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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Tahiti - charterworld

                         Paysage de l'a rchipel de La Société - photo Charterworld

 

L'archipel de la Société, long de 500 km, couvre environ 65 000 km2.

Outre deux atolls coralliens, qui sont d’anciens îles hautes (Tupai, Tetiaroa), il compte huit édifices principaux depuis l'île de Maupiti à l'extrême nord vieille de 4,34 Millions d'années (ou Ma) jusqu'au volcan Mehetia au sud-est (435 m), le plus jeune, et qui matérialise la position actuelle du point chaud dont la dernière activité sous-marine remonte à 1986.

Trois volcans sous-marins complètent le tableau : Teahitia, Rocard et Moua Pihaa.

 

Cette migration du volcanisme est compatible avec le déplacement de la plaque Pacifique au dessus d'un point chaud.

 

Societe---formation---Banque-schema-SVT.jpg                                                           Doc. banque de schéma SVT

 

On distingue les " îles sous le vent " et les " îles du vent " ... selon un ancien terme de marine où "sous le vent", se dit du côté opposé à celui d'où le vent souffle.

 

carteSociete

 

Sans tomber dans le cliché "Vahiné, tiaré et plages de sable blanc", la revue des îles formées de volcans éteints sera rapide, en dépit des paysages somptueux offerts aux amateurs de randos.

 

Archipel-de-la-societe---IPGP.jpgArchipel de la Société. La flèche noire matérialise le déplacement absolu de la Plaque Pacifique depuis 5 Ma au dessus du point chaud de Mehetia. © IPGP

 

clouard_springer200408-copie-2.jpgBathymétrie des "îles soeurs", Tahiti et Moorea attestant de l'importance des cônes sous-marins et des glissements de terrain sur leurs flancs (également visibles sur le doument précédent)  - Doc. Submarine landslides / V. Clouard et A. Bonneville.


 

1. Les volcans éteints :

 

Bora-Bora est située au nord-ouest de l'archipel. On l'appelle aussi Mai te pora , ce qui veut dire "créée par les dieux".

Il s'agit ici d'un volcan éteint, qui fut actif au Pliocène supérieur (entre 3,45 et 3,10 millions d'années), puis qui a subi un affaissement au moins partiel et une forte érosion sous un climat tropical chaud et humide.

bora-bora-sat-jpgLa baie de Tuuraapuo fut le cratère principal du volcan, dont la bordure sud-ouest, affaissée, ne subsiste plus qu'au niveau des îlots Toopua et Toopua-iti, qui culminent respectivement à 148 m et 17 m.

Bora-Bora - doc. Google

Les roches volcaniques sont  essentiellement des basaltes alcalins et quelques hawaiites, ainsi que quelques intrusions de gabbro, surtout au niveau de l'îlot Toopua. Elles proviennent très majoritairement de coulées, les épisodes explosifs ayant été très rares.

 

Bora-bora---mt-Otemanu---K5-Boardshop.jpg  Archipel de La Société - Bora-Bora - le mont Otemanu, point culminant de l'île - photo K5 Boardshop.

 

Tahiti, île haute de 2200 m, repose sur un plancher profond de 3000 m. et forme donc un massif de plus de 5000 m. de haut si l’on enlève l’océan, pour un diamètre à la base de 120 km. et une circonférence de 360 km. Ces altitudes observées sont donc très comparables aux plus hautes montagnes continentales.

L'île se compose de deux parties centrées sur des volcans éteints, en forme de cônes tronqués, et reliées par un court bras de terre, l'isthme de Taravao. La plus grande de ces parties, située au nord-ouest, est nommée Tahiti Nui (la Grande Tahiti) tandis que l'autre partie, située au sud-est, est appelée Tahiti Iti (la Petite Tahiti) ou encore la presqu’île de Taiarapu.

C’est sur Tahiti Nui que se trouve le plus haut sommet de l’île : le mont Orohena, qui culmine à 2 241 mètres. Tahiti Nui abrite d’autres sommets : le mont Aora'i (2 066 m) , le mont Mārau (1 493 m) et le Diadème (Te Tara o Mai'ao) (1 321 m). Concernant Tahiti Iti, son plus haut sommet est le mont Ronui, qui atteint 1 332 mètres.

 

Tahiti n'est que partiellement entourée par une barrière de corail. On comptabilise ainsi 33 passes, et toute une partie du récif est immergée, empêchant par endroit la formation d'un véritable lagon entre le récif et la côte. Le lagon de Tahiti atteint cependant une superficie de 141 km².

 

Mourea - baie de Cook - outre-mer                L'archipel de La Société - la baie de Cook sur l'île de Moorea- photo site outre-mer.

 

Située au nord-ouest de Tahiti, Moorea, "l'île soeur" de forme triangulaire, possède deux baies principales, la baie de Cook et celle d'Opunohu (la baie du ventre du poisson-pierre). l'île compte huit sommets échelonnés depuis le mont Tohi'e'a, à 1207 m., jusqu'au mont Matotea , 714 m.

 

Moorea_-_Vue_avion---Remi-Jouan.JPG                   L'archipel de La Société - l'île de Moorea et son lagon - photo Rémi Jouan

 

2. les volcans actifs : à suivre après la trêve pascale

 

Sources :

 

- IPGP - Le volcanisme de point chaud du Pacifique sud - par A.Bonneville - link

- Geology - How many Pacific hotspots are fed by deep-mantle plume ? - par Valérie Clouard et A. Bonneville - link

- Arago seamount : the missing hotspot found in the Austral islands - by A. Bonneville & al. - link

- Hotspot concept - The French Polynesia complexity - Cl. Adam /Univ. Evora Portugal - link

- IPGP - Submarine landslides in French Polynesia - V. Clouard et A. Bonneville - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Dans la lignée des îles Cook, nous passons aux îles Australes, situées sur la même chaîne volcanique Cook-Australes… mais nous changeons d’entité géographique : nous nous trouvons maintenant en Polynésie Française.


Rurutu_BaieAvera-depuis-mt-Manureva---ph.-Jonathan-Burckle.jpg

  Les îles Australes -  Rurutu - la baie d'Avera, vue du Mont Manureva - photo Jonathan Burckel.


La Polynésie française est composée de 118 îles regroupées en cinq archipels : la Société, LesTuamotu, les Marquises, les Gambier et les Australes. Cette multiplicité d’îles est d’ailleurs à l’origine du nom du pays dérivé du grecPoly, signifiant nombreux/plusieurs et Nesis, signifiant îles.

Particularité unique au monde, ces îles sont dispersées sur une surface océanique de 5 millions de Km². Ce qui correspond à une superficie presque aussi vaste que l’ensemble du continent européen et presque dix fois la superficie du territoire de la France métropolitaine (550 000 km2).

 

CARTE_DISTANCE_INTER_ARCHIP.jpgLes archipels de la Polynésie Française - les distances inter-archipels sont indiquées en heures de vol au départ de Tahiti / archipel de la Société.

 

Les points chauds du Pacifique :

On considère habituellement que la plaque Pacifique abrite 14 points chauds, dont quatre classiques et sept de courte durée de vie, inférieure à 35 Ma. : Foundation, Macdonald, Pitcairn, Rarotonga, Rurutu, Samoa et Society. (Valérie clouard et Alain Bonneville).

 

Les-points-chauds-du-Pacifique---IPGP.jpg                                      Les points chauds du Pacifique - Doc . IPGP

Les points rouges désignent des volcans actifs - les points jaunes marquent la place de points chauds sans manifestation actuelle d'activité.

 

Le Pacifique Sud connaît depuis 40 Ma une activité volcanique ininterrompue comme en témoignent les centaines de monts sous marins recensés sur son plancher, qui présente, de plus, un vaste bombement causé par la poussée d'un super-panache ancré profondément dans le manteau terrestre.

Sur ce super-bombement, il existe plusieurs chaînes de mont sous-marins et îles générées chacune par un point chaud différent et qui ont une durée de vie moyenne de 10 Ma. Les chaînes anciennes guident l’emplacement des nouvelles, leur origine est peu profonde et ne sont pas dues à des points chauds provenant de panaches de la base du manteau terrestre.

Il existe donc une vaste zone fondue en base de lithosphère provoquant le bombement du plancher océanique de toute cette région et de laquelle se détachent périodiquement des “bulles” qui vont créer les volcans en surface. Plusieurs points chauds peuvent être actifs au même moment et un même chemin peut être emprunté par le magma à des temps très différents donnant au même endroit des épisodes de volcanisme séparés par plusieurs millions d'années.


L’archipel des Australes, d’une surface terrestre de 175 km², est constitué d’un atoll (Maria) , et de six îles hautes qui sont distantes de 575 à 1 275 km de Tahiti : Rimatara, Rurutū, Tupua'i, Ra'ivāvae, Rapa, Matotiri. Il faut y ajouter le seamount Macdonald, le seul volcan actif , et considéré comme étant positionné actuellement sur le point chaud.


Situé de part et d’autre du tropique du Capricorne, l’archipel se caractérise par l’isolement des îles le composant. Les plus proches sont distantes de 200 km et ce sont 850 km qui séparent Rapa, au Sud-Est, de Ra'ivāvae au Nord.

 

archipel-des-Australes---IPGP.jpgArchipel des Australes - doc. IPGP - La flèche noire matérialise le déplacement absolu de la Plaque Pacifique  au dessus du point chaud.

 

Au niveau géologico-tectonique, la chaîne Cook-Australes est une région au plancher océanique superficiel localisée dans le sud du Pacifique, appelée « South Pacific superswell », qui correspond à une anomalie géochimique nommée SOPITA – South Pacific Isotopic and Thermal anomaly. L’âge de la croûte océanique varie de 40 à 70 Ma ; quant à Rimatra, au nord des australes, son âge estimé est de 19,5Ma … à l’autre extrémité, Macdonald a connu sa dernière crise éruptive en 1988.

 

clouard_springer200405.jpgArchipel des Australes, carte bathymétrique -  * : zones actives des points chauds Mc Donald et Young Rurutu - les îles sont en lettres grasses - les volcans sous-marins sont en italiques - doc. Submarine landslides in french Polynesia / Clouard & Bonneville.

 

Rurutu                  Archipel des Australes - les falaises de Rurutu - photos les îles Australes


La progression régulière avec l'âge le long de la trajectoire du point chaud se trouve cependant battue en brèche puisque qu'à Rurutu, on trouve du volcanisme daté à 12 Ma voisin d’un volcanisme daté à 1,2 Ma.

Le stage initial de construction de Rurutu peut être lié à la source magmatique qui a formé Tubuai, en raison de la même pétrologie et de semblables caractéristiques géochimiques ; le distance entre ces deux îles est également compatible avec le déplacement de la plaque Pacifique à l’époque de formation.

 

Tubuai---depuis-un-motu---ph.-LynxIV.JPG                  Archipel des Australes - Tubuai, vue depuis un motu - photo LynxIV


Cependant la source du volcanisme daté de 1,2 Ma. sur Rurutu est à rattacher à un volcan sous-marin situé à 130 km. au sud-est de l’île, le seamount Arago (qui doit son nom au navire Français qui l’a découvert en 1993). Une campagne océanographique, le programme ZEPOLYF, a cartographié ce volcan sous-marin. Ce mont avait été baptisé Tinomana par un pêcheur qui avait coutume de travailler sur les hauts-fonds coralliens, Cook---Arago-seamount---Mantle-plume.jpgqui le recouvrent situés à 23 m. sous la surface et qui matérialisent ce volcan s’élevant à plus de 4500 mètres au dessus du plancher océanique.

 

Vue 3D du plancher océanique aux environs du seamount Arago - Doc. The Cook-Austral volcanic chain / Mantle plume.


L’Arago est recouvert de nombreux cônes, qui constituent autant de points de sortie de lave ; le flanc ouest est marqué par un glissement de terrain, conséquence de la mise en place du magma sous l’édifice.

L’Arago est a relié au point chaud "jeune Rurutu".

 

Rurutu carte Marco

Tubuai carte

 

Cartes de Rurutu et de Tubuai -

doc. sea-seek.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rapa Iti, ou Little Rapa, ainsi dénommée pour la différencier de Rapa Nui, Rapa_carte.jpgl'île de Pâques, est la plus grande des îles Bass, au sud-est des Australes. sa superficie est de 40 km²pour une population d'environ 500 habitants; la ville principale est Ahuréi. L'île est montagneuse et compte dix sommets élevés.

 

Carte de Rapa Iti - doc. sea-seek


Rapa fut créé par le point chaud Mac Donald, il y a 5 Ma. Un effondrement central, ouvert vers l'ouest, est à mettre en relation avec la subsidence d'une caldeira (Cloard & al. 2000)

 

Rapa-island---ISS004-E-12979.JPG

                                    Rapa Iti - photo ISS004-E-12979 / Nasa

 

Le volcan sous-marin Macdonald, aussi appelé Tamarii, a été découvert en 1967 par détection sismique. Ce volcan basaltique alcalin  a son sommet en plateau de 100 sur 150 m., et une profondeur moyenne de 40 m.; Le plateau sommital est chapeauté de spatter cones, qui forme des pinacles aux côtés escarpés. Il monte de plancher océanique à moins 1.800 m. jusqu'à 27 m. sous le niveau marin.

La plupart des éruptions du Macdonald ne furent détectées que par les sismomètres, sauf en 1987 et 1989, où des émissions de ponces furent détectées par les bateaux.

 

Situés au Nord-ouest de l’île de Rapa, un ensemble de guyots (*), anciens volcans recouverts de plateaux de calcaire est beaucoup plus vieux que les îles des Australes et a probablement été créé en même temps que la croûte océanique. Ils constituent des hauts-fonds connus sur les cartes marines sous le nom de banc Neilson.

 

seamounts-guyots.jpg                    Seamount, île volcanique et guyot - doc. Ole Nielsen / Olelog - My Opera.

 

(*) : Les guyots sont des monts sous-marins qui ont été des îles puis des atolls et qui ont été engloutis, entraînés par le plancher océanique dans son enfoncement régulier avec le temps.

 

 

Sources :

- IPGP - Le volcanisme de point chaud du Pacifiue sud - par A.Bonneville - link

- Geology - How many Pacific hotspots are fed by deep-mantle plume ? - par Valérie Clouard et A. Bonneville - link

- Arago seamount : the missing hotspot found in the Austral islands - by A. Bonneville & al. - link

- Global volcanism program -

- Hotspot concept - The French Polynesia complexity - Cl. Adam /Univ. Evora Portugal - link

- IPGP - Submarine landslides in French Polynesia - V. Clouard et A. Bonneville - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Palmerston-Aerial-aerial-pictures-of-the-cook-isl-jpg

                       Iles Cook du sud - Palmerston - photo Aerial vieuws of Cook islands.

 

 

Selon la tradition orale, les îles Cook auraient été peuplées à partir du 8°ou 9° siècle par vagues successives en provenance des Samoa, des îles de la Société, des Tuamotu et sans doute également des îles Marquises et des îles Australes. Aucune trace archéologique probante antérieure à cette date n’a jusqu'en 2008 été mise à jour. Néanmoins, selon l'archéologue Patrick V. Kirch, certaines modifications environnementales observées sur les île de Mangaia et d'Aitutaki et datant d'il y a 2000 à 2500 ans pourraient être d’origine humaine. Les îles Cook furent également l'une des bases de départ des migrations polynésiennes vers la Nouvelle-Zélande.

 

p1migmap.gif      Carte des migrations des ancêtres polynésiens (en orange) entre 5000 avant JC et 300 après JC.


Des navigateurs espagnols et portugais atteignirent les îles du sous-groupe nord à la fin du XVI° siècle. Plus tard, les Britanniques explorèrent également la région et nommèrent l’île de Pukapuka Danger Island (1664). Au cours deson second tour du monde, James Cook visita les îles de Manuae (septembre 1773) et Palmerston (Juin 1774) puis, au cours de son troisième voyage, Mangaia et Atiu (mars 1777). En 1804, le nom d'Îles Cook fut employé pour la première fois par le navigateur Johann Adam von Krusenstern. Ce n'est qu'avec le protectorat britannique que l'archipel dans son ensemble fut officiellement baptisé ainsi après avoir porté un temps le nom d'îles Hervey.

Les îles Cook furent officiellement annexées le 7 octobre 1900 par la Nouvelle-Zélande. En 1946, les habitants des îles Cook purent élire leur propre Conseil législatif et participer davantage à l’administration de leur archipel. Au cours des années 1960, le mouvement de décolonisation qui balayait le monde atteignit aussi l'Océanie, ce qui incita le gouvernement à accorder aux îles Cook un statut d'indépendance associée ("self government") en instaurant une nouvelle constitution.

Les îles Cook conservent depuis cette date d'étroits liens politiques et économiques avec la Nouvelle-Zélande. Ce statut particulier leur permet ainsi de recevoir une aide financière annuelle, alors que les insulaires sont automatiquement citoyens néo-zélandais.

 

 

Rarotonga---sculpture-de-basalte.jpg                            Rarotonga - sculpture de basalte -photo Rarotonga cultural center

 

La sculpture sur bois est une forme d'art courante aux îles Cook. Chaque 220px-British_Museum_-_Wooden_carving_from_Rarotonga_18th-1.jpgîle garde cependant une spécialisation ... c'est ainsi que Rarotonga est connue pour ses statues de dieu des pêcheurs et leurs aidants, et Atiu est célèbre pour ses sièges en bois. La plupart des oeuvres originales furent cependant escamotées par les premiers visiteurs européens, ou brûlées par les missionnaires.

 

Statuette en bois du dieu des pêcheurs ayant échappée à l'émasculation - Origine Rarotonga 18°-19° - conservée au British Museum.


La sculpture sur pierre est plus rare, bien qu'il subsiste d'excellentes oeuvres de Mike Taveoni.


Mitiaro Nukoroa 3.1

L'expression culturelle se manifeste aussi aux îles Cook, sous forme de chants et danses, au cours de festivals; chaque île possède ses propres dances, pratiquées depuis la prime enfance.

Festival Te Maeva Nui 2005 - photo L. Bailey / Ministry of cultural development.

 

La chaine volcanique Cook-Austral :


Bien que grossièrement orienté dans la direction de déplacement actuel de la plaque Pacifique, caractérisée par un ratio de 11 cm/an et une direction 115°N., le modèle formé par les volcans émergés et sous-marins est complexe.

 

CookFig1a_700---mantle-plume.gif                   La chaîne volcanique COOK-AUSTRAL - doc. Mantle plume by A. Bonneville.


La morphologie et la géométrie des groupes d’îles suggère l’existence de deux alignements volcaniques, dans le contexte de la Cook-Austral volcanic chain.

Un alignement nord, le groupe d’îles Aitutaki-Mauke, avec Rimatara, Rurutu, Tubuai, Raivavae, President Thiers bank. La branche sud est constituée de Rarotonga, Mangaia, Neilson bank, Rapa, Marotiri et du seul volcan actif, le seamount Mc Donald.


Les îles Cook :

 

_841414_orig.jpg                 Présentation pour les volcano-philatélistes - doc. Cook islands philatelic bureau.

 

cw-map.gif                 Les îles Cook - les deux branches de l'archipel - doc. The World Factbook / CIA


Les îles Cook, divisées géographiquement en deux branches, sont le résultat de l’activité volcanique et corallienne dans le Pacifique sud.


Les îles de Rarotonga, Mangaia, Atiu, Mauke, Mitiaro et Aitutaki sont constitués des sommets émergents de volcans éteints ; Manuae, Palmerston, Penrhyn, Manihiki, Rakahanga,  Pukapuka, et Suwarrow sont des atolls, des récifs coralliens entourant un lagon , qui surmontent le sommet submergé d’un volcan.

A noter des formations intermédiaires : Aitutaki est pour part volcanique, pour part un atoll. Takutea est un presqu’atoll et Nassau est un banc de sable sur une base de récif corallien.

 

atoll.jpg

Les atolls du groupe nord, à l’exception de Penrhyn, s’élève depuis la périphérie d’une grande plate-forme  peu profonde nommée le plateau Manihiki. Ce plateau est situé à une profondeur de 2500-3000 m. et couvre une superficie de 600.000 km², soulevé probablement durant le crétacé, entre 135 et 65 Ma. 

Penrhyn est située entre le plateau Manihiki et les îles Line ; elle constitue la plus haute montagne volcanique des îles cook, avec un relief à plus de 4876 m.

L’activité des volcans situés sur 4 îles du nord, Mangaia, Atiu, Mauke et Mitiaro, fut suivie d’une subsidence : les sommets disparurent sous le niveau marin et une barrière récifale commença à croître ; par après l’ensemble remonta lentement vers la surface, à moins que ce ne soit le niveau marin qui baissa , laissant réapparaitre sommets et récifs. Cette barrière soulevée est appelée " makatea " … et ces 4 îles sont qualifiées de " type-makatea ". Une nouvelle barrière de corail commence alors à croître sous le niveau de la mer.  

 

cooks_islands_arialview.jpg        Iles Cook du sud - Rarotonga - photo aerial views of Cook Islands

 

Aitutaki3.jpg                           Iles Cook du sud - Aitutaki - photo Cook islands


Datation des évènements :


La phase éruptive des îles Cook, à l’exception de Rarotonga, est datée du Paléocène, entre 65 et 60 Ma. A cette époque, l’altitude des volcans du groupe nord dépasse le niveau marin. Leur subsidende s’opère durant l’eocène, entre 60 et 38 Ma.

Mangaia est plus jeune : on retrouve, dans son récif surélevé,des fossiles datés entre 38 et 7 Ma. Penrhyn, Manihiki-Rakahanga et Suwarrow reposent sur des calcaires du Miocène, vieux de 22 à 14 Ma.

Le makatea de Mangaia, Ngatangiia, Roratonga sont datés de 110-90.000 ans, à plus de deux mètres, tandis que les formations principales de récifs sur rarotonga et Aitutaki se constituèrent il y a 15.000 ans, avant le dernierâge glaciaire.

Les récifs coralliens ont débuté leur croissance à Atiu, il y a 7 Ma, tandis que les formations de Suwarrow, Rakahanga, Pukapuka et Manihiki dateraient de 2 Ma ou moins.

 

Rarotonga_TeManga_Cook_Islands.jpg         Iles Cook du sud -  le pic Te Manga, point culminant de Rarotonga - photo Marcus Gleinig

 

Deux "cartes postales" des îles Cook ...

 

Cook_Islands-1.jpgcook-islands-dancers-beach

 

 

 

 

 

 

 

 

 

... sur un "rythme" différent, mais toujours enchanteur !

 

 

 

 

 

Sources :

- NZETC - Geological history of the Cook islands - link

- Culture of the Cook Islands - Lords of the dance - link 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Outre le Hunga Ha’apai, de nombreux autres volcans sous-marins sont répertoriés aux Tonga et dans le basin de Lau.

 

 

West-Mata---lueur-du-magma-et-panache-charge-en-soufre--Ha.jpg

            West Mata - lueur du magma et panache chargé en soufre - NSF & NOAA expédition 2009


map bathymetry labeled 600Zone étudiée en 2009 - le West Mata et le NE Lau spreading center (NELSC) située à l'ouest de la formation circulaire, le volcan 'O' - Doc. NSF & NOAA.


Au nord-est du bassin de Lau, les volcans East Mata et West Mata, séparés 3406wes02.jpgde 7 km. marquent le terminaison nord de l’arc des Tonga.

Bathymétrie des Mata - doc. NSF - NOAA

Ils furent découvert en novembre 2008 par une expédition du NOAA Vents Program , période où le West Mata présentait des panaches hydrothermaux et une récente effusion de lave. Un retour sur zone en 2009 a permis de filmer  une activité effusive et explosive au départ de deux évents, l’un situé au sommet du West Mata , l’autre sur la zone de rift SO.

Le West Mata culmine à 1.174 m. sous la surface, son socle reposant entre -2800 et -3000 m. ; le NOAA a permis de filmer pour la première fois en direct une éruption de lave composée de boninite, une andésite à olivine-bronzite, contenant peu ou pas de feldspath. On n’avait trouvé auparavant de telles laves que sur des volcans âgés au minimum d’un million d’années, sensé représenter les premières étapes de subduction dans un arc d'îles volcaniques primitif. Un échantillonnage de ces laves a été rendu possible par le ROV Jason (Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI).

 

West-Mata-eruptive_blast---NSF-NOAA.jpg

                               West Mata - blast éruptif - photo NSF & NOAA expédition 2009.

 

West-Mata-pillow---NSF-NOAA.jpg           West Mata - extrusion de pillow lava - photo NSF & NOAA expédition 2009

 

 

 

Autres structures sous-marines du bassin de Lau : les seamount Tafu et Maka sont situés sur une dorsale orientée NE-SO. de la portion sud du NELSC –Northerneast Lau spreading center.- un centre d’expansion d’arrière-arc. Les sommets sont situés à 1400 m. sous la surface pour le Tafu et 1560 m. pour le Maka. Lors des expéditions du NOAA, un champ géothermal sous-marin actif a été trouvé, ainsi que de récentes coulées de lave.

 

Tonga---volc.-Tafu---Maka-GVP.jpg

Bathymétrie des volcans Tafu (source de feu) et Maka ( roche) - Courtesy of NOAA Vents Program, 2008.

 

A proximité de l’île de Late, le volcan sous-marin Home Reef  a formé une île éphémère – 500 m. sur 1.500 m., avec des bords escarpés hauts de 30 à 50 m. -  suite à l’éruption de 1984, qui avait engendré un panache de 12.000 m. de haut, et de copieuses quantités de ponces flottantes. Une autre éruption du volcan en 2006 a généré des radeaux de ponces qui ont transité jusqu’en Australie.

 

Home-Reef-2006.jpg

                     Home Reef - éruption d'octobre 2006 vue par le satellite ASTER / Nasa


Home-Reef---IGNS.jpgHome-Reef-23.03.1984.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, photos aériennes du 07.12.2006 montrant les panaches diffus entourant Home Reef et l'érosion de l'île éphémère - Courtesy of the RNZAF and IGNS

 

A droite,l'île temporaire atteint 300 m de haut le 23.03.1984 -

Courtesy of W/O P.J.R. Shepherd and J.H. Latter.

 

Metis Shoal, localisé entre les îles de Late et Kao, a produit une série d’îles éphémères : on en relève la présence en 1781. Des cônes de tuff dacitique consécutifs aux éruptions de 1967 et 1979 furent aussitôt érodé . En 1995, l’éruption a fait naître une île de 280 m. de diamètre et 43 m. de hauteur , suivant la croissance d’un dôme de lave au dessus de la surface.

 

Metis-Shoal---07.12.2006.jpgMetis-Shoal---Modis.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, Methis Shoal le 07.12.2006  - Courtesy of the RNZAF and IGNS.

 

A droite, décoloration provoquée par l'éruption du 15.09.2005 et position de celle-ci - Doc. Nasa Earth Observatory

   

Toujours dans la partie centrale de l’archipel, Falcon island est rapportée comme étant une île à éclipse. Un haut-fond est identifié en 1865. Des éruptions débutant en 1885 et 1927 formèrent des îles. En 1933, une île Falcon-island---A.Thompson.jpgd’une hauteur de plus de 145 m. est signalée par les navires de passage :  « elle émet de la fumée ».La dernière activité explosive est datée de 1936. Depuis 1949, l’île a été érodée et est repassée sous le niveau marin, mais le sommet du volcan reste à faible profondeur.  - Falcon island - photo d'archives (antérieure à 1949) - par A.Thompson.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Tonga islands

- NOAA Ocean Explorer - 2009 - Northeast LAu basin response cruise

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Publié le par Bernard Duyck
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  Toujours dans le groupe central Ha'apai :

 

Les deux petites îles de Hunga Tonga et Hunga Ha’apai, respectivement dépassant de 149 et 128 m. le niveau marin, sont les restes d’une grande caldeira sous-marine dont elles constituent les marges nord et ouest.

Diverses éruptions sous-marines ont secoué la zone depuis sa première éruption historique en 1912. En juin 1988, une éruption à faible profondeur est rapportée par un pêcheur : « du feu, des tephra et de grands volumes de fumée et vapeur blanche. »

 

L'éruption surtseyenne de 2009 :

 

17.03.2009---3402hun2-GVP.jpg

         Première photo aérienne du site de l'éruption, le 17.03.2009 18h04 - photo Steven Gates.

 

N.B. : Une éruption surtseyenne, tirant son nom du Surtsey (Islande), est un type 220px-Surtseyan_Eruption-fr.svg.pngd'éruption volcanique caractérisé par l'émission d'une lave à fleur d'eau lorsque le volcan est une île maritime ou lacustre de faible altitude. Le contact de l'eau et de la lave engendre un choc thermique qui provoque la vaporisation de l'eau et la fragmentation de la lave au cours d'explosions qualifiées de "cypressoïdes" pour la ressemblance des panaches volcaniques avec des cyprès.

 

Le déferlement basal, ou base surge, est généré par les éruptions phréatomagmatiques et caractérisés par l'expansion du mélange turbulent de gaz et fragments vers l'extérieur, à la base de la colonne éruptive; chauds ou froids, ces surges peuvent parcourir des distances de plusieurs kilomètres et tuer tant par leur cinétique puissante que par leur teneur en gaz toxiques.

 

 

*            *            *

 

Le 17 mars 2009, une éruption particulièrement bien filmée crée une nouvelle terre. Un vol entre Vava’u et Tongatapu repère une éruption au départ d’évents multiples produisant des panaches de cendres et vapeur vers 18h.

Le 18 mars, George Lavaka,un journaliste radio à bord d’un petit bateau de pêche sportive, décrit le phénomène : une île recouverte de cendres noires, un évent sous-marin au sud de l’île et un autre sur la partie NO. De l’île, des souches de cocotiers et des cadavres d’oiseaux et poissons flottant dans les eaux environnantes.

 

D.Stephenson---6---18.03.2009.jpgUn panache de vapeur (blanc) surmonte Hunga Ha'apai, à droite - à gauche, le panache cypressoïde noir de l'éruption sous-marine. - 18.03.2009


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                                 Les deux évents de l'éruption d'Hunga Ha'apai le 18.03.2009

 

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                       Hunga Ha'apai - 18.03.2009 - Intensification du phénomène éruptif

Photos from unknown photographer on the Sloban boat provided by Dana Stephenson/Getty Images on boston.com.


De fortes explosions surtseyennes se succèdent durant l’heure d’observations. Elles sont suivies d’un panache qui s’élargit, d’émissions de bombes, et de surges basaux qui n’atteignent pas le bateau, qui a heureusement quitté la zone de l’éruption à temps.

 

D.Stephenson - 18.03.2009

Chute de bombes et base surges à la surface de l'océan - 18.03.2009 - Photo from unknown photographer on the Sloban boat provided by Dana Stephenson/Getty Images on boston.com.

 

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Déferlement basal cachant l'île d'Hunga Ha'apai - 18.03.2009 - Photo from unknown photographer on the Sloban boat provided by Dana Stephenson/Getty Images on boston.com.

 

 

Les images satellites montrent une zone de 10 km. de rayon  d’eu décolorée autour de l’île et des radeaux de ponces qui dérivent sur 25 km. vers le NO.

 

tonga_amo_2009077.jpg

Les îles d'Hunga Tonga et Hunga Ha'apai sont dissimulées sous le panache éruptif - une zone de décoloration entoure le lieu de l'éruption; des radeaux de ponces serpentent plus loin vers le NO. -

 Courtesy of NASA Earth Observatory / Nasa Modis.


L’éruption se termine le 21 mars, après cinq jours d’activité continue. Elle a construit une nouvelle terre connectée à Hunga Ha’apai … une photo aérienne va montrer deux lacs fumants dans la partie de l’évent NO. Et un évent émettant un panache de vapeur sur la nouvelle partie sud de l’île.

 

Honga-Ha-apai---GVP.jpgHunga Ha'apai - vue le 21.03.2009 à la fin de l'éruption - View is to the S on 21 March 2009. Courtesy of GP Orbassano and the Waterfront Lodge. 

 

Enfin le groupe sud de Tonga-Tabu (Tongatapu) est le plus important.

L'île de ce nom est la plus grande (430 km²) de l'archipel, elle est plate, avec quelques collines de 30 m au plus; elle renferme la capitale de l'archipel (Nuku'alofa ), résidence habituelle du roi, et qui est en même temps un port.

Tongatapu possède la seule voûte mégalithique du Pacifique sud : ce trilithon de 4,9 m. de haut pèse environ 50 tonnes et fut édifié des siècles avant l'arrivée des occidentaux. D'autres ouvrages monumentaux avec les langi : ces pyramides basses, plates, à deux ou trois niveaux, marquent les tombes des anciens rois. Ces ouvrages monumentaux sont réalisés en blocs coralliens.

 

 

Tongatapu-s-stone-trilithon-gateway-Ha-amonga--A-Maui.jpg                              Ha'amonga'a Maui, mégalithe trilithon de Tongatapu - photo google

 

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Tongatapu - cérémonie au Langi Nā Moala, après les funérailles de Tu' ipelehake, un chef mort en 2006. - photo Tau'olunga.

 

A 15 kilomètres au Sud-Est est une autre grande île, celle d'Eua (174 km²), offrant des altitudes de plus de 300 m, avec un îlot rocheux; Kallau ou Katto, à une petite distance de sa pointe Sud. Au Sud-Ouest de ce groupe et de tout l'archipel est l'île Pylstaart ou Ata (355 m, 2,7 km²), volcanique; découverte par Tasman en 1643, et appelée par lui Middelburg.

 

Sources : 

- Global volcanism Program - Hunga Tonga and Hunga Ha'apai

- Vulkaner - Volcanoes on land and in the ocean, around Tonga - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

L’archipel des Tonga, aussi appelé par Cook "les îles amies " (Friendly islands) compte près de 32 îles et 150 îlots, environ 750 km², et 115.000 habitants (en 2006). Ses coordonnées sont : 18° à 22° de latitude Sud, 174° à 176° de longitude Ouest. 

Les ports et mouillages sont assez nombreux, grâce aux récifs qui abritent les côtes, tout en rendant la navigation difficile.

 

3403hun1.jpg  Les trois groupes d'îles composant l'archipel des Tonga : Vava'u, Ha'Hapai et Tongatapu.

 

On considère que les îles Tonga sont habitées par des austronésiens depuis vers le 13° siècle av. J.-C. , mais la tradition dit que le royaume de Tonga aurait déjà été occupé à l’ère préhistorique. Le 21 janvier 1643, Abel Tasman découvrit Tongatapu et visita une partie des îles. En 1875 , les îles devinrent une monarchie constitutionnelle et en 1900 un protectorat britannique. C’est un royaume constitutionnel indépendant depuis 1970 et rattaché au Commonwealth.

 

Les Tonga, voisines des alignements polynésiens du Nord-Ouest au Sud-Est, sont orientées perpendiculairement, du Nord-Est, au Sud-Ouest; et appartiennent à la chaîne de la nouvelle-Zélande, avec le groupe intermédiaire de Kermadec.

On distingue, au double point de vue géologique et orographique, deux séries parallèles, l'une occidentale, la moins importante, composée d'îles élevées volcaniques, parfois à volcans actifs, l'autre orientale, d'îles basses, coralliennes, parfois avec lagon, et d'une multitude d'îlots et de récifs.

 

arc-Tonga-Kermadec---NSF.gifTectonique de l'arc Tonga-Kermadec et du bassin de Lau- Les îles sont numérotées de 1 à 15 (les chiffres 834-839 se réfèrent à des sites de forages)  -^- : zone de subduction.

 1, Tafahi; 2, Niuatoputapu; 3, Fonualei; 4, Late; 5, Metis; 6, Kao; 7, Tofua; 8, Hunga Ha’apai and Hunga Tonga; 9, Eua; 10, Ata; 11, Raoul Group; 12, Macauley; 13, Curtis; 14, L’Esperance; 15, Niua fo’ou. Les autres abréviations: PR, Peggy Ridge; KTJ, Kings Triple Junction; CLSC, ILSC and ELSC, Central, Intermediate and East Lau Spreading Centres; VF, Valu Fa Ridge.  

 

 

Géographiquement, on les partage en trois groupes :

- de Vava'u : avec Vava’u, Late, Toku et Fonulei

- d' Ha'apai : avec Ha ‘apai, Uiha, Foa, Ha’ano, Lituka, Kao, Tofua, Nomuka, Hunga Ha’apai, Fonuafo’ou

- de Tongatapu : avec Tongatapu, Eua, et Ata.

 

Toutes ces îles et hauts-fonds sont reliés par un plateau qui émerge en divers endroits et que les naturels appellent Hallola-Comei. Le fond s'élève ou se déprime sous l'action de volcans sous-marins. D'une manière générale, dans cet ensemble d'îles, les forces volcaniques et les altitudes diminuent de l'Ouest à l'Est et du Nord au Sud.

 

Dans le groupe septentrional, on voit d'abord les rochers déserts de Fanua-Lai ou Amargura (altitude 183 m, 55 km²), dont un volcan fit une terrible éruption en 1846, qui réduisit l'île en débris et projeta au loin des cendres, et au Sud-Est de Taku, de moindres dimensions; plus loin, dans la même direction, est l'île principale Vanna ou Hafoulou-Hao (altitude, 150 m, 145 km²), une foule d'îlots et de récifs coralliens l'entourent et sont disséminés au Sud, ce qui n'empêche qu'il y ait eu plusieurs éruptions dans l'île.


Ninuafo’ou est une île de 8 km. de large … en fait le sommet d’un volcan-Niuafo'oubouclier largement submergé. Une caldeira large de 5000 mètres, aux parois abruptes, est pratiquement remplie par un lac , Vai Lahi (le grand lac), qui abrite divers îlots et cônes pyroclastiques proches de la rive NE. L’activité historique a marqué des fissures en cercles côté ouest et sud de l’île. Elles ont endommagé à plusieurs reprises des villages ; en 1946, une éruption a forcé l’évacuation de la plupart des 1200 habitants.


Fonualei est une petite île large de 2 km. possédant une caldeira avec un cône pyroclastique dont le cratère est ouvert vers le SO., et une coulée atteignant Fonualei-copie-1la mer. Le volcan surgit d’une profondeur de 1000 m. et est bordé de falaises, sauf sur son côté ouest, où de petites plages de sable ourlent le littoral. Un petit récif frangeant existe au NE, à l’ouest et au sud. Contrairement aux andésites et basaltes qui caractérisent les Tonga, Fonualei a émis au cours des derniers 165 ans des laves à dominante dacitique, des tuffs et dépôts phréatomagmatiques, surmontant les laves plus anciennes.


Particularité de l'avifaune : Le mégapode des Tonga, ou de Ninuafo’ou, – Megapodius pritchardii – est un endémique de l’archipel ; ce gros oiseau terrestre est très vulnérable et à la merci de la prédation humaine et d’une éruption … le transfert de ses œufs fut réussi sur la déserte Fonualei, où l’on compte maintenant 350 à 500 oiseaux ; par contre, elle a échoué sur Late. Cet oiseau a pour habitude  "de faire couver ses œufs par le volcan " : il ne couve pas lui-même ses œufs, mais les enfonçe dans les sables volcaniques chauds, ou encore, à défaut, dans des tas de végétaux en décomposition.

 

Niuafo-ou-megapode-nid-incubateur-volcanique.jpg megapod.jpg


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mégapode enfoui ses oeufs dans le sable volcanique à 1-1,5 m. de profondeur et une température de 32-35°C.


A droite, mégapode et son poussin - oeuvre de Walter Lawry Buller (1838-1906).

 

Late est une île circulaire large de 6 km. ; elle contient un cratère large de 400 m. et profond de 150m. occupé par un lac éphémère.

Ce volcan basalto-andésitique à andésitique a ses racines à une profondeur de 1500 m. et son sommet conique dépasse de 540 m. le niveau marin. Divers cônes de cendres sont signalés au nord du cratère sommital, sur un plateau semi-circulaire et sur la côte NO. Une structure en graben située sur le flanc NE est percée de deux cratères-puits, dont un rempli par un lac salé. Les dernières activités sont datées de 1790 et 1854.

 

Tonga---Late--cr.-somm.-et-pit-craters---Tonga-ministry-of-.jpg           L'île volcanique de Late - photo Tonga ministry of lands, survey and natural ressources.


Le groupe de Ha'apaï (68 km²) comprend une quarantaine d'îles madréporiques et, à l'Ouest, deux îles volcaniques, Kao (1524 m, 11 km²) et Tofua (854 m).

 

Kao  est un stratovolcan de forme allongée, de nature Basalto-andésitique, dont le sommet est fait de petit cratères coalescents.

 

Tofua----Tonga-inistry-of-lands-and-natural-resources.jpg   Tofua et sa gigantesque caldeira - photo Tonga ministry of lands, survey and natural ressources .

 

Tofua est un stratovolcan couronné d’une caldeira de 5 km. de large, et profonde de 500 m. Trois cônes post-caldeira se sont édifiés au nord du lac de cratère ; ses eaux froides ont leur surface à 30 mètres au dessus du niveau de la mer. Le plus grand des cônes, le Lofia, est responsable des éruptions historiques rapportées depuis le 18° siècle, e.a. par le capitaine Cook qui l’a vu en éruption en 1774.  Le cône Est possède trois cratères et a produit de jeunes coulées basalto-andésitique qui se sont répandues dans le lac. Le Lofia est toujours actif, comme en témoigne de l’incandescence (lave en fusion et spattering) remarquée en 2009 et 2011.  

 

Tofua-24.04.2010---GVP.jpgCoup d'oeil sur le cratère actif du Tofua, le Lofia - Photo Stuart Kershaw posted by the Tonga Visitors Bureau.- 24.04.2010 - in GVP

 

A suivre ...

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Tonga islands volcanoes

- Vulkaner -Volcanoes on land and in the ocean, around Tonga, Pacific ocean - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Malgré des siècles d’influence européenne, les habitants de Samoa ont maintenu leurs coutumes, leurs systèmes sociaux et politiques ainsi que leur langage.

 

3-Samoan-girls-1902---book-Samoa--bismarckarchipel-und-Neug.jpg"Trois filles des Samoa" - photo E.von Hesse-Wartegg 1902 / du livre : "Samoa, Bismarckarchipel und Neuguinea, drei deutsche kolonien in der Südsee".

 

Awa-ceromony---Tavita-Togia-NPS.jpg Samoa - cérémonie de l'Ava - deux samoans entourent la reine de la fête- photo Tavia Togia NPS.

 

Les habitudes culturelles telles que la cérémonie Samoa’ava restent des Tapa-2--des-Samoa.jpgrituels liés aux évènements importants ; les habits " tapa " (ou simplement le tapa) est un tissu d’écorce caractéristique de ces îles du Pacifique, depuis la Nouvelle-Guinée jusqu’à Hawaii (où on l’appelle kapa).

 

La culture samoane est centrée sur le principe du Vafealoa’i, les relations entre les gens, basées sur le respect.

Certains Samoans vivent selon un mode de vie communautaire et participent collectivement aux activités. Le Fale, maison traditionnelle des Samoa, en témoigne : ce sont des habitations ouvertes, sans parois, qui utilisent des stores de feuilles de palmiers pour occulter la nuit ou en cas de mauvais temps.

 

doc2.jpgAncienne carte postale des colonies allemandes - le travail du copra devant le fale traditionnel.

 

Le processus de Fa’aaloaloga , ou présentation formelle de cadeaux, reste pratiqué lors des grandes occasions : mariages, installations de chefs, funérailles, inauguration de bâtiments, d’églises, etc.

 

La mythologie Samoane honore de nombreux dieux ; les légendes parlent de Tagaloa et la déesse de la guerre Nafanua, fille de Saveasi’uleo, maître du royaume spirituel Pulotu.

 

Après l’introduction du christianisme, et la conversion de la plus grande part de la population, les Samoans ont réussi à adapter la religion dominante avec les croyances anciennes, surtout les rites traditionnels de fa’a Samoa.

 

Comme dans d’autres cultures polynésiennes, à Hawaii, Tahiti et chez les Traditional_Samoan_Tattoo_-_back.jpgmaoris, les tatouages sont importants et uniques.


Dans l’archipel, les deux sexes ont des tatouages spécifiques : pour les hommes, il est appelé Pe’a, et se compose de motifs géométriques complexes couvrant les zones depuis les genoux jusqu’aux côtés, "en culotte".

Le tatouage féminin, le malu, est plus léger, et comporte moins de motifs géométriques ; il habille les jambes, de l’aine aux genoux, mais aussi les mains et la partie du ventre allant du mont de Vénus au nombril.

 

 

Pe'a - tatau Samoa masculin - photo CloudSurfer


 

Les principaux sports pratiqués sont le rugby, la lutte ou catch, le football américain , le volley et le soccer.

 

Umaga-catcheur-des-Samoa.jpg                     Edward Smith "Eki" Fatu, alias  "Umaga" , un catcheur poids (très) lourd des Samoa.

 

Mais la vie n'est pas que paradisiaque dans ces archipels du Pacifique sud, ils sont soumis à de nombreux séismes, qui engendrent parfois des tsunamis dévastateurs.

 

Le 29 septembre 2009, le séisme le plus important de l'année, d'une magnitude 8,1 frappe la région des Samoa, localisé le long de la zone de subduction Kermadec-Tonga. Il est suivi de fortes répliques dont deux de M 7,8.

Le centre d'alerte au tsunami du Pacifique enregistre une hausse du niveau marin de 76 mm. près de l'épicentre ... les plus hautes vagues qui vont atteindre la côte des Samoa mesureront 14 mètres, et quatre vagues vont parcourir jusqu'à 1,5 km. dans l'intérieur des terres !

Sur l'archipel des Samoa et sur Niuatoputapu (une île corallienne plate aux Tonga), on relève 189 décès, pour la plupart des enfants, et ceci malgré l'évacuation d'Apia, capitale de l'île d'Upolu.

 

samoaquake--29.09.2009-tsunami.jpg                            Epicentre (en gras) du séisme du 29.09.2009 - doc. Nasa

 

News : pas de 30 décembre pour les Samoa occidentales.

Alors qu'ils sont placés à proximité de la ligne de changement de jour, les Samoa occidentales ont décidé de se placer à l'ouest de la ligne internationale, qui effectue des zig-zags en suivant cahin-caha le 180° méridien au travers de l'océan Pacifique ... selon le premier ministre local, cette décision devrait permettre à l'archipel de commercer plus facilement avec ses voisins australiens et néo-zélandais.

Apia ne sera plus la dernière capitale sur terre à voir le coucher de soleil chaque soir...Mais elle deviendra en revanche l'une des premières à voir son lever à chaque aube.

 

 

 

Sources :

- Samoan sensation - music & culture - link

- Skin story - the art and culture of polynesian tattoo - link

- USGS Earthquake Hazard Program - 29.09.2009 Samoa islands

- Physorg - Triple whammy triggered Samoa tsunami

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Les îles Samoa sont situées à mi-chemin entre Hawaii et la Nouvelle-Zélande et composées de deux grandes îles et huit îlots ; quatre îles sont habitées : Savai'i, Upolu, Apolima et Manono. Les six îles inhabitées se nomment Fanuatapu, Namu’a, Nu'utele, Nu'ulua, Nu'ulopa et Nu'usafe'e.

 

samoa2-map.gif                        Les îles Samoa occidentales et orientales (américaines) - doc. J.Leclerc


Peuplées depuis 3 000 ans environ par un peuple polynésien, les Samoa ont été occupées aux alentours de l'an 1000 avant J.-C. Elles furent conquises par les Tonga, et devinrent une province de l'Empire Tu’i Tonga, jusqu'à ce que les Samoans se révoltent avec succès au  13° siècle et obtiennent leur indépendance de l'empire. Le Hollandais Jacob Roggeveen fut le premier Européen à identifier l'archipel en 1722. L'explorateur français Louis-Antoine de Bougainville nomma l'archipel les îles du Navigateur en 1768.

En 1889, fut signé le Traité de Berlin, garantissant l'indépendance politique des Samoa. Le régime établi était alors une monarchie.En 1899, les Samoa furent divisées en deux parties : les Samoa occidentales (allemandes) et les Samoa orientales (sous contrôle américain).

Cette division persiste encore aujourd'hui. En 1914, la Nouvelle-Zélande prit le contrôle des Samoa occidentales. Elle le garda ensuite sous mandat de la Société des Nations puis sous mandat de l'Organisation des Nations unies jusqu'en 1961. Les Samoa occidentales obtinrent leur indépendance le 1 janvier 1962 suite à un référendum. Le pays devint membre du Commonwealth en 1970 et des Nations unies en 1976.


currents9_vailulu_n2_enlarg_6019.gif   Alignement des îles Samoa suite au passage de la plaque Pacifique au dessus du "point chaud"


Ces îles volcaniques, constituées de grands volcans-bouciers, se sont formées sous l’influence du point chaud des Samoa, et sont alignées Est-Ouest dans la même direction que la plaque tectonique en mouvement au dessus du panache mantellique, comme celles de l’archipel Hawaiien.

En principe, selon ce schéma identique, les îles les plus anciennes devraient se trouver plus à l’est et être inactives, et celle en formation au niveau sous-marin … Ce point chaud demeure une énigme pour les scientifiques : en effet, l’île de Ta’u, située à l’est de l’archipel des Samoa, et Savai’i , localisée à l’ouest, sont toutes deux entrées en éruption au cours des dernières 150 années.

Sur base d’analyses géochimiques récentes des laves, on penche maintenant vers une hypothèse d’origine de celles-ci à partir de magma mantellique enrichi à la base de la lithosphère plutôt que provenant d’un panache bien défini géochimiquement.

 

Vailulu-u---Hart---al.-GVP.jpg Vailulu-u-1999-2005---Nafanua.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bathymétrie de Vailulu'u et de Ta'u , à gauche - doc. S. Hart & al

2000 / GVP

A droite, bathymétrie de la caldeira du Vailulu'u entre 1999 et 2005

montrant l'émergence du cône Nafanua - doc. H.Staudigel & S.Hart / GVP.

 

Le volcan sous-marin basaltique Vailulu’u est considéré comme se trouvant actuellement à l’aplomb de cette anomalie magmatique.  

Son existence fut révélée pour la première fois en 1973 par un dispositif acoustique, mais la cartographie ne fut effective qu’en 1999 – mission AVON – grâce aux progrès technologiques. Ce seamount s’élève à 4200 m. au dessus des fonds océaniques et est coiffé d’une caldeira de 2000 m. de diamètre, profonde de 400 mètres. Son sommet est actuellement à 590 m. sous la surface. Sa morphologie allongée sur un axe est-ouest indique la présence d'au moins trois rift zones (vers l'est, l'ouest et le sud-est) qui se rejoignent au cratère sommital. En 1995, une activité sismique anormale localisée à son niveau suggère l'occurrence d'une éruption. Une autre, qui s'est produite entre 2001 et 2005, fut mise en évidence à postériori, lors d'une mission du NOAA. Les données permirent de constater la présence d'un nouveau cône intracratèrique d'environ 290 m de haut, baptisé Nafanua, localisé dans la partie ouest du cratère sommital.

 

3358_loihi.jpgLa comparaison entre les volcans sous-marins Loihi (Hawaii- schéma de gauche WHOI) et Vailulu’u (Samoa - schéma de droite WWHOI) montre une localisation 3358_vailulu_drawing.jpgcommune à l’extrémité Est de leur chaîne volcanique respective, avec toutefois une absence de basalte tholéitique à Vailulu’u, qui atteste de la particularité de ce point chaud … en relation avec les déplacements tectoniques : le nord des îles Tonga s’écarte des Fidji (plaque australienne) à une vitesse de 130-160 mm/an, tandis que la plaque Pacifique  s’approche de la plaque australienne à raison de 80 mm/an … ce qui implique une déchirure au coin de la fosse avec un ratio de déplacement qui cumule les deux cités précédemment , soit 240 mm/an (160 + 80).

 

Vailulu-u-pillow---NOAA-ocean-explorer-2005.jpg                 Pillow lava produit par le seamount Vailulu'u - NOAA Ocean Explorer 2005.

 

 

L’île de Ta’u , large de 6 km sur 10, n’est que la partie émergée du volcan-bouclier Lata. L’effondrement et le glissement de terrain de la portion sud de ce volcan a laissé de ce côté une baie en arc, bordée de plages et de paroi abruptes. De nombreux cônes post-caldeira ponctuent le sommet et les flancs du Lata.

 

Ta-u---volcan-Lata---John-Brooks-US-NPS.jpg  Samoa - île de Ta'u - les flancs sud du volcan Lata - photo John Brooks / U.S. National Park Service


Deux petits volcans-boucliers se sont édifiés le long de deux zones de rift à la pointe NO. et NE. de l’île. Le coin NO. s’est étendu par un complexe de cônes de tuff, dont les émissions ont drapé les falaises et éjecté des enclaves de dunite et des blocs coralliens.


Ofu et Olosega, deux îles triangulaires séparés par un petit détroit, sont formées par deux volcans-boucliers basaltiques érodés.

 

Ofu-Olosega---Nasa-space-shuttle.jpg

 Ofu et Olosega - photo NASA Space Shuttle image ISS002-E-6878, 2001 (http://eol.jsc.nasa.gov/).

 

La pointe Est d’Ofu  forme une dorsale aux flancs abrupts, constituée d’un complexe de dykes. Le volcan-bouclier qui forme cette île est marqué au nord par la caldeira A’ofa. Un cône de tuff, baptisé Nu’utele, forme une petite île en croissant  proche de l’extrémité ouest d’Ofu.


Des analyses bathymétriques suggèrent que le volcan-bouclier Sili d’Olosega serait lui aussi poinçonné par une caldeira.

La dernière éruption de la zone est une éruption sous-marine ayant eu lieu en 1866 à 3 km. au SE d’Olosega, sur la dorsale la reliant à l’île Ta’u.

 

Ofu-laggon---Peter-Craig-NPS.jpgOfu, à gauche et Olosega, à droite, séparés par un petit détroit - photo Peter Craig US National Park Service.

 

Au centre de l’archipel, l’île fortement érodée de Tutuila est formée de cinq volcans édifiés le long de deux à trois rifts orientés SSO-NNE.. Au centre de l’île, le volcan-bouclier Pago est tronquée par une caldeira érodée de 9 km. Tutuila.jpgde large, qui englobe le port de Pago Pago , partiellement remplie par des dômes de lave et des cônes de cendres.

Vue 3D de Tutuila d'après une photo de la Nasa. - au centre la baie de Pago Pago


Faisant suite à une période d’érosion, la submersion et la construction d’une barrière récifale,  la zone de Leone, à la partie sud de l’île, regroupe les produits d’éruptions fissurales : des tuff cones initiallement sous-marins, puis des cinder cones subaériens qui ont produit des coulées de lave pahoehoe.

 

Pago-Pago---Panoramio.jpg                                    Ile de Tutuila - Pago Pago - photo Panoramio / Google

 

Tutuila---Tavia-Togia-US-NPS.jpg                                      Côtes de Tutuila - photo Tavia Togia -  US NPS

 

L’île d’Upolu, d’une longueur de 75 km., est formée d’un important volcan-bouclier basaltique qui s’est édifié durant deux périodes de volcanisme intensif au Pliocène et au Pléistocène. La période d’activité la plus extensive, au Pléistocène, concerne un segment de 20 km. situé le long de l’axe central de l’île.

L’activité la plus récente, datée de quelques centaines à quelques milliers d’années, a marqué le centre et l’ouest d’Upolu, avec des coulées atteignant la côte, e.a. à la baie de Lefaga. L’île Apolima, côté ouest d’Upolu, est un cône de tuff, trop jeune pour être frangée par un récif corallien ; d’autres zones, libres de ce type de récif, pourraient avoir été formée par des coulées de laves datées de l’Holocène.

 

Samoa---Upolu-u---Mantle-plume.jpgCarte géologique d'Upolu d'après Kear & Wood (1959).  - les astérisques marquent la localisation d'une ligne de cônes postérieurs à la phase d'érosion - les flèches montrent la direction des coulées de lave post-érosion. - Doc. The Samoan chain - J.Natland / Mantle plume.org.

 

Upolu_OnEarth_WMS.png    Ile d'Upolu - on distingue un alignement de cratères, à gauche de la photo, ainsi que le récif frangeant  - photo One Earth WMS


L’île ovale de Savi’i ressemble en tous points à Upolu pour son schéma de formation : massif volcan-bouclier basaltique qui s’est  édifié au Pliocène et Pléistocène le long d’une zone de rift ONO. – ESE. , s’ouvrant en deux côté à l'Est. La période d’érosion marine, de submersion partielle et de constitution d’un récif frangeant, fut suivie à la fin du Pléistocène et à l’Holocène d’éruptions ayant produit de volumineuses coulées de lave qui ont détruit partiellement ce récif.

 

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                                         Ile de Savai'i  - photo Nasa ISS 2006.

 

De nombreux cônes de cendres et de lave ponctuent la crête de Savai’i, ainsi que le flanc nord et le sud de l’île. Trois éruptions historiques, dont deux au 20° siècle (1902- 1905) ont détruit des villages et recouvert le récif frangeant avec des coulées larges de 15 km.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Samoan and Wallis islands

- Mantle plume - the Samoan chain - a shallow lithospheric fractures system , by James H. Natland  - Rosenstiel School of Marine and Atmospheric Science, University of Miami.

- The unusual Samoan hotspot: A “hotspot highway” juxtaposed with a trench - by Matthew G Jackson & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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                                  Paysage de Wallis et Futuna - photo Radio1.pf

 

Wallis et Futuna sont deux groupes d'îles, distants d'environ 260 km, d'histoire géologique et d'aspect très différent :

 

Wallis-et-Futuna.jpg                                   L'archipel Wallis et Futuna - TOM Français. - Doc. SPLAF


Les îles Wallis, au nord-est, composées d'une île principale, Uvéa (qui s'étend sur 96 km²), et de plusieurs îlots coralliens, est un ancien volcan qui a commencé à s'enfoncer, laissant ainsi apparaître un récif corallien et un lagon ouvert sur l'océan par quatre passes dont seule une est navigable. Son point culminant, le mont Lulu, est peu élevé (151 mètres).

Bien que dépourvue de ruisseaux, l'île est ponctuée de lacs de cratère dont le plus grand est le lac de Lalolalo, d'environ 400 mètres, et qui constituent de précieuses réserves d'eau douce pour l'île.

 

986_Wallis-et-Futuna_othd.jpg                              Wallis - l'île principale Uvéa et les îlots coralliens - photo othd

 

Lac-de-cratere-Wallis---le-lalolalo.jpg                                    Wallis - le lac de cratère Lalolalo - photo othd


S’il est impossible de dater précisément le moment où les premiers hommes posèrent le pied sur ces îles du Pacifique-Sud, on estime la période au courant du premier millénaire avant Jésus-Christ. Ce sont les mêmes marins exceptionnels, à bord de leurs grandes pirogues de voyage, qui Dolphin - bateau de Wallis -peuplèrent l’ensemble du triangle polynésien, en provenance d’Asie. Ils venaient de Tonga pour Wallis et des Samoa pour Futuna.

Les premiers occidentaux à y poser le pied sont les Hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire, qui découvrent Futuna le 22 mai 1616.

L’île de Wallis ne fut découverte que 150 ans plus tard, en 1767, par le Britannique Samuel Wallis, dont elle porte le nom. - Le Dolphin, navire de Wallis, attaqué par les autochtones - photo archive Grace galleries.


Le premier Français à y aborder fut Louis Antoine de Bougainville, le 11 mai 1768. Pourtant, il faut attendre l'implantation de missionnaires catholiques au 19° siècle pour constater sur l’archipel une présence européenne significative. Ce n’est qu’en 1887, à la demande de la reine Amélia, que les royaumes d'Uvéa à Wallis, d'Alo et de Sigave à Futuna signent un traité de protectorat avec la France. Utilisées par les Etats-Unis comme base avancée pendant la Seconde Guerre Mondiale, Wallis et Futuna choisissent de devenir Territoire d’Outre-Mer par référendum en 1959. C’est en 1961 que l’archipel devient un Territoire d’Outre-mer (TOM).


 Les îles Horn ou îles de Horne (ou Hoorn), au sud-ouest, composées de deux îles principales, l'île de Futuna (qui s'étend sur 64 km²) et sa voisine immédiate, l'île d'Alofi (plus petite, au relief plus accidenté, plus élevé et ne comportant pas de récif corallien), sont ouvertes sur l'océan Pacifique. En effet, leur existence est liée à un volcanisme plus récent. Leur point culminant, le Mont Puke sur Futuna, est à 522 mètres environ. Traversées de ruisseaux apportant de l'eau douce, elles sont par contre ceinturées de récifs.

 

Les campagnes océanographiques récentes :

 

La campagne Futuna 2010 (3 août /23 septembre), sous l’égide de divers organismes - Ifremer, BRGM, CNRS, IPGP, UBO-IUEM, CEA.- (1), élargit considérablement le domaine de volcanisme récent mis en évidence en 2000 par l’Atalante (2) au cours de la campagne Alaufi.

La campagne regroupait à la fois des géologues, géophysiciens, volcanologues, chimistes des fluides et des biologistes (fond et surface, avec notamment des observateurs des mammifères marins), microbiologistes ainsi que des spécialistes de la colonne d'eau.


Sur les zones cartographiées, 57 % des surfaces sont couvertes par des formations volcaniques récentes. Ces domaines volcaniques sont autant de zones potentielles pour la formation de minéralisations hydrothermales. Ce potentiel se trouve renforcé par l’existence de laves basaltiques et rhyolitiques qui constituent des environnements privilégiés pour l’activité hydrothermale. Les domaines volcaniques sont contrastés et complexes : dorsales, volcans hors axe, volcans avec caldeiras sommitales.

Deux découvertes ressortent du lot :  

- La découverte d’une nouvelle dorsale active au S-E de Futuna. Cette dorsale a été nommée Alofi (deuxième île du groupe Futuna) pour faire le parallèle avec la dorsale Futuna connue avant la campagne à l’ouest de l’île. - La découverte d’un volcan majeur d’un diamètre de 20 km., actif, comportant en son centre une immense caldeira de 5 km de diamètre. Le sommet culmine à 1.200 m. sous la surface marine.

 

caldera---ifremer.jpg                      Futuna - La caldeira centrale du Kulolasi - doc. Ifremer

Ce volcan a été nommé " Kulolasi " équivalent du mot caldeira ("grand chaudron") en Futunien. Ce type de caldeira est bien connu pour focaliser les émissions hydrothermales et former des minéralisations. Du point de vue hydrothermal, plusieurs zones actives émettant des fluides à des températures comprises entre 5° et 345°C ont été localisées dans la caldeira du Kulolasi. Sur plusieurs sites de basse température, des communautés biologiques variées ont été observées. Plusieurs champs hydrothermaux fossiles constitués d’oxyde de manganèse ont été également découverts lors de l’exploration régionale.

Les travaux menés ont permis, dès la première phase d’exploration des zones vierges, d’étudier la biodiversité sur les sources hydrothermales, sur les fonds volcaniques plus anciens et d’observer les oasis de vie sur les points hauts des volcans inactifs.

 

Ifremler          La riche vie sous-marine sur le champ hydrothermal du volcan Kulolasi - photo Ifremer


Sur les sources chaudes, une population de crabes et de crevettes a été observée à proximité des petites cheminées ; par contre, l’absence d’animaux fixes est une preuve que ces structures sont récentes.

 

Une autre campagne , Walfut 2011 / navire océanographique Alis de l’IRD, a permis la cartographie de pentes extérieures du récif de barrière de Wallis jusqu’à une profondeur de 1.000 m. On y a remarqué des hauts-fonds vers 300, 400 et 600 m. et des caldeira sous-marines dans lesquels se sont reconstruits des cônes volcaniques de morphologie récente, alors que le volcanisme terrestre est daté de moins de 500.000 ans.

 

Wallis---walfut-2011--Geops.jpg                  Bathymétrie des pentes externes de Wallis - doc. GOPS / campagne Walfut 2011.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Wallis islands

- (1) - Campagne Futuna 2010 :

 Geosciences marines – IFREMER - link 

Campagne Futuna  dossier BRGM - link   

communiqué de presse  IFREMER - link  

- (2) - Campagne Alaufi 2000 - link  

- GOPS – Campagne Walfut 2011 - cartographie des pentes externes de Wallis et Futuna- link

- Les royaumes coutumiers de Wallis et Futuna: les 3 rois de la République Française - link

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Publié le par Bernard Duyck
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L’archipel du Vanuatu est volontairement « sauté » comme il a déjà fait l’objet d’articles détaillés - lien 


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                        Iles Fidji - la côte de Taveuni - photo Famous Wonders

 

Nous abordons les Fidji, un groupe de 250 îles, dont 80 31120habitées, localisées environ entre 15°47 et 21°4 S – 180° et 176° E dans le Pacifique sud.

La superficie totale est de 18.70 km² pour une population de 906.000 habitants (données 2006)

 

Cet archipel fut découvert en 1643 par Abel Tasman, puis exploré par Dumont d’Urville (1827). Il fut annexé par les Anglais en 1874. Le pays accède à l’indépendance en 1970 … mais connaît depuis une vie politique agitée, ponctuée de coups d’état.en 1987, la République est proclamée par les militaires, et l’appartenance au Commonwealth suspendue quelques années après.

 

Les îles volcaniques :

Les grandes îles sont volcaniques avec des lambeaux calcaires et gréseux, les petites d’origine corallienne. De nombreux récifs gênent la navigation autour de celles-ci.

 

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                  Topography of Viti Levu - February 2000 - Image courtesy of NASA / JPL / NIMA

La chaîne de montagne Nakauvadra court du nord au sud de l'île; le plus haut pic, le Mt.Tomanivi culmine à 1324 m. (centre supérieur) - la structure circulaire au nord est la caldeira du Tavua, un grand volcan-bouclier actif voici 4 Ma.

 

L'île de Viti Levu couvre 11 760 km², celle de Vanua Levu 6 492 km²; puis viennent Kandavu ou Kadavu (560 km²) et Taviuni ou Taveuni (560 km²). Les autres sont des îlots répartis entre le groupe occidental de Yasawa, le groupe central de Viti-i-loma, le groupe oriental de Lau. On rattache aux îles Fidji l'île plus septentrionale de Rotuma (Rotouma).

 

Trois volcans "actifs" sont repris par le GVP : Taveuni, Nabukelevu et Koro.

 

Taveuni, la troisième île en superficie, est le sommet d’un grand volcan-bouclier, qui culmine à 1241 m. Elle est constellée de quelques 150 cônes volcaniques, le long d’un rift barrant NE-SO cette île longue de 40 km. Au centre de Taveuni, quelques cônes sont situés à l’ouest de la zone de rift axiale.

 

 

TaveuniVolcano---ph.-John-Gibbons.jpg                       Iles Fidji - Paysage volcanique de Taveuni - photo John Gibbons

 

Depuis les premières installations humaines vers 950-750 avant JC, cinquante huit éruptions ont été rapportées, affectant principalement la zone sud-ouest.

Une période de forte activité antre les années 300 et 500 forcèrent à l’abandon de cette partie sud jusque dans les années 1100. La dernière activité est datée de 1450-1650.

Taveuni est connue, en raison d’une abondante flore (liée au terrain volcanique) comme « l’île- jardin des Fidji » .

 

L’île Kadavu, au sud de l’archipel fidjien, voit sa partie sud-ouest occupée par le complexe de dômes de lave andésitique à dacitique Nabukelevu.

Le point culminant du complexe, le mont Washington, est un dôme andésitique culminant à 805 m.

On retrouve des coulées de lave dacitique au Cap Washington (côte ouest) et dans la baie de Talaulia (côte NE)

Trois lignes de failles orientées NNE coupent le complexe volcanique ; elles sont responsables d’avalanches de débris qui ont atteint l’océan des deux côtés du complexe.

 

Une analyse des dépôts par les université de Massey  en Nouvelle-Zélande et du sud-Pacifique à Suwa, révèle leur teneur en poteries et artefacts humains ; elles avalisent un mythe relatant une catastrophe qui a détruit une zone d’établissement humain au Mt. Washington à l’Holocène. Séismes et cyclone se sont ligués pour provoquer un gigantesque glissement de terrain, et consécutivement un tsunami qui a atteint la capitale Suwa, située 110 km au nord. La dernière activité date de 1660, avec des coulées de lave et de blocs.


L’île de Koro, est située entre Viti Levu et Vanua Levu, dans le groupe des îles volcaniques Lomaiviti.

Une chaîne de cônes de cendres basaltiques, datés du Pléistocène supérieur à l’Holocène, suit une crête orientée NNE-SSO. Les coulées de lave les plus récentes sont confinées au plateau central , où elles forment un champ de lave aplati.

Aucune activité volcanique n’a été signalée dans les dernières 10.000 années, et 4500 personnes y vivent tranquillement, répartis en 14 villages.

 

Subduc_Tonga---Geoazur.jpg    Environnement tectonique des îles Fidji, du bassin de Lau et de l'arc des Tonga - Carte Géoazur

 

 

La tectonique passée des Fidji et du bassin de Lau est complexe et liée aux phénomènes d’accrétion qui marquent cette zone de croûte terrestre depuis 12 Ma.

L’abondance des axes actifs dans le bassin nord-Fidjien et de Lau et leur géométrie particulière s’accompagnent de caractéristiques géophysiques telles qu’une anomalie positive de topographie sous- marine et du géoïde, un fort flux de chaleur, des anomalies de vitesses sismiques, et une lithosphère mince. Des anomalies géochimiques s’y ajoutent : des basaltes récoltés dans le nord ont des affinités de type MORB enrichi à OIB, compatibles avec une influence de point chaud.

L’activité régionale serait en partie du moins sous contrôle de la dynamique de l’asthénosphère, et pas seulement sous celui de la dérive passive de lithosphère d’arc … un panache mantellique profond serait toujours actif sous le domaine nord-Fidjien .

 

Les radeaux de ponces :

Des étendues marines recouvertes de ponces flottantes formant de véritables radeaux ou des pseudo-îles  sont de temps à autre repérées soit par des navigateurs, soit par des observateurs aériens, pilotes de ligne ou équipages d’astronautes.

Ces ponces proviennent des premiers stades d’une éruption sous-marine, et peuvent se déplacer au gré des courants durant plusieurs années, et sur de longues distances.

 

Radeaux de ponces autour de Viti Levu

 

 

 

 

 

 

A gauche, la position des radeaux de ponce autour de Viti Levu en 1992 (from Baleivanualala)

à droite, la trajectoire suivie par ces radeaux en 2001- 2002 - doc. GVP

 

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Des radeaux de ponce ont été repérés dans les parages des Fidji en 1979 et 1984, provenant d’éruptions sous-marines dans les îles Tonga, situées 700-800 km. au ENE. Les volcans incriminés sont le Mets Shoal et le Home Reef (à voir au chapitre Tonga) ; certaines de ces structures flottantes atteignaient 30 km. de large.

Le phénomène s’est reproduit en 1992, et 2001-2002, en provenance respectivement d’un volcan inconnu et d'un autre sans nom, référencé 0403-091.


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 Radeau de ponces coupé par le Yacht Maiken  -  Image courtesy of Tom Louis Pedersen / discover magazine.

 

Ces radeaux pourraient être responsables de la migration de plantes ou d’animaux dans le pacifique.

 

 

Une équipe de géologues australiens et américains a découvert en 2008 plusieurs volcans sous-marins, ainsi que des dorsales et des sources chaudes à 400 km au NE des îles Fidji, en utilisant des sonars multi-faisceaux de très haute technologie. Les images numériques des fonds marins ont révélé des formations géologiques jusqu’alors inconnues.

Les sommets des volcans – baptisés "Dugong" et "Lobster" (le homard) – sont dominés par de vastes caldeiras à des profondeurs de 1100 et 1500 mètres.
Le terrain – résultat d’une très forte activité volcanique et tectonique – a été décrit comme étant ‘spectaculaire’, avec des reliefs ressemblant aux ‘pustules volcaniques observées à la surface de Vénus’.


lobster-volcano-copie.jpgFidji -  le volcan Lobster - doc. CSIRO - Commonwealth Scientific and Industrial Reseach Organisation.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fidji islands

- CSIRO - acyive submarine volcanoes found near Fidji - link

- Global Volcanism Program - Floating pumice (Fidji) - link

- Pumice rafting and faunal dispersion during 2001–2002 in the Southwest Pacific: record of a dacitic submarine explosive eruption from Tonga
 by S.E. Bryan & al.

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