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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

D’Olot vers Santa Pau, nous trouvons de nombreux cônes volcaniques ; il faut choisir parmi les plus connus : le volcan de Santa Margarida et le Croscat.

 

Zona Volcánica de la Garrotxa - Santa Pau (19-07-09) -57-                Zone volcanique de Santa Pau - doc. Santa Pau nucli antic.

 

Volca_de_Santa_Margarida---Carquinyol.jpg           Volcà de santa Margarida et son ermitage au centre du cratère - photo carquinyol.


Santa Margarida, facilement accessible, est un cône strombolien haut de 110 mètres posé sur une base d’un diamètre de 1.200 mètres. Il est vieux de 11.000 ans.

L’analyse des dépôts révèle une phase d’activité strombolienne, avec des scories ; la phase suivante fut de type phréatomagmatique accompagnée crater-del-volcan-S.Margarita-la-ermita---Toni.jpgd’émissions abondantes de cendres.

Des dépôts pyroclastiques recouvrent le tout, mais ils proviennent de son voisin, le Croscat. Une absence de paléosol entre ces couches laisse penser à une activité contemporaine de ces deux volcans.

Le cratère circulaire, d’un diamètre de 350 mètres et une profondeur de 70 m., abrite un ermitage, dédié à Sainte Marguerite.

photo de l'ermitage : Toni.


La visite du volcan Croscat, le plus jeune de la péninsule Ibérique, est incontournable : l’entaille qui laisse à découvert ses plis et ses strates est impressionnante ; elle a permis de comprendre son activité qui s’est faite en plusieurs phases : une strombolienne, dont les pyroclastes ont recouvert ses voisins, le Santa Margarida et le puig de Martinva. La dernière phase fut effusive : elle s’est écoulée sur 6 km.vers l’ouest et a égueulé la structure, désormais en fer-à-cheval.

 

-Volca_del_Croscat---Carquinyol.jpg             Volcà del Croscat , égueulé côté ombre et entaillé côté soleil - photo Carquinyol.

 

VolcaCroscat---ph.jpgVolcà del Croscat - l'entaille dans le cône de scories dévoile son anatomie - les personnages sur la plate-forme aménagée donnent l'échelle - photo Frivière

 

Cette coulée basaltique s’est déplacée sur un terrain marécageux, transformant l’eau en vapeur. De grosses bulles de gaz se sont ainsi formées, déformant la croûte durcie et édifiant de petites collines hautes d’une dizaine de mètres, appelées localement "tossols ".

 

Tossol---ph.-SantiMB-Flickr.JPG                         Tossol dans la hêtraie de Fageda d'en Jorda. - photo SantiMB / Flickr

 

fjorda.jpg                                  Les structures évoquées ci-dessus -  doc. Volcans a Catalunya / Fjorda.


Une immense hêtraie , la Fageda d’en Jorda, s’est ensuite développée sur le terrain recouvrant cette coulée.

 

Fageda---ph.-flickriver-mor-BCN.JPG                 La hêtraie de Fageda d'en Jorda, magnifiée par la photo de MorBCN / Flickriver.

 

santa-pau.--J.P.Ventura---oleo-lienzo-55x46.jpg                                Santa Pau - une huile sur toile de J.P. Ventura ( 55 x 46 cm.)

 

Mais ici tout n'est pas que volcans : dans la région, le moyen-âge a eu une importance énorme : comtés indépendants et monastères se côtoient, comme en témoignent encore les châteaux, les villes fortifiées, les églises et autres palais.

 

Santa-Pau---cebtre-medieval---Phturespana.jpg                                     Santa Pau, le centre médiéval - photo Turespana.


Santa Pau se distingue par son centre historique médiéval. La Vila Vella, la place de La Arqueria, le château et l'église de Santa María composent un village unique, teinté de charme et de magie.

Une spécialité "pétaradante" de la cité : les "fesols de Santa Pau ", des haricots blancs, base de plats locaux.

 

besalu---costasespagne-copie.jpg                               Besalu et son pont médiéval à payage - photo Costasespagne.


Entrée sur la Garrotxa, Besalú constitue un comté indépendant depuis le 9°siècle ; un pont fortifié, à dos d’âne et à angle droit, sur la rivière Fluvià, y fut érigé au 12°siècle : il servait de point de péage pour entrer dans la région. Une communauté chrétienne y cohabita, entre le 9° et le 15° siècle, avec une communauté juive entreprenante. C’est ainsi qu’on y retrouve une abbaye Bénédictine, qui abrita en 1077 un concile dans la continuité de celui de Gérone, et aussi les vestiges d’un mikveh, un bain rituel de purification juif.


Mikveh-de-Besalu---Cap-catalogne.JPG                                    Le mikveh de Besalu - photo Cap Catalogne.


Le mikveh superbement mis en valeur, se présente sous la forme d'une salle souterraine de style roman en pierre de taille avec une fenêtre meurtrière à l’est, une voûte en berceau et un bassin. L’entrée du bain se fait par un escalier menant au déshabilloir ; le bassin apparaît en contrebas à travers une baie géminée à colonnette hexagonale. L’eau sort d’une gargouille, symbole de passage … elle est naturelle et renouvelée en permanence par la nappe souterraine, selon des exigences rabbiniques. C’est la raison pour laquelle le mikveh était situé à quelques mètres de profondeur.

On venait ici s’immerger afin de purifier son âme. La femme juive sacrifiait à ce rituel après ses menstruations, après l’accouchement et avant le mariage. L’homme, quant à lui, se rendait au bain chaque vendredi avant le coucher du soleil, c'est-à-dire avant le sabbat, ainsi que lorsqu’il avait été en contact avec un mort.

 

Suite des volcans espagnols ... l'an prochain.

 

Sources:

- Parc Natural de la zona volcanica de la Garrotxa.

- Les villages médiévaux de la Costa Brava

- Garrotxa - Cap Catalogne

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Olot, chef-lieu de la Garrotxa, "la ville des volcans", est située dans une plaine traversée par le fleuve Fluvià et la rivière Riudaura et entourée par les chaînes montagneuses de Sant Valentí, Aiguanegra, le plateau de Batet, Marboleny et Sant Valentí de la Pinya.

Cette région est régulièrement agitée par de petits séismes ; on en compte une vingtaine en trente ans. En 1427 et 1428, Olot fut entièrement détruite par des séismes successifs, et reconstruite à un autre endroit. Le séisme du 2 février 1428 est le deuxième plus important  jamais ressenti au niveau européen ... il est connu comme "le séisme de la Chandeleur" et fut perçu de l'autre côté des Pyrénées.

Olot est une ville spécialement connue pour son intérêt naturel et parce qu'elle fait partie du Parc Naturel de la Zone Volcanique de la Garrotxa.

 

Vol-de-coloms---Garrotxa---25-Olot--volca-del-Montsacopa--.jpg

  Olot et deux de ses volcans :  Montsacopa, à droite et Garrinada, à gauche  - photo Luis Codina Vila

 

Sur le territoire de la commune on recense quatre volcans : le Montsacopa, le Montolivet, tous deux visitables, la Garrinada et le Bisaroques, tous alignés sur une fracture.


Montsacopa est une structure aux attraits multiples : c’est un cône strombolien, avec un petit cratère de 120 mètres de diamètre, recouvert de buissons ;  la dernière éruption de ce volcan est datée d’environ 100.000 ans. Au sommet, se dressent deux tours de défense du 19° siècle et un ermitage dédié à St François.

Son flanc est entamé par une « gredera », une carrière d’extraction de lapilli et pouzzolanes, matériaux qui ont servis dans la construction de la cité. On peut y voir les phases de l'éruption : une première, effusive, a produit une coulée de lave atteignant le ruisseau Riudaura. La suivante, explosive avec des séquences phréatomagmatiques, est responsable de la forme circulaire du cratère.

 

montsacopa---Garrotxa-turistica.jpg                        Le Volcan Montsacopa et son cratère circulaire -photo Garrotxa Turistica.

 

-Volca_Montsacopa-Grederes-Olot--ph.-puigalder.jpg                    Le volcan Montsacopa et l'ermitage St François - photo puigalder

 

Le volcan Garrinada est le plus ancien des quatre volcans, daté d’environ 130.000 ans. Le sommet aligne exceptionnellement trois cratères ; ils se sont formés à des stades différents de l’éruption : les deux cratères les plus au sud sont isuus d’éruptions explosives de type phréatomagmatique.

 

garrinada---garrtoxa-turistica.jpg                  Le Garrinada, et ses trois cratères - photo Garrotxa Turistica


Le volcan de Bisaroques est jeune, et probablement formé par l'éruption la moins explosive, comme en témoignent ses roches pyroclastiques, de très grande taille. La coulée de lave sortie du cratère en fer à cheval s’est prolongée au-delà  de Mas Bernat.

 

biseroques---Garrotxa-turistica.jpg                                 Le volcan Bisaroques - photo Garrotxa Turistica

 

montolivet---Garrotxa-turistica.jpg                         Le Montolivet , ouvert en fer-à-cheval - photo Garrotxa Turistica.


Montolivet est lui aussi un cône de scories strombolien, ébréché en fer-à cheval.

(Laurent Planagumà-Géologue)

 

Le parc Nou, un ancien jardin seigneurial transformé en parc botanique, abrite le "Museu dels Volcans",dans un édifice de facture Art Nouveau, la villa Castany.


Les alentours d'Olot conservent également un riche patrimoine naturel avec les marécages de la Moixina et le volcan du Croscat. A voir dès demain !

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

El Hierro et les îles volcaniques de l’archipel des Canaries ont été à la une cette année … mais une autre forme de dynamisme marque le territoire espagnol.

Deux autres zones volcaniques sont localisées en Espagne "continentale" : la Garrotxa, en Catalogne, et Campo de Calatrava , en Castille dans le centre du pays. Ces volcans sont contemporains de la formation de la chaîne des Puys en France.

 

 

800px-Tectonic_map_Mediterranean_EN.svg-copie.png        Contexte tectonique tertiaire de la Méditerranée avecles bassins d'extension bordant l'Espagne


Les premières éruptions datent probablement du miocène, mais n’ont laissé que de faibles traces. Les manifestations volcaniques en Catalogne prennent place dans un contexte géodynamique plus large qui affecte une grande partie de l'Europe occidentale au Néogène et au quaternaire. Au miocène supérieur, à la fin du tertiaire, s'amorce un processus d'extension dans la partie occidentale de la plaque eurasienne, durant l’orogenèse alpine, et en cours aujourd'hui encore.

 

MargeGolfeLion---30Ma-.jpgTectonique de l'ouest de la Méditerranée, il y a 30 Ma - en vert, les bassins de rift - lignes bleu : lignes de subduction - Lignes rouges : zones dynamiques -


Sur ce rift européen, se concentrent diverses zones d’âge différents : des volcans de la Garrotxa au NO. de l’Espagne , en passant par ceux du Massif central français, le Kaisersthül, l’Eifel en Alllemagne.

En Catalogne, on distingue trois zones volcaniques : l'activité magmatique aurait commencé dans le secteur de l'Empordà puis se serait déplacée vers le sud à la Selva pour se concentrer finalement dans la Garrotxa.

La grande période éruptive se situe durant la période glaciaire de Riss - étendue entre -300 000 à -120 000 ans environ - et comprend une première phase brutale, suivie d’une phase plus tranquille au cours de laquelle se sont mises en place les coulées. Une période posthume, post-Würm, de -115.000 à -8.000 ans , brutale elle aussi, au cours de laquelle se sont formés les cratères et mis en place les produits pyroclastiques.


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Les roches sont des basaltes et des basanites à leucite ou à analcime. On y observe des phénocristaux d’augite, d’olivine, des microlites de labrador fréquemment maclés avec de l’albite, quelques paillettes de biotite, des plages de leucite, des carbonates intersticiels et des minéraux opaques. Les basaltes présentent fréquemment un feldspath alcalin assez abondant, - sanidine -. On observe parfois des enclaves grenues basiques et ultrabasiques contenant les minéraux suivants : enstatite, bronzite, diopside, spinelle, hornblende, magnétite, apatite.

 

Cette zone volcanique a achevé sa formation il y a environ 10.000 ans, date de la dernière éruption du Turó de la Pomareda. Depuis lors, les volcans se sont endormis mais ils ne sont pas totalement éteints.

 

onsom1.jpg

 

C’est à un peu plus de 50 kilomètres de la ville de Gérone que s'élève une trentaine de cônes volcaniques, accompagnés de cratères, de hêtraies sur des champs de lave et de spectaculaires ravins aux parois basaltiques, résultant d'explosions millénaires.

 

Situation géographique de La Garrotxa, entre Barcelone et la frontière Française.

 

Castellfollit_de-la-roca---ph.-braid44.jpg                    Castellfollit de la Roca sur ses coulées basaltiques - photo braid44.

 

le Parc naturel de la Zone volcanique de la Garrotxa abrite un spectaculaire village perché : Castellfollit de la Roca ; il est bâti sur une falaise basaltique, dénommé la cinglera de Castellfollit. Celle-ci fait plus de 50 m de haut et s'étale sur environ un kilomètre de longueur. Cet ensemble basaltique est la conséquence de l'action érosive, depuis plusieurs milliers d'années, du fleuve Fluvià et de la rivière Turonell .

 

Castellfollit_de_la_Roca---Ferran-Cerdans-Serra.jpg               Les orgues basaltiques de "la cinglera de Castellfollit" - photo Ferran Cerdans Serra.


Le rocher escarpé résulte de la superposition de deux coulées de lave : la Coupe-ds-basaltes-de-Castellfollit---jokergil.jpgpremière, ancienne de 217.000 ans, provient de Batet de la Serra (Olot). Elle a transité par la vallée de la Fluvia. Elle est constituée de dalles.

La seconde, d'environ 192.000 ans, est issue des volcans de Begudà (Sant Joan les Fonts) elle a recouvert la première en transitant par la vallée de Turonell. Elle est composée de formes prismatiques.

Entre les deux couches de basalte est intercalé un petit paléosol, formé d'argile et de pyroclastes, constitué dans la période de repos entre les deux éruptions.

 

Coupe dans la falaise de Castellfollit de la Roca - doc. jokergil

A : coulée supérieure prismée - 192.000 ans

B : paléosol

C : coulée basaltique inférieure en dalles - 217.000 ans

D : terrasse fluviale antérieure aux coulées.


Castellfollit de la Roca

                    Le village-rue de Castellfollit de la Roca - photo site officiel de la ville

 

Cette véritable épine dorsale abrite un village-rue médiéval aux ruelles étroites et sombres. A l’extrémité de la falaise, depuis la place-mirador Josep Pla, la vue est superbe sur une mosaïque de jardins potagers.

Il y a deux versions sur l'origine du nom Castellfollit de la Roca :

- La première est basée sur l'existence d'un château local. Ainsi, le village est cité, dès 1906, avec le nom de "Kastro Follit ". Dans d'autres documents, apparaissent les noms de "Castro-Follito" et de "Castello-Follito". La référence au mot "follit " peut trouver son origine dans le type de construction laminée, à savoir, faite avec des ardoises. Comme on ne trouve pas ce genre de roche dans la région, on pense que le nom est dû à la similitude avec le basalte.

- La seconde écarte toute idée de construction militaire pour le mot castell, mais s'appuie sur la silhouette de la paroi basaltique, similaire à une forteresse. Le mot "follit ", quant à lui, proviendrait de la forme de la paroi avec l'apparence de feuilles allongées.

 

 

Presentació de la Zona volcànica de la Garrotxa.

Autor: Arxiu del Parc Natural de la Zona Volcànica de la Garrotxa

 

 

Sources :

- Quera - Revista de geologia de la Garrotxa - 2009

- Les Pyrénées Catalanes - link

- Ajuntament de Castellfollit de la Roca

- Geocaching - Basalt cliff of Castellfollit de la Roca


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La ville est coincée entre la mer et deux structures volcaniques dangereuses : les champs Phlégréens, un supervolcan, d’une part, d’autre part le Vésuve, un volcan toujours actif.

Près de trois millions de personnes vivent sous la menace directe de ces deux monstres !

 

-Napoli and Vesuvius - ph. Errabee                     Naples et le Vésuve, des voisins bien trop proches !  - photo Errabee.

 

Comme dans beaucoup d’autres environnements volcaniques de par le monde, ce sont les sols très fertiles qui ont attiré une forte densité de population ; dans la région napolitaine, une urbanisation anarchique – pour ne pas la qualifier de mafieuse – a pris le relais : on construit de plus en plus en "zone rouge", souvent au mépris des autorisations nécessaires.

Que se passera-t-il en cas d’éruption importante ? … car il y en aura une, mais quand et comment se déroulera-t-elle ?

 

Mais quels sont les faits en notre possession ?


- Depuis 79, la production moyenne de magma par le Vésuve est de 1,5 – 2 millions de m³ par an. En supposant la continuation du système depuis sa dernière éruption en 1944, 40 à 70 millions de m³ de magma seraient disponibles actuellement. (Macedonio & al 1990 / in Volcanologie JM.Bardintzeff)

 

- L’étude du dynamisme éruptif du volcan :

Le Vésuve a commencé à se former à la suite de l’éruption de 79 grâce principalement à des périodes de croissances continues lors de phases d’activité à conduit ouvert. A ces phases sont venues s’ajouter régulièrement des manifestations explosives dont les deux majeures sont les éruptions de l’an 472 et de l’an 1631. De manière générale ces manifestations explosives viennent « terminer » des cycles éruptifs sur le volcan.

Dix-huit cycles ont ainsi été définis depuis l’éruption de 79 (Carta et al., 1981; Santacroce, 1987; Arrighi et al., 2001).

Les dernières manifestations volcaniques sur l’édifice remontent à 1944, le volcan ne montrant aucun signe d’activité depuis lors.

Le comportement du volcan au cours de sa dernière période éruptive (1631-1944) caractérisé par une émission continue de laves très basiques fortement enrichies en éléments alcalins est expliqué e.a. par la présence d’une chambre magmatique proche de la surface (environ 3km, Fulignati et al., 2004) alimentée par différentes sources magmatiques situées entre 8 et 12 km (Belkin and De Vivo, 1993; Marianelli et al., 1999; Fulignati et al., 2004; Marianelli et al., 2005).

Les éruptions résultantes en surface ont conduit périodiquement à une vidange complète de la chambre magmatique superficielle, se traduisant en surface par un changement de la nature de l’activité, d’effusive vers explosive. Chaque explosion de fin de cycle permettant de désobstruer le conduit des produits denses de la cristallisation fractionnée. Les scientifiques semblent admettre que le conduit a finalement fini par s’obstruer en 1944, ce qui explique la période de repos actuelle du volcan… 67 ans de repos est une période "longue". (Volcans du monde - H.Jommard et L.Ruhier)

 

Les autorités ont défini des zones de risques décroissants autour du Vésuve :

 

imageprevention-copie.jpg                         Carte des zones à risque - d'après doc. de l'Osservatorio Vesuviano.


- une zone rouge, autour du cône, de risque maximum, sous la menace de coulées pyroclastiques dès les premiers temps de l’éruption. Cette zone, qui compte 18 communes et regroupe 700.000 habitants, devra être évacuée intégralement.

- une zone jaune, susceptible d’être affectée par des retombées pyroclastiques de l’ordre de 300 kg par m²., avec des risques d’effondrement des bâtiments. Selon la hauteur de la colonne éruptive, la direction et la vitesse des vents au moment de l’éruption , elle concernera jusqu’à plus d’un million d’habitants.

- une zone bleue où des lahars sont susceptibles de se produire en cas de pluies.


Le plan d’évacuation suppose entre deux semaines et vingt jours de préavis d'une éruption et prévoit l'évacuation d'urgence de 700 000 personnes. L'évacuation par trains, ferries, cars et autobus est conçue pour durer environ sept jours et les réfugiés seraient principalement envoyés dans d'autres régions du pays plutôt que dans des zones sures de Campanie, où ils pourraient avoir à séjourner pour plusieurs mois.

Toutefois, le dilemme pour l'exécution du plan est le moment où débuter cette évacuation massive, dès lors que si elle est décidée trop tard, beaucoup de personnes pourraient être tuées, alors que si elle est décidée trop tôt, les précurseurs de l'éruption pourraient se révéler être une fausse alarme.

En 1984, 40.000 personnes ont été évacuées de la région des champs Phlégréens, mais aucune éruption ne s'est produite.

Les efforts actuels sont focalisés sur la réduction de la population vivant dans la zone rouge, en démolissant les bâtiments construits illégalement, en établissant un parc national autour des flancs supérieurs du volcan pour se prémunir de toute nouvelle construction et en offrant des compensations financières aux personnes qui devront déménager. Le but sous-jacent est de réduire le temps nécessaire pour évacuer la zone d'ici les 20 ou 30 prochaines années à 2 ou 3 jours.

 

Le scénario d’évacuation de la région actuellement en place est prévu pour une éruption de type sub-plinienne, c’est à dire dans un ordre de grandeur comparable à l’éruption de 1631 mais la communauté scientifique milite pour la mise en place d’un plan différent pour chaque intensité d’éruption (plinienne, sub-plinienne, strombolienne violente, émission de cendres) qui sera déclenché en conséquence à l’approche de l’événement.

 

Vesuvius_from_Pompeii.jpgLe Vésuve depuis Pompéi - entre les deux photos, quelques kilomètres, et 1.932 ans ... une paille au niveau géologique ! - photo *drew.


Comme ce processus est très long, en liaison avec une inertie locale renforcée par diverses magouilles, les Napolitains ne pourront entre-temps compter que sur les processions et le secours de San Gennaro pour s’en sortir en cas de réveil du volcan.

A Naples, toute grosse éruption du Vésuve entraîne une procession religieuse avec sortie des reliques de saint Janvier de Télévent (San Gennaro de Televento). Alexandre Dumas, qui a longtemps vécu à Naples et s'y est passionné pour l'histoire et les traditions locales, écrit dans "Le Corricolo" : "Tout à coup, la statue de marbre de saint Janvier, qui se tenait à la tête du pont (le pont de La Maddalena) les mains jointes, détacha sa main droite de sa main gauche, et, d'un geste suprême et impératif, étendit son bras de marbre vers la rivière de flammes. Aussitôt le volcan se referma; aussitôt la terre cessa de frémir; aussitôt la mer se calma. Puis la lave, après avoir fait encore quelques pas, sentant la source qui l'alimentait se tarir, s'arrêta tout à coup à son tour. Naples était sauvée ! "

Aujourd'hui encore, la statue de San Gennaro veille, le bras levé face au volcan, à l'extrémité du pont.

 

San-Gennaro---Freerepublic.jpg         La fête de San Gennaro - présentation de la sainte ampoule aux autorités - doc. free republic


San Gennaro sortira encore, aux signes de la prochaine éruption du Vésuve ... c'est d'ailleurs cette croyance aveugle qui permet aux napolitains de ne pas prendre trop au sérieux les avertissements des volcanologues concernant un réveil futur des volcans qui menacent la ville.

 

Sources :

- INGV - Osservatorio Vesuviano - link

- Mythes et légendes : le Vésuve et San Gennaro - sur ce blog

- BBC - Vesuvius escape plan "insufficient" - link

- Volcans du monde - Mont Vésuve.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’éruption commence en janvier 1796 ; elle va durer jusqu’en novembre 1822 . Elle est classée de VEI 3. George Poulett Scrope, un géologue britannique, nous transmet un dessin d’une colonne subplinienne parcourue d’éclairs, observée en octobre 1822.

 

Vesuvius-er-subplinienne-10.1822-J.P.Scrope.jpgVésuve - l'éruption subplinienne d'octobre 1822 - doc. "The Eruption of Vesuvius as seen from Naples, October 1822" from V. Day & Son. In G. Julius Poullet Scrope, Masson, 1864. Historical Draw from George Julius Poulett Scrope (1797-1876)

 

 Après 1834, l’activité du Vésuve va se limiter à l’intérieur du cratère principal.

 

Vesuve-1858-hornitos---Alfano---Friedlander---SOL-copie-1.jpg

Vésuve - éruption de mai 1858 - durant cette phase éruptive, de nombreux hornitos se sont formés, produisant de grandes quantités de lave et constituant un attrait touristique - doc. in Die Geschichte des Vesuv: illustriert nach gleichzeitigen Urkunden» by G. B. Alfano und I. Friedlaender; Berlin : Reimer, 1929 /  avec l'aimable permission de M. Fulle / Stromboli on line.

 

Le 28 mai 1858, six fissures radiales s'ouvrent dans le secteur nord-ouest du volcan, des coulées s'en échappent. L'une d'elles envahit Fosso della Vetrana, Fosso Grande et Piano del Ginestre ; 120 millions de mètres cubes de lave sont émis. Cet épisode fait partie de l’éruption répertoriée par le GVP, de VEI 3, qui dura de décembre 1855 à décembre 1861.

 

Vesuivio_Eruzione_26.04.1872---corr.jpg              La fin de l'éruption, le 26.04.1872 /15h., vue de Naples - photo Giorgio Sommer.

 

Le 26 avril 1872, dans le secteur nord-ouest du volcan, une fissure s'ouvre, 20 millions de mètres cubes de lave envahissent l'Atrio del Cavallo, coupant la retraite à vingt spectateurs imprudents qui périssent. Le fleuve de lave se divise alors en deux bras au niveau de la colline de l'observatoire volcanologique. La coulée du nord passe à travers Fosso della Vetrana, Fosso Faraone, détruit Massa et S. Sebastiano. Le deuxième bras de lave descend au sud de l'observatoire, les volcanologues qui travaillent dans le bâtiment sont entourés de roches en fusion, isolés du monde pendant quatre jours. Après la fin de l'activité effusive, le 27 avril, des explosions spectaculaires ont lieu au sommet du volcan et fait l’objet de la photo prise de Naples.  Après cette éjection massive de lave, le 1er mai, le cône sommital s’effondre, marquant la fin de cette phase d’activité .

L’éruption est classée de VEI 3 par le GVP, et datée d’entre décembre 1870 et fin avril 1872.

 

Une éruption débutée en décembre 1875 va durer jusqu’en avril 1906 ; l’activité du mois d’ avril 1906 est bien documentée et se divise en trois phases.

La première phase, caractérisée par une activité mixte, dure du 4 au 8 avril. Le 4 avril au matin, une fissure radiale s'ouvre sur le flanc sud à un niveau élevé sur le cône; de la lave s'écoule. Dans la nuit du 4 au 5 avril la faille s'agrandit, vers minuit une deuxième coulée de lave à 1.050° c surgit. Les 6 et 7 du mois, les flancs de la montagne s'ouvrent à 600 mètres d'altitude, des épanchements de lave détruisent partiellement Boscotrecase. Pendant ce temps le cratère central est le siège d'une activité explosive qui devient forte dans la nuit du 8_avril. Des cendres et des blocs tombent sur Ottaviano et S. Giuseppe, les toits des maisons sont enfoncés. La charpente de l'église de S. Giuseppe s'effondre faisant 105 morts.

La deuxième phase est une activité essentiellement gazeuse, elle a lieu le 8 avril. La montagne tremble très fortement à des intervalles de temps de plus en plus courts. Dans la nuit du 8, à 3 heures 30, une fontaine de lave et de gaz sort avec force du cratère, elle atteint 600 mètres de hauteur. L'après-midi les cendres montent à 13 mille mètres. Des éclairs traversent le panache de poussières, la vitesse des gaz atteint 500 mètres par seconde, leur température est de 400° c. Le volume total de produits volatils émis est de 3600 kilomètres cubes. Cette force incroyable érode les parois du cratère qui s'effondrent. Cette phase, le point culminant de l'éruption, dure 18 heures.

09.04.1906---vesuve---oregonstate.gifLa troisième et dernière phase, surtout caractérisée par des explosions de cendres, se situe du 9 au 22avril.

Vésuve - le panache de cendres le 09.04.1906 - photo Oregonstate Univ.

 

Le 13 et le 14, le cône du Vésuve est recouvert de cendres blanches riches en sulfates. Les habitants croient qu'il a neigé ! L'accumulation de poussières volcaniques sur les flancs est tellement importante que des coulées de boue se déclenchent, endommageant gravement Ottaviano. L'éruption de 1906 décapite le sommet du cône dont l'altitude baisse de plusieurs centaines de mètres. Le cratère a 800 mètres de diamètre. Les dégâts provoqués par les coulées de lave sont peu importants. Ce sont surtout les chutes de cendres et de blocs qui ont endommagé ou détruit les habitations et les plantations.

 

printemps-1944---US-Navy.jpg             Vésuve - dernière éruption en pleine guerre, au printemps 1944 - photo U.S. Navy


La dernière éruption historique du Vésuve se déroule de septembre 1913 à avril 1944.

Le 1er mars 1944 les volcanologues observent sur les sismographes une diminution du trémor harmonique et une apparition de chocs spasmodiques qui sont dus à l'ouverture d'une faille dans le fond du foyer. En même temps le niveau du magma baisse dans la cheminée, l'activité des jets de lave faiblit. Le 11 mars, une partie du cône de scories central s'écroule dans la cheminée vide. Une succession d'explosions et d'effondrements a lieu dans le cône.

Le soir du 17 mars, l'activité cesse complètement. Le 18 mars à 14 heures, l'activité sismique devient plus forte, deux heures plus tard la cheminée s'ouvre avec des explosions puissantes auxquelles succèdent des coulées de lave. Les roches en fusion remplissent le cratère puis débordent pendant trois jours en plusieurs coulées. L'épanchement le plus important recouvre le sol de l'Atrio del Cavallo et descend la vallée étroite entre la colline de l'observatoire et l'extrémité ouest de la Somma. Sa vitesse est de 100 mètres par heure, sa viscosité de 9 x 104 poises.

Le 21 mars la petite ville de S. Sebastiano et le village de Massa sont détruits. Une petite coulée descend la pente ouest du volcan, elle engloutit le téléphérique et passe sur les rails de l'ancien chemin de fer à crémaillère. Une troisième coulée se dirige vers le sud. Pendant ce temps le cratère central est le siège de très fortes explosions.


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A gauche, le panache parcouru par des éclairs électrostatiques - doc. archives 1944  -- à droite, un bombardier B25 recouvert de cendres, le 23.03.1944 - doc. 489th Corsica / National Archives & Records Administration

 

Le 20 mars des fontaines de lave montent à 70 mètres de hauteur.

Le 21 mars l'activité effusive cesse. De grandes quantités de produits pyroclastiques tombent sur les flancs du volcan et donnent naissance à des avalanches de cendres.

Le 22 mars à 17 heures, la cheminée s'effondre, mais trois heures plus tard elle est de nouveau dégagée par de fortes explosions.

Le 23 mars, des tremblements de terre sont accompagnés de puissantes explosions de cendres. Les panaches en forme de choux-fleurs sont sillonnés d'éclairs l'accumulation de cendres est tellement importante sur les flancs que les pluies provoquent des fleuves de boue. A Terzigno, 5 kilomètres à l'est du cratère, il y a 80 centimètres de poussières volcaniques. A 28 kilomètres, à Cava dei Tirreni, il y en a encore 30. Les cendres sont tombées jusqu'en Albanie. Au sud-ouest par contre, à Torre del Greco, la chute de produits pyroclastiques a été faible. Le vent dominant a beaucoup influencé les retombées.

Le 26 mars, des cendres blanches sont éjectées, elles annoncent la fin de l'éruption.

Le 29 mars, tout s'arrête.

On a évalué à 21 millions de mètres cubes le volume des coulées de lave, à 18 millions de mètres cubes celui des fragments laviques et à 30 millions de mètres cubes celui des cendres éjectées durant l'éruption. Le cratère a changé ; il a dorénavant un diamètre de 500 mètres et une profondeur de 300 mètres, son volume est trois fois moindre qu'en 1906.

Les chercheurs de l'observatoire du Vésuve ont calculé l'énergie libérée par l'éruption de 1944: elle fut supérieure à 6 x 1012 joules.

 

Actuel---depots-superieurs-de-er.-1944---R.Scandone.jpgVésuve - Les dépôts de tephra de l'éruption de 1944 recouvrent une couche plus claire formée par une coulée de lave de date antérieure - photo Roberto Scandone, 1989 (University of Rome).


Le Vésuve n'a plus eu d'éruption depuis, seule une activité fumerollienne existe. En 1950, la température des fumerolles de la paroi du cratère oscille entre 263° et 550° C. Le 18 février 1952 il y a de grands effondrements dans le cratère qui soulèvent des poussières, les habitants croient à une nouvelle éruption. La profondeur n'est plus que de 230 mètres. De 1961 à 1965, les sismographes enregistrent de petits tremblements de terre dus à des remaniements dans la cheminée, la température des fumerolles augmente, on mesure 650° c sur la paroi est, mais l'éruption attendue ne se produit pas.

 

vesuve_Carlo_Tripodi.jpgVue zénitale de l'actuel cratère du Vésuve - l'échelle est donnée par les bâtiments (carrés blancs) - photo Carlo Tripodi.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Vesuvius

- Guide des volcans d'europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Vésuve, sensu stricto, nait après l'éruption de La Somma en 79. Son activité est marquée par 22 épisodes éruptifs entre 172 et l'an 1500.

 

La plus importante éruption depuis celle de Pompéi survient en 1631-32. Elles sont classifiées toutes deux par le GVP d'un indice d'explosivité volcanique identique : "5 ?".

Maurice Krafft nous la relate :

" Après 130 ans de calme, alors que la végétation s'est installée jusqu'au sommet et que l'Atrio del Cavallo est habité et cultivé, le Vésuve se réveille.

 

Entre juillet et décembre 1631, des tremblements de terre ébranlent le volcan. En décembre, l'eau manque dans les puits, les animaux domestiques hurlent la nuit.

Le 16 décembre au matin, des cultivateurs voient un nuage étrange, traversé d'éclairs au-dessus du cratère. Brusquement des explosions fortes expulsent les lambeaux de lave en fusion et des nuages de cendres forment comme des pins parasols au-dessus du volcan. Tout autour de la montagne de feu, l'obscurité s'installe. Vers 11 heures du matin, des fissures s'ouvrent au pied nord du cône, des laves sont vomies qui envahissent l'Atrio del Cavallo. Des nappes de gaz toxiques se répandent, 40.000 habitants pris de panique cherchent refuge à Naples.

 

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Gravure de l'éruption du Vésuve en 1631 par Battista Passaro / collection des Krafft, in Simkin & Siebert 1994.

Elle nous montre une colonne éruptive verticale et une toute première représentation de coulées pyroclastiques atteignant la mer.

 

Dans la nuit du 16 au 17 décembre des secousses fortes mettent les habitations en péril. Le lendemain matin, à 7 heures, le sommet du volcan est décapité par une formidable explosion. Des blocs gigantesques sont projetés à plusieurs centaines de mètres de hauteur. A 9 heures, une coulée de boue impressionnante descend sur le côté ouest du Vésuve; elle détruit plusieurs villages et se jette dans la mer. Au même moment un fort tremblement de terre donne naissance à trois lames de fond. A 10 et 11 heures, des coulées de laves jaillissent de deux fissures radiales sur le flanc ouest et sud-ouest du volcan, elles atteignent une vitesse de 3 kilomètres à l'heure; très vite Portici et Pugliano sont ensevelis de même que la Scala et la partie ouest de Torre del Greco. Une coulée issue du sud-ouest se divise en deux, elle engloutit la zone entre Camaldoli della Torre et Torre Annunziata pour s'arrêter dans la mer. A midi, à Naples, il fait nuit, tellement il y a de cendres dans l'air.

Le 18 décembre, les explosions et les effusions s’arrêtent. Quand le nuage de cendres et de vapeurs se dissipe, les habitants constatent que le Vésuve est décapité de 168 mètres ; pourtant l'activité se poursuit jusqu'aux premiers jours de 1632 par quelques petits tremblements de terre et des éjections de cendres.

L'éruption a entraîné la mort de 4.000 personnes et de 6.000 animaux domestiques. Boscotrecase, Torre Annunziata, Torre del Greco, Pugliano, Portici et Resina ont été détruits ou endommagés par les laves. Les chutes de cendres ont causé des dégâts à S. Anastasia, Somma et Ottaviano. Les coulées de boue ont plus ou moins englouti Massa, Pollena, Ottaviano et quelques autres villages. A Naples, la couche de cendres atteint 30 centimètres d'épaisseur. Les poussières volcaniques sont allées jusqu'à Constantinople.

En plus du sommet décapité, le diamètre du cratère passe de 600 à 1600 mètres. La végétation au pourtour du volcan a disparu. La topographie entre Naples et Castella Mare a subi de très grands changements. Après un repos de quatre ans, des jets de lave édifient un cône de scories dans le cratère." 

 

Ce sera ensuite les années fastes, avec les représentations napolitaines de Lord William Hamilton, qui fut ambassadeur à Naples entre 1764 et 1800. Fasciné par le Vésuve, il relate avec force notes de terrain et croquis l'activité du volcan; il interroge les fermiers locaux et les personnes qui grimpent le volcan, collecte des roches pour les envoyer en Angleterre.

 

Lord Hamilton, utilise le registre de sorties des processions pour dater les éruptions passées du volcan; c'est ainsi qu'il nous raconte que lors de la grande éruption du Vésuve en octobre 1767, les cendres tombent sur la ville de Naples durant deux jours, recouvrant maisons et bateaux en mer de scories.

 

Il édite, en 1776, un livre qui fera date : "Campi Phlaegraei, Observations on the volcanoes of the two Sicilies". Ce livre, abondamment illustré, rappelle les éruptions du Vésuve en 1756, 1760, 1767 et 1771, ainsi que l'évolution du cratère lors de l'éruption de 1767.

 

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Vésuve - éruption plinienne de 1779 - à gauche, le 8 août : une énorme fontaine de lave atteint la hauteur de 4.000 mètres au dessus du cratère; le panache est rempli d'éclairs et  des retombées de tephra se font hors de l'enceinte de La Somma. -  à droite, le 9 août au matin, le panache éruptif est plus clair et des bombes retombent dans la Valle dell'Inferno, entre le cône et la paroi de La Somma.

doc. : "Les Fureurs du Vésuve"  Découvertes Gallimard - Albums GT 10037 (ZB Zürich); Originals in: Hamilton, William: "Campi Flegrei. Observations on the volcanoes of the two Sicilies as they have been communicated to the Royal Society of London", Naples 1776. - Avec l'aimable autorisation de M. Fulle / Stromboli on line.

 

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Vésuve - éruption de 1794 - par P. Alessandro D'Anna in: P. Gasparini S. 234: Un Viaggio al Vesuvio, Liguori Editore - - Avec l'aimable autorisation de M. Fulle / Stromboli on line.

 

Après de forts tremblements de terre, le 15juin 1794,  une puissante explosion de cendres a lieu dans le cratère sommital, puis une fissure large de 50 mètres s'ouvre sur le flanc sud ouest, quatre bouches la couronnent D'une cinquième bouche un fleuve de lave prend naissance et à 6 heures le lendemain matin, il atteint Torre del Greco qui est engloutie. La quantité de lave émise est de 27 millions de mètres cubes.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- Global Volcanism Program - Vesuvius

- Stromboli on line - Vesuvius and Campi Phlegrei - paintings - historic eruptions - link

 

 
   

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Publié le par Bernard Duyck
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Vers 1860, le directeur des fouilles à Pompéi, Giuseppe Fiorelli, mit au point une ingénieuse méthode de moulage permettant de "visualiser" les corps organiques emprisonnés dans les coulées de l’éruption.

En versant du plâtre liquide dans les espaces vides laissés dans les couches de pierre ponce et cendres compactées, des corps d’humains et d’animaux, emprisonnés jadis dans cette gangue et décomposés au cours du temps, apparaissent dans l’attitude qui fut la leur au moment où la mort les a surpris.

 

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Des cadavres furent ainsi révélés, en 1863, dans la "Vicolo degli scheletri " ; la ruelle étroite, bordée de grands murs sans fenêtres, avait été remplie par des matières volcaniques jusqu’à 5 mètres de hauteur … et c’est à cet endroit qu’on a trouvé des cadavres séparés les uns des autres. Leur expression différente laisse supposer de plus ou moins grandes souffrances au moment de la mort : une femme est couchée sur son côté dans une pose tranquille et naturelle ; elle  doit avoir été asphyxiée rapidement par des dégagements gazeux et est morte sans convulsions. Une jeune fille est couchée à plat ventre plus loin, la face appuyée sur son bras gauche et les jambes crispées, une main tient un pan de sa robe dont elle a essayé de se couvrir … elle est morte dans d’affreuses souffrances ! Un troisième cadavre a les mains fermées convulsivement et ses vêtements sont repoussés dans les mouvements de l’agonie.

Un chien retrouvé à un autre endroit n’a pas eu une fin tranquille, et semble avoir suffoqué avant d’y rester, les pattes battant l’air.

 

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                                               photo claus Ableiter

Pompeii_Garden_of_the_Fugitives_02-copie.jpgPompéi - "Le jardin des fugitifs" - les positions des corps attestent d'un combat pré-mortem  ... surtout pour celui du fond - photo Lancevortex.


A Herculanum, située sur une falaise  surplombant la mer, la cité fut ensevelie sous une succession de coulées et surges pyroclastiques. Les squelettes de 80 personnes qui avaient trouvé refuge dans les abris à bateau bordant la plage en contrebas ont été découvertes dans les dépôts du premier surge.

 

Herculaneum_Bootshaeuser.jpg                         Herculanum - les hangars à bateaux - photo Matthias Holländer.

 

-Scheletri-ercolano-dettaglio---wikipedia-it.-BobFog.jpg                   Herculanum - les squelettes retrouvés dans les hangars à bateaux - photo BobFog


Bien que protégées d’un impact direct, elles ont été tuées par le surge, dont la température s’était brutalement abaissée à environ 500°C : elles sont mortes instantanément, à cause d’un choc thermique fulgurant, sans asphyxie comme à Pompéi.

Il a été prouvé qu'une exposition à un surge à au moins 250°C, à une distance de 10 km. de l'évent, est suffisant pour causer la mort d'une personne, même à l'intérieur d'un immeuble.

 

La posture naturelle des squelettes a été préservée ainsi grâce à la Herculanum-victims-of-vesuvius-in-791.jpgconservation des connections anatomiques entre leurs os. L’aspect des fissures dans l’émail dentaire et la coloration des os indiquent une température de près de 500°C, compatible avec celle déterminée par paléomagnétisme sur une tuile à l’extérieur des abris à bateau. Ces êtres humains n’ont pas eu le temps de développer une réaction de défense, leurs mains et leurs pieds se sont contractés en une seconde sous l’effet thermique et la position des corps fixée par une déflation soudaine du lit de cendres. Leurs tissus mous furent vaporisés, et leurs restes recouvert par les dépôts pyroclastiques.

 

La notoriété d'Herculanum a été éclipsée par celle de Pompéi, mais le site regorge de témoignages bien conservés sous d'épaisses couches de pyroclastes. Dans une boutique attenante à la maison de Neptune et Amphitrite, on a retrouvé le comptoir et la mobilier en bois ... carbonisé, mais portant des amphores alignées sur les étagères.

 

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                       Herculanum - Maison de Neptune et Amphitrite - photo T. Brighton

 

Sources :

- Herculaneum victims of Vesuvius in AD 79 - The eruption’s first surge instantly killed some people sheltering from the impact. - par G. Mastrolorenzo & al. - link

- Lethal thermal impact at periphery of pyroclastic surges : evidence at Pompéi - link

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Publié le par Bernard Duyck
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L'éruption de La Somma, en 79 après JC, est resté célèbre pour avoir été la première à être décrite de façon presque scientifique par un observateur, et pour avoir détruit les cités de Pompéi et d'Herculanum, retrouvées des siècles plus tard.

 

Les prémices de l'éruption ne furent pas reconnues :

En 79, la région est densément peuplée, avec des villages et de petites cités, et les pentes de "la montagne de Bacchus" recouvertes de fermes et de vignobles, comme en témoigne une fresque de la Casa del Centenario, à Pompéi.

 

Pompei--casa-del-centenario-copie.jpg                              Pompéi - Casa del Centenario - le volcan avant 79


Pourtant en l’an 30 avant JC, l’historien grec Strabon décrit  la montagne comme "ayant un sommet plat et stérile, recouvert de suie et de roches couleur cendre, et suggère qu’il a pu un jour posséder des cratères de feu". Il suppose également que la fertilité de ses versants pourrait être due, comme pour l’Etna, à l’activité volcanique.

Diodore de Sicile appelait la plaine Campanienne "ardente" (flegrei) en raison de la montagne, qui montrait "des signes de feu ayant brûlé dans les temps anciens ".


Vesuve - séisme de 62 ap JC- Robert Decker - oregonstateEn février 62, un puissant séisme cause d’importants dégâts autour de la Baie de Naples et à Pompéi et Herculanum ;

Bas-relief d'une maison de Pompéi - photo R.Decker / Oregonstate univ.

 

Un autre séisme, plus petit, eu lieu en 64, et fut rapporté par Suétone, dans sa biographie de Néron ; il y raconte que le théatre s’est effondré peu de temps après avoir été évacué.


Le 20 août 79, de nouveaux séismes secouent la région … leur intensité et leur fréquence augmentent jusqu’au 24 août (ou le 24 octobre d’après d’autres constatations), signe d’une remontée magmatique. Les sources se tarissent autour de la montagne, mais à l’époque aucun lien n’est fait entre ces signes et une éventuelle éruption. Les Romains se sont habitués aux secousses mineures et n’ont d’ailleurs pas de mot pour désigner un volcan, seulement une vague notion des autres montagnes similaires, comme l’Etna, appelée demeure de Vulcain.

Le lendemain du festival du dieu romain du feu, le Vulcanalia, l’éruption va débuter !

 

Le récit de l’éruption par Pline le Jeune :

Deux lettres écrites par Pline le Jeune à son ami l’historien Tacite constituent le premier témoignage historique concernant une éruption volcanique. Le jeune homme assiste à la catastrophe depuis le Cap Misène, où il réside avec son père adoptif, son oncle Pline l’ancien,qui commande la flotte romaine de Misènum.

Quelques extraits significatifs :

"Mon oncle était à Misène où il commandait la flotte. Le 24 octobre vers midi, ma mère l'avertit qu'il paraissait un nuage d'une grandeur et d'une figure extraordinaire ... il était difficile de discerner de quelle montagne ce nuage sortait. sa figure approchait celle d'un arbre et d'un pin (parasol) plus que d'aucune autre. On le voyait se dilater et se répandre. Il paraissait tantôt blanc, tantôt noirâtre et tantôt de diverses couleurs ... en même temps, la cendre commençait à retomber sur nous." - description du panache plinien -

"Je tourne la tête et j'aperçois une épaisse fumée qui nous suivait en se répandant sur la terre comme un torrent.  - description d'une coulée pyroclastique - Quittons la route, dis-je à ma mère, tant que nous voyons encore, de peur d'être renversés et écrasés dans les ténèbres par la foule de nos compagnons. A peine étions-nous écartés, qu'elles augmentèrent de telle sorte qu'on eut cru être, non pas dans une de ces nuits noires et sans lune, mais dans une chambre dont toutes les lumières auraient été éteintes... Bientôt parut une lueur qui nous annonçait, non pas e retour du jour, mais l'approche du feu qui nous menaçait. Il s'arrêta pourtant loin de nous. L'obscurité revint et la cendre se remit à tomber plus épaisse et plus lourde..."

 

L’analyse des dépôts mène à la compréhension des phases de l’éruption :

 

Dépôts éruption de 79 - IPGPVision d'ensemble des dépôts de l'éruption de 79 à Terzino. La personne a la main posée sur le paléosol, dans la trace d'un tronc d'arbre. Le premier lit marron clair fait environ cinq centimètres et correspond à l'épisode phréatomagmatique par lequel débuta l'éruption. Cliché Sigurdsson et al, 1985 / IPGP


1. Selon un premier et fin dépôt déposé sur le sol, et limité aux flancs du volcan et l’est de celui-ci, la phase initiale fut phréatomagmatique ;

l’explosion débouche le conduit et ouvre la voie aux phases suivantes.

2. Le second dépôt que l'on peut identifier est bien plus épais que le précédent et montre des caractéristiques assez différentes. Il coïncide avec la phase plinienne de l’éruption.
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  Schéma d'une éruption plinienne.

 

Il est trié, c’est-à-dire que les gros fragments sont majoritaires à la base des lits alors que les cendres le sont au sommet (parfois on observe aussi une stratification inverse). De plus, la taille moyenne des particules dans le dépôt diminue en fonction de l'éloignement à la bouche volcanique (l'épaisseur maximale est cependant atteinte 10 km avant le conduit lui-même). On note également que le dépôt n'est pas symétrique autour du volcan, mais montre un allongement très net dans la direction sud-est, ce qui traduit l'effet des vents dominants dans l'atmosphère. Ce dépôt a, notamment à Pompéi, entraîné l'effondrement du toit de certaines maisons, mais sans les déplacer, ce qui indique une mise en place verticale, en pluie.


NapoliMap600.jpg

Zones affectées par les coulées pyroclastiques et direction de celles-ci, en rouge - zones de retombées de cendres et lapilli, avec les isopaques d'épaisseur, en gris-bleu.

 

Ces caractéristiques sont typiques d'une sédimentation aérienne (fall-out en anglais). Ce dépôt correspond à une pluie de cendres et de ponces depuis le panache volcanique. On note également une évolution progressive de la couleur des ponces qui passe de blanc au milieu du dépôt à gris au sommet. Cette évolution correspond à des laves de chimie différente remontées progressivement du fond de la chambre magmatique (les ponces blanches sont relativement plus riches en silicium, elles sont plus différenciées, alors que les ponces grises sont moins riches en silicium, plus primitives ou basiques, c’est-à-dire plus proches du matériel issu de la fusion).

3. Au dessus des dépôts Pliniens, on trouve des dépôts beaucoup plus hétérogènes, presque chaotiques , souvent très épais, et qui ne sont pas répartis de façon régulière autour du volcan, et entrecoupés de dépôts pliniens : ce sont des avalanches de nuées ardentes (coulées pyroclastiques) . Dans les dépôts de l'éruption de 79, on peut compter jusqu'à six avalanches.

 

vesuve-eruption--depots-de-nuees-ardentes-79.jpg Dépôt chaotique formé par les coulées pyroclastiques à Pozelle au sud du Vésuve (la personne au centre du dépôt donne l'échelle). On y trouve des blocs de lave de plus de 3mètres de diamètre ainsi que des blocs de calcaire arrachés par l'avalanche ardente. Cliché Sigurdsson et al, 1985 / IPGP

 

La quatrième fut la plus forte et frappa Pompei de plein fouet. Dans la ville d'Herculanum, c'est plus de 20 mètres de dépôt que l'on trouve, la ville ayant été affectée par quasiment l'ensemble des nuées ardentes en raison de sa proximité avec le volcan.
De plus il semble que les avalanches qui ont enseveli la ville aient été particulièrement chaudes comme le prouve la transformation de tout le bois de la ville en charbon, à une température de plus de 400 degrés.

 

L'éruption dura trois jours. Le 26, le temps est à nouveau clair. Pompéi est recouverte de 7 mètres de cendres et lapilli ; Herculanum a disparu sous 17 à 25 mètres de dépôts pyroclastiques.

On estime que seulement un dixième de la population fut tué par les nuées car de nombreux habitants avaient fui pendant la phase Plinienne.
Pline le jeune eut la chance de s'enfuir assez tôt pour se trouver à la périphérie de la zone détruite par les avalanches ardentes; Pline l'ancien n'eut pas cette chance et mourut d'avoir voulu faire son devoir et observer l'éruption de trop près.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

- IPGP - L'éruption du Vésuve en l"an 79 de notre ère - par E. Kaminski, PhD, Labo. de dynamique des systèmes géologiques / d'après Sigurdsson & al.

- Global Volcanism Program - Vesuvius

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Publié le par Bernard Duyck
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Après les splendeurs retrouvées à Pompéi, revenons au volcan qui les a préservées sous ses dépôts : la Somma du Vésuve.

 

Region-du-Vesuve--STS104-710-60.jpgLe complexe Somma-Vésuve est situé en bordure de la baie de Naples et adossé aux Appenins -

Photo Space Shuttle. - mission STS-104  


En bordure de la baie de Naples, un impressionnant cône tronqué à sa partie supérieure, d’une superficie de 480 km² à sa base, est caractérisé par deux sommets : côté nord, la Somma haute de 1.132 mètres, côté sud, le Vésuve, haut de 1.281 mètres. C’est le complexe somma-Vésuve.

Ces deux édifices sont imbriqués l’un dans l’autre et séparés par une vallée en arc de cercle de 5 km. de long, la Valle del Gigante. Cette dépression est appelée Atrio del Cavallo au nord et Valle dell’Inferno au sud.

 

ring_vesuv-copie.jpgA l'avant-plan, le complexe Somma-Vésuve - à droite, les Champs Phlégréens et en prolongement, à gauche, l'île Ischia.

 

La Somma, dont il ne reste que la paroi NE., présente une falaise de 200 mètres sur cette vallée  et descend en pente douce vers l’extérieur.

Le secteur SO. a été enseveli par le Vésuve proprement dit, et plus jeune. Osservatorio-Vesuviano-Napoli.jpgLe seul témoin de cette partie ouest de La Somma, la colline de Eremo, abritait l’Osservatorio Vesuviano, avant qu’il ne soir déplacé à Naples (photo INGV)

Cet observatoire, fondé en 1841 sous Ferdinand II de Bourbon roi des Deux-Siciles, a en charge les trois volcans Campaniens, le Vésuve, les Champs Phlégréens et Ischia, ainsi que le Stromboli, dans les îles Eoliennes.

 

Sur le flanc sud, un petit cône s’est formé lors d’une éruption excentrique préhistorique, le Camaldoli di Torre. Deux dômes, Colle Margherita et Colle Umberto, se sont formés récemment en 1891 et 1895.

 

Le volcan ne repose pas sur les sédiments du tertiaire, mais bien sur l’épaisse couche de tufs de Campanie.


Karte Vesuv MK1888

          Carte historique du Vésuve - from the 4th edition of Meyers Konversationslexikon (1885–90)

 

L'activité volcanique du Vésuve, et plus généralement la majorité des phénomènes sismiques et volcaniques en Italie du Sud, peuvent être attribuées à la convergence entre les plaques Africaine et Eurasienne.
La plaque Africaine remonte en effet actuellement de 2.3 cm par an vers le Nord-Ouest et plonge sous l'Europe, entraînant la fermeture du bassin de la Méditerranée.
206.jpgLa plongée de la plaque est marqué par les séismes produits par le frottement entre la plaque chevauchante et la plaque subductée.

 

 Plongée de la plaque africaine sous la plaque eurasienne. Les courbes donnent la profondeur des séismes en km. Schéma Sigurdsson et al, 1985


Sous le Vésuve, la plaque atteint une profondeur de près de 300 km.
À ces profondeurs, la température et la pression sont telles qu'elles induisent la déshydratation de la plaque plongeante. Les minéraux riches en eau se transforment par métamorphisme de haute pression et basse température en minéraux plus denses qui ne contiennent quasiment pas d'eau dans leur architecture cristalline.
L'eau ainsi libérée induit alors une fusion hydratée du manteau en dessus de la plaque plongeante, et produit des laves que l'on retrouvera dans les émissions du Vésuve ou des champs Phlégréens

 

Evolution de La Somma :

La Somma a commencé sa formation au Pléistocène moyen. Un forage pratiqué à une profondeur de 1.125 m. montre que l’activité existait déjà voici 300.000 à 500.000 ans.


Le Professeur Alfred Rittmann définit quatre stades d’activité importants :

- 1. La Somma primitive : La première phase d'activité du volcan se situe avant la venue des tufs jaunes napolitains des Champs Phlégréens datés d'il y a 10.000 ans. La Somma primitive naît d'une formidable explosion au Pléistocène supérieur, plus exactement au Würm terminal, il y a 12.000 ans. Un magma phonolitique à néphéline et sodalite se fraye un passage dans les fractures tyrrhéniennes; il vient de 6 kilomètres de profondeur. Une grande quantité de cendres phonolitiques mêlées à des scories, des ponces et des blocs de roches sédimentaires métamorphisés par contact se met en place. Plus tard, des coulées de laves visqueuses sont vomies par l'édifice.

Une longue période de repos, qui dure 2.000 ans, suit. Un effondrement du toit de la chambre magmatique entraîne une transgression locale de la mer. Le magma monte légèrement, le réservoir s'installe à 5,5 kilomètres de profondeur dans les dolomies du Trias. L'assimilation des roches encaissantes (dolomies et calcaires) enrichit progressivement le magma en calcium et en magnésium. La cheminée étant bouchée, un volume de gaz énorme s'accumule.

 

- 2. La Somma ancienne : Il y a 8.000 ans, une éruption paroxysmale ébranle le volcan, la Somma ancienne se forme. Des explosions et des effusions de laves édifient un strato-volcan de 1.000 mètres de haut. Pétrographiquement les roches sont des téphrites phonolitiques à leucite et des latites à leucite et olivine. Cette période d'activité dure 2.500 ans, puis la cheminée s'effondre, le volcan se bouche pour un laps de temps assez long. Les gaz, une fois de plus, s'accumulent et préparent une nouvelle éruption. La lente assimilation des dolomies se poursuit.

 

crono-vesuvio.pngRésumé de l'activité de LaSomma avant notre ère - type d'activité et VEI - doc. INGV / Osservatorio Vesuviano.


- 3. La Somma récente : Il y a 5.000 ans, une très forte éruption paroxysmale pulvérise la partie supérieure du contenu du foyer magmatique. Des ponces, des scories et des morceaux de marnes du Tertiaire sont éjectés en grande quantité, la Somma récente se forme. Le chimisme des roches de cette phase a évolué durant le temps, passant des phonolites téphritiques à leucite aux téphrites phonolitiques à leucite. Cette grosse éruption passée, de petits dynamismes éruptifs éjectent cendres et scories.

Après une période de repos assez longue, une deuxième éruption paroxysmale, avec la même évolution de chimisme que la précédente, se déclenche. Puis une troisième qui est de loin la plus intense. Cette dernière date du 12° siècle avant J. C.. A ce moment-là, le strato-volcan de la Somma atteint 2.000 mètres de haut.

L'activité du sommet diminue, le magma s'injecte en dykes, en sills de téphrites phonolitiques à leucite. Des coulées de lave s'épanchent sur les flancs de l'édifice.

Une longue période de repos commence, le magma subit lentement sa différenciation par assimilation des carbonates.

 

 

Mont_Somma_Vesuve.jpg                            Le Monte Somma avant le dernier paroxysme de 79 - doc. INGV


Cela dure jusqu'au quatrième et dernier paroxysme de la Somma récente, en 79 après J. C. C'est la fameuse éruption qui détruit Pompéi, Herculanum et Stabies (en détail dans l'article suivant).

Des cendres tombent sur tous les alentours du Vésuve, sur Pompéi en particulier, des coulées de boue chaude ensevelissent Herculanum et un épanchement de lave de téphrite à leucite de 5 kilomètres de long, celui de Castello di Cisterna, se met en place. Les produits pyroclastiques sont surtout des téphrites phonolitiques à leucite. L'activité de la Somma est terminée.

 

- 4. Le Vésuve sensu stricto , sur lequel nous reviendrons plus tard.

 

Selon l'intensité, les éruptions sont qualifiées de

- modestes et souvent mixtes, explosives et effusives, avec éjection de 1 à 10 millions de mètres cubes de produits volcaniques.

- sub-pliniennes, explosives, et plus volumineuses : de l'ordre de 0,1 km³

- pliniennes, très violentes et émettant des volumes de matériaux d'au moins 1 km³.

Depuis 18.000 ans, le volcan a connu six éruptions pliniennes, dont trois furent suivies de la formation d'une caldeira (éruptions de Pompéi, Avellino et Mercato) et au moins une dizaine d'éruptions sub-pliniennes.

Chaque cycle est précédé d'une période de sommeil, qui semble d'autant plus longue que le réveil du volcan est violent.

 

Sources :

- INGV -Osservatorio Vesuviano - link

- Global Volcanism Program - Vesuvius - eruptive history

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 "Augustonemetum ", capitale gallo-romaine des Arvernes sur laquelle a été bâtie la ville de Clermont-Ferrand, n'est pas née à cet endroit par hasard.

Le bassin de Clermont-Ferrand est situé à l'intersection de plusieurs entités géographiques : la chaîne des Dômes à l'ouest et l'escarpement de faille ouvrant sur la plaine de Limagne, délimitée, à l'est des contreforts du Livradois, par le val d'Allier.

Clermont-Ferrand s'est développée au pied de la chaîne des Dômes dans un petit bassin sédimentaire protégé. Cet espace riche en sources thermominérales est composé de zones marécageuses et de nombreuses buttes volcaniques. « Clermont-Ferrand est né de la rencontre de l’eau et du feu de la terre ».

 

Clermont_vu_de_Montjuzet---Fabien1309.JPGUne partie de l'agglomération de Clermont-Ferrand, et sa cathédrale, vues depuis Montjuzet - photo Fabien1309.

 

Limagne---Limites-du-temps.png               Clermont-Ferrand et son environnement tectonique et volcanique - doc. BRGM


Le Fond de Jaude et la Butte de Clermont :

La butte centrale de Clermont-Ferrand est constitué par un « conglomérat » stratifié reposant sur des sables alluviaux. Ce conglomérat a été successivement interprété comme moraines, produit d’un volcanisme pépéritique, cône de déjections torrentielles ou dépôts de pentes périglaciaires, avant que des travaux de terrassement effectués pour la construction de grands immeubles ne livrent d’excellentes coupes atteignant 10 mètres de hauteur. On a pu ainsi observer tous les caractères, sans exception, qui font de cette butte un dépôt de maar. Le magma frais y est représenté par des lapilli et des bombes en choux-fleurs ; les éléments du substratum appartiennent à la série sédimentaire de Limagne.
De nombreux sondages carottés nécessités par les études géotechniques ont apporté la preuve de l’existence dans le substratum, au pied de la butte, d’une fosse composite à parois raides, dont le fond n’aurait été atteint que par un forage ayant traversé auparavant 76 mètres de sédiments lacustres. (Geowiki)

 Le voisinage de ces deux unités (fosse et butte) nous conduit à interpréter la dépression du  "Fond de Jaude", située au-dessus de cette fosse, comme le témoin apparent du maar de Clermont (nommé aussi "maar du Fond de Jaude" ou "maar des Salins").
Ce maar datant d’il y a 150.000 ans environ, est né de la rencontre entre le magma et l’eau de la Tiretaine, et d’éruption phréatomagmatique qui a laissé un cratère de 1500 m. de diamètre

 

Les projections échappées du cratère se sont accumulées en croissant sur son rebord oriental, constituant une épaisseur de tuf de 25 mètres, sur lequel s’est créée la butte de Clermont. Cette roche s’est avérée assez résistante pour supporter des constructions et suffisamment tendre pour y creuser jusqu’à quatre étages de caves.

 

souterrain-ds.-tuf-Clermont-ferrand--L.Falchero.jpg                 Clermont-Ferrand - galerie souterraine dans le tuf - photo L.Fachero


C’est à l’époque gallo-romaine que l’on a vu apparaître les premiers travaux souterrains, liés à l’eau essentiellement : puits et aqueducs. Plus tard, diverses galeries ont été creusées pour servir de refuge, de garde-manger ou de parcs à bestiaux à la population, quelque peu à l’étroit dans son enceinte fortifiée. À la fin du Moyen Âge, la ville a commencé à s’édifier et de belles demeures en pierre se sont construites. Les rez-de-chaussée, particulièrement soignés, longeaient les rues en pentes fortes. Ensuite, des comblements successifs ont adouci le relief afin de faciliter la circulation des voitures… tant et si bien que la partie inférieure des constructions s’est retrouvée en sous-sol. Cela explique les trésors d’architecture trouvés aujourd’hui dans certaines caves : chapiteaux sculptés, piliers en pierre de taille, petites fenêtres trilobées, portes au chambranle mouluré… La conservation du vin fut ensuite la grande affaire des caves clermontoises. Les propriétaires de vignes y ont stocké leur production jusqu’aux attaques du phylloxéra et l’abandon du vignoble vers les années trente. De nombreuses caves furent alors reprises pour le fromage. Achetés sur les marchés, les fromages « à blanc » étaient transportés dans les sous-sols, déposés sur la paille de seigle et affinés à une température idéale de 11° toute l’année. Les caves ont aussi servi de refuge. Ainsi, pendant la Seconde Guerre mondiale, pour protéger les populations contre les bombardements, les services municipaux ont aménagé des abris. Le 6 mai 1943, cinq cent vingt-sept caves furent recensées dans soixante-dix-sept rues, pour abriter 17.096 personnes. Aujourd’hui, de nouvelles activités apparaissent, redonnant une certaine jeunesse à ce patrimoine. Restaurants, salles de réception privées, galeries d’art, salles de musique fleurissent et mettent en valeur ce cadre original.

 

Facade_cathedrale_clermont-ferrand.jpg                                         La cathédrale de Clermont en "pierre de Volvic".

 

La cathédrale gothique de Clermont-Ferrand, commencée en 1248, est construite en " pierre de Volvic" . Cette pierre de couleur grise, caractérisée par la présence de nombreuses bulles et de feldspath, est résistante au gel, aux produits chimiques et possède un faible coefficient de dilatation … et donc intéressante comme matériau de construction, pour les monuments funéraires et autres bacs pour l’industrie chimique

C’est une benmoréite (trachyandésite) provenant des coulées du Puy de la Nugère, datées de plus de 10.000 ans ; elles correspondent à un épisode strombolien effusif qui a marqué l’histoire complexe de la Nugère, situé 20 km. au nord-ouest de la ville..

 

Puy-de-la-Nugere---Volvic.jpg                         Puy de la Nugère - photo Impluvium de Volvic / Soc. Volvic

 

volvic.jpg                                           Coulées de la Nugère et captage des eaux de Volvic.

 

Volvic est connue pour ses eaux qui ont un intérêt diététique : elle favorise l’élimination des déchets métaboliques. En usages externes, elle est utilisée pour les soins journaliers de la peau, les soins esthétiques.

 

Sa composition :     
63.158.jpgCalcium : 11,5 mg/L
Sodium : 11,6 mg/L
Magnésium : 8 mg/L
Potassium : 6,2 mg/L
Bicarbonates : 71 mg/L
Chlorures : 13,5 mg/L
Sulfates : 8,1 mg/L
Nitrates : 6,3 mg/L
Silice : 31,7 mg/L                                  Etiquette des "Eaux de Volvic à Volvic"
Fluor : 0,22 mg/L


Brève historique des eaux de Volvic :

Entrepreneur, sculpteur et carrier volvicois, M. Legay Chevalier découvrit le premier ce trésor, au lieu-dit "la Vallée du Goulet". Malgré des efforts Docteur_Moity---ph.Matthieu-Perona.JPGconstamment renouvelés et les nombreuses difficultés tant techniques que financières, il ne put réaliser son incroyable projet : sa mort, en 1915, laissa en suspens l'idée généreuse d'adduction en eau potable pour la commune et l'installation d'un éclairage public. Quelques années plus tard, au cours des années 1920, le Docteur Moity, maire de Volvic reprit les études de Legay Chevalier en 1922.

1927 : Découverte de la ressource en eau du bassin de Volvic à l’initiative du docteur Moity : le Captage du Goulot.

Pierre commémorative au Docteur Moity - photo Matthieu Perona.

1938 : Première mises en bouteilles par une société locale (eau de sources).

1955 : Production annuelle : 200.000 litres

1958 : Création de la Société des Eaux de Volvic par le groupe Sellier Leblanc.

1965 : Classement « Eau Minéral Naturelle » par le Ministère de la santé de la Sources Claivic mise à jour par la Société des Eaux de Volvic. Mise en bouteilles de 1 litre verre à l’usine du Goulet.

 

limagne_gravenoire--svt-ac-dijon.jpg                                                                  Doc. SVT - ac Lyon.


Le volcan de Gravenoire : 

Il est situé sur la faille qui limite du côté ouest la Limagne. Ses périodes d’activité ont été entrecoupées de périodes d’assoupissement… avec des coulées vers le nord-est et Royat, ou vers le sud-est vers Beaumont.

Les scories du puy de Gravenoire ont été exploitées pour fournir de la pouzzolane rouge ou noire. Cette activité est désormais arrêtée mais a entaillé les flancs du puy, notamment à l'ouest et à l'est. L’accès à la carrière est interdit.

 

-Puy_de_Gravenoire---ph.-Kostia-9.JPG                        Puy de Gravenoire - les scories rouges et noires - photo Kostia9

 

Sources :

- Eduscol - Découvrir et comprendre le rift de la Limagne- link

- Geowiki - les maars du Puy de dôme - link

- Volvic - société des eaux de Volvic.

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