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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Kelud (ou Kelut) est un stratovolcan javanais andésito-basaltique, haut de 1731 m, au sommet occupé par un lac de cratère responsable de nombre d’éruptions meurtrières.

Son profil tourmenté est en rapport avec la présence d’un groupe de dômes de lave sommitaux (Gajah Mungkur, Gunung Sumbing ), recoupé de cratères. Ses flancs est, ouest et sud-sud-ouest sont aussi ponctués de cônes satellites et dômes de lave.

 

Kelud-2005---MR.jpg

Java - Kelud : le cratère et son lac, en 2005 -  avec l'aimable autorisation de  © Martin Rietze - A.L.P.E.

 

Depuis l’an 1000, plus de trente éruptions ont été enregistrées. Les morts et les destructions sont dues à des éruptions brèves mais violentes au cours desquelles l’eau du lac de cratère est éjectée, accompagnées de coulées pyroclatiques et de lahars.

Le Kelud domine des plaines densément peuplées, Kediri et Blitar. Quelques 2.390.000 personnes vivent sous ce volcan qui les surmonte de 1650 mètres. Il est d‘autant plus dangereux que ses flancs sont profondément entaillés favorisant les écoulements.

 

lahars-Kelud-1919--1966--GVP.jpg

Carte des drainages du flanc ouest du Kelud, avec les zones de Kediri et Biltar - avec les zones affectées par les lahars consécutifs aux éruptions de 1919 et 1966, et aux pluies après 1966. carte Rodolfo / GVP 1999.

 

En 1919, l'éruption a expulsé 38,000 m3 d'eau provenant du lac de cratère générant des lahars qui se sont écoulés jusqu'à 37 km du cratère et ont recouvert une superficie de 131 km2, inondant 104 villages et tuant 5,160 personnes (Thouret et al., 1998) … suite à celle-ci, des travaux de drainage du lac ont été entrepris, qui ont fait baisser le niveau de plus de 50 mètres. Ces efforts ont été anéantis par l’éruption de 1951 qui a approfondi le cratère de 70 mètres, laissant un volume de 50 millions de m³.

En 1966, une nouvelle éruption a fait plus de 200 morts ; après quoi, un autre tunnel de drainage plus profond fut creusé, réduisant le volume du lac à seulement un à deux millions de m³. Des travaux de contrôle des lahars – Sabo dam - ont également été pratiqués.

 

La composition de ce lac de cratère diffère de celles fréquemment observées dans les autres lacs de cratères actifs où les gaz magmatiques (SO2, HCl et HF) se déchargent directement dans le lac ou dans le système hydrothermal sous-jacent.

Les eaux du Kelud sont de type "neutre-chlorure" riches en Na et K qui reflètent plutôt un système hydrothermal où les fluides ont été complètement neutralisés par la roche et où l'apport de gaz magmatiques est inexistant.

Les eaux du lac du Kelud sont de pH neutre et seule une petite partie du

CO2 est transformée en bicarbonates, le reste passe à travers le lac et dégaze à la surface du lac. Les méthodes d'analyse des mesures de flux de CO2 ont permis de distinguer deux grands processus de dégazage. Le premier processus est un dégazage sous forme de bulles et le second est un transfert de CO2 par diffusion vers l'atmosphère. Ces deux processus de dégazage proviennent des fluides contenus dans le système hydrothermal. (ULB – Prof. Alain Bernard et Thèse d’Agnès Mazot 2004).


La surveillance par les équipes du VSI – Volcanological Survey of Indonesia  et de l’ULB – Université Libre de Bruxelles / FUNDP a révélé l’influence hydrothermale du lac depuis le début des années 90. Sa température  a été de plusieurs degrés supérieure à celle de l’air ambiant, en gardant un pH proche de la neutralité. En 2004, sa profondeur était de 34 m., son diamètre de 350 mètres pour un volume de 2,1 Mm³ d’eau (VSI).

 

Entre août et septembre 2007, la couleur du lac se modifie, passant du traditionnel vert à jaune puis bleuté.

 

Kelud-ULB-colour_150807_ss.JPGKelud-ULB-colour_310807_ss.JPG

Kelud---ULB-colour_060907_ss.JPG

Changements de couleur du lac du Kelud, respectivement les 15 et 31 août et 7 septembre 2007 - Photographs courtesy of Akhmad Solikhin and Khirul Huda (CVGHM)./ ULB / A. Bernard

 

2007---Kelud---GVP.jpg

Volcan Kelud - Sismicité, température e l'eau du lac et niveaux d'alerte du volcan entre juin et novembre 2007 - doc. GVP / Surono & A. Bernard.

 

Début novembre 2007, l’extrusion d’un dôme de lave substantiel a débuté au centre du lac de cratère ; cette activité fut passive, même au niveau du contact entre le dôme et le lac, sans projections d’eau , ni de cendres. Le dôme a grandi rapidement, formant une structure déprimée au centre, et entourée des restes du lac. Fin novembre, le dôme est qualifié de stable, bien que toujours en éruption.


kelud_e33219.jpg

Kelud - le dôme de lave et les restes du lac de cratère le 30.11.2007 ; de nombreux fragments se détachent du dôme et roulent sur ses flancs et on aperçoit la dépression sommitale - photo © Tom Pfeiffer / Volcanodiscovery in GVP.

 

Kelud-06.12.2007---CVGHM.jpg

                        Le dôme du Kelud le 06.12.2007 - photo CVGHM / ULB - A. Bernard

 

kelud--26Jan2008---ULB.jpg

Le dôme du Kelud est devenu plus anguleux et occupe toute la place dans le cratère - 26.01.2008 - photo CVGHM / ULB - A. Bernard

 

En mai 2008, des rapports provisoires estimaient que l’extrusion du dôme avait cessée ou était suspendue. Le VSI estimait alors ses dimensions à 20 m de haut, 400 m. de large, pour un volume de 35 millions de m³.

Au milieu du mois de mai, le lac a pratiquement disparu ; les températures des eaux mesurées à la terminaison du drainage, à 960 m. du dôme, restent supérieures à celles du lac lui-meme, 66,7 °C.

L’activité phréatique et le dégazage magmatique demeurent faibles, avec une petite quantité de poussières émise et l’absence de lahars … le niveau d'alerte du Kelud est repassé au vert le 12 mai 2008.

 

Kelud-dome-26.11.2010---2-AVE.jpg             Kelud - le dôme est toujours bien fumant en novembre 2010 -  © Antony Van Eeten

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Kelut

- ULB - thèse d'A. Mazot -Dégazage du CO2 et bilan thermique du lac de cratère du Kelud - 2004

- IAVCEI - Commission of Volcanic lakes - Kelud volcano is showing many signs of unrest since july 2007 / ULB - link

- Photos ALPE / M.Rietze, VolcanoDiscovery / Tom Pfeiffer, Antony Van Eeten.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

  09.2011---les-3-crateres-alignes----Ovsicori.jpg

 09.2011 - Vue des trois cratères alignés du Poas : de gauche à droite, le Botos - au centre, le cratère actif et la zone dénudée par les émissions de gaz - au fond, le cratère von Frantzius boisé - photo OVSICORI.


Le lac de cratère volcanique du Poas illustre bien l’importance de son rôle comme tampon physique et chimique du système volcanique.

La disparition progressive du lac en 1989 s’est accompagnée d’une augmentation de l’activité éruptive et d’émissions considérables de gaz impactant gravement l’environnement.

 

Depuis 87, le lac a commencé à se rétrécir, et en février 1989, sa baisse de niveau atteint 30 mètres, laissant apparaître des terrasses de dessiccation colorées en gris par la boue, tandis que sa surface est marquée de nombreux centres de bouillonnement convectif. Sa température atteint 82°C en fin mars. Deux basins de soufre liquide à 115°C bouillonnent dans des puits, à un niveau de 50 cm. Inférieur à celui du plancher du lac asséché. De nombreux sublimés de soufre colorent les bords des puits.

 

03.1989.png1988---Poas-soufre---Jorge-Barquero-UNACR.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Coupe O-E du cratère illustrant l'activité en mars 1989 - doc. Ger.Soto / GVP

 

Soufre liquide dans son puit - photo

Jorge Barquero (Universidad Nacional Costa Rica).

 

 

Les émissions de gaz et de cendres continuent durant le mois de mai, les plus fortes en provenance d’un cône de boue formé au centre du cratère. Mi-mai, le retour de la saison des pluies coïncide avec la formation d’un nouveau lac, où perdurent les éruptions boueuses, avant qu’en fin de mois, les cônes de boue ne s’effondrent. Les émissions de vapeur d’eau et de gaz sulfureux demeurent importantes en juin- juillet. En août, des coulées de soufre et des pluies acides sont enregistrées… et les émissions de gaz continuent jusqu’en fin d’année.

La première moitié de 1990 est marquée par de l’activité phréatique et un rétrécissement du lac, puis une forte activité fumerollienne prend le relais. En mars 1991, nouvel assèchement du lac, avant qu’en août, les pluies ne permettent un retour des eaux et une couverture des évents fumerolliens. L’activité est caractérisée ensuite par de petites éruptions phréatiques espacées et un fort dégazage.Le recouvrement des terrasses par les eaux du lac ne se fera qu’en décembre 1992.

 

Tom-019-copie.jpg                                            Situation en 89-90 - schéma explicatif de l'Ovsicori.

 

Une explication donnée par les volcanologues suggère une série de conduits dendritiques  alimentés par une intrusion magmatique en 1986-87, avec augmentation du flux de chaleur et de gaz, suite à des fissures à une profondeur d'environ 500 m. Lorsque la pression du magma sous-jacent diminue, le lien entre la source profonde de magma et le système de conduits supérieur va se briser et le système hydrothermal va reprendre son rôle de refroidisseur.

 

costa-Rica-229---27.12.2007.jpgUne vue dégagée du cratère actif du Poas en décembre 2007 permet de voir, en bord proximal de la laguna Caliente, la bosse laissée par l'intrusion magmatique de 1953 - au fond, le cratère von Frantzius - photo © Bernard Duyck

 

costa-Rica-230-copie.jpgLa laguna Caliente du Poas sur laquelle flotte du soufre colloïdal - © Bernard Duyck 27.12.2007

 

Ces lacs de cratère sont sujets à des éruptions de type phréatique fréquentes.


28.08.1988-petite-eruption-phreatique---E.Valverde.jpg

                              Poas - 28.08.1988 petite éruption phréatique - photo E.Valverde.

 

12.2009-Erupt.-phreatiques-Poas.jpg

Le 25 décembre 2009, une éruption phréatique a propulsé de la vapeur et de l'eau mélangée à des sédiments et des blocs à une hauteur de 600 environ au dessus de la laguna Caliente, avec des retombées dans le cratère.

 

La séquence ci-contre dure un peu plus de 20 secondes; elle montre une émergence clairement verticale, avec un panache noir chargé en matériaux sur les photos a et b.

 

Des nuages de vapeur masquent la base du panache- photo c et d. Une pluie retombe du panache, colorée en gris sur la photo c.

 

Au fur et à mesure de l'évolution de l'éruption, un nuage de riche en vapeur enveloppe le panache éruptif proprement dit - photo d.

 

Photos de l'éruption par Cindy and JM's Gallery on the Picasa photo sharing website / GVP.

 

Cette énumération des éruptions phréatiques qui ont marqué le Poas n'est pas limitative.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Poas 

- Ovsicori - Geophysical studies of the recent 15-year eruptive cycle at

Poa´s Volcano, Costa Rica - by H. Rymer, J. Cassidy, C.A. Locke, M.V. Barboza, J. Barquero, J. Brenes, R. Van der Laat - Journal of Volcanology and Geothermal Research 97 (2000) 425–442.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La lave et l'eau ne "font pas bon ménage" , mais qu'en est-il de la cohabitation entre l'eau et le volcan hors phénomène éruptif  ? 

Nous parlerons cette semaine des lacs de cratères.

 

 

Les lacs de cratère sont intéressants tant par leurs côtés esthétiques, que par leur complexité géo-chimique, liés à leur formation et à l’évolution de l’activité volcanique.

 

Un lac de cratère est un lac qui se forme dans un cratère volcanique, une caldeira ou un maar.

La dépression due à ces formations géologiques se remplit grâce aux précipitations naturelles et crée un lac qui s’approfondit graduellement jusqu’à trouver un équilibre entre le taux de précipitation et ceux de l’évaporation et de l’absorption des sols, mais aussi parfois le débordement d’une des rives du lac. 

 

On distingue plusieurs types de lacs de cratère :

- Les lacs situés sur des volcans endormis ou inactifs ont souvent des eaux fraîches  et claires, grâce à l’absence de courants et de sédiments.


04.2012---2---Red-sism-nac.jpg

Costa Rica - Cohabitation au sommet du volcan Poas, entre un lac froid d'eau douce, le lac Botos (ou laguna del Fria) bleu foncé en haut à gauche, et un lac acide et chaud (la laguna Caliente) à l'avant-plan - photo Red Sismologica Nacional avril 2012.

 

- Les lacs acides se forment à partir d’un lac de cratère dans le cas où le volcan rejette en permanence des gaz volcaniques en quantité suffisante ; émis depuis les profondeurs du lac, ces gaz se dissolvent grâce à la pression de la colonne d’eau , ou si le dégazage est plus puissant, donnent des bulles remontant à la surface. Ces gaz sont émis au dessus du niveau des eaux sous forme de fumerolles ou solfatares parfois entourées de dépôts de soufre, comme au Kawah Ijen.

 

Kawah---Rick-Wezenaar.jpg                      Indonésie - le lac et la soufrière du Kawah Ijen - photo Rick Wezenaar.


 -  les lacs peuvent ne pas s’acidifier mais se charger en dioxyde de carbone, si les gaz volcaniques émis sont pauvres en H2S et SO2 .

Ces lacs sont susceptibles, en cas de perturbations, d’engendrer une éruption limnique, avec dégazage brutal du lac, comme au lac Nyos.

 

Nyos-29.08.86---USGS.jpg                                          Cameroun - le lac Nyos - photo USGS

 

Les lacs de cratère volcanique agissent à la fois comme des condenseurs chimiques et des calorimètres pour les gaz volcaniques et pour la chaleur libérée au sein de l’édifice volcanique actif (A. Bernard / ULB)

 

Un lac de cratère actif : un réacteur chimique.

Un lac de cratère actif fonctionne comme un réacteur chimique, en captant les gaz volatils émis par la chambre magmatique située en profondeur. La chimie du lac est affectée par les interaction entre les fluides et les roches, la dilution par les eaux météoriques, l'évaporation, le débordement, les déperditions ou le recyclage des eaux du lac dans le système hydrothermal en sub-surface.

 

Les déperditions dans le système hydrothermal sont nécessaires à un transfert efficace de chaleur et de produits chimiques entre le magma et le lac, vers la surface. C'est ainsi que les lacs de cratère volcaniques agissent comme d'énormes pièges chimiques et des condenseurs pour substances magmatiques volatiles  ... c'est une façon pour les volcanologues de paramétrer les flux de gaz et de chaleur originaire du magma en profondeur sur le long terme.

 

Lacmodel_s.jpg 

Modèle simplifié des échanges au niveau d'un lac de cratère en relation avec le dégazage passif du volcan - document ULB / Prof. Alain Bernard

 

Un lac de cratère : un échangeur thermique.

De nombreux lacs de cratère présentent une situation d'équilibre entre les apports et les déperditions de chaleur.

 

La "chaleur entrante" dérive de l'enthalpie (*) des fluides hydrothermaux entrants et se mélangeant aux eaux du lac (vapeur et saumure), et les radiations solaires et atmosphériques - flèches rouges.

La "chaleur sortante" est perdue par évaporation, conduction radiation vers l'atmosphère d'une part, d'autre part par un brassage avec les eaux météoriques (apports pluviaux) et les pertes par suintement et débordement. - flèches bleues.

 

Echanges-thermiques-lacs-de-cratere---ULB-A.Bernard.jpgLes échanges thermiques au niveau d'un lac de cratère volcanique - doc. from Brantley, Agustsdottir and Rowe 1993 / ULB - Prof. Alain Bernard

 

Les caractéristiques chimiques des lacs de cratère volcaniques :

 

Petit rappel de la composition des gaz magmatiques : ils sont principalement composés de vapeur d'eau, de dioxyde de carbone (CO2) et de divers autres gaz :  hydrogène (H2), dioxyde de soufre (SO2), hydrogène sufuré (H2S), gaz fluorés et chlorés (F -> HF; Cl -> HCl).

 

Dossier-32-9838.JPG                     Composition des gaz magmatiques  - Doc. Guide des volcans - Rossi & al.

 

caracteristiques-chimiques-des-lacs-cratere---ULB-A.Berna.JPG

Classification des lacs volcaniques en fonction de la concentration des anions.

ASC: lacs de type acide-sulfate-chlorure, NC: lacs de type neutre-chlorure et NB: lacs de type neutre-bicarbonate. - doc. ULB A. Bernard

Lacs de type ASC : Ta: Taal (Philippines) - So: Sorik Marapi (Indonésie) - Ku: Kusatsu (Japon) - Ka: Kaba (Indonésie) - An: Santa Ana (Salvador) - Ke: Kelimutu (Indonésie) - Ma: Maly Semiachik (Russie) - Ij: Ijen (Indonésie) - Po: Poàs (Costa Rica) - Ru: Ruapehu (Nouvelle-Zélande)

Lacs de type NC : Sv: Soufrière (St Vincent) - Qu: Quilotoa (Equateur) - Sa: Segara Anak (Indonésie)

Lacs de type NB : Ny: Nyos (Cameroun) - Mo: Monoun (Cameroun)

 

En fonction de la concentration en anions des eaux, la commission de l'IAVCEI les classe en trois catégories :

- les lacs de type acide - sulfate - chlorure (ASC) : ex. le Kawak Ijen ou le Poas. Ils résultent de la décharge directe des gaz magmatiques et ont un pH bas (acide).

- les lacs de type neutre - chlorure (NC) : ex. le lac du Quilotoa.

Ils sont le résultat de fluides provenant d'un système hydrothermal arrivé à un degré avancé de "maturité" c'est à dire où les fluides ont atteint un équilibre avec la roche encaissante et où l'acidité a été neutralisée.

- les lacs de type neutre - bicarbonate (NB) : comme le lac Nyos.

La contribution des gaz magmatiques acides dans ce dernier type de lac est actuellement inexistante. Ces lacs sont complètement dépourvus de sulfates et de chlorures mais contiennent une quantité importante de
CO2 dissous.

 

Utilité de l'étude des lacs de cratère :

L'étude des lacs volcaniques a permis d'acquérir une connaissance générale sur les caractéristiques chimiques et physiques des systèmes hydrothermaux.
La surveillance des lacs de cratère permet de détecter des changements qui peuvent survenir dans ce système hydrothermal ou au niveau du magma superficiel. Elle permet de prévenir et d'éviter les conséquences catastrophiques liées aux éruptions de ce type de volcan ... ceux-ci éjectent en effet au début de chaque éruption les volumes d'eau contenus dans leur lac de cratère en entraînant des lahars dévastateurs.


Lexique :

(*) : L’enthalpie (du préfixe en- et du grec thalpein : chauffer) est une fonction d'état extensive de la thermodynamique, dont la variation permet d'exprimer la quantité de chaleur mise en jeu pendant la transformation à pression constante (isobare) d'un système thermodynamique au cours de laquelle celui-ci reçoit ou fournit un travail mécanique.

 

Cette semaine :

petite revue de quelques lacs intéressants et photogéniques !

 

Sources :

- IAVCEI - Commission of volcanic lakes (CVL) - link

- ULB - Some fondamentals about crater lakes - Par le prof. Alain Bernard - 

- Guide des volcans - Rossi & al. - éd. Delachaux & Niestlé

- Volcanologie - JM. Bardintzeff - éd. Dunod

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Début 2011, une équipe, dirigée par les volcanologues F. Sigmundsson et H.Sigurdsson, est descendue dans la cheminée du volcan Thrinhnukagigur en Islande.

Ce volcan, dormant depuis plus de 3.000 ans, se situe dans la péninsule de Reykjanes, à courte distance de l’aéroport de Keflavik.

 

Thrihnukagigur--lava-field--c-Hans-Strand.jpg                  Le cône du Thrinhnukagigur et le champ de lave qui l'entoure -  © Hans Strand

 

Thrihnukagigur-Volcano-location.jpg

 

Outre le film fait par le National Geographic, à l’époque présenté "indûment" comme une descente dans une chambre magmatique - bien que la notion de chambre magmatique fasse toujours l'objet de polémique dans le monde scientifique -, cette intéressante expérience débouche cette année sur une possibilité de visite pour le public.

 

thrihnukagigur-5-c-K.-Maack.jpg                                                   Une descente aux enfers - © Hans Strand

 

Si vous vous sentez capable de descendre de quelques 200 mètres dans une nacelle métallique suspendue à des câbles, vous pourrez dès le mois de juin explorer le système de plomberie supérieur de ce volcan, que l’évacuation du magma a laissé libre depuis très longtemps.

La vision des basaltes altérés par les gaz de la cheminée verticale, puis de la salle d’une surface égale à trois terrains de basket aura de quoi bluffer les plus blasés d’entre vous.

Voici d’ailleurs l’avis de l’auteur des premières photos, Hans Strand : " The chamber is trully an amazing phenomenon and as such, a wonderland for photographers ".

 

Thrihnukagigur--6-c-Hans-Strand11.jpg

                                                Dans le grande salle - © Hans Strand

 

Thrihnukagigur--10-c-Hans-Strand.jpg          Les volcanologues examinent le "plumbing system" du volcan - © Hans Strand

 

La descente et la visite sont organisées, accompagnées par des guides … mais accessible seulement cet été durant 6-8 semaines, du 15 juin au 31 juillet 2012, et limitée à un quota journalier maximum de visiteurs … à planifier donc !

Tous les renseignements sur ce " tour " de 5 à 6 heures, dont une heure à l’intérieur du volcan sont sur le site " Inside the volcano ". 

 

 

 

 

" The big idea " :

Dans un futur proche, les islandais projettent la construction d’un tunnel permettant au public d’atteindre une plate-forme située à l’intérieur du volcan d’où il pourra contempler l’énorme salle laissée par le retrait du magma. Les travaux devraient démarrer début 2013 et l’ouverture du tunnel est prévue pour fin 2014. Les premiers visiteurs de 2012 auront d’ailleurs à donner leurs impressions après la visite… celles-ci devraient conditionner la poursuite du projet.

 

 

 

 

 

 

Source :

- Inside the volcano - link

- National Geographic - Volcano pictures; first descent into a magma chamber - 07.04.2011 - link

- Mail on line -Inside the heart of the volcano ; explorers descend 650 ft into magma chamber for the first time - les photos de la première descente 03.05.2011 - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Dans le prolongement géologique des Gambier, mais ne faisant pas partie de l’entité géographico-politique de la Polynésie Française, on retrouve le groupe des îles Pitcairn.

 

Pitcairn-Island---Dissertation-company-reviews.jpg                                      L'île Pitcairn - photo Dissertation company review

 

Ce petit archipel volcanique , le dernier en direction de l’est avant l’île de Pâques, se compose de quatre îles : Henderson, Ducie, Oeno et Pitcairn, dispersées sur près de 29 km²; il faut y ajouter plusieurs seamounts.

 

Stamp_pitcairn_islands_3d.jpgSituation générale de Pitcairn sur un timbre et carte simplifiée de l'archipel.

 

pitcairn

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces îles font partie des territoires Britanniques d’outre-mer, dernier vestige dans le Pacifique.

Seule l’île de Pitcairn est habitée par une petite communauté, à l’histoire complexe et reliée en grande partie à celle des descendants de la mutinerie du Bounty, et des Tahitiens qui les accompagnèrent.

 

Pitcairn_Ridge_Rope---Andrew-Christian.jpg                   Pitcairn Island: The Rope area, with tidal pool and beach - © Andrew Christian.

 

Elle tient son nom du Major Pitcairn de la Marine britannique qui aperçut le premier l’île du navire HMS Swallow en 1767.

Selon les archéologues, Pitcairn et Henderson auraient été habitée vers l'an 800 par des Polynésiens ; ils faisaient du commerce et malgré sa petite taille, Pitcairn avait un sol suffisamment fertile pour assurer le maintien d’une centaine d’habitants. Au début du 17° siècle, l’explorateur espagnol Quiros découvrit Henderson, alors inhabitée de même que Pitcairn, suite à une dégradation de leur environnement, ou d’hostilités. Il faut attendre 1767 pour que les anglais retrouvent ces îles.

 

L’épopée du HMS Bounty :

Il est nécessaire de retracer celle-ci car nombre de dénominations, e.a. celle des seamounts, y sont liées.

En 1787, ce navire fait escale à Tahiti pour faire moisson d’arbres à pain en vue d’une réimplantation au Nouveau-Monde. Beaucoup de marins se lient avec des tahitiennes, et au départ de Tahiti, ne supportent plus la discipline britannique brutale imposée par le capitaine William Bligh. Le 28 avril 1789, Fletcher Christian, l’un des marins, prend la tête d’une mutinerie et débarque Bligh et 18 membres de l’équipage dans un canot, avec des vivres pour une semaine … ils réussiront à atteindre Timor, à 5000 km. Les mutins retournent vers Tahiti pour s'approvisionner et repartent en embarquant 18 Polynésiens dont 12 femmes … après de nombreuses péripéties, ils abordent Pitcairn et s’y installent, pour échapper à la justice anglaise; ils incendient le navire pour éliminer toute envie d’évasion.

 

Mutiny_HMS_Bounty---Robert-Dodd-1790-Nat.-marine-museum.jpg               La mutinerie du Bounty - oeuvre de Robert Dodd - 1790 / National Marine Museum


L’entente avec les polynésiens n’est pas parfaite et une révolte éclate en 1794, au cours de laquelle Fletcher Christian est tué. Les veuves tahitiennes des marins anglais se vengent en exécutant les polynésiens survivants. De nombreuses disputes internes, générées par l’alcoolisme et la présence en nombre inégal d’hommes et de femmes, laisseront finalement deux marins, John Adams et Ned Young, avec plusieurs femmes et 20 enfants nés de divers mariages de leurs compagnons.

Les insulaires n’utilisent plus que le " pitcairnais "  -un mélange d’anglais et de tahitien - pour communiquer ; en s’inspirant d’une Bible retrouvée dans les débris du bateau, ils tentent de rétablir une société plus juste. Adams met en place un système de lois qui reste encore actuellement en vigueur. Un enseignement religieux en anglais est basé sur le livre de la Bible retrouvé.

Quand le navire américainTopaz débarque à Pitcairn en 1808, John Adams est le seul survivant des "Révoltés du Bounty ", à la tête d’une communauté de 34 femmes et enfants métis. Elle sera annexée par la Grande Bretagne en 1838.

 

La vie d’une île perdue :

En 1853, on compte 170 descendants de mutins. La population devenant trop importante, 194 pitcairnais furent déplacés vers l’île de Norfolk, au nord de la Nouvelle-Zélande.

En 1893, des missionnaires britanniques entreprennent d’alphabétiser les enfants  et de faire leur éducation religieuse. L’île commence à recevoir des visiteurs, désireux de connaître l’exotisme des insulaires.

pitcairn_school-1930--.jpgA partir de 1840, les premiers timbres-postes sont émis, contribuant au maintien de la langue anglaise au détriment du pitcairnais.

Après être passé sous administration des Fidji en 1952, Pitcairn est devenu, en 1970, un territoire d’outre-mer administré par le haut-commissaire britannique en nouvelle-Zélande. - L'école de Pitcairn en 1928 / archives de l'île.

 

-lading-three-longboats-Nat-Geo-Luis-Marden.jpgAccostage de trois "longboats" ... les pitcairnais sont restés de fameux marins - photo Luis Marden / Natonal Geographic

 

L’économie de l’île est tournée vers la pêche, les fruits et légumes et l’artisanat … sans oublier l’industrie philatélique. Les pitcairnais ont conservés le répartition des terres établie par Fletcher Christian, en conservant en partie les lois instituées par J. Adams ; ils ne paient aucun impôt.

Mais la communauté est en péril, car il reste moins de 60 insulaires. De plus, à la fin du mois d'octobre 2004, six hommes (la moitié de la population mâle), dont le maire, ont été condamnés pour viols sur des mineures. Plusieurs femmes de Pitcairn ont accusé la justice britannique de chercher ainsi à vider entièrement Pitcairn de sa population. Il est vrai que la population de Pitcairn constitue sûrement la plus petite communauté du monde à disposer de son propre statut constitutionnel. Pour les autorités britanniques, l'île et ses habitants ne présentent aucun intérêt, sauf celui de garantir au Royaume-Uni une zone maritime exclusive s'étendant sur près de 560.000 km².

 

Pitcairn_Tedside---Andrew-Christian.jpg                                          Pitcairn tedside - photo Andrew Christian.

 

1024px-Bounty_bay.jpgPitcairn, "Bounty bay" - endroit où fut brûlé le navire des mutins et point d'accostage actuel ... le transbordement des navires se fait par les "longboats", de grandes barques actionnées jusqu'à peu par rames - photo makemake.


La situation évolue cependant, les autorités britanniques tendant à s’impliquer davantage dans l’organisation de cette micro-société. Deux policiers ont été désignés, et on tente de désenclaver l’île en créant un service maritime régulier avec des rotations bimestrielles avec Mangareva. Une liaison satellite apporte le téléphone et la télévision, et un nouveau port va ouvrir l’île à la modernité.


Le volcanisme du groupe Pitcairn :

 

Pacifique-sud---These-clouard-IPGP16.jpg

Carte bathymétrique et toponymique de l'alignement Gambier-Pitcairn - les âges des structures sont indiqués en gras ; le point chaud actif au SE. de Pitcairn est représenté par une étoile- doc. V. Clouard - thèse.

 

Il est sous le dynamisme d’un point chaud actuellement localisé à l’OSO. des îles émergées. Un ensemble de plus de 100 volcans sous-marins  et plus de 20 évents éruptifs atteignant une hauteur de 500 mètres marquent l’activité du point chaud, et sont situés dans un rayon de 110 km. Les trois plus grands ont été nommés respectivement Adams, Bounty et Christian.

 

pitcairn20101.jpg           Timbre célébrant les "hotspots" de Pitcairn - http://www.stamps.gov.pn/hotspots.html


Adams repose à 3.500 mètres, avec un sommet, consistant en un dôme trachytique, à seulement 39 mètres sous le niveau marin.

Le sommet du Bounty seamont est lui à 450 m. sous la surface ; il apparaît morphologiquement plus jeune que l’Adams (datation K-Ar 350.000 – 338.000 ans) et présente une activité hydrothermale continue.

Diverses plongées menées par l’Ifremer  (R.V. L’Atalante & R.V. Nadir ) ont permis l’observation et l’échantillonnage des structures volcaniques  qui reposent sur l’ancienne croûte océanique de la plaque Farallon : elles ont révélé une formation des volcans sous-marins par éruptions successives de coulées de lave alcaline hautement vésiculée, et la présence de tunnels da lave, de sources hydrothermales, de coulées trachytiques.

 

pitcairn185.jpgpitcairn330.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

rareBirdsHenderson---1---Pitcairn-isl.-philatelic-bureau.jpg

Les timbres de ces îles éloignées sont toujours très prisés des philatélistes - en haut, à gauche, le village et Bounty Bay sur Pitcairn - à droite, vue générale de l'île Pitcairn - en bas: Loriket d'Henderson (collection Rare birds of Henderson).

 

Sources :

- Le volcanisme intraplaque - par V. Clouard / IPGP - link

- Melting of enriched mantle beneath Pitcairn seamounts: Unusual U–Th–Ra
systematics provide insights into melt extraction processes
Bernard Bourdon a, James A. Van Orman b.

- National Geographic adventure - photos and plan your trip

- Fateful voyage - The mutiny on the Bounty - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Uapou---les-piliers-du-ciel----ph-tahiti-guide.jpg

                 Iles Marquises - Uapou - "les piliers du ciel"  - photo Tahiti guide.


 

Situées entre 7°50 / 10°35 S et 138°25 / 140°50 O, l’archipel des map-marquesas.jpgMarquises étend ses terres émergées sur 350 km. au nord des Tuamotou.

Le cinquième archipel de la Polynésie Française tire son nom de l'espagnol "marquesas " et fut ainsi nommé par Alvaro de Mendana de Neira qui l'approcha en 1595, et leur donna ce nom en l'honneur de son protecteur le marquis de Canete.

 

Toutes les îles des Marquises sont d’origine volcanique à l’exception de Motu One. Robert Brousse propose un modèle de point chaud responsable de l'alignement des îles, où   les îles septentrionales ont été construites entre 5,80 et 4,70 Ma; les îles centrales (4.80 à 1.40 Ma) sont remarquables par la durée de leur activité (Va Huka :1,50 Ma; Nuku Hiva : 2,70 Ma); les îles méridionales (2,80 à 1,30 Ma) voient le volcanisme aérien des édifices principaux s'exercer au minimum durant 1,15 Ma. L'activité la plus récente attribuée au point chaud se situe dans la zone de fracture des Marquises, au sud-est de l'archipel. Une décroissance générale des âges moyens du volcanisme aérien est constatée du NW au SE de l'alignement, mais les progressions des âges d'initiation et de cessation de l'activité aérienne en fonction de la distance ne sont pas linéaires.

La grande jeunesse des îles explique la puissance du relief et l'étrangeté du paysage. Pas de plaines côtières, ni vraiment de récifs coralliens, donc pas de lagons : les houles venues de tout le Pacifique viennent briser directement sur les falaises et les plages de galets.
Les sommets peuvent atteindre les 1.100 mètres d’altitude. Les falaises plongent dans la mer jusque dans les fonds marins. Les côtes ont l’aspect d’une muraille coupée de profondes crevasses et de quelques plages. Quelques vallées encaissées et isolées barrent les chaînes de montagnes.

Ces paysages volcaniques sont à l’origine de nombreux noms de lieux : Hiva Oa, La Grande Crête ; Nuku Hiva, La Crête des Falaises ; Fatu Hiva, Les Neuf Roches ou la Neuvième Ile ; Fatu Huku, Morceau de Pierre ; Ua Pou, les Deux Piliers, sans oublier la surprenante " Baie des Verges " que les missionnaires changèrent en " Baie des Vierges ".


aranui_french01.jpg

 

 

 

 

Ces îles éloignées sont reliées au monde extérieur par des petits avions ou grâce au cargo-mixte " Aranui 3 " , véritable cordon ombilical de ces îles, où les visiteurs sont peu nombreux. C’est par ce moyen qu’on peut le mieux apprécier la beauté sauvage de ces îles volcaniques.


 

 L’île d’Uapou est caractérisée par la présence de quatre grandes colonnes basaltiques qui dominent toutes les quatre les montagnes alentour. Robert Stevenson les décrit en 1888 comme "des flèches volcaniques semblables à des clochers d’églises ". Le mont Oave culmine à 1 230 m et est le point le plus élevé de l’archipel. D’une superficie de 106 km², l’île se trouve juste au nord-ouest de la petite île de Motu ’Oa.

 

marquesas-ua-pou-peak---Moana-sailing.jpg               Iles Marquises - Uapou - "les piliers du ciel"  - photo Moana sailing

 

Uapou ne présente pas de caldeira en son centre, à la différence d'autres îles des Marquises. Elle est caractérisée par une crête centrale N-S.et des crêtes secondaires qui séparent les vallées, au sommet desquelles percent des necks phonolitiques. Les laves affleurantes au centre sont principalement constituées de trachyte et phonolite, le périphérie est basaltique.

 

fatu-hiva-fatu-hiva---ph.whotracker.jpg                     Fatu Iva - l'Aranui 3  et les "tikis" - photo Whotracker.


Fatu Iva est constituée de la moitié orientale de deux volcans imbriqués l'un dans l'autre. La première caldeira, d'un diamètre d'environ huit -Fatu-Iva_topographic_map-fr.svg---Semhur.pngkilomètres, montre un rebord très découpé, formé par une suite hémi-circulaire de crêtes en à-pic culminant à plus de 1000 mètres.

Topographie de Fatu Iva - doc.Sémhur.

Il est composé principalement de basalte, d'océanite et d'hawaiite. Son âge est daté entre 2,46 et 1,81 million d'années. La seconde caldeira, située à l'intérieur de la première, a un diamètre de trois à quatre kilomètres. Elle est née d'une puissante éruption, comme en témoigne l'existence des impressionnantes colonnes basaltiques, les " statues " des Vierges, dans la baie de Hanavave, dues à des lahars. Elle date d'entre 1,68 et 1,33 million d'années. L'explosion principale semble dater d'il y a 1,40 Ma. Les vallées des deux villages de l'île se trouvent à chaque extrémité de l'espace séparant les deux caldeiras.


La baie de Nuku Hiva est un amphithéâtre volcanique dominé par de hautes falaises striées de chutes d’eau.

 

Marquises---ht-plateau-Nuku-Iva---ph.-Y.Picq.jpg                       Nuku Hiva - le haut-plateau bordé de falaises vertigineuses - photo Yves Picq.

 

On peut distinguer deux volcans emboités présentant chacun une caldeira, dont les parties sud se sont effondrées et ont disparues ; le volcan externe et le plus ancien résulte d'une activité effusive (basaltes et hawaiites), avec une caldeira d'un diamètre supposé entre 12 et 15 km. Le volcan interne aurait une caldeira de 6 km. de diamètre et possède des laves allant du basalte à la trachyte. (Brousse & Guille 1978) Le plateau de Tovii, situé netre ces deux entités est interprété comme une unité volcanique autonome (Brown 1935)


 

Murailles-basalt.-Nuku-Hiva--reve-vertical---S.Fautre.jpg                              Nuku Hiva, falaises de basalte - photo "Rêve vertical" de S. Fautré.


Quant à Hiva Oa, elle est connue surtout par ses deux grands hommes : Paul Gaugin et Jacques Brel.

 

hiva-oa_--Geo.fr.jpg                                  Hiva Oa - une île difficile "à aborder" - photo Geo.fr


La plus grande île de l'alignement - 315 km² - résulte d'une construction en plusieurs phases :

- à l'ouest, l'unité d'Atuona : elle est considérée par Brousse comme un "super-volcan" constitué par des centres d'émission successifs et coalescents; par contre Gonzales-Marabal la voit comme un volcan ancien à large caldeira, au sein de laquelle se sont édifiés des édifices postérieurs. Des dykes différenciés recoupent cette unité.

- au centre, la chaîne d'Ootua-Tapeata, avec des intrusions de trachyte qui recoupent un encaissant essentiellement pyroclastique.

- à l'est, le volcan de Puamau présente une caldeira de 5 km. de diamètre, occupée par un dense réseau filonien.

 

 

 

 

C'est parce qu'il aspirait à retrouver la pureté originelle de l'humanité que Paul Gauguin s'est installé en Polynésie. Avant de partir, il écrit à Daniel de Monfreid: « Je vais aller à Tahiti et j'espère y finir mon existence. Je jure que mon art que vous aimez n'est qu'en germe et j'espère là-bas le cultiver pour moi-même à l'état primitif et sauvage. Qu'importe la gloire pour les autres ! Gauguin est fini pour ici. "

À Tahiti, il fait la connaissance de Téha'amana (appelée aussi Tehura), jeune fille native de Rarotonga dans les îles Cook. Celle-ci, âgée de treize ans, devient son modèle et sa compagne. Il est très inspiré et peint soixante-dix toiles en quelques mois. Mais après quelques années de bonheur, des soucis administratifs et plus personnels (mort de sa fille Aline, la préférée de ses cinq enfants) le minent. Il a également des problèmes de santé : une blessure à la jambe qui ne guérit pas depuis 1894, une crise de syphilis, si bien qu'il déprime et tente de se suicider.

Il décide alors de partir pour les Marquises afin de retrouver l'inspiration. En 1901, le voici donc à Atuona , sur l'île de Hiva Oa. Il lui semble être au paradis, où il construit une maison qu’il baptise " Maison du jouir ". Il va vite déchanter en se rendant compte des abus des autorités et en essayant de se battre pour les indigènes. Malgré ce fait, il laisse sur place une amertume des habitants et reste peu apprécié des Polynésiens en général et des Marquisiens en particulier, qui ont l'impression d'avoir eu affaire à un homme qui s'est servi des Polynésiens, surtout des femmes, comme si cela lui était dû. Affaibli, fatigué de lutter, il meurt le 8 mai 1903. Il est enterré dans le cimetière d'Atuona.


P.Gaugin---Reo-Ma--ohi-huile-s.toile-1897-Musee-d-Orsay-P.jpg"Réo Mà'ohi" : huile sur toile de 1897, aussi dénommée "Vairumati" - Paul Gauguin (1848-1903) Peintre post-impressionniste français, chef de file de l'école de Pont-Aven, considéré comme un artiste majeur du 19° siècle.

 

En 1974, Jacques Brel , chanteur-compositeur belge, abandonne le spectacle et part en voilier (l'Askoy) avec Maddly Bamy qu'il a rencontrée lors du tournage du film L'Aventure c'est l'aventure de Claude Lelouch. Mais il est Atuona_-_Espace_Jacques_Brel_-_Jojo---Remi-Jouan.JPGdéjà malade. On l'opère d'un cancer au poumon. Il décide de se retirer aux Marquises. Pilote privé et utilisateur d'un bimoteur Beechcraft baptisé Jojo, en souvenir de son vieil ami disparu, il y fait l'avion-taxi pour rendre service aux habitants en les transportant entre Hiva Oa et Tahiti sur un trajet maritime de mille quatre cent trente kilomètres, soit un vol de quatre heures trente à cinq heures.

Atuona -  espace Jacques Brel - "Jojo" photographié par Remi Jouan.

 

En 1977, malgré la maladie, il revient à Paris pour enregistrer son dernier 33 tours. La chanson Les Marquises clôt l'album.

Quelques vers : "Les femmes sont lascives au soleil redouté

                              et s'il n'y a pas d'hiver, cela n'est pas l'été,

                                 et par manque de brise,

                             le temps s'immobilise aux Marquises "

 … la chanson s’achève sur ces paroles : " Veux-tu que je te dise ...

                                                                     Gémir n'est pas de mise ...

                                                                     Aux Marquises ".

Il retourne aux Marquises après cet enregistrement, avant que, en juillet 1978, son cancer du poumon ne s'aggrave.


Brel et Gaugin sont enterrés tous deux au cimetière d’Atuona.

 

Le tiki reste l'objet le plus sculpté, une véritable signature de l'artisanat Marquisien ; il représente l'effigie de Tiki, le lointain ancêtre humain demi-dieu. Les tikis sont presque tous masculins, massifs et trapus; ils ont les bras reliés au corps et ramenés à l'horizontale vers l'avant, les jambes fléchies, la tête large et sans cou, les yeux  circulaires et immenses, la bouche, marquée de plusieurs reliefs, traversant le visage.

   

Artisanat_marquisien---Verodemortillet.JPG                        Oeuvres artisanales des Marquises - photo Verodemortillet.

 

Sources :

- IRD - Les Marquises : volcanologie, géochronologie, discussion d'un modèle de point chaud - par R. Brousse & al. - link

- Art et artisanat aux Marquises - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Mangareva-depuis-Mt-Mokoto---ph-fred.jpg

               Les îles Gambier - Mangareva - point de vue depuis le Mont Mokoto - photo Fred


Les Gambier : un archipel dans un lagon.

 

iles_Gambier_image_satellite.jpg carte gambier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, vue satellite

Landsat 7.

Un pseudo-atoll : un récif corallien entoure un lagon parsemé d'îles, chacune entourée par son propre récif de corail. - A droite, carte des îles et motu émergants.

 

Panorma_Iles_Gambier---Fred.jpg         Le lagon des Gambier  -  Vue sur Aukena, Akamaru et Mangareva depuis Tepapuri - photo Fred

 

Les îles Gambier forment un archipel situé à l'extrémité sud-ouest des Tuamotu , composé de dix îlots à base volcanique sur laquelle se sont développés des madrépores; une ceinture de coraux l'enveloppant tout entier semble indiquer l'ancien pourtour d'un massif, maintenant en partie submergé. 

Les quatre îles principales, les seules habitées, sont Mangareva, Taravaï, Akamarti, Aukena; Des passes permettent l'entrée aux navires pour venir mouiller en sûreté dans le port de Rikitea (île de Mangareva). Un aérodrome existe sur le motu Totegegie.

Les paysages sont majestueux dans les couleurs variantes : dégradés de saphir, indigo et turquoise des lagons contrastant avec le vert intense des cocotiers où parfois on distingue des vestiges, des ruines abandonnées d’anciens édifices religieux.

Contrairement aux précédents archipels, le climat est frais car les îles se trouvent au sud, dont la température peut atteindre les 12°C au mois de juillet.

 

Mangareva-et-le-lagon-des-gambier--ph-fred.JPG                   Mangareva et le lagon des Gambier - photo Fred.


Mangareva est la principale et la plus centrale des îles Gambier mesurant 8 km de long sur 1,5 km dans sa plus grande largeur (15,4 km²). Son chef-lieu ainsi que celui des Gambier est le village de Rikitea. Les points culminants de l'île sont le Mont Duff à 441 m et le Mont Mokoto à 423 m. Mangareva signifie en polynésien "montagne flottante ".

 

PanoMontDuff---ph.Fred.jpg                                            Mangareva - le Mont Duff - photo Fred

 

rikiteavillage.jpg                     Mangareva - le village de Rikitea, vu du lagon - photo Tahiti tourisme.


  Les dix îles volcaniques des Gambier sont formées de basaltes caracterisés par leur variabilité. Les analyses chimique et normative des tholéiites montrent une differenciation entre les micropyroxenes et plagioclases. Leur enrichissement en olivine les transforme en océanites. Les coulées les plus hautes sont des basaltes alcalins avec expression extrusive en dykes. L'analyse volcano-tectonique révèle l'existence du point zéro des iles Gambier, fixe et générateur de magma dans la plaque du pacifique, mais n'ayant plus fonctionné depuis 5 millions d'annees

(REGARDS-CNRS)

 

Taravai-du-mtDuff---Sd-Orgeval-Tara-expe.jpgArchipel des Gambier - Taravai, le seconde grande île, vue depuis le Mt Duff (sur Mangareva) - photo S. d'Orgeval / TARA expédition.

 

Peuplé autour de l’an mille par des Polynésiens, l’archipel est probablement à l’origine d’une migration vers l’île de Rapanui (l’île de Pâques).

Découvertes à la fin du 18° siècle par le missionnaire américain J. Wilson, les îles ne seront visitées qu’en 1826 par le capitaine britannique Sir William Beechey.

Puis le destin des Mangaréviens sera marqué par la théocratie installée par des missionnaires catholiques, les pères Honoré Laval et François d'Assise Caret, accompagnés du frère Colomban Murphy.

Si l’on se réfère aux textes officiels, et notamment ceux de la Congrégation des Sacrés-Cœurs (les frères de Picpus), le père Laval a sauvé le peuple mangarévien de l’ignorance et de la barbarie.

En réalité, une conversion massive imposée, la destruction de la culture traditionnelle, avec l’installation des églises sur les marae, va précipiter l’exode des récalcitrants … A l’arrivée du trio de missionnaires le 7 août 1834, la population de l’archipel est estimée à environ 5 000 âmes. Au départ du père Laval (1871) elle est à peine supérieure à 500 individus et elle continue de chuter, puisqu’en 1887, il ne reste plus que 463 Mangaréviens.

Paradoxalement, la majeure partie des connaissances sur Mangareva leur sont dues ; ils recueillent les histoires, les mythes, les coutumes mangaréviennes et envoient en Europe les dernières sculptures restées intactes après les installations missionnaires dans l’archipel.

 

Une exposition au Musée du quai Branly en 2009, intitulée " Mangareva, MQB-DP-Mangareva-pantheon-de-polynesie-FR01.jpgpanthéon de Polynésie " va mettre en lumière la religion mangarévienne, qui est organisée autour des dieux et des esprits des ancêtres qui résident dans un monde immatériel po, divisé en cinq espaces : Hapai destiné aux divinités bienfaisantes de première classe, Te Matagi, Havaiki, et Pouaru pour les dieux malfaisants et Te Piaoi pour les esprits des morts sans funérailles ou victimes de famine.

Affiche de l'expo.

 D’après la mythologie, les dieux majeurs etua nui, sont Atu motua, Atu moana, Tagaroa-mea, Atea et leurs descendants directs. Tagaroa-mea et Haumea engendrent les principaux dieux invoqués par les Mangaréviens.

Le premier-né est Tu, le dieu de l’arbre à pain. Rogo est le dieu du rega (tumeric), de la pluie et de l’abondance. Le dernier, Te Pari donne naissance à Tiki, qui est considéré comme étant à l’origine des Mangaréviens. En effet, en refusant de retourner dans le Po, le monde des dieux, avec sa femme Hina one qu’il avait modelée avec de la terre, Tiki devient le créateur de l’humanité.

 

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A gauche, figure de divinité Ro"Go -

© Musée Henri Martin de Cahors / Expo du Quai Branly

 

A droite, sculpture antropomorphe du dieu Rao - © musée du quai Branly, photo Hughes Dubois

 

 

 

Sources :

- Tahiti tourisme

- Mangareva, panthéon de Polynésie - Musée du Quai Branly - link

- Géologie et pétrologie des îles Gambier - par R. Brousse et G.Guille - Regards / CNRS.

- Nasa Earth observatory - Mapping the decline of coral reefs - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
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                         Archipel des Tuamotu - l'atoll de Tetiaroa - photo Tahititravel

 

L’archipel des Tuamotu est constitué d’atolls, à l’exception de Makatea, une île réelle. Ils sont formés d‘un étroit banc de sable (partiellement émergé) recouvrant une double barrière de corail formée sur l’atoll d’un ancien volcan, dont le cratère central s’est effondré mais dont les pentes internes et externes ont vu naître les récifs coralliens. Ces anciens volcans se sont formés au dessus de points chauds.

 

Les atolls : un milieu mouvant, fragile et menacé.

Parfois, seul le massif corallien interne (de formation plus récente) a pu émerger, protégé des courants océaniques par le massif corallien externe constamment battu par les flots, alors qu’entre les deux se sont accumulés les sables, pris à ces massifs coralliens ou aux plus anciennes roches volcaniques. Progressivement, ces sables recouvrent le massif corallien interne dont le rayon va se réduire autour de la cheminée centrale de plus en plus abrupte alors que leur niveau s’élève, tandis que le massif corallien externe peut aussi voir son rayon se réduire par l’érosion des vagues amenant les sables (ou par la mort des coraux causée par l’acidification des eaux océaniques).

 

atoll

Souvent des passes maritimes se sont formées avec le lagon central, où peuvent subsister encore des bancs de sable ou îlots secondaires. Ces passes font souvent l’objet de puissants courants de marée (essentiels à la vie du lagon, d‘une part pour les oxygéner, et d’autre part pour le fragile massif corallien intérieur, très sensible aux variations d'acidité des eaux) qui ne renouvellent cependant que partiellement les eaux (souvent profondes et acides) de l’ancienne cheminée volcanique au centre des plus grands lagons (même si subsistent aussi des fractures sous-marines plus profondes traversant les flancs externes de l’ancien cratère formé de roches volcaniques accumulées et spongieuses).

Il est même possible que le massif corallien interne ne puisse jamais parvenir à se développer si ces passes marines sont insuffisantes (ou si les émissions acides dans la cheminée effondrée remontent de façon trop importante) et le lagon ne peut subsister que si l’effondrement du volcan ne se poursuit pas avant que les flancs aient été renforcés par le massif corallien externe. De tels cas se produisent avec des atolls aujourd'hui complètement submergés presque en permanence (hormis quelques récifs) et dont ne subsistent que des bancs de sable peu profonds et instables, où parviennent difficilement à se fixer les coraux (condamnant alors l’ancien atoll à une érosion rapide et un effondrement en grande profondeur si rien ne vient les soulever par une reprise de la poussée volcanique).

 

Tuamotu---rangiroa-isl.-pacificislandtravel.jpg       Archipel des Tuamotu - Atoll de Rangiroa - récif corallien - photo Pacificislandtravel


Toutes les îles émergées des atolls forment aussi de précieux refuges pour de nombreux oiseaux (à cause des distances importantes qui les séparent) : elles ont ainsi vu s’accumuler des dépôts parfois importants de guano, très riches en phosphates qui basifient et élèvent les anciens sols acides.

En raison de la très faible altitude des terres émergées, elles sont facilement submergées partiellement par l’élévation temporaire du niveau marin (lors de tempêtes, cyclones ou tsunamis d’origine tellurique), ce qui maintient une salinité importante des sols que ne submergent pas les marées, et qui peut raser certains bancs de sable ou agrandir ou déplacer les passes marines entre eux. De plus les ressources en eau douce (d’origine atmosphérique) y sont très rares car elles ne peuvent pas facilement être accumulées sur ces sols spongieux gorgés de sel.

 

fishing13.jpg                                                       Fishing aux Tuamotu.

 

Quelques atolls de l'archipel des Tuamotu :

 

arch_tuamotu.jpg

 

RANGIROA---ph.australianmuseum.jpg                              Archipel des Tuamotu - Atoll de Rangiroa - photo australian museum

 

Rangiroa-1.jpg                                     Tuamotu - atoll de Rangiroa - photo Tahiti travel

 

 

Rangiroa est l’atoll le plus grand des Tuamotu, et le second plus grand au monde. Son lagon, de 64 km sur 27, et s’ouvre par deux passes. Seules deux îles sur les 418 qui composent l'atoll sont habitées en permanence. La population est d'environ 3000 personnes. Une école dédiée aux techniques de la perliculture est implantée sur l'atoll de Rangiroa ainsi qu'un centre de recherches sur les huîtres perlières qui font de ce lieu une plate-forme importante pour la perliculture.

L'atoll de Rangiroa est également connu pour son vignoble, unique au monde. Les vignes y poussent au bord d’un lagon à côté d’une cocoteraie, et produisent deux récoltes par an. Le chai est situé en plein centre du village d'Avatoru. Les raisins sont ramenés au chai par bateau. Les cépages retenus et actuellement en production sont : l’italia B, le carignan N et le muscat de Hambourg N.

 

Tuamotu---Fakarava-ponton-rotoava---Frederic-Jacquot--.jpg                         Archipel des Tuamotu - atoll de Fakarava - photo Frédéric Jacquot

 

 

D’autres sont connus pour diverses raisons : Pukapuka, première île du Pacifique sud a être reconnue par les Européens, le fut  en 1521, par Ferdinand Magellan. Ces atolls passent sous protectorat français en 1844. Anciennement appelées sous le nom local « îles Pomotu » signifiant « îles Soumises » en raison de leur conquête historique par les Tahitiens, les députés de l'archipel à l'assemblée de Papeete font valoir entre 1850 et 1851 leur volonté de leur donner le nom de Tuamotu, signifiant « îles Lointaines », ce qui est entériné par le protectorat français en 1852.

 

Raroia est lié à l’expédition du Kon-Tiki et à Thor Heyerdahl ; c’est là que se termina en 1947 son périple de 6.900 km. en 3,5 mois depuis le Pérou. Cette face de l’atoll était inhabitée, et il fallut du temps avant que des villageois habitant de l’autre côté du lagon aperçoivent des lumières et réalisent qu’elles n’étaient pas due à des fantômes.


Les atolls de Mururoa et Fangatofa furent utilises par le France pour ses essais nucléaires. entre 1966 et 1996.

 

Moruroa, dont le nom signifie "grand secret" ou "grand filet de pêche"(en mangarevien "moru" signifie filet ou secret, et "roa" grand), désigne soit une île lointaine, soit une île ayant la forme d'une grande nasse de pêche.
En 1962, compte tenu de son éloignement des atolls habités et de l'existence des passes navigables, l'atoll, improprement baptisé Mururoa par les militaires, fut retenu comme futur site de tir du Centre d'Expérimentations du Pacifique. L'Assemblée Territoriale de la Polynésie Française cèda en février 1964 les deux atolls de Moruroa et Fangataufa à l'État Français à charge par lui d'indemniser le dernier fermier en ayant la concession.
Les soldats du Génie y construisirent dès lors les infrastructures nécessaires, dont un aérodrome, des routes, des blockhaus, des logements, etc... et baptisèrent chaque partie de l'île par un prénom féminin, un nom d'oiseau ou de fleur. Le 2 juillet 1966 eut lieu le premier tir. Jusqu'en 1975, les tirs furent aériens (sous ballon), 36 sur Moruroa et 5 sur Fangataufa distant de 45 km vers le sud. Ils devinrent ensuite souterrains. Les explosions eurent lieu au fond de puits creusés en offshore dans la couche basaltique de l'atoll, au début à l'extérieur du lagon, puis à partir de 1981 au centre du lagon. Les charges explosaient ainsi à 1.200 m de profondeur.

L'un des derniers essais nucléaires souterrains français vers 1995. L'eau du lagon de l'atoll de Mururoa en Polynésie subit l'onde de choc provenant du sous-sol. Contrairement aux essais atmosphériques ou à un accident grave de réacteur, les essais souterrains ne relâchent pas directement de matières radioactives. La radioactivité reste en principe confinée en profondeur, mais des contaminations peuvent apparaître en surface si la roche est fissurée.
CEA/DAM


le-rainbow-warrior-navire-amiral-de-greenpeace-coule-dans-l.jpg

Les essais nucléaires français suscitent des oppositions locales et internationales et le 10 juillet 1985, le Rainbow Warrior, un bateau de l'organisation écologiste Greenpeace en route vers l'atoll est coulé à Auckland en Nouvelle-Zélande par des agents de la DGSE (services secrets français), causant la mort du photographe portugais Fernando Pereira et provoquant le scandale de l'affaire du Rainbow WarriorPhoto Live Times

Alors que la France observe depuis plusieurs années un moratoire sur les essais nucléaires, le nouveau président français Jacques Chirac autorise dès 1995, une dernière campagne d'essais, avant la ratification du traité d'interdiction complète des essais nucléaires.

Il y eut en tout 142 essais souterrains à Moruroa et 10 à Fangataufa, soit un total général de 193 tirs. Depuis lors, l'Armée a procédé au démantèlement de Moruroa, replanté des cocotiers, et il n'y reste plus que quelques militaires pour surveiller le fonctionnement du système automatique d'analyse géologique et de radioactivité.

 

Sources :

- Geo Voyages - Polynésie Françaises - Archipel des Tuamotu - link

- Tahiti travel

- Les essais nucléaires Français - Wikipedia - link

- Perspective Monde - l'affaire du Rainbow Warrior - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

tatouage-tradit.-tah.-tour-jpg                          Scéance de tatouage traditionnel - photo Tahiti Tourisme.
 La douceur de vivre dans les îles de La société est liée aux clichés  véhiculés et sublimés par les premiers visiteurs : colliers de fleurs, vahinés, paréo colorés, tatouages, danses rythmées, sont autant de clefs pour le rêve.

Tiare-Apetahi---endemique-de-Raiatea---tahiti-touris-jpgTiare apetahi - endémique de Raiatea - la macération des fleurs des diverses espèces de tiaré dans l'huile de coco donne le célèbre monoï .

Outre leur accueil légendaire et les fabuleux paysages polynésiens, on y trouve d’autres richesses : un artisanat florissant est lié à la notion de sacré. Les sculpteurs façonnent le bois, le corail, la pierre, l’os et l’ivoire pour livrer des tiki (des statues), des bijoux, des penu (pilons), des casse-têtes …

 

Tahuata-artisanat---tah.tour-jpg                                 Tahuata - artisanat polynésien - photo Tahiti Tourisme.

 

Tahitian-pearls.jpg                     Perles noires de Tahiti - diversité de nuances et formes offertes par la nature

 Une autre merveille est naturelle et recherchée depuis des millénaires : la perle de Tahiti. Le mystère de leur origine fit découverte en 1761. Linné expérimenta le production de sécrétions perlières en introduisant un corps étrangers dans une huître. Mais ce sont les japonais qui initièrent au début des années 1990 la production de perles de culture.
huitre_tahiti.gifLes perles noires de Tahiti sont issues de sécrétions de nacre par une espèce particulière d’huître, appelée Pinctada margaritifera, cultivées dans les lagons polynésiens.
Pinctada margaritiera - l'huitre perlière de Tahiti - Photo "Les larmes des dieux" / Perles TV.
Elle mesure entre 25 et 35 cm., et peut peser jusqu’à 5 kg. Même quand elle ne contient pas de perles, leur nacre polie et lustrée leur confère une grande valeur. La couleur des « perles noires » est en réalité diverse, allant du gris anthracite au gris pâle, du vert d’eau au vert bronze à reflets dorés, du " plume de paon ", dite aussi " peacock ",  à aubergine, du brun au cuivre.
Mais ce côté " bling-bling " ne doit pas faire oublier que ces îles sont soumises aux aléas naturels du climat, qui peuvent par moment s’avérer très destructeurs.

 

Plage.sable.noir.Tahiti---Vilallonga.JPG                 Plage tahitienne de sable noir volcanique sous un grain naissant - photo vilallonga.

Du fait de la dispersion spatiale des îles polynésiennes, on ne peut résumer le climat à une seule zone climatique : le nord des Marquises connaîtra un climat tropical aride, alors que le sud des Australes est soumis à un régime climatique des moyennes latitudes.
On distingue cependant deux grandes saisons : l’été austral de novembre à avril, saison chaude et humide, et l’hiver austral, saison plus fraîche et moins humide.
Rose-des-vents-des-iles-de-la-Societe---Bishop-museum.jpgRose des vents des îles de La Société - Doc. Bishop Museum.
 Le régime des vents est dominé en toute saison par les alizés (vents d’est). En période chaude, les perturbations peuvent évoluer en dépression tropicale, parfois vigoureuse, atteignant la qualification de cyclone.
Les Australes, le sud des Tuamotu et les Gambiers sont marqués par des perturbations d’ouest, accompagnées de vents forts, liés aux dépressions subtropicales. Celles-ci sont parfois suivies de perturbations engendrées par l’anticyclone des Kermadec, faisant naître le " mara’amu " : ce type de temps est caractérisé par des vents force 6 à 7, provoquant une mer courte et hachée, rendant les passes dangereuses à franchir.

Tous les archipels sont soumis au risque cyclonique, à l'exception des Marquises. Le dernier cyclone OLI a frappé l'île de Tubuai en 2010.

 

Cyclone-Oli-03.02.2010---dir-australes--nasa.jpgLe cyclone OLI passant entre les îles australes et celles de la Société, le 03.02.2010 - photo Nasa Earth Observatory.

 

img-5-small487.jpgZones frappées par les cyclones - la couleur est fonction de l'occurence des cyclones, de 3 à 4,8 / an - doc. Australian severe weather / Typhoon warning center

 

Elles vivent aussi sous la menace de tsunami, généré par des séismes. Le séisme du 22 mai 1960 au large des côtes chiliennes a entrainé des vagues aux Marquises de 7 à 10 mètres, elles ont été plus limitées dans les autres archipels. Ainsi le centre ville de Papeete aurait été inondé par une vague d'environ un mètre. Un dispositif d'alerte ad hoc est en place sur chaque île.

 

Sources:

- Polynésie passion

- Tahiti Tourisme

- Nasa Earth Observatory

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

2 . les volcans actifs de l'archipel de la Société :

 

Le volcanisme actif de point chaud est localisé à l'extrémité sud-est de l'archipel de La Société.

 

clouard_springer200403.jpgPosition de l'archipel de La Société et situation du volcanisme actif (*) - carte bathymétrique tirée de Submarine landslides / Clouard & Bonneville.

 

Mehetia---2----Jacky-Vedraine---Polynesie-passion.net.jpg         Archipel de La Société - Mehetia - photo Jacky Vedraine / http://www.polynesiepassion.net

 

L’île de Mehetia , aussi appelée Meetia ou Meketia, est une petite île-volcan large de 1500 m. et haute de 435 m, située au sud-est de l’archipel de la Société.

799px-Mehetia-osnaburg.jpgL'île fut découverte en juin 1767 par Samuel Wallis, qui la nomma Osnaburg en l'honneur du deuxième fils de George III, Frederick Augustus, qui détenait le titre d'évêque d'Osnabrück.

Dessin de James Cook - http://nla.gov.au/nla.map-rm537a

 

Bougainville s'approcha quant à lui de Mehetia le 2 avril 1768. Le 6 novembre 1772, l'explorateur Domingo de Boenechea à bord du navire Aguila reconnut l'île et la baptisa San Cristobal. Elle était à l'époque habitée, et ce jour marqua la toute première rencontre espagnole avec des indigènes.

 

 

Elle émerge depuis des fonds marins à 4.000 m de profondeur. L’ancien édifice est formée par une séquence de coulées de lave recouvrant des dépôts hydromagmatiques et des éjectats stromboliens.

Un cratère, de 150 m. de large et 80 m. de profondeur, daté de l’holocène est bien préservé, situé sur le nord-ouest du sommet; il est la source des jeunes coulées de lave, datées des derniers 2000 ans au vu de l’absence de végétation.

L’érosion marine a tronqué les anciennes coulées de lave pour laisser des falaises abruptes dominant le récif corallien.

De légendes polynésiennes font mention de « grands feux ».

 

Mehetia---3----Jacky-Vedraine---Polynesiepassion.net.jpg Archipel de La Société - Le cratère sommital du Mehetia - photo Jacky Vedraine / http://www.polynesiepassion.net

 

Sur son flanc sud-est, le cratère du Teahitia est responsable de l’activité récente. Son sommet culmine à 1400 m. sous la surface.

Son activité historique est datée de 1982, 1983 (2 éruptions) et 1985 par le GVP.

Deux champs hydrothermaux, chacun de 1.000 m sur 400 environ, ont été découvert sur ses flancs au cours d’explorations sous-marines en 1986 et 89. Ils sont responsables d’émissions hydrothermales de basse température.

 

Au sud-ouest de Mehetia, le mont Moua Pihaa est le plus grand des volcans sous-marins de l’archipel de la Société : il repose à une profondeur de 3500 m. sur le fond marin, et son sommet n’est qu’à 160 m. sous la surface du Pacifique. Des relevés sismiques indiquent une activité éruptive sous-marine en 1969 et 1970 (Talandier et Custer).

 

Moua-Pihaa---clouard_springer200407.jpgMouha Pihaa - l'île sous-marine est marquée par de grands glissements de terrain - doc. tiré de Submarine landslides / Clouard & Bonneville. 

 

Rocard, un seamount plus petit, est localisé à mi-chemin entre les îles de Tahiti et Mehetia. Son sommet est à 210 m. sous la surface de l’océan.

Son activité historique, basée sur la sismicité, est datée de 1966, 1971 et 72 . Une extruion de lave est rapportée en 1986.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - volcanoes of the central Pacific

- Submarine landslides in french Polynesia - par V. Clouard et A. Bonneville - link

- Polynésie passion - link

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