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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Kaiserstuhl, qui culmine au Totenkpof à 559 mètres, est situé dans le graben rhénan, à l'est du Rhin.

 

Kaiserstuhl---kais-breisgau.jpg                 Vue aérienne du complexe du Kaisersthul - photo Kaisersthul-Breisgau.de

 

Cet ensemble, le complexe volcanique du Kaiserstuhl, "le trône de l'Empereur", a manifesté une activité entre -19 et -16 millions d'années.

Il a une superficie de 150 km², un diamètre approximatif de 12-13 km.

Sa mise en place au tertiaire supérieur, après la phase de fracturation et d'effondrement du fossé rhénan.

Il est malaisé de distinguer les grands domaines géologiques, car le massif est recouvert à 85% de loess d'âge quaternaire.

Environ une trentaine d'affleurements de roches volcaniques alcalines existe autour du Kaiserstuhl. Ces roches forment des petits affleurements sur les deux bords du sud du fossé Rhénan .

En France, notamment à Trois Epis et Le Valtin (mélilitites à néphéline), à Orbey, Riquewihr, Tannenbach et Vordermarbach (néphélinites à olivine).

En Allemagne, entre autres, à Zähringen, Attental, Uhlberg et Reutebach, en Forêt Noire. Toutes ces roches forment des intrusions, filons ou necks, dans les roches encaissantes.

 

schauenberg_coupe_geol_fosse---lithotheque-alsace.jpg                                                     Doc. Schauenberg / lithothèque Alsace

 

carbonatites-Kaiserstuhl-11-Eduscol.jpgCarte des centres volcaniques du sud du fossé Rhénan - D'après Keller et al., 2002 / éduscol ENS Lyon.

 

Pourquoi le volcanisme est-il centré à cet endroit ?

En raison de la faible profondeur du Moho - la discontinuité de Mohorovicic, séparation entre la croûte terrestre et le manteau - qui ne se trouve ici qu'à 24-25 km., contre une moyenne de 30 km. sous les continents "stables".

 

On distingue trois unités géologiques :

- à l'est, on a une zone recouverte de sédiments datés du jurasique à l'oligocène, où percent trois dômes phonolithiques : le Fohberg (324m alt.), l'Endhalden (336 m. alt.) et le Käferholz (346 m.alt.), alignés sur une fracture N-S.


- au centre, une masse intrusive riche en filons et enclaves, avec le Badberg (435 m.) et l'Orberg (403 m.)

 

Totenkop---vues-sur-Badberg-et-Hochberg--kais-breisgau.jpgPoint de vue, du haut du Totenkop, sur le Badberg et le Hochberg - photo kaisersthul-breisgau.de


Diverses sources chaudes existent au Badberg (température de 20°C).


- à l'ouest, on retrouve divers stratovolcans : à Breisach am Rhein (225 m.), au Humberg (246 m.), au Lützelberg (230 m.), au Limberg (272 m.) - et un dôme de phonolithe, le Kirchberg (295 m.)

 

carbonatites-Kaiserstuhl-04.jpg  Carte géologique simplifiée du complexe éruptif du Kaiserstuhl, hors couverture de loess -

D’après “Erläuterungen zur geologischen Exkursionskarte des Kaiserstuhl”, Freiburg, 1959 / éduscol ens-Lyon.

 

Karte_Eisenlohr---1829-jpg

                   Carte du Kaiserstuhl datée de 1829 - Eisenlohr - moins précise que la précédente.


Evolution et dates des éruptions :

Sur base d'études géologiques, pétrographiques, géochronologiques, on a pu reconstituer l'histoire de ce complexe. Maurice Krafft considère son développement en trois périodes.

1. avant -18 Ma : A l'éocène, une sédimentation se développe jusqu'à l'oligocène, tandis que des mouvements tectoniques soulèvent certaines zones de plusieurs centaines de mètres, en donnant naissance à un réseau de failles  N-S. Au début du Miocène, une activité volcanique explosive marque l'est du massif, avec émission de tuffs et brèches phonolitiques.

2. de -18 à -16 Ma : édification de plusieurs stratovolcans, et alternance de coulées de téphrites, de limburgites et néphélinites ou encore phonolites.

La manifestation la plus récente du volcanisme se fait au stratovolcan de Limberg-Lützelberg. 

3. Durant la seconde période, il y a -17 Ma, le Kaiserstuhl est le siège d'une intense activité intrusive surtout dans sa partie centrale :

- filons et extrusion de dômes phonolitiques

- injection d'une masse centrale essexitique

- montée des carbonatites au sein des essexites

- injection de filons d'essexites et phonolites dans l'ensemble formé précédemment,

avec une dilatation générale du volcan dans les sens est-ouest.

 

Oberbergen-im-Kaisersthul.jpgOberbergen im Kaiserstuhl : un village-rue dans l'unité géologique centrale, entouré de terrasses cultivées. - photo kaisersthul-breisgau.de

 

Pétrographie :

Les types de roches y sont très variés; ils se déclinent en

- une série potassique, depuis les néphélinites et limburgites, jusqu'aux phonolites.

La , portant le nom d'un lieu-dit du Kaiserstuhl, est une basanite.

 

Limburgite---geowiki.jpg                                               Limburgite (basanite) - doc. geowiki.


- une autre série plutonique, ayant cristallisé lentement en profondeur, des théralites et essexites aux syénites néphéliniques.

- les rares carbonatites, composée essentiellement de calcite (CaCO3 ) : ces carbonatites résultent de la cristallisation par refroidissement d'un magma liquide qui s'est écoulé en surface, OU a fait intrusion près de la surface.

Les seules roches semblables ont été trouvé dans le fossé d'Oslo, plus ancien que le Kaisersthul.

On ne retrouve des laves-carbonatites que sur un seul volcan actif sur la planète, encore s'agit-il des natro-carbonatites de l'Ol Doinyo Lengai en Tanzanie.

 

Kaiserstuhl-carbonatite---ohiostate.edu.jpg

 Echantillon de calcio-carbonatite extrusive du Kaiserstuhl - 7,4 cm. - doc. Newark / Ohio state Univ.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

- Eduscol / ENS Lyon - le Kaiserstuhl et ses carbonatites - link

- Kaisersthul und Breisgau aus dem heissluftballon gesehen - link

- Géo-alsace - le Kaiserstuhl et la Forêt Noire - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Système de Rifts Cénozoïques Européens s’étend de la Méditerranée jusqu’à la Mer du Nord sur une distance supérieure à 1000 km.

Le Fossé Rhénan (ou le graben Rhénan) en est le segment central le plus prononcé. Il se présente sous la forme d’une plaine de 35 km de large en moyenne et s’étend sur 300 km de long entre Bâle, au sud, et Francfort, au nord.

Il est bordé à  l’est par la Forêt Noire et à l’ouest par les Vosges ; son extrémité sud se raccroche au segment Bresse-Rhône par le système transformant Rhin-Saône.

 

Fosse-Rhenan---Geocaching-2.jpg                                    Paysage du fossé Rhénan - photo Géocaching.

 

eost.u-strasbg.fr.jpg

        Situation de l'Europe et de l'Afrique du nord à l'Oligocène supérieur - doc. eost.u.strasbg.fr

 

Précédé par un épisode volcanique au Crétacé, l’effondrement du Fossé Rhénan s’est produit au cours de deux phases distinctes :

- l’une de la fin Éocène jusqu’au début Oligocène (39-36 Ma), sous un régime tectonique extensif relié à la collision Afrique-Europe,

- l’autre de l’Oligocène jusqu’au Miocène (25-20 Ma), contemporaine d’une nouvelle crise tectonique alpine.
L’effondrement du Fossé Rhénan Supérieur - région limitée au nord par Strasbourg et par Bâle au sud - s’arrêterait au début du Miocène en relation avec une rotation anti-horaire de la contrainte maximale horizontale et/ou d’un soulèvement des Vosges et de la Forêt Noire au Miocène moyen .

 

 fosse_rhenan_coupe-545x502.jpg                                       doc. Eduscol / svt.ac-dijon.fr


Le fossé rhénan s'accompagne d'un volcanisme alcalin. Les laves riches en carbonates s'infiltrent dans les fissures de failles. Il débute à l'Eocène, se carbonatites-Kaiserstuhl-10 Planet-terredéveloppe au Miocène avant de s'y terminer.

Côté français, ce volcanisme est réduit à des dykes alors que du côté allemand, il crée les volcans de Kaiserstuhl au Sud (entre 18 et 13 Ma) et de Vogelsberg au Nord (19 Ma).

Au niveau de ce premier volcan, le manteau est situé à 24 km de profondeur, la plus forte remontée de la région.

 

Carte de la profondeur du Moho en km. - doc. Planet terre.

 

 

schauenberg_cloos---lithotheque-alsace-copie.jpg

Structure du fossé Rhénan - avec ses volcans , le Vogelsberg et le Kaisersthul (en rosé) - doc. Schauenberg Cloos / Lithothèque Alsace.

 

En résumé : la tectonique provoque une subsidence rapide associée à un enfoncement progressif du bassin dû au jeu de failles normales. Ce sont des structures allongées limitées par ces failles normales (grabens et demi-grabens).

Un volcanisme associé à la décompression du manteau supérieur est présent et comme la lave remonte en traversant la croûte continentale, elle se charge en éléments crustaux entraînant un volcanisme alcalin. Il n’ y a de pluton que si le volcanisme avorte ce qui est rare car ce magma alcalin est fluide.


Actuellement, le Fossé Rhénan Supérieur est caractérisé par des taux de soulèvement et d’effondrement faibles et une contrainte horizontale maximale orientée ∼N45°E.

Le fossé rhénan reste une région qui connaît une activité sismique régulière.

On y observe une activité diffuse et de faible magnitude sur les périodes 1997 -1999 ainsi que 2000-2002. Par contre, entre 2003 et 2005, trois évènements importants, de magnitude locale entre 5 et 5,4, y ont eu lieu (Rambervillers le 22-02-2003 dans les Vosges, Roulans le 23-2-2004 au front nord du Jura et Waldkirch le 5-12-2004 en Forêt Noire - Allemagne).

 

Sources :

- Eduterre : Un rift continental, le fossé Rhénan - link

- CNRS - Le fossé Rhénan, un océan avorté - link

- Préfecture des Vosges - le risque sismique dans les Vosges - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Costa Rica est renommé pour ses nombreux volcans ; plus de 115 structures parsèment le pays. Il est surtout connus pour ses colosses : le Poas, l'Irazu, le Rincon de La Vieja, tous trois abritant des lacs acides, le Turrialba ... ou encore pour le jeune et turbulent Arenal.

 

infCerrosAguasZarcas5---vue-generale.jpg                  Cinq des sept cônes de scories, proches d'Aguas Zarcas - photo Ovsicori-Una.


Des structures volcaniques situées dans une région du nord du pays sont moins connues : les cônes monogéniques d'Aguas Zarcas, documentés aguas-zarcas.gifrécemment par les équipes de l'OVSICORI-Una. 

 

Cette région à la topographie presque plate abrite sept cônes de scories, répartis sur 48 km² et deux axes presque parallèles orientés nord-sud, correspondant à des fractures.

 

infCerrosAguasZarcas1---carte.jpgCarte régionale des alignements contenant les 7 cônes mentionnés. Les lignes rouges indiquent la direction générale.  -  1. Loma Morera (120 .) - 2. Loma Juan Murillo (100 m.) - 3. Loma Vuelta Kooper (120 m.) - 4.Valle Hermoso (50 m.) - 5. Cerro Chiles o Altamira (120 m.) - 6. Loma Buenos Aires (90 m.) - 7. Loma Barrantes (90 m.).  - doc. Ovsicori.

 

 

Ces terres sont occupées par des pâturages et des cultures, principalement celle de l'ananas. Son nom est lié aux sources chaudes et minérales, certaines situées dans la jungle, et est traduit par "les eaux bleu pâle ".

Bien que non développée touristiquement, on y trouve aussi des spa, des bains de boues, des officines d'aromathérapie et de physiothérapie.

 

Ces cônes de scories basalto-andésitique se sont formés en quelques jours, voir quelques semaines. Leur anatomie n'est pas complexe : pas de couches homogènes, mais un tas de matériaux rougeâtres; ils pourraient former un produit de construction facile à enlever, aisément transportable, comme cela s'est fait dans d'autres régions du globe (Australie, Allemagne, France ou Espagne).

 

infCerrosAguasZarcas3---Cerro-Chiles-o-Altamira.jpgLe Cerro Chiles o Altamira - en partie boisé, en partie exploité commercialement (carrière de matériaux pyroclastiques), il est proche de Llanos et de ses cultures d'ananas. - photo E.Duarte / Ovsicori.


Bien conservés, leur intérêt géologique, esthétique et partant touristique dans une zone proche de La Fortuna et de  l'Arenal, donnant ensuite sur le massif du Guanacaste et le Rincon de La Vieja, leur fera peut-être connaître un sort différent ... à condition qu'un plan global de gestion territoriale les fasse sortir rapidement du domaine privé.

 

infCerrosAguasZarcas2---Loma-Juan-Morillo-copie-1.jpgLe Loma Juan Murillo a un sommet semi-aplati occupé pour moitié par des pâturages avec des arbres claisemés, pour l'autre moitié, par des agrumes. Sa forme générale est celle d'une poêle renversée. - photo E.Duarte / Ovsicori.

 

Sources :

- Ovsicori-Una /Los conos des escoria de Aguas Zarcas - 07.11.2011

- Global Volcanism Program - volcanoes of Costa Rica

- Imagines Tropicales - les volcans du Costa Rica - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’île d’Isabela, qui adopte la silhouette d’un hippocampe, est formée de six volcans-boucliers : Wolf ( 1.710 m. au nord) – Ecuador (790 m. au nord-ouest) – Darwin (1.330 m.) et Alcedo (1.130 m. au centre) – Sierra Negra (1.124 m. au sud-est) et Cerro Azul (1.640 m. au sud-ouest).

 

Fernandina_NM22-723-69-copie.jpg

   L'île-hippocampe Isabela avec ses volcans, et sa voisine Fernandina  - d'après un document Nasa.

 

Bien qu’étant la plus grande structure d’Isabela, le Sierra Negra, haut de 1.124 mètres et allongé selon un axe nord-est, a des pentes faibles, atteignant à peine 5° et diminuant à 2° à proximité de la côte.

 

 

296526-CFH-n-copie.jpg

Vue sur la caldeira de Sierra Negra ... on comprend mieux son nom : "la montagne noire" - photo © Carole & Frédéric Hardy


Dorsale--Sierra-Negra---Volcan-de-Azufre---USAF-46.jpgCe volcan-bouclier est surmonté de la plus grande caldeira des Galapagos : 7 km. sur 10,5, peu profonde. Une dorsale sinueuse longue de 14 km. axée N-S occupe la partie ouest du plancher caldérique. Le volcàn de Azufre, la plus grande zone de fumerolles des Galapagos, est située dans un graben, compris entre cette dorsale et les parois de la caldeira.

 

Isabela - Sierra Negra - partie ouest de la caldeira - photo USAF 46 / GVP.

 

 

 

S-Negr-Azufre6.jpg                         Sierra Negra - Volcan de Azufre - photo auteur non référencé.

 

Azufre--fumerolles---GabeD.jpg                  Volcan de Azufre -  Events fumerolliens soufrés  -  Photo GabeD/flickr


Des spatter et cinder cones sont situés sur ses flancs, le long d’un système de rift disposé ENE ; des cônes de tuf bordent la côte, formant des îlots.

Des coulées de lave de l’éruption de 1979 se sont répandues au départ d’évents, situés sur une fissure en arc parallèle à la paroi de la caldeira, sur les flancs supérieurs nord.

 

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389033-CFH-copie.jpg                               Sierra Negra - photos  © Carole & Frédéric Hardy 


En 2005, une éruption débuta le 22 octobre vers 17 h. développant des fontaines de lave hautes de 200-300 m. et un panache qui est monté à 15.000 mètres. Cette éruption fissurale marquait la fracture est-ouest et développa de nombreuses coulées qui finirent par se rejoindre en une seule coulée « aa » de 1.000 mètres de large et 7.000 m. de long qui a rejoint la paroi opposée de la caldeira avant d’être dérivée vers l’ouest.. Quelques coulées de moindre importance furent externe à la caldeira, descendant le flanc nord.

 

Galapagos-Sierra Negra 2005 October 22 copie                             Sierra Negra - le panache éruptif le 22.10.2005 - doc. Nasa

 

Sierra-Negra-24.10.2005---3-j---Gregg-Estes.jpg                   Sierra Negra - le 24.10.2005 - au 3° jour de l'éruption - photo Gregg Estes.

 

311399-CFH-copie.jpg        Sierra Negra - évents alignés sur une fracture - photo © Carole & Frédéric Hardy


L'éruption ne dura que 8 jours, mais produisit une grande quantité de laves : 150 millions de m³, et fut catégorisée de VEI 3.

En dépit d'une surveillance par interférométrie radar et GPS, et une gonflement du plancher de la caldeira depuis 1992 d'environ 5 mètres, aucun signal de déformation préalable à cette éruption ne fut détecté. Une déflation fut remarquée durant l'éruption, avec une baisse du niveau central de la caldeira de 2,4 m. ; le taux de déflation, rapide les deux premiers jours dé l'éruption , a ensuite diminué jusqu'au 30 octobre, date à laquelle l'inflation a repris.

 

InSAR-Galapagos-18.jpg

Reconstitution d'interférogrammes pour expliquer les déformations et les phases de l'éruption de 2005 - doc. Nasa 2007/2009.


Le déroulement de l'éruption peut se faire schématiquement comme suit - selon les interférogrammes et l'analyse des laves - : l'absence de signaux de déformation avant-coureurs indique que le dyke nourricier qui a nourri la fissure éruptive ne s'est propagé que dans les derniers moments avant l'éruption (image interférogramme 6)

Des flots de lave clastigéniques furent émis plus vers l'extérieur  de la caldeira; après trois jours, ils furent suivis de coulées de lave, d'abord sur la banquette, puis dans la caldeira,  qui alimentèrent un lac de lave temporaire s'écoulant par des canaux, ce qui permis une progression lointaine des coulées (images interférogrammes 8-9-10 et schémas ci-dessous).

SNEruption-D.jpg    SNEruption D 2                              Schémas de Dennis Geist / GVP - 2005 eruption of Sierra Negra

 

 

 

Le "Volcan Chico", ainsi baptisé par la population locale, n'est pourtant qu'une simple fissure du volcan Sierra Negra, située sur la partie extérieure de son flanc nord. Ici se sont produites trois éruptions depuis le début du 20° siècle : 1953-54, 1963 et 1979-80.

 

Sierra_Negra_Volcano---M.R.Perry.jpg                        Sierra Negra - la fissure éruptive Volcan Chico - photo M.R.Perry

 

310485-CFH--copie.jpg                                                photo © Carole & Frédéric Hardy

 

 

Un coucher de soleil "volcanique" pour quitter avec regret l'archipel des Galapagos.


 307128-CFH-copie.jpg

                         photo © Carole & Frédéric Hardy

 

et un résumé :

 

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Sierra Negra

- The 2005 eruption of Sierra Negra volcano, Galápagos, Ecuador - by Dennis J. Geist & al. - lien

- Rapport de l'IGEPN sur l'éruption 2005 - lien

 

Les autres volcans d'Isabela ont été vus précédemment :

Wolf et Ecuador - Darwin et Alcedo - Cerro Azul.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Floreana est la plus méridionale de l'archipel. Elle fut nommée en l'honneur du premier président Equatorien, Juan José Flores, durant le mandat duquel le gouvernement pris possession de l'archipel.

Ses autres noms sont Santa Maria en souvenir d'une caravelle de Christophe Colomb, et Charles island d'après le roi Charles II d'Angleterre.

 

376065-CFH-copie.jpg  © Carole et Frédéric Hardy

 

Cette île de 173 km, culminant à 640 m., est d'origine volcanique ancienne ; la forme des volcans est fortement érodée.

 

384370-CFH-copie.jpg                                   Un cône érodé et égueulé - © Carole et Frédéric Hardy

 

379604-CFH-copie.jpg                                        © Carole et Frédéric Hardy

 

La "Corona del diablo" - Devil's crown -est le reste d'un petit cône volcanique fortement érodé par la mer; l'érosion l'a façonné en divers pics émergés, en couronne, entourant un habitat idéal pour les coraux et la vie marine ... plonger dans ce cratère  parmi les tortues marines, les requins-marteaux ou les raies est devenu un must du snorkeling. Les parties émergées forment un paradis pour les oiseaux marins, fous, pélicans, phaetons à bec rouge et frégates.

 

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                                     La Corona del Diablo - photo Galapagos cruises.


La végétation est variée et luxuriante dans les hauteurs, avec de nombreuses plantes introduites.


Postbarrel---obv.jpgFloreana fut fréquentée constamment jadis par des bateaux de pêche à la baleine, des chasseurs de tortues et des pirates, à cause de ses sources permanentes d'eau douce, de ses tortues constituant des proies faciles et de ses sites d'ancrage aisés.

Un capitaine de baleinier, James Colnett, y établit un relais postal en 1793, fréquenté par de nombreux navires dont certains restaient 2 ans en mer ... l'endroit appelé Post Office bay abrite encore le "wooden post barrel". 

 Le barril postal - photo OBV.

 

 

 

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              Floreana - "Head pirate cave" - faite par  Heinz Wittmer  dans les années 1930

 

Floreana abrite de nombreuses tortues terrestres et est un des lieux de ponte des tortues marines vertes.

 

316721-CFH-copie.jpg                  Tortue terrestre géante - © Carole et Frédéric Hardy

 

L'ordre des reptiles est complété par les iguanes marins.

 

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388590-CFH-copie.jpg        Iguane marin - Amblyrynchus cristatus -  un mâle bien coloré -   © Carole et Frédéric Hardy


L'iguane marin a un régime alimentaire strictement herbivore tout au long de sa vie : il se nourrit de grandes algues prélevées sur le littoral rocheux des îles, soit sur l'estran, soit en pleine eau. Sur l'estran, il se contente de prélever les algues exondées à basse mer. Mais il peut également nager autour des îles et plonger pour s'alimenter sur les champs d'algues immergés ... où il se maintient, durant son repas, grâce à ses grandes griffes. L'iguane peut rester en apnée durant 45 minutes. quand il revient à terre, il se réchauffe au soleil sur les pierres volcaniques sombres et recrache le sel ingéré en soufflant par les narines une sorte de mucus.

 

 

Sources :

- Galapagos dive sites - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

378383-CFH-copie.jpg

L'île Bartolomé à l'avant-plan, avec son isthme couvert de mangroves et frangé de deux plages de sable blanc- au loin, l'île Santiago et Sulivan Bay . -   les bateaux de croisière donnent l'échelle -   © Carole & Frédéric Hardy

 

Situé juste au large de la côte de Sulivan bay et de l' île de Santiago, un bartolome.gifîlet de 1,2 km² offre un des plus beau paysage de l'archipel des Galapagos : Bartolomé.

Son nom lui a été donné en honneur de Sir Bartholomew James Sulivan, lieutenant à bord du HMS Beagle, et ami de Charles Darwin.

 

Situation de Bartolomé dans l'archipel des Galapagos.

(étoile rouge).


Bartolomé présente des formations volcaniques diverses et colorées, parmi lesquelles le célèbre "Pinnacle Rock": un cône de tuff érodé.

C'est le résultat de la rencontre du magma et de l'eau, lors d'une éruption phréatomagmatique. La fine pulvérisation des particules a formé ce rocher composé de fines couches superposées.

Pour l'anecdote, cette figure de proue fut la cible d'entraînement des navires de guerre de la marine américaine durant la seconde guerre mondiale.

 

316504-CFH-2011.JPG                   Bartolomé - "Pinnacle Rock"  - © Carole & Frédéric Hardy

 

306442--CFH-2011.JPG                                          © Carole & Frédéric Hardy

 

L'île se compose de divers spatter cones, appelés cônes en "bouses de vache", de cônes de cendres, d'un lac de lave solidifié et disséqué, et de tunnels de lave, dans un paysage minéral rappelant plus la Lune qu'une île du Pacifique.

 

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                   Ile Bartolomé - les cônes "en bouses de vache"  - © Bartholomew island

 

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                               Ile Bartolomé - tunnel de lave - © Carole & Frédéric Hardy

 

302134_-CFH-copie.jpg                          Ile Bartolomé - belles laves - © Carole & Frédéric Hardy

 

Une curiosité : un spatter cone, érodé par le Pacifique, ne présente plus qu'un cratère à peine affleurant au niveau de la mer.

 

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                 Ile Bartolomé - spatter cone érodé et affleurant à peine - © Carole & Frédéric Hardy


Quand ces îles volcaniques sont sorties de la mer, elles ne possédaient aucune vie ni animale, ni végétale. Etant donné l'éloignement par rapport au continent, la colonisation végétale s'est faite très lentement et difficilement ... peu d'espèces sont capables de s'adapter à un tel environnement. On a dénombré 412 espèces natives, dont 170 endémiques.


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                            Bartolomé - Tiquilla nesiotica - photo Haplochromis.

 

Parmi ces dernières, on rencontre sur Bartolomé la Tiquilla nesiotica, une borraginacée, et le cactus de lave, Brachycereus nesioticus, tous deux capables de résister à la sécheresse.

Le cactus de lave, aux jeunes pousses rousses devenant brunes puis grises avec l'âge, est souvent la première plante à coloniser une coulée de lave récente.


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           Bartolomé  : Cactus de lave, Brachycereus nesioticus  - © Carole & Frédéric Hardy

 

 

                             © Carole & Frédéric Hardy - YouTune / TheFREDCAROLE

 

L'île Santiago, aussi appelée île San Salvador ou île James, est un volcan-bouclier allongé. Haut de 920 mètres, ce volcan comporte, côté nord-ouest, une crête sommitale, avec une chaîne de spatter et cinder cones. Les côtes est et ouest sont flanquées de cônes de tuf proéminents.

L'activité récente est matérialisée par des coulées de lave pahoehoe aux extrémités de l'île, à James et Sullivan Bay. Les coulées de James Bay furent datées par des fragments de pots de marmelade abandonnés par des boucaniers en 1684 et recouvert par la lave.

 

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Le volcan-bouclier de Santiago est ponctué de cônes pyroclastiques plus récents, qui ont donné des coulées de lave fraîches qui rejoignent le rivage de la Baie James - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

 

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  Santiago - Champ de lave pahoehoe à proximité de Sulivan Bay - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.


Sources :

- Galapagos online

- Global Volcanism Program - Santiago

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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                                Santa Cruz - le Cerro Dragon - photo Putneymark.


Au centre de l'archipel, l'île de Santa Cruz, appelée par les anglais Indefatigable island (du nom d'un bateau de guerre), constitue le centre touristique des Galapagos ; il existe de nombreux moyens de rejoindre Santa Cruz - l'aéroport de Baltra, le port de Puerto Ayora - pour profiter de ses richesses géologiques et naturelles.

Cette île regroupe tous les biotopes caractérisant les Galapagos et c'est pour cette raison qu'on y trouve la station de recherche Charles Darwin.

 

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Ces divers biotopes sont repartis schématiquement en trois zones : aride, sèche et humide. Une grande partie de cette zone humide n'est pas protégée et c'est là que se sont établis deux villages : Bellavista et Santa Rosa; les nouveaux immigrants y cultivent des avocats, du café, des bananes, de la cane à sucre, des citrons et y élèvent du bétail.

 

Santa Cruz est une île ovale, large de 32 km. sur 40, d'une surface de 986 km² et une hauteur maximale de 864 m., est en fait un grand volcan-bouclier dormant; on estime que les dernières éruptions datent de 1,5 Ma.

Témoins de cette activité historique, on y trouve de jeunes cratères-puits : Los Gemelos (les jumeaux) et Media Luna, plus difficile d'accès. 

 

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Les pit craters "Los Gemelos" sont voisins de cônes de cendres  - photo © Carole et Frédéric Hardy.

 

 

Des cônes de scories sont groupés le long d'une ceinture parallèle aux failles bordant Academy Bay.

D'anciennes coulées de lave sous-marines soulevées hors des eaux sont visibles au nord-est de l'île, tandis que de jeunes coulées provenant d'évents situés sur une fissure sommitale et sur les flancs nord, présentent une morphologie récente et faiblement végétalisée.

 

317280_277660448941022_100000912069394_888102_2130688157_n.JPG                           photo © Carole et Frédéric Hardy.

 

La riche faune de Santa Cruz se décline entre terre et mer, entre tortues géantes, iguanes terrestres et iguanes marins, diverses espèces de requins, raies et lions de mer. L'avifaune compte des fous, des pélicans, des gobe-mouches, des pinsons de Darwin, des tourterelles des Galapagos.

 

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                           Iguane terrestre - Conolophus -   photo © Carole et Frédéric Hardy.


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                   Iguane marin  - Amblyrhynchus cristatus -   photo © Carole et Frédéric Hardy.

 

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      Tortue géante de Santa Cruz - Indefatigable Island Tortoise -  photo © Carole et Frédéric Hardy.


378490_277662595607474_100000912069394_888132_569860468_n-c.jpg                                        photo © Carole et Frédéric Hardy.

 

Les tortues géantes des Galapagos forment un complexe de dix espèces, elles sont si proches que certains les considèrent comme des sous-espèces d'une espèce unique Chelonoidis nigra au sens large. Cette tortue terrestre, plus communément appelée Galápago,  peut atteindre, suivant l'espèce, jusqu'à une masse record enregistrée de 422 kg, mais en moyenne autour de 220 kg et mesure 1,2 m long. Bien que l'espérance de vie maximum d'une tortue sauvage soit inconnue, on estime leur espérance de vie moyenne de 150 à 200 ans. Elles sont endémiques de neuf îles de l'archipel.

 

314565_277669678940099_100000912069394_888230_1274335824_n-.jpg          Tourterelle des Galapagos -  Zenaida galapagoensis - photo © Carole et Frédéric Hardy.

 

Nous revenons au volcanisme avec cette mosaïque, où apparaissent d'improbables oiseaux à crête jaune, appâtant des tortues qu'elles chevauchent sur fond de volcans en éruption.

 

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                             photo © Carole et Frédéric Hardy.

 

Santa Cruz compte aussi trente cinq tunnels de lave, sur la cinquantaine répertoriée dans l'archipel; localisés sur la propriété foncière de Steve Devine, dans la zone agricole de Santa Rosa, les plus grands tunnels de lave ont été explorés par les vulcano-spéléologues.

La Cueva del Cascajo, le tunnel le plus long atteint un peu plus de 3.000 mètres, le Cueva de Elena mesure 677 m. avec un plafond à 10 m. dans ses parties hautes.

 

el_mirador_de_los_tuneles_foto_03.jpg                Santa Cruz, tunnel de lave - photo Direccion del P.N.Galapagos

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Santa Cruz

- Contribution to the vulcanospeleology of the Galapagos islands - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

L’archipel des Galapagos, aussi appelé archipel de Colon, est situé à cheval sur l’équateur et à environ 1.000 km. à l’ouest du pays du même nom, l’Equateur, dont il est devenu une province en 1832. De manière non officielle, les Galapagos sont aussi nommée « les Enchantées », en espagnol Las encantadas.

 

galapagos_map_2.jpg                                                   Les îles de l'archipel des Galapagos.


L’archipel compte une cinquantaine d’îles et d’îlots d’origine volcanique, pour une surface cumulée de 7.882 km² (à peu près la taille de la Corse) ; sept îles dépassent 100 km², et la plus grande, Isabela, avec ses 4.600 km², a une taille voisine d’un département Français moyen.

Les volcans des Galapagos sont de plusieurs types : le type hawaïen, caractérisé par une forme aplatie de volcan-bouclier et des laves de type basaltique fluides est le plus représentatif. Mais … mais, il existe aussi un nombre de structures volcaniques appartenant à la catégorie des volcans explosifs, aux formes coniques et à laves plus visqueuses.

 

299811--CFH-copie.jpg                        San Cristobal  - reliefs volcaniques  -  © Carole & Frédéric Hardy

 

Nous commençons à l'est de l'archipel avec l'ïle San Cristobal, ainsi nommée en l'honneur de Christophe Colomb. Les anglais l'ont baptisé Chatham island.

C'est la seule île a posséder des ressources permanentes en eau fraîche : au sommet, se trouve un petit lac nommé El Junco. Grâce à cette commodité, elle fut la première à être habitée durablement, la première aussi qu'a visité Darwin.

Puerto Baquerizo Moreno est la capitale administrative et la seconde plus grande ville, avec 3.000 habitants.

 

"Un monde en soi" où espèces animales et végétales ont évoluées en présence des seules éruptions volcaniques et à l'abri d'autres influences ... un paradis pour les amoureux de la nature, à savourer de près car la faune ne craint pas l'homme .

 

379703---CFH-copie.jpg                     Touchante maternité - Lions de mer - © Carole & Frédéric Hardy 

 

384207---CFH-copie.jpgLe secret d'une sieste réparatrice  ... décontraction sur roches volcaniques chaudes ! - © Carole & Frédéric Hardy 

 

379853---CFH-copie.jpgUn fou, tout fier de ses "blue suede shoes" - blue-footed booby - Sula nebouxii - © Carole & Frédéric Hardy 

 

293532---CFH-copie.jpgUn héron immature - fam. ardeidae (peut-être héron vert - Butorides striatus, sous réserve) - © Carole & Frédéric Hardy  

 

302049---CFH-copie.jpg               En route vers Santa Cruz  --  © Carole & Frédéric Hardy 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Retour sur les îles Galapagos, grâce aux photos de Carole et Frédéric Hardy.

En guise d'introduction, quelques bulles en compagnie des lions de mer

 

                             © Carole et Frédéric Hardy / YouTube - TheFREDCAROLE

 

 

Petit rappel tectonique :


Géologiquement parlant, les Galapagos constituent, comme d’autres archipels tels que les Acores, la partie émergée d’un système volcanique sous-marin étendu. Celui-ci doit son existence  à sa situation à la limite de confrontation de trois plaques océaniques : la plaque Cocos au nord, la plaque Pacifique à l’ouest, et la plaque Nazca au sud.


Galapagos_Plate_map-fr.png                        Les plaques tectoniques voisines de la micro-plaque des Galapagos.


Les plaques Cocos et Nazca sont constitués de fragments de la plaque lithosphérique océanique « fossile » Farallon, au même titre que la plaque Juan de Fuca au large de l’Amérique du nord.

La plaque Farallon, située dans ce qui allait devenir l’océan Pacifique, a commencé à disparaître par subduction sous la côte ouest du continent américain au cours du Jurassique. Il y a 90 à 80 millions d’années, une dorsale océanique orientée est-ouest, la dorsale de Kula, a séparé en deux entités la plaque Farallon. Une partie de la plaque Farallon est encore détectable dans le manteau sous la côte est de l’Amérique du nord.

La dorsale du pacifique-est borde ces plaques ; elle est coupée de différentes zones de failles. La vitesse d’extension rapide qui la caractérise – actuellement 6 à 16 cm. par an – ne lui donne pas l’aspect d’une vallée de rift, mais celui d’un sommet volcanique lissé et parcouru par une crevasse qui cours le long du sommet. Une dorsale « rapide » comme la East Pacific Rise, est, comparée à la dorsale Médio-Atlantique, relativement plus « chaude », ceci signifiant que plus de magma est présent sous l’axe de la dorsale, et que plus d’éruptions volcaniques la caractérisent, et que l’extension se passe de manière « plus fluide » .


F8.medium Schéma de l'évolution du point triple entre 23 Ma et la situation présente - la trace du point chaud est représentée par un petit cercle. - Tectonic reconstruction modified fromMeschede & Barckhausen (2000) / Doc. The Cocos and Carnegie aseismic ridges .

 

Le début de la formation de l'archipel des Galapagos, situé sur la plaque Nazca dans sa zone de jonction avec la plaque Cocos, remonte à une dizaine de milliers d'années.

Des laves se sont répandue sur le plancher océanique pour former la plate-forme des Galapagos, puis ont formé des volcans sous-marins, qui ont émergé il y a environ 5 millions d'années dans la partie orientale de l'archipel. Dans cette partie, le phénomène de subsidence a marqué les îles premièrement formées qui se sont effondrées et constituent des cônes volcaniques sous-marins éteints.

 

Carnegie_Ridge---Mikenorton.pngLe plateau des Galapagos à l'ouest de la Dorsale Carnegie - en pointillés, la subduction de la Carnegie ridge sous la plaque sud-américaine - doc. Mikenorton

 

Galapagos-tectonic-sttingGutscher-et-al-1999.gif                   Tectonique des Galapagos et environs - doc. Gutscher & al. 1999


 

Sources :

- NOAA Ocean Explorer - explorations 2005

- NOAA Ocean Explorer - explorations 2002

- An updated digital model of plate boundaries - by Peter Bird
Department of Earth and Space Sciences, University of California, Los Angeles, California 90095, USA

- The Cocos and Carnegie aseismic ridges : a trace element record of long-term plum-spreading center interaction - by Karen S.Harpp & al.

- Tectonic segmentation of the north andean margin : impact of the Carnegie Ridge collision - by M.A.Gutscher & al. - Elsevier 03.1999.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

     

Nous terminons notre tour dans le nord du Chili, par un volcan déjà aperçu lors d'une précédente étape : le Licancabur.

 

Licancabur-nuages-lenticulaires---Nasa.jpg                  Nuages lenticulaires sur le Licancabur et la Laguna Verde - photo Nasa.

 

Le cône symétrique du stratovolcan Licancabur est situé à cheval sur la frontière entre la Bolivie et le Chili.

Le volcan s'est construit durant l'holocène et possède un cratère sommital de 400 m. de large abritant un lac, considéré comme un des plus haut du monde (mensurations : 90 sur 70 m.).

 

P1030582.JPG             Licancabur : le cratère sommital et son lac glacé  -  ©Pierre Gondolff 05.2011


Ce lac est couvert de glace presque toute l'année, et abrite une faune planctonique, malgré la température qui peut chuter à moins 30°C., la faible teneur en oxygène et un rayonnement UV fort, à cette altitude.

Le lac a été analysé en 2003 par la Nasa en raison de similitude avec d'anciens lacs martiens.

 

Licancabur lake - Nasa

 Le lac de cratère du Licancabur, à un rare moment où il n'est pas pris par les glaces  - doc. Nasa

 

Son activité la plus récente a produit des coulées de lave en bloc  andésitiques qui s'étendent sur ses flancs sur 6 km. Des coulées plus anciennes se sont déplacées sur 15 km., ainsi que des coulées pyroclastiques sur au moins 12 km.

 

L'ascension ne peut se faire que par le côté bolivien ... le versant chilien étant miné, reliquat de la guerre qui a opposé la Bolivie et le Chili entre 1879 et 1884, à la suite de laquelle la Bolivie perdit son accès à la mer (avec la province d'Atacama) et une partie de ses mines de nitrates.

Des ruines Inca sont situées près du sommet, preuves de sa fréquentation pré-Colombienne et de l'absence d'éruptions majeures au cours des derniers 500-1.000 ans.

Son nom signifie "montagne du peuple" , dans le langage Atacameno (lican = peuple - cabur = montagne).

 

P1030574 copie Vues du sommet du Licancabur, les laguna Verde (à gauche) et Blanca (à droite)  - © Pierre Gondolff 05.2011

 

La Laguna Verde est un lac salé situé au pied du Licancabur à 4.300 m. d'altitude; il doit sa couleur verte aux sédiments chargés en cuivre.

Un mince couloir le sépare de la Laguna Blanca, aux eaux plus pâles et opalescentes, couleur causée par la haute charge en minéraux. Ses caractéristiques : 5,6 km. sur 3,5 - 10,9 km² - 4.350 mètres d'altitude.

 

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    Cairns en bordure de la Laguna Verde - en arrière-plan, le Licancabur - photo Altitude Rando

 

De nombreux cairns ont été dressés par les natifs, à proximité et sur les pentes du volcan, réminiscence d'une légende ancienne : pour calmer le courroux des dieux, les anciens portèrent de nombreuses pierres et cadeaux au sommet, à près de 6.000 mètres; là, ils édifièrent des cairns et y firent des prières ... ils s'en retournèrent "légers" et apaisés.

 

 

P1030579.JPG Belle perspective sur le volcan éteint Juriques et son cratère large de 1500 m., du sommet du Licancabur - © Pierre Gondolff 05.2011

 


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     Adieu au nord Chili, sur un vol de flamants qui visitent ces hautes lagunes  - © Antony Van Eeten


Sources :

- Global Volcanism Program - Licancabur

- Licancabur expedition 2003 - exploring the highest lakes on earth

- Cimes et sommets - le Licancabur - renseignements pour l'ascension

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