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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La ligne volcanique du Cameroun - CVL -, large d'une centaine de kilomètres, s'étire sur 1 600 kilomètres selon un axe orienté nord-est/sud-ouest.

Ce rift se compose de massifs montagneux, de plateaux et d'îles d'origine volcanique et plutonique. Son extrémité Est est constituée des monts Mandara, au sud-ouest du lac Tchad, et se prolonge par les monts Alantika, les monts Shebshi, l'Adamaoua qui constitue un haut plateau du centre du Cameroun, les Hauts Plateaux de l'Ouest et le mont Cameroun. À partir de cette montagne, la ligne du Cameroun se prolonge dans le golfe de Guinée et émerge avec les îles de Bioko, São Tomé, Principe et Annobón à son extrémité Sud. La partie méridionale de la ligne du Cameroun est ponctuée de volcans nés du point chaud du Cameroun. Il s'agit des îles que le rift forme dans le golfe de Guinée, du mont Cameroun et du mont Manengouba.
La ligne du Cameroun posséderait des prolongements au nord allant jusqu'au Tibesti et à la Libye.
La ligne du Cameroun a été mise en évidence et définie en 1909 par le géographe et géomorphologiste allemand Siegfried Passarge.


-Cameroon_line---Aymatth2-copie.png

La configuration de la "ligne Cameroun"  -  structures volcaniques continentales et océaniques en rouge  -  Doc. Aymatth

 

Burke interprète cette topographie en rapport avec le panache mantellique " 711 ", nommé ainsi d’après sa situation géographique, 7°N / 11,5°E.

 

Prominent_hotspots.png                    Localisation des principaux points chauds, et limites de plaques - doc. USGS


Le point de "triple jonction" il y a 140 Ma - à la séparation de la Pangée  - doc. Burke/ Darros de Matos.
burke_2001-jg-origin_of_the_cameroon_line_of_volcano-capped.jpgLa position du panache au cours des derniers 140 Ma, sa localisation adjacente à l’angle droit  de la marge continentale pour 125 Ma, et l’établissement, à 30 Ma, d’un faciès lié à une convection mantellique à faible profondeur … l’ensemble suggère pour lui une convection du manteau superficiel sous la zone d’extension et sa jonction avec le panache 711 au point de triple jonction, favorisant la formation de la ligne Cameroun à partir de 30 Ma.

 

nig-90m.jpgnig-65m.jpg

 

 

 

La dérive des continents, il y a 90 Ma (à gauche) et 65 Ma (à droite)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a ici une exceptionnelle opportunité de déterminer la contribution du manteau à la pétrogenèse des basaltes alcalins émis sur la CVL, aussi bien en milieu océanique que continental. L’activité volcanique a évolué d’une composition basaltique à une composition phonolitique ou trachytique.

 

CVL----uml.edu.jpg    Diverses roches volcaniques de la Ligne volcanique Cameroun, en milieu océanique et continental.

                       doc. uml.edu

 

Cameroon-volc.line---Gouthier---al-1974.gifAge des différentes zones volcaniques et roches de la CVL - Camerron Volcanic Line. - Doc. Gouthier & al 1974.

 

 

Sources :

- Origin of the Cameroon Line of Volcano-Capped Swells - by Kevin Burke
Department of Geosciences, University of Houston, Houston, Texas
- Upper mantle structure beneath Cameroon from body wave
tomography and the origin of the Cameroon Volcanic Line - A. M. Reusch & al. - Department of Geosciences, Pennsylvania State University, University Park, Pennsylvania 16802, USA

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Bayuda desert - lac de cratère salé - Italian tourism

Le désert de Bayuda au Soudan - un lac de cratère salé, fréquenté par les nomades et leur troupeau - photo Italian tourism.


Nous retrouvons le territoire Soudanais à l’intersection de deux zones volcano-tectoniques, deux zones de fractures dans la croûte terrestre, qui expliquent l’activité volcanique au sein du continent africain.

La première zone de fractures datée d’un âge post-Mésozoïque, qualifiée par certains de "ligne Cameroun", s’étend du Mont Cameroun à l’ouest en direction du Soudan, via le Jebel Marra et les centres volcaniques de Bayunda, vers la Mer Rouge.

La seconde, déjà évoquée, passe par le Hoggar algérien, le Tibesti et le nord du Tchad.


 

Jebel-Marra---semp.jpg

Afrique du Nord - situation des zones de roches basaltiques (en noir) et direction des zones de fractures, en relation avec la Cameroon line" (coin inférieur gauche de la carte) - d'après J.R. Vail: “Jebel Marra, a dormant volcano in Darfur Province, western Sudan.”  - Bulletin of Volcanology.


Le Soudan volcanique se compose principalement de deux grandes zones : au nord-est, le désert de Bayuda, et à l’ouest, la province volcanique du Darfour.


Le désert de Bayuda, au nord-est du Soudan, occupe une boucle du Nil, entre la 4° et la 6° cataracte, au nord de Khartoum,la capitale. Cette vaste étendue minérale, est caractérisée par des roches basaltiques provenant d’anciens volcans et différentes formations en forme de cônes. On relève deux champs volcaniques : le champ Bayuda, et le Jebel Umm Arafieb.

 

Bayuda-volcanic-field.jpgLe champ volcanique Bayuda - avec ses centres alignés sur un même axe - NASA Space Shuttle image ISS004-711-20, 2002 (http://eol.jsc.nasa.gov/).


Le champ volcanique Bayuda – 18°33N / 32°75E – se compose d’une centaines de centres éruptifs alignés sur un axe ONO-ESE, qui se sont édifiés sur des granits du Précambrien et du Paléozoïque, au centre de l’actuel désert de Bayuda.. La plupart de ces centres sont de petits volcans composites, qui sont passés par un épisode de construction du cône pyroclastique suivi d’une période d’extrusion de lave basaltique, qui a en général ébréché le cône.
Deux exemples de volcans composites : Jebei Mazrub, à 16 km à l’ouest de Sani, et les collines jumelles de Sergein, à 6 km. à l’ouest de Sani, composés de reliefs de cônes pyroclastiques érodés surmontant la plaine de 180 mètres ; ils sont entourés d’un champ de lave hemi-circulaire de 3 km. de diamètre.
Les cratères d’explosions constituent environ 10% du nombre des évents ; ils sont localisés hors du champ principal. Le Jebel Hebeish a un cratère de 800 m. de diamètre, entouré d’une muraille de téphra asymétrique, haute de 60 m. au NO, et de 20 m. côté sud
La datation des basaltes les plus jeunes est postérieure à celle de la dernière période de climat humide au Soudan, qui s’est terminée voici 5.000 ans. La dernière éruption date de l’an 850 de notre ère.

 

Le champ volcanique Jebel Umm Arafieb (ou Marafieb) – 18°17N / 33°83E – est situé à l’ouest du Nil. Il se compose d’un volcan-bouclier à angle faible, formé de différentes coulées aa de laves basanitiques à trachybasaltiques sorties d’un évent, maintenant coiffé d’un spatter cone. La datation des divers cônes et cratères d’explosion, et des coulées de lave s’échelonne de la fin du Pléistocène à l’Holocène (Almond 1974)


La province volcanique du Darfour se compose des champs volcaniques Jebel Marra, Kutum et Meidob.

 

Jebel-Mara---Eosnap.jpg                            Le Jebel Marra, avec au sud, la caldeira Deriba - photo eosnap.


Le champ volcanique Jebel Marra – 12°95N / 24°27E – couvre une grande partie des monts Marra de coulées basaltiques recouvertes d’épais dépôts de coulées pyroclastiques. La partie nord de ce champ expose des culots de lave trachytique et des épines formant des " inselbergs " (littérallement des montagnes-îles, soit un relief isolé dominant fortement un pédiment, une plaine ou un plateau subhorizontal), ainsi que des cônes de scories basaltiques et leurs coulées.

 

soudan---djebel-Mara---Nasa-EO.jpg

                     Jebel Marra - la caldeira Deriba - photo Nasa Earth Observatory

 

La structure la plus proéminente est la jeune caldeira Deriba, située au sud du champ volcanique ; cette caldeira, large de 5 km., aux parois escarpées, s’est formée il y a 3.500 ans, lors d’une éruption qui a généré des retombées de ponces et des coulées pyroclastiques qui se sont répandues jusqu’à 30 km. du volcan. Des éruptions cendreuses ont perdurées jusqu'au début  des temps historiques, en 2.000 avant JC. On peut encore observer des fumerolles sur les flancs d’un cône pyroclastique situé dans cette caldeira.

 

-Sudan_Jebel_Marra_Deriba_Lakes---J.Williams.jpg              Jebel Marra - un des lacs de la caldeira Deriba - Photo by J. Williams, 1986


Le champ volcanique Meidob – 15°32N / 26°47E – couvre 5.000 km² et compte près de 700 évents, datés du Pliocène à l’Holocène, édifiés sur un sous-bassement de roches métamorphiques et ignées, surélevé au Précambrien, et allongé sur un axe E-O.

Les cônes de scories basaltiques et leurs coulées de lave prédominent et forment un vaste plateau ; au centre de celui-ci, prennent place des produits plus jeunes : des coulées et dômes de lave trachytique à phonolytique, des ignimbrites et des maars. La plus récente structure est un anneau de tuff et une coulée datés de 2950 avant JC.

 

Nord-darfour---malhawells---eosnap.jpg Les champs volcaniques Meidob (au centre) et Kutum, séparés par Malha Wells - NASA Space Shuttle image STS073-713-87, 1995 (http://eol.jsc.nasa.gov/).


Au SO du Meidob, on retrouve le champ volcanique basaltique Kutum – 14°57N / 25°85E – qui contient des cônes bien préservés, des coulées de lave et des cratères d’explosion. Ce champ est connu aussi en tant que Tagabo Hills, ou Berti Hills. Il est daté entre la fin du Pléistocène et l’Holocène.


Entre les champs Meidob et Kutum, on trouve une zone où un accès à l’eau potable est possible, connue sous le nom de Malha Wells.

 

malhawells---Aussenlander--eosnap.jpg                                Malha Wells - photo Aussenlander / eosnap

 

Sources :

- Global Volcanism Program - volcans d'afrique du nord

- Jebel Marra : geogically joung volcano massif of the sudan - link

- Earth snapshot - Darfur - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

tibesti---trek-mag.jpg                                                  Paysage du Tibesti - photo Trek mag.

Le massif du Tibesti forme la plus grande et le plus haute chaîne montagneuse du Sahara central, avec 75.000 km² et son point culminant à 3.415 mètres. Le Tibesti est peu peuplé : seuls 8.101 habitants vivent sur ce vaste territoire (dernier recensement en 1993). La température y atteint les 50°C dans les vallées, avec des écarts possibles de 30° en 24 heures ; et l’hiver, il gèle sur les hauts-plateaux.
Ce coin reculé, au climat rude, où presque personne ne s’aventure, est habité par les Toubous qui s’y sont retranchés. Ce n’est qu’en 1869, qu’un européen, Gustav Nachtigal, pénètre pour la première fois le Tibesti. Vers 1929-1930, la colonisation Française débute … et 30 ans plus tard, le Tchad accède à l’indépendance. Ce cours délai d’une soumission toute relative n’a pas bouleversé profondément la culture traditionnelle, si bien qu’en 1979, en plein conflit avec le pouvoir de N’Djamena, ils ont intronisé un nouveau chef et représentant coutumier.


Avant de poursuivre, un peu de toponymie, où les noms de lieux dérivent de l’arabe et de language local propre au peuple Toubou.

Emi signifie grande montagne ou région montagneuse ; Ehra désigne une caldeira ; Tarso se rapporte à un haut plateau, ou encore à des contreforts montagneux à pente progressive ; Ehi se réfère à un pic montagneux… ainsi Ehra Kohor qualifie une caldeira située au sommet de l’Emi Koussi.


 

Volcanoes-of-the-Tibesti-massif---Parmeter-OppChadBV02.jpgA gauche, le massif du Tibesti (en noir) et la TVP - Tibesti Volcanic Province (en gris) - à droite,photo prise par l'ISS en juin 2001 - doc. Nasa - Johnson Space Center 2003. / Permenter & Oppenheimer.


Le volcanisme est confiné dans le tiers sud du massif appelé TVP – Tibesti Volcanic Province, et se compose de volcans inactifs, dont quatre sont malgré tout repris par le GVP, comme étant potentiellement actifs : le Tarso Tôh, le Tarso Voon, le Tarso Tousside et l’Emi Koussi.

 

 Alors que les plus hauts pics sont entièrement constitués de matériaux volcaniques, les montagnes reposent sur une vaste zone soulevée par un panache mantellique. Le soubassement est constitué de schistes précambrien, recouvert par du grès daté du Paléozoïque ; cet ensemble est coiffé par des épanchements de basalte  du Tertiaire et du Pléistocène.

 

Volcanoes-of-the-Tibesti-massif---Parmeter-OppChadBV08.jpg

La Province Volcanique du Tibesti : situation des failles et principaux volcans - doc. Permenter & Oppenheimer.

 

Le massif de l’ Emi Koussi constitue une masse de 60 sur 80 km ! Il est localisé au sud-est du massif du Tibesti. Ce volcan-bouclier trachytique est couronnée de deux caldeiras coalescentes de douze km. sur quinze, qui contiennent des cratères d’explosion – maars-, des dômes de lave et de jeunes cônes de scories, avec leurs coulées associées. Le rebord sud de la caldeira constitue, avec ses 3.415 m., le point culminant du Tibesti.
Le trou au Natron du Koussi, ou Ehra Kohor, forme une spectaculaire caldeira de 2 km par 3 de large et profonde de 350 m., localisée sur le plancher au SE de la seconde caldeira de l’Emi. L’aire thermale Yi-Yerra est située sur son flanc sud, à 850 m. d’altitude.
Les flancs de ce vaste bouclier sont peu entaillés par l’érosion, étant donné le climat aride ; les quelques oueds qui les parcourent font partie du bassin versant du lac Tchad, un lac endorrhéique .                      

Voir aussi un excellent article sur cette zone sur Tekenessi.fr /reportages

 

Tchad---Emi-Koussi---ISS026-E-017074.jpg

Le volcan-bouclier Emi Koussi, vu de l'ISS en janvier 2011 (The image was taken by the Expedition 26 crew. Astronaut photograph ISS026-E-17074 was acquired on January 11, 2011 - NASA/JSC Gateway to Astronaut Photography of Earth. Caption by William L. Stefanov )

 

Emi-kossi-caldeira---Nasa-Esa.jpg

    La caldeira de l'Emi Koussi  et le trou au Natron : deux caldeiras coalescentes - doc. Nasa ESA.

 

Tchad.Emi.Koussi.25.jpg                              Le trou au Natron du Koussi - photo agence Tekenessi.


Dans la partie centrale-ouest du Tibesti, le stratovolcan Tarso Voon s’est établi sur un sous-bassement de schistes du Précambrien. Son sommet, culminant à 3.100 m, est tronqué par une caldeira de 14 km. sur 18. Des dépôts ignimbritiques couvrent les flancs dans un rayon de 15-35 km. Des coulées basaltiques, datées du Quaternaire, proviennent d’évents proches de la bordure de la caldeira.
A 5 km. à l’ouest du bord de la caldeira, dans une zone de soulèvement volcano-tectonique, on trouve le champ de solfatares Soborom, visité par les populations locales pour les propriétés médicinales de ses eaux chaudes et de ses boues.

 

volcan_voon_en_el_tibesti__chad---Landsat.jpg

                      La caldeira et le volcan Tarso Voon - doc. en fausses couleurs Landsat

 

La portion nord-ouest du Tibesti contient un champ volcanique et un grand stratovolcan.
Le champ volcanique Tarso Tôh se compose de 150 cônes de scories et de deux maars, datés entre le Pleistocène et l’Holcène. Leurs coulées basaltiques surmontent une base de schistes précambrien à l’Est et des grès du Paléozoïque à l’ouest ; ils ont rempli les vallées jusqu’à une distance de 80 km vers l’Est et l’Ouest , et de 20-30 km. direction N-S. au nord du Tarso Toussidé. Les sédiments du maar Begour ont été datés de 8.300 ans seulement (Hagedorn and Jakel, 1969).

 

Tarso-Toh---Nasa-Landsat.jpg                             Le champ volcanique Tarso Tôh - photo Nasa Landsat.

 

Tout à l’ouest du Tibesti, le massif volcanique du Tarso Toussidé , qui s’étend sur 6.000 km², est chapeauté du stratovolcan Toussidé, haut de 3.265 mètres, installé côté ouest de la grande caldeira ignimbritique Yirrigue, large de 14 km. Le sommet du volcan présente de nombreuses fumerolles. Des coulées de trachyte et trachyandésite se sont répandues sur le flanc ouest sur 25 km., couvrant 200 km².
Le bord SE de la caldeira Yirrigue est recoupée par un autre "trou au natron", de 8 km. de large et une profondeur de 1.000 m., qui forme une des structures les plus jeunes du massif.
L’ Ehi Timi et l’Ehi Sosso, deux volcans, et le cratère d’explosion Doon Kidimi (1500 m. de large) complète les flancs est du massif (voir carte ci-dessus).

 

volcan_tousside__tibesti-_chad---landsat.jpg  Le Tarso Toussidé, ses coulées et le trou au Natron du Toussidé- photo en fausses couleurs Landsat

 

Sources :

- Global Volcanism Program - volcans d'Afrique du nord

- Volcanoes of the Tibesti massif (Chad, northern Africa) - by Jason L. Permenter & Clive Oppenheimer.

- Trek magazine - Tibesti - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

20120109-libya-full-copie.jpg

Image satellitaire de la Libye - en haut à droite, le champ volcanique Al Haruj, et plus bas, la tache sombre de Waw an Namous et le bord nord-ouest du massif du tibesti au Niger. - doc. Nasa.

 

Le champ volcanique extensif Al Haruj , daté du Pliocène à l’Holocène, couvre 45.000 km² au centre de la Libye. Les coulées les plus récentes sont localisées au nord de ce champ .
On y retrouve 150 volcans, dont 30 sont de petits boucliers d’une hauteur comprise entre 100 et 400 m., ainsi que des cônes de scories, des coulées de lave et des cratères d’explosion.

 

Al-Haruj-nord-coulees---b14643.de.jpg

                    Coulées basaltiques au nord du champ Al Haruz - photo H.-J. Knoblauch et al.

 

Le champ volcanique suit une extension SE du système de graben Hon – fin du crétacé au Tertiaire – proche de l’intersection entre le sud  Haruj surélevé (daté du Paléozoïque) et le bord Est du Tibesti (daté du Mésozoïque).

 

Al-Haruj-epanchements-basaltiques.jpgEpanchements basaltiques dans le centre du champ volcanique Al Haruj - photoNorbert Brügge, Germany

 
Al-haruj2.-densite-des-structures-sud-jpg.jpgUne étude plus poussée de la partie sud la fait considérer comme faisant partie d’un champ d’inondation basaltique intraplaque.

 

Al Haruj - densité des évents sur deux alignements dans la partie sud - K. Németh & al.

 

 

La distribution et la géométrie des évents suggère des éruptions fissurales de "type Laki" (Islande), mais à une échelle deux fois plus grande : on a ici une chaîne de 60 km. de longueur, contre 27 km. au Laki. Elle se compose de cônes de scories et de spatter cones modifiés à divers degrés par l’érosion, et résultants de fontaining.

image_4.JPGPartie centrale d'Al Haruj , avec des grands volcans-boucliers et de larges pit craters sommitaux (flèches blanches) et de petits pit craters sur les flancs (flèches noires en bas à gauche) - doc. KLM at Industrial Reseach Center.

 

Sur le flanc des volcans-boucliers, des canaux de lave larges de dizaine de mètres sont interprétés comme des chambres magmatiques superficielles et/ou des lacs de lave, donnant lieu à la formation de pit crater formés par subsidence gravitationnelle. De multiples plate-formes au sein des cratères-puits témoignent d’effondrements non uniformisés. Leur forme en cône elliptique inversé provient d’un remplissage progressif , et leur diamètre varie de quelques mètres à un kilomètre.
On en distingue de deux types :
- associés à la région sommitale d’un large volcan-bouclier
- ou développés sur le flanc de boucliers et/ou sur champs de laves intercalés entre les édifices volcaniques
Les cratères-puits sommitaux sont plus beaucoup plus larges que ceux qui furent développés sur les flancs.

 

Waw_An_Namus_-_STS052---Nasa.JPG

  Waw an Namus - vue satellitaire du champ volcanique et de la caldeira du volcan- doc. Nasa

 

 

Au sud du champ volcanique Haruj, le champ volcanique Waw an Namus , aussi appelé Wau en Namus, ou Uaw en Namus, se fait remarquer par une zone d’influence de tephra basaltiques noirs , de forme ovale et orientée sous la direction des vents dominants.
Le sable amené en continu s’immisce entre les lapilli de basalte plus gros, pour se retrouver sous la couche plus ancienne, et qui reste ainsi particulièrement visible sur les images satellites, marquée par un fort contraste de teinte avec le désert peu coloré.

 

Waw-en-Namus----view.stern.de.jpg

          Waw an Namus - la caldeira, les lacs et les cônes de tuff imbriqués - doc. stern.de

 

Elle s’étend sur 10 à 20 km. autour d’une caldeira, large de 4.000 mètres et profonde d’une centaine de mètres.
Elle abrite un cône post-caldeira et trois petits lacs dont la couleur varie en fonction de l’incidence lumineuse. Ils ont donné le nom au volcan, signifiant « l’oasis des moustiques » .
La présence de cette eau de surface en plein désert suggère une alimentation constante et suffisante depuis la nappe phréatique, et conditionne le dynamisme éruptif du volcan … le cône central, constitué de tuff, provient d’une éruption phréatomagmatique.

 

waw-an-namus---google-earth---Fouderg.jpg

     Waw an Namous - les cônes de tuff vus du bord de la caldeira - photo Fouderg / Google earth.

 

Son cratère mesure 150 m. de diamètre pour une profondeur de 80 mètres. De petits dépôts blancs de sublimés ou jaunes de soufre se remarquent sur les lèvres du cratère sommital ainsi que sur les bords de la caldeira.
Les restes d'un autre cratère, plus ancien, entourent la moitié ouest du cratère principal. Il n'en reste qu'une paroi semi-circulaire, si bien que le sommet du volcan est en fait couronné par deux cratères emboîtés, la plus récente masquant en grande partie l'ancienne.
 Le Waw an Namous semble très jeune : son cône de tuff est faiblement raviné, étant donné les pluies exceptionnelles dans cette région ; Ce volcan n’a été ajouté à la liste des volcans en activité historique du GVP qu’en 2006, sous le n° 0205-008.

 

 

_lac_um_al_ma---photo-Alghazala-voyage-bons-plans.jpg

                     Le lac Um el Ma  -  photo Alghazala / Voyages-bons-plans

 

 

A environ 500 km à l'ouest du Waw an Namous existe une autre curiosité naturelle : l’immensité sableuse de l’Erg Awbari (Oubari) abrite, entre les vallées de Wadi Esc Sciati et Wadi Al Hayah, les lacs salés Awbari.
L’un d’entre eux, Um el Ma, signifiant "la mère de l’eau", a comme particularité, outre sa forte salinité, de posséder deux couches liquides de température différentes superposées, la plus chaude – 50°C - se trouvant bizarrement sous la plus froide. Une baignade dans ce lieu apparemment idyllique impose donc la prudence : il faut s’enfoncer le moins loin possible sur ces berges immergées et se mettre à nager dès que le permet la profondeur de façon à se maintenir dans la couche d’eau tempérée et éviter les brûlures.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Wau-en-Namus

- L.A.V.E. -fiche Wau an Namus

-Crater-like structures in context with the large flood basalt field f Al Haruj al Aswad - Norbert Brügge - link

- Plio / Pleistocene flood basalt related scoria and spatter cones, rootless lava flows, and pit craters, Al Haruj Al Abiyad - Karoly Németh & al. - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La region de l’Aïr, au Niger, constitue une des plus grande province granitique au monde. En plus du granit, cette province formée au cours d’un épisode magmatique majeur, daté de 407 Ma, compte 28 plutons, sans corrélation d’âge ou de distribution ; leur diamètre s’échelonne entre 0,8 et 65 km.
Le massif de l’Aïr est parcouru de deux zones de failles, orientées NE.   

 

Massif-de-l-Air---Nasa-Gemini-6.jpg                                    Le massif de l'Aïr - photo Nasa / Gemini 6.

 

In-Ezzane-v.field---JP.-Liegeois.jpg                        Le champ volcanique d'In Ezzane, en bleu-gris sur cette image Landsat -

   NASA Landsat Thematic Mapper mosaic by Jean-Paul Liégeois (Africa Museum, Belgium) / GVP


Le champ volcanique d’In Ezzane, situé à cheval sur le sud-est algérien et le nord Niger, couvre une zone de 500 km² à la pointe est du massif de l’Hoggar. Cette jeune province est peu connue étant donné son isolement … avis aux volcanologues en chasse de domaines à explorer !

 

Sud Aïr - volcans et coulées - Black 1967

  Sud Aïr - volcanisme cénozoïque du champ volcanique de Todra - JP. Liégeois / Mantle plume


Le champ volcanique Todra couvre 1.050 km² dans le sud de l’Aïr.
L’activité volcanique y a débuté avec l’éruption d’une trentaine de volcans trachytiques à phonolitiques, qui ont percé le sous-bassement précambrien. Elle s’est poursuivie par la formation de 130 cônes basaltiques, dont les coulées ont comblé le relief. La position de ces volcans est liée à une série de failles orientées NO-SE. La date de la dernière éruption n’est pas connue avec précision, mais on l’estime récente et ne datant que de quelques siècles.

 

Air--Todra-volcan-basaltique-monogeniqque---mantle-plume.jpg

Todra volcanic field - Cône basaltique monogénique - Photo by Jean-Paul Liégeois (Africa Museum, Belgium).

 

L’Aïr est bordé par les dunes du désert du Ténéré.
L’Arakaou, un ancien volcan – 18°96N / 9°57E, voit son cratère de 10 km. de diamètre, envahi par le sable, qui s’y engouffre , poussé par les vents, dans une brèche, appelée " la pince du crabe ", et y forme des dunes de plus de 200 mètres de hauteur. Le contraste est saisissant entre les parois sombres du cratère égueulé et le sable clair.

 

 

Pince-de-crabe-d-Arakoa---YAB-copie.jpg

              Niger - "la pince de crabe" d'Arakaou - photo wallpaper Yann-Arthus Bertrand.

 

Ce paysage, actuellement exclusivement minéral, a été verdoyant il y a 20.000 ans : depuis le climat sahélien s’est asséché, et le désert s’est installé sous l’influence des fluctuations climatiques aggravées par les activités humaines …surpâturage et déboisement ont fait accélérer ce processus ; depuis 50 ans, le désert a gagné 650.000 km² , soit une surface équivalente au territoire français, sur les fertiles territoires nord-africains.


Le massif de l’Aïr est la terre d’origine d’une tribu de touaregs, les Kel-Aïr, qui a dominé le Sahara occidental.
Depuis 1965, la découverte de gisements d’uranium, et la promesse d’un travail dans cette région aride, y fait affluer des populations de l’ouest africain. Les mines d’Arlit et d’Akouta emploient environ 2.000 personnes et carriere_uranium_niger.jpgproduisent annuellement plus de 3.000 tonnes d’uranium, soit 8% de la production mondiale. Carrière d'uranium "à ciel ouvert" d'Arlit.


En 2009, le groupe nucléaire Areva à signé avec le Niger une convention d’exploitation du gisement d’Imouraren, à 80 km. au sud d’Arlit. La production devrait démarrer en 2012, ave une perspective de 5.000 tonnes/an pendant plus de 35 ans , ce qui placerait le Niger au second rang des pays producteurs de ce minerai …alors que la Sahel figure toujours parmi les pays les plus pauvres au monde, malgré la richesse de son sous-sol.

 

Rejets-mine-uranium-Arlit---Air---YAB.jpg

     Aïr - les rejets de la mine d'uranium d'Arlit - photo wallpaper Yann-Arthus Bertrand.


Les rejets de la mine d’Arlit – 19°0N / 7°38E, photographiés des airs par Yann-Arthus Bertrand, témoignent d’une polllution "durable et non réversible"  qui risque donc de tripler à l’avenir, si des mesures dratiques ne sont pas prises.
Ceci sans compter sur les conditions de travail dénoncées dans un article de Roger Moody publié par Wise-Amsterdam le 22 avril 1982  : "Des gamins de quinze et seize ans se font irradier dans les mines sous contrôle français au Niger. Il n'y a quasiment aucune protection contre l'inhalation de gaz radon. La main d'oeuvre, presque exclusivement des nomades Touaregs, reste totalement ignorante des effets de l'exploitation minière. La détection des radiations et les contrôles sanitaires sont inexistants.".

La région n’est pas sure : quatre français ont été enlevés par Al-Qaïda en septembre 2010 et sont toujours détenus à l’heure actuelle.


Sources :
- Global Volcanism program – volcans d’afrique du nord
- The Hoggar swell and volcanism: reactivation of the Precambrian Tuareg shield during Alpine convergence and West African Cenozoic volcanism. By Liegeois J-P, Benhallou A, Azzouni-Sekkal A, Yahiaoui R, Bonin B, 2005 -  In: Foulger G R, Natland H H, Presnall D C, Anderson D L (eds) Plates, Plumes, and Paradigms, Geol Soc Amer
- Mines d’uranium au Niger : un scandale nommé Cogema - link

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                                          Massif du Hoggar - photo B.& Fl.Devouard


 

 

Deux mécanismes d’action régissent le volcanisme en Afrique :
- le rifting est responsable de l’activité des volcans situés sur le grand rift qui balafre l’est africain, avec du nord au sud , les volcans de l’Afar, dont le Erta Ale, les volcans Kilimandjaro et Ol doinyo Lengai sur la branche orientale, et sur la branche occidentale, les Virungas avec le Nyiragongo et le Nyamuragira.
- L’activité volcanique de point chaud ou de lignes chaudes concerne le Mont Cameroun et tous ceux qui se situent sur une faille ancienne traversant l’Afrique du nord, du Maroc à l’océan indien : avec le Hoggar en Algérie, le sud Libyen, le Tibesti au Tchad, le Darfour au Soudan.

 google-copie.jpg                 Localisation du volcanisme en Afrique - position approximative / google earth.

Le massif du Hoggar :
Hoggar est une transcription française du terme arabe جبال هقار qui vient lui-même du touareg Ahaggar , dont le pluriel Ihaggaren désigne la classe noble chez les Touareg du Hoggar.

 

Au moment de la constitution du Gondwana, une série de collision entre plusieurs micro-continents et une accrétion d’arcs insulaires ont eu lieu. L’orogenèse de l’Afrique et des mouvements décrochants ont provoqué une délamination de la lithosphère mantellique sub-continentale. A partir du crétacé, le volcanisme intraplaque a permis la surrection de l’ensemble du bouclier touareg.


algerie_carte_zoom.jpgLe Hoggar est le plus important constituant du bouclier touareg, avec 550.000 km², en trois entités : occidentale, centrale et orientale … chacune de ces entités est constituée de plusieurs terranes.
 ( Un terrane est une accrétion de roches, sur une plateforme continentale ou un craton d'origine différente. Il s'agit en général de matériaux apportés par subduction. Ces matériaux proviennent soit d'arcs insulaires que la tectonique a déplacés (ex : arc taconique), soit de fragments détachés d'un continent par divergence (rift ouvrant un océan)

 

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The Tuareg shield. Distinction of major types of terranes (after Black et al., 1994; Liégeois et al., 2003). Localities of alkaline magmatism: post-collisional (595-525 Ma; Ba et al., 1985; Liégeois & Black, 1987; Liégeois et al., 1998); Devonian in Aïr (Moreau et al., 1994); Permian-Jurassic in Tadhak (Liégeois et al., 1991) and Cainozoic volcanism (drawn from a satellite photograph – Orthorectified Landsat Thematic Mapper Mosaics as compressed color imagery in MrSIDTM file format from Lizardtech). Gravity anomaly from Lesquer et al. (1988), Cretaceous troughs from Genik (1993).- Doc.J.P. Liégeois / Mantle Plume.

 

Liégeois identifie trois périodes principales pour le volcanisme du Hoggar :
1. Uniquement dans le district d’Anahef, et du Miocène supérieur à l’Oligocène : des basaltes tholéiitiques d’origine fissurale – 35 à 30 Ma et épaisseur de 600 mètres - sont intrudés par une douzaine de complexes circulaires subvolcanique, dont le complexe Achkal daté de 29 Ma, et le complexe circulaire Tellerteba, de 8 sur 5 km. Ces complexes sont recouvert par des rhyolites, datées d’environ 24 Ma.
2. Entre 20 et 12 Ma et 7 et 4 Ma, une deuxième période, la plus volumineuse, marque le district de l’Atakor. Les laves sont pour 80% des basaltes et 18% des trachytes et phonolites.
 3. De la fin du Pliocène au Quaternaire : des laves basanitiques et néphélinitiques sont émises dans les vallées de l’Atakor et recouvrent des terrasses du paléolithique, alors que dans les districts de Tahalra, Manzaz, Egéré et Adrar N’ajjer, les laves émises sont des coulées de basanite et hawaiite.


L’Atakor du Hoggar est un plateau érodé situé à plus de 2.000 mètres d’altitude,  d’un diamètre de 250 km., composé de coulées de lave. Sur ce plateau, se dressent des volcans avoisinant les 3.000 mètres. Le point culminant du massif est le Tahat (2.918 m.). Les paysages sont constités de pics, de dômes et d'aiguilles volcaniques d'uns sauvagerie intense : pic Ilaman (2740 m), plateau de l'Assekrem (270 m), aiguilles de Saouinan, Tidjmayene, Tezoulaig, Iharen et Adouada.


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                           Le massif du Hoggar - le volcan Tahat - photo Olivier Morice

 

A l’Assekrem, à 80 km. à vol d’oiseau de Tamanrasset, se trouve l’ermitage d’été de  Charles de Foucauld, un des nombreux ermites chrétiens du Sahara.

    
Le climat y est marqué par des écarts saisonniers de température importants, avec de rares pluies ; ces conditions climatiques, toutefois moins extrêmes que dans le reste du Sahara, ont permis l’installation de plantes et d’animaux, qui permettent de différencier ces montagnes du reste du sahara.

 

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tassili-N-ajjer---ALgerie---Abdallahdjabi.JPG                                             Tassili N'jasser - photo Abdallahdjabi


Le Hoggar est bordé respectivement au sud et au nord, par des montagnes appelées Tassili du Hoggar et Tassili N’ajjer. Tassili est un mot berbère qui désigne des plateaux gréseux au Sahara.
Sur toute sa surface se dressent des formations rocheuses fortement érodées émergeant des dunes de sables, qui évoquent de loin les ruines de villes antiques. Ces paysages lunaires ont été créé par l'érosion.


Le Parc national de l’Ahaggar est d'une richesse archéologique et historique inestimable, il abrite des sites archéologiques datant de 600.000 à 1 million d'années. Le Tassili suite à de grandes périodes de réchauffement, s’est transformé en un endroit inhabitable. De ce lieu jadis habité, comme en témoignent les gravures, peintures et écrits, ne subsistent que de surprenantes cathédrales de grès envahis par les dunes.

 

800px-Algerien_5_0049---gruban.jpg                                     Hoggar - peintures rupestres - photo Groban

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        Tassili N'jasser - gazelle couchée - gravure rupestre à Tin Taghirt - photo Linus Wolf.

 

A la suite de l’obligation d’abandon des essais nucléaires aériens dans le Sahara, la France a procédé, dans les années 60, à plus d’une dizaine de tirs en galeries dans le massif du Hoggar. Ces galeries, terminées en colimaçon pour bloquer le souffle des explosions par fusion des roches des parois, ont été fermées ensuite par une dalle de béton pour permettre un confinement (théorique) de la radioactivité. En 1962, un nuage radioactif  s’est échappé acidentellement de la galerie de tir ; cet épisode a été qualifié d’accident du Béryl. Après 1996, les essais se sont poursuivis dans les îles du Pacifique.

 

 

 

 

Sources :

- L.A.V.E. - fiches techniques

- The Hoggar swell and volcanism, Tuareg shield, central sahara : intraplate reactivation of Precambrian structures as a result of Alpine convergence - J.P. Liégeois / Mantle plume.org

- Global volcanism Program - volcans d'Afrique du Nord - link

- Le Sahara néolithique - link

 

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Tromelin est un îlot corallien de 1 km² situé à 560 kilomètres au nord ouest de la Réunion et de l’île Maurice. Il semblerait que Tromelin soit un ancien banc récifal, aujourd’hui émergé, qui s’est probablement développé sur un haut fond d’origine volcanique. Des fonds de près de 4000 mètres entourent cet îlot. Dépourvu d’eau et de ressources naturelles, il abrite actuellement une station météorologique.

 

tromelin---Ecomar.jpg                                     Iles Eparses - Tromelin - photo ecomar

L’île fut découverte en 1732 par le vaisseau ‘’ La Diane ‘’, commandé par Monsieur de la Feuille et fut baptisée ‘’ Ile des sables ‘’.

Elle ne serait resté qu'un îlot dangereux pour la navigation ... sans l'histoire navrante des "esclaves oubliés".


plan-Tromelin.jpg                       Carte ancienne de "l'isle de Sable", datant de 1761 - archives nationales.

Le 17 novembre 1760, le navire " L’Utile " quitte le port de Bayonne avec 132 marins à bord. Le trois-mâts est affrété par Jean-Joseph de Laborde pour le compte de la Compagnie française pour le commerce des Indes orientales.
Ce Jean-Joseph de Laborde est un personnage peu commun : banquier de Louis XV, première fortune de France, mécène des peintres Jean-Baptiste Greuze, Hubert Robert, Joseph Vernet, mais aussi négrier. Ce négociant est représentatif de son temps, dans la mesure où il se livre à la traite négrière avec une parfaite bonne conscience, allant même jusqu’à baptiser ses navires du nom de ses filles ou de ses amis.
"L’Utile" est sous le commandement du capitaine Jean de La Fargue, 57 ans. Après plusieurs mois de navigation, le navire atteint l’île Maurice en avril 1761. D’où il repart, en juin, pour Foulpointe, à Madagascar. La Fargue y fait embarquer des vivres et une centaine d’esclaves qu’il compte revendre à l’île Maurice, malgré l’interdiction formelle du gouverneur. En effet, celui-ci, craignant un blocus des Anglais, ne veut pas s’embarrasser de bouches inutiles.
Le 31 juillet 1761, une tempête terrible jette l’Utile sur les récifs de l’île de Tromelin. L’équipage parvient à rallier l’îlot sableux sans trop de mal, suivi par seulement une soixantaine d’esclaves, car les panneaux de la cale avaient été cloués.
Sur cet îlot désolé, l’ordre … et la ségrégation règnent : blancs et esclaves vivent dans des camps différents. Rapidement, le commandant fait construire une embarcation avec le bois arraché à l’épave. Une forge est même installée à terre.
Les 122 français ne restent que 2 mois sur la petite île avant de repartir en promettant de revenir chercher les 60 Malgaches. Mais il n’en fût rien : le gouverneur de Maurice, furieux contre La Fargue, qui avait désobéi à ses ordres, refusa de porter secours aux esclaves.
Seuls 8 esclaves survivants, dont un bébé de 8 mois, furent récupérés 15 ans plus tard, le 29 novembre 1776 par la corvette "La Dauphine", commandée par le Chevalier de Tromelin, lieutenant de vaisseau du Roi.. Le petit garçon sauvé des eaux sera rebaptisé Jacques Moïse (!), sans que l’histoire retienne si on a demandé l’avis de la mère et d’une de ses grand-mères, également survivantes, et dont l’histoire n’a retenu ni les noms, ni les témoignages.
Depuis cette époque, de nombreux naufrages eurent lieu, mais les hommes furent sauvés arec des canots ou recueillis par des bâtiments de guerre croisant dans les parages.

 

Tromelin-fous-a-pieds-rouges---B.Gysenbergh.jpgSeuls les oiseaux pélagiques et les tortues marines abordent Tromelin - ici, groupe de fous à pieds rouges - photo B. Gysenbergh.

 

P8243666--Large-.JPG     Des timbres pour les volcano-philatélistes , avec e.a. l'ancre de l'Utile coincée dans les coraux.


Le groupe de recherche en archéologie navale, le GRAN, a lancé sous le patronage de l’Unesco le projet « Esclaves oubliés » avec pour objectif de fouiller l’épave de l’Utile et retrouver des traces du séjour des naufragés et définir leurs conditions de vie. Trois campagnes archéologiques ont été menées en 2006, en 2008 et en 2010, sous la conduite de Max Guérout, Elles ont  révélé un mur de 1 mètre 60 de long et 50 centimètres de large qui témoigne de l’état d’esprit des survivants : ils avaient compris que leur séjour sur l’île allait durer. Le sol avoisinant a également livré des informations concernant leur alimentation. Il apparaît que les esclaves ont dû se nourrir principalement de tortues et d’oiseaux et que le feu a pu être conservé jusqu’à leur départ, grâce au bois de l’épave. Autre découverte importante : 6 récipients de cuivre qui, par leurs multiples réparations, démontrent la volonté des rescapés à faire durer leurs objets.

 

Tromelin_excavation.jpg                                          Fouilles archéologiques à Tromelin - doc. GRAN

 

Sources :

- GRAN - Tromelin - L'Utile, esclaves oubliés - les différentes campagnes archéologiques - link

- Université de La Réunion - Base de connaissances sur les coraux des Mascareignes - link

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Les îles Glorieuses, vues de l'ISS : à gauche, la Grande glorieuse - à droite, l'île du Lys - photo ISS002E6913 / Nasa.


Situées à l'ouest de Madagascar, entre la grande île et le continent africain, les îles Eparses du canal du Mozambique ont, malgré leur éloignement, des caractéristiques communes : période de découverte, utilisation ancienne par les pirates, importance actuelle pour la souveraineté sur les zones de pêche, géologie et formation. Elles ne sont pas visitables ; seuls des militaires ou des scientifiques les occupent.

 


 

erudit-erudit.cgq70.cgq1666.014890arf002n.pngLes zones économiques exclusives des îles de l'ouest de l'océan Indien et leurs frontières virtuelles - doc. l'Erudit.

 

grd.-glorieuse---B.Gysenbergh.jpg                     Les Glorieuses -  Grande Glorieuse - photo Benoît Gysembergh / Match

 

 

Les Glorieuses ont été découvertes tout au début du 16° siècle par un navigateur espagnol, le capitaine Juan de Nova, qui était au service de don Manuel 1er du Portugal. Utilisées occasionnellement comme refuge par les pirates, les Glorieuses sont restées inhabitées.

En 1879 un Français, Monsieur Caltaux, y fait escale. De retour à Nossy Bé, il demande au Ministre de la Marine et des Colonies de bien vouloir lui accorder la concession des Glorieuses. Ce dernier accède verbalement à sa requête en lui précisant toutefois que ce sera "à ses risques et périls..." et en avril 1882, Mr Caltaux fait flotter le drapeau de la France sur les Glorieuses. Il y revient trois années plus tard pour mettre en oeuvre son projet de plantation de cocotiers afin d'exploiter le coprah. C'est à cette époque que Mr Caltaux doit faire face aux revendications des Anglais, mais sûr de son bon droit il refuse de quitter l'île. Informé des prétentions britanniques, le gouvernement français affrète un navire de guerre "Le Primauguet" qui arrive sur zone et hisse le drapeau national sur l'île le 23 août 1892. Le 6 août 1896, le gouvernement français promulgue une loi notifiant aux puissances étrangères que "Madagascar et dépendances" sont une colonie française. Le 31 octobre 1897, la France par un acte officiel prend possession des Glorieuses, d'Europa et de Juan de Nova.

 

Ile-du-Lys---B.Gysenbergh.jpg                                Les Glorieuses - l'île du Lys - photo B.Gysembergh / Match


iles-glorieuses.gif

L’archipel des Glorieuses est formé d'un atoll allongé orienté dans le sens nord-est-sud-ouest. Il est composé d'un lagon intégralement fermé par une barrière de corail à l'exception de quelques passes et dans lequel se trouvent deux îles de sable corallien :
- l'île Grande Glorieuse de forme circulaire avec trois kilomètres de diamètre et située dans le sud-ouest du lagon.
- l'île du Lys de forme triangulaire avec 600 mètres de diamètre et située dans le nord-est du lagon.
La barrière de corail émerge en trois points :
- le Rocher du Sud, au sud de l'île Grande Glorieuse ;
- les Roches Vertes, entre l'île Grande Glorieuse et l'île du Lys ; et
- l'île aux Crabes (ou l’île aux Épaves), au nord de l'île du Lys.


Photographie-d-un-recif-corallien-fossile-affleurant-aux-il.png

                   Les Glorieuses - affleurement d'un récif corallien fossile - St Jorry / Ifremer.

 

Toutes ces terres émergées sont plus ou moins reliées entre elles à marée basse par un banc de sable.
Les îles cumulant une superficie de 7 km2 sont formées de dunes de sable calcaire d'origine corallienne et sont très basses, le point culminant de l'archipel étant constitué par une de ces dunes située dans le nord-est ou l'est de l'île Grande Glorieuse et culminant à douze mètres d'altitude. Le littoral des deux îles, qui totalise 35,2 kilomètres de longueur, est intégralement formé par une plage de sable.

 

Les timbres en provenance de ces îles reculées sont toujours appréciés des philatélistes ...

 

carnet_eparses_p4.jpgEn vedettes, le Noddi brun, le veloutier blanc et deux formations géologiques des Glorieuses: une vasque de rétention sur le platier, et un bout du récif corallien fossile à marée haute (voir photo ci-dessus).


Vue_aerienne_europa---Roger-Kerjouan-copie-1.jpg                                       Les îles Eparses - Europa - photo Roger Kerjouan

Europa :
Comme les autres îles du Canal, Europa a vraisemblablement été découverte par les marins de la Compagnie des Indes, dès le début du 16éme siècle, mais compte-tenu de son inhospitalité est restée longtemps délaissée, servant seulement semble-t-il, de repère pour les pirates fuyant la Marine Royale.
Souvent confondue avec Bassas da India, elle fut reconnue avec certitude en 1774, par le bâtiment anglais ‘’Europa’’ qui lui donna son nom.
Son rattachement à la France date du 9 août 1896, mais c’est un acte officiel du 31 octobre 1897, qui déclare expressément Europa, possession française après que le drapeau y eut été planté.
De 1903 à 1923, de petites colonies y ont vécu, notamment des familles réunionnaises, puis sans doute des seychellois. A cette époque, des tentatives d’exploitation de sisal et de tortues de mer pour leur écaille, ont semble-t-il été entreprises.

Total_internal_reflection_of_Chelonia_mydas_.jpgChélonia mydas, la tortue franche, appelée aussi tortue verte (du nom de la teinte verdâtre de sa graisse, et non de sa carapace acajou) a une espérance de vie comprise entre 60 et 100 ans. Son poids varie entre 90 Kg et 190 Kg pour une longueur qui va de 82 cm à 115 cm. Les jeunes tortues franches sont surtout carnivores (invertébrés, oeufs de poisson). Adultes, elles changent de régime alimentaire et passent de longues heures à brouter les herbiers sous-marins. photo FNPSA

 

L'île fut ensuite souvent visitée par des naturalistes de passage ou des bâtiments de la Marine Française qui en affirmaient la souveraineté. De nombreux naufrages ont eu lieu durant cette période.
Dès 1948, les météorologistes installent leur station d’observations, qui fonctionne de façon continue depuis.
Après avoir été attachée successivement aux provinces de Tananarive en 1921, Morombé en 1930, Nossy-Be en 1932 et Tulear en 1949, Europa dépend directement du Gouverneur de la république Française depuis 1960.
 

Juan-de-Nova---Nasa.jpg

                        Iles Eparses - l'île Juan de Nova - photo Nasa / meretmarine.

 

Juan de Nova :
En plein centre du Canal de Mozambique, Juan de Nova se situe par 17°03’ de latitude Sud et 42°42’ de longitude Est.
La forme de l’île rappelle vaguement celle d’une enclume, dont la largeur mesurerait environ six kilomètres et la hauteur deux kilomètres.
Située à cent cinquante kilomètres de la côte Ouest de Madagascar (Tambohoramo), soit à deux cents kilomètres dans l’Ouest-Sud-Ouest du Juan-de-Nova.gifCap Saint-André, cette île corallienne est recouverte d’une pellicule de sable blanc très fin.
Un vaste lagon, peu profond, entoure l’îlot, dont le point le plus élevé culmine à une douzaine de mètres.
Juan de Nova fut reconnue par le Capitaine du même nom dès 1501, mais fut longtemps délaissée en raison de son exiguïté, ne servant guère que de refuge aux pirates.
L’histoire rapporte la révolte ayant éclaté en 1870, alors qu’un bateau français y était mouillé dans le but de ramener à Port-Louis de l’huile de poisson. 
Juan de Nova fit partie des dépendances de Madagascar et successivement rattachée administrativement à la province de Tananarive (21 novembre 1921), puis au district de Maintirano (14 mars 1930) et à celui de Nossy-Be ( 16 juin 1932).
Le phosphate a été exploité à partir du guano dès la fin du 19ème siècle par des seychellois et en 1923, on estimait que cinquante trois mille tonnes de phosphate avaient été exportées depuis le début. L’exploitation par les Seychellois pris fin durant la dernière guerre mondiale, en 1940- 1941.

-Bassas da india - Nasa 2002                               Les îles Eparses - l'atoll Bassas da India - photo Nasa 2002.

 
Bassas da India :
Situé par 21°27’ Sud et 39°45’ Est, à cent cinquante kilomètres dans le Nord-Nord-Ouest d’Europa, l’atoll corallien de Bassas da India est en forme de couronne très régulière, découverte à marée basse et isolant alors un lac intérieur peu profond d’une dizaine de kilomètres de diamètre.
D’après une carte ancienne du géographe italien Coronelli, cette île aurait été découverte par le pilote portugais Gasparos Gonsalues. Particulièrement traître pour les navires faisant route, le récif de Bassas da India est à l’origine de nombreux naufrages, notamment de vaisseaux portugais du 17° siècle.
Comme Europa et Juan de Nova, la loi du 6 août 1896 attache l’île à la France, mais c’est l’acte officiel du 31 octobre 1897 qui fait foi du dépôt officiel du pavillon français; le 1° avril 1960, elles dépendent directement du gouvernement de la France.


 

Sources :

- TAAF- Les terres australes et antarctiques Françaises.

- Iles Eparses, les cailloux oubliés de la République - Match.

- Les îles Glorieuses - Légion étrangère.

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Publié le par Bernard Duyck
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                                          Iles Eparses - Europa - vue aérienne Roger Kerjouan.

 
Les îles Éparses sont des petites îles du sud-ouest de l’océan Indien situées autour de Madagascar.
On distingue cinq entités au sein de cet ensemble éclaté : l’île Europa, l’île
Bassas-da-India, l’île Juan-de-Nova, les îles Glorieuses (composées par l’île Grande Glorieuse et l’île du Lys), et enfin l’île Tromelin.


 

carte_ts_district-copie.jpg

         Situation des Iles Eparses au sein des TAAF - Terres Australes et Antarctiques Françaises

 

Elles sont toutes d’origine corallienne,comme en témoigne leur morphologie, sous forme d’atoll pour l’île Bassas-da-India, les îles Glorieuses, l’île Juan de Nova et l’île Europa, ou sous forme d'atoll surélevé pour l’île Tromelin.
Cumulant 44km² de superficie, le point culminant ne dépasse pas quelques mètres d’altitude.
Situées à des latitudes comprises entre 22° Sud pour l’île Europa et 11° Sud pour l’île du Lys des îles Glorieuses, les îles Éparses sont soumises à un climat tropical et situées sur la trajectoire des cyclones provenant du nord-est.

Ces îles de milieux coralliens ont une formation spécifique, en plusieurs étapes :
Atoll_forming---S.jpg1. Formation d'une île volcanique, avec l'émergence d'un volcan actif

2. Erosion du volcan et développement d'une ceinture corallienne, appelée "récif frangeant"
3. Subsidence relative de l'île volcanique sous son propre poids; après sa stabilisation, les coraux forment un deuxième récif frangeant. Le premier récif forme alors une "barrière" de corail.
4. Un nouveau stade de subsidence peut faire disparaître l'île, avec la formation d'un atoll, cercle de corail entourant un lagon (les courants marins amènent du sable à l'intérieur du cercle, formant à la longue des îlots)

 

Schémas S. Mayfield & S. Boore


Le volcanisme est lié dans le Canal du Mozambique au fossé d’effondrement (rift) qui a séparé Madagascar de l’afrique, il y a 65 Ma ou plus.

 

 

la zone au Crétacé moyen

                                                       Situation au Crétacé moyen.

 

Plusieurs programmes scientifiques ont eu lieu en 2011, dont l’un intitulé "Du manteau à la houle " vise au déploiement de stations sismologiques large bande, et à l'étude de la croûte et du manteau sous le canal du Mozambique, du manteau inférieur sous La Réunion et du panache sud-africain.

Ces stations sismiques étudieront aussi le bruit de fond microsismique lié à 1148-copie.jpgla houle dans l’océan Indien et son impact sur les îles : érosion lors de fortes houles, dégradation des récifs coralliens et influence sur las aquifères. Ce projet s’insère dans le projet RHUM-RUM (Réunion Hotspot and Upper Mantle – Réunion Unterer Mantel).


Des interrogations subsistent en effet quant à la connaissance du point chaud de La Réunion :  ce panache mantellique, à l’origine des Trapps du Deccan, il y a 65 Ma, puis d’une série d’îles (Laccadives, Maldives, Chagos, Rodrigues, Maurice et La Réunion), est demeuré stable durant quelques millions d’années, alors que les plaques tectoniques se mouvaient à son aplomb … Mais où a-t-il pris naissance ? Comment remonte-t-il vers la surface ? Ces stations sismiques nouvellement implantées permettront, en multipliant les points de vue, de l’imager en profondeur.
 "A la fin de 2011, explique Karin Sigloch – univ. Munich, nous disposerons de cinq points aériens à la Réunion, de 0 à 100 km, et d’une soixantaine en sous-marin, disposés selon des cercles concentriques à 100, 150 et 300 km de la Réunion, pour enregistrer les données de la surface jusqu’au noyau. " En 2012 seront également installées des stations sur l’île de Madagascar, à une distance de 660 à 2000 km du panache, afin de compléter celles installées cette année sur les Éparses, distantes de 1500 à 2900 km. Dans les prochaines, années, le manteau sous l’ouest de l’océan Indien devrait ainsi livrer ses secrets.

A suivre : détail des îles Eparses.

 

bloc-iles-eparses.1183041616                         Bloc reprenant une vue aérienne de chacune des îles Eparses. - doc.TAAF

 

Sources :

- Science & avenir : La science met le cap sur les îles Eparses.

- CNRS - Un mois dans les îles Eparses pour révéler le secret des récifs et des coraux

- Ifrecor - Les récifs coralliens d'outre-mer.

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Situées approximativement à  53°S 73°30’E., dans la zone des 50° hurlants, les îles sub-antarctiques Heard et Mc Donald constituent le plus proche voisinage des Kerguelen.

Perdues dans l’océan glacé, elles ne furent aperçues par le vaisseau marchand « Oriental », commandé par le capitaine John Heard qu’en novembre 1853.

Leur situation géographique très au sud dans les eaux froides de l’océan Antarctique, et dans une zone de mauvais temps persistant, conditionne la présence massive de glaciers et leur statut de point chaud biologique, caractérisé par une densité élevée d’oiseaux pélagiques et de mammifères marins … de grandes colonies de pingouins et de pétrels cohabitent avec les harems d’otaries à fourrure et d’éléphants de mer.

 

L'Angleterre a offciellement établi des prétentions sur Heard et Mc Donald en 1910, avant d'en transférer le gouvernement effectif, l'administration et le contrôle en 1947 au gouvernement australien.

Elles sont administrées par l’AAD – Australian Antarctic Division, bien que localisées à plus de 4.000 km au sud-ouest de l’île-continent.

 

Heard-island---Big-Ben-volcano---L.E.Large.jpg                               Heard island : le volcan Big Ben - photo L.E. Large

 

Heard island , longue de 40 km. sur 20, est constituée de deux structures volcaniques émergentes, posées sur le plateau des Kerguelen : la plus grande partie de l’île est constituée par le stratovolcan composite basalto-trachytique du volcan Big Ben, couvert de glaciers. Le Mont Dixon, forme la pénisule de Laurens et est relié par un isthme étroit au nord-ouest de l’île.

 

Heard-isl---GVP.pngCarte géologique de Heard island avec ses deux volcans principaux - Big Ben et Mt. Dixon - et leurs coulées récentes, ainsi que la position des cônes côté nord - doc. Barling 1990 / GVP.

 

L’historique du Big Ben est peu connue, étant donné sa large couverture glaciaire ; il culmine au pic Mawson, à 2.745 mètres, situé dans une caldeira de 5-6 km. de diamètre, ébréchée côté sud-ouest. De petits cônes de scories satellites sont situés sur la côte nord d’Heard.

 

Heard-isl.---Scarlet-hill-scoria-cone---Kata-Kiefer.jpg  Heard island , le cône de scories "Scarlet Hill" - photo Kate Kiefer / Commonwealth of Australia.


L’activité historique, observée de façon sporadique et incomplète, mentionne plusieurs éruptions sous-glaciaires affectant toutes le Mawson peak, dont 8 au 20° siècle ; le 21° siècle compte trois éruptions : de mars 2000 à février 2001, de juin 2003 à juin 2004 et la dernière , de mars 2006 à mars 2008.

 

Heard-isl.---09.11.2000.jpg

Heard island, le sommet du Mawson peak dégazant, le 09.11.2000 - photo Paul Scott / GVP.

 

 

 

Mc-Donald---Samarang-hill--et-Heard----R.Williams.jpgA l'avant-plan, les trois îles Mc Donald, avec Samarang hill fumant sur l'île principale - au loin, la blanche silhouette de Heard, dominée par le Mawson peak - photo Richard Williams / GVP.


Les îles Mc Donald sont située à 75 km. à l’ouest de Heard island. L’île principale est composée d’un plateau de tuff phonolytique en couches, recoupé de dykes phonolytiques et de dômes de laves.

La morphologie des îles a été fortement remaniée par les éruptions historiques ; des panaches de cendres ont été observés en décembre 1996 et janvier 1997. En mars 1997, l’équipage d’un bateau naviguant à proximité rapporte de possibles dépôts pyroclstiques, des coulées de lave et le fort dégazage d’un évent situé côté nord de Mc Donald.

Une image satellite prise en novembre 2001 montre que la surface de l’île a doublé en une année, unissant Mc Donald et Flat island , et que le point culminant du groupe insulaire s’est déplacé vers l’extrémité nord de l’île principale.

 

Mc-Donald-aggrandissement-1980-2001.jpgL'agrandissement de l'île Mc Donald entre 1980 et 2001 : à gauche, une photo prise d'hélicoptère en mars 1980 - à droite, une photo Landsat de novembre 2001, avec le report des contours antérieurs de l'île en vert - Courtesy of Geoscience Australia. 

 

Sources :

- Global volcanism Program - Heard

- Global volcanism Program - Mc Donald islands

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