'évent - photo Luis Silvera

 

volcan_algar_carvao_esquema.jpgvolcan_algar_carvao_esquema_1.jpg

 

 

 

 

 

 

Coupes de l'Algar do Carvão -doc. Os Montanheiros.

  terceira_algar_carvao.jpg                         Açores - Terceira - Algar do Carvão - photo du site officiel.


Au fond du puits, un petit lac d’eau claire comme du cristal, a longtemps retardé son exploration : la première descente dans ce trou sombre et vertical ne s’est faite qu’en 1893 ; la seconde en 1934 nous a fourni une sorte de carte de l’intérieur, un dessin basé sur des observations uniquement visuelles. En août 1963, on a descendu une plate-forme suspendue à des fils de nylon. Le site est aujourd’hui ouvert au public, de mai à septembre et uniquement en semaine (!), sous réservation auprès des Moutanheiros, l’organisation gérant l’Algar.

 

Terceira---gruta-das-agulhas---geocaching.jpg

                             Açores - Terceira -  La Gruta das Agulhas - photo Geocaching


Terceira---gruta-das-agulhas-2----geocaching.jpg                            Açores - Terceira -  La Gruta das Agulhas - photo Geocaching

 

La Gruta das Agulhas – la grotte des aiguilles – est localisée à Ponta dis Coelhos. Sa situation est particulière le long de la côte ; une coulée de lave fluide d’une éruption de l’Algar do Carvão s’est dirigée vers la mer , a atteint la côte, en y laissant une zone de roches noircies. Le tunnel possède de nombreuses ramifications formées par différents niveaux de différentes coulées de lave. Son nom provient de la présence d’une série de formations sédimentaires siliceuses, en forme d’aiguilles, recouvrant les parois et le toit du tunnel.

Une autre caractéristique est sa faune spécifique, parmi laquelle on compte un mille-pattes endémique des Açores, le Lithobius melanops, un acarien endémique, le Phthiracarus falciformis, un pseudo-scorpion, le Pseudoblothrus vulcanus, des puces de mer et des collemboles endémiques eux aussi. De vastes tapis de bactéries couvrent aussi les parois et le plancher.

 

Sources :

- Amigos dos Açores - associaçoa ecologica -link

-  Gruta do Carvão - Paim - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Acores----Pedro-Cardoso.jpg

                 Tunnel de lave - archipel des Açores - photo Pedro Cardoso


L’archipel des Açores possède plus de 270 "grottes volcaniques", distribuées partout sauf sur Corvo … sous ce vocable, on compte aussi bien les véritables tunnels de lave que les puits ou évents volcaniques verticaux.

 

repartition-des-tunnels-Acores.jpg

Distribution des "grottes volcaniques" dans l'Archipel des Açores - doc. AMIGOS DOS AÇORES /ASSOCIAÇÃO ECOLÓGICA.


Petit rappel tectonique :

L'archipel Açorien occupe une branche latérale de l'épine dorsale médio-atlantique, à proximité d'une jonction triple entre les plaques tectoniques nord-américaine, eurasienne et africaine.

La présence d'une large région de plancher marin en surélévation, associée à une croûte peu épaisse entre les seamounts du Great Meteor et la plate-forme des Açores sur la plaque Africaine, par rapport à des structures moins développées sur la plaque nord-américaine, penchent en faveur d'une genèse commune pour ces structures dérivant d'un point chaud.

Une interaction entre la dorsale et un point chaud a eu lieu il y a 85 millions d'années. Cette interaction a migré vers le nord le long de l'axe de faille suite aux mouvements de la plaque africaine vers le SSE, suivant une direction grossièrement parallèle à l'axe de la dorsale Médio-Atlantique.
La formation du plateau des Açores aurait débutée il y a 20 Ma, pour se finaliser il y a 7 Ma environ.
La géométrie et la distribution des petites structures insulaires sur le plateau est à mettre en relation avec des variations de production de matériaux fondus sous l'action du point chaud, avec une périodicité de 3 à 5 Ma.
L' ensemble du plateau, après la diminution de l'activité volcanique, a subi les effets du rifting de la dorsale médio-atlantique.

  

Geochimie-des-volcans-Faial--tectonique.jpgTectonique de l'archipel des Açores - microplaque des Açores et failles - rift de Terceira - doc. Nunes & al. 2006

 

 

 

 

L’île de Pico, la seconde plus grande de l’archipel des Açores, et l’une des plus récente – âgée de 300.000 ans – abrite le plus grand nombre de tunnels de lave, environ 80.

 

Pico---Gruta_das_Torres---MikeNorton.JPG                                Açores - Pico : Gruta das Torres - photo Mike Norton

 

Gruta_das_Torres_Lavacicles---Mike-norton.JPG          Açores - Pico : stalactites de lave au plafond de Gruta das Torres - photo Mike Norton


Grutta das Torres est un tunnel de lave situé sur les pentes ouest du volcan, formé dans une coulée pahoehoe originaire d'un cône parasite, le Cabeço Bravo, et datée de 500 à 1500 ans. Formée d'un groupe de tunnels de lave interconnectés et pas toujours faciles d'accès, cette zone, récemment découverte en 1990, a été décrétée "Monument national" en 2004. On ne visite que les 400 premiers mètres de ce tunnel, long de 5439 m. et haut à certains endroits de 15 m.

 

800px-Furna_do_Enxofre-_Entrada-_ilha_Graciosa-_Acores---J.jpg                  Açores - Graciosa : entrée de Furno do Exnofre - photo José Luis Alvera Silveira

 

800px-Furna_do_Enxofre-_Lago_interno-_Santa_Cruz_da_Gracios.jpg         Açores - Graciosa : Furno do Exnofre, vue intérieure  - photo José Luis Alvera Silveira

 

Furno do Exnofre, sur Graciosa, fut visitée la première fois en 1879 par le Prince Albert de Monaco, l’océanographe, dans laquelle il descendit par une échelle de corde. Située dans la caldeira de Graciosa, on accède à la cavité par un escalier circulaire glissant, construit en 1939. Un dôme parfait haut de 80 mètres et occupé d’un bassin aux eaux vertes de 130 mètres de diamètre se révèle dans les brumes de dioxyde de carbone … un monde à part, qu’il convient de visiter vers midi, à l’heure où les rayons du soleil y magnifient les couleurs.

 

Sources :

- ENS Lyon - l'intérieur des tunnels de lave - Açores : Gruta das Torres

- Amigo dos Açores - Volcanic caves

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Dossier-36-0796.jpg

             Lanzarote - le cône égueulé du volcan La Corona  - photo © Jean-Michel Mestdagh

 

Parmi les nombreux tunnels de lave qui parsèment l'île de Lanzarote, on trouve dans la zone qualifiée de Malpais de La Corona, un tunnel de grande taille dans les coulées qui descendent du volcan La Corona, avec parfois plusieurs galeries superposées : La Cueva de Los Verdes.

Ce tunnel date de 3.000 à 4.500 ans. Sa longueur reconnue dépasse les 6 km.; et il se poursuit sous le niveau marin sur au moins 1500 m. dans la section connue sous le nom de tunnel de l'Atlantide.

 Au 17° siècle, le tunnel et les grottes furent utilisés par le Guanches, les anciens habitants de l'île, pour se protéger des chasseurs d'esclaves et des pirates Berbères (d'après A. de La Hoz, un historien local).

 

Dossier-36-0611.jpg

 

Dossier-36-0586.jpgLanzarote - cuevas de Los Verdes - l'échelle est donnée par les visiteurs, sur la photo du bas - photos © Jean-Michel Mestdagh 

 

Dossier-36-0605.jpg          Lanzarote - cuevas de Los Verdes- stalactites de lave - photo © Jean-Michel Mestdagh

 

Deux kilomètres de galeries,  mis en valeur par les éclairages de Jesus Soto, un artiste de l'île, permettent d'admirer les détails de ce tunnel de basalte : stalactites provenant de la refusion partielle de la voûte lors de la baisse de niveau du flux lavique, banquettes latérales correspondantes à des niveaux successifs d'étiage de la coulée, lorsque le débit à la source, au niveau du volcan La Corona, diminuait, surface de la coulée "lisse" en regard de la coulée à l'air libre.

 

Dossier-36-0655.jpg Lanzarote - Cueva de Los Verdes -  "Vertige de la contemplation" ... le miroir d'eau fait perdre le sens de l'orientation et rend l'endroit magique  -  photo © JM. Mestdagh

 

Il existe dans le même tunnel, une "grotte" aménagée par César Manrique : le Jameos del Agua.

Rapprochement de l'art et de la nature, voulu par César Manrique, peintre, designer, architecte, sculpteur et surtout grand défenseur de la nature de Lanzarote.

 

Jameos del Agua                     Lanzarote - le Jameos del Agua - " la bulle d'eau " - photo Turismohispania


Les infiltrations d'eau ont engendré un lac  naturel qui sert de tanière à une espèce unique au monde : un crustacé albinos et aveugle, appelé familièrement "jameitos", le Munidopsis polymorpha.

Les rayons du soleil pénétrant par les ouvertures du plafond illuminent ce lac : le Jameo grande. - Jameos est un mot issu du dialecte local signifiant grotte ou bulle.

 

Le tunnel comporte un auditorium naturel doté d'une acoustique magnifique et d'une climatisation agréable : une température de 18-20° et un flux d'air constant. Tous les ans s'y déroule une partie du Festival de musique visuelle de Lanzarote. Il abrite aussi Le centre principal de la station géodynamique de Lanzarote.

 

JameosDelAgua_Konzertsaal---Afrank99.jpg                      Lanzarote - Jameos del Agua, la salle de concert - photo Afrank99

 

César Manrique s'est établi sur Lanzarote, où il a crée sa maison dans cinq bulles d'une coulée de lave de Tahiche, qu'il a intégré à son intérieur.

On y pénètre par une double porte dans un patio, où l'on trouve un palmier qui sort d'une "bulle volcanique"... avant des descendre un escalier en pierres volcaniques menant aux cinq chambres volcaniques. Chaque pièce de vie possède ses caractéristiques.

 

5034011-Cesar_Manriques_house_Tahiche_Lanzarote_Isla_de_Lan.jpgLanzarote - Tahiche, une des " bulles " abritant le salon blanc de la maison de César Manrique - photo ATLC

 

Ceasr-Manrique---house2.jpgLanzarote - Tahiche - entrée de la maison de Manrique ... entrée dans un tunnel de lave aménagé - photo Spot Cool stuff.


Autre particularité de Lanzarote :

Les lucarnes ou skylight qui ponctuent les tunnels de lave se forment en général par effondrement ponctuel. Ces effondrements, au lieu d’être localisés, peuvent avoir lieu sur une grande longueur … un sillon sinueux – sinuous rille – se forme alors, suivant le cours naturel du tunnel de lave. Ces structures ne sont visibles que d’un point de vue en hauteur, une montagne élevée dans le voisinage d’un champ de lave , ou par des moyens d’observation aériens ou par satellite.

 

Lanzarote-Timanfaya---tunnels-en-partie-effondres-zoom.jpg

Lanzarote - Parc national de Timanfaya - sinuous rille marquant le tunnel de lave  dans la coulée de 1730-36 - les parties non effondrées du tunnel sont marquées par les flèches blanches, et prouvent qu'il ne s'agit pas d'une coulée enchassée entre deux levées - Doc. Google / ENS  Lyon

 

L'archipel des Canaries possède de nombreux tunnels de lave sur chaque île ... Lanzarote n'en était qu'un exemple.

Un excellent article de Nathalie Duverlie, dans la revue L.A.V.E. 156 / 05.2012, décrit sept tunnels de lave sur la quarantaine présente sur El Hierro, la plus jeune et la moins touristique de ces îles.

 

Cavidades-volcanicas-el-hierro---MartinIzqdoetal198510.jpg                    Cavidades volcanicas en la isla del Hierro - localisation -  par J.L.Martin & al.

 

Sources :

- C.D.D.A.L. Adventure Lanzarote - Cuevas - link

- Ens Lyon - Tunnels de lave effondrés - par P.Thomas  - link

- L.A.V.E. revue n°156 -mai 2012 : visite des tunnels de lave sur l'île d'El Hierro - par N.Duverlie.

- Cavidades volcanicas en la isla del Hierro - par J.L.Martin & al. - 1985.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La zone entre le rift Est et l’océan est soumise aux émissions des évents du Kilauea : le Pu’u O’o et le Kupaianaha.

 

Kupaianaha-et-PuuOo-11.1986---HVO.jpgA l'avant-plan, l'évent Kupaianaha , en novembre 1986 - le cône du Pu'u O'o en arrière-plan - photo HVO / USGS.

 

En juillet 1986, le conduit vertical alimentant le Pu’u O’o’ s’est rompu et le site de l’éruption s’est déplace vers un nouvel évent à 3 km. au nord-est : c’est le début d’une période de 5 ans et demi, marquée par l’effusion tranquille mais quasi continue de lave. De fréquents débordements d’un petit lac de lave formé au dessus du nouvel évent ont construit un bouclier bas , ensuite nommé Kupaianaha, qui a atteint une hauteur de 55 mètres en moins d’un an.

Après des semaines d’éruption continue, le chenal principal qui véhiculait la lave hors du petit lac a formé un tunnel, conduisant les laves pahoehoe en direction de la côte, située à 12 km.

 

09.12.86-depart-du-tunnel-Kupaianaha.jpg        Kupaianaha - le 09.12.1986 - départ du tunel de lave - photo HVO / USGS.

 

 Les coulées atteignent l’océan fin novembre, causant la fermeture de la route côtière. Quelques semaines plus tard, 14 maisons sont brûlées en une seule journée dans le nord-ouest de Kalapana, puis le tunnel se bouche.

Au cours des trois années qui suivent, la lave détruit des maisons d part et d’autre du champ de lave, qui ne fait que grandir. Au début, les coulées fluides ont évolué suivant la topographie existant avant l’éruption, noyant les zones les plus accessibles ; mais finalement, même les zones les plus élevées ont été submergées par la lave, alimentée en permanence par le système de tunnels. De mi-1987 à 1989, les laves de Kupaianaha coulent directement en mer, causant souvent des explosions de vapeur.

 

08.1988-systeme-de-tunnels-actifs.pngKalapana 01.83 - 12.86

 

 

 

A gauche, les coulées de l'évent Kupaianaha entre janvier 83 et décemnre 1986.

 

A droite, le trajet des tunnels de lave sous la coulée (en pointillé)

Kalapana 20.06.1989 - HVO

La lave, véhiculée sous le champ par les tunnels de lave, se laisse apercevoir sur ce skylight - Elle atteint l'océan, où elle réagit avec l'eau en ex plosions de vapeur - photo HVO/USGS 20.06.1989.

 

Le système de tunnel Kapaianaha a commencé à se briser au printemps 1989, avec comme résultat l’apparition de coulées de lave en surface, particulièrement sur les pentes raides surmontant la plaine côtière, le Pali Pulama. Ces coulées ont recouvert d’autres surfaces, envahissant le visitor center Waha’ula et des résidences du Parc National des volcans.

 

Kalapan-15.02.1991--HVO.jpg  La lave, en surface après la rupture du système de tunnel, brule la végétation du parc - le 15.02.1991 - photo HVO/USGS.

 

En mars 1990, l’éruption est entrée dans sa phase la plus destructrice lorsque les coulées se sont dirigées vers Kalapana, une zone appréciée pour ses sites historiques et ses plages de sable noir. A la fin de l’été, sa communauté, y inclus 100 maisons, un magasin et l’église, a disparu sous 15 à 25 mètres de lave, et une nouvelle plaine lavique a recouvert la plage de Kaimù Bay et déplacé la marge littorale de 300 m. au large. Fin 90, un nouveau tunnel redirigera le flot de lave vers le Parc national et l’océan.

 

Kalapana-02.05.1990---HVO.jpg                        Kalapana, les maisons en feu - 02.05.1990 - photo HVO/USGS

 

Kalapana-280.06.1990---HVO.jpg                           Kalapana sous sa gangue de lave en juin 1990 - photo HVO/USGS.

 

Durant l’année 1991, le volume de lave émis par Kupaianaha a décliné, au profit du niveau du lac de lave du Pu’u O’o. En novembre91, des fissures se sont ouvertes entre le Pu’u O’o et Kupaianaha et l’éruption fissurale a duré trois semaines, durant lesquelles Kupaianaha est resté actif, avec toutefois une production en baisse. En février 1992, l’évent Kupaianaha s’est éteint.

 

L'activité retourne ensuite vers le site du Pu'u O'o ...

 

Sources :

- Hawaiin VolcanoObservatory - HVO - Pu'u O'o-Kupaianaha, Kilauea's east rift zone eruption 1983 to present.  - link

- Hawaiin VolcanoObservatory - HVO - lava covers Kalapana , avril 1990- Janvier1991 - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Parmi les grands tunnels d'Hawaii, citons ceux qui sont en tête de classement :

- Kazumura cave : 65.000 m. de long , dénivelé de 1.101 m.

- Hualalai ranch cave : 27.785 m de long avec un dénivelé de 441 m.

- Kula Kai caverns (Kipuka Kanohina) : 26.554 m. long , dénivelé 232 m.

- Emesine cave : 20.744 m. de long pour un dénivelé de 436 m.

 

Hawaii---Kazumura-cave---Wild-Pig-Drop---Rob-Ratkowski.jpg                           Hawaii - Kazumura cave - " Wild pig drop " - photo Rob Ratkovski.

 

Le tunnel Kazumara doit son origine à une coulée tholéitique pahoehoe, appelé Aila’au, provenant de l’emplacement actuel du cratère du Kilauea Iki, à l’est de la caldeira du Kilauea, datée d’environ 1410-1470 (Holcomb 1987) .

 

HU0706_Geol280FHawaiiGuide047.jpgHU0706_Geol280FHawaiiGuide---coulees-Aila-au.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Situation de l'ancien évent Aila'au (à gauche) et étendue de ses coulées de lave (à droite) - doc. Geology of Hawaii 2007.

 

Approximativement 17 km. de passages surveillés consistent en branches latérales et passages recouvrant le niveau principal ; D’autres tunnels sont considérés comme des parts du tunnel Kazumara dont ils sont séparés maintenant ; ils font moins d’un kilomètre.

 

Development-and-morphology-of-Kazamura-cave---K---C.jpgDéveloppement et morphologie du tunnel de lave Kazumura - trajet du tunnel dans les coulées Aila'au (découpage en cinq portions pour l'étude) - doc. Kevin et Carlene Allred / Holcomb 1987.


Une analyse des basaltes drainés dans le tunnel n’indique qu’une déperdition de 4°C au bout de 39 km. de parcours … preuve de l’efficacité au niveau isolation de cette structure. (Clague 1995)

Le tunnel Kazumura doit avoir évolué d’un réseau tressé vers celui d’un tunnel principal. L’érosion thermale a augmenté suite aux turbulences cause par la pente raide. Une pente suffisante, la température et la viscosité de la coulée, et le temps … tout a contribué à la formation de passages largement érodés, à des chutes de lave et  au développement d’un escalier dans le tunnel principal.

Des passages fermés au niveau inférieur ont permis le stockage limité des coulées de lave durant les blocages ou période d’apport maximum. Ce mécanisme a contribué à la régularisation des volumes émis et au profil pratiquement plat du volcan-bouclier.

 

Hawaii---Kazumura-cave---Pele-s-cascade---Rob-Ratkowski.jpg                                Hawaii - Kazumura cave - " Pele cascade " - photo Rob Ratkovski.

 

Kazumura-lava-tube-ph.-Rob-Ratkowsky.jpg  Hawaii - Kazumura cave - un skylight donne un éclairage naturel à cette partie haute du tunnel - photo Rob Ratkovski.

 

Le tunnel de lave Thurston, du nom de son découvreur en 1913, s'est formé il y a 350 à 500 ans au cours d'une éruption du Aila’au, une ancienne bouche éruptive du Kīlauea se trouvant à l'emplacement des actuel Kīlauea Iki et Twin Pit Craters.

Une coulée de lave pahoehoe a alors progressé sur le flanc oriental du Kīlauea en direction de l'actuelle Hilo en recouvrant toute cette partie du volcan.

HU0706_Geol280FHawaiiGuide---Thurston-tube---Decker.jpgIl est accessible par un petit sentier en boucle d'environ 500 mètres de longueur qui démarre du parking situé sur la Chain of Craters Road et desservi par deux sentiers de randonnée, le Crater Rim Trail qui fait le tour de la caldeira et le Kīlauea Iki Trail parcourant le cratère du même nom. En une vingtaine de minutes de marche à travers une forêt tropicale humide de fougères arborescentes sur le fond d'un des deux Twin Pit Craters, l'accès au tunnel de lave est atteint. A l'intérieur, la cavité s'étend sur plusieurs dizaines de mètres mais dont seuls les 150 premiers sont éclairés par des lampes électriques. Le reste est accessible mais nécessite d'apporter son propre moyen d'éclairage et de demander l'autorisation aux services du parc national.

 

Thurston_Lava_Tube-_Big_Island---Fr.Schulenburg.jpgHawaii - Le tunnel Thurston, la partie équipée d'éclairage artificiel - photo F.Schulenburg

 

Hawaii-End_of_the_Thurston_Lava_Tube---Sethoscope-Flickr.jpgHawaii - Le tunnel Thurston, partie terminale non équipée ... son aspect brut accroit le côté dramatique de la scène - photo Sethoscope Flickr.


Son sol, ses parois et son plafond ont un aspect lisse et ses murs présentent encore la marque de l'ancien niveau de la lave. A l’époque de sa dcouverte, il présentait des stalactites de lave mais ceux-ci ont  été emportés comme souvenir par les premiers touristes.

Les racines des arbres de la forêt qui pousse en surface parviennent à atteindre l'intérieur du tunnel et par endroit pendent du plafond. Ces racines constituent la seule nourriture à la faune cavernicole qui s'est développée dans le tunnel de lave.

Attention de ne pas tirer sur ces racines ... une partie du plafond du tunnel pourrait vous tomber dessus !

La sortie se fait via un skylight, un effondrement d'une partie du toit du tunnel

 

Sources :

- Journal of Cave and Karst studies - Development and morphology of Kazumura cave, Hawaii - by  Kevin & Carlene Allred

- Geology of Hawaii - Field trip guidebook 2007 - Hofstra University - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Lava Beds National Monument contient plusieurs centaines de tunnels de lave (les chiffres varient autour de 700), associés aux coulées de lave basaltique fluide issues du volcan-bouclier Medicine lake, en Californie du nord.

Ce volcan a connu des éruptions intermittentes depuis environ un demi million d’années, la dernière datée de l’an 1080, à Glass Mountain, au sud de Lava Beds.


La plupart des tunnels sont liés aux éruptions multiples de Mammoth et Modoc craters, datées d’entre il y a 30.000 à 40.000 ans, et dont les coulées couvrent 70% de la superficie du National Monument.

Une autre coulée, plus jeune, s’est produite il y a 11.000 ans au sud-est du parc ; sa viscosité plus faible a créé des tunnels de lave à la texture plus douce, dont Valentine cave.


 

Lava-beds-N.M.---Valentine-cave---Lee-Siebert.jpg       Lava Beds N. M. - Valentine cave -  cheminement en "S" - photo Lee Siebert / Smithsonian instit.


Le National Park Service a établi trois listes de tunnels en fonction de leur degré d’accessibilité :


- Facile : comme Mushpot cave, 235 mètres, ou Valentine cave, 498 mètres, découverte en 1933 le jour de la Saint Valentin ; Elle présente des parois et un plancher très doux, pour ne pas dire lisse.

 


Lavacicles_8238.jpg                                       Stalactites de lave de Mushpot cave - photo W.Siegmund.

 

illuminated-lava-tube-lava-beds-national-monument---Leonard.jpgLava Beds N. M. - Valentine cave - l'équipement de ce tunnel laisse imaginer le flot de lave qui l'a formé -

photo NPS.

 

Valentine_Cave---Lava-beds-N.M.-Dave-Bunnell-007.JPG            Lava Beds N. M. - Valentine cave - ... une valentine dans le tunnel - photo Dave Bunnell

 

Merril cave, 198 m., avait jadis son plancher recouvert de glace où il était possible de patiner. Un changement survenu dans l'alimentation en air est suspecté d'être la cause de la fonte de la glace ... ne subsiste aujourd'hui qu'un peu de glace, visible d'une plate-forme.

 

Lava-beds---Merril-cave-skating-party---NPS.jpg  Lava Beds N. M. - Merril cave skating party - les patineurs en habits d'époque - photo d'archives NPS.

 

- Moyen : Golden dome cave, 679 m., dont le plafond présente un aspect doré du à la réflexion de la lumière sur les gouttelettes d’eau qui couvrent les bactéries hydrophobes. Certaines parties amont du tunnel sont basses et nécessite de ramper.

 

Golden-dome-cave---bacteries-hydrophobes.jpgLava Beds N. M. - Golden dome cave - stalactites de lave dorées habillées de bactéries hydrophobes - photo NPS.


- Difficile : Comme la Catacombs cave qui est longue de 2.104 mètres. Son entrée est facile, mais les difficultés de progression augmentent graduellement et la largeur passe de 244 m. à 90 cm, et par place 30 cm. Thunderbolt cave, 781 m., présente des portions étroites qui la relie à Labyrinth et Lava Brook caves, où il est nécessaire de ramper.


 

lava-beds-N.M.---Caracombs-cve---NPS.jpg            Lava Beds N. M. - Catacombs cave, aux dimensions différentes -  photo NPS

 

Sources :

- N.P.S. - Lava Beds N. M. - lava beds caves - link

- Global Volcanism Program - Medicine lake

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Moins spectaculaires que les tunnels déjà évoqués, ceux de la Rogue river proche de Crater Lake sont intéressant par leur structure et l'histoire du volcan qu'ils racontent.

 

 

usa-2953-copie.jpg                     La Rogue River entaille le basalte pour y former une gorge - ©JM. Mestdagh

 

 La Rogue River prend sa source sur les pentes du Mt. Mazama, nom du volcan avant la formation de Crater Lake. Auparavant, le lit de l'ancienne Rogue river se trouvait 198 mètres plus bas ... la vallée fut remplie par des couches de lave superposée (intra-canyon basalt flows) il y a quelques 1,25 Ma., suivies de couches de ponces. Après avoir coupé la couche de ponce, la rivière a entamé le basalte; elle forme par endroit des gorges, aidée dans son travail érosif, par l'effondrement de tunnels de lave. On en voit des traces sur les parois.

 

 

usa-2940-copie.jpg

Panneau didactique explicatif du travail de la Rogue river sur les flancs du Mazama / Crater Lake - photo ©JM. Mestdagh

 

usa-2949.jpg                              photo ©JM. Mestdagh

 

Un petit dessin vaut mieux qu'un long discours ... voici les structures recoupées par l'érosion de la Rogue river : la paroi expose deux tunnels de lave superposés, l'un partiellement effondré laissant apparaître l'ouverture du tunnel, l'autre fermé par un bouchon de lave d'une coulée ultérieure; entre les deux, on aperçoit une coulée de lave.

Un petit exercice de reconnaissance sur la photo :


usa-2950.jpg               Les trois coulées de lave recoupées par la Rogue river - photo ©JM. Mestdagh 

 

 

Rivière de feu ... puis rivière d'eau :

Lorsque sur son passage, la rivière trouve une portion de tunnel de lave placé dans le sens de sa progression, pourquoi ne pas "jouer à cache-cache" ?

C'est ce qu'elle fait à "Natural bridge"... son passage souterrain peut en faire augmenter la pression lorsque les eaux sont hautes, et elle peut générer de "mini-geysers" (des souffleurs ou blow-holes) lorsqu'un trou se présente dans le toit du tunnel.

 

usa-3020.jpgLa Rogue river disparait dans un trou pour passer sous le basalte et ressortir un peu plus loin -  photo ©JM. Mestdagh

 

usa-3003-copie---Rogue-river.jpg

 L'explication du phénomène : le torrent emprunte le chemin de la rivière de feu, un tunnel de lave placé heureusement dans le sens du courant - photo ©JM. Mestdagh

 

usa-3011-inlet.jpg                 Disparition de la Rogue river dans le tunnel de lave - photo ©JM. Mestdagh

 

usa-3028-copie.jpgLe "natural bridge", pont naturel formé par le toit du tunnel de lave qu'emprunte la rivière Rogue - photo ©JM. Mestdagh

 

usa-3035-outlet.jpg                          La sortie de la Rogue river - photo ©JM. Mestdagh


Tour de passe-passe ... le nom de la rivière évoque déjà la "filouterie" : la région était habitée par les indiens Takelma, qui durent employer la ruse pour défendre leur pays natal contre l'invasion des trappeurs Franco-Canadiens ... ceux-ci les appelaient "les coquins " - " the rogues ".

 

Sources:

- Récit et photos de voyage sur les volcans des Cascades de mon ami Jean-Michel Mestdagh

- Global volcanism Program - Crater Lake

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

Newberry-lava-tube---pipct.net.jpg                        Skylight dans la "Lava river cave" - photo pipct.net

 

Comme l'indique la carte ci-dessous, les nombreuses coulées de lave hors caldeira des diverses éruptions du volcan Newberry se sont étendues préférentiellement en direction Nord et sur une cinquantaine de km.

Une éruption, datée de 80.000 ans, et dont la source est proche de Moslet Butte, a émis des coulées de lave importantes qui ont submergé la ville de Bend et atteint Redmond.

Au sein de cette épaisse coulée - jusqu'à 30,5 m. d'épaisseur - Leander Dillman, un trappeur, a découvert fortuitement en 1889 un grand tunnel de lave qu'il a utilisé comme frigo naturel ... on a appelé tout un temps cette structure "Dillman cave" avant de la rebaptiser, en 1921, "Lava river cave".

 

 

Newberry_Volcano_Map---USGS.png

 

Depuis l'entrée, le tunnel de lave s'étend dans deux directions : le tunnel principal, le plus long tunnel de lave non effondré d'Oregon, mesure 1.616 mètres pour un dénivellé de 150 mètres ; il est dirigé vers le nord-ouest. Une autre portion non accessible et orientée sud-est, est longue de 476m.

 

Divers points intéressants scandent la progression dans ce tunnel, où il faut être bien équipé : la température moyenne de l'air à 4°C nécessite pour le moins une polaire, et louer une lampe n'est pas superflu !

Dès l'entrée, l'attention se braque sur une large chambre encombrée d'éboulis alimentés par les périodes de gel hivernal, et décorée de stalactites de glace qui persistent jusqu'en juin.

 

usa-1562-copie.jpg                             Newberry - Lava river cave - ©JM. Mestdagh


La partie la plus large du tunnel, "Echo hall", atteint 15 m. de large et 18 m. de haut, est caractérisée par une acoustique particulière.

 

usa-1520-copie.jpg

                                                                                                                   ©JM. Mestdagh

usa-1539-copie.jpg

                                                                                                            ©JM. Mestdagh

usa-1500-copie.jpg

                                    Newberry - Lava river cave - ©JM. Mestdagh

 

Les proportions varient au gré de la progression entre des parois marquées par des "banquettes" plus ou moins prononcées qui reflètent les différents niveaux de la lave dans le tunnel en fonction de son alimentation.


Puis on arrive sur une large portion au sol couvert de sable, "Sand garden" : ce sable est entré ici par percolation avec les eaux de pluie et de fonte au travers des fissures du toit du tunnel. Ce sable révèle une histoire volcanique tourmentée: il provient en partie des éruptions volcaniques proches, e.a. celle du mont Mazama (Crater Lake) datée de 5.700 avant JC. Une autre part provient de l'érosion glaciaire des volcans, comme en témoigne la présence de diatomées, squelette siliceux d'algues présentes en milieu aquatique froid.

 

usa 1497 copie                       Newberry - Lava river cave, "Sand garden" - ©JM. Mestdagh


Sources :

- US Forest Service - Newberry national volcanic monument, Lava river cave trail

- Global volcanism Program - Newberry

Lire la suite

Articles récents

Hébergé par Overblog