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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Kerguelen---Lucia-Simon.jpg

                            Paysages grandioses des îles Kerguelen - photo Lucia Simon

 

 

Le plateau des Kerguelen, en majeure partie sous-marin, abrite les îles Kerguelen (TAAF) et les îles Heard et Mc Donald (Australian antarctic division).


Plateau-Kerguelen---Google-earth-copie.jpgLe plateau des Kerguelen et ses parties émergées : Les îles Kerguelen et le groupe Heard-Mc Donald - d'après Google earth.

 

Historique du volcanisme de la zone : d'après par André Giret, Dominique Weis, & al. -référence en sources.

 

- De 133 à 120 Ma: Dislocation continentale entre l'Australie et l'Inde d'abord (133 Ma), l'Australie et l'Antarctique ensuite (125 Ma). Les basaltes du Bunbury, au SW de l'Australie, se mettent en place et marquent le début de l'océanisation. Les parties continentales du Banc des Elans (EB) et du Sud du Plateau de Kerguelen (SKP) sont encore attachées à l'Inde. On peut comparer cette étape à celles qui caractérise l'actuel rift Est-Africain, la Mer Rouge et le Golfe d'Aden.

 

Geologie-des-Kerguelen04.jpg                                     D'après Géologie des Kerguelen - par A. Giret, D.Weis & al.


- De 120 à 90 Ma: L'expansion océanique se poursuit entre l'Inde, l'Australie et l'Antarctique. Les manifestations du point chaud de Kerguelen conduisent d'abord (120-110 Ma) à la formation du Sud du Plateau de Kerguelen (SKP), des trapps de Rajmahal en Inde, et de lamprophyres en Antarctique, ainsi qu'à la séparation entre l'Inde et le banc des Elans, puis ensuite à la formation de la partie centrale du Plateau de Kerguelen (105-100 Ma) et à celle de Broken Ridge (100-95 Ma).

- De 90 à 40 Ma: Le point chaud de Kerguelen produit la ride du 90° Est (Ninety East Ridge) et du Skiff Bank (SB) tandis que l'Inde poursuit sa dérive ves le Nord. La ride Est-Indienne s'individualise.

- De 40 à 25 Ma: L'expansion océanique s'active. La dorsale Est-Indienne s'individualise entre Broken Ridge et la partie nord du Plateau de Kerguelen, qui dorénavant n'appartiennent plus à la même plaque. Le point chaud produit la partie Nord du plateau de Kerguelen puis les îles Kerguelen proprement dites qui bénéficient aussi des magmas générés par l'ouverture océanique (MORB).

La poursuite de l'édification des îles Kerguelen, soumises à la fois à un magmatisme tholeiitique typique de ride océanique (MORB) et à un magmatisme de point chaud (OIB), donne un ensemble hybride défini par les suites tholéiitiques transitionnelles (Frey et al., 2000). Au cours de cette étape, la croûte s'épaissit, en particulier par le sous-placage de matériaux mantelliques à l'interface croûte / manteau (Grégoire et al., 1998).

- De 25 Ma à aujourd'hui : Les îles Kerguelen sont franchement en position intraplaque et ne subissent plus que le magmatisme alcalin associé à leur point chaud (Giret, 1990). Les dernières manifestations magmatiques importantes ont été datées à moins de 30.000 ans, certaines coulées apparaissent mêmes historiques compte tenu du recouvrement des moraines les plus récentes (Gagnevin et al., sous presse) et l'on n'observe plus à présent que quelques fumerolles (Delorme et al., 1994).

 

Penrose-98-Melt-Production.gifProduction basaltique en km³/an du panache des Kerguelen de 130 Ma à aujourd'hui - doc. Penrose 98


Le déplacement des îles Kerguelen vers le Sud par rapport à la ride est-indienne s'est effectué à une vitesse calculée variant de 2 à 3,4 cm/an (Schlich, 1975) selon les époques, ce qui s'accorde à peu près avec la distance parcourue à partir de la dorsale actuelle, environ 1500 km en 40 Ma.

 

AGU-20Fall-2097-20Gen-20V.gifSituation du plateau des Kerguelen et de Broken ridge par rapport à la dorsale est-indienne - doc. ODP drilling sites

 

Kerguelen, la plus grande des îles sub-antarctiques, possède un espace côtier extrêmement développé, taillé par de nombreux fjords profonds : 2.800 km. de côtes pour une surface de 7.215 km². Son paysage est similaire à celui de l’Islande ; l’intérieur est parsemé de lacs et d’étangs recoupant des reliefs variés.

 

cote_de_la_grande_terre---IPEF.jpg              Kerguelen - côtes de la Grande Terre - photo


L’île principale, la Grande Terre, est entourée de plus de 300 îles et îlots satellites, tous proches, à l’exception des Iles Nuageuses et Leygues au nord et de quelques îlots au sud. Sa partie occidentale est surmontée par la calotte glaciaire de Cook qui s’étend sur 550 km². Le Mont ross, un volcan haut de 1850 mètres, en est le point culminant.

 

Kerguelen_Map--varp.png                     Carte des Iles Kerguelen aux côtes dentelées - doc.  TAAF / Varp.


kerguelen_pNL1_r.jpgLes côtes sont découpées de grands golfes, au noms bretons : le golfe du Morbihan, la baie d’Audierne, la baie de Choiseul… en honneur de son découvreur, le navigateur breton Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec.

Billet de banque des Kerguelen, portant l'effigie du découvreur et une image de Port-aux-Français.

Des baies secondaires et des fjords complètent ces découpes.

Cette morphologie unique reflète à la fois leur origine magmatique et une forte érosion glaciaire. La majeure partie des formes géologiques visibles sur les îles sont caractéristiques d'un volcanisme effusif de type trappéen dont la mise en place au-dessus du niveau de l'océan a débuté il y a 35 millions d'années. L'accumulation est considérable : les coulées basaltiques épaisses chacune de 3 à 10 mètres se superposent parfois sur plus de 1 200 mètres. Ce type de volcanisme donne un relief monumental en forme d'escaliers ou de pyramides.

 

Localement d'autres formes volcaniques sont présentes, notamment le volcan de type strombolien que constitue le mont Ross et le complexe volcano-plutonique de la péninsule Rallier-du Baty. Les injections et extrusions de laves différenciées (trachytes, trachy-phonolites, phonolites) sont également fréquentes un peu partout.

 

 

Kerguelen-349.jpg                            Entablement phonolytique - photo site Iles Kerguelen.


Aucune activité éruptive n'a été observée historiquement mais des fumerolles sont toujours actives dans le sud ouest de la Grande Terre.

 

Arche-des-Kerguelen---Panoramio-Lloulhy.jpg

 

 

NaturalArch-copie-1.jpgL-arche-des-kerguelen-de-JP-Kauffman.jpgCi-dessus, l'arche des Kerguelen, dans son état actuel. Photo LLoulhy /Panoramio

 

A gauche, Timbre des TAAF. : l'arche dans son état initial avec le voilier "Terror" en 1840.

 

A droite, couverture du roman de J-P. Kauffman, "L'arche des kerguelen".

 

Elles sont éloignées de plus de 3.300 km de la terre habitée la plus proche et balayées en permanence par des vents forts ce qui leur confère un important potentiel en matière d'énergie éolienne. Elle connaissent un climat océanique froid mais non glacial.

 Jusqu'au début du XXe siècle, les chasseurs de phoques et de baleines ont fréquenté l'archipel et en ont massacré la faune. Les populations animales se sont aujourd'hui reconstituées et les côtes accueillent à nouveau de nombreuses colonies de reproduction d'oiseaux marins (albatros, manchots, pétrels, etc.) mais aussi d'éléphants de mer et d'otaries.

 

Sources :

- Mantle sources and the highly variable role of continental lithosphere in basalt petrogenesis of the Kerguelen plateau and Broken ridge L.I.P. - by C.R. Neal, J.J. Mahoney and W.Chazey.

- L’Archipel de Kerguelen : les plus vieilles îles dans le plus jeune océan
par André Giret, Dominique Weis & al.

- Kerguelen voyages - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les îles Amsterdam et Saint-Paul figurent parmi les îles les plus isolées au monde, situées à plus de 3.000 km. de tout continent, à mi-route entre l’Afrique du sud et l’Australie.

 

Leur climat est un climat océanique tempéré (13,5°C en moyenne) mais très venteux et pluvieux. Situées au-dessus de la zone dite de convergence antarctique, séparation des eaux chaudes de l'Océan Indien et froides de l'Océan Antarctique, les îles ne connaissent pas de neige ou de gelée.

Aucune population résidente ne vit sur ces îles mais une base scientifique permanente, la base Martin-de-Viviès, est installée sur l'île Amsterdam et accueille sans discontinuer depuis 1949 des missions successives qui comptent entre 23 et 35 personnes selon la saison.

 

taf9901b.jpg

               Timbre commémorant le 50° anniversaire de la base scientifique d'Amsterdam - 1999.


Il n'y a en revanche pas de présence humaine permanente sur l'île Saint-Paul, qui n'est visitée que lors de brèves expéditions scientifiques ou écologiques.

 

Dorsale-est-indienne---ac-nancy-metz-copie.jpgSituation des îles Amsterdam et Saint-Paul sur la dorsale est-indienne - doc. ac-Nancy-Metz.

 

Geologie-de-St.jpgCes deux îles sont localisées sur la dorsale étroite est-indienne, entourée de grandes profondeurs (plus de 3.000 m.), séparant les océans Indiens et Antarctique.


Cadre géodynamique des îles St. Paul et Amsterdam
Détail du plateau d’Amsterdam – St. Paul.


Lignes doubles: axe de la ride Est-Indienne.

Lignes pleines: failles transformantes.

Tiretés: lignes de crête de la dorsale océanique. (d'après Nougier, 1982).

 

 

AmsterdamIsl_Map---Varp.png

 

 

 

 

 

 

 

 

Ile Amsterdam - doc. TAAF / Varp.

 

Amsterdam est une île ovale, de 8 km. sur 6, culminant à 881 mètres ; c’est un volcan constitué de laves et scories basaltiques, provenant de la dizaine de cratères rencontrés sur l’île ; les deux principaux sont le Mont de la Dive (867 m.) et La grande Marmite (730 m.). 

A Amsterdam, seulement 5 % du paléo-volcan, le Mont Fernand, est visible. Il occupait le sud-ouest de l'île et la coupe faite dans son flanc à la Pointe d'Entrecasteaux, montre qu'il est constitué de brêches basaltiques injectées de dykes, le tout étant surmonté par des coulées de laves monotones.

Le néo-volcan de la Dives est dû à une migration de deux km vers l'est-nord-est du réservoir magmatique. Son activité a entièrement nappé les flancs du paléo-volcan, colmatant notamment sa caldeira, le plateau des Tourbières. Le cône sommital est caractérisé par une petite caldeira de deux km de diamètre qui s'est vidée vers le nord au cours de trois phases successives. De grandes fractures radiales sont ponctuées d'une vingtaine de cônes scoriacés étagés depuis le sommet (Museau de Tanche) jusqu'à la base de l'île (cratères Dumas) dont l'activité semble très récente (une à deux centaines d'années).

Avant les derniers épanchements du volcan de la Dives, de grands effondrements selon des axes de failles nord-est/sud-ouest et nord-ouest/sud-est ont éventré le paléo-volcan. On peut estimer que malgré l'absence de phénomènes post-volcaniques, Amsterdam est un volcan qui doit être considéré comme potentiellement actif.

Des données paléomagnétiques suggèrent une formation de l’île au cours des derniers 690.000 ans.

 

La partie occidentale de l’île est bordée de hautes falaises, de 400 à 700 mètres de haut, la partie orientale descend de manière plus adoucie vers la mer, mais le seul accès possible se trouve au nord, où s'est installée la base Martin de Viviès.

-Phylica_arborea-s.-Amsterdam---B.Navez.JPG

                               Ile Amsterdam - Phylica arborea - photo B. Navez.

 

La végétation naturelle des îles est de type herbeux, plus ou moins dense. L'île d'Amsterdam est la seule île des TAAF où l'on trouve une espèce d'arbre, le Phylica arborea, plus présent sur le versant Est de l'île. En 1726, la forêt de Phylica couvrait 1.500 ha , dense au point d’être impénétrable … en 1875, elle ne couvrait plus que 250 ha, et en 1980, il ne restait que quelques arbres.

Cette forêt a faillit disparaître, sous l’action combinée de feux générés par la dernière éruption, et surtout la présence de vaches sauvages, descendant d’un élevage tenté au 19°siècle. Jusqu’en 2010, il subsistait 600 têtes, qu’on a supprimé maintenant. Depuis on a replanté 7.000 arbres issus de graines.

Albatros_a_bec_jaune---Vincent-Legendre.JPGLe Philica arborea se retrouve aussi sur l’île Cought, de l’archipel de Tristan da Cunha, fort éloigné … Le transport de ses graines par l'albatros à bec jaune (Diomedea chlororhynchos - Thalassarche chlororhynchos) pourrait expliquer cette parenté à longue distance.

 


St-Paul-et-Amsterdam---Lucia-Simon.jpg

                                                 L'île Saint-Paul - photo Lucia Simon.

 

expe.-SMS-Gazelle---ph.NOAA-Library.jpgL'île Saint-Paul, sur une gravure de l'expédition du S.M.S. Gazelle, un navire Prussien, en 1874-76 - doc. NOAA Library.


L’ile Saint-Paul, de forme triangulaire , est située à 80 km. au sud de l’île Amsterdam.

C’est un ancien cône de tuff, surmonté d’un stratovolcan basaltique, coiffé d’une caldeira de 1,8 km. de diamètre.

StPaul_Map---Varp.pngUne moitié de la partie nord-est du volcan s’est effondrée en mer , suivant une faille orientée N-O. La caldeira centrale ainsi ébréchée, laisse une baie profonde de 80 m. et large de 1.000 m., connectée à l’océan par un chenal d’une profondeur de quelques mètres.

Des zones géothermales sont situées le long du pourtour de la baie, ainsi que sur le bord de la caldeira, à 268 m. de haut.

La seule éruption historique est datée de 1793, originaire d’un évent sur le bas-flanc SO.

 

Ile Saint-Paul - doc. TAAF / Varp.

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Amsterdam island

- Global volcanism Program - St. Paul

- Les îles Amsterdam et Saint-Paul - par S. Doucet & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Les îles Crozet sont situées entre les latitudes 45° 95’ et 46° 50’ Sud et les longitudes 50° 33’ et 52° 58’ Est, entre Madagascar et l'Antarctique. Le climat est sub-antarctique, très venteux - incorporé à la laimite des 40°rugissants et les 50° hurlants, les vents y dépassent les 100 km/heure  cent jours par an - , pluvieux et froid, avec une température moyenne de 5°C.

 

Structurellement, on distingue un plateau sous-marin localisé sur le flanc Est de la dorsale sud-ouest indienne, au niveau des anomalies magnétiques 30 et 31. Ce plateau, que matérialise l'isobathe des 2000 mètres, est recouvert par des dépôts de sédiments bien stratifiés identifiés grâce aux anomalies magnétiques 29 au Nord et 31-33 sur le Banc de Crozet, ce qui conférerait au plateau un âge de 54 millions d'années environ.

 

800px-Crozet Map                                  Carte de situation des îles Crozet - doc. Varp


L'archipel est divisé en deux groupes distants de 110 km. environ.

Le groupe oriental est représenté - d'Est en Ouest - par l'île de l'Est, la plus ancienne, puis l'île de la Possession.

Le plateau occidental comprend le volcan de l'île aux Cochons, le plus récent, et aussi au Nord-Est, l'alignement des récifs des Apôtres et au Sud-Est les Pingouins qui sont les deux reliques d'appareils probablement les plus anciens qui ont été démantelés dans leur quasi-totalité par l'érosion marine. Les Apôtres ont été datés entre 5,5 et 2,6 millions d'années soit le Mio-Pliocène.

 

Île ou groupe Superficie
(km²)
Point
culminant (m)
Coordonnées
Groupe occidental
Île aux Cochons 67 Mont Richard-Foy (770) 46°06′S 50°14′E
Île des Pingouins 3 Mont des Manchots (340) 46°27′S 50°23′E
Îlots des Apôtres (1) 2 Mont Pierre (289) 45°58′S 50°27′E
Groupe oriental
Île de la Possession 150 Pic du Mascarin (934) 46°24′S 51°46′E
Île de l'Est 130 Mont Marion-Dufresne (1050) 46°26′S 52°18′E
Îles Crozet 352 Mont Marion-Dufresne (1050) 45°57' à 46°29'S
50°10' à 52°19'E

(1) groupe de deux îles principales (Grande Île et Petite Île) et 20 roches de pinacle

 

 

ile-crozet- Laurent besnard TAAF                         Paysage des îles Crozet - photo Laurent Besnard / TAAF

 

La volcanologie des trois volcans principaux, l’île de l’Est, l’île de La Possession et l’île aux cochons, a été comparée tant sur le plan chronologique que sur celui de leur composition des laves. On distingue trois cycles volcaniques principaux :  

-  le premier cycle correspondrait aux phases 1 et 2 du volcanisme. Il a été identifié dans le soubassement de l'île de l'Est et dans l'Ouest de l'île de la Possession datée du Miocène (8,7 millions d'années). La phase 2 représentée par des épanchements variés de laves sub-aériennes, surmonte en discordance la phase 1 et s'est mise en place entre 5 et 2 millions d'années, soit le Pliocène.

-  le second cycle correspondrait aux phases 3 et 4 du volcanisme et est présent sur les trois îles. Ses épanchements de laves basaltiques et pyroclastites ont été évalués entre 1 et 0,5 million d'années, soit le Pléistocène.  

 

-  le troisième cycle ou phase 5, a produit les nombreux petits cones scoriacés de l'île de la Possession et des Cochons, ainsi que ceux, en nombre plus réduit, de l'île de l'Est. Leur âge est évalué entre 200.000 ans et nos jours.

 

 

L'exploration volcanologique de l'île de la Possession a été réalisée en 1981 par Luc Chevallier.

L'île est un strato-volcan qui s'est édifié au cours d'au moins 5 phases d'activité.

 

Possession - v structure geol                     Carte géologique simplifiée de l'île de La Possession  - L. Chevalier 1982

                      Les numéros et couleurs correspondent aux phases d'activité.


Son centre éruptif est actuellement localisé à l'Ouest (cap de l'Héroïne) où des panneaux faillés et redressés, travaillés par l'érosion marine sont en discordance avec le pendage général du volcan.

Cette première phase (1), la plus ancienne, est formée de hyaloclastites palagonitisés interstratifiés avec des niveaux de fossiles marins (pecten, moule) témoins d'une activité sous-aquatique.

La deuxième phase (2) est visible dans les fonds de vallées et correspond à une activité sub-aérienne d'épaisses coulées de basaltes se terminant par une activité plus explosive de pyroclastites. Des réseaux de dykes annulaires recoupent la phase 2 dans sa totalité. Cette activité se situe entre 9 et 1,3 million d'années.  

La troisième phase (3) s'est déposée après érosion de la surface des laves de la phase 2. Elle débute par un conglomérat basal suivi de pyroclastites interstratifiées de fines coulées de lave et de sills devenant plus abondants vers la fin du cycle. Ces produits ont été amenés par des séries de dykes radiaux centrés sur l'Ouest de l'île. Cette phase s'est déroulée entre 1 et 0,5 million d'année (Pléistocène).

La quatrième phase (4) constitue les entablements d'une dizaine de mètres d'épaisseur couronnant les plateaux. La lave provient de dykes regroupés en un système de rift de direction NW-SE dont les injections rapprochées d'une dizaine de mètres traduisent une extension majeure de la croûte océanique à cette époque. Cette phase a été suivie par une période glaciaire synchrone de celle de l'île de l'Est qui a façonnée notamment la vallée des Branloires.

La phase terminale (5) est représentée par des cônes de scories (mont Branca par exemple et surtout la zone du mont des Cratères) alignés selon les dykes et fractures du volcan primitif. Elle aurait moins de 100.000 ans.

Les laves correspondent à une série de basaltes alcalins et leurs dérivés émis soit sous l'eau (phases 1 et 2 partiellement) soit à l'air libre (autres phases). On note des laves provenant de cumulats d'un réservoir magmatique (ankaramites) et quelques laves de différentiation comme la phonolite du dôme du La Pérouse (début phases 3).


L'étude volcanologique de l'île aux Cochons a été effectuée en 1981 par G. Boudon.

 L'île aux Cochons est un strato-volcan de type central (comme le sont les îles Amsterdam et Saint-Paul). L'appareil s'est édifié au cours de deux phases d'activité dont les foyers se trouvaient au centre et à la verticale de l'édifice actuel.

 

Crozet - Ile aux cochons copie-copie-1                                                        L'île aux Cochons - doc. TAAF


La phase ancienne est représentée par des dépôts de 400 m d'épaisseur de brêches phréatomagmatiques intercalées de coulées de lave d'un mètre d'épaisseur. Ces formations s'observent le long de falaises de faille orientées à l'ENE-WSW au Nord de l'île (Les Cinq Géants) et au SSE-NNW au Sud de l'île (Pointe Sud).

La phase récente s'est produite après la tectonique de faille décrite ci-dessus, de telle manière qu'elle la scelle. Il s'agit de coulées laviques issues du cratère central (mont Richard-Foy) qui est une petite caldeira axiale ouverte sur le Sud. Ultérieurement, uns soixantaine de cônes de scories se sont alignés selon des fractures radiales. Certains de ces cônes adventifs ont une structure de maar avec des dépôts de hyaloclastites. Ce volcanisme récurrent à moins de 5.500 ans. Il doit être rapproché de celui de l'île de la Possession, aussi abondant, et de celui de l'île de l'Est, beaucoup moins présent.

L'importante récurrence volcanique récente de l'île aux Cochons classe cette île parmi les volcans potentiellement actifs.

 

crozet manchotière - Univ.StEtienne                                  Manchottière des îles Crozet - photo Univ. St. Etienne

 

La première reconnaissance volcanologique de l'île de l'Est a été effectuée en décembre 1975 et janvier 1976 par Jean Lameyre et Jacques Nougier, avec un support hélico Alouette II de l'Armée de l'Air. L'île de l'Est est le reliquat d'un puissant strato-volcan fortement érodé par les glaciers quaternaires.

 

Crozet - ile de l'est - JP Langer Monaco copie                                     Ile de l'Est - carte JP. Langer / TAAF


Le centre de l'appareil coïncide avec le centre de l'île. Son cœur (région du col des Rafales) est constitué par des brêches et dykes ayant subi un léger métamorphisme (épidote) injectés de roches plutoniques de type gabbro-diorite, mis en place il y a 8,75 millions d'années (Miocène).

Dessus et en discordance, reposent d'épais niveaux d'agglomérats sur plus de 1000 mètres d'épaisseur (2° et 3° phase). Ces agglomérats sont armés par un réseau dense de filons et dykes qui constituent les reliefs déchiquetés des Monts Duclesmeur et Lesquin. La phase troiss'achève il y a environ 1 million d'années (Pléistocène) par des émissions de laves basaltiques dont la composition varie de l'hawaiite à l'océanite.

L'activité terminale (phase 4) se caractérise par des cônes stromboliens (notamment au Mont Marion). Elle est évaluée à moins de 200.000 ans (certains appareils à moins de 5.500 ans) c’est-à-dire contemporaine ou postérieure à la grande glaciation de calotte qui a recouverte l'île de l'Est, comme l'est aujourd'hui l'île Bouvet dans l'Atlantique Sud.

Cette glaciation a profité du réseau de failles et de dykes, de la nature friable des agglomérats pour modeler des vallées abruptes et courtes. Les falaises qui protègent l'île de toutes parts, sauf aux débouchés des vallées glaciaires, témoignent d'une intense érosion littorale.

En regard à son histoire volcanologique récente, on peut considérer l'île de l'Est comme potentiellement active, mais à un degré moindre que peut l'être la Possession ou les Cochons.

 Les séries de laves s'échelonnent chimiquement des océanites, ankaramites aux basaltes feldspathiques et hawaiites, c’est-à-dire qu'elles correspondent au fractionnement de laves alcalines issues d'une différentiation partielle et sous faible pression du manteau océanique.

 

                              Gorfou doré - Eudyptes chrysolophus - photo S. OuachéeEudyptes chrysolophus- Gorfou doré -Macaroni penguin - ph.

Les îles Crozet abritent quatre espèces de manchots, surtout des gorfous dorés (4 millions d’individus, également appelé gorfou macaroni) et des manchots royaux (sous-espèce patagonicus). Le gorfou sauteur et le manchot papou sont également représentés.

Parmi les autres animaux vivant sur les îles Crozet, on trouve d'autres oiseaux marins : pétrels (pétrels géants, pétrels à menton blanc, petits pétrels), albatros (albatros hurleurs, albatros à tête grise, albatros à sourcils noirs, albatros à bec jaune, albatros fuligineux), skuas, goélands dominicains, et des mammifères marins : otaries, éléphants de mer, orques.

 

Sources :

- Les auteurs des articles sur la volcanologie référencés pour chaque île.

- Géologie des îles Crozet - A. Giret & al. - link

- L'archipel des Crozet - Ile de La Possession - link

- Ornitomédias - Les oiseaux de La Possession - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

378916_2357381976131--olivier-Duriez-facebook.JPG

                            Paysage des Terres australes - Iles Kerguelen - photo Olivier Duriez


Le Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises, communément appelé TAAF, constitue depuis la loi du 6 août 1955, un territoire d'outre-mer de la France, actuellement composé de cinq districts.

Trois d'entre eux sont subantarctiques et situés dans le sud de l'océan Indien : les Kerguelen, les îles Crozet et les îles Saint-Paul et Amsterdam. Un quatrième est composé d'îlots, pour la plupart dans le canal du Mozambique, les îles Éparses. Le cinquième est une portion du continent antarctique, la Terre Adélie.

 

TAAF-fr Aotearoa                  Les TAAF , les Terres Australes et Antarctiques Françaises - doc. Aotearoa

 

Les terres australes ont été annexées aux 18°- 19°siècles.

L'archipel des Kerguelen fut découvert en 1772 par Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec, et quatre ans après par James Cook.

Nicolas Mario-Dufresne découvrit en 1772 l'archipel de Crozet, du nom de l'officier en second, Julien Crozet, qui y débarqua pour en prendre possession au nom de la France.

L'histoire des îles Saint-Paul et Amsterdam est liée, suite à leur proximité géographique sur l'ancienne route maritime des Indes. L'île amsterdam est mentionnée dans le journal de l'expédition de Magellan, aperçue en 1522 par le basque Juan Sebastian Elcano. Saint-Paul apparait en 1599 sur une carte portugaise sous le nom de Nao Sao Paulo.

En 1892, le navire "Le Bourbonnais" reprend possession des deux îles au nom de la France ; elles seront rattachées en 1924 à Madagascar, alors colonie Française.

 

DGALN carte-rnf-credit-taaf

  Les districts des Terres australes : les îles Crozet, les îles Kerguelen, l'île saint-Paul, l'île Amsterdam - Doc. site TAAF.


Les trois Districts des Terres australes (îles Crozet, îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam) sont tous caractérisés par leur environnement océanique, situés entre les 40° rugissants et les 50° hurlants, et leur nature volcanique :

  • Saint-Paul et Amsterdam sont situés sur la dorsale Est-Indienne ;
  • les îles Crozet sur un plateau océanique sur le flanc Est de la dorsale Ouest Indienne ;
  • les îles Kerguelen sur un vaste plateau asismique entre les deux branches de ces dorsales.

Ces données fondamentales induisent les caractéristiques spécifiques (nature, environnement, géopolitique, économie) de ces terres.

 

lavas-from-Afanasy_Nikitin-rise-and-crozet1.jpg

 

Carte simplifiée avec les limites de plaques (Africaine - Antarctique - Australienne et Indienne) et diverses structures de l'Océan Indien (Afanasy-Nikitin Rise  - CMLR 5 Chagos-Maldive-Laccadive Ridge  - 90ER 5 Ninetyeast Ridge - 85ER 5 85°E Ridge.) - d'après Curray & Munasinghe / J.J.Mahoney

 

Dans chacun de ces districts, où il n'y a pas de population permanente, il existe une base à vocation scientifique. L'administration des TAAF est responsable de la gestion fonctionnelle de ces bases ; l'IPEV – l’Institut polaire Français Paul Emile Victor -  assure quant à lui la responsabilité des programmes scientifiques qui y sont développés.

 

 

Les îles françaises de Crozet, Kerguelen et Saint-Paul et Amsterdam abritent la diversité spécifique d’invertébrés et de plantes la plus importante des îles subantarctiques.

Les vertébrés sauvages y constituent les biomasses les plus riches de la planète. Plantes et animaux présentent des adaptations originales développées au cours de plusieurs millions d’années d’évolution dans un isolement total, au sein de l’océan austral, à des milliers de kilomètres de tout continent.

 

marion dufresne - TAAFLe navire océanographique "Marion Dufresne " , seule desserte des îles Australes - doc. site TAAF.


La desserte des bases subantarctiques est assurée par le "Marion Dufresne", navire océanographique, à partir de l’île de La Réunion. Les relèves ont lieu tout au long de l'année, mais l'activité logistique est la plus intense en été austral. D'autres navires que le Marion Dufresne fréquentent ces îles, le plus souvent en liaison avec les activités de pêche entreprises dans les zones économiques exclusives (ZEE) des Taaf.

 

Sources :

- TAAF - Territoire des Terres australes et Antarctiques Françaises - link

- IPEV - Institut polaire Français Paul Emile Victor - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Nous avons parlé en décembre de l'archipel de Tristan da Cunha, dans l'Atlantique sud, et de l'île de la Désolation, qui a dû être abandonnée en 1961 suite à la dernière éruption de son volcan.

 

112076

 

Un lecteur m'a fourni une référence bibliographique intéressante à ce H.-Bazin---les-bienheureux-de-la-desolation.jpgsujet : "Les bienheureux de la désolation" , écrit par Hervé Bazin et paru en 1970.

 

Son récit, bâti sur l'histoire véridique des 264 habitants de Tristan, relate l'éruption depuis ses prémices, jusqu'à l'évacuation des habitants qui furent rapatriés en Angleterre. Outre cette première partie, fort intéressante et qui se lit comme un policier, le roman parle aussi du choc des cultures attendant cette population restée à l'écart du monde durant plus d'un siècle, coupée des avancées scientifiques et techniques.

Elle n'a pu se faire à la société de consommation qui lui était proposée et regrettant leur mode de vie calme et communautaire, les évacués voulurent regagner leur village ravagé, sous le cratère encore fumant.

Le roman, paru peu après les évènements de mai 1968, philosophe sur les relations entre l'homme et le progrès.

Une critique du roman par un journaliste anglais, R.W. Deacon, est reprise en page de garde :

"A l'heure où partout la jeunesse conteste notre société, le refus de la communauté de Tristan, retournée à son rocher dévasté (à quinze pour cent près, tout de même), est il significatif ? L'inadaptation, la nostalgie se mêlent en cette affaire aux exigences de la liberté, au goût d'une vie proche de la nature, au rejet de nos superflus. Le plus étonnant, c'est qu'après avoir pu crier non à notre société, les insulaires aient pu, sans se trahir, dire oui à la technique et se transformer en sages de la modernité!  "

 

Intéressante description de cette île volcanique, de ses habitants et de leur relation à la civilisation moderne ... à lire !

 

Quelques timbres qui illustrent cet épisode éruptif dramatique et l'évacuation des îliens :

 

201127-Volcano-Pt1-25p.jpg201127-Volcano-Pt1-35p.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

201129-Volcano-Pt1-2.00p-sheetlet.jpgDoc. Tristan Post Office / Tristandc.com - 1961 Volcano Series - Part 1
(50th Anniversary of the eruption & evacuation) - Issue date: 10th October 2011

 

Sources :

- Site officiel de Tristan da Cunha - link

- Sur ce blog : L'archipel Tristan da Cunha, l'île Tristan - link  

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Publié le par Bernard Duyck
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Barren-island---1991---D.Haldar-GSI.jpg                        Barren island - éruption en 1991 - photo D. Haldar / GSI.

 

Un récent reportage sur les îles Andaman, un territoire dépendant de l’Inde, a remis en lumière le seul volcan actif que possède ce sous-continent : Barren island.

 

de-Seth---al.-2009-GVP.jpgTectonique du la région avec situation de l'arc volcanique et des iles Andaman - Siebert, and others, 2010-  Taken from Sheth and others (2009) and from BGVN 36:03.

 

2911and1.jpg         Situation géographique de B - Barrenisland, N - Narcondam island, et Baratang island.

 

Barren island fait partie d’un arc volcanique s’étendant entre Sumatra et le Myanmar. Cet arc double la fosse Sunda-Banda et la fosse des Andaman, avec une zone d’expansion en mer des Andamans, reliant la faille de Sumatra à la faille de Sagaing.

 

Barren-island---Haldard---al.-GSI.pngSituée à 135 km au nord-est de Port Blair dans les îles Andaman, cette petite île , à l’aspect aplati, est en fait le sommet d’un stratovolcan de plus de 2500 m. de hauteur. Elle est inhabitée et culmine à 354 m. ; son sommet est occupé par une caldeira de 2.000 mètres de diamètre, dont les parois hautes de 250-350 m. s’ouvrent à l’ouest sur la mer. Elle fut créée au Pléistocène lors d’une éruption explosive majeure qui a produit des coulées et surges pyroclastiques.

 

Carte géologique avec les coulées de 1991-1995. from Haldar and others (1992); courtesy of the GSI.


Les éruptions historiques, répertoriées à partir de 1787, ont formé un cône de pyroclastes à l’intérieur de la caldeira, et les coulées émises en ont recouvert le fond, débordant et arrivant jusqu’au rivage , comme en 1991 et 1995.

L’activité au 20°siècle est caractérisée par 4 périodes éruptives : 2000, mai 2005 à décembre 2007, mai 2008 à avril 2010, septembre 2010 à 2011.

 

Barren-island--28.05.2005--Indian-coast-guards.jpg                     Barren island - l'éruption du 28.05.2005 - photo Indian coast guards.

 

En 2005, l’activité a été de type strombolien, tant explosive qu’effusive.

Une analyse des échantillons de lave montre un basalte moins concentré en SiO2 qu’en 1994-95  (49,8% SiO2), les laves étant riches en mégacristaux de plagioclase.

 

N_Barren-Jan-2009-Note---GSI3.jpg   Barren island - janvier 2009- on distingue deux évents éruptifs différents - doc GSI.

 

                                      Barren island - entrée de la lave en mer, en 2009.

 

 

En janvier 2011, une équipe du GSI – Geological Survey of India -  a passé une semaine d’observation sur l’île ; ils y ont constaté une activité de type strombolien, moins intense qu’entre 2005 et 2009, qui se développait sur un double évent ouvert sur le cône de l’éruption 1991-95. De fréquentes projections, à une fréquence moyenne d’une dizaine de minutes, montaient à environ 150 mètres. L’activité effusive importante a donné des coulées qui ont dépassé le mur d’enceinte de la caldeira au NNO. et ont rejoint la mer.

La taille du cône est ainsi passée de 350 m. en 2005 à plus de 500 m., avant de s’effondre partiellement, en générant une coulée pyroclastique.

 

Narcondam_island---ph.-Kalyanvarma.jpg                                                 L'île Narcodam - photo Kalanvarma.

 

L’île N arcodam est une petite île volcanique, située dans le même contexte tectonique que Barren island, à 200 km au nord-est de celle-ci. De nature andésitique, elle mesure 3 km. sur 4 et s’élève à 710 m. au dessus du niveau marin. Elle est classifiée comme volcan éteint par le GSI. Son nom dérive du sanskrit "naraka-kundam", signifiant "puit de l’enfer".

En début 2005, on rapporte que de la boue et de la fumée sont issues du volcan … il s’agit en fait d’une réactivation d’un volcan de boue, suite au fort séismes qui a touché Sumatra en décembre 2004 (voir rapport du GVP, en sources).

 

A noter qu’un autre volcan de boue fut réactivé sur Barantang island / Andaman, après le séisme de Banda Aceh. Ces extrusions de boue, de fluides et de gaz sous forme de "volcans" sont souvent associées à des failles actives et des champs pétrolifères ; la boue est émise à des températures assez élevées pouvant atteindre 800°C.


                                               Volcan de boue de Baratang island

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Barren island

- Global Volcanism Program - false report of Andaman islands eruptions / 2004.

- GSI / the Barren island volcano- Explosive Strombolian type eruption observed during January, 2009

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Publié le par Bernard Duyck
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Une grande dépression causée par l’activité phréatomagmatique appelée la Hoya de Cerro Gordo , ou encore Barranco Varondillo, est parsemée de routes et de carrières ouvertes dans ce volcan.

 

Cerro-Gordo---Los-volcanes.JPG                Entaille dans le Cerro Gordo - photo uclm / Los Volcanes / E. Gonzalez Cardenas

 

Cerro-Gordo---maar-de-barranco-Varondillo.JPGLe Cerro Gordo et le maar de Barranco Varondillo - photo uclm / Los Volcanes / E. Gonzalez Cardenas


Heureusement un récent projet entre le groupe GEOVOL, dirigé par le geovol2.jpgdocteur  Elena González Cárdenas, et le groupe des ciments Lafarge, envisage pour 2013 la muséalisation du volcan Cerro Gordo. Ce projet, inclus dans le parc culturel de Calatrava,  vise à sensibiliser, éduquer et informer petits et grands au travers d’itinéraires interprétatifs, d’activités spécifiques autour de la volcanologie et de programmes sur les activités industrielles.

Le tour du Cerro Gordo permet de comprendre son histoire éruptive : les premières éruptions ont donné des coulées fluides, suivies d’explosions visibles au niveau des roches du substrat brisées et projetées ; enfin, apparaissent les coulées visqueuses terminales.

 

Cerro-Gordo---ph-Gabinete-multimedia.jpg                     Dans le Cerro Gordo - photo Gabinete multimédia


Du sommet du Cerro Gordo, on peut admirer l’alignement des structures volcaniques de la Sierra et les centres d’activité anciens, tels que les volcans Yesoza, La Estrella, La Sima et Cuevas Negras.

 

map-Choroor---surgencia---Cerro-Gordo-copie-1.jpgAlignement des volcans de la Sierra (carrés rouges) - position des sites vus hier, El Chorro et Surgencia (carrés bleus) - photo uclm / Los Volcanes / E. Gonzalez Cardenas

 

Cuevas-Negras.jpg               Volcan Cuevas Negras - photo uclm / Los Volcanes / E. Gonzalez Cardenas

 

Non loin de là, se dresse le plus jeune volcan de Campo de Calatrava : le Columba, dont l’éruption est datée de 3.600 avant JC.

C’est un édifice intéressant constitué d’un cône de pyroclastes, de coulées de lave massives et de dépôts de coulées pyroclastiques, qui s’est édifié en éruptions séparées.

 

Columba-volcano.jpg             Le volcan Columba et la retenue Jabalon - photo Rafal Becerra Ramirez / GVP


Le volcan est situé en bordure de la retenue de Vega del Jabalón . Le dynamitage nécessaire à la construction du barrage a permis de dégager de superbes coulées basaltiques superposées sur plus de 80 mètres, prismées lors de leur refroidissement.

Du sommet, le vue porte sur les bassins de Granátula,  Moral et Calzada, et les lacs et volcans qui les composent.

 

prismation-a-Columba.jpgPrismes basaltiques dans les coulées de Columba - photo uclm / Los Volcanes / E. Gonzalez Cardenas 

 

Pour ceux que la région intéresse, consultez  "Las Rutas" / Los Volcanes de Campo de Calatrava

 

Source :

UCLM - Los Volcanes - par Dra E. Gonzalez Cardenas

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Le volcanisme de la région de Campo de Calatrava est caractérisée par la présence abondante de gaz, dont la vapeur d’eau et le dioxyde de carbone.

Ces gaz ont joué un rôle moteur dans les éruptions phréatomagmatiques violentes passées.

L’existence de systèmes géothermiques est une autre source de vapeur d’eau et de CO2 , produit par le dégazage du magma refroidissant qui est monté par les diverses fissures. Intercepté par l’aquifère, il est à l’origine des  "hervideros ", des sources chaudes aux eaux plus ou moins chargée en gaz.

 

Ces eaux thermales ont été utilisées dès l’époque romaine ; plus tard, on en parle dans "les relations topographiques de Philippe II ", où il est fait mention de "fuentes agria " existant à Bolaños, Puertollano et Valenzuela.

 

Chorro-de-agua-agria---mina-diogenes.jpg                                        Chorro de agua agria - photo mina diogenes.


Plus de quarante sources chaudes ont été répertoriées dans la province de Ciudad Real, et trente d’entre elles dans les limites de la région volcanique. Elles s’alignent sur des fractures longues de dizaine de kilomètres. L’analyse chimique y révèle la présence de bicarbonate de soude et magnésie, de bicarbonate calcique, de sulfate de soude et magnésium, de cobalt, manganèse ; le dioxyde de carbone s’y trouve en proportions variant de 35 à 180 mg. par litre. Leur température moyenne est de l’ordre de 20°C. Ces eaux sont « dures » et d’un pH situé entre 5,5 et 8,5.

Certaines sources, dont celle de Baños de San Cristobal fournissent une analyse chimique révélatrice d’une activité magmatique latente plus intense que dans d’autres zones de Campo de Calatrava (présence d’ammoniac, de bore, de lithium e.a.)

 

La qualité et l’abondance de ces eaux ont favorisé un thermalisme régional.

 

Ciudad-real---banos-del-emperador.jpg Ciudad Real - Piscina del baño de las mujeres.  Baños del Emperador. - photo uclm / los Volcanes

 

Agua-agria---Valenzuela-de-Calatrava.JPGFuente pública de "agua agria" - Fontaine publique à  Valenzuela de Calatrava - photo uclm / los Volcanes

  Puertollano_paseo_fuente_agria---mjsendarrubias.jpg

                            Fuente agria de Portullano - photo mjendarrubias.


Les eaux ont été utilisées à Puertollano depuis les 17 et 18°siècles pour la consommation humaine, avec une apogée pour les spa au 19°. La faculté a référencé « les eaux acides de Campo de Calatrava » pour la consommation et leur usage médicinal ; embouteillées, elles ont été vendues jusqu'à Madrid.

 

Mais eau et gaz n'apportent pas que des bienfaits ! Des intoxications ou des accidents sont également générés.

 

La présence de gaz en surface n’est pas détectée uniquement au niveau des sources chaudes …il peut se produire des émanations diffuses fonction de la topographie : le CO2 s’accumule dans les dépressions comme en témoignent les animaux morts retrouvés, et quelques accidents se soldant par des morts humaines. Ces émanations affectent également la végétation proche des zones de fissures.

 

El-Chorro-2000.JPG              El Chorro - été 2000 - le geyser accidentel - photo uclm / los Volcanes 

 

Le geyser accidentel d’El Chorro :

Le 25 juillet 2000, un forage , réalisé sur l’alignement volcanique le plus récent du bassin où avait été enregistré des anomalies thermiques et des émissions de gaz , a rencontré un aquifère confiné et un important volume de gaz magmatiques … durant plus de 176 jours,  des gaz et de l’eau chargés en limon, sable et argile, vont alimenter un geyser, qui va atteindre 60 m. de hauteur, avec de petites oscillations pulsatiles. Les matériaux émis, estimés à un volume de 50.000 m³, vont couvrir 25 hectares sous une couche de 20 à 60 cm.

A deux reprises, le jet a été dévié à l’horizontale, pour protéger les zones de culture, vignobles et oliveraies, avant qu’on ne se décide à une obturation du puits par des méthodes plus drastiques.

 

El-Chorro-degats-oliveraies.JPG                 El Chorro - les dégâts aux oliveraies - photo uclm / los Volcanes 

 

La résurgence de  Bolaños de Calatrava :

Un phénomène similaire à celui d’El Chorro s’est produit dans une ancienne carrière de manganèse, utilisée comme réservoir pour l’irrigation : une résurgence d’eau pulsée par d’énormes quantités de gaz a noyé 9 hectares.

 

Bolanos-et-volcan.jpg

Bolaños de Calatrava - la zone inondée et à gauche, la silhouette du volcan Yezosa. - photo uclm / los Volcanes

 

Eau et gaz sont sortis spontanément, la résurgence atteignant une hauteur raisonnable de deux mètres, mais avec un fort débit moyen estimé à 400.000 litres à l’heure. Le pH des eaux est de 5,85 et la température moyenne de 18°C.

Dans certaines zones, des mares de boues et des mofettes sont apparues.

Le phénomène a été étudié par les scientifiques d’INVOLCA et du groupe GEOVOL de l’Université de Castilla-La Mancha : 92 % des gaz émis sont d’origine mantellique, le reste correspond à une altération thermique, une altération de roches carbonatées. Le gaz est composé à 90% de CO2, sans H2S ni mercure, gaz caractéristiques des systèmes hydrothermaux actifs.

 

Bolanos---volcan-boue.jpgMofette.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

photos uclm / los Volcanes

 

 

Sources :

- UCLM - Los Volcanes - par Dra E. Gonzalez cardenas

- UCLM - Campo de Calatrava - los gases - link

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Les éruptions phréatiques et phréatomagmatiques de la zone centrale de Campo de Calatrava ont créé un paysage typique, formé de dépressions fermées petites à moyennes, circulaires ou elliptiques, appelées dans la région  "hoyas, navas ou navazos".

Lors de période où la pluviométrie est suffisante, ces hoyas se remplissent d’eau , qui constituent autant de mares temporaires importantes pour la faune et la flore sauvage.

 

Maprot.jpgLes structures volcaniques déclarées "Monument national" et protégées. - doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas.

 

Intéressons-nous à quelques structures :

Le cratère d’origine phréatomagmatique et le lac de Fuentillejo , déclaré Monument Naturel et préservé à ce titre.

Une puissante éruption phréatomagmatique, datée du Pléistocène, liée à la rencontre du magma ascendant et de l’aquifère, a démantelé l’édifice strombolien situé sur la crête de Malosaires. L’activité magmatique s’est ensuite poursuivie en explosions de moindre importance, et par l’émission d’une coulée de lave vers le sud.. La dernière manifestation éruptive a consisté en l’extrusion de laves visqueuses qui ont formé un petit dôme-coulée en direction du nord .

On peut observer un dépôt de coulées pyroclastiques humides, fortement lithifié et dur, recouvert de basalte à olivine et cristaux de pyroxène, dans une matrice formée de l’encaissant, le tout finement pulvérisé lors de la phase explosive phréatomagmatique.

 

lagune-de-Fue---JPG                        La laguna de Fuentillejo - doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas. 


La couleur des dépôts frais ocre rouge est passée au brun par altération. S'adaptant à la morphologie de terrain antérieure à l’éruption, les dépôts ont rempli la vallée de Valverde , lui conférant un fond aplati.

 

Fuentillejo-y-Valverde.JPGCarte géologique des lagunas de Fuentillejo et Valverde , avec la direction des coulées pyroclastiques basales - doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas. 


Le cratère et la lagune de Michos :

Ils résultent d’une éruption phréatomagmatique, datée du Pléistocène, liée à l’activité volcanique marginale de l’anticlinal du rio Tirteafuera – dôme d’Abenojar.

Une dépression formée suite à l’explosion a été façonnée par des déferlantes pyroclastiques basales humides, côté sud, avec la formation d’un demi-anneau de tuff fortement lithéfié.

 

Laguna-de-Michos.jpg       La laguna de Michos, en période de basses eaux  - doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas. 

 

Michos                                              doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas.

 


 Le volcan de Peñarroya et le lac d’Alcolea sont situés dans un espace où l’activité éruptive a été plus intense et continue, affectant les zones centrales et les montagnes environnantes, en particulier sur le rebord sud de la Sierra de Las Medias Lunas. Cette sierra est fortement parcourue de fractures permettant une remontée magmatique et son interaction avec l'aquifère. 

 

On retrouve ici aussi bien des volcans générés par une activité effusive ou strombolienne, que de grandes dépressions issues d’explosions phréatomagmatiques.

 

volcan-de-Pennaroya.jpg                        Le volcan Peñarroya - doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas.


Le volcan Peñarroya, ainsi nommé d’après l’intense couleur rouge des matériaux qui le forme, s’élève au dessus des sommets de la Sierra de Las Medias Lunas. C’est un grand cône pyroclastique strombolien, surmonté d’un cratère de faible profondeur qui a émis des coulées, qui ont été canalisées sur des kilomètres par le réseau fluvial existant.

 

laguna-de-alcolea---volc.-Penarroya.JPG La laguna de Alcoela, à gauche et le volcan Peñarroya, et leurs coulées - doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas.


Le lac d’Alcolea a été formé lors d’une éruption explosive de type phréatomagmatique, liée au système volcanique de Peñarroya.

 

laguna-de-alcolea.jpg                              La laguna de Alcoela - doc. doc. uclm.es / E. Gonzalez Cardenas.

 

Sources :

Uclm - Los volcanes / las lagunas - par E. Gonzales Cardenas - link

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ENCI101

Paysage de la région de Campo de Calatrava - l'interprétation de son origine volcanique est difficile - photo Los Volcanes / Centro de estudios de Castila-La Mancha - Dra. Elena Gonzalez Cardenas.

 

 Campo de Calatrava forme une région naturelle et historique appelée "La Don_Quijote_and_Sancho_Panza---Gustave-Dore-1832-1883.jpgMancha", à l'ouest de la Castille et centrée sur la province de Ciudad Real.

La région de La Mancha est connue pour avoir été évoquée dans le roman El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha, écrit vers 1606-1615 par Miguel de Cervantes. Le héros est devenu l'archétype du "Don Quichotte", rêveur et justicier idéaliste et irraisonnable.

 

Don Quichotte de La Mancha et Sancho Panza - gravure de Gustave Doré (1832-1883).


 

ANOMALIBCes champs volcaniques datent principalement du Pliocène et du quaternaire, entre 8,7 Ma et 5.200 avant JC (Gonzalez 2007).

 

Sur plus de 5.000 km² se répartissent plus de 300 cônes pyroclastiques basaltiques à foiditiques, des maars et des dômes de lave, dans un contexte de rifting continental.

 

Le relief de la région est doux et seulement modifié par la présence d'édifices volcaniques érodés, dont la forme a influencé la toponymie : "Negrizal de las Casas", "Cabeza Parda", "Cerro Moreno", etc.

Un peu de vocabulaire local :

cônes ou "cabezos", dômes ou "castillejos", coulées ou "négrizales", maars ou "hoyas", "aljibes", "navas" et "navazos".


Le degré de conservation de ces structures dépend de divers facteurs:

- l'âge de l'éruption et sa situation géographique

- la forme primitive de l'édifice volcanique

- la nature et le volume des matériaux émis

- l'existence ou non d'exploitations minières.

Tous ces facteurs rendent parfois difficile l'identification de la structure volcanique.

 

CVC---La-Hoya-de-Cervera.JPGLa Hoya de la Cervera - un maar asséché - photo Los Volcanes / Centro de estudios de Castila-La Mancha - Dra. Elena Gonzalez Cardenas.

 

Les mécanismes éruptifs responsables de ces morphologies sont soit de type strombolien, soit de type hydromagmatique ... soit d'une succession  de ces mécanismes sur un même site.

 

Le volcanisme strombolien est responsable de la formation de petits cônes plus ou moins arrondis par l'érosion. Leur diamètre varie de quelques centaines de mètres à 2 km., et leur hauteur de 20 à 120 mètres, avec seulement occasionnellement une dépression cratérique. Des coulées de différentes importances en émanent, parfois longues de 6 à 7 km.

Ce type d'éruption est représenté par les volcans  La Yezosa, à Almagro, et le Cerro Gordo, à Valenzuela de Calatrava.

 

Cabezo-del-Rey---Los-volcanes.JPGLe Cabezo del Rey - 1250 x200 m. - alt. : 680 m. - activité strombolienne - laves mélilitiques - photo Los Volcanes / Centro de estudios de Castila-La Mancha - Dra. Elena Gonzalez Cardenas.

 

 Le volcanisme hydromagmatique, plus fréquent dans la région, est cependant plus difficile à identifier, n'ayant laissé que des maars, emplis d'eau et à l'aspect lacustre, ou au contraire desséchés.

 

Un exemple typique est donné par Hoya del Mortero, à Poblete.

 

hoya-del-mortero---maar---Los-Volcanes.JPGLe maar asséché de Hoya del Mortero - photo Los Volcanes / Centro de estudios de Castila-La Mancha - Dra. Elena Gonzalez Cardenas.    

 

MAPA.jpg                                                        carte uclm.es

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Calatrava

- Volcanismo del Campo de Calatrava - Universitad de Castilla-La Mancha - par Pablo Higueras.

- Campo de Calatrava - los volcanes - par E. Gonzalez Cardenas - link

- Aspectos geomorfologicos del volcanismo hidromagmatico del Campo de Calatrava,  par E. Gonzalez Cardenas - Ciudad Real

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