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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Retour sur les îles Galapagos, grâce aux photos de Carole et Frédéric Hardy.

En guise d'introduction, quelques bulles en compagnie des lions de mer

 

                             © Carole et Frédéric Hardy / YouTube - TheFREDCAROLE

 

 

Petit rappel tectonique :


Géologiquement parlant, les Galapagos constituent, comme d’autres archipels tels que les Acores, la partie émergée d’un système volcanique sous-marin étendu. Celui-ci doit son existence  à sa situation à la limite de confrontation de trois plaques océaniques : la plaque Cocos au nord, la plaque Pacifique à l’ouest, et la plaque Nazca au sud.


Galapagos_Plate_map-fr.png                        Les plaques tectoniques voisines de la micro-plaque des Galapagos.


Les plaques Cocos et Nazca sont constitués de fragments de la plaque lithosphérique océanique « fossile » Farallon, au même titre que la plaque Juan de Fuca au large de l’Amérique du nord.

La plaque Farallon, située dans ce qui allait devenir l’océan Pacifique, a commencé à disparaître par subduction sous la côte ouest du continent américain au cours du Jurassique. Il y a 90 à 80 millions d’années, une dorsale océanique orientée est-ouest, la dorsale de Kula, a séparé en deux entités la plaque Farallon. Une partie de la plaque Farallon est encore détectable dans le manteau sous la côte est de l’Amérique du nord.

La dorsale du pacifique-est borde ces plaques ; elle est coupée de différentes zones de failles. La vitesse d’extension rapide qui la caractérise – actuellement 6 à 16 cm. par an – ne lui donne pas l’aspect d’une vallée de rift, mais celui d’un sommet volcanique lissé et parcouru par une crevasse qui cours le long du sommet. Une dorsale « rapide » comme la East Pacific Rise, est, comparée à la dorsale Médio-Atlantique, relativement plus « chaude », ceci signifiant que plus de magma est présent sous l’axe de la dorsale, et que plus d’éruptions volcaniques la caractérisent, et que l’extension se passe de manière « plus fluide » .


F8.medium Schéma de l'évolution du point triple entre 23 Ma et la situation présente - la trace du point chaud est représentée par un petit cercle. - Tectonic reconstruction modified fromMeschede & Barckhausen (2000) / Doc. The Cocos and Carnegie aseismic ridges .

 

Le début de la formation de l'archipel des Galapagos, situé sur la plaque Nazca dans sa zone de jonction avec la plaque Cocos, remonte à une dizaine de milliers d'années.

Des laves se sont répandue sur le plancher océanique pour former la plate-forme des Galapagos, puis ont formé des volcans sous-marins, qui ont émergé il y a environ 5 millions d'années dans la partie orientale de l'archipel. Dans cette partie, le phénomène de subsidence a marqué les îles premièrement formées qui se sont effondrées et constituent des cônes volcaniques sous-marins éteints.

 

Carnegie_Ridge---Mikenorton.pngLe plateau des Galapagos à l'ouest de la Dorsale Carnegie - en pointillés, la subduction de la Carnegie ridge sous la plaque sud-américaine - doc. Mikenorton

 

Galapagos-tectonic-sttingGutscher-et-al-1999.gif                   Tectonique des Galapagos et environs - doc. Gutscher & al. 1999


 

Sources :

- NOAA Ocean Explorer - explorations 2005

- NOAA Ocean Explorer - explorations 2002

- An updated digital model of plate boundaries - by Peter Bird
Department of Earth and Space Sciences, University of California, Los Angeles, California 90095, USA

- The Cocos and Carnegie aseismic ridges : a trace element record of long-term plum-spreading center interaction - by Karen S.Harpp & al.

- Tectonic segmentation of the north andean margin : impact of the Carnegie Ridge collision - by M.A.Gutscher & al. - Elsevier 03.1999.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

     

Nous terminons notre tour dans le nord du Chili, par un volcan déjà aperçu lors d'une précédente étape : le Licancabur.

 

Licancabur-nuages-lenticulaires---Nasa.jpg                  Nuages lenticulaires sur le Licancabur et la Laguna Verde - photo Nasa.

 

Le cône symétrique du stratovolcan Licancabur est situé à cheval sur la frontière entre la Bolivie et le Chili.

Le volcan s'est construit durant l'holocène et possède un cratère sommital de 400 m. de large abritant un lac, considéré comme un des plus haut du monde (mensurations : 90 sur 70 m.).

 

P1030582.JPG             Licancabur : le cratère sommital et son lac glacé  -  ©Pierre Gondolff 05.2011


Ce lac est couvert de glace presque toute l'année, et abrite une faune planctonique, malgré la température qui peut chuter à moins 30°C., la faible teneur en oxygène et un rayonnement UV fort, à cette altitude.

Le lac a été analysé en 2003 par la Nasa en raison de similitude avec d'anciens lacs martiens.

 

Licancabur lake - Nasa

 Le lac de cratère du Licancabur, à un rare moment où il n'est pas pris par les glaces  - doc. Nasa

 

Son activité la plus récente a produit des coulées de lave en bloc  andésitiques qui s'étendent sur ses flancs sur 6 km. Des coulées plus anciennes se sont déplacées sur 15 km., ainsi que des coulées pyroclastiques sur au moins 12 km.

 

L'ascension ne peut se faire que par le côté bolivien ... le versant chilien étant miné, reliquat de la guerre qui a opposé la Bolivie et le Chili entre 1879 et 1884, à la suite de laquelle la Bolivie perdit son accès à la mer (avec la province d'Atacama) et une partie de ses mines de nitrates.

Des ruines Inca sont situées près du sommet, preuves de sa fréquentation pré-Colombienne et de l'absence d'éruptions majeures au cours des derniers 500-1.000 ans.

Son nom signifie "montagne du peuple" , dans le langage Atacameno (lican = peuple - cabur = montagne).

 

P1030574 copie Vues du sommet du Licancabur, les laguna Verde (à gauche) et Blanca (à droite)  - © Pierre Gondolff 05.2011

 

La Laguna Verde est un lac salé situé au pied du Licancabur à 4.300 m. d'altitude; il doit sa couleur verte aux sédiments chargés en cuivre.

Un mince couloir le sépare de la Laguna Blanca, aux eaux plus pâles et opalescentes, couleur causée par la haute charge en minéraux. Ses caractéristiques : 5,6 km. sur 3,5 - 10,9 km² - 4.350 mètres d'altitude.

 

1-Laguna_Verde_et_Licancabur---altitude-rando.jpg

    Cairns en bordure de la Laguna Verde - en arrière-plan, le Licancabur - photo Altitude Rando

 

De nombreux cairns ont été dressés par les natifs, à proximité et sur les pentes du volcan, réminiscence d'une légende ancienne : pour calmer le courroux des dieux, les anciens portèrent de nombreuses pierres et cadeaux au sommet, à près de 6.000 mètres; là, ils édifièrent des cairns et y firent des prières ... ils s'en retournèrent "légers" et apaisés.

 

 

P1030579.JPG Belle perspective sur le volcan éteint Juriques et son cratère large de 1500 m., du sommet du Licancabur - © Pierre Gondolff 05.2011

 


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     Adieu au nord Chili, sur un vol de flamants qui visitent ces hautes lagunes  - © Antony Van Eeten


Sources :

- Global Volcanism Program - Licancabur

- Licancabur expedition 2003 - exploring the highest lakes on earth

- Cimes et sommets - le Licancabur - renseignements pour l'ascension

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Uturuncu-2003-D.Sparks.jpg

                      L'Uturuncu en avril 2003  - photo Steve Sparks / GVP

 

Le volcan Uturuncu, le pic le plus haut de bolivie avec ses 6.008 mètres, voit sa dernière éruption remonter au Pléistocène ... soit entre 2,58 Ma et 11.500 ans.

Un récent travail de terrain a permis de constater que les coulées de lave andésitiques et dacitiques prédominent sur ses flancs, mais aucun dépôt pyroclastique n'a été observé.

Il présente de nos jours une activité fumerollienne près de son sommet, répartie en deux champs actifs avec une production substantielle de soufre, et des aires argilo-siliceuses d'altération hydrothermale.

 

P1030734


P1030735.JPG                 Approche du sommet de l'Uturuncu en mai 2011 - photos © Pierre Gondolff 


Depuis 1992, d'importantes déformations au niveau du sol, ainsi qu'une sismicité, indiquent qu'un système magmatique est toujours présent. La détection par satellite et les mesures InSar révèlent que l’Uturuncu et ses environs – une zone de 70 km. de diamètre – gonflent avec un ration considérable de 1 à 2 centimètres par an (Pritchard and Simons, 2002); Des séismes persistants de bas niveau,  proches du centre de déformation observé par les satellites (15/heure et magnitude entre 0,5 et 1,5, à 3-4.000 m. sous la surface ... plus superficiel que la source de déformation) caractérisent une source localisée sur le flanc NO.

… ce qui laisse supposer une recharge de la chambre magmatique correspondant à un mètre cube par seconde, ce qui est de loin supérieur à ce qui se passe dans les autres systèmes magmatiques.

 

deformations-M.Pritchard---GVP.jpgInterferograms (draped over shaded relief) indicate active deformation; each color cycle corresponds to 5 cm of deformation in the radar line-of-sight (LOS). The LOS direction from ground to spacecraft (black arrow) is inclined 23° from the vertical. Black squares indicate radar frames, and black triangles show potential volcanic edifices. Courtesy of Matthew Pritchard.

 

Les scientifiques ne comprennent pas pourquoi ce volcan connaît une « expansion » aussi rapide et longue.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Uturuncu

-   A satellite geodetic survey of large-scale deformation of volcanic centres in the Central Andes: Pritchard, M., and Simons, M., 2002, in Nature.

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Publié le par Bernard Duyck
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               Route hivernale vers le volcan Ollagüe - © Jean-Michel Mestdagh

 

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L'Ollagüe à la frontière Chilio-Bolivienne présente un petit panache permanent, témoin de son activité - © Jean-Michel Mestdagh

 

 

Le volcan Ollagüe, aussi appelé Oyahué, est un massif stratovolcan andésitique, surmonté d'un dôme dacitique, culminant à 5.868 mètres.

Il domine l'altiplano de 2.100 mètres.

Sa forme un peu torturée témoigne de son histoire complexe : une large avalanche de débris s'étendant vers l'ouest et séparant le salar de San Martin de celui d'Ollagüe, est datée de 400 à 800.000 ans (Wörner & al., 2000)

Cet épisode fut suivi par l'apparition d'un cône de scories sur son flanc OSO., appelé La Poruñita, daté récemment d'entre 420.000 et 680.000 ans (méthode potassium-argon).

Trois coulées siliciques sont aussi datées d'après l'effondrement ...tous ces indices d'activité sont fortement érodés par la dernière glaciation, il y a 11.000 ans.

Aucune activité historique n'a été enregistrée; l'Ollagüe présente aujourd'hui des périodes d'activité fumerollienne intense (1854, 1888, 1889, and 1960), et un petit panache permanent montant du côté sud du dôme sommital.

 

Dossier-26-4866-copie---ollague.jpgOllagüe - la neige marque le tracé de la route vers l'ancienne mine de soufre. - © Jean-Michel Mestdagh 

 

Le cratère, d'un diamètre de 1.250 mètres, possède deux bouches :la principale, large de 100 m., laisse échapper soufre et vapeur d'eau.

L'accès au sommet est facilité par la présence d'une route desservant d'antiques mines de soufre qui monte jusqu'à 5.500 mètres;  les trois cents derniers mètres sont pénibles étant donné l'altitude. Il faut de plus se renseigner auprès des autorités sur le chemin à suivre, à cause des champs de mines mal identifiés.

 

Dossier-26-4859-copie---Ollague.jpg                          © Jean-Michel Mestdagh

 

Ollague-fumerolles---Summitpost.jpg                        Ollagüe - fumerolles et dépôts de soufre - photo summitpost.

 

sources :

- Global Volcanism Program - Ollagüe

- Summitpost - volcan Ollague

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Publié le par Bernard Duyck
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Little information on the extinct volcano that has a caldera complex and colorful.

 

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           Volcano Tunupa seen from Tahua, north of the Salar de Uyuni - © Jean-Michel Mestdagh


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                        © Jean-Michel Mestdagh July 2011

A climb to the viewpoint of the volcano at 4600 m, can be possible for acclimated backpackers ... It takes 6-7am. round trip.
The true summit, shredded and reserved for climbers, rising to 5432 meters.

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The caldera Tunupa - © Pierre Gondolff May 2011
 

 

Modeling of paleoglaciation Tunupa helped rebuild paleoclimatic conditions ib3656,d-modelisation-numerique-paleoglaciers-tunupa-qui-peruling on the altiplano between 17,000 and 15,000 BC. It was conducted by measuring the cosmogenic He3 content in pyroxenes taken from glacial moraines.
It was concluded that the glaciers of the Altiplano persisted in their maximum position along the lake Tauca reached its maximum extension, 50,000 km ². Glaciers have fallen sharply in line with the disappearance of Lake Tauca (study and doc. CNRS).

Many legends speak of Tunupa and the salar along its banks. Here are two different versions:

In Andean cosmology, all the peaks are associated with mythological figures.
" " The volcano Tunupa is thus recognized as the daughter of the omnipotent God Viracocha. Following a drought and epidemics, she fled towards the Western Cordillera, where it was collected by the giant Sajama, who fell in love.
Tunupa to leave yet fooled by the promises of the young gallant Huayna Potosi, who abandon their love soon consumed. Tunupa, ashamed, decided to flee. It will be guided by the Southern Cross, that Viracocha made appear in the sky to show him the way. Exhausted, she sat by the roadside and started crying relentlessly.
She wept so much that her tears eventually form the salar ... !
" "
(Chile Excepcion)

 
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                It's at the sunset that the colors of Tunupa prove ... - © Jean-Michel Mestdagh

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Another entitled "leche of Tunupa" (milk of Tunupa):

" " In the past, the land of the Salar de Uyuni was a vast plain where the giants lived livestock, and agriculture. Among these giants lived the beautiful Tunupa, courted by all the men of the tribe. The latter married Cuzco, strong young man, respected and feared by all. Calicatin born of their union.
One day, while Calicatin had not yet come to the world, came a pretty young woman Cruzuña, Cuzco became infatuated with ... It then drops Tunupa, which alone gave life to his son and vowed to never let his son approaching Cuzco.

While Calicatin was still breastfed by his mother, he questioned about his father : who was he?

To this question the nice Tunupa answer always : "Your father is the sun and the moon, that give life to everything on Earth." Thus, driven by curiosity, he ran away morning and went to see the different males of the tribe. To each he said "I am Calicatin, the son of Tunupa, I'm looking for a father. Do you know who is it? Do you know where I could find it?". Each time the answer was similar: "No Calicatin, I do not know who your father ...", and each time he returned to another giant, who was supposed to have information about the child's father.

Thus, over the unsuccessful meetings, the young Calicatin goes away from his house. He was already far away when, not seeing him in the morning, Tunupa began looking for him. She tried in vain all day and at night, she went home thinking the child back. It was not. She began to cry, and while the tears rolled down her cheeks, her breasts began to lose the milk thoroughly that his son had not suckled. This milk is spreading on the ground.

The gods, tired of the lies, secrecy and betrayal of these giants, decided to punish them and petrified. The Giants became volcanoes, Tunupa tears turned into lakes, for her milk, it hardens into the salar.

Today Tunupa found Calicatin, the two are opposite sides of the Salar. Both mountains have a family resemblance that enabled them to identify with the first glance.
" "
(El Camino del Indio)

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                                In the caldera of Tunupa - © Pierre Gondolff May 2011

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Publié le par Bernard Duyck
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Peu de renseignements sur ce volcan éteint qui possède une caldeira complexe et colorée.


Dossier-26-5788-copie-jmm.jpg         Le volcan Tunupa, vu de Tahua, au nord du salar d'Uyuni -  © Jean-Michel Mestdagh

 

Dossier-26-5806-copie-jmm.jpg                      © Jean-Michel Mestdagh juillet 2011

 

Une ascension jusqu'au belvédère du volcan, à 4.600 m., est possible pour des randonneurs acclimatés ... il faut compter 6-7h. aller-retour.

Le vrai sommet, déchiqueté et réservé aux alpinistes, culmine à 5.432 mètres.

 

P1030149.JPG                                La caldeira du Tunupa -   © Pierre Gondolff mai 2011


La modélisation des paléoglaciers du Tunupa a permis de reconstituer les ib3656-d-modelisation-numerique-paleoglaciers-tunupa-qui-pe.jpgconditions paléoclimatiques régnant sur l'altiplano entre 17.000 et 15.000 avant JC. Elle a été réalisée par mesure de l'He3 cosmogénique contenu dans les pyroxènes prélevés sur les moraines glaciaires.

On a conclu que les glaciers de l'altiplano ont persisté dans leur position maximale en même temps que la lac Tauca atteignait son maximum d'extension, 50.000 km². Les glaciers ont brutalement reculé , en phase avec la disparition du lac Tauca (étude et doc. du CNRS).

 

Plusieurs légendes parlent du Tunupa et du salar qui le borde. En voici deux versions différentes :


Dans la cosmologie andine, tous les sommets sont associés à des personnages mythologiques.
" " Le volcan Tunupa est ainsi reconnu comme étant la fille du Dieu omnipotent Viracocha. Suite à une période de sécheresse et d´épidémies, elle s´enfuit en direction de la cordillère Occidentale, où elle fut recueillie par le colosse Sajama, qui en tomba amoureux.
Tunupa se laissera pourtant berner par les promesses du jeune galant Huayna Potosi, qui l´abandonnera sitôt leur amour consommé. Tunupa, honteuse, décide alors de s´enfuir. Elle se laissera guider par la Croix du Sud, que Viracocha fit apparaître dans le ciel pour lui montrer le chemin. À bout de forces, elle s´accroupit au bord du chemin et se mit à pleurer sans répit.
Elle pleura tellement que ses larmes ont fini par former… le salar !  " "

(Chile excepcion)

 

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C'est au coucher du soleil que les couleurs du Tunupa se révèlent ... - © Jean-Michel Mestdagh


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  Une autre intitulée "La leche de Tunupa" (le lait du Tunupa) :

 

" " Jadis, la terre du Salar d'Uyuni était une vaste plaine où des géants vivaient d'élevage, et d'agriculture. Parmi ces géants vivait la belle Tunupa, courtisée de tous les hommes de la tribu. Cette dernière se maria avec Cuzco, jeune homme robuste, respecté et craint de tous. De leur union naquit Calicatin.

Un jour, alors que Calicatin n'était pas encore venu au au monde, arriva une jolie jeune femme : Cruzuña, dont Cuzco s'enticha... Il laissa alors tomber Tunupa, qui seule donna la vie à son fils et jura de ne jamais laisser Cuzco approcher son fils.

Alors que Calicatin était encore allaité par sa mère, il s'interrogeait sur son père : qui était-il ?

A cette question la belle Tunupa répondait systématiquement : "Ton père sont le soleil et la lune, qui donnent vie à toute chose sur Terre". Ainsi, poussé par la curiosité, il fugua matin et s'en fut voir les différents mâles de la tribu. A chacun il disait "Je suis Calicatin, le fils de Tunupa, je suis à la recherche de père. Sais-tu qui est-ce? Sais-tu où je pourrais le trouver ? ". Chaque fois la réponse était similaire : "Non Calicatin, je ne sais qui est ton père...", et chaque fois il était renvoyé vers un autre géant, qui était censé avoir des informations sur le père de l'enfant.

Ainsi, au fil des rencontres infructueuses, le jeune Calicatin s'éloignait de sa maison. Il était déjà loin lorsque, ne le voyant point au réveil, Tunupa se mit à sa recherche. Elle le chercha toute la journée en vain et, à la nuit tombée, elle rentra chez elle pensant l'enfant revenu. Il n'en était rien. Elle se mit à pleurer, et tandis que les larmes coulaient sur ses joues, ses seins se mirent à perdre abondamment le lait que son fils n'avait pas tété. Ce lait se répendit au sol.

Les dieux, las des mensonges, cachotteries et trahisons de ces géants, décidèrent de les punir et les pétrifièrent. Les géants devinrent volcans, les larmes de Tunupa se transformèrent en lacs, quant à son lait, celui-ci durcit et forma le salar.

Aujourd'hui, Tunupa a retrouvé Calicatin, les deux se font face de part et d'autre du salar. Les deux montagnes présentent un air de famille qui leur permit de s'identifier au premier coup d'oeil. " "

(El Camino del Indio)

 

 

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                        La caldeira du Tunupa -   © Pierre Gondolff mai 2011

 

  

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Publié le par Bernard Duyck
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Poursuite du périple en Bolivie cette fois, où nous verrons successivement le Salar d'Uyuni, et le Tunupa, puis plus au sud l'Uturuncu, et à la frontière avec le Chili, les volcans Ollagüe et Licancabur.

 

mapa_uyuni_sud_lipez.gif

 

Un décor surnaturel : une mer de sel blanche, aveuglante, plus grande que la Corse : le salar d'Uyuni.

Ce salar couvre 12.100 km² , soit le double du grand lac salé des Etats-Unis (le Great Salt Lake, près de Salt Lake City).

A la différence du Salar d'Atacama, il est recouvert en été par les pluies, à un point tel que sa traversée en 4x4 devient impossible. En hiver, on peut s'y aventurer en véhicule et accéder à l'Isla de Los Pescadores et au volcan Tunupa. Cette inondation périodique est responsable de la planéité de sa surface.

 

Uyuni-Ave-17.jpg                                Le Salar d'Uyuni durant l'été austral - © Antony Van Eeten 

 

Dossier-26-5194-copie-JMM.jpg                     Le Salar d'Uyuni durant l'hiver austral - © Jean-Michel Mestdagh

 

Son origine est un ancien et très grand lac préhistorique, le lac Minchin, daté au radiocarbone entre 30.000 et 42.000 ans. Ce lac fut pris au piège par le soulèvement andin et s'est élevé à 3.760 m.

 

Ce lac s'est transformé en un paléolac nommé Tauca, profond de 140 mètres, entre 13-18.000 ans (ou 15.000-26.000 ans selon d'autres sources).

La formation la plus jeune est le lac Coipasa, daté de 11.500-13.400 ans.

En s'asséchant, le lac Coipasa se sépara en deux entités modernes, les lacs Poopo et Uru Uru, et deux salars, le salar de Coipasa et le salar d'Uyuni.

Le lac Poopo est proche du lac Titicaca, et reçoit son excédent avant de le relarguer dans les deux salars.

 

ib3654-a-localisation-altiplano-b-contextes-geomorphologiqu.jpg

 

Contexte géomorphologique et paléoclimatique de l'altiplano central, il y a 17-15.000 ans. La paléoligne de rivage du lac Tauca en bleu clair - la limite du bassin versant Titicaca-Tauca en orange - Doc. CRPG (INSU-CNRS)

 

Dossier-26-6209-copie-jmm.jpgExploitation manuelle du sel en bordure du Salar, à Colchani, avec comme seules aides, des pics et des brouettes; les ouvriers les mieux équipés possèdent des lunettes de soleil avec flasques pour se protéger de l'intense réverbération - © Jean-Michel Mestdagh


Sous la surface du salar, on détecte la présence d'un lac de saumure profond de 2 à 20 mètres; la composition de la saumure est une solution sursaturée de chlorure de soude, de chlorure de lithium et de magnésium.

La croûte solide qui le recouvre varie entre une dizaine de centimètres et quelques mètres; elle est caractérisée par de multiples hexagones, dont les côtés sont formés de cristaux d'halite de 3 à 5 cm. d'épaisseur.

 

Le site, et son sel riche en lithium, a déjà attiré l’attention des grandes entreprises de fabrication de batteries (Mitsubishi, Bolloré), mais le président bolivien entend bien garder la production du lithium sous contrôle étatique et s’appuyer sur cette ressource pour permettre le développement du pays. Le marché mondial est immense : il  représente la moitié du revenu annuel de la Bolivie, le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud. Les espoirs sont tels qu’avec le déclin prévisible de l’extraction pétrolière dans le monde, la Bolivie est parfois qualifiée de future Arabie Saoudite.

La question environnementale se pose plus particulièrement pour l’extraction et le traitement des déchets. Car la production de lithium nécessite de grandes quantités de mercure, un métal hautement polluant. Cette question reste entière rappelant ainsi les problèmes récurrents de pollution grave à proximité de nombreux autres sites miniers de Bolivie.

Enfin, dans un autre registre, l’exploitation du salar d’Uyuni condamnera sans doute le tourisme vert (80 000 touristes en 2008) qui s’est développé ces dernières années autour de cette curiosité naturelle.

 

Dossier-26-5227-copie.jpg                        Des hexagones de sel à perte de vue ... Uyuni - © Jean-Michel Mestdagh


Au centre du salar, se dressent quelques "îles", en réalité des vestiges du sommet d'anciens volcans submergés durant la période de vie du lac Minchin.

 

Dossier-26-5236-copie-jmm.jpgSalar d'Uyuni - l'île d'Incahuasi s'y reflète ... en arrière-plan, le volcan Tunupa - © Jean-Michel Mestdagh


L'île d'Incahuasi (maison de l'Inca), est une pseudo-île : la colline entourée par le salar, qui se transforme en île lorsque l'eau recouvre le désert salé, empêchant son accès pédestre.

L'île est couverte de stromatolites, colonies bactériennes fossilisées, premières traces de vie sur terre.

 

Dossier-26-5387-copie-jmm.jpg           Incahuasi - des stromatolithes, traces de vie primitive - © Jean-Michel Mestdagh


Preuve que la vie est tenace, dans cet univers salé et soumis à un climat rigoureux, dès qu'un substrat le permet, elle s'installe ... des centaines de cactus habillent les pentes de l'île et certains atteignent quatre mètres de haut , et l'âge respectable de plusieurs centaines d'années.

 

Dossier-26-5275-copie-jmm.jpgIncahuasi - les lamas n'atteindront jamais l'âge des cactus qui les dominent - © Jean-Michel Mestdagh

 

Uyuni-nasa-2-.jpg              Une partie du Salar d'Uyuni, vue par la station spatiale internationale - doc. Nasa

 

Sources :

- Le Salar d'Uyuni - M@ppemonde - lien

- Paléoclimat des Andes, quand lacs et glaciers étaient connectés - CNRS 01.2010

- Nasa - the gateway to astronaut photography of earth - Bolivia / Uyuni salar - link

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Publié le par Bernard Duyck
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                   Le Parinacota (à gauche) et le Pomerape -  ©Pierre Gondolff 05.2011


Le groupe volcanique Cerros de Payachata se compose de deux volcans jumeaux élevés : le Parinacota et le Pomerape ... Payachata signifiant jumeaux en langage Aymara.

Les deux volcans chevauchent la frontière entre le Chili et la Bolivie et peuvent être escaladés au départ de chaque pays.

 

Nevado-de-Payachata-group---Lee-Siebert.jpgLe Paranicota (à droite) et le Pomerape (à gauche) forment le groupe Cerros de Payachata - à l'avant-plan, l'avalanche de débris en hummocks abrite des Yareta (Llareta) - Azorella compacta - une apiacée vivant entre 3.200 et 4.500 mètres d'altitude. - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

 

Dossier-26-4871-copie-JMM.jpg La Llareta ressemble à une mousse dure  ... mais évitez de vous assoir dessus ! - © Jean-Michel Mestdagh

 

 

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L'Azorella compacta est une plante adaptée aux sols légers et drainés, dans un environnement nutritionnel pauvre, et à une insolation forte ; sa forme compacte lui permet de réduire les pertes caloriques ; sa position proche du sol la fait bénéficier de un à deux degrés de plus que dans l'air ambiant, grâce aux radiations  retransmises par le sol foncé de la Puna.

Close-up sur l'Azorella et ses fleurs hermaphrodites (fanées) - photo anypodeta.

Sa croissance est lente : 1,5 cm. par an; certaines plantes peuvent atteindre l'âge vénérable de 3.000 ans. Cette plante forme des coussins très durs, épais de 12 cm, de couleur vert-pomme à vert-bronze, et produit une résine contenant des diterpènes à haut pouvoir calorifique ; elle est utilisée comme combustible dans cet environnement sans arbres.

 

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Ces volcans sont situés dans le parc national Lauca, lui-même partie, avec la réserve nationale Las Vicunas et le monument naturel Salar de Surire, de le réserve de la biosphère Lauca, créée en 1981.

 

 

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                     Parinacota : l'église, le village et le volcan -  © Jean-Michel Mestdagh 

 

Le Parinacota - "lac aux flamants " en aymara - est un stratovolcan potentiellement actif, culminant à 6.348 mètres. Bien qu'aucune observation directe d'activité éruptive n'ait été enregistrée, la datation des coulées fait remonter la dernière activité  aux environs de 290.

L'effondrement de son flanc ouest, il y a 8.000 ans, a profondément marqué la topographie locale. Une avalanche de débris de 6 km³ s'est déplacée sur 22 km. en direction ouest, bloquant les drainages et créant le lac Chungará, le plus haut lac d'altitude.

La surface en hummock de cette avalanche de débris a favorisé aussi l'installation de mares et du lac Cotacotani.

L'activité subséquente a reconstruit le nouveau Parinacota, qui contient un cratère sommital de 300 m. de large, et de jeunes coulées sur les flancs ouest.

 

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Le Parinacota surmonte des dômes de lave andésitique à rhyolitique et des coulées qui bordent la laguna Chungará  -  © Jean-Michel Mestdagh

 

Parinacota-cratere---summitpost.JPG                                   Le cratère du Parinacota - photo Summitpost.

 

Parinacota_Volcano-_South_America-ISS-copie.jpgAstronaut photograph ISS029-E-20003 was acquired on October 7, 2011, with a Nikon D2Xs digital camera using a 400 mm lens, and is provided by the ISS Crew Earth Observations experiment and Image Science & Analysis Laboratory, Johnson Space Center. The image was taken by the Expedition 29 crew. Caption by William L. Stefanov, Jacobs/ESCG at NASA-JSC.

 

Le Pomerape, l'autre jumeau, est un stratovolcan datant du Pléistocène, considéré comme éteint ; haut de 6.222 mètres, il est relié au Parinacota par un ensellement.

 

Pomerape---de-la-base-du-Parinacota---Summitpost.JPG               Le volcan Pomerape, vude la base du Parinacota - photo Summitpost.


Son ascension nécessite des qualités d'alpiniste, et peut même être rendue impossible selon la saison (de décembre à avril), en raison de la présence des "Penitentes". Ces formations neigeuses, ainsi appelées pour leur ressemblance avec la cagoule pointue des pénitents de la Semaine Sainte, sont caractéristiques des "Andes sèches" au dessus de 4.000 mètres. Ce sont des pinacles de neiges ou glace, parfois aussi grands qu'un humain, prenant la forme de minces feuilles proches les unes des autres, et orientées selon l'ensoleillement.

 

Penitentes_Upper_Rio_Blanco_Argentine---ph.Qu3a.jpgDes "penitentes" dans les andes - les pinacles ont 1,5 - 2 m. orientés vers le nord, selon un angle de 11° correspondant à la position du soleil à midi - photo Qu3a / wikipedia


 

Sources :

- Global Vlcanism Program - Parinacota

- USGS - Glaciers of the Dry andes - Louis Lliboutry- link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

A proximité de la frontière entre le Chili et la Bolivie, le volcan Isluga se situe à l'ouest d'une chaîne qui comprend le volcan érodé Saxani et le Tata Sabaya en Bolivie.

 

Dossier-26-6344-copie--Isluga.jpg                    Le village de Cariquima, au pieds du volcan Isluga - © Jean-Michel Mestdagh

 

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La chaîne de volcans située à la frontière Chlio-Bolivienne, de l'Isluga au Saxani ; à l'ouest de ce dernier, le Tata Sabaya, marqué par son ombre importante, est responsable de l'avalanche de débris ponctuant le sol blanc du salar de Coipasa. - d'après une image NASA Space Shuttle image ISS009-E-6849, 2004

 

 

Le stratovolcan Isluga, haut de 5.550 m., est coiffé d'un cratère bien préservé de 400 m. de large, logé à l'ouest de la région sommitale couverte de neiges éternelles. Des coulées de lave, d'âge post-glaciaire, présentent un front proéminent sur les bas-flancs ouest du volcan. L'une d'entre elles a détruit plusieurs villes en 1878. Plusieurs éruptions ont été signalées au 19° et 20° siècles.

 

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               Salar de Surire -Salar, lac alpin et plaine de haute altitude - © Jean-Michel Mestdagh


Proche de la ville côtière d'Arica, le salar de Surire est très différent de l'Atacama : plus sauvage, moins fréquenté, aux couleurs passant du bleu au vert jade, et doté d'un écosystème de haute altitude et d'une faune abondante. Il doit son nom au nandou de Darwin, un cousin américain des autruches, appelé "suri" en dialecte aymara.

 

Dossier-26-6510-copie.jpg        Salar de Surire : suri ou nandou de Darwin - Pterocnemia pennata - © Jean-Michel Mestdagh

 

 

Dossier-26-6684-copie-Surire.jpg                Salar de Surire : Mine de Borax / sel - © Jean-Michel Mestdagh


Sur la rive nord du lac, les chiliens exploitent une mine de sel, dont ils extraient du borax ; cette substance est utilisée dans divers domaines: de la cosmétique à la fabrication d'engrais et de pesticides, de la porcelaine à l'industrie verrière en passant par les composants électroniques.

Les températures hivernales y oscillent entre moins 15°C la nuit et 5°C le jour.

 

Dossier-26-6576-copie---Surire---JMM.jpg                      Salar de Surire - concrétions colorées - © Jean-Michel Mestdagh 

 

La réserve nationale de Las Vicunas s'étend sur 131 hectares, à une altitude comprise entre 4.300 et 5.800 mètres; l'amplitude des températures y est grande entre le jour et la nuit, et selon la saison - de +15°C à -15°C - avec un temps sec, ponctué toutefois de pluies printanières et de neiges hivernales.

 

Dossier-26-6715-copie---Las-vicunas.jpg   Las Vicunas R.N. - De paisibles vigognes broutent une végétation rase - © Jean-Michel Mestdagh


Outre les vigognes sauvages qui lui ont donné le nom, on y retrouve de nombreux lamas; ce biotope a été occupé depuis toujours, comme en témoignent des vestiges de civilisations pré-Colombiennes, tels que des autels aymara.

Divers villages aymara subsistent toujours dans cette région, ponctuée de hauts sommets fort appréciés par les grimpeurs Puquintica (5,780 m), Aritinca (5,999 m), Salle (5,403 m) Belén (5,260 m) and Anocariri (5,050 m).

 

Dossier-26-6874-copie---Guallatiri-JMM.jpg                                Le volcan Guallatiri - © Jean-Michel Mestdagh 

 

Dossier-26-6878-copie---Guallatiri.jpg                        L'église et le village de Guallatiri - © Jean-Michel Mestdagh 

 

Le village de Guallatiri est un sympathique point de contrôle des passeports au pied du stratovolcan du même nom.

Une cinquantaine de maisons séparés de ruelles étroites composent ce village pré-hispanique; son église du 17° siècle, blanchie à la chaux, possède un clocher séparé orné aux quatre coins.

 

Le volcan Guallatiri fait partie du groupe volcanique "Nevados de Quimsachata", qui compte deux autres stratovolcans : le Cerro Acotango (6.050 m.) et le Capurata (5.990 m.) Le Guallatiri haut de 6.071 m., est situé le plus à l'ouest du groupe, et ainsi soumis au courant du Pacifique, ce qui l'empêche d'être chapeauté en permanence par les glaces.

Un dôme, ou un complexe de dômes dacitiques, le coiffe et son évent actif est situé sur son flanc sud. Ses flancs ouest et nord sont tapissés de coulées de lave andésitiques à rhyolitiques.

On rapporte des explosions mineures courant 19° siècle; actuellement, une intense activité fumerollienne, accompagnée de sons continus semblables aux bruits d'un réacteur, et de nombreuses solfatares s'étendent sur le flanc ouest, jusqu'à 300 m. sous le sommet.

 

Dossier-26-6903-copie.jpgFumerolles rabattues par les vents et solfatares, sous le sommet du Guallatiri - © Jean-Michel Mestdagh

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Isluga

- Global Volcanism Program - Tata Sabaya

- Global Volcanism Program - Guallatiri

 

  

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Située entre 4.200 et 4.600 m d'altitude et d'une surface de plus de 30 km², El Tatio est la troisième plus grande zone géothermale au monde, après celle du Yellowstone et du Kamchatka, et aussi la plus haute.

Quatre-vingt cinq fumerolles et solfatares, des terrasses de geysérite, soixante deux sources chaudes, 40 geysers (selon le GVP … 64 selon d’autres sources) et quelques volcans de boue parsèment la zone. Même si la hauteur moyenne des geysers est inférieure à un mètre (75 cm. d’après Glennon & Pfaff 2003), au lever du jour quand les contrastes de température sont maximum, les vapeurs s’échappent du sol pour former des colonnes d’une dizaine de mètres … le spectacle est grandiose et atteint son point culminant aux premiers rayons de soleil.

 

Dossier-26-3610-copie-JMM.jpg                   El Tatio - ambiance d'un petit matin d'hiver - ©Jean-Michel Mestdagh


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    El Tatio - c'est au lever du soleil que les panaches s'expriment le mieux - ©Jean-Michel Mestdagh


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          El Tatio - un évent habillé d'une dentelle de geysérite - ©Jean-Michel Mestdagh


La zone géothermale de El Tatio, inclue dans le catalogue des volcans actifs par Casertano en 1963, n'est pas une zone volcanique en soi. Elle s'intègre dans le complexe volcanique de Puna qui a une surface de 50.000 km² ! Ce complexe volcanique comprend aussi la zone géothermale de Sol De Manana située en Bolivie.

Aucune activité volcanique n'a été mise en évidence durant ces 10.000 dernières années à El Tatio. Néanmoins, le nombre de manifestations géothermales au coeur du complexe volcanique de Puna tend à montrer le caractère actif de la région.

 

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                         ©Jean-Michel Mestdagh

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 Une rencontre de la vapeur et de la glace qui sublime le paysage - El Tatio - ©Jean-Michel Mestdagh


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                        El Tatio - une bulle de boue figée par la photo - ©Jean-Michel Mestdagh


Dossier-26-4043-copie.jpgEl Tatio - travertin fumant et surmonté d'éclaboussures, entouré de neige et de glace- ©Jean-Michel Mestdagh


La zone géothermale se trouve dans une dépression nord-sud, un graben, de 7 km de large et de 20 km de long qui s'est formée lors du plissement des Andes à l'ère Tertiaire (Pliocène). Elle est directement aux pieds de volcans (Pliocène à Holocène ?), le Cerro Deslinde, le Cerro Volcán, le Cerros del Tatio, le Volcán Tatio, et non loin du volcan Putana qui a peut-être connu des éruptions historiques.

L'eau issue des précipitations et de la fonte des neiges s'infiltre à une vingtaine de kilomètres au sud-est de El Tatio. Elle suit un système de failles orientées nord-ouest / sud-est, s'enfonce et circule sous terre pendant une quinzaine d'années. Là, entre 800 et 1.000 m de profondeur, l'eau, piégée et réchauffée, atteint 260°C. Seule une petite partie de cette eau chaude, donc plus légère, remonte au nord-ouest et donne en surface les geysers et les sources chaudes de la zone de El Tatio.

 

Dossier-26 3710 copie        El Tatio en hiver : la cohabitation entre la glace et l'eau bouillante - ©Jean-Michel Mestdagh

 

La plupart des sources atteignent 85-86°C, la température d'ébullition de l'eau à 4.300m d'altitude ! Sept forages profonds de 870 à 1.820 m ont été creusé entre 1969 et 1974 pour exploiter cette chaleur géothermique et alimenter en électricité la mine de cuivre de Chuquicamata et la ville de Calama situées à plus d'une centaine de kilomètres de là. Un équipement pour la désalinisation de l'eau a été mis en place. Pour des raisons techniques ces installations sont aujourd'hui presque totalement abandonnées.

 

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  El Tatio : les geysers ne sont pas protéges ici comme au Yellowstone ... seules quelques pierres démarquent la zone de "sécurité", avec en arrière-plan, des restes des installations géothermiques - ©Jean-Michel Mestdagh


Les colonies de bactéries thermophiles vertes et rouges, les lèvres des geysers ourlées de délicates opalines, tout est mis en valeur dans un écrin de montagne se détachant sur le ciel d’altitude bleu outremer.

 

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El Tatio - Les extrémophiles, cyanobactéries et algues, colorent les zones chaudes proches des évents - photos ©Jean-Michel Mestdagh

 

 

Toutes les photos datent de juillet 2011, durant l'hiver austral, à l'exception de la dernière prise durant l'été austral 2010 .


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                                                                                                                             ©Jean-Michel Mestdagh 2011

 

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              La couleur du ciel transmise aux fumerolles - © Antony Van Eeten 2010

 

Sources :

- Global Volcanism Program - El Tatio

-  GOSA - the Geyser Organisation and Study Association

- The extraordinary thermal activity of El Tatio Geyser Field, Antofagasta Region, Chile, by Glennon, J.A., and Pfaff, R.M., - Geyser Observation and Study Association (GOSA)

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