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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Situé à une dizaine de kilomètres de Clermont-Ferrand, le plateau de Gergovie est une célébrité à la fois pour les géologues et les historiens.

 

Gergovie---2---archeologie-en-Auvergne.jpg                          Le plateau de Gergovie - photo Archéologie en Auvergne.

 

Cet ensemble volcanique est bien conservé sous une coulée de basanite qui l'a protégé de l'érosion.

On peut y suivre l'évolution d'une activité phréatomagmatique ... deux maars pépéritiques de grande dimension y ont successivement fonctionné.

 

Dossier-28-0579.jpg                        Doc. in Krafft / Guide des volcans d'Europe et des Canaries .

 

Histoire géologique :

1. A l'Oligocène : cet emplacement est occupé par des lacs, où se déposent Dossier-28 0059 - Limagne 27Mades marnes et des calcaires, avec une première activité volcanique attestée par l'existence de pépérites dans les sédiments.

La base du plateau est formée de couches calcaires, visibles sur la colline de la Roche Blanche, creusée d'habitations troglodytes. Panneau didactique Musée de Gergovie - Le rift de la Limagne, il y a 27 Ma.

 

  

2. Au Miocène inférieur : le premier maar. Un large cratère d'explosion, d'environ 1 km. de diamètre, s'est formé suite à une éruption phréatomagmatique, où se déposent des pépérites. Des sills et des dykes de basalte se mettent en place à la périphérie et alimentent des cônes de scories, dont le puy Mardou.

Ce puy renferme localement de l'opale et des amas de zéolites.

Puis le cratère se remplit d'eau avec une sédimentation de marne et calcaires finement lités.

 

Puy-Mardou---Balades-ds-puy-de-dome.jpg                      Le Puy Mardou - Photo andre63 / Balades dans le Puy de dôme.

 

3. Formation du second maar : une nouvelle injection magmatique provoque l'ouverture d'un second maar recoupant en partie le précédent; le maar se remplira aussi par un lac, peu à peu comblé par des sédiments riches en fossiles, attestant d'un climat tropical à l'époque et de la présence de mollusques d'eau douce.


Dossier-28-0060--Limagne-17Ma.JPG4. Entre 19 et 16 Ma, deux coulées viennent sceller l'ensemble. La première (inférieure) est basaltique, la coulée supérieure étant de basanite.

 

Panneau didactique Musée de Gergovie - il y a 17 Ma.


L'ensemble sera érodé, et une inversion de relief donnera l'actuelle morphologie.

 

Gergovie, Vercingétorix et César : selon le récit de Ph. Gavet

En l'hiver 53/52, les Gaulois comprennent que les intentions de César sont d'annexer la Gaule et les divergences entre tribus qui lui ont grandement facilité la tâche lors des années précédentes, ne sont plus de mise. C'est l'année décisive. Il faut accepter le joug ou bien organiser un soulèvement général, et le chantre de cette levée en masse est précisément un Arverne : Vercingétorix.


Statue de Vercingétorix, par Bartholdi / Place de Jaude, à Clermont-Ferrand - photo Fabien1309.


Son audience demeure limitée au sein de sa tribu mais, en février 52, César, qui vient de mater une petite rébellion en Narbonnaise, décide de -Statue-vercingetorix-place-de-Jaude-clermont---Bartoldi---.jpgrejoindre le gros de ses forces cantonné dans le Nord de la Gaule, tout en évitant la vallée du Rhône qui lui est hostile. Avec une petite troupe, il franchit le col de la Bastide où ses hommes doivent se frayer un passage dans la neige épaisse. Après cette marche difficile, il surgit dans le pays Arvernes qu'il traverse sans rencontrer d'opposition. Cette action destinée à effrayer les habitants de la Limagne jugés instigateurs de la révolte eut exactement l'effet contraire. Vercingétorix exploita cette intrusion et put enfin lever une troupe de 7 à 10.000 hommes; c'était trop peu pour agir mais suffisant pour s'attirer les foudres de César.


-Gergovie_murs-de-l-oppidum---ph.-Romary-copie-1.jpg

                                 Murs de l'Oppidum de Gergovie - photo romary.

 
Au printemps 52, le général romain descend vers le Sud à la tête de six légions. Il emporte Avaricum, l'une des plus puissantes cités fortifiée des Gaules, et marche sur Gergovie. Il dispose de 40 à 50.000 hommes dont 35.000 fantassins de ligne supérieurement entraînés, ce qui représente une force considérable pour Vercingétorix dont les troupes demeurent peu nombreuses. Le chef gaulois lance un appel à la mobilisation générale et des volontaires arrivent mais ces hommes courageux et bien armés manquent de cohésion et de discipline. A la veille de l'assaut sur Gergovie, les forces gauloises sous les ordres de Vercingétorix représentent environ 40.000 combattants mais seulement 10 à 15.000 capables de manœuvrer en ordre et avec discipline. Cette force ne peut affronter les légions en rase campagne où elle serait écrasée à plate couture. Alors le chef gaulois décide d'installer ses troupes en retrait sur les hauteurs, à l'ouest de l'oppidum, là il bénéficie de la protection du terrain ainsi que d'une bonne vue sur le plateau. Sans doute pense-t-il attaquer le flanc des légionnaires qui vont monter à l'assaut de l'oppidum où de très nombreux Arvernes, hommes, femmes et enfants, se sont réfugiés en apprenant la stratégie de leur chef de guerre. Il y a là 30.000 personnes mais moins de 12.000 combattants dont 5 à 6.000 délégués par Vercingétorix et tirés de ses meilleures troupes.

César qui a perçu le piège s'engage modérément avec l'intention de simuler un repli qui ferait sortir les combattants de l'oppidum afin de les vaincre plus facilement mais son stratagème échoue par l'indicipline de quelques centurions et les Romains doivent se replier en ordre mais rapidement. Conscient des aptitudes de ses combattants, Vercingétorix n'intervient pas... César a reculé et cela est amplement suffisant pour la gloire du chef Arvernes.

Dans les jours qui suivent la bataille, le général romain reçoit des informations inquiétantes des diverses provinces de Gaule où des troupes se lèvent en grand nombre. César décide de regrouper toutes ses forces chez ses alliés du Nord et ce sera chose faite au début de l'été. De cette bataille qui n'en fut pas une vraiment, Vercingétorix va tirer une gloire telle qu'il sera bientôt reconnu comme le chef de toutes les forces gauloises ... Mais César aura le dernier mot à la bataille d'Alésia.

 

Les Arvernes:

La dépression des Limagnes bénéficie de deux avantages. C’est à la fois le point d’aboutissement de tous les itinéraires issus des massifs périphériques et une région extraordinairement propice à l’agriculture à cause de sols très fertiles et faciles à travailler, les « terres noires ». Ces qualités s’accompagnent néanmoins d’une réserve : le caractère naturellement palustre de cet environnement, qui ne peut être maîtrisé qu’au prix d’importants travaux de drainage. Le développement de l’emprise humaine sur les Limagnes exige et reflète à la fois l’émergence d’une population nombreuse et d’une organisation sociale capable de coordonner ces travaux.

 

Gergovie-----rempart-du-1-siecle-av-JC---archeologie-Auv.jpg                   Rempart de Gergovie - 1° siècle avant JC - doc. Archéologie en Auvergne.

 

Les Arvernes apparaissent dans l’histoire à la fin du IIIe s. avant J.-C., dans le récit de la seconde guerre punique , de Tite-Live. Ils habitaient dans le nord du Massif central, mais on ne peut pas espérer retracer les limites de leur territoire à une période antérieure à la conquête. La délimitation de ce dernier est en revanche possible si on l’assimile à celui de la cité gallo-romaine qui lui fait suite.

Parce que les Romains eurent à pâtir à plusieurs reprises de leur puissance militaire, une première fois en 121 avant J.-C., une seconde en 52 avant J.-C., les Arvernes tiennent une place particulière parmi les peuples de la Gaule. Quelques décennies après la bataille de Gergovie, le géographe grec Strabon n’hésite pas à affirmer que leur pouvoir s’étendait autrefois " sur toute la Gaule, jusqu’à Narbonne et aux confins du territoire de Marseille, des monts Pyrénées jusqu’à l’Océan et au Rhin ". C’est une formule à l’évidence excessive pour indiquer que les Arvernes furent un peuple influent à l’échelle du territoire récemment conquis par César.

 

vase-peint-Gergovie.jpgDes recherches archéologiques, sous l'impulsion de Napoléon III, qui projette d'écrire une histoire de Jules César, ont permis de retrouver des vestiges de l'époque romaine : armes, ouvrages divers. Aux 19° et 20° siècle, des fouilles systématique ont dégagé des fortifications , des restes de sanctuaire gaulois, recouverts de ceux d'un sanctuaire romains et d'en apprendre beaucoup sur cette civilisation arverne.

 

Vase peint de Gergovie - doc. Archéologie en Auvergne.

 

 

 

Sources :

 

- Les volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft & de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- ARAFA - association pour la recherche sur l'âge de fer en Auvergne - link

- Gergovie, oppidum arverne - Arafa - link

- Les Arvernes - par Ph. Gavet - link

- Balades dans le Puy de Dôme - andre63

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La Limagne est bordée à l’est et à l’ouest par des massifs cristallins d’âge primaire, la chaîne des Puys et le Forez ; ce graben, de 90 km. de long et de 15 à 40 km. de large, a été le siège d’une activité tectonique et volcanique intense, essentiellement basaltique, sur une période étalée de l’oligocène au Quaternaire … 30 millions d’années.

 

formation-Limagne-Clermontoise4---1.jpgformation-Limagne-Clermontoise4-leg-jpg             La Limagne Clermontoise - Doc. Dossier SVT la formation de la Limagne Clermontoise


Contexte géologique :

 

A partir de 35 millions d'années, la montée des Alpes, consécutive à une poussée de la plaque africaine sous la plaque eurasiatique, entraîne des effondrements ; l'érosion accumule des sédiments au fond de ces fossés d'effondrement transformés en lacs.  

 Le nom de Limagne vient du latin "lac magnus ", le grand lac. Peu à peu ce dernier s'est asséché, prenant la forme d'un immense marais.

 

excursion-limagne-fig01.gif                              Position des grabens ouest-européens - doc. ENS-Lyon / éduscol


De 25 millions à 6700 ans, la Limagne devient le siège d'une importante activité tectonique; des alternances d'étirements et de compression soulèvent le massif et le font basculer. 


Plus particulièrement, M. Krafft classe l’activité volcanique en trois grandes périodes :

1. première période : dès l’oligocène, on assiste à une montée de magma basaltique en milieu lacustre : des explosions phréatomagmatiques violentes pulvérisent le sédiment marno-calcaire qui se mélange au basalte, pour donner des pépérites ; ce matériau est ainsi nommé en raison de son aspect en grains de poivres.

 

Note sur le volcanisme pépéritique :

Les pépérites sont des roches caractérisées par la présence, en abondance variable, de granules de lave basaltique vitreuse dans une matrice essentiellement sédimentaire. Leur formation est liée à l'augmentation de volume qui se produit lors de la rencontre de magma mis en contact d'eaux souterraines. L'explosion qui en résulte disperse le magma en granules et pulvérise les sédiments. La répétition de ce phénomène produit de grands diatrèmes remplis de pépérites autour desquels s'édifient des cônes de tufs lités pépéritiques. En fin d'éruptions phréatomagmatiques, le magma peut s'insinuer dans le remplissage du diatrème et alimenter un cône de scories, le remplir d'un lac de laves et alimenter une coulée basaltique. Dans le cas contraire, le diatrème est rempli d'un lac et se comble de sédiments.

 

peperiteMODIFIE                          Coupe d'un diatrème pépéritique à remplissage lacustre - doc. BRGM

 

Dans le cas où l'eau s'est totalement évaporée, ou n'a plus accès au magma, celui-ci peut parvenir à la surface, former un lac de lave, déborder et donner naissance à des coulées, ou construire un cône strombolien (partie droite de la coupe ci-dessus).

La plupart du temps, l'activité s'arrête avant : le cratère se remplit progressivement d'eau et une sédimentation lacustre suit.


2. deuxième période : il y a 21 Ma, une activité disséminée et ponctuelle met en place des dômes-coulées de trachyphonolites et autres roches différenciées au sud-est de Clermont-Ferrand ; des coulées basaltiques vont s’installer dans les fonds de vallées et constituer par après, suite au phénomène d’inversion de relief, des plateaux principalement le long des marges du Fossé de Limagne.

De 20 à 15 Ma, des remontées de magma basaltiques continuent dans un contexte de lacs résiduels et nappes aquifères, formant des pépérites dont les formations, maars et diatrèmes, sont bien conservés : Puy de Crouel, puy Giroux, Puys de St-Sandoux, de Mur, plateau de Gergovie…

De vastes épanchements recouvrent enfin ces pépérites pour les préserver de l’érosion.


3. Le pliocène est marqué par l’apparition d’appareils ponctuels :

- La montagne de la Serre (3,5-3 Ma)

– la Roche Noire (1 Ma)

- le maar de Clermont (156.000 ans)

- le maar de St Hyppolite (90.000 ans) et autres découvertes plus récentes sur la ville de Clermont-Ferrand.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- BRGM - La Limagne - link

- Eduscol / ENS Lyon : Découvrir et comprendre le rift de la Limagne - par O. Merle & L. Michon / Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand - link

- Eduscol - Pépérites de Limagne à escargots - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Tristan da Cunha est une île éloignée de tout ... et son bureau postal est affublé de la même caractéristique !

Cette particularité n'a pas échappé aux philatélistes, soucieux de recevoir de la correspondance timbrée de lieux reculés.

 

Le premier "timbre-patate" :

Allan B. Crawford, un biologiste, présent sur lîle depuis 1938, réalise une première série de dix timbres en 1946, échangés à l'époque contre des pommes de terre, principale monnaie sur l'archipel... "les timbres-patate."

Parmi cette série, figure "un timbre sur timbre" et la mention "potato stamp 1946"; sa valeur faciale est de 1 penny et ... 4 patates ! 

 

timbre-tristan-patate---blog-philatelie.jpg                                                     doc. Blog philathélie / Blogger.com

 

Cette première émission ne sera suivie d'autres timbres qu'à partir de 1952, les habitants de l'île ayant fini par comprendre que la philatélie pouvait être source de revenus.

Outre des timbres sur les volcans, la faune et la flore, l'île émet des timbres sur tous les sujets, tels que l'anniversaire de la mort de Churchill, ou les visites royales - l'île est en effet une dépendance du territoire britannique d'outre-mer de Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha.

Les bateaux anciens, le Pape Jean-Paul II, ou le passage de la comète de Halley constituent autant de sujets de création.

 

En 2005, Tristan da Cunha s'est vu attribuer un code postal TDCU 1ZZ, permettant aux habitants de commander via la connection satellite internet de l'île.

 

Quelques beaux exemplaires :

 

GeostampsGeostamps---eruption-1961.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, le timbre illustre la position de l'archipel sur la dorsale médio-Atlantique - doc. Geostamps

 

A droite, commémoration de l'éruption de 1961, près du "settlement" / Edinburh of the Seven Seas - doc. Geostamps

 

422tdc82---geostamps.jpgTimbre géologique : plan de situation des cônes de cendres et coupe de l'île avec les dykes nourriciers - doc. Géostamps.

 

Une série de 1978 sur les minéraux - doc. Rocodile / Stéphane. - 

A gauche, morceau de lave et cristal de pyroxène - à droite, de la sodalite (groupe des tectosilicates).

 

timbre_tristan_da_cuhna_1978_pyroxene.jpgtimbre_tristan_da_cuhna_1978_sodalite_t.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources :

- Geology on postage stamps - link

- Rocodile - Tristan da Cunha - link

- Blogger - Blog philatélie

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'archipel de Tristan da Cunha se compose encore d'autres îles et îlots : Nigthtingale Island, Inaccessible Island, Middle Island,  Stoltenhoff Island, et complètement isolée, Gough Island.

 

Nightingale island est située à 34 km au S-SO. de Tristan da Cunha.

Nightingale-island---ph.-J.Brock-Sartma.jpgCette île fortement érodée est principalement constituée de coulées et d’intrusions massives de trachyte, ainsi que de dépôts pyroclastiques.

Ses roches ont été datées selon la méthode K-Ar entre 400.000 et 150.000 ans ; une datation au radiocarbone d’une couche de cendres est datée de 39.000 ans avant JC.

photo J.Brock / Sartma.


En 2004, de gros blocs de ponces furent retrouvés sur Tristan ; ils sont considérés comme provenant d’une éruption , associée à un essaim de séismes, marquant le flanc sud-est de Nightingale island (épicentre à 37-53 km. SSE de Tristan)

 

Ponces-de-Nightingale-erup.2004.jpg         Ponces de l'éruption sous-marine de 2004 - photos Courtesy of James Glass, Tristan Times.


Un évènement, passé pour la plupart inaperçu, a eu lieu le 16 mars 2011 : le navire M.V. Olivia, transitant du Brésil vers Singapour, a fait naufrage sur les rochers entourant l’île Nightingale ; 800 tonnes de fuel ont pollué ses côtes et mis en danger sa population de gorfous sauteurs et sa faune marine.

 

Naufrage-du-M.S.Olivia--Trevor-Glass-AP.jpg          Le naufrage de l'Olivia en mars 2011 - photo AP / Trévor Glass

 

 

 

Middle island est entièrement compose de dépôts pyroclastiques, avec des intrusion de dykes, tandis que Stoltenhoff island  est de nature trachytique.

 

Inaccessile island, située à 35 km. au SO. De Tristan, est en réalité un ancient cône volcanique, composé de coulées basaltiques, et dans sa partie sud-ouest , de dômes et coulées de trachyte. Ce volcan fut actif il y a 6 Ma.

Sa partie centrale forme un plateau, culminant au pic Cairn, à 449 mètres d’altitude. L’île est bordée de falaises abruptes et de quelques plages encombrées de gros rochers, ce qui lui a valu son qualificatif d’inaccessible.


Gough island est située dans les "quarantièmes rugissants", à 350 km au 800px-Gough_Island_Landsat-NASA-USGS.jpgsud-est de Tristan da Cunha et est l'île la plus éloignée de l'archipel.

Elle se situe à environ 2.000 km au sud-ouest de Sainte-Hélène, à 2.700 km du Cap (Afrique du Sud) et à plus de 3.200 km du point le plus proche d'Amérique du Sud, à mi-distance entre Le Cap et la Terre de Feu. Image Landsat / Nasa en fausses couleurs.

Elle fut connue sous le nom de Diego Alvarez, un navigateur Portuguais qui l’a découverte au début du 16° siècle, avant de porter celui de Gough en 1731, plus apprécié des navigateurs et baleiniers Britanniques et américains.


gough-island---Panoramio-P.Balwin.jpg            Gough island, aux falaises inabordables  - Photo P.Balwin / Panoramio


Cette île d'origine volcanique, inhabitée, émerge à plus de 900 mètres au-dessus du niveau de la mer, bordée de falaises qui la rendent difficilement abordable, et a une superficie d'environ 65 km². Elle fait 13 km de long sur 7 km de large. De par sa position, elle reçoit plus 2.540 mm de précipitations par an. La dernière activité volcanique y est datée de 2.300 ans.

L'île est entourée de petites îles et rochers comme Southwest Island, Saddle Island (au sud), Tristiana Rock, Isolda Rock (à l'ouest), Round Island, Cone Island, Lot's Wife, Church Rock (au nord), Penguin Island (au nord-est) et The Admirals (à l'est).

L'arête sommitale, le Mt. Rowett expose un plateau de basalte alcalin (ankaramite), transpercé par un bouchon de trachyte peralcalin, "Hag’s tooth".


Gough_island_top_view---Steven-Chown.png               La partie sommitale de Gough Island - photo Steven Chown


Les Îles Gough et Inacessible représentent dans l’Atlantique sud un des écosystèmes insulaires tempérés froids les moins perturbés. Les deux îles, avec leurs falaises spectaculaires surplombant l’océan, ne comptent pas de mammifères introduits et abritent l’une des plus importantes colonies d’oiseaux marins au monde.


GoughIsland.jpg

Un livre consacré à la nature exceptionnelle de Gough Island - par C. Hanel, St. Chown et K. Gaston.

 

L’île de Gough abrite deux espèces endémiques d’oiseaux terrestres, la gallinule de Gough – Gallinula comeri - et le Rowettie de Gough,le pinson de Gough, ainsi que 12 espèces de plantes endémiques. Vingt espèces d’oiseaux marins y nichent, dont la moitié de la population mondiale de gorfous sauteurs – Eudyptes Chrysocome moseleyi - , et la totalité de la population mondiale d’albatros de Tristan – Diomedea dabbenena - , ainsi que des pétrels et autres puffins.

Pour sa part, l’île Inaccessible abrite 2 espèces d’oiseaux, 8 plantes et au moins 10 invertébrés endémiques.

Les eaux environnates abritent le Jasus tristani, le homard de Tristan, qui constitue avec les écrevisses, la principale source de revenus de l’archipel.

 

inaccessible-island-rail.jpg                      Timbre célébrant le râle aptère d'Inaccessible Island - doc. Geostamps

 

Pour les volcano-timbrés, à suivre : une collection de timbres de l'archipel Tristan da Cunha.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Nightingale Island

- BirdLife - Gough Island datazone - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

  L’archipel Tristan da Cunha est situé dans l’Atlantique sud, à 500 km. à l’est de la dorsale médio-Atlantique.

Il se compose de quatre îles : Tristan da Cunha, qui a donné son nom à l’archipel, Gough island, Inaccessible island et le groupe formé par Nightingale island, et deux îlots, Middle et Stoltenhoff islands.

 

-Tristan_archipelago-Map---Mahahahaneapneap.png                          Carte de l'archipel Tristan da Cunha - doc. Varp

 

Cet archipel a vu sa naissance liée au point chaud Tristan (ou Walvis hot spot), source commune du volcanisme qui marque l’archipel, la dorsale Walvis et son pendant, la dorsale Rio Grande, ainsi que la formation des provinces basaltiques (trapps) localisées en Namibie à l’est et au Brésil à l’ouest.

La dorsale Walvis est une dorsale asismique, structure majeure  dans l’Atlantique sud ; elle témoigne du passage originel de la plaque Africaine au dessus du point chaud. L’île Tristan da Cunha est l’expression moderne en surface de ce point chaud. La dorsale Rio Grande forme son pendant ouest sur la plaque Sud-Américaine.

 

O-Connor_and_Duncan_JGR_199015.jpgSchéma des déplacements des plaques sud-américaine et africaine au dessus du point chaud Tristan, en partie centrale gauche d la carte de O'Connor & Duncan. (réf. en sources) - en noir, les trapps du Parana et Edenteka.


Il y a 120-138 Ma, l’activité volcanique du point chaud (ou d’un super-volcan maintenant éteint) crée une vaste province ignée, incluant les trapps WalvisHotSpot.JPGdu Parana (Brésil)  et Edenteka (SO. Angola – NO Namibie), d’un volume original estimé à plus de 2,3.106 km², et actuel de plus d’ 1 M.km², pour une épaisseur d’au moins 2.000 mètres.

Ces inondations basaltiques sont associées au rifting du Gondwana et l’ouverture de l’océan Altlantique sud.

 


WalvisHotSpot2.JPGL’écartement au niveau des dorsales semble symétrique, vers l’est et l’ouest, avec trois phases identifiées par leurs vitesses :

- 84 à 70 Ma : phase rapide avec un ratio d’écartement de 45 mm./an

- 70 à 45 Ma : phase lente avec des variations , ratio de 5-18 mm./an

- 45 à 10 Ma : phase stable , avec écartement à une vitesse constante de 30 mm./an.

Schémas from Tristan da Cunha website - http://www.tristandc.com


( plus de détails sur : Tristan da Cunhahotspot tracks and the seafloor spreading history of the South Atlantic / by Hall et Bird / Smithsonian inst.)

 

tristan-da-cunha.Atlas-obscura.jpg                        L'île volcanique Tristan da Cunha - photo Atlas Obscura.


Tristan da Cunha est une île volcanique de 13 km. de diamètre, formée par un volcan-bouclier haut de 2.060 mètres et ses coulées. Sa base repose à 3.700 mètres sous le niveau de la mer.

L’érosion marine a sculpté les hautes et abruptes falaises qui ceinturent l’île. Leur succèdent des pentes plus douces qui mènent au pic Quenn Mary, et son cratère principal large de 300 mètres et contenant un petit lac. Les éruptions proviennent de ce cratère et de nombreux évents de flanc, ainsi que de fissures radiales. Les côtés du volcan sont ponctués de cônes stromboliens placés le long de ces fissures radiales et d’autres fissures circulaires. Un essaim de dykes est exposé de façon radiaire à l’édifice-mère.

 

tdc-geol---Baker-1964.gif                                                  Tristan da Cunha geology - doc. Baker 1964

 

L'éruption de 1961-62 :

Le seule éruption historique de Tristan da Cunha s’est produite en 1961-62, au niveau d’un évent situé sur la côte nord à proximité du seul point d’établissement humain de l’île.

Nat-Geo-article-1962.jpgL’éruption débuta le 10 octobre 1961, après un essaim sismique, accompagné de chutes de roches au niveau des falaises … la lave fit irruption tout juste à l’est des habitations, formant un cône égueulé, qui dirigea les coulées vers la mer. L’éruption dura jusqu’en mars 1962 ; un dôme de lave commença à croître ensuite et scella l’évent.

 

"Death of an island " article du National Geographic de 1962 relatant l'éruption historique de Tristan da Cunha.

 

112076.jpgEdinburg of the Seven Seas, "the settlement" - le cône de scories et la coulée de lave  -  Photo by Vicky Hards, 2004 (British Geological Survey, copyrighted NERC) / GVP.


Vers octobre 1961, l’évacuation des habitants est entreprise : ils se réfugient dans un premier temps à l’île de Nightingale, avant d’être expédiés au Cap. Finalement, les Tristanais furent transportés en Grande-Bretagne, où ils furent abrités sur une ancienne base militaire nommé Pendell Army Camp, près de Mersham-Surrey, en Angleterre. Ils furent ensuite regroupés à la base abandonnée de Calshot, nom qu’ils retiendront pour désigner leur nouveau port d'attache à leur retour chez eux, de la Royal Air Force, près de Southampton en Angleterre. Pour la plupart d’entre eux, ils éliront domicile sur un chemin qui est toujours nommé "Tristan Close".

En 1962, la Royal Society organise une expédition pour connaître l’ampleur des dégâts causés par l’éruption et pour étudier les conséquences qu'elle aurait pu avoir sur la faune et la flore locale. Les chercheurs découvrent le bourg d’Edimburg of the seven Seas presque intact — l’éruption s’était arrêtée à seulement 300 mètres de la colonie. Mais les autorités ne veulent pas rapatrier les insulaires, prétendant "qu’ils sont mieux là où ils sont". Alors les Tristanais entreprennent  d’organiser leur propre rapatriement. Les autorités font alors volte-face pour faire tout le nécessaire pour venir en aide aux habitants. En 1963, mené par Willie Repetto (le chef de l'île) et Allan Crawford (un ancien agent de santé posté sur l’archipel), les Tristanais regagnent leur pays, sauf cinq qui en avaient décidé autrement, et cinq des leurs qui étaient décédés lors de leur séjour en Angleterre. Mais la population s'était accrue de huit nouveau-nés entre-temps.


Tristan : isolement et auto-dépendance.

L’île Tristan da Cunha ne figure sur les cartes que depuis 1509 ; elle fut Tristao-da-Cunha----Paolo-Giovio-Elogi-virorum-bellica----jpgapprochée pour la première fois par un navire commandé par Tristao da Cunha, naviguant sur la route des Indes en 1506, avec un mandat du roi du Portugal.


Portrait deTristao-da-Cunha -Paolo Giovio Elogi virorum bellica - 


La première exploration connue de Tristan da Cunha fut menée le 7 février 1643 par le vaisseau Heemstede de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, dirigé par le capitaine Claes Gerritszoon Bierenbroodspot (un nom pareil ne s’invente pas !… littéralement traduit : bière-pain-pot).

Le navire en profite pour se ravitailler en eau douce, en poissons, en phoques et en manchots.


Tristan---HMS-Challenger---Thomson-1878-NOAA-Photo-library.jpgGravure antique évoquant l'approche de Tristan da Cunha par le H.M.S. Challenger. - Thomson 1878 / NOAA photo library.

 

Ce n’est qu’en 1810 qu’une première colonisation est tentée par trois Américains natifs de Salem au Massachusetts. Le chef de cette petite bande est un certain Jonathan Lambert, un homme excentrique qui, dès son arrivée, prend possession de ces terres en son propre nom et les rebaptise Refreshment Islands. Ils survivent en cultivant des pommes de terre, du blé et des légumes, et en faisant l’élevage de porcs. Leur commerce est basé sur le troc d’eau potable, de bois et des surplus de la récolte qu’ils trafiquent avec les navires de passage.

Malgré une occupation continue, en août 1814, la Grande-Bretagne s’empare des îles Refreshment en les annexant officiellement. La Grande-Bretagne revendique plusieurs raisons pour cette prise de possession, entre autres qu’elle souhaite prévenir toute tentative d’évasion appuyée par des sympathisants de l’ex-empereur Napoléon Bonaparte détenu, suite à la défaite de Waterloo, sur l’île de Sainte-Hélène à 2 180 km au nord de l’archipel de Tristan da Cunha. Il y a aussi le besoin de priver les vaisseaux de guerres américains d’un havre à l'abri, permettant de cibler les navires marchands britanniques en route ou en provenance des pays de l’Orient.

En 1867, le prince Albert, duc d’Édimbourg, deuxième fils de la reine Victoria, visite les îles. C’est en son honneur que les habitants de la colonie ont renommé leur bourg "Edimbourg-des-Sept-mers"  - "Edinburgh of the Seven Seas ", mais ils préfèrent toujours l’appeler plus intimement la Colonie "The Settlement ".


Edinburgh-of-the-Seven-Seas--Tristan---Michael-clarke-stuff.jpgEdinburgh of the Seven Seas - le cône de 1961 sur la gauche, tout petit comparé à la falaise - photo Michaël clark stuff.


Suite à l’ouverture du canal de Panama en 1904, et au déclin de l’industrie de la chasse aux baleines, les visites se font de plus en plus rares. Il s’agit, vraisemblablement, d’une période d’isolement presque total, et la population parvint à survivre par ses propres moyens. Cette auto-dépendance, qui perdure encore actuellement, caractérise le peuple tristanais.

 

L'île abrite aujourd'hui 290 personnes, réparties en 80 familles, caractérisées par seulement 8 lignées et noms de familles différents ... ce qui laisse supposer un problème de consaguinité.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Tristan da Cunha

- Tristan da Cunhahotspot tracks and the seafloor spreading history of the South Atlantic / by Hall et Bird / Smithsonian inst.

- Evolution of the Walvis Ridge-Rio Grande Rise Hot Spot System'
Implicationsf or African and South American Plate Motions Over Plumes - J.O'Connor & R.Duncan / Journal of geophysicalresearch vol95 oct.1990
- Vulkaner - Tristan da Cunha 1961 eruption - link

- About.com - Tristan da Cunha, the world's most remote island - Matt Rosenberg

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Publié le par Bernard Duyck
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La ville de Murat est située au pied des contreforts orientaux des Monts du Cantal, dans la vallée Alagnon qui était le principal lieu de passage au travers du Massif central.


Murat-rocher-des-bredons---2--Vincent-donato.jpg

Panorama sur Murat - à gauche, le rocher de Bredons et son prieuré - à droite, le rocher de Bonnevie surmonté d'une statue - photo Vincent Donato / Picassa.


Elle est entourée par trois rochers basaltiques qui sont les vestiges d'anciennes cheminées volcaniques, toutes composées de basanite à olivine, alignées sur une fissure, et déchaussées par l’érosion glaciaire:

le rocher de Bredons, où se trouve un prieuré, et des "gerbes rayonnantes", le rocher de Bonnevie où se trouve la statue de Notre-Dame de la Haute-Auvergne et de très fines orgues basanitiques,  et le rocher de Chastel.

A Murat, les murs de la vieille ville sont souvent constitués de prismes basaltiques empilés les uns sur les autres, sans ciment.

 

Murat-Rocher_de_Bredons--ph.Fabien-1309.JPG            Murat, le rocher de Bredons et son prieuré sous un angle différent  - photo Fabien1309.


Murat - Orgues basaltiques- Fabien 1309

        Murat , fines orgues basanitiques du rocher de Bonnevie - photo Fr.Thurion via Fabien1309.

 

Murat-rocher-de-Bonnevie-hiver---site-de-Murat.jpg                       Murat, le rocher de Bonnevie en hiver - photo site web de Murat.

 

Chastel-prismes-en-gerbes---sortie-cantal.jpg     Cantal - prismes en gerbes (indiqués par les flèches) - doc. Excursions Géosciences / A.Dardon.

 

Chastel-Marlhac est caractérisée par une falaise marquée par des éboulis : ce sont les restes d’un lac de lave fossile circulaire, de 750 mètres de diamètre formant un entablement… l’appareil éruptif qui ceinturait le cratère a été entièrement détruit par l’érosion.

Cette falaise de 40 à 50 m. de haut, présente des orgues horizontales à la base, verticales au sommet. La roche est une basanite ( température du lac au moment de son activité : 1.050°C)

 

Rocher-de-Chastel-ancien-lac-de-lave.jpg                        Le lac de lave fossile de Chastel - photo non référencée

 

Le site de Chastel-Marlhac correspond au site antique de Meroliacum , un oppidum, décrit dans "l'histoire des Francs": "Ce lieu, fortifié par la nature, était assis sur un rocher taillé à pic ; un escarpement de cent pieds et plus de haut en formait l'enceinte ; au milieu il y avait un grand lac d'eau limpide, très agréable à boire. De l'autre part sourdaient des sources assez abondantes pour former un cours d'eau vive qui s'échappait par la porte. La place était si vaste que ceux qui l'habitaient cultivaient la terre dans l'intérieur des murs et récoltaient des fruits en abondance."

 

La région abrite de la Chabazite, gîtée dans les cavités de roches volcaniques; elle n'est pas une espèce minérale mais désigne une série de quatre espèces du groupe des silicates, sous groupe des tectosilicates, de la famille des zéolites qui sont trigonales, isométriques : la chabazite-Ca, chabazite-K, chabazite-Na, chabazite-Sr.

Elle est décrite en 1792  par Louis-Augustin Bosc d'Antic sous le nom de " Chabasie ", du grec chabazios, pierre mal définie. Le terme sera déformé par la suite en chabazite.

 

Murat---chabasite-musee-ferme-de-l-orme---geowiki.jpg                           Murat - Chabazite - musée Ferme de l'Orme - Géowiki

 

A proximité, les carrières de Foufouilloux ont été ouvertes dans des diatomites de la fin du Miocène, datées d’environ 5,5 Ma, qui se sont accumulées dans un cratère d’explosion, vraisemblablement de type maar. Les lacs à diatomées sont fréquents aux abords des volcans, car les algues siliceuses trouvent une source de silice facile à utiliser dans les laves acides.

 

Fourfouilloux---sortie_cantal14.jpgCarrière de Foufouilloux -  la diatomite se trouve sous une couche morainique - photo Excursions Géosciences / A.Dardon. 


Diatomite - sortie cantal14Ces diatomites présentent une structure varvée : une alternance de niveaux clairs, correspondant au printemps et été, et de niveaux plus sombres, enrichis en matière organique , correspondant aux deux autres saisons.


Varves (flèches) dans de la diatomite - photo Excursions Géosciences / A.Dardon.


On y retrouve de nombreux végétaux ( feuillus, conifères, graminées et mousses) et des insectes, qui ont permis une reconstitution du climat de la fin du Miocène.

 

Murat-diatomites---geoforum.jpgMurat-diatomites-faune_empreintes_diverses---museum-H.Nat-P.jpg

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, feuille de chêne sur diatomite - doc. Géoforum / speleunca 09.

 

A droite, empreintes diverses de faune sur diatomite - doc. Museum d'histoire naturelle de Paris.

 

 

 La région fut illustrée par un peintre Français, Charles Jaffleux (1902-1941), qui, malgré une courte carrière, a produit un millier d'oeuvres, dont des eaux-fortes des monuments régionaux, qu'il a fait éditer en cartes postales ... ceci lui a assuré un revenu lui permettant de se consacrer à la peinture de paysages Auvergnats, et d'autres provinces françaises.

 

Puy_Griou_Charles_Jaffeux_--NdFrayssinet.jpg

                      Charles Jaffleux - Cantal - le Puy Griou - photo NdFrassinet

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delacaux & Niestlé.

- Saga – la commission géologique du Cantal - link

- Excursions géosciences – Arnaud Dardon, géologue. - link

- Carrière de diatomites de Foufouilloux  - link 

- Le plateau de Chastel - link

- Chabazite - Géowiki

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Publié le par Bernard Duyck
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Les régions volcaniques ont toujours constitué des pôles d'attraction, du fait de l'existence de fumerolles et de sources chaudes que l'on pouvait utiliser pour se chauffer, cuire des aliments ou tout simplement se baigner. Les premiers témoignages d’utilisation d’eau chaude pour des thermes nous viennent d’Italie, dès de 2.000 avant JC.

 

Dès 1330, les archives font mention en Auvergne d’un réseau de distribution d’eau chaude, à une époque ou les tuyaux étaient encore en bois ; le seigneur local prélevait une taxe pour l’entretien de ce réseau de distribution, qui servait déjà à des "usages industriels", comme le lavage de la laine et des peaux.

 

Chaudes-Aigues-Lavoir-d-eau-chaude---ph.Ji-Elle.JPG                              Chaudes-Aigues, le lavoir d'eau chaude - photo Ji-Elle

 

A Chaudes-Aigues, située à la confluence de deux systèmes de fractures, trente sources chaudes sont répertoriées, dont la température est comprise entre 45 et 80°C.

Elles sont réparties en deux aires d'émergence : le Par, au centre-ville et le Moulin du Ban, au sud. Elles sont alimentées par des eaux superficielles infiltrées dans le système fracturé du socle, réchauffées à plusieurs milliers de mètres de profondeur, puis drainées vers la surface par un réseau de fractures très localisé ... ce réseau permet, en l'absence de volcan à proximité, un transfert thermique. Les eaux hyperthermales, portées à plus de 200°C, plus légères et aidées par la détente du CO2, s'élèvent en se refroidissant durant l'ascension, par baisse de pression et/ou mélange avec des eaux superficielles froides.


Déjà, les romains goûtaient les bienfaits des " calidas aquae " (les eaux chaudes) et au Moyen-âge, paralytiques et lépreux venaient s'y baigner.
Au Moyen-âge encore, on mit au point un système de chauffage central d’une simplicité biblique, qui perdure depuis : il consiste en un réseau de canaux qui distribuent l’eau chaude à plus de 300 maisons, lesquelles dissimulent, sous les dalles de lauze du rez-de-chaussée, un réservoir où l’eau s’accumule, réglée par une vanne.

Ce système fait ses preuves depuis plus de six cent ans, même si aujourd'hui, le PVC a remplacé les conduites en bois de pin et que certains habitants, heureux possesseurs de sources privées, disposent d'échangeurs thermiques qui alimentent les robinets en eau chaude.
En sorte que, du 24 octobre au 31 avril, les Caldaguès se chauffent à peu de frais, tandis que le reste de l'année, l'eau chaude est réservée au lavoir, à la piscine et à l'établissement thermal.

niches-vitrees-Chaudes-Aigues-jpgSur chacun des quartiers de la ville, veille un saint, enfermé dans une niche accrochée au mur d'une maison : ces statues, dorées, polychromes et dont l'origine remonte pour la plupart au 18° siècle, font la fierté des Caldaguès, qui les honorent une fois l'an. Ainsi sacralisée, l'eau de Chaudes-Aigues, nonobstant son odeur de soufre et sa couleur rouille, concourt depuis toujours à la vie de la cité.

 

chaudes-aigues---IRD.jpg                                Chaudes-Aigues, la source du Par - photo IRD

 

La source du Par, une des plus chaudes d’Europe,  tire son nom du fait que le cochon y était "paré ", c'est-à-dire nettoyé et épilé grâce à l’eau très chaude.

Elle est immédiatement repérable , en plein cœur du village, par son nuage de vapeur ; elle débite moyennement 320 litres à la minute.

 

Ces eaux sont exploitées tout au long de l’année par le centre thermal Caleden, pour leur température exceptionnelle et leur composition chlorurée sodique riche en oligo-éléments ; cette composition physico-chimique particulière confère aux eaux locales des propriétés antalgiques et myorelaxantes intéressantes pour le traitement des affections rhumatismales. Des soins thermaux – bains, douches, étuves, application de boue, rééducation en piscine d’eau thermale – sont proposés en cures.

 

Chaudes-Aigues-Source-Musee---ph.OT.JPG   Chaudes-Aigues, le musée  Geothermia ... et une fontaine d'eau chaude - photo Office du Tourisme.

 

Chaudes-Aigues accueille aussi aujourd’hui Geothermia, le musée européen de la géothermie et du thermalisme ; sous les dalles de schiste du rez-de-chaussée, circule l'eau thermale attestant que c'est bien ici qu'est né, en 1332, le premier réseau de chauffage urbain au monde. Sur dix salles, le musée passe en revue les diverses utilisations de la géothermie : chauffage, aquaculture,thermalisme, production d’électricité, avec un focus sur … " la ville chauffe-eau ".

 

Sources :

- Chaudes-Aigues – modèle géothermique d’un site historique / Cerimes – JP.Gibert & R.Brousse.- link

- Inventaire du patrimoine thermal de Chaudes-Aigues  - link

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Cantal_volcanoes_section-fr.svg---Semhur.png Coupe des monts du Cantal - elle révèle la forme du volcan ancestral en suivant la pente des planèzes  - doc. Semhur.


Les vastes nappes basaltiques émises par le Cantal au Pliocène ont pris le nom de "planèze ", désignant au départ cette région, et qui dérive de l’occitan "planesa " - petite plaine, plaine agréable. 

Presqu’absentes dans le quart nord-ouest, ces coulées à pendage centrifuge, peuvent atteindre 250 m. d’épaisseur dans la partie nord. Elles sont dues à divers centres éruptifs, ponctuels ou linéaires, disséminés sur toute la surface des planèzes.

Nous avons diverses planèzes : la planèze de Trizac, celle de Salers, celle de Pierrefort et celle de Saint-Flour que nous examinerons plus en détail.

Jadis ne formant vraisemblablement qu’un seul vaste plateau, elle ont été séparées par de profondes vallées creusées par l’érosion.

La roche une fois dégradée a donné naissance à des espaces de terres fertiles étendus, couverts de pâturages et bosquets, qui ont aidé à la renommée des viandes et fromages produits localement.

 

Carriere-Bouzentes---Hebrard.jpeg                           La pierre de Bouzentès - exploitation Hebrard & fils

 

Entre St Flour et Chaudes-Aigues, une des coulées basaltiques constituant la planèze de St Flour se laisse découvrir, grâce à l’exploitation carrière.

A Bouzentès, elle est épaisse de 5 à 30 mètres, et son volume est estimé à 1,3 km³ ; cette coulée résultant d’une éruption hawaiienne, datée de 4,2 Ma, a recouvert 65 km².

La pierre de Bouzentès est un magnifique basalte à structure doléritique, phénocristaux d’olivine et baguettes enchevêtrées de plagioclase, utilisée pour la construction locale.

La cathédrale de St Flour (XV°), érigée en l’honneur de l’évêque Florus, le saint-fondateur responsable de l’évangélisation de la région au 5°siècle, en est un bel exemple.

 

SaintFlour---ph.Bea.jpg                     St Flour - la vieille ville s'est installée sur un éperon basaltique - photo Béa.

 

St Flour est construite pour part sur un éperon basaltique. On peut y admirer une coupe dans la coulée, qui présente une belle colonnade régulière, à prismes verticaux de bonne taille, surmontée d’un entablement correspondant à la partie centrale de la coulée. Elle est datée de 8,8 Ma.

 


St-Flour.jpg    St Flour - Cantal - double prismation d'une des coulées parmi les plus accessibles.
Les orgues basaltiques de Saint-Flour sont des remparts naturels qui se sont formés par deux coulées de laves successives. Ils divisent ainsi la ville entre une partie basse, et une partie haute, perchée au sommet des remparts. Ces derniers ont permis d'assurer à Saint-Flour une bonne position défensive. Longtemps, les tailleurs de pierres de la ville s'y sont réfugiés afin d'exploiter la roche volcanique.

 

St-Flour-av.-des-orgues---Cybercantal.JPG                                 St Flour, avenue des Orgues - photo Cybercantal.

 

La planèze de St Flour abrite un ensemble mégalithique datant du néolithique. Douze mégalithes sont datés entre 5.000 et 2.000 avant JC. Lors de fouilles archéologiques récentes, on a découvert des poteries, des silex et des fragments d’os permettant une datation précise.

Le dolmen de Mons est enchassé dans son tumulus ; sa dalle de basalte mesure 2,3 mètres de longueur. A Bouzentès, le dolmen dit de "la tombe du Capitaine" porte des gravures non encore interprétées.

 

Tombe_du_Capitaine_Villedieu.JPGDolmen dit de " la tombe du Capitaine" : piliers de basalte, et table de dolérite - photo the megalith portal.

 

Sources:

 

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière, éd. Delachaux & Niestlé

- Les volcans du Massif Central - P. Nehlig & al. / BRGM - link

- Le volcanisme du Cantal / BRGM / link

- Guide du Cantal - promenades géologiques / BRGM - link

- Le volcanisme du Cantal - Laurent Besnard - link

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Après les sommets, revenons sur la majeure partie de la structure du volcan du Cantal.

 

-MontsDuCantal-pres-plomb---B.Navez.jpg               Paysage du volcan du Cantal, dans les environs du Plomb du cantal - photo B. Navez


Après l’éruption du St Helens, en 1980, dans l’ouest des Etats-Unis, on a pu étudier en détails les avalanches de débris (définition : *)  … à la suite de quoi, une mise en parallèle avec la structure du Cantal a débouché sur un programme de cartographie et d’acquisition de nouvelles données géochronologiques et géophysiques, par Nehlig et ses collaborateurs en 2001, qui fournit une vision synthétique de l’évolution du stratovolcan.

 

( * ) : Les avalanches de débris volcaniques sont des glissements de terrains de plusieurs km³ qui affectent la structure même des édifices volcaniques. Ainsi l'avalanche de débris du Mont St Helens le 10 Mai 1980 a enlevé les 500 m du sommet du volcan. Ces glissements de terrains forment généralement des caldeiras d'avalanche qui ont une forme en fer à cheval avec un diamètre de un à trois kilomètres et une profondeur qui est généralement de plusieurs centaines de mètres. Les dépôts d'avalanche sont constitués d'un assemblage de débris mal triés noyés dans une matrice hétérogène. Certains fragments peuvent être de taille hectométrique et former à la surface du dépôt une morphologie à collines et dépressions fermées Une des caractéristiques des avalanches de débris volcaniques est leur très grande mobilité par rapport à ce que dicte le bon sens avec un rapport distance parcourue sur hauteur de chute qui est généralement voisin de 11. - définition du BRGM.


L'essentiel du massif du Cantal est constitué de volcanoclastites. Celles-ci, majoritairement de nature trachyandésitique, affleurent dans le centre du massif sur une épaisseur pouvant atteindre près de 800 m et diminuent régulièrement vers la périphérie.

Ces volcanoclastites révèlent des modes de transport et de mise en place très différents : écoulements pyroclastiques, coulées autobréchifiées, lahars, avalanches de débris.

 

Cantal-avalanches-debris-en-brun---BRGM-copie.jpg BRGM-carte-geologique.jpgCarte géologique simplifiée du Cantal. 1 : basaltes supracantaliens (planèzes); 2 : dépôts d'avalanches de débris ; 3 : dépôts de coulées de débris ; 4 coulées et pyroclastites trachyandésitiques et trachytiques ; 5 : basaltes infracantaliens ; 6 : sédiments oligo-miocènes ; 7 : socle hercynien. Le découpage rectangulaire correspond à celui des cartes au 1/50000 - doc. BRGM.

 

 

 

Schématiquement, dans la partie centrale de l'édifice (10 à 13 km de diamètre), il s'agit essentiellement de brèches de nuées ardentes et de coulées autobréchifiées remaniées longitudinalement ( jusqu'à de 17 à 27 km du centre géographique du volcan) en dépôts de lahar.

En revanche, dans les parties plus distales du massif, il s'agit de dépôts d'avalanches de débris trouvés jusqu'à près de 40 km du coeur de l'édifice.

 

logstraticant.jpgStratigraphie des dépôts respectivement dans la zone centrale, les zones intermédiaires et périphériques - doc. BRGM


Le volcan du Cantal est donc constitué de deux grandes formations, associées aux épisodes de construction et de destruction de l'édifice volcanique :

- en son centre, un empilement de coulées et de volcanoclastites, dont la base fortement propylitisée renferme de nombreux dépôts de coulées pyroclastiques, des intrusions trachyandésitiques, trachytiques et rhyolitiques.

A ce complexe trachyandésitique succède un complexe laharique vers les marges du strato-cône ;

- en périphérie, les dépôts d'avalanches de débris issus des déstabilisations de flanc successives des édifices centraux et de leurs piémonts lahariques.

(description dans Nehlig & al. / Les volcans du Massif Central - le plus grand volcan d'Europe : le Cantal - BRGM)

 

Pourquoi autant d'avalanches de débris ?

Les dépôts d'avalanches de débris peuvent avoir été induits ou facilités par des facteurs divers concomitants ou non.

- une énorme quantité de matériaux disponibles, de l'ordre de 300 km³ de laves et pyroclastes mis en place entre -9 et -7 Ma, d'après les dernières estimations, et qui n'ont pu s'étaler.

- le substratum disloqué, masqué par les formations volcaniques, reflète une topographie générale assimilable à un plateau irrégulier, s'abaissant du NE. au SO., du Cézallier vers Aurillac, combinée au jeu des horsts et grabens sous le Cantal, conséquence d'une tectonique de distension.

- la présence sur le socle d'argiles et de marnes d'âge tertiaire, plastiques qui ont du favoriser la mobilité des avalanches de débris.

- les dykes reliant les protubérances phonolitiques pourraient avoir fragilisé l'édifice volcanique, ainsi que des altérations d'ordre hydrothermal.

 

Sur le schéma ci-dessous, une relation entre le volume estimé des dépôts d'avalanche de débris et le volume du stratocône (échelles logarithmiques) permet de concevoir la taille du volcan par rapport p.ex. à celle du St. Helens.

 

article_morfo_1266-5304_2001_num_7_2_109412.jpg

Relation entre les volumes des édifices volcaniques et les dépôts d'avalanches de débris (d'après Siebert et al., 1995 et McGuire, 1996). / P.Nehlig & al. - les dépôts d'avalanches de débris du Cantal - Persée.

 

 Qu’elle devrait être la paléo-altitude du stratovolcan du Cantal ?

Une étude sur des avalanches de débris sur des volcans japonais nous informe que la distance maximale parcourue par une avalanche de débris est 5 à 17 fois plus importante que la hauteur de chute. Le rapport H/L décroît faiblement avec le volume de l'avalanche.

La prise en compte de cette corrélation entre hauteurs de chute et distances parcourues par les avalanches de débris permet d'estimer les paléo-altitudes du Cantal trachyandésitique.

Ainsi, pour les dépôts d'avalanches trouvés à 35 km du coeur de l'édifice volcanique, la hauteur de chute ne pouvait être inférieure à 2400 m ; la prise en compte de l'altitude des dépôts distaux d'avalanches de débris conduit donc à une altitude absolue initiale de l'édifice qui ne saurait être inférieure à 3000 m.

 

murat_coupe.jpg

Reconstitution du paléo-volcan avant et après l'avalanche de débris (en pointillés) par rapport au profil actuel (en orange). - d'après un doc. BRGM

etape9_2-copie.jpg                                 Profil actuel du stratovolcan du Cantal - doc. BRGM

 

 

Sources:

- BRGM - Le Cantal

- Revue Géologues - les volcans du Massif central - par P.Nehlig & al.

- Les dépôts d'avalanches de débris du Cantal (France) : témoins
de la construction du plus grand stratovolcan européen d'âge miocène - par Nehlig Pierre, Dardon Arnaud, Fréour Gwenael, Huguet David, Leyrit Hervé. In: Géomorphologie : relief, processus, environnement. Avriljuin, vol. 7, n°2. pp. 107119. - doi : 10.3406/morfo.2001.1094 - http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/morfo_1266-5304_2001_num_7_2_1094.

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Reprenons la coupe du massif pour situer la zone :

 

Cantal volcanoes section-fr.svg - Semhur                       Coupe du massif du Cantal et position de la caldeira - doc. Semhur.

 

Le "Plomb du Cantal" est le point culminant du massif, avec 1.855 m., formé par un culot cratérique déchaussé en inversion de relief (*)et cerné par des éboulis, qui surmonte un amoncellement de dizaines de coulées de trachyandésite et de brèches pyroclastiques formées par des nuées ardentes. La lave qui le compose est une basanite à leucite ; ce feldspathoïde est présent en faible quantité et uniquement visible au microscope.

Cette structure représente l’activité la plus récente du Cantal, datée de 2,9 Ma.

 

Plomb-du-Cantal---B.Navez.JPG                            Le Plomb du Cantal (sur la gauche de la photo) - photo B. Navez

 

plomb-du-cantal---L.Besnard-copie-1.jpg

    Autre point de vue sur le Plomb du Cantal, soulignant l'inversion de relief - photo L. Besnard

 

(*) inversion-de-relief-desktop-resolution.jpgL'inversion de relief  est un phénomène du à l'érosion, qui fait qu'une coulée de lave, ou un lac de lave dans le cas du Plomb, qui primitivement se trouvait au fond d'une vallée se retrouve, des millions d'années plus tard, comme un plateau dominant le paysage.

 

doc. L. Besnard

 

La première référence littéraire à cet endroit apparaît sous la graphie "pont de Cantal" dans un poème provencal du 13° siècle … mais il faut y voir une faute de copiste : il fallait écrire "pom " , nom ancien de pommeau désignant la forme arrondie du sommet. C’est sous cette forme qu’en est fait la première mention administrative de ce sommet :" ... in montanis de Bana et de Monte Jovio, usque ad Pom de Cantal " (traduction : " dans les montagnes de Bane et de Monjou, jusqu'au Plomb du Cantal ").

 

PuyGriou---B.Navez.JPG                        Le Puy Griou, une protrusion phonolitique  - photo B.Navez

 

Le Puy Griou est quant à lui une protrusion pâteuse de phonolite à haüyne et analcime. Il se serait mis en place, il y a 6 Ma, après les phases paroxystiques qui ont eu lieu entre 8,5 Ma et 6,5 Ma. Au Quatrenaire, marqué par des périodes froides, l’action répétée du gel et du dégel a débité la roche en lauzes et formé un manchon d’éboulis.

Puy-Griou-G---puy-grionou---Cantal-nature-copie-1.jpg

 

Le Puy Griou, à gauche, et le Griounou, à droite. photo Cantal Nature.

 

Le Puy Griou (1.694 m.) voisine le puy de l'Usclade (1.498 m.) et le Griounou (1.514 m.), qui sont tous deux des extrusions de phonolite à haüyne, sodalite et analcime.

 

 

 

Puy-Maru---L.Besnard.jpg

      Le Puy Mary , un dôme de benmoréite, sous un éclairage matinal  - photo L. Besnard

 

Le puy Mary, 1.787 m., est un dôme pyramidal âgé de 7,2 Ma, largement Puy-mary---BRGM.giférodé par les glaciers. On l’atteint au départ du Pas de Peyrol, dans un paysage de cendres et de blocs, brèches qui témoingnent des nuées ardentes émises par le puy Mary.

 

Stratigraphie du complexe bréchique surmonté du Puy Mary - doc. BRGM


La lave est une benmoréite : du groupe des trachyandésites, une lave riche en phénocristaux de plagioclase, de sanidine et hornblende brune, noyés dans une pâte à microcristaux de sanidine, biotite et tridymite, lardée de filons de basalte ou phonolite.

 

De son sommet, le panorama est grandiose sur la partie sommitale du massif cantalien, où se distinguent principalement des structures trachyandésitiques, à l’exception de la zone terminale basaltique du Plomb et des pitons phonolitiques des puy Griou et Griounou. (voir la classification minéralogique du BRGM)

 

Peyre-arse-et-breche-de-Roland----Herbythyme-copie-1.jpgLe Puy de Peyre Arse (à gauche ) et la Brèche de Rolland (à droite) ... un passage difficile à franchir - photo Herbythyme.


En suivant la ligne de crête courbe, on atteint une entaille dans celle-ci : la brèche de Rolland, datant de l’édification du stratovolcan entre 8,5 et 7 Ma.

Ensuite, les Fours et par un sentier qui court sur des coulées de trachyandésite, on peut rejoindre le puy de Peyre Arse (1.806 m.)

 

Cette découverte n’est possible que par beau temps (attention au brouillard) et entre les mois de mai et novembre, à cause du possible enneigement … de plus, il n’y a aucun point d’eau sur le tracé.

 

 

 

 

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- Le volcanisme du Cantal - par Laurent Besnard /Randonnées accompagnées dans le Cantal. - link

- BRGM - le Cantal - link

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