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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

De nombreux volcans sous-marins, faisant pour certains temporairement surface, ornent les fonds marins des Salomons.


05kav05s.gif Volcans et seamounts du groupe New Georgia / ouest des îles Salomon- Modified from Exon and Johnson (1986).


Le Kavachi est l’un des plus actif ! Appelé localement Rejo te Kvachi, soit le "four Kavachi ", il est localisé au sud de l’île Vangunu, et à 30 km. seulement au nord de la ligne de subduction de la plaque Indo-australienne sous la plaque Pacifique et à proximité d’un centre d’expansion régional. Le Kavachi forme un cône plongeant à 1,1-1,2 km. au nord, et à une profondeur bien plus grande au sud.

Depuis sa découverte en 1939, il a produit de très nombreuses éruptions basaltiques à andésitiques, débouchant au moins neuf fois sur la formation d’une île temporaire. Ces îles ne sont pas suffisamment grande et recouvertes de coulées de lave solidifiées pour pouvoir résister à l’érosion marine … elles sont submergées dans les quelques mois suivant l’éruption. L’activité sous-marine à faible profondeur génère des explosions de type surtseyen, relayées parfois par une activité de surface caractérisée par du spattering et des coulées de lave.

 

Kavachi-17-18.07.1977---W.Johnson--W.G.Muller.jpg                           Kavachi - panache cypressoïde 17-18.07.1977 - photo W.Johnson

 

Kavachi-2007---2.gif                                               Kavachi - éruption 2007- photo blogspot

 

Kavachi-2007---3.gif                         Kavachi - île temporaire formée par l'éruption de 2007 - photo blogspot.


Au nord du Kavachi, une chaîne volcanique sous-marine orientée E-O a été découverte en 1979.

- Le volcan le plus grand, situé le plus à l’ouest, à 7 km. du Kavachi, est caractérisé par un sommet plat et un point culminant à 70 mètres sous la surface. Le sommet est couvert de roches calcaires et frangé par un récif. Un panache thermal a été détecté en 92 provenant d’un des deux cratères sommitaux.

- Le volcan plus central est plus petit et son sommet se trouve à 450 m. sous la surface.

- A l’extrémité Est de la chaîne, un volcan andésitique s’est récemment formé à 9 km. au NE du Kavachi ;  son sommet, sans nom, est à 240 m. sous la surface marine.

 

Le Kana Keoki est situé au SO de l’île de Rendova ; il culmine à 700 m. sous le niveau marin, s’élevant depuis une profondeur de 3700 m. près de la dorsale Ghizo, au sud de la limite de convergence des plaques australienne et pacifique.

Une bathymétrie réalisée en 85-86 par l’Université d’Hawaii a révélé la présence du seamount Coleman, établi sur l’extrémité Est du centre d’expansion inactif Woodlark, au sud de la limite de convergence des plaques australienne et pacifique, et au SE du Kana Keoki . Il a probablement été plus récemment actif que le Kana Keoki.

 

a20791613159a73e135443_m.jpgPour les volcano-philatélistes : de gauche à droite et de haut en bas, éruption de Cook island (1967) - panache surtseyen du Kavachi (1977) - Ile temporaire du Kavachi (1978) - en comparaison, volcan Tinakula, une île permanente.

 

 

Le volcan Cook, listé comme volcan actif dans le catalogue de Fisher (1957), mais non repris dans la base du GVP, aurait connu deux éruptions respectivement en 1964 et 1991, selon l'Australian Navy.

Le navire de recherche HMAS Cook a révélé son existence en 1963. En 1964, deux locaux observent "une montagne d'eau noire " sortant de la mer, et fumante, ainsi qu'une grande étendue d'eau colorée. De la ponce est retrouvée au large de l'île Munda.

Une autre éruption est mentionnée par un pilote d'hélicoptère le 4 mai 1991, "de la lave et des cendres sont éjectées pour former des matériaux noirs en surface ". Une île temporaire se forme : 300 sur 150 m., 30m. de haut, contenant un petit lac de lave de 50 m. de diamètre. L'activité de Cook se maintient jusqu'au 13 mai. (source : Volcanodiscovery)

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Bougainville and Solomon islands

- Volcanodiscovery - Cook island

- Seafloor spreading, ridge subduction, volcanism and sedimentatio in the offshore Woodlark-Solomons region and tripartite cruise report for Kana Keoki - by Neville Exon & Brian Taylor.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Une tectonique compliquée liée à une sismicité particulière :

Trois plaques sont impliquées dans la subduction sous la plaque Pacifique : la plaque océanique Salomon, la plaque Woodlark et la plaque Australienne, qui se déplacent avec un ratio de 90-105 mm/an. Cette subduction se complique avec la présence d’un centre d’expansion entre les plaques Woodlark et australienne.

 

tectonic_big---epicentre-04.2007.gifTectonique des îles Salomon - le point rouge désigne l'épicentre du séisme de 2007 - Doc. USGS


Cette tectonique implique une activité sismique de haut niveau et particulière au niveau de cette zone de subduction : elle produit des " doublets ", deux séismes de magnitude similaire se produisant dans l’espace et le temps à proximité l’un de l’autre.  On ne connaît pas clairement le mécanisme responsable de l’apparition de ces doublets, bien que le stress du premier séisme du doublet soit un facteur important.

Quelques doublets historiques :

- au nord du centre sismique de 2007 : en 1919 et 1920, 1945 et 1946, en 1971 : M 8,0 et M 8,1 à 12 jours d’intervalle, eux en 1975

- dans la partie sud de la zone de subduction : en 1931, en 1939 et un triplet en 1977.


Le séisme du 1 avril 2007 et le tsunami  qui a suivi :

A 7h 39 locale, s’est produit un séisme de M 8,1, suivi de répliques dont la plus forte de M 6,2, avec son épicentre à 10 km. de profondeur et une distance de 40 km au SSE de Gizo .

Un tsunami consécutif a tué 52 personnes et causé la disparition de 60 autres, effaçant de la carte plus de 13 villages et créant des milliers de sans-abris. Les plus grosses vagues, de 12 m. de hauteur, ont été repérées à la pointe nord de Simbo. A Choiseul, des vagues de 10 m. de haut ont balayé 7 villages et un hôpital. 900 maisons furent détruites.

L’île de Rannonga – Groupe Nouvelle Georgie – a été surhaussée de 3 m. par le séisme , causant le recul des plages de plus de 70 m. et découvrant de nombreux récifs coralliens.

 

sbcolor.gif

 L’arc volcanique des Salomon :

Une double chaîne d’îles volcaniques s’aligne sur 1300 km. direction NO-SE, un premier comprenant Vella Lavella, New Georgia, Guadalcanal and Makira, et un second avec Choiseul, Santa Isabel and Malaita. Ces îles sont bordées de fosses océaniques profondesau sud et au NE ; au N, elles côtoient le plateau sous-marin d’Ontong Java.


Vella Lavella est une ile formée de plusieurs centres volcaniques coalescents, datés du Pliocène au Pléistocène ; la structure la plus récente est un dôme de lave dans un cratère situé dans la partie nord de l’île : le volcan Nonda. Il fut incorporé au catalogue des volcans actifs en 1957 (Fish) sur base de son activité géothermale. L’aire thermale Paraso est constituée de solfatares, sources chaudes et mares de boue bouillantes.

 

Vella-Lavella-isl.---nonda-volc.-Nasa-sp.shuttle-ISS002-727.jpg

Vella Lavella - volcan Nondo et aire géothermale Paraso (tache claire au centre gauche) doc. NASA Space Shuttle image ISS002-727A-2, 2001 (http://eol.jsc.nasa.gov/).

 

Simbo est une petite île abritant trois centres volcaniques andésitiques tronqués.  La partie sud de Simbo est thermalement active : des zones de fumerolles et des sources chaudes, en relation avec une faille, sont situées près du lac salé Ove, proche du mont Patukio. Les indigènes utilsent l’eau chaude pour cuire les œufs de mégapodes.

 

Simbo-isl.---Chris-Lyne-2005.jpgIle de Simbo - le lac salé Ove à l'avant-plan, vu du bord du cratère Ngusuna, et en arrière -plan, la côte ouest de Simbo - photo Chris Lyne 2005

 

Découverte lors d’une expédition espagnole, sous le commandement de Álvaro de Mendeña de Neira, en 1568, on lui attribua le nom d’une ville Andalouse :Guadalcanal, originaire lui-même de l’arabe Wādî al-Khānāt, « vallée des buvettes » en référence aux établissements construits durant l’occupation islamique.

L’île de Guadalcanal, illustrée lors de la bataille du Pacifique, contient un champ volcanique couvrant une large zone au nord-ouest : le Gallego.

Le mt. Roundhead est un petit volcan bien conservé ; des traditions locales lui attribuent une éruption historique, devant être produite par le volcan Savo (Coleman 1991) D’autres sources considèrent que le mt. Esperance a eu une activité au cours des derniers 2000 ans.

 

August7-1942_Landing_GDA.JPG                         Débarquement américain à Guadalcanal le 7 août 1942 - US Archives


L’île de Savo est un stratovolcan andésito-dacitique de 6 km. sur 7 , surmonté d’un cratère elliptique de 1 km. sur 1,5, abritant divers dômes de lave. Des dômes ponctuent aussi les flancs du volcan. L’activité thermale se manifeste dans le cratère sommital , sur les flancs et en mer.Les dernières éruptions datent de 1830-40.

 

honiara-savo-island---imagicity.jpg                              Salomon islands - Savo depuis Guadalcanal - photo Imagicity

 

Les iles Santa Cruz :

La province la plus orientale des Salomon, la province de Temotu,  regroupe les îles Santa Cruz, Anuta, Fatutaka, Duff, Tikopia, Tinakula et Reef.


Parmi ces îles, Vanikoro reste liée au mystère de la disparition du plus célèbre des navigateurs français, Jean François de Galaup, comte de La Pérouse. Les navires de l'expédition, La Boussole et L'Astrolabe, firent naufrage au large de cette île inhospitalière, balayée par les tempêtes. Diverses recherches effectuées depuis 1981 par une association de passionnés a permis de retrouver ses traces.

 

La petite île de Tinakula est en fait le sommet d'un stratovolcan massif posé tinakula---GVP.pngà plus de 3.000 mètres sur le fond de la mer à l'extrémité nord-ouest des îles Santa Cruz. Large de 3,5 km., elle culmine à 851 m.


Carte simplifiée Eissen and others (1991)  / GVP

 

L'île ressemble à s'y méprendre à notre Stromboli; elle présente un cratère sommital échancré s'étendant du sommet jusqu'au niveau marin, qui s'est élargi suite à un glissement de terrain en 1965, qui fait penser à La Sciara del Fuoco. En activité presque continue, sa dernière éruption a commencée en septembre 2008 et est toujours considérée "comme en cours".

 

Tinakula---Bill-Yeaton-2006.jpg Tinakula - 21.02.2006 - le panache éruptif dépasse des nuages - photo Bill Yeaton

 

tinakula_ali---14.02.2012.jpgTinakula - image satellite Nasa EO-1 / Ali le 14.02.2012 - l'éruption est confirmée par la signature thermique relevée par Terra Modis en absence d'bservations visuelles.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Bougainville and Solomon islands

 -                 "                      Tinakula    

- Etienne Ruellan et Yves Lagabrielle, « Subductions et ouvertures océaniques dans le Sud-Ouest Pacifique », Géomorphologie : relief, processus, environnement

- Guadalcanal naval battles - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Les îles Salomon sont constituées d’une douzaine d’îles principales et de plus de 900 petites îles réparties sur deux archipels situés au sud-ouest de la Nouvelle-Guinée.

Les principales îles sont : Choiseul, les îles Shortland, la Nouvelle-Géorgie, Santa Isabel, les îles Russel, les îles Florida, Malaita, Guadalcanal, Sikaiana, Maramasike, Ulawa, Uki, San Cristobal, Santa Ana, Rennell, Bellona et les îles Santa Cruz.

L’île Bougainville fait partie géographiquement des îles Salomons ; politiquement, elle est rattachée à la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

 

750px-Solomon_Islands_1989-CIA.jpg                                     Carte des îles Salomon - doc US. CIA 1989


Les Salomons forment une démocratie parlementaire inspirée du modèle Britannique, et font partie du Commonwealth. Le chef d’état y est un monarque lié à la monarchie britannique … Elisabeth II porte aussi la couronne Salomonaise ; un gouverneur général exerce par délégation des fonctions qui restent cérémonielles et symboliques.


La distance entre les extrémités ouest et est de l’archipel est de 1.500 km.

Les grandes îles abritent des volcans d’activité variable, tandis que de nombreuses petites îles sont constituées d’atolls couverts de sable et de palmiers. Quelques volcans sous-marins actifs récemment complètent le tableau.


Les volcans de Bougainville :

9782842654399.jpgCette île porte le nom du navigateur et explorateur Français Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811) ; il y passa lors d’un tour du monde avec les navires La Boudeuse et L’étoile (1766-1769) après avoir fait escale à "La nouvelle Cythère" (Tahiti), à "l’île des Navigateurs" (les Samoas) , aux "Nouvelles-Cyclades" (les Grandes Hébrides) … le récit de son voyage, publié en 1771, connaîtra un grand succès.

 

Bougainville - situation des volcans actifs - doc. Oregonstate univ.

 

PNG---Bougainville-volcans.jpgDe nombreux volcans, de nature largement andésitique à andésito-dacitique, s’alignent du NO au SE de l’île ; parmi les principaux, le Global Volcanism Program signale le Tore, le Balbi, le Billy Mitchell, le Bagana, le groupe Takuan et le Loloru.

 

Le développement du bassin est divisé en trois épisodes majeurs d’ouverture selon une direction NE-SW (12-7 Ma) puis N-S (7-3 Ma) puis enfin E-W (depuis 3,5-3 Ma). La forme triangulaire du bassin résulte finalement de ces trois ouvertures successives qui ont accompagné la migration et la rotation de l’arc du Vanuatu et de la plate-forme fidjienne.

 

img-5

1 : axe d’accrétion actif ; 2 : axe d’accrétion naissant ; 3 : faille transformante ; 4 : direction d’ouverture ; 5 : zone de subduction active ; 6 zone de subduction naissante ; VT : fosse du Vitiaz ; NH : arc du Vanuatu ; F : plateforme fidjienne ; NC : Nouvelle-Calédonie. - doc. Etienne Ruellan et Yves Lagabrielle, « Subductions et ouvertures océaniques dans le Sud-Ouest Pacifique », Géomorphologie

 

Bougainville - G Tore - D Billy Mitchelle et Bagana copie 2 Iles Salomon , Ile Bougainville : Sur cette photo de la navette spatiale, quatre volcans "actifs" et d'autres structures plus anciennes - NASA Space Shuttle image ISS001-358-32, 2001.

 

Le volcan andésitique Tore est situé au nord-ouest de l’île Bougainville, dans la chaîne montagneuse Empereur. Deux éruptions ignimbritiques datées du Pléistocène sont responsables de la création d’une caldeira de 6 km. sur 9.  Un cône post-caldeira situé sur le bord sud de celle-ci a émis des coulées importantes s’étendant jusqu’à 14 km. du cône. Une activité récente, mais non datée, a produit un cône de cendres satellite.

 

Bougainville---Balbi---W.Johnson-ABMR.jpg Ile Bougainville - le sommet du volcan Balbi - Photo by Wally Johnson, 1987 (Australia Bureau of Mineral Resources).


Le plus haut point de l’île est atteint au stratovolcan Balbi, avec 2.715 m. Le sommet de ce volcan andésitique est formé de cônes et dômes de lave coalescents. Au nord du cône sommital, une dorsale orientée NO-SE est occupée par 5 cratères bien préservés ; le cratère B abrite un champ fumerollien (sur la gauche de la photo) et le cratère C est occupé par un petit lac. La dernière éruption de ce volcan daterait du milieu 19°.

 

Bougainville---Billy-Mitchelle-et-Bagana---W.Johnson.jpgIle Bougainville - à l'avant-plan, le sommet du Billy Mitchell et son lac de caldeira - plus loin, le cône dénudé du Bagana - Photo by Wally Johnson, 1988 (Australia Bureau of Mineral Resources).

 

Le Billy Mitchell, qui doit son nom à un général américain, est un petit volcan bouclier andésitiaue à dacitique ; il est responsable de deux éruptions explosives majeures en l’an 1030, de VEI 5+, et en 1580, de VEI 6, qui ont recouvert de dépôts d’ignimbrites dacitiques la moitié nord de Bougainville. Le dernier évènements est responsable de la formation de la caldeira sommitale large de 2000 m., aux parois presque verticales.


Bougainville---Bagana---W.Johnson.jpgProche du précédent, le Bagana est un des volcans les plus actifs de Mélanésie. Son cône symétrique s’est construit par accumulation de différentes coulées de lave andésitique visqueuse … haut de 1.750 m., il s’est édifié en 300 ans environ, si on table sur le ratio actuel de production de lave. Son activité effusive non explosive est responsable de dôme dans le cratère sommital , relayée parfois par des explosions produisant des coulées pyroclastiques. Les coulées, sur tous les flancs, forment des lobes en forme de langue d’une épaisseur de plus de 50 mètres.

 

Ile Bougainville - Volcan Bagana : Grosse coulée de lave andésitique, avec des "levées latérales importantes, qui descend jusqu'en bas du cône -  Photo by Wally Johnson, 1988 (Australia Bureau of Mineral Resources).

 

Bougainville----Bagana-2007-GVP.jpgBougainville - l'éruption du Bagana se poursuit ... (09. 2000 - 2011 ou "en cours") avec d'importantes coulées d'andésite, bien visibles sous la queue et les patins de l'hélico. - photo GVP 2007.

 

Plus au sud-est de Bougainville, le complexe volcanique Takuan se compose de trois stratovolcans andésito-dacitiques proches, axés NO-SE, l’un daté du Pléistocène et fortement érodé, les deux autres de l’Holocène. Ils se sont édifiés le long d’une paroi de la caldeira antique du Laluai (Pléistocène).

Le mont Takuan, haut de 2210 m., est un cône de lave ayant produit, comme le Bagana, des coulées visqueuses vers le sud. Le volcan central, au cratère sommital ébréché, abrite un dôme de lave ; il est le site de la plus récente activité.

 

Le Loloru , établi dans la caldeira antique du Laluai – 10 km. sur 15 – est coiffé de deux caldeiras nichées ;  la caldeira la plus récente abrite un dôme de lave andésitique, recouvert d’arbres, et qui restreint fortement la place disponible pour un lac en forme de croissant. Ce volcan a produit un large tablier d’ignimbrite qui couvre une part de sud de l’île, ayant été dévié par le groupe volcanique Takuan. La dernière éruption date de 1.050 avant JC.

 

Bougainville---Loloru---W.Johnson.jpg

Bougainville -  les caldeiras nichées du Loloru, la plus récente occupée en patie par un énorme dôme - Photo by Wally Johnson, 1988 (Australia Bureau of Mineral Resources).

 

Sources :

- Global volcanism Program - Bougainville and Solomon islands

- Subductions et ouvertures océaniques dans le Sud-Ouest Pacifique - par Etienne Ruellan et Yves Lagabrielle - Géomorphologie : relief, processus, environnement - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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                       Image des mers du sud - Office du Tourisme de Wallis & Futuna.


En 2010, des chercheurs de l’Ifremer ont découvert une nouvelle dorsale volcanique active au sud de l’île de Futuna dans le Pacifique sud. Une zone de 35.000 km² a été cartographiée, dont plus de la moitié se révèle couverte de formations volcaniques récentes, dont un volcan à caldeira de 20 km. de diamètre qui abrite une source hydrothermale profonde et de haute température, le Kulolasi, « le grand chaudron » en langage futunien local.

 

Ceci m’amène à l’examen de ces archipels du sud Pacifique aux noms évocateurs de vacances paradisiaques et à leur origine volcanique . Le tour passera par les îles Salomon, Santa Cruz, les Fidji, Wallis et Futuna, les ïles Tonga et Cook.

 

Tectonique et origine des îles :

 

geoazur sismicite pacifique sud ouest largeLe Pacifique Sud-Ouest est une région sismiquement très active à la frontière entre les plaques Australie et Pacifique.

 

Carte sismique du Pacifique sud - doc. Geoazur

 

 

 

Les zones sismiques sont à mettre en relation avec la tectonique qui est marquée par la convergence entre les grandes plaques Pacifique et Australie.

 

 

 

 

SO-Pacifique---cadre-structural.jpg

                    Cadre structural du Pacifique sud - doc. atlas du Vanuatu / IRD Noumea.


La convergence entre ces deux plaques se caractérise par une zone de déformation qui peut atteindre jusqu'à 1000 km de largeur et qui s'exprime par deux zones de subductions de sens opposé : la zone de subduction Nouvelle-Zélande-Kermadec-Tonga et la zone de subduction Papouasie-Nouvelle-Guinée- Salomon-Vanuatu.

 

Tectonique-NV-Hebrides--Tonga.gif                       Coupe tectonique au niveau de l'axe Nouvelles-Hébrides / ïles Tonga


Entre ces deux subductions, se recouvrant en partie, s'ouvrent des bassins océaniques. Dans la partie sud-est de la région, la plaque Pacifique s'enfonce sous l’arc des Tonga- Kermadec. Les ratios de déplacement varient de 6-7 cm/an au Sud,  à 24 cm /an au Nord.

Dans la partie nord-ouest de la région, c'est, à l'inverse, la plaque Australie qui plonge sous les archipels du Vanuatu, des Salomon et de Papouasie-Nouvelle-Guinée le long des fosses du Vanuatu, de San Cristobal (ou Sud Salomon) et de Nouvelle-Bretagne. La vitesse relative de convergence à cette frontière varie de 9 à 16 cm/an.

Ces deux zones de subduction sont jalonnées du Sud au Nord par des bassins qui constituent une zone tampon entre les deux grandes plaques:

- le fossé du Havre en arrière de l'arc des Kermadec

- le bassin de Lau en arrière de l'arc des Tonga

- le bassin Nord-Fidjien et les fossés du Vanuatu en arrière de l'arc du Vanuatu

- le bassin de Woodmark

- le bassin de Manus en arrière de l'arc de Nouvelle- Bretagne.

La Nouvelle-Calédonie se situe sur la plaque Australienne qui disparaît en subduction sous l’arc du Vanuatu. Un séisme de magnitude supérieure ou égale à 7 se produit en moyenne chaque année sur la zone de subduction du Vanuatu.

 

Cinematique-Pacifique-SO.pngSchéma cinématique actualisé du Sud-Ouest Pacifique (compilé d’après Pelletier et al., 1998 et 2001 et Ruellan et al., 2003). - in Etienne Ruellan et Yves Lagabrielle, « Subductions et ouvertures océaniques dans le Sud-Ouest Pacifique », Géomorphologie : relief, processus, environnement, 2/2005 | 2005, 121-142.

Les lignes pleines et en grands tirets représentent les centres d’accrétion actifs ainsi que les failles principales, reconnus ou déduits ; les lignes pleines avec des triangles noirs représentent des subductions actives ; la ligne en petits tirets délimitent l’extension connue de la croute océanique dans le Bassin de Lau ; la ligne en tirets avec les triangles vides représente une subduction inactive ; la ligne de points sur le bord est du Bassin de Lau représente la position de l’arc volcanique actif de Tofua ; les flèches indiquent des mouvements relatifs des plaques ; les taux de mouvements sont donnés en cm/an : les nombres droits, les nombres en italique et les nombres avec astérisques sont respectivement les taux dérivés du magnétisme- Abréviations en cliquant sur ce lien

 

sources :

- Subductions et ouvertures océaniques dans le Sud-Ouest Pacifique, par Etienne Ruellan et Yves Lagabrielle Géomorphologie : relief, processus, environnement - link

- IRD Nouvelle-Calédonie : tectonique, sismologie et tsunamis - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Les villages du Cap Scandola :

 

Selon le nouveau nom du Golfe de Porto approuvé par l'Unesco en 2006, Osani possède deux des trois sites remarquables le composant : le golfe de Girolata et la réserve de Scandola.


Curzo, l'un des deux principaux hameaux d'Osani, est un village médiéval. Durant la guerre des Cinarchesi (1487-1510), le village s'est dépeuplé, aidé en cela par les fréquentes razzias des pirates. Les habitants qui s'étaient réfugiés en Balagne, seront en 1516 autorisés par l'Office de Saint Georges à s'y réinstaller.

Curzo possède une église remarquable du 13e siècle ainsi que des vieilles maisons en granit. L'ancienne église romane qui se situe dans l'actuel cimetière, a été abandonnée et remplacée en 1862 par l'actuelle église saint Jean-Baptiste.

 

Scandola-3---balades-en-mer.jpg    Réserve de Scandola - le golfe de Girolata et la forteresse génoise - photo "Balades en mer".


Blotti au fond du golfe éponyme, le hameau de Girolata est situé à proximité de la réserve naturelle de Scandola. Une dizaine de personnes y vivent toute l'année. Pendant la période estivale, la fréquentation augmente : ce sont des milliers de personnes qui le visitent, arrivant par les bateaux de promenades et les deux sentiers.

Girolata était occupé au 16e siècle, du temps des Génois. Le fortin de Girolata a été construit par l'ingénieur Gieronimo de Levanto dit le Levantino en 1550-1551 au frais de la communauté rurale.

 

Les tours génoises :

 

 Sous ce vocable se regroupe un ensemble de tours côtières disposé le long du littoral des anciens territoires de la République de Gênes.

Nombreuses en Corse où elles sont devenues un des symbôles de l’île, elles se trouvent également, dans une moindre mesure, sur les côtes de l'île d'Elbe, de l'île de Capraia, de l'île de Tabarka en Tunisie, en Turquie ainsi qu'en mer Noire.

La construction de ces tours génoises est la conséquence de la prise de Constantinople par les Turcs en 1453 ; les Barbaresques commencent à razzier les côtes et le feront pendant trois siècles. Elle débuta au 16e siècle à la demande des communautés villageoises pour se protéger des pirates. En 1530, la république de Gênes dépêche deux commissaires extraordinaires, Paolo Battista Calvo et Francesco Doria, pour inspecter les tours et fortifications chargées de défendre l'île des invasions barbaresques. En 1530 la Corse a 23 tours dont 10 au Cap. Dès 1531, l'édification de quatre vingt-dix tours est décidée sur le littoral corse, dont trente-deux dans le Cap Corse. Les travaux commencent sous la supervision de deux nouveaux commissaires extraordinaires génois : Sebastiano Doria et Pietro Filippo Grimaldi Podio. Il s'agissait d'étendre à la Corse le système de vigilance déjà en vigueur sur le pourtour méditerranéen. En 1730 l'île a 120 tours dont 30 au Cap. Aujourd'hui, sur les 85 tours dénombrées au début du 18e siècle, 67 demeurent encore debout.

 

forteresse-genoise-et-golfe-Girolata---JP-Grandmont.jpgRéserve de Scandola - Girolata : la forteresse génoise domine le golfe - photo Jean-Pol Grandmont.


Les tours génoises sont des édifices en pierre de 12 à 17 m de haut sur 8 à 10 m de diamètre. Parfois carrées, le plus souvent circulaires, elles sont Tour_Santa_Maria---Cap-Corse---sylvain-Barrer.JPGtoujours construites sur quatre niveaux.

- La réserve : au sous-sol de la tour ; une niche servait à ranger les vivres ; on y stockait également les munitions ; et l'eau y était conservée dans une citerne, alimentée depuis la terrasse par une conduite directe.

- La salle de repos : au premier étage ; parfois séparée de la salle de garde par un simple plancher sommaire et formant avec elle un espace de vie unique

- La salle de garde : au deuxième étage ; percée de meurtrières pour permettre aux torregiani de guetter ;

- La terrasse : au sommet de la tour ; pour la surveillance ; percée de mâchicoulis ou munie de bretèches, était flanquée d'une guardiola.

Une tour génoise type - Tour Santa Maria / Cap Corse - photo sylvain Barrier

1 : guardiola - 2 : terrasse - 3 : salle de garde - 4 : salle de repos - 5 : réserves.


On passait d'un niveau à l'autre par des trappes et des échelles. L'accès à la porte d'entrée se faisait par une longue échelle mobile, directement au premier étage. Les gardes habitaient à tour de rôle la pièce unique pourvue de niches et d'une cheminée, et située sous la salle de guet.

 

Porto-La_passe_du_port---Pierre-Bona.jpgGolfe de Porto - la passe du port et ses rochers surmontés d'une tour génoise - photo Pierre Bona.

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Publié le par Bernard Duyck
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Scandola-2---balades-en-mer.jpg

     Corse - Scandola - falaises de rhyolite inaccessibles par voie terrestre - photo "balades en mer"

 

office-de-tourisme-mer-scandola-20101202143612.jpgScandola - Bleu de la mer, blanc de l'écume qui se frotte aux rochers rouges ... couleurs naturelles rappelant celles du drapeau : nous sommes ici en territoire français. - photo office du tourisme Corse.


Les paysages du golfe de Porto sont parmi les plus spectaculaires de la Méditerranée, où se succèdent les corniches de Scandola , les solitudes du Capu Rossu, le golfe de Girolata et son fortin Génois … marques d’un déluge de feu qui remonte jusqu’au Monte Cinto, 2706 mètres, une caldeira formée il y a 250 Ma , où se mêlent pyroclasites, dépôts de lahars et coulées de laves.

 

Corse---Scandola---geologie---alpesgeo.jpg                                 

                           Géomorphologie des environs de Scandola - doc. Alpesgeo2003

 

Corse---Scandola---rhyolites.jpgScandola - des couches rouges de coulées rhyolitiques alternent avec des coulées de basalte gris.- photo Alpesgeo 2003.

 

Corse---Scandola-lahars.jpg                                 Scandola - dépôts de lahars -

 

Corse---Scandola_Osani----JP-Grandmont.jpgScandola - des orgues de rhyolite bordent une faille qui coupe la falaise - photo Jean-Pol Grandmont.

 

-Corse-04892-reserve_de_Scandola---Pinpin.jpg                        Orgues dans la réserve naturelle de Scandola - photo Pinpin

 

Seul moyen d’atteindre ce bout de monde fantastique, le bateau. Qui n’en possède pas, peut profiter de la visite organisée mais un peu chère, parc national et demande obligent ( de 50 à 55 euros selon le lieu de départ) pour découvrir, dans une explosion de couleurs, les richesses géologiques : falaises et orgues rhyolitiques, tafoni … nom donné aux roches percées suite à l'action des variations de température et de l'humidité couplées aux embruns de la mer Méditerranée, aux vents forts et au ravinement des eaux de pluie..

 

_Calanques_de_Piana---tafoni---JP.Grandmont_JPG.jpg                                Calanche di Piana - tafoni - photo Jean-pol Grandmont

 

Corse - Gargalu - rrhyolite dans coulées ignimbriteLa couleur rouge de l’îlot de Gargalu est due aux blocs de rhyolite pris dans les coulées d’ignimbrite - photo Alpesgeo2003.

 

Créée le 9 décembre 1975, Scandola fut la première Réserve Naturelle de France à double vocation : maritime et terrestre. Sa superficie est de 900 ha sur terre et de 1000 ha pour la partie marine.

Sur les falaises rouges s’accroche la végétation : myrtes, lentisques, euphorbes arborescentes, chênes verts, maquis dense à arbousier, bruyères arborescentes et cistes jusqu’à 500 m d’altitude.

A fleur d’eau se développe une algue calcaire (lithophyllum) qui s’agglomère au fil des ans pour former, dans certains ebdroits, de véritables trottoirs.

 

Corse-scandola-trottoir-d-algues-calcaires.-Corse-sauvage.jpg          Scandola - trottoirs d'algues calcaires lithophullum encroûtantes - photo Corse sauvage.


La transparence et la pureté de l’eau permettent le foisonnement de la vie Balbuzard-pecheur---Pandion-haliaetus---Stephen-Michael-Ba.jpgsous-marine. L’herbier de posidonies, poumon de la Méditerranée, y prospère jusqu’à moins 45 m.

 

Balbuzard pêcheur - Pandion haliaetus - photo Stephen Michael Ba


De nombreuses espèces d’oiseaux rares nichent ou séjournent à Scandola et en font un site d’intérêt ornithologique exceptionnel : balbuzards pêcheurs, cormorans huppés, faucons pèlerins, puffins cendrés, aigles royaux.

 

Corse-scandola-nid-balbuzard---corse-sauvage.jpg                   Réserve naturelle de Scandola - nid de balbuzard - photo Corse sauvage.

 

 

Sources :

- Alpesgeo - Voyage géologique en Corse - link 

- Inventaire national du patrimoine naturel - Scandola - link

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Publié le par Bernard Duyck
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La présence de rhyolite dans le Massif de l’Estérel, au sud de la France, et en Corse au Cap Scandola, a intrigué les géologues. Pour expliquer cela, il faut se rappeler que Corse et Sardaigne n’ont pas toujours été des îles et reconsidérer l’histoire géologique de la Méditerranée occidentale.

 

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              France - Massif de l'Estérel : les rhyolites rouges du Cap Roux -  © Bernard Duyck

 

Corse-04917-reserve_de_Scandola---Pinpin.jpg                             Corse - les rhyolites de la presqu'île de Scandola - photo Pinpin

 

Au crétacé (120 à 60 Ma) , l’Eurasie se déplace vers le sud-est tandis que l’Afrique poursuit sa remontée vers le nord … le super-océan Téthys commence sa fermeture à l’est comme à l’ouest.

 

Il y a 45 Ma, Téthys se trouve coincée entre les deux blocs Eurasie et Afrique et commence à subducter sous le continent eurasiatique, au moins jusqu’au sud-est de la France … à partir de ce point, c’est l’Europe qui passe sous la plaque Apulienne. Ce dernier phénomène de subduction va s’arrêter rapidement : l’Eurasie et l’Apulie étant des plaques d’égale densité, la subduction se transforme en collision et c’est la surrection des Alpes.

Plusieurs blocs vont se détacher du continent européen et dériver vers le sud, "aspirés" par le retrait de la zone de subduction ;  Ce sont le bloc Corso-Sarde (Co et S), le bloc Baléares (B), le bloc Alboran (Al), le bloc Kabylie-Monts Péloritains (K et Pe) et le bloc Calabrais (CA)

 

mediterranee-histoire-geologique-45-Ma-.jpgDirection de la subduction il y a 45 Ma  et la position des différents blocs. - doc. Histoire géologique de la Méditerranée - "modifié, d'après Séranne 1999"


 

Vers 30 Ma, tandis que l’orogenèse alpine atteint son maximum, le bassin d’arrière-arc de la subduction va s’ouvrir : le bassin algéro-provencal (ou bassin ligure dans sa partie nord). Le bloc Corso-Sarde dérive vers le sud-est, Alboran vers le sud-ouest et le bloc Baléares ne se déplace pas beaucoup, bloqué par une faille.

 

mediterranee-histoire-geologique-30-Ma.jpgSituation il y a 30 Ma - ouverture du bassin liguro-provençal et déplacement de la ligne de subduction - doc. Histoire géologique de la Méditerranée -  "modifié, d'après Séranne 1999"

 

De nouveaux résultats paléomagnétiques sur des formations volcaniques permiennes confirment les rotations de la Corse (30°) et de la Sardaigne (60° ). L'emboîtement des talus continentaux s'accorde avec de telles rotations. Ces différentes données permettent de replacer les deux îles dans leur position ancienne, la Sardaigne du Nord étant alors située face à la Provence. Les formations géologiques du socle provençal et de la Sardaigne du Nord se raccordent: la lithologie, les zones et le type de métamorphisme, la granitologie, les directions de plissements sont semblables et parallèles. Des analogies peuvent aussi être établies pour le volcanisme permien et les formations sédimentaires de la fin du Paléozoïque et du Mésozoïque. Ces domaines ont eu probablement une évolution géologique semblable jusqu'au début du Tertiaire. (M. Westphal, J. Orsini, P. Vellutini)

 

p8.jpg Basculement et ouverture en ciseaux  "anti-horaire" du bloc Corso-Sarde - trace du volcanisme rhyolitique en rouge. - doc. Alpesgeo 2003 J.Debelmas

 

Durant les 30 Ma suivants, la zone de subduction parcourt encore 775 km. (vit. moyenne de 2,5cm/an) ; Le bloc Corso-Sarde a atteint sa position actuelle. Le rifting, suivi du processus d’océanisation , entre 21 et 15 Ma, a donné un statut insulaire à la Corse et la Sardaigne.

Elles vont reperdre ce statut il y a 6 Ma (au Messinien) suite à un assèchement de la Méditerranée : la remontée de la plaque africaine vers le nord rompt la communication avec l'atlantique ... l'apport fluvial étant trop peu important pour compenser l'évaporation, la Méditerranée va s'assécher comme l'atteste un important dépôt de sel daté de cette période. Corse et Sardaigne sont atteignable "à pieds secs" par des êtres vivants en provenance du continent, durant une période courte d'un millions d'années, avant la réouverture du détroit de Gibraltar.

 

Le bloc Kabylie-Monts Péloritains va se séparer au niveau d’une faille : la Kabylie va s’échouer sur la côte africaine tandis que les monts Péloritains vont continuer leur migration, aspirés par la subduction, pour s’échouer à la place de l’actuelle Sicile.

Durant cette même période, l’arc volcanique Eolien se met en place, et un second bassin s’ouvre arrêtant la progression du bloc Corso-Sarde  … la mer Tyrrhénienne se forme (7 à 8 Ma).

 

mediterranee-histoire-geologique-28.jpgEntre 30 et 5 Ma, ouverture de mer Tyrhénienne, formation de l'arc volcanique Eolien et cassure du bloc Kabylie-Monts Péloritains - - doc. Histoire géologique de la Méditerranée - "modifié, d'après Séranne 1999" 

 

Actuellement, une petite zone de subduction est active au sud de la Sicile, se prolongeant vers la botte italienne et le Vésuve.

Selon certains géologues, une subduction du bassin algéro-provençal sous l’afrique aurait débutée ?

 

Tectonique-mediterranee.jpgSituation tectonique actuelle du bloc Corso-Sarde et de la Sicile, de la zone de subduction - doc. Alpes geo 2003.

 

Dossier-31-9992-copie.jpgFrance - Massif de l'Estérel - orgues rhyolitiques du "Lion de mer et de terre" à St Raphaël - © Bernard Duyck.

 

Demain, les richesses géologiques du Cap Scandola

 

Sources :

- Academia Corsa - et la Corse devint une île - J.B. Orsini Univ.St Etienne - link

- Géologie alpine - la dérive Cénozoïque de la Corse et de la Sardaigne - J.B. Orsini & al. - link

- Alpesgeo2003 - histoire géologique de la Méditerranée - link - link 2

- L'ouverture du Golfe du Lion et géodynamique de la Méditerranée occidentale - Université deMontpellier - link

Séranne, M., 1999, The Gulf of Lion continental margin (NW Mediterranean) revisited by IBS: an overview, in Durand, B., Jolivet, L., Horváth, F., and Séranne, M., eds., The Mediterranean Basins : Tertiary extension within the Alpine Orogen, Volume Special Publication 156: London, The Geological Society, p. 15-36.

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Publié le par Bernard Duyck
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                             Pantelleria - l'arche de l'éléphant - photo sicily italie


Pantelleria d'hier :

L’île a été fréquentée depuis le néolithique, 5.000 ans avant JC, pour son obsidienne, une lave noire vitrifiée et brillante, tranchante, considérée comme très précieuse à l’âge de la pierre.

Les premiers témoignages d’une communauté stable remontent à 2.000 avant JC : des vestiges de cabanes rondes équipées de meules et de bassins pour récolter les eaux ont été retrouvés dans le village de Mursia. Ce village, naturellement protégé par le surplombement de la mer, était entouré côté terre, par un puissant mur. La population de l’époque y a construit aussi une nécropole, où l’on retrouve des monuments funéraires appelés Sesi. Communes dans le bassin méditerranéen, ce sont des constructions circulaires, ici en pantellérite, pleines à l’intérieur et avec des cavités sur les côtés utilisées pour les rites funéraires.

 

800px-PantelleriaPantelleria---Sese-grande---Gino-Roncaglia.jpg                                 Pantelleria - "Sese grande" - photo Gino Roncaglia


A partir de l’an 700, ce sont les phéniciens qui y débarquent ; ils nomment l’île Yranim, et par la suite Cossyra. L'âge d'or de l'île commence : ce peuple industrieux cultive la vigne, érige des fortifications à San Marco, frappe des monnaies à l'effigie de la déesse Tanit, aménage des réservoirs d'eau, bâtisse un temple près du lac "Specchio di Venere », miroir de Vénus, et construit le premier port dont il reste quelques vestiges.

 

Scauri-vestiges-romains---turismo-trapani.jpg                 Pantelleria -  vestiges romains à Scauri - photo turismo Trapani


Ensuite les Romains en prennent possession et restaurent toutes les fortifications de l'île. On a retrouvé trois portraits d’époque romaine, les deux premiers, dans une citerne, représentent Jules César et une figure féminine de noble origine, le troisième est un portrait de l’empereur Titus.

On a aussi localisé une villa datant du IV-V siècle ap. J.C. : une structure habitable avec de grandes citernes en annexe. Les citernes sont marquées par des éléments architecturaux de qualité et des fragments de mosaïque.

Vers le 8° siècle, les Arabes s’installent pendant près de 500 ans. Leur culture exerce sur Pantelleria une influence si forte qu'elle est encore présente aujourd’hui. Ils la baptisent "Bent el Rion ", fille du vent. Ils édifient les "dammusi ", maisons typiques construites en pierres de lave dont les murs, légèrement inclinés et très épais, supportent un toit blanchi en forme de coupole destiné à recueillir l'eau de pluie, conduite dans une petite citerne.

 

PANT_00_DAMMUSOP_001--turismo-trapani.jpg                               Pantelleria - "dammusi" typiques - photo turismo Trapani


Les Arabes perfectionnent la culture de la vigne, de l'olivier et du cotonnier. Ils bâtissent la ville fortifiée de Pantelleria, malheureusement presque totalement détruite pendant la deuxième guerre mondiale. Par ordre chronologique, Pantelleria est ensuite conquise par les Normands, à qui on attribue la forteresse, les Souabes, les Angevins, les Aragonais et les Bourbons. En 1860, le Royaume d'Italie annexe l'île lui faisant désormais partager ses vicissitudes historiques. Curieusement, et malgré son histoire mouvementée, Pantelleria reste un paradis naturel, une île où le temps semble s’être arrêté. 

 

Pantelleria-chateau-en-pierres-de-laves---turismo-trapani.jpg        Pantelleria- le château construit en pierres de lave par les Normands - photo turismo Trapani.


Pantelleria d'aujourd’hui :  
L'agriculture et le tourisme sont les principales activités d'une île qui a conservé un aspect sauvage, épargné par l'industrialisation. Pantelleria est notamment réputée pour sa production de câpres et de vin (Passito et Moscato).

 

Pantelleria_Scogli_del_Formaggio---Luca-conti.jpg  Des Faraglioni parsèment les rivages de Pantelleria - dont le Scogli del Formaggio - photo Luca Conti.


L'activité touristique, quant à elle, comprend une clientèle venue chercher la bienfaisance des saunas naturels de l'île appelés Bagno asciutto (Bain sec). L'activité volcanique émet en effet des vapeurs qui, à l'intérieur des grottes, reproduisent les effets du sauna.

 

Grotta-di-Benikula---turismo-trapani.jpg                                  Pantlleria - Grotta di Benikula - photo turismo Trapani


De nombreux artistes ont rapporté dans leurs œuvres leur enchantement de l'île de Pantelleria :

Alphonse de Lamartine trouve  " ...l'île de Pantelleria, ancienne île de Calypso, délicieuse encore par sa végétation africaine et la fraîcheur de ses vallées et de ses eaux ". Giuseppe Bertolucci la vantait ainsi : " C'est la première île au monde qui ne provoque pas en moi anxiété et désir de fuite, mais seulement calme et volupté ".

Ces dernières années, la rusticité de Pantelleria a attiré une clientèle haut de gamme. Des stars de la musique et du cinéma y effectuent des séjours réguliers. Sting disait récemment : " A Pantelleria, les paroles étaient dans le vent, j'ai simplement dû allonger la main et les recueillir. "

 

Laghetto-delle-ondine---G.Roncaglia.jpg                         Pantelleria - Le Laghetto delle Ondine - photo Gino Roncaglia


Outre ses merveilles naturelles, Pantelleria offre également une gastronomie intéressante qui évoque les différents peuples qui s’y sont succédés. Comme spécialité locales, on retiendra  les délicats raviolis à la "ricotta " et à la menthe, et l’aromatique "pesto pantesco ", sauce composée d’huile d’olives, de tomates, d’ail, de basilic et de piments, qui accompagne avec le même bonheur les spaghetti, le poisson ou la viande. On garnit la plupart des plats cuisinés avec les célèbres câpres et l’origan, tous deux cultivés sur place, ce qui donne à la cuisine locale sa saveur bien particulière.

L’Afrique toute proche se manifeste par le couscous aux poissons, toujours garni d’une variété de légumes. La "sciakisciuka ", ragoût de légumes bien épicé, et la "cuccurummà ", plat à base de courgettes, ont pour origine la Sicile. La mer fournit du poisson si fin et savoureux qu’il est à déguster simplement, soit grillé, soit cuit au four …

L’orient est aussi présent avec le traditionnel Cannateddro. Les "mustazzola ", biscuits secs de tradition arabe, séduisent les yeux avant le palais, à déguster à tout prix avec un verre de "passito ". 

 

Sources :

- Turismo Trapani

- Trapani Sicilia - Pantelleria.

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Publié le par Bernard Duyck
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Cette île sauvage doit son surnom de "perle noire de la Méditerranée " à la couleur sombre de ses roches volcaniques omniprésentes.

 

Punta-Spadillo---Gino-roncaglia.jpg                                     Pantelleria - Punta Spadillo - photo Gino Rocaglia

 

Evolution et âge des éruptions :

 

L'existence des deux grandes caldeiras, la Vecchia et Monastero, est en partie masquées par les produits des éruptions ultérieures à leur création.

 

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             Les caldeiras de Pantelleria : caldeira de Monastero (16) et caldeira de la Vecchia (17)

              et coupe NO-SE . - d'après G. Orsi & al. / Guide des volcans d'Europe et des Canaries

 

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Trois grandes périodes d'évolution sont définies par M. Krafft :

 

1. 500.000 à 50.000 ans : Les roches les plus anciennes sont datées de 325.000 ans (près de Scauri), et de nombreux cycles d'éruptions à dominante ignimbritique en masquent une bonne part.

La caldeira La Vecchia, de 40 km², se forme il y a 114.000 ans (limites : en rouge sur la carte). Deux épisodes d'activité basaltiques sont datées de 120.000 et 83.000 ans.

 

2. Mise en place des "tuff verts", il y a 50.000 ans : Cette nappe d'ignimbrite couvre l'ensemble de l'île et constitue un niveau-repère. Plusieurs kilomètres-cubes de pantellérites et trachytes ont été émises suivis d'effondrement et de la formation de la caldeira de Monastero, aussi appelée caldeira de Cinque Denti (limites : en jaune sur la carte).

 

6339499671_ae9be72ee8_z.jpg                       Le tuff vert de Pantelleria - photo Fitzgabbro / flickr

 

3. Post tuff vert : cinq cycles éruptifs siliceux marquent cette dernière période d'activité.

- de 35.000 à 29.000 ans : trois édifices volcaniques se sont construit sur une ligne nord-sud, dont le Monte Gibele et Cuddia Gadir (13 sur la carte).

Le Monte Gibele , localisé dans la caldeira de Monastero, a été ensuite soulevé en partie et basculé pour donner naissance à la Montagna grande.

A cette époque, une activité basaltique alcaline (*) construit le cône de cendres et la coulée de la Punta San Leonardo.

 

Monte_gibele---Pantelleria.jpg                                         Pantelleria - le Monte Gibele - photo Gino Roncaglia


- vers 22.000 ans : des évents alignés NO-SE émettent des coulées pyroclastiques, des dômes et des coulées de lave, dont le volcan Gelkhamar.

- de 20.000 à 16.000 ans : des évents groupés en un cercle - interprété comme le tracé de la lèvre de la caldeira de Monastero - sont caractérisés par une activité explosive avec émission de ponces pantelléritiques, suivie d'une ou plusieurs coulées de trachyte pantelléritique ... exemple donné par le Monte Gelfiser.

- de 14.000 à 12.000 ans : l'activité concerne la partie septentrionale de Pantelleria, avec des émissions sur un alignement NS et NO-SE.

- de 10.000 à 8.000 ans : l'activité concerne trois des flancs du bloc basculé de Montagna Grande, pouvant être liés à ce basculement. Le volcan de Khaggiar illustre cette période. Les cônes et coulées basaltiques de Mursia (*) auraient eux aussi moins de 10.000 ans.

 

Mt-Grande----ph.-fitzgabbro.jpg                       Pantelleria - la Montagna Grande - photo Fitzgabbro / flickr


L'activité basaltique (*)  la plus récente concerne des éruptions sous-marines au 19° siècle (17-25.10.1891). A 7 km. au NO de lîle, l'éruption sous-marine "de Foerstner"est précédée et accompagnée par une crise sismique et une forte augmentation de l'activité fumerollienne sur Pantelleria. Les éjections rythmiques de lambeaux de lave au dessus du niveau marin ne seront pas suivies de l'émersion d'une île.

 

(*) : toutes les émissions basaltiques se situent hors des caldeiras de Pantelleria, exclusivement en périphérie de l'île : la chambre magmatique fait écran à la progression des filons basaltiques vers la surface, et le magma acide des caldeiras intercepte le magma basaltique alcalin lorsque ce dernier atteint la chambre magmatique. (Brocard & Corneloup)

 

Activité actuelle :

L'instabilité de la région est confirmée par l'existence de nombreuses sources thermales : le lac de Bagno dell'acqua, Sataria, Scauri, Gadir, Punta San Gaetano ...

Les "favares": des émissions fumerolliennes avec parfois des jets de vapeurs intermittents à : Favara grande, Grotta del Bagno Asciutto, Fossa Pernice ...

De petites émissions de fumerolles sont exhalées par le cratère du cône de ponces de Cuddia di Mida.

 

Favara-grande-fumerolles---viaggiasempre.jpg                                Fumeroles à Favara grande  -  photo viaggiasempre

 

Les volcanologues estiment que Pantelleria est le siège d'un flux magmatique constant et régulier de l'ordre de 100.000 m³/an depuis 50.000 ans. Un réveil de l'île ou de ses prolongements sous-marins est possible à échelle géologique.

 

Les laves de Pantelleria :

on y retrouve essentiellement des rhyolites hyperalcalines et des pantellérites, quelques trachytes, des basaltes alcalins en petites quantités et des pyroclastites.

 

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                                                    Doc. Winchester & Floyd 1977

 

Les pantellérites sont des rhyolites hyperalcalines fortement sodiques. Elles sont soit vitreuses, soit renferment des phénocristaux de feldspath anorthose, d'aegyrine (du pyroxène vert), d'aenigmatite ou cossyrite, rouge à brun, dans une pâte faite de petits cristaux des mêmes minéraux, mêlés à du quartz, de l'apatite et du zircon.

 

Pantellerite---Gipo-Montesanto-foto-sicilia.jpg                                   Pantellérite - photo Gipo Montesanto / foto-Sicilia

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- L'île volcanique de Pantelleria - Gilles Brocart & Désiré Corneloup

- Trapani Sicilia - Pantelleria

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Je viens de lire un article intéressant sur les vins de dessert du sud de l’Italie … parmi ceux-ci un nom a particulièrement retenu mon attention : le Moscato Passito di Pantelleria.

Ecoutez ses louanges : "Meilleur muscat d’Italie, fruité, parfumé, généreux " … ou encore : "Une robe ambrée qui ne peut qu'éveiller la curiosité et l'envie de celui qui l'observe. Nez superbe et complexe, sur l'orange amère, l'amande et la confiture d'abricot. En bouche, le vin est très épais, l'amertume orangée est bien contrebalancée par l'acidité. C'est très très long."

Ce vin est issu de Zibibbo, cépage importé par les arabes au 9° siècle, par la technique de surmaturation  par dessèchement naturel du raisin à l’air appelée "passerillage" ; on fait évaporer l’eau du raisin en l’exposant au soleil ou sur un lit de paille pour obtenir une concentration en sucres et un degré alcoolique plus élevés. (Ceci fait aussi diminuer le rendement en vin et augmenter son prix : entre 15 et 20 euros les 50 cl.)

 

Sangue-d-Oro---Carole-Bouquet.JPG

Pour l’anecdote, le sommelier de chez Le Nôtre, ajoute, à propos de la cuvée 2007 du "Sangue d’Oro", un passito di Pantellegria, produit par l’actrice et vigneronne Carole Bouquet, "Confit à souhait sur des notes de bergamotes, quinquina et d’abricot sec, il est surtout doté d’une bouche limpide, suave et digeste. La parfaite gestion de la douceur et la belle allonge de bouche lui donnent une persistance incroyable."


Comme son nom l’indique, ce vin est cultivé sur l’île de Pantelleria, au terrain volcanique propice à ce type de culture. Cette île est située au sud de la Sicile et en face du Cap Bon tunisien.


Pant. Montagna grande - Fitzgabbro

                  Pantelleria - vignobles près de Montagna Grande - photo Fitzgabbro / Flickr.


Contexte géologique :

Pantelleria, avec les îles de Lampedusa, Linosa, et Lampione, forme l'archipel italien des Pélagies, un groupe d'îles volcaniques qui doit son existence à la présence d'un rift continental au centre du canal de Sicile.

 

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                         Contexte tectonique des Pélagies - doc Catallano & al. 2009

 

Pantelleria et Linosa sont des volcans endormis, qui sont nés au fond de fossés d'effondrement discontinus,  longs, étroits et profonds (1700m ), qui accidentent en son centre un Canal de Sicile, par ailleurs large ( 250 km ), plat et peu profond (100 - 200m ).

Malgré la subduction de la plaque africaine sous la plaque européenne, la région de Pantelleria est en extension ; la lente rotation  dans le sens horaire de la Sicile étire cette portion du canal de Sicile, avec remontée magmatique consécutive ... la dernière manifestation est l'éruption de Ferdinandea (ou île Graham pour les anglophiles) en 1911.

   

Le fond du Canal de Sicile remonte sur les épaulements de ces fossés d'effondrement, et émerge pour former les îles plates de Lampedusa et de Malte. Le plancher du rift correspond à une croûte amincie dont l'épaisseur atteint une vingtaine de kilomètres, alors que l'épaisseur de la croûte est d'une quarantaine de kilomètres sous la Sicile ou la Tunisie. La structure de Pantelleria est déterminée par des failles orientées suivant la direction des failles bordières des fossés (NNOSSE).

 

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                                                  Vue zénitale de Linosa- doc. google earth

 

Linosa, une île à peine émergée, est pourtant le sommet d'un volcan dont la partie sous-marine mesure plus de 1500 mètres de hauteur ; elle est très petite, 2 km. sur 3, pour un point culminant à 195 mètres, et composée de cônes surtseyens et stromboliens basaltiques bien conservés. On ne relève pas d'éruption historique.

 

Linosa.jpg      Linosa - orientaton ouest-est par rapport à la photo google ci-dessus - photo sicilia 24 h.it


L'île de Pantelleria est la partie émergée d'un volcan de 40x30 km et 2150 mètres de hauteur. L'île qui couvre 83 km², et est longue d'environ 13 km et large de 8 km au maximum.

L'édifice volcanique aurait émergé il y a 500.000 ans, et a continué de croître de façon intermittente jusqu'à l'époque actuelle, la dernière éruption, marine, ayant eu lieu en 1891.

 

Pantelleria la côte 2 - G.Roncaglia

 Pantelleria - la stratification des terrains formant cette île volcanique, vue de la mer - photo G.Roncaglia

 

La morphologie de l'île est marquée par l'existence de deux caldeiras emboîtées dans la partie centrale :

- la caldera de la Vecchia (114.000 ans)

- et la caldera Monastero, ou Cinque Denti (45.000 ans), largement comblées par les produits d'éruptions postérieures . Elle contient les volcans-boucliers post-caldeira Monte Grande et Monte Gibele. Les éruptions datées de l’holocène ont construit des cônes de ponce, des dômes de lave et des coulées de laves en blocs.

Confirmant cette activité, une éruption sous-marine a eu lieu en 1891, aux dépens d’un évent situé au large de la côte NO de Pantelleria.

 

A suivre, les éruptions historiques, le volcanisme hyperalcalin et les paysages de Pantelleria ...

 

 

 

 

Sources :

- Global volcanism Program - Pantelleria

- Global Volcanism Program - Ferdinandea

- Pantelleria - in Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

- L'île volcanique de Pantelleria - par Gilles Brocard et Désiré Corneloup

- Sangue d'Oro - link - link 2

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