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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Au Pérou , nous nous intéressons au Nevado Coropuna.

 

 

Son nom dérive du quechua, oro signifiant coupé au sommet, et puna, une hauteur froide et enneigée.

Le Coropuna était considéré comme montagne sacrée par les Incas. De nombreux sites archéologiques sont présents à la base du massif et sur ses pentes ; des ruines pré-Incas sont situées sur le côté nord à Macua Llacta.

 

Coropuna---OSU---Vlad.-Mikhalenko.JPG                        Le Nevado Coropuna - photo O.S.U. / Vladimir Mikhalenko.

 

Cet édifice andésitique à dacitique forme un complexe d’au moins six cônes couvrant une surface de 20 km. sur 12, et surmonte majestueusement les environs de 4500 mètres.

3D-Coropuna---colorado.edu.jpgLe plus haut sommet du complexe est un cône situé au Nord-ouest ; il culmine à 6.377 mètres, et est déporté par rapport à une ligne est-ouest d’autres cônes, tous recouverts d’une couverture de glace permanente au dessus de la cote 5.300 m sur le flanc nord et au dessus de 4.800 m. côté sud, occupant 130 km². Doc 3D - par Colorado .edu


Seules quelques vallées glaciaires mineures sont discernables sur le volcan moderne, mais on peut en voir de plus grandes, ainsi que leurs moraines, attribuables au retrait glaciaire d’il y a environ 10.000 ans jusqu’à 10 km. du volcan.

Diverses coulées de lave, datées de l’Holocène, marquent les flancs ouest et est.

L’âge de la dernière éruption est inconnu … mais une activité solfatarique suggère que le volcan est toujours actif. (GVP)

 

Nevado-Coropuna---06.06.2010---ISS025-E-06163.jpg   Le complexe Coropuna , ses coulées de lave et sa vallée glaciaire, vus de l'ISS 25 - 06.06.2010


Le Coropuna présente tous les dangers potentiellement liés aux volcans recouverts d’une chape glaciaire. L’éruption des coulées visibles s’est certainement accompagnée de lahars. La topographie, avec des canyons profonds aux parois abruptes, est un facteur aggravant, car ceux-ci canalisent les coulées de boues et lahars. Plusieurs quebradas (Jollpa, Llacllajo, Tuailqui, Tastane) drainent le flanc sud du volcan dans le grand canyon du Rio Majes, où se sont établis environ 20.000 personnes. Le Flanc ouest est drainé dans le canyon Ocoña, via le Rio Chichas; ce canyon est moins people.

 

-Coropuna_Volcano---Edubucher-2009.jpg                 Le Coropuna se mire dans un lac d'altitude - photo Edubucher 2009


Les glaciers tropicaux sont très sensibles aux variations climatiques et notamment à celles engendrées dans les Andes centrales par les phénomènes ENSO (El Niño Southern Oscillation). Afin de mieux saisir ces variations à court terme, il est nécessaire de déchiffrer les héritages glaciaires et périglaciaires. La calotte glaciaire du massif du Nevado Coropuna, divisée en dix-huit bassins glaciaires, a donné lieu à une carte géomorphologique du massif volcanique, recouvert par la calotte glaciaire la plus étendue (53,9 km² en 2000) de l’édifice le plus élevé de la chaîne volcanique du sud du Pérou. La cartographie effectuée sur le terrain et par télédétection, ainsi que les données analysées en combinant les méthodes de téphrostratigraphie, lichénométrie et géoarchéologie, ont permis de proposer une synthèse provisoire de la chronologie relative des fluctuations glaciaires dans cette partie des Andes centrales. Au début des années 2000, un carottage glaciaire fut effectué pour analyser les ratios isotopiques d’oxygène et hydrogène, les ions et les poussières insolubles, sous l’égide de l’Ohio state university’s Byrd polar research center.

 

Coropuna----OSU.JPG         Coropuna - le camp de base de l'expédition de carottage O.S.U.

 

L'ascension du volcan peut se faire en trois à quatre jours, à condition de s'être acclimaté en faisant quelques sommets moins élevés.

La meilleure saison est en hiver (local), soit juillet-août, mais en tenant compte de la température nocturne sous les moins 20°C et des "penitentes" (comme à l'Ojos del Salado), plus grands en saison sèche. Les crevasses peuvent s'éviter en empruntant la "West Rib route", mais crampons, piolet et cordes sont nécessaires étant donné l'angle de montée avoisinant les 45°.

 

Coropuna---the-west-rib-route---Vic-Hanson-Summitpost.JPG

              Sommet du Coropuna par la "West Rib Route" - photo Vic Hanson / Summitpost

 

angle-de-montee-Coropuna---summitpost.JPG                     Angle de montée au sommet du Coropuna - photo Summitpost

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Coropuna

-  Héritages glaciaires, periglaciaires et évolution récente: le cas du Nevado Coropuna - M-E.Forget & al.

- OSU - The Quelcaya and Coropuna ice core drilling project 2003 - link

- Summitpost - Nevado Coropuna 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le volcan Llullaillaco est situé dans la Puna de Atacama à la frontière entre le Chili et l'Argentine.

Bien que restant inaccessible à la plupart d'entre nous, il mérite d'être cité comme un des plus hauts volcans historiquement actifs au monde : 6.739 mètres.


Argentinas-Llullaillaco-volcano.jpg                  Le Llullaillaco, dans son environnement désertique - photo Jaimé Jimenez / GVP


Le Llullaillaco s'est formé en deux grandes étapes :

- le vieux volcan - Llullaillaco I - est formé d'un large cône, fait de différentes coulées dacitiques épaisses. Sa partie supérieure s'est effondrée, il y a 150.000 ans, en produisant une avalanche de débris majeure vers l'est, s'étendant jusqu'en Argentine et entourant le cône du Cerro Rosado distant de 17 km.

Ces dépôts d'avalanche couvrent 165 km²; en raison d'un climat extrêmement aride et la quasi absence d'érosion, ils sont bien préservés.

- l'actuel volcan - le Llullaillaco II - commence à s'établir, il y a 10.000 ans au sommet de l'ancien édifice, constitué principalement de dômes de dacite et de coulées de lave.

Son activité historique se résume en petites éruptions explosives et une petite coulée de lave courant 19° siècle.

 

Llullaillacp-09.12.20009-Nasa-ISS022-E-008285.jpg

Deux coulées de lave proéminentes, sur les flancs nord et sud, à l'aspect récent  ... datent d'après des analyses Ar/Ar dela fin du Pléistocène  (Richards and Villeneuve, 2001). 

Astronaut photograph ISS022-E-8285 was acquired on December 9, 2009 - NASA/JSC Gateway to Astronaut Photography of Earth. Caption by William L. Stefanov, NASA-JSC.

 

Une photo, prise par l'équipage 22 de la station spatiale internationale en 2009, permet d'analyser ces importantes coulées :

- on trouve d'une part des structures en soufflet d'accordéon : les laves fortement visqueuses se sont écoulées lentement, et  le dessus de la coulée s'est refroidi en formant une série de crêtes parallèles, orientées à 90° par rapport à la direction de la coulée.

- D'autre part, on retrouve des "digues de flux" (flow levees) formées lorsque les côtés de la coulée sont plus rapides que le centre de celle-ci, formant une structure avec des parois.

 

Llullaillaco---ruines-argentine-15-16s-JPG Llullaillaco côté argentin - Ces ruines incas du 15-16° siècle constituent le plus haut site archéologique mondial - photo Summitpost.

 

L'autre centre d'intérêt du Llullaillaco vient des momies retrouvées à proximité du sommet, à 6.730 mètres !

  

En 1983-85, l'archéologue américain J.Reinhard découvre des restes incas sur les pentes supérieures du volcan; en 1999,  une équipe internationale financée par le National Geographic, composée de quatorze chercheurs, aguerris aux techniques d'escalade et de résistance à l'altitude, se déploie sur les flancs et découvre trois momies et une centaine d'objets, textiles, statues d'or et d'argent, poteries. Les "enfants du Llullaillaco", un garçon et deux fillettes, âgés entre 6 et 14 ans, sont retrouvés dans un état exceptionnel de conservation du au froid extrême, conjugué à l'hypoxie et un environnement aride. On les a appelés la Doncella, La Niña del Rayo et El Niño (la demoiselle, la fille de la foudre et le petit garçon) 

Ces momies constituent un témoignage unique au monde d'un empire disparu il y a moins de cinq siècles. Entourées de glace, les corps sont transportés dans la proche ville argentine de Salta.

 

mummy-and-man-extracting-hair.jpeg                           Nettoyage et prélèvements sur la momie de "La Doncella" - doc. MAAM

Sa robe brune est sanglée à la taille par une ceinture avec des dessins géométriques qui combinent des couleurs claires et sombres avec des bords rouges. Elle porte sur ses épaules un manteau ou lliclla gris, soutenu par une broche d'argent au niveau du haut du thorax. Sur sa poitrine près de l'épaule droite, on remarque un ensemble ornemental fait d'os et de métal. Ses longs cheveux sont peignés avec petites tresses, comme c'était la coutume dans certains villages de la Cordillère des Andes. Les coiffures et ornements sur la tête ont été utilisés pour identifier les personnes culturellement et géographiquement.
Son visage a été peint avec des pigments rouges, et au-dessus de la bouche, des morceaux de feuilles de coca ont été retrouvés.


"Victimes" du rite de la Capacocha, qui s'accomplissait de façon cyclique, pour obtenir les faveurs des dieux, en leur offrant la vie d'enfants. Sélectionnés pour leur perfection physique parmi les classes dominantes, ceux-ci étaient amenés jusqu'à Cuzco et reçus par l'Inca, puis acheminés jusqu'au lieu du sacrifice. L'anthropologue G. Recagno explique : " Dans les régions assujetties se déplaçait un représentant de l'Inca avec un enfant qui allait se transformer en un dieu : il ne mourrait pas et allait pouvoir surveiller tout ce territoire du haut de la montagne. Il devenait un gardien du territoire, un être divinisé. Un système très bien rodé pour, à travers la religion, et la peur, exercer une politique de domination à travers les sacrifices . Au sommet, on endormait les enfants, par ailleurs épuisés par une marche de 1.600 kilomètres, avec de “la chicha”, un alcool de maïs et sous l'effet du froid, de la basse pression, ils s'endormaient jusqu'à mourir d'hypothermie."

Les corps seront préservés au MAAM - le musée d'archéologie de haute montagne - par un système avancé de cryogénie , en étant maintenus dans des capsules de verre avec un contrôle permanent de l'atmosphère qui les entoure : température, humidité, pression, composition de l'air.

 

burial-artifacts.jpg          Sandales et poteries retrouvées à proximité des momies du Llullaillaco - doc. MAAM

 

 Sources :

- Global Volcanism Program - Llullaillaco

- MAAM - Museo de Arqueología de Alta Montaña -Los Niños del Llullaillaco


- Summitpost - Llullaillaco - comment y aller et s'équiper.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Ojos-Salado---Summitpost.jpg

                       L'Ojos del Salado en hiver - photo Summitpost


Le complexe du Nevado Ojos del Salado est LE plus haut volcan au monde, avec 6.887 mètres.

Daté vraisemblablement de la fin du Pléistocène, il a une forme ovale, allongée dans la sens est-ouest et couvre environ 70 km².

Il est situé à la frontière Chili-Argentine près du désert de l’Atacama, un des lieux les plus secs sur terre. Le volcan est aussi extrêmement sec pour une telle altitude ; il ne possède pas de glacier, et la neige qui le recouvre en hiver fond totalement en été.

 

ojos---Gimpilator-01.2011-Summitpost.JPG  Ojos del Salado -  Le sommet quasi libre de neige et glace en janvier 2011 - photo Gimpilator / Summitpost.


Des dépôts épais de ponces couvrent les pentes basses du complexe, en relation avec la phase primordiale de formation d’une somma ancestrale (Gonzales-Ferran 1985) . Des dépôts pyroclastiques plus jeunes doivent être étudiés pour en fixer la source. La zone sommitale allongée NE-SO recouvre une caldeira largement enterrée ; elle contient de nombreux cratères, des cônes pyroclastiques et des dômes de lave andésitiques à rhyolitiques, sources de coulées de lave datées de l’Holocène.


Le sommet possède deux pics de relativement même hauteur ; le pic Chilien mesure 54 cm. de plus que l’Argentin, mais à 6.887 mètres, on ne mégote pas sur quelques centimètres. L’ascension de ces sommets est dangereuse en raison de la roche pourrie et traîtresse.

 

Ojos_del_Salado_summit---Janne-Corax.jpg    Ojos del Salado - le sommet "chilien" vu du sommet "argentin", avec la borne géodésique - photo Summitpost

 

ojos-sommet-chilien01.2011---Gimpilator-summitpost.jpg                  Ojos del Salado - le sommet Chilien vu du cratère - photo Gimplilator / Summitpost.


La dernière éruption est datée de l’an 700 : de nature rhyodacitique, elle a produit des coulées pyroclastiques ponceuses. La plus récente activité semble originaire d’un rift orienté NNE, englobant la formation d’une coulée de lave épaisse et visqueuse, et la formation de petits cônes, dômes de lave et cratères d’explosion.

Son activité fumerollienne est persistante et une forte odeur de soufre noie parfois le sommet. En 1993, une colonne grise de vapeur et gaz a été observée durant trois heures le 14 novembre, et le 16 avec moins d’intensité. (observateurs du Servicio Agricola Ganadero et de la station de police à Maricunga, à 30 km. du volcan.)

 

L’accès au sommet peut se faire de deux côtés :

- depuis l’Argentine, pas de frais, ni de permis, de simples renseignements à l’office de police de Fiambala. Ce versant n’est pas équipé et le camping est libre.

- depuis le Chili, un permis est demandé au préalable auprès du DIFROL - Dirección Nacional de Fronteras y Límites del Estado - est nécessaire et un droit d’admission est perçu. Le début du trek est équipé par le refuge Caudio Lucero pour une douzaine de personnes. Les refuges Atacama/Rojas et Tejos comptent aussi quelques places.


 

La meilleure période est de décembre à mars, la plus chaude mais aussi la plus sèche et venteuse. Certains grimpeurs préfèrent tenter l’escalade plus tard dans l’année, pour trouver plus aisément de l'eau (à partir de neige ou glace fondue). Quelle que soit la période, il faut s’attendre à des températures très basses, un vent extrêmement fort, et un temps changeant rapidement.

Des "penitentes " ou "nieves penitentes" sont rencontrés en altitude ; ce terme espagnol désigne des formations neigeuses ou glaciaires de haute altitude - plus de 4.000 m. - dans les Andes sèches. Elles prennent la forme d'un chapeau de pénitent, et forment des champs de pinnacles rapprochés p ouvant atteindre hauteur d'homme et orientés dans la direction générale du soleil.

 

 

penitentes-ojos-salado---gimpilator---Summitpost.jpg         Ojos del Salado - un alpiniste parmi les "penitentes" - photo Gimpilator / Summitpost.


Ojos---21.04.2007-Gonzalo-Bravo-Eduardo-canales-Moya.JPGLe 24 avril 2007, deux chiliens, Gonzalo Bravo et Eduardo Canales Moya ont atteint en jeep 4x4 l’altitude de 6.688 mètres, ce qui constitue un record ! - photo Summitpost.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Ojos del Salado

- Summitpost - Ojos del Salado

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

800px-VolcanicSevenSummits--Skieur-Seattle.jpg                          Les plus hauts volcans ... un par continent ! - doc. wikipedia /skieur seattle

 

A l'instar des alpinistes qui classent les sept plus hauts sommets de la planète, voici une carte des sept plus hauts volcans.

Certains vont vouloir polémiquer sur la répartition par continent, mais cela n'a qu'une importance relative tant la géo-politique est mouvante ... nous nous attarderons à des entités bien précises.

 

Volcaniques Seven Summits (triés par l'élévation)
Volcan Élévation Proéminence Continent Gamme Pays
Ojos del Salado 6893 m (22 615 pi) 3688 m (12.100 ft) Amérique du Sud Andes Chili / Argentine
Kilimandjaro 5895 m (19 341 pi) 5882 m (19 298 pi) Afrique Kilimandjaro Tanzanie
Elbrus 5642 m (18 510 pi) 4741 m (15 554 pi) Europe Caucase Russie
Pico de Orizaba 5636 m (18 491 pi) 4922 m (16 148 pi) Amérique du Nord Trans-mexicaine ceinture volcanique Mexique
Damavand 5610 m (18 406 pi) 4667 m (15 312 pi) Asie Alborz Iran
Mont Giluwe 4368 m (14 331 pi) 2488 m (8163 pi) Australie Southern Highlands Papouasie-Nouvelle-Guinée
Mont Sidley 4285 m (14 058 pi) 2517 m (8258 pi) Antarctique Gamme Comité exécutif -

 

 

Les cinq plus hauts volcans en Amérique du Nord.

1. Pico de Orizaba - 5611m - Mexique
2. Popocatepetl - 5465m - Mexique
3. Iztaccihuatl - 5230m - Mexique
4. Monter Bona - 5005m - USA
5. Mont Blackburn - 4996m - USA

 

 

Les cinq plus hauts volcans d'Amérique du Sud.

1. Ojos del Salado - 6893m - Argentine / Chili
2. Pissis - 6785m - Argentine
3. Bonete Chico - 6759m - Argentine
4. Tres Cruces Sur - 6748m - Argentine / Chili
5. Llullaillaco - 6739m - Argentine / Chili

 

 

Les cinq plus hauts volcans en Asie.



1. Vulkan / Ka-er-Daxi - 5810m - Chine
2. Damavand - 5610m - Iran
3. Ararat - 5137m - Turquie
4. Sabalaan - 4811m - Iran

5. Klyuchevskaya-Sopka - 4750m - Russie

 

 

Les cinq plus hauts volcans en Afrique.

1. Kilimandjaro - 5895m - Tanzanie
2. Mont Kenya - 5199m - Kenya
3. Mawenzi - 5149m - Tanzanie
4. le mont Meru - 4566m - Tanzanie
5. Karisimbi - 4507m - Congo / Rwanda

 

 

Les cinq plus hauts volcans en Europe.

1. Elbrus - 5643m - Russie
2. Kazbek - 5033m - Géorgie
3 Aragats - 4090m - Arménie
4. Teide - 3718m - Espagne

5. Etna - 3344m - Italie

 

 

Les cinq plus hauts volcans en Océanie.

1. Giluwe - 4368m - Papouasie-Nouvelle-Guinée
2. Mauna Kea - 4205m - USA
3. Mauna Loa - 4169m - USA
4. Mt Hagen - 3795m - Papouasie-Nouvelle-Guinée
5. Doma - 3568m - Papouasie-Nouvelle-Guinée

 

 

Les cinq plus hauts volcans en Antarctique.

1. Sidley - 4181m - Mary Byrd Terre
2. Erebrus - 3794m - île de Ross
. 3 Frakes - 3654m - Mary Byrd terrestres
4. Toney - 3595m - Mary Byrd Terre
5. Steere - 3558m - Mary Byrd Terre

 

 

selon la classification du site Summitpost.

 

Nous ne suivrons pas nécessairement cette classification, nous intéressant aux volcans les plus représentatifs et actifs.

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Publié le par Bernard Duyck
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Connues depuis l’antiquité, les épices étaient cultivées par les peuples natifs et faisaient l’objet de commerce.  La première trace d’un clou de girofle remonte 1700 avant JC, et fut retrouvée dans les restes calcinés d’une cuisine incendiée du site mésopotamien de Terqa. Elles sont mentionnées dans l’épopée indienne du Ramayana (écrite 200 ans avant JC) , connues des chinois, des Egyptiens, des Grecs et des Romains, puis vendue par les arabes avant de devenir à la mode au moyen-âge.

 

Moluques the spice islands - east-indonesia         Moluques - les "îles aux épices" - clous de girofle séchant au soleil - photo East-indonesia


Appelées " les îles aux épices ", les Moluques ont une histoire commerciale ancienne et coloniale complexe et violente.

Au XVe siècle, au début des grandes découvertes européennes, les épices arrivent par deux voies. La route maritime commence par le trajet des jonques chinoises et bateaux malais. Ils amènent les épices orientales, y compris les rarissimes muscade et girofle qui ne poussent qu'aux Moluques jusqu'à Ceylan et la côte de Malabar. Là, interviennent les Perses et Egyptiens qui, par la mer Rouge, mènent les épices jusqu'aux échelles du Levant, où les Vénitiens viennent s'approvisionner. Le tout donne lieu à la multiplication du prix d'étape en étape et à la perception de lourdes taxes par les puissances intermédiaires. Par terre, les caravanes contournent le désert du Turkestan jusqu'à Bassorah et à la Perse ou encore passent par la vallée de l'Indus via l'Afghanistan : c'est le même trajet que la route de la soie. Deux épices ont un statut à part : le clou de girofle et la noix de muscade dont on dit qu'ils proviennent d'îles au delà du détroit de Malaca. Les Arabes les achètent à des intermédiaires généralement malais. Les savants de l'Islam, s'ils donnent une place à ces épices dans leurs traités de pharmacopée, se contentent très vaguement d'en situer l'origine vers Java.

 

Au début du XVIe s., les Portugais, dont elles constituent le but ultime des expéditions de découverte, ont fort à faire avec les sultanats de Ternate et de Tidore, qui se partagent alors les Moluques. Les Hollandais y effectuent leurs premiers voyages militaro-commerciaux en Asie, et s'installent à Ambon en 1605. Les Portugais puis les anglais sont rapidement évincés, les sultanats soumis. Afin de s'assurer le monopole des précieuses épices, les Hollandais en concentrent la production sur quelques petites îles, en dévastant les autres, massacrant, déportant, réduisant à l'esclavage la population comme à Banda. Le colonisateur fait ensuite davantage usage d'humanité : les conversions au protestantisme sont nombreuses, et la prospérité extraordinaire jusqu'au XIXe s., quand les sultanats d'Aceh et de Zanzibar entreprennent de concurrencer les productions moluquoises, à l'instigation des Britanniques. L'économie revient alors peu à peu à une agriculture de subsistance, accompagnée de pêche côtière.

 

Tidore culture d'épices - Toildepices    Moluques - île de Tidore - ensemble de girofliers, muscadiers et canneliers - photo Toiledepice.


Les plantations traditionnelles d'épices de l'île se trouvent sur les hauteurs. On y recense au moins 4 espèces de muscades différentes, de la cannelle, de la girofle, du poivre, des piments et de la vanille, en quantité expérimentale pour cette dernière.

 

Le clou de girofle :

Originaire des petites îles volcaniques de l’archipel des Moluques en Indonésie, le giroflier y est vénéré encore aujourd’hui. C’est pourquoi on plante un giroflier à chaque naissance, la bonne croissance de l’arbre étant signe de bon augure pour l’enfant. De nos jours, on cultive cet arbre de façon industrielle en Indonésie, pays qui en est le premier producteur mondial, et où l’on fume des " Kreteks ", cigarettes contenant du girofle.

 

giroflier - banque SVT                                  Boutons floraux du giroflier - photo Banque SVT


Le clou de girofle est le bouton floral du giroflier, arbre au feuillage persistant d’environ 15 m de haut qui peut vivre 100 ans. Le clou de girofle 800px-Clovesdoit son appellation à sa forme. En effet, les boutons floraux du giroflier mesurent 12mm de long et sont dotés d’une tête de 4mm de diamètre, ils sont récoltés à la main avant leur épanouissement quand ils ont pris une couleur rouge et sont ensuite mis à sécher au soleil. C’est à ce moment qu’ils prennent la couleur brune qui les caractérise et les fait ressembler à de petits clous.

Ce bouton floral à la saveur forte et piquante est très apprécié en cuisine pour parfumer les pots au feu, les ragoûts, les marinades et certains plats typiques comme la choucroute. Cependant, en raison de son amertume et de sa puissance aromatique, il faut le doser avec soin et ne pas dépasser 2 clous de girofle par kg de viande. Moulu, le clou de girofle entre dans la composition de nombreux currys et du fameux Ras-el-Hanout. On le retrouve encore en pâtisserie notamment dans le pain d’épices ou dans des biscuits où le clou de girofle est souvent mélangé avec de la cannelle. Enfin, dans certains pays comme la Tunisie, on fait infuser les clous de girofle avec d’autres plantes pour en faire un " thé d’épices " particulièrement revigorant.

Car, en plus de ses qualités gustatives, ce condiment possède de nombreuses vertus thérapeutiques présentes autant dans les clous eux-mêmes que dans l’huile essentielle qui en est extraite. Ces vertus sont essentiellement dues à la présence dans le clou de girofle d’une substance appelée Eugénol, reconnue comme étant un antiseptique et un anesthésiant local. C’est pourquoi, avant l’apparition de médicaments encore plus efficaces, les dentistes utilisaient des pansements à l’eugénol (aujourd’hui encore, en Asie, on soigne un mal de dents en mâchant un clou de girofle ou en appliquant sur l’endroit douloureux un coton imbibé d’huile essentielle de girofle).

On reconnaît encore à ce petit clou des propriétés anti-inflammatoire et antinévralgique. De plus, c’est un tonique gastro-intestinal qui combat les flatulences et les sensations de lourdeur digestive tout en éliminant les parasites intestinaux. On lui reconnaît même une action antifongique sur les champignons qui peuvent se développer sur la peau, les phanères et le cuir cheveu. Enfin, il aurait le pouvoir de stimuler les contractions lors d’un accouchement.

 

Muscade : un deux en un.

La Noix de Muscade est le fruit du Muscadier, un arbre tropical haut de dix à quinze mètres appartenant à la famille des Myristicacées. Cet arbre donne la fleur de muscade de couleur orange. Son fruit jaune-orange possède des tâches rouges ou vertes. Lorsque ce fruit atteint sa maturité, il laisse échapper un noyau à la membrane rouge vif que l’on appelle Macis. Ce Macis renferme une amande brune, c’est la noix de muscade.

 

Muskatnuss - A.DanielMuscade : en haut, Fruit ouvert avec sa noix - en bas, à droite, la noix recouverte de son arille, le macis -  à gauche, la noix de muscade et son écorce noire - photo A. Daniel


La noix de muscade est utilisée râpée pour accommoder les viandes, soupes, purées de légume et certains cocktails, etc. Elle entre dans la composition du curry et son utilisation est très variée dans la cuisine, qu'elle soit salée ou sucrée. En cuisine française, elle est notamment utilisée pour aromatiser le gratin dauphinois.

Cependant, la noix de muscade possède aussi des substances toxiques stupéfiantes, provoquant des troubles graves de type atropinique, mais sans l’effet de myosis (troubles de la motricité pupillaire). Associé à un pouvoir euphorisant, mais aussi toxique pour le système nerveux, la noix de muscade est une drogue puissante à part entière. Il faut faire très attention au dosage car un surdosage pourrait entrainer la mort. De 5 à 10 g. de noix de muscade peut entraîner un état narcotique (état provoquant l’assoupissement et l’engourdissement des membres) avec nausées, angoisses, déshydratation et augmentation du rythme cardiaque. Au delà de 20 g., les effets de la muscade peuvent vous amener au seuil de la mort. De plus, la noix de muscade possède beaucoup d’effets secondaires : vertige, déshydratation, accélération des battements du cœur, constipation provisoire, difficulté à uriner, nausées, panique, etc.


Le macis, lui, est confectionné à partir de l’arille de la noix de muscade, connue aussi sous le nom de fleur de muscade, qui est de couleur rouge écarlate quand elle est encore fraîche. Quand elle est séchée, cet arille est constitué à l’état brut de filaments de couleur orangée ou rouge. Une fois sur le marché, le macis ainsi produit se présente soit sous forme de poudre soit en lamelles. Comparé à la muscade, le macis a un parfum et une saveur plus atténués et il coûte un peu plus cher. Il peut ainsi être utilisé comme alternative à la muscade pour procurer un goût légèrement différent aux plats cuisinés, mais il sert aussi à la confection des charcuteries ou des assortiments d’épices.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Buru-Hill.jpg

Moluques centrales - l'île de Buru aux collines boisées n'est connue que comme lieu d'exil des prisonniers politiques dits "communisytes" sous le régime Suharto - photo East-indonesia.

 

Les Moluques centrales abritent de nombreuses îles formant une chaîne volcanique au nord de la mer de Banda .

 

Karta_ID_Maluku_isl---Holge-Behr-copie-1.PNG                                 Petit rappel géographique - carte des Moluques par Holge Behr


Au sud de Seram, la plus grande île, Ambon est caractérisée par de hautes montagnes, le mont Wawani (1.100 m.) , le mont Salahutu (1.225 m.) et des solfatares et sources chaudes. Les roches granitiques et la serpentine y dominent, bien que du calcaire soit présent, creusé de grottes.

 

Iles-Banda---east-indonesia.jpg                                        Paysage des îles Banda - photo East-indonesia

 

 Les îles Banda constituent à elles seules un archipel, doté de 7 îles habités et de nombreuses autres désertes.

banda-islands.jpg

 

 

L’île principale est Banda Neira , qui abrite la capitale administrative et un petit aérodrome. Banda Besar, la plus grande avec 12 km. sur 3, abrite trois communautés, Lonthoir, Selamon et Waer.

 

Carte des îles Banda - doc. Dive the world.

 

 

Banda-Neira-du-G.Api---fond-Lontar-isl.---Merbabu.jpgAu centre, Banda Neira et son aérodrome - en arrière-plan, l'île de Lontar (Banda Besar) - photo Merbabu, prise du sommet du Gunung Api.

 

Lonthoir---Gunung-Api.jpg      Vue inverse : le cône du Banda Api depuis Lonthoir / Banda Besar - photo East-Indonesia.

 

Banda Api, la plus petite, est formée par un cône volcanique de 640 m. de hauteur. Ce volcan basaltique à rhyodacitique est situé sur le bord sud-ouest d’une caldeira en majeure partie submergée de 7 km. de large. les îles arquées Besar et Neira sont d’ailleurs considérée comme des restes de volcans pré-caldeira.

Des éruptions sont enregistrées au Banda Api depuis 1586, la plupart de nature strombolienne aux dépens du cratère sommital, avec d’autres plus importantes accompagnées de coulées de lave atteignant la mer.

 

Banda_Neira_1724-26--Geheugenvannederland.jpgDocument de 1724-26 / Geheugen van Nederland / MichaelJLowe montrant Banda Api en éruption, à gauche et Banda Neira, à droite.


Ce fut le cas lors de la dernière en date, en mai 1988, avec une ouverture de deux évents repectivement au nord et au sud de la petite île. L’éruption de VEI 3 s’est produite au départ d’une fissure arquée de 3 km. de longueur, coupant le côte à une hauteur de 200 mètres. Le panache éruptif a atteint la hauteur maximum de 16,5 km. Les coulées de lave, d’un volume de 6,2 Mm³ ont atteint la côte, détruisant deux villages.

 

Banda-api-09.05.1988---Shoji---Taeko-Ozawa.jpg

Banda Api - fontaines de lave au dessus des évents nord et sud, avec un panache atteignant 5 km. le 09.05.1988 - à droite, l'île de Neira et à gauche, la pointe de Besar - Photo by Shoji and Taeko Ozawa,

 

Banda-Api-09.05.1988---I.-Yoshida-VSI.jpg

Banda Api - éruption du 09.05.1988 en journée illustrée par deux panaches distincts - la photo est endommagée (points bleutés) mais constitue un document rare - photo de I. Yoshida, 1988 (courtesy of Volcanological Survey of Indonesia).

 

Banda-Api-10.05.1988---Willem-Rohi-VSI.jpg

Banda Api -  le 10.05.1988, un panache chargé en cendres surmonte l'évent nord - une petite fontaine est visible au centre, proche de la côte - le panache blanc marque l'entrée en mer de la coulée de lave "Batu Angus" qui a détruit deux villages -  Photo by Willem Rohi, 1988 (Volcanological Survey of Indonesia).

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Banda Api

- East-indonesia - Central Maluku : the main gateway to the Moluccas - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Sur les petites îles à l'ouest d'Halmahera,trois volcans importants sont actifs : le Gamalama, connu aussi comme le Pic de Ternate, les deux structures volcaniques de Tidore et le Makian.

 

Le Gamalama est à la fois le volcan et l'île de Ternate; trois cônes progressivement plus jeunes vers le nord en forment le sommet, qui atteint 1715 mètres.

L'activité éruptive enregistrée depuis le 16° siècle, est principalement liée au cratères sommitaux, bien que des éruptions de flancs se produisirent en 1763, 1770, 1775 et 1962-63.

 

Ternate---gamalama-et-palis-du-Sultan.jpgLe Gamalama surmonte le palais du sultan, dernier symbole de la puissance de Ternate. - photo east-Indonesia info.

 

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Le plus jeune des trois cônes sommitaux vu du NE. - les zones non végétalisées sont recouvertes des éjectats de l'éruption de 1994 - Photo by Gatot Sugiharto, 1994 (Volcanological Survey of Indonesia).

 

Ternate---Gamalama-Crater.jpgOn peut atteindre le cratère toujours fumant du Gamalama en 3-4 h. , après s'être renseigné sur l'activité du volcan auprès de la station volcanologique de Marikurubu et des tabous (interdits) auprès de l'office du tourisme. - photo East-Indonesia.

 

Une zone de rift, parallèle à l'arc d'Halmahera, est caractérisée par des évents et des maars, dont le maar Tolire Jaha, aux parois abruptes, et le maar Tolire Kecil, plus petit et situé en bordure de la côte. Ils furent tous deux créé lors de l'éruption de 1775.

Commençant par une activité explosive sommitale le 20 août, l'éruption s'est poursuivie dans la nuit du 5 au 6 septembre par un "base surge" dévastateur responsable du décès de 141 personnes et de la formation des maars. Cette séquence éruptive se termine par des explosions du flancs NO. les 5-6 novembre.


Ternate - maar Tolire Jaha - Jack Lockwood USGSSur cette photo d'archives de l'USGS / Jack Lockwood, les maars : Tolire Jaha aux parois abruptes et sur la droite au SE. le petit maar Tolire Kecil en bord de mer.

 

Un cône éteint est situé au NO. de Ternate : Pulau Hiri.

Selon la légende, il s'agirait du sommet du Gamalama tombé en mer. Avec ses plages de sable noir, Pulau hiri est un "spot" du snorkelling.

 

Pulau-Hiri---Ternate---east-indonesia-info.jpg                                         Pulau Hiri - photo East-Indonesia info.

 

Le complexe volcanique de Tidore se compose d'un stratovolcan haut de 1730 mètres, le pic Kiematabu, à la pointe sud de lîle, d'une caldeira tronquée contenant deux cônes, le Sabale, au nord, et de l'île Maitara, située à 1 km. au large de la côte NO.

Comme Ternate, Tidore fut un sultanat spécialisé dans le commerce des épices, mais qui a perdu rapidement de son importance au niveaux commercial et administratif et a sombré dans une relative obscurité.

 

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                               Tidore, vu de Ternate - photo Achmad Rabin Taim

 

La plage la plus courrue de l'île, Pantai Akesahu, calme durant la semaine abrite aussi une source chaude fort agréable pour les bains.

 

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                       Tidore Hot Springs Beach - photo East-Indonesia.info

 

Le volcan Makian, aussi connu sous le nom de Gunung Kie Besi, forme une île près de la terminaison sud de la chaîne d'îles volcaniques au large d'Halmahera.

Le cratère sommital large de 1500 m., occupé par un petit lac côté NE., donne au volcan un profil plat.

Deux vallées s'étendent du sommet jusqu'à la mer côtés nord et est, et quatre cônes parasites ornent les flancs ouest.

 

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Le Kie Besi vu du NO. et la vallée nord, le Barranco Ngopagita - Photo by Ruska Hadian, 1985 (Volcanological Survey of Indonesia).


Son activité est enregistrée depuis 1550, et est source d'éruptions peu fréquentes mais violentes. Les plus importantes sont datées de 1646, 1760-61, 1861-62, 1890 et 1988 (VEI 3) et responsables de dommages extensifs et de nombreux décès.

En 1988, après une crise de séismes superficiels en augmentation depuis le 20 juillet, le VSI a fait évacué 15.000 résidents vers l'île Moti à 6 km plus au nord. LE 28, 521 séismes sont enregistrés et le trémor débute à 22h.

L'éruption débute le 29, avec l'émission d'un panache montant à 8-10 km. Le 30 juillet à 10h 06, une explosion est suivie de nuées ardentes descendants dans les deux vallées sur plus de 1.000 mètres, certaines atteignant même la mer. Une série de petites explosions commence le 31 juillet et continuent jusqu'au 6 août, nourrissant un panache décroissant dans le temps de 6 jusqu'à 2, puis 1 km. au dessus du cratère. Un dôme de lave à toit plat est extrudé dans le cratère sommital.

 

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Panache de l'éruption du Kie Besi en fin juillet 1988 - Photo by Willem Rohi, 1988 (Volcanological Survey of Indonesia).

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Gamalama

- Global Volcanism Program - Tidore

- Global Volcanism Program - Makian

- East-Indonesia info - North Maluku, the land of four mountains - link

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Au sud du Dukono, le sommet tronqué du Gunung Ibu s'élève à 1325 mètres. Il contient plusieurs cratères nichés.

Le cratère extérieur, large de 1,2 km. est ébréché côté nord, ce qui a créé une vallée encaissée.

 

 

ibu-2000---Dan-Olberg.jpg

ibu-lava-dome---Bruce-Gemmell---PT-Nusa-Halmahera-minerals.jpg

 

 

 

A gauche, les cratères nichés de l'Ibu

 (May 2000 by Dan Olberg, Senior Geologist, PT Nusa Halmahera Minerals.)

A droite, vue rapprochée du dôme de lave occupant le cratère interne  (May 2000 - Photograph by Bruce Gemmell, PT Nusa Halmahera Minerals. )

 

Le cratère intérieur, large de 1 km. et profond de 40 mètres, a contenu divers petits lacs de cratère par le passé ; il est occupé par un dôme de lave dont la croissance a débuté en décembre 1998.

Un grand cône parasite est situé à l'ENE. du sommet, un autre plus petit situé sur le flanc OSO. a nourri des coulées de lave.

Un groupe de maars est localisé sur les bas-flancs N. et O. du volcan.

 

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Crtaère interne du Gunung Ibu - position du dôme dans le cratère aux parois abruptes et dôme fumant -

 Courtesy of Arnold Binas / GVP

 

ibu-act.-strombolienne---2009-de-Toffoli-rietze.jpgIbu - le dôme en croissance dans le cratère interne présente des éjections de type strombolien - photo 

08-09.2009 par  Alain de Toffoli and Martin Rietze.

 

Toujours plus au sud, le Gamkonora constitue le relief le plus élevé d'Halmahera, avec 1.635 m.

Il présente une série de cratères sommitaux disposés le long d'un rift orienté nord-sud, suite au déplacement des centres éruptifs.

Les cônes du Gunung Alon et Popolojo, situés au sud du Gamkonora, ont émis des coulées de lave à l'aspect juvénile.

Son activité répertoriée depuis le le 16° siècle se résume en éruptions explosives petites à modérées.

Sa plus importante éruption en 1673 (VEI 5 ?) a causé un tsunami qui a inondé plusieurs villages.

 

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Le Gamkonora et le village de Gamsungi - Photo by A. Solihin, 1984 (Volcanological Survey of Indonesia).

 

Gamkonora---09.07.2007.jpg                              Erution du Gamkonora le 09.07.2007 - photo Erwin / AFP

 

En 2007, l'éruption, classée de VEI 2, avait necessité l'évacuation de 8.000 personnes ... le panache est monté à une hauteur de 4.000 mètres.

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Ibu

- Global Volcanism Program - Gamkonora

- A.L.P.E. - Halmahera 2009 - link

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Dukono 05.2012 - 2 Benisius Anu  
  Imposant panache émis par le Dukono en mai 2012 - photo Benisius Anu / Halmaherautara.com

 

Le Dukono est particulièrement en forme depuis le 24 mai, où des éruptions de cendres envoient une colonne à 2-3.000 mètres de hauteur.

Le 25 mai, il  émet un panache montant à 4.500 m. au dessus du niveau de la mer, dérivant sur 185 km. direction est. Le 27 mai, il remet cela avec de nouveau une émission à 4.500 m., dérivant sur 130 km. Les 28 et 29 mai, les panaches atteignent 3.000 m. et dérivent vers le nord-est sur 75-93 km.

(GVP – Volcanodiscovery – photo http://www.halmaherautara.com )


C’est le moment de s’intéresser à ce coin de la planète, compris entre Sulawesi et Irian Jaya : L’archipel des Moluques.


 

Fig-1.jpg                     Tectonique de l'Indonésie- les différentes plaques et micro-plaques.


L’archipel des Moluques fait partie de l’actuelle Indonésie et forme un territoire de 74.500 km² pour environ 2,1 millions d'habitants. Halmahera, l’île principale, est entourée d’îles plus petites,  e.a. Morotai, Ternate, Bacan, Obi et Gebe ; le mer des Moluques les bordent à l’ouest et la partie sud de la mer des Philippines à l’est.

Ces îles (en indonésien Maluku) productrices d'épices ont attiré les Européens dans l'archipel indonésien au début du XVIe siècle. Leur nom vient de Jazirat al Muluk, " l'île des rois ", que leur donnaient les marchands arabes.

 

Karta_ID_Maluku_isl---Holge-Behr.PNG                                         Carte des Moluques - doc. Holge Behr.


La tectonique de la région est complexe et implique plusieurs micro-plaques dont celle de Halmahera, de Sangihe, de Bird's Head et des Moluques.

La mer des Moluques constitue le seul exemple actuel de fermeture d’un bassin océanique par subduction de lithosphères océaniques dans deux directions opposées, avec comme résultat la création de l’arc Sangihe à l’ouest et de l’arc Halmahera à l’est.

 

Halmahera---Molluques.jpg

Les arcs volcaniques Sangihe et Halmahera - les plaques Sangihe, Halmahera et de la mer des Moluques - Doc. What on Earth / Olelog.

 

Sulawesi_regional_geodynamic.jpgGéodynamique régionale : failles, zones de subduction, arcs volcaniques et micro-plaques, zone de suture de la mer des Moluques - doc. Alain Melchior / Contexte géodynamique de Sulawesi / LAVE.be


La plaque océanique des Moluques faisait originellement partie de la plaque Philippines, il y a 13 Ma, à une époque où la plaque australienne était plus au sud. La fosse Sangihe était active en ce temps là, avec une subduction datant de l’Oligocène, et plus ancienne que celle d’Halmahera. La profondeur de la dalle descendante de la zone de subduction Sangihe est plus grande que celle qui caractérise la zone de subduction Halmahera. Les deux plaques, Sangihe et Halmahera, chevauchent la plaque de la mer des Moluques … qui disparaîtra à terme.

 

En mer des Moluques, le subduction de Sangihe absorbe une partie significative des 10 cm/an de convergence Philippines / Sonde. La vitesse de déplacement au GPS est de 80 mm/an au nord de l'équateur.

Dans la région sud-Moluques, au sud de l'équateur, cette vitesse s'amortit rapidement avec un taux de l'ordre de 2 mm/an.

 

Mol sea webContexte tectonique en indonésie orientale - A : situation actuelle - B : il y a 5 millions d'années  - doc. Hall 2000 / geology.um.maine.edu


La zone de faille Sorong est un système de faille latérale-gauche majeur, séparant l’Australie de la plaque océanique Philippines (micro-plaque Halmahera) et de la plaque de la mer des Moluques.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Dukono

- Double subduction - by Jennifer Bromley / Univ. Maine 2006 - link

- The Molucca sea - J.Bromley / Univ. Maine 2006 - link

- L.A.V.E. - Contexte géodynamique de l'île de Sulawesi - par A. Melchior - link

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                      Chaiten / chili - éruption 2008 - "Best picture of the year 2008 "

 

De multiples observateurs ont remarqué depuis l’éruption du Vésuve et la destruction de Pompeï, relatée dans les écrits de Pline, que les éruptions provoquent souvent des orages et des éclairs, plus tard ce sont les œuvres des peintres et illustrateurs qui ont mis ce phénomène à l’honneur du point de vue esthétique … mais ce n’est que récemment, que les chercheurs ont mis en place des stations de surveillance destinées à mesurer l’activité électrique et étudier les causes de ces éclairs.

 

the-eruption-of-Vesuvius-as-seen-from-Naples--1882--G.Poule.jpg"L'éruption du Vésuve vue de Naples, octobre 1822" G. Julius Poullet Scrope, Masson, 1864. Historical Draw from George Julius Poulett Scrope (1797-1876)


Le principe de base est connu : les différentes particules de cendres du panache volcanique se chargent électriquement lors de collisions, certaines positivement, d’autres négativement. Des différences entre l'aérodynamisme des particules chargées séparent celles qui sont chargées positivement de celles qui le sont négativement. Lorsque la différence de charge devient trop importante, l’éclair se produit.

Ce processus permet au nuage/panache de se décharger comme le fait un cumulonimbus d’orage.

 

lightning-science-lg.jpg                                       Schéma lightning science / Geology.com

 

clouddiagram.jpg                  Mécanismes de décharge et types d'éclairs  généré dans / autour d'un cumulonimbus.

 

Un projet de recherche expérimental, financé en partie par une subvention de l'USGS à l'Université de Washington, appelé WWLLN - pour World Wide Lightning Location Network - et créé en 1996, vise à identifier de manière fiable les éclairs liés aux panaches de cendres volcaniques, et donc en relation avec une éruption, parmi les éclairs provenant d'orages situés dans les zones volcaniques.

Le programme détecte à chaque minute les éclairs, et après analyse informatique, envoie une alerte éventuelle d'éruption auprès de l'AVO - Alaska Volcano Observatory.

 

 

Pour étudier plus précisément ces manifestations éphémères, des volcanologues de l'Alsaka Volcano Observatory se sont associés à de véritables chasseurs d'éclairs professionnels, en l'occurrence l'équipe de Ronald Thomas, du Langmuir Laboratory (université New Mexico Tech), qui traque les manifestations radioélectriques de l'atmosphère partout dans le monde et travaille aussi avec la Nasa.


Une première observation poussée est effectuée en janvier 2006 lors de l’éruption du Mont Augustine, dans le détroit de Cook en Alaska. Elle est faite grâce au L.M.A. – Langmuir laboratory’s lightning Mapping Array – qui enregistre l’activité radioélectrique sur une large bande de fréquences.

Les éclairs ont duré seulement 10 minutes pendant l’éruption de l’Augustine. Cependant, pendant cette période, les chercheurs ont observé 300 coups de foudre. Ronald Thomas les compare à un violent orage tels que ceux observés en été dans le Midllewest.
Il suspecte que la présence d’éclairs pourrait être en relation avec la puissance de l’éruption et avec le type de volcan. Les éruptions les plus fortes ont produit plus de débris hautement chargés et donc peuvent produire plus d’éclairs. Les volcans effusifs tels que ceux d’Hawaii, qui produisent actuellement uniquement des coulées de lave, ne génèrent en principe pas d’éclairs.

 

Deux types d’éclairs sont produits d’après les observations : 

- des éclairs précoces sont produits juste à la sortie de la bouche du volcan, lorsque l’éruption débute et que le magma se fragmente. Ils montent vers l’intérieur de la colonne éruptive en formation.

 

Sakura-Jima-09.01.2010-ThB.jpg                       Sakura-jima / Japon - 09.01.2010 - photo Thorsten Boeckel

 

18.04.10---orvaratli.jpg                                Eyjafjallajökull - 18.04.2010 - photo Orvaratli


- Dans un deuxième temps, les éclairs se forment dans le panache lui-même, et ressemblent à ceux produit dans un orage : branches multiples et durée d’une demi-seconde environ.

 

Eyjafjoll-04.10.jpg                         Eyjafjallajökull - avril 2010 - photo Skarphedinn Thrainsson / Flickr

 

En mars et avril 2009, c’est au tour du Redoubt de servir de terrain Redoubt 2009 - Brentwood Higmanexpérimental. Vingt-trois épisodes distincts de productions d’éclairs volcaniques sont observés durant l’éruption et deux phases d’activité électrique distinctes sont également remarquées, respectivement durant la phase explosive et la phase dite de panache.  - Redoubt / Alaska 28.03.2009 - photo Brentwood higman

 

La phase explosive est caractérisée par de petites décharges survenant directement au dessus de l’évent. Les éclairs se répartissent sur 1 à 50 km².

La phase de panache voit les décharges se produire à l’intérieur de la colonne éruptive.

 

04.06.2011---Puyehue---Franciscp-Negroni-AP-AgenciaUno.jpg                    Puyehue - Cordon-Caulle / Chili - 04.06.2011 - photo Francisco Negroni / AP


Avec le temps, l’extension horizontale des flashes augmente, les plus importants se produisant à la fin de la phase de panache. La distribution de la composante horizontale des décharges au cours du temps indique que la structure chargée du panache évolue d’un complexe grumeleux vers une stratification horizontale plus simple.

 

ejafjalla16apr2010-mfulle4145j.jpg                                     Eyjafjallajökull - 16.04.2010 - photo Marco Fulle

 

-kirishima-lightning--Minami-Nippon-Shibun.jpg                      Kirishima / Japon - photo Minami Nippn Shibun

 

Mais les éclairs dans le nuage pourraient être liés au gel de l’eau, qui électrifierait les nuages dans les orages.

Cette hypothèse a été émise par une équipe de chercheurs islandais et britanniques qui ont étudié l’éruption en 2010 du volcan islandais Eyjafjallajökull. Ils ont découvert que l’éclair dans le nuage n’avait seulement lieu que quand les températures au sommet du nuage de cendres chutaient en dessous de -20°C. C’est la température à laquelle les gouttes d’eau très froides gèlent dans l’atmosphère, d’après Alec Bennet, physicien atmosphérique ayant participé à l’étude. 

 

 

La hauteur du panache est un facteur clef régissant aussi la quantité d’éclairs durant l’orage volcanique, qui se produit dans des panaches d’une hauteur supérieure à 10.000 mètres.

De hauts panaches contribuent à la génération de la charge au travers de collisions avec les particules de glace, en fournissant de forts courants ascendants, eux-mêmes dépendants de l’énergie thermique de l’éruption.

Cette observation est importante, d’après Sonja Behnke qui a écrit à ce sujet dans la Journal of volcanology and Geothermal research 2012 - (Observations of volcanic lightning during the 2009 eruption of Redoubt Volcano) - , parce que les systèmes pour surveiller les éclairs pouvaient aussi fournir une estimation de la taille de l’éruption, ce qui n’est pas toujours facile à évaluer pour les volcans éloignés.

 

Lors d’une précédente éruption au Mont Redoubt en 1989 et 1990 par exemple, la taille du nuage n’était pas connue et un avion a failli s’écraser après être passé à travers le nuage de cendres et après avoir perdu temporairement toute alimentation électrique de ses moteurs.

 

Sonja Behkne et ses collègues ont suggéré que des stations à très haute fréquence similaires à celles installées au Mont Redoubt pourraient être utilisées pour surveiller les volcans, lancer des alertes et estimer la taille des nuages lors d’éruptions.

 

Cette technique vient de faire l'objet d'une publication à l'AGU - American Geophysical Union - 2010 fall meeting  : "Global detection of explosive volcanic eruptions with the World Wide Lightning Location Network (WWLLN) and application to aviation safety.

Deux pages distinctes reprennent d'une part 262 volcans monitorés sur le site AVO (http://flash3.ess.washington.edu/USGS/AVO/), d'autre part les 1563 volcans repris par le Global Volcanism Program (http://flash3.ess.washington.edu/USGS/Global/) ; ces pages sont accessibles via les liens soulignés.

 

Entrelagos-05.06.11-Carlos-Guttierez-Reuters.jpg                Puyehue - Cordon-Caulle / Chili -  05.06.2011 - Carlos Guttierez / Reuters

 

Les résultats de ces mesures de surveillance peuvent également aider les chercheurs à déterminer comment les nuages volcaniques deviennent électrifiés par un processus qui séparent les charges négatives des charges positives dans différentes parties du nuage.

 

Sources :

- Behnke, Sonja. A., et al. - Observations of volcanic lightning during the 2009 eruption of Redoubt Volcano, J. Volcanol. Geotherm. Res. (2012), doi:10.1016/j.jvolgeores. 2011.12.010

- Geology.com - Photos of lightning in the Redoubt volcano ash cloud - Brentwood Higman / Ground Truth trekking.org

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