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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Avant de quitter le Salar d'Atacama pour les geysers du Tatio, quelques plumes pour colorer cet univers minéral et satisfaire ma seconde passion : l'ornithologie.

 

 

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           La lagune de Chaxa sur fond de Cordillère des Andes - © Antony Van Eeten

 

Sur les six espèces de flamants existantes au monde, trois sont représentées dans les andes :

- le flamant des Andes - Phoenicopterus andinus

- le flamant du Chili - Phoenicopterus chilensis

- le flamant de James - Phoenicopterus jamesi.

 

 

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Pancarte locale d'identification, insistant sur les caractéristiques les différenciant : bec (teinte et importance de la zone noire), couleur de l'iris, couleurs du plumage et des pattes -  © Antony Van Eeten

 

Petit test, en vous aidant du tableau ... je vous aiguille :


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                Bec rosé à pointe noire , et iris jaunâtre ... réponse 1 - © Jean-Michel Mestdagh


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                Bec jaune à pointe noire , iris et pattes rouges ... réponse 2 - © Jean-Michel Mestdagh


182760_10150100552131441_645396440_6623640_5432379_n.JPG               Bec 2/3 noir , iris foncé et pattes clai res ... réponse 3 - © Antony Van Eeten

 

Dossier-26-3196-copie-JMM.jpgBec jaune à pointe noire , iris et zone périoculaire foncée (commençant à rougir) ... réponse 4  - © Jean-Michel Mestdagh

 

réponses au test :

1. flamant du Chili - 2. flamant de James - 3. flamant des Andes - 4. petit piège, car les couleurs ne sont pas "définitives" chez cet immature : flamant de James ; à noter : la saumure grasse qui goutte à la pointe du bec, et le cou bien mouillé, signe d'une immersion complète de la tête au nourrissage.

 

Dossier-26-3300-copie-JMM.jpgAvocette des Andes - Recurvirostra andina - elle recherche de petits invertébrés en fouettant l'eau près de la surface, d'un mouvement de tête gauche-droite répété. - © Jean-Michel Mestdagh 

 

Dossier-26-4235-copie-JMM.jpgSarcelle de la Puna - Anas puna - un bec bleu et une tête mi-noire, mi-blanche caractérisent ce canard timide, qui vit dans les marais et lagunes du nord Chili. © Jean-Michel Mestdagh

 

 

Dossier-26-6372-copie-JMM.jpgA gauche, des Ouettes des andes - Chloephaga melanoptera et à droite, des canards huppés (voir ci-dessous) - © Jean-Michel Mestdagh

 

Dossier-26 7046 copie JMMCanard huppé - Anas specularioides  ( en plumage d’éclipse) – NB : souvent répertorié sous Lophonetta specularioides !, ce canard gris et café, aux yeux rouges, est agressif envers les autres oiseaux. - © Jean-Michel Mestdagh

 

 

Quelques poils tyiquements andins :

 

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                 Lamas de la Cordillère des andes - Lama glama - © Jean-Michel Mestdagh


Vivant jusqu'à 5000 mètres dans la Cordillère des Andes, le lama est la forme domestique du guanaco et de la vigogne.

Il peut vivre à très haute altitude, leurs hématies ayant la possibilité de stocker plus d'oxygène que celles des autres mammifères.

Les lamas vivent en petits groupes composés d'un mâle et de cinq à dix femelles accompagnées des jeunes.

tintin-bis copieIls  se contentent de maigres pâtures et sont très sobres. Ce camélidé a une robe très variable, du beige au noir, en passant par le roux

 

Ils peuvent manifester leur colère en crachant sur leur adversaire un jet de salive ou d'aliments prédigérés.

"Quand lama fâché, lui toujours faira ainsi ..."

© Hergé / Moulinsart, 2003


Merci à JM de m'avoir ramené une touffe de ses poils ... le lama n'était pas trop content et il a échappé de justesse à son courroux !

 

Dossier-26-4002-copie-JMM.jpgVigogne - Vicugna vicugna -  Cet élégant petit camélidé sauvage ne semble pas souffrir de l'hiver en altitude -  © Jean-Michel Mestdagh

 

Les Incas  tondaient autrefois les vigognes pour fabriquer des livrées impériales. La toison de la vigogne est constituée de fils particulièrement fins (12 microns de diamètre) qui permettent de tisser une étoffe de très haute qualité procurant une excellente isolation au froid. Ce tissu, qui ne peut être fabriqué que manuellement, est utilisé pour l'habillement de luxe.

 

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                   Viscache de montagne - Lagidium viscacia - © Jean-Michel Mestdagh

 

Ce gros rongeur, de la famille des Chinchillidés, apparait comme un animal "hybride" : il a les oreilles et la grandeur du lapin, la queue d'un écureuil - celle-ci peut se détâcher, pour échapper à un prédateur -  et des pattes de gerboise. Il vit dans des réseaux de galeries, ce qui lui vaut d'être poursuivi par les cultivateurs et éleveurs.

 

Sources :

- Handbook of the birds of the world - éd. Lynx

- Oiseaux.net - les oiseaux du Chili - link

- Chile excepcion - faune aviaire du Chili - link

- Viscache de montagne - rongeurs.net

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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                           La Valle de la Luna - photo explore Atacama.com


Au nord du Salar d'Atacama, à quelques 17 km. de San Pedro, une large zone est appelée "Vallée de la Lune".

Des pierres et du sel forment un premier cirque sculpté dans la Cordillera de la Sal par les eaux et le vent, à l'aspect lunaire, et aux couleurs surprenantes : brun, jaune, bleu, rouge, toutes ces teintes habillent les escarpements, tandis que le blanc caractérise les zones lacustres asséchées.

 

Dossier-26-2434-copieVal.lune-JMM.jpg                            La Valle de La Luna  -  © Jean-Michel Mestdagh


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                © Jean-Michel Mestdagh

 

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                    © Jean-Michel Mestdagh

 

Certaines structures semblent sculptée de main d'homme, et portent des noms, comme Las Tres Marias.

 

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              Valle de La Luna , Las Tres Marias  -  © Jean-Michel Mestdagh


Dossier-26-2607-copie-val.luna-JMM.jpg                                   Las Tres Marias  - gros-plan  - © Jean-Michel Mestdagh

 

Et toujours des volcans en point de mire : le plus visible est le Licancabur, ses voisins sont le Juriques et le Sairecabur.

 

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            Le volcan Licancabur, omniprésent dans le paysage. - © Jean-Michel Mestdagh


Juriques---Summitpost.jpg                                       Le volcan Juriques - photo Summitpost / Parofes.

Le Juriques est coiffé par un cratère allongé de 1,5 km. ; considéré comme un volcan éteint, ce sommet (5.704 mètres) ne constitue pas une ascension technique, mais bien une course permettant une acclimatation à l'altitude en vue de sommets plus hauts.

 

Le second cirque de la Vallée de la Lune présente une cathédrale de pierre sculptée par l'érosion et d'énormes dunes de sable gris.

 

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         Les dunes de la Valle de La Luna  -  © Jean-Michel Mestdagh


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          Au fond à gauche, le Licanabur et le Juriques  -  © Jean-Michel Mestdagh


Sources :

- Global Volcanism Program - volcanoes northern Chile - Bolivia -Argentina

- Moon valley - exploreatacama.com

- On a marché sur la lune - Aerochili / over-blog - link

- Juriques volcano -  Summitpost - link


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le désert d'Atacama occupe 105.000 km² dans le nord du Chili. Une bande longue de 1.000 km. borde la côte Pacifique, à l'ouest de la Cordillère des Andes. Ce désert n'est pas plat ou parsemé de petites dunes, c'est au contraire une succession de hauts-plateaux rocailleux, de lacs asséchés, de roches érodées, de dunes ... le tout à une altitude comprise entre 1.000 et 3.500 mètres.

 

C'est le désert le plus sec et le plus stérile de la planète !

La raison est double : coincé entre les Andes et la chaîne côtière chilienne, elle voit son climat influencé par l'inversion créée par le courant froid de Humboldt et l'anticyclone du Pacifique ... c'est ainsi que la région d'Antofagasta ne reçoit qu'un millimètre de pluie par an, et que certaines stations météo situées dans l'Atacama n'ont jamais reçu une goutte d'eau.

Des scientifiques britanniques affirment que certains lits de rivière sont restés "secs" depuis 120.000 ans.

Cette région se compose de différents biotopes : bassins endoréïques salés,  salars, étendues de sable et de lave.

 

Dossier-26-2857-copie-JMM.jpg                                       El salar de Atacama  -  ©Jean-Michel Mestdagh

 

Certains endroits de l'Atacama bénéficient d'un "fog marin", connu localement sous le nom de Camanchaca, qui apporte suffisamment d'humidité pour permettre la vie d'algues, de lichens ... et de cactus.

 

 

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                            Le Salar de Atacama est entouré d'autres salars plus petits.


Situé à 70 km au sud de San Pedro, le Salar de Atacama est une immense dépression saline de 320.000 ha : elle représente le plus grand désert de sel du Chili et le troisième plus grand au monde ; il s’étire sur plus de 90 km. de long et a une largeur moyenne d’environ 40 km.. Entre les lagunes, le sol est constitué d’un enchevêtrement chaotique de concrétions salines de 20 à 50 cm. de haut et forme un relief unique qui, sous l’effet des vents de sable, prend des teintes ocre, rose et beige.

 

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                 El Salar de Atacama - lagunes et concrétions salines -  ©Jean-Michel Mestdagh


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                                             Dentelles de sel  -  ©Jean-Michel Mestdagh 

 

Dossier-26-2811-copie-JMM.jpg    Sur ces étendues salées, la vie se résume à des espèces halophiles, ressemblant à notre salicorne -  ©Jean-Michel Mestdagh


Un salar est un désert de sel, généralement un lac asséché présentant une grande surface plate recouverte d’une épaisse couche de sels divers, principalement du chlorure de soude , mais aussi des sels de lithium (27% des réserves mondiales de lithium) … ressource minérale de premier ordre - pensez à vos batteries -, et exploitée par la Societad Quimica Minera de Chile s.a.

 

Dossier-26 3191 atacama JMMLe sel du Salar provient de la dissolution du sel présent dans le sol et qui découle des eaux de pluies, du dégel et des rivières qui sont entraînés depuis les volcans environnants jusqu’au Salar.  L’eau s’évapore ensuite et le sel transporté alors par ces eaux s’accumule pour former le Salar.

 

ISS022-E-12224-Atacama.jpgSalar de Atacama - les bassins d'évaporation et, à gauche de la photo, la cordillera de la Sal - cliché de la Station spatiale internationale / Nasa. (correspond à la zone centrale du schéma ci-dessus)

 

En 2008, la SQM a augmenté sa production de carbonate de lithium, la passant à 48.000 tonnes/an, ce qui implique l’accession à des zones du Salar où la concentration en lithium est plus faible et qui accroît la quantité de ressources nécessaires pour une production de lithium moins importante. Le passage de la production à 100.000 t/an impliquerait une augmentation de la zone d’exploitation incluant de nouveaux puits de pompage, tuyaux et bassins d’évaporation. En effet, creuser plus profond ne sert à rien car la concentration en lithium chute de manière exponentielle avec la profondeur. Au delà de 35 m de profondeur dans le Salar de Atacama, il n’y a plus de lithium et la seule manière d'accroître la production est d’étendre la surface d’exploitation. Les atteintes subies par cet écosystème unique seraient importantes.

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Sur la route en direction du désert et des salars de l'Atacama, se dresse un "fameux lascar" fort actif ... le volcan du même nom.

 

Le Lascar est un volcan composite constitué de deux cônes irréguliers et tronqués, avec cinq cratères nichés et alignés ESE-ONO ; on a grosso modo deux centres : à l’ouest, le cône éteint et à l’est, le cône actif. Un vieux stratovolcan, l’Aguas Calientes (ou Simbad volcano) est situé à 5 km. du Lascar.

 

Lascar-vu-du-Chaxas-lagoon---Aguas-Calientes--simbad--au-fo.jpgAu centre, le volcan Lascar vu de Chaxas lagoon et en arrière-plan, à droite, l'Aguas Calientes - photo G.Prins.

 

Volcan-Lascar--Aster.jpg

Image Aster en fausses couleurs des jumeaux : à gauche, le Lascar et ses cratères multiples; sur son flanc ouest des coulées de laves proéminentes - à droite, l'Aguas Caliente, et son cratère circulaire contenant un lac. (voir la carte ci-dessous).

 

LascarFlow.jpg   Lascar - Les coulées de 1993 recouvertes de dépôts pyroclastiques vues du bas - photo geo.utexas.edu

 

 

En 1993, un épisode éruptif, considéré comme le plus grand historiquement parlant à cet endroit - de VEI 4 -, fut marquée par une phase d’éruptions vulcanienne de plusieurs heures, suivie par des Er-plinienne-Lascar-1993---Durham-univ-jpgéruptions pliniennes qui ont généré des coulées pyroclastiques et des émissions de poussières ; une coulée pyroclastique a parcouru 8.500 m. à partir du sommet. Le panache, qui a atteint 24.000 mètres, s’est étendu  vers le SSE, couvrant de cendres une surface de 850.000 km² et atteignant l’Argentine, le sud du Paraguay, l’Uruguay et le sud du Brésil. Photo de la colonne plinienne / Durnham university.

 

Comparez la hauteur du panache à celle du volcan (5.592 m.)

 

Lascar 93                      Distribution des coulées pyroclastiques 1993 - doc. Sernageomin

(1) 19-20 April pumiceous pyroclastic-flow deposits, (2) 19-20 April undifferentiated pyroclastic material, (3) Previous lava flows partially covered by pyroclastic-flow deposits, (4) Pliocene welded ignimbrites, (5) Miocene to Pliocene domes, (6) the new lava dome, and (7) arrows indicating lava flows.

 

Lascar1993-G.jpg

                 Lascar : La colonne éruptive de 1993 - photo archives cgd.ucar.edu

 

Lascar-er.20.07.00.jpg                              Lascar - le panache éruptif le 20 juillet 2000 - photo R.Pankhurst.

 

lascar-07.2000-CBI.jpgLe 20 juillet 2000, une courte éruption produit un panache imposant ; repéré par le VAAC Washington, le panache a voyagé à plus de 130 km/h. et atteint une altitude de 10-13 km. et une largeur de 103 km. avant de s'étendre sur le nord chili, la Bolivie, le nord de l'Argentine et une partie du Paraguay. Le panache dérivant - 07.2000 - photo CBI.

 


Le 4 mai 2005, une éruption phréato-vulcanienne a produit une colonne éruptive de 11.000 mètres.

Les éruptions de 2006-2007 furent caractérisées par une phase préliminaire de 5 jours, dont les effets furent visibles à 220 km., à la mine de cuivre d’El Abra ; en mai 2007, un panache a atteint l’altitude de 9.100 mètres.


Le volcan Lascar est peu équipé d’instruments de mesures, malgré son activité. Depuis peu, on utilise la surveillance de ce volcan par satellite, et la méthode InSAR – interférométrie radar - de surveillance des déformations , et l’ATSR – Along Track Scanning Radiometer – méthode de monitoring de l’activité effusive par mesures de radiance infrarouge. Cette dernière méthode a montré que certaines éruptions du Lascar étaient précédées par une diminution significative des émissions thermiques (refroidissement du dôme, diminution des flux gazeux).

 

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                   Radiance spectrale ATSR du dôme du Lascar entre 1985 et 1992 - in GVP

 

C’est ainsi qu’on a mis en corrélation la magnitude de l’éruption de 1993 et le laps de temps entre l’apparent collapsus du dôme : 10 mois. Le collapsus du dôme, mis en évidence par le méthode ATSR six mois avant fut vérifié par une visite du sommet en novembre 1992. Après avril 93, la radiance infra-rouge tomba à zéro, signe de la destruction du dôme consécutive à l’éruption. La rapide croissance d’un nouveau dôme fut à la fois remarquée par le signal thermique et l’observation directe par un survol du sommet. En octobre-novembre 1993 et avril 94-mai 95, deux autres périodes significatives de signaux de croissance / collapsus furent suivis de fortes éruptions explosives, avec des panaches montant entre 4 et 10 km.

 

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Lascar-6-AVE.JPG                   Les sommets du volcan ... " un sacré lascar" !  photos © Antony Van Eeten

 

Lascar-fumant---atacama95.jpg              Lascar - le cratère actif et ses fumerolles - photo G.Hüdepohl /atacama.com

 

Une dernière toute récente, prise durant l'hiver austral, en juillet 2011 :


Dossier-26-3344-Lascar-JMM.jpg          © Jean-Michel Mestdagh

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Lascar

- Segemar - Servicio Geologico Minero Argentino - photo Aster - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le navire Ramon Margalef est arrivé le dimanche 23 octobre à El Hierro.

Jusqu'à présent en phase de test, sa première mise en oeuvre a pour objectif l'étude de l'activité volcanique de l'archipel et ses conséquences sur les fonds marins et l'écosystème, à l'aide du Liropus, un ROV capable d'observations et de prélèvements jusqu'à 2.000 mètres de profondeur.

 

1--photo-ss-mar.-Cedida.JPG           Première image de la zone de l'éruption de El Hierro - photo Cedida / europapress.es

 

Une équipe de l'Institut espagnol d'Océanographie a localisé et cartographié les foyers de l'éruption sous-marine.

Le volcan a une forme conique, d'un diamètre basal de 700 mètres, une hauteur de 100 mètres et un cratère large de 120 mètres.

La base du cratère se trouve à 300 mètres de profondeur.

Des écho-sondeurs haute fréquence ont permis de localiser des colonnes de gaz et fluides émis par le volcan et d'autres points d'émission fissuraux.

 

modèle 18.10.2011 - Volc.de Canarias

 

 

 

On peut ainsi valider le schéma de "Volcanes de Canarias" paru il y a quelques jours !

 

 

 

 

 

 

Une belle photo du 23 octobre par Rapideye montre la zone d'extrusion de matéraux plus brune et l'extension de la tache verte.

 

L'activité sismique se maintient à un niveau modéré et des séismes de magnitude comprise entre 0,8 et 2,7 et une profondeur moyenne de 20-23 km. , localisés pour la plupart au NO de l'île. Le nombre de séismes est variable : le 23.10 :65 - le 24.10 : 42 - le 25.10 à 13h.15 : 14.

Le nombre total de séismes depuis le 19 juillet se monte à plus de 10.330.

 

Eventos_HIERRO_25.10.2011-2011.jpg

histograma_HIERRO_25.10.2011.jpg                Localisation - nombre et magnitude des séismes sur El Hierro au 25.10.2011 - doc. IGN

 

  Sources :

- AVCAN & IGN

- Europapress : El bulque Ramon Margalef lacaliza los focos de l erupcion del volcan submarino en El Hierro. -  link

- RapidEye - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Avant d'aborder les volcans du Nord Chili et de Bolivie, il convient de replacer ceux-ci dans le contexte général andin ; ils font partie de la zone volcanique centrale.

 

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Ce volcanisme est causé par la subduction de la plaque Nazca sous la plaque sud-américaine, caractérisée par une vitesse rapide de 7à 9 cm. par an. Le pendage de la plaque Nazca est faible et la fosse Pérou-Chili relativement peu profonde, en comparaison avec la situation tectonique des Iles Mariannes.

 

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En remontant du sud de la CVZ vers le nord, on ne peut louper le volcan Llullaillaco, situé dans la Puna de Atacama à la frontière entre le Chili et l'Argentine.

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         Le Llullaillaco - l'échelle est donnée par les voitures à gache du lac - photo photoway.com


Bien que restant inaccessible à la plupart d'entre nous, il mérite d'être cité comme le plus haut volcan historiquement actif au monde : 6.739 mètres.

Le Llullaillaco s'est formé en deux grandes étapes :

- le vieux volcan - Llullaillaco I - est formé d'un large cône, fait de différentes coulées dacitiques épaisses. Sa partie supérieure s'est effondrée, il y a 150.000 ans, en produisant une avalanche de débris majeure vers l'est, s'étendant jusqu'en Argentine et entourant le cône du Cerro Rosado distant de 17 km.

Ces dépôts d'avalanche couvrent 165 km²; en raison d'un climat extrêmement aride et la quasi absence d'érosion, ils sont bien préservés.

- l'actuel volcan - le Llullaillaco II - commence à s'établir, il y a 10.000 ans au sommet de l'ancien édifice, constitué principalement de dômes de dacite et de coulées de lave.

Son activité historique se résume en petites éruptions explosives et une petite coulée de lave courant 19° siècle.

 

Llullailluco--09.12.2009-ISS022-E-008285.jpgAstronaut photograph ISS022-E-8285 was acquired on December 9, 2009, with a Nikon D2Xs digital camera using an 800mm lens, and is provided by the ISS Crew Earth Observations experiment and Image Science & Analysis Laboratory, Johnson Space Center. The image was taken by the Expedition 22 crew.

 

Une photo, prise par l'équipage 22 de la station spatiale internationale en 2009, permet d'analyser ces importantes coulées :

- on trouve d'une part des structures en soufflet d'accordéon : les laves fortement visqueuses se sont écoulées lentement , et  le dessus de la coulée s'est refroidi en formant une série de crêtes parallèles, orientées à 90° par rapport à la direction de la coulée.

- D'autre part, on retrouve des "digues de flux" (flow levees) formées lorsque les côtés de al coulée sont plus rapides que le centre de celle-ci, formant une structure avec des parois.

 

L'autre centre d'intérêt du Llullaillaco vient des momies retrouvées à proximité du sommet !

En 1983-85, l'archéologue américain J.Reinhard découvre des restes incas sur les pentes supérieures du volcan; en 1999,  une équipe internationale financée par le National Geographic, composée de quatorze chercheurs, aguerris aux techniques d'escalade et de résistance à l'altitude, se déploie sur les flancs et découvre trois momies et une centaine d'objets, textiles, statues d'or et d'argent, poteries. Les "enfants du Llullaillaco", un garçon et deux fillettes, âgés entre 6 et 14 ans, sont retrouvés dans un état exceptionnel de conservation du au froid extrême, conjugué à l'hypoxie et un environnement aride. Ces momies constituent un témoignage unique au monde d'un empire disparu il y a moins de cinq siècles. Entourées de glace, les corps sont transportés dans la proche ville argentine de Salta.

 

surrounded-by-three-scientists.jpg              "La Doncella" entourée et soignée par trois spécialistes - doc. MAAM lab. Museum


"Victimes" du rite de la Capacocha, qui s'accomplissait de façon cyclique, pour obtenir les faveurs des dieux, en leur offrant la vie d'enfants. Sélectionnés pour leur perfection physique parmi les classes dominantes, ceux-ci étaient amenés jusqu'à Cuzco et reçus par l'Inca, puis acheminés jusqu'au lieu du sacrifice. L'anthropologue G. Recagno explique : " Dans les régions assujetties se déplaçait un représentant de l'Inca avec un enfant qui allait se transformer en un dieu : il ne mourrait pas et allait pouvoir surveiller tout ce territoire du haut de la montagne. Il devenait un gardien du territoire, un être divinisé. Un système très bien rodé pour, à travers la religion, et la peur, exercer une politique de domination à travers les sacrifices . Au sommet, on endormait les enfants, par ailleurs épuisés par une marche de 1.600 kilomètres, avec de “la chicha”, un alcool de maïs et sous l'effet du froid, de la basse pression, ils s'endormaient jusqu'à mourir d'hypothermie."

Les corps seront préservés au MAAM - le musée d'archéologie de haute montagne - par un système avancé de cryogénie , en étant maintenus dans des capsules de verre avec un contrôle permanent de l'atmosphère qui les entoure : température, humidité, pression, composition de l'air.


llullaillaco1.jpg"La Doncella" est présentée au MAAM, dans un environnement adéquat -  doc. MAAM lab. Museum/ AP


Comme on pouvait l’imaginer, l’enthousiasme des chercheurs est bien loin de faire l’unanimité. Dans cette région andine où une bonne partie de la population a des ascendants indigènes, la nouvelle suscite de vives protestations, notamment de la communauté Kolla.

Miguel Siares, dirigeant de la communauté indienne Kollas Unidos, précise ces critiques :

« En tant que Kollas, nous avons été très meurtris. Nous considérions ces enfants comme vivants, protégés dans le ventre de notre Pachamama (nom inca de la Mère Terre). Notre demande est qu’ils reviennent sur la Puna, là où ils reposaient depuis des siècles et non en centre-ville. »

Les « enfants du LLullaillaco » devraient-ils continuer de reposer à la cime du volcan ou leur valeur pour la recherche scientifique justifie-t-elle amplement leur exposition aujourd’hui à Salta ?

Cette polémique s'ajoute à une autre concernant la conservation des momies, qui se dégradent lentement.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Llullaillaco

- Rue89 - Sur le volcan, les corps intacts de trois enfants incas - link

- MAAM - Musée archéologique de haute montagne - link

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Publié le par Bernard Duyck
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It's going wrong with the local analysis by a submarine robot !

A robot arrived on 18 at La Estaca to be brought on site by the ship "professor Ignacio Lozano" and is capable of diving to 1,000 meters deep ... but no camera on board. This is a food sampling and analysis.
But small problem, we learn on 19 that he does not support acidic pH or a temperature above 35 ° C ... it is not adapted to the environment of the eruption.

We must therefore wait for the "Ramon Margalef" and his own robot "Liropus" to obtain images of the area of ​​the eruption.

2011-10-15 La Provincia .es
Parallel investigation of the two ships and their respective possibilities: The "professor Ignacio Lozano" can drop a probe deep but only its vertical - the ROV Liropus 2000, aboard the "Ramon Margalef" is capable of sampling and filming in low light. - Computer graphics Montecruz F. / The Provincia.es

Another sore subject : after two notifications of a posssible return for the people of the Restingua, the authorities announced a permanent return is not allowed for security reasons. Dietary measures were taken for evacuation, but no compensation is considered.

The pH of the "green spot" (stain of sulfur) is so acid that fish and plants can not survive ... it is a blow to the biodiversity of the coast south of the Sea and Restingua Las Calma.

17.10.2011 - blogspot
                      El Hierro - sample of the submarine eruption - photo blogspot.

Samples from the surface and seabed were analyzed: for rock samples, it would be a mineral precipitate composed of silica, aluminum and iron. These fragments are black outside and white inside. Extremely fragility to shocks and the black body color reflect exposure to high temperatures ... Perhaps rocks expelled by hydrothermal fluids?
Water and gas to the surface were also analyzed ... but no results have yet been communicated.

Update 20.10 :
Involcan confirms that the expelled rocks are juvenile material of basaltic composition.


The data show that the tremor eruption lost power for 48 hours; bubbles (
photo Diario El Hierro) have also disappeared from the "green spot".

The magnitude of earthquakes is between 2.3 and 0.7, to a depth between 8 and 21 km. ... but the future course of the eruption remains unknown, ranging from the opening of new cracks and vents, to the migration of the fireplace to the island, or the decline and end of the episode.

CHIE_2011-10-18-journee.jpg     Tremor activity of 18.10.2011 - the intensity has decreased, but the level remains variable. - Doc. IGN

Earthquakes of the last days show a NNW-SSE alignment, according a fracture or a dike through El Golfo, Tanganasoga, landforms, el Julan and eruptive zone off La Restingua.

 

AVCAN1529 -14 au 19.10.2011

Recent Earthquakes ..
1106169 19/10/2011 2:12:48 27.7077 -18.0565 1.2 W 8 M LA PINAR.IHI [+] i
1106273 19/10/2011 12:18:37 27.7873 -18.0464 21 1.7 M NO FRONTERA.IHI

October 19 - Rose (6) / October 18 - Yellow (11) / October 17 - Blue (14) / October 16 - Orange (9) /
October 15 - Red (5) / October 14 - Green (15). - Doc.
AVCAN

In the late afternoon, seismic activity has intensified with some LP earthquakes indicating magma movement at depth.

Sources:
- AVCAN - IGN
- The Provinia.es
- Earthquake-report

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Un ancien "chemin blanc" de l'époque Maya - un sacbé - a été récemment découvert dans les fouilles du village de Cerén, au Salvador, par une équipe d'archéologues de l'Université du Colorado à Boulder, conduite par Payson Sheets.

Les restes de ce village étaient enfouis depuis 1400 ans, quand en 1978, un bulldozer ouvrit par hasard une fenêtre sur les restes bien préservés de cette communauté Maya.

 

sacbe_closeup.JPG Le chemin blanc de Cerén - découvert en juillet 2011 - avec son canal de drainage et sur la droite, des céréales préservées sous les cendres de l'éruption du Loma il y a 1400 ans. - Photo Payson sheets - University of Colorado. / Live Science

 

  

Les sacbeob Mayas :

 

Le mot Sacbé - sacbeob au pluriel - dérive de mots mayas : sac signifiant blanc et be signifiant chemin.

 

Sacberoad-cc-minnaert-350                                     Un sacbé bien conservé au Yucatan - photo Minnaert


Ces chemins étaient surélevés d'une cinquantaine de centimètres, entre deux murets remplis de cailloux et revêtus d'un stuc calcaire destiné à les protéger des intempéries.

sacbe---oncetv-ipn.jpgCes chemins blancs avaient une connotation à la fois pratique, politique et spirituelle pour les mayas : ils mettaient en communication les villages, les temples et les places.

Pour en avoir emprunté un en pleine nuit, pour me rendre sur une pyramide de Tikal, et voir le soleil se lever sur la forêt du Peten, je peux confirmer le côté pratique de celui-ci : je pouvais me diriger dans l'obscurité, renforcée par la présence de hauts arbres, sans aucun éclairage et progresser à allure normale sur ce chemin, qui rendait en pleine nuit la luminosité qu'il avait "stocké de jour" ... parcours génial, ponctué par les hurlements des singes. - photo oncetv-ipn / mundo maya.

 

Le sacbé de Cerén :

La particularité de ce chemin est d'avoir été confectionné avec de la cendre volcanique claire, en lieu et place du calcaire. Cette cendre provient d'une précédente éruption ;  elle a été tassée et consolidée le long de ses bords par les résidents autour de l'an 600 (après JC). Il est entouré de ruisseaux.

C'est aussi le seul sacbé retrouvé par les archéologues à avoir été construit sans bords pavés.

 

Il fut découvert, en juillet 2011, de façon inattendue lors du creusement d'un puit d'analyse dans une couche de cendres volcaniques; ce travail visait à analyser l'activité agricole aux alentours de Cerén, considéré comme le village Maya le mieux préservé d'Amérique centrale. Afin de suivre le sacbé, deux fosses-test ont été creusées ensuite vers le nord , ce qui a permis de confirmer sa longueur : un demi-terrain de foot. Il semble relier deux structures cérémonielles découvertes par Sheets et son équipe en 1991.

L'une d'elle semble avoir été utilisée par une femme chamane. On y a retrouvé des os de cerfs, une coiffe portant des bois de cerf peinte en rouge et bleu, et un grand pot en forme de crocodile. De grandes quantités de nourriture et de boissons y avaient été préparées pour une distribution sur la place du village, en vue d'une cérémonie en relation avec la récolte.

Une fête se passait lors de l'éruption qui a enseveli le village ... mais il semble que les villageois en soient partis précipitamment , sans revenir vers leurs maisons pour y ramasser quelques objets de valeur ( toutes les portes des maisons étaient ficelées) . Ils s'en sont encourru en pleine nuit , vraisemblablement grâce au sacbé ... et bien qu'aucun reste humain n'ait été trouvé au village, il est probable, d'après les archéologues, que l'on découvre des corps lors de futures fouilles le long du chemin.

 

Ironie du sort, un chemin construit grâce aux dépôts du volcan a permis aux hommes de fuir une éruption ultérieure de celui-ci !


La datation au radiocarbone permet d'attribuer cette éruption au volcan Loma, un évent situé sur le flanc nord-ouest du San Salvador, distant de 600 m. seulement, qui a eu lieu en l'an 630; d'après Sheets, l'éruption s'est produite en août, et en début de journée : il se base pour cela  sur divers éléments: la maturité des céréales retrouvés dans les cendres, le fait que les nattes de couchage n'aient pas été roulées, le déjeuner servi et les assiettes non encore nettoyées.

 

On a qualifié Cerén de "Pompeï du nouveau-monde" ... mais des différences marquantes les séparent.

Au contraire de Pompeï, cité romaine organisée, aux habitations en dur, aux rues pavées, on est ici en présence d'une modeste comunauté agricole.

A cause du recouvrement des structures au toits de chaumes, des champs et des jardins par une cendre fine, chaude et humide, la conservation des matières organiques est meilleure à Cerén. Ici pas des statues de marbre, mais des marques de doigts sur les bols de céramique, des empreintes de pieds dans les jardins, des moulages de maïs et de manioc, des pots remplis de haricots, deux espèces différentes de fourmis.

 

Ceren---ph.-daggerquill-flickr.jpg

               

Ceren---ph.-2--daggerquill-flickr.jpg

 

            Des restes du village Maya de Joya de Cerén - photos daguerquill / flickr.

                            Sur les parois, on aperçoit des dépôts de surges pyroclastiques.

 

Un résumé par le découvreur :

  

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - San Salvador - eruptive history

- Dailycamera - CU-Boulder ream digs up ancien Mayan road - 05.10.2011,  link 

- Livescience - ancient maya road let villagers flee volcanic death - link

- About.com /archeology - cerén, the lost village of El Salvador - finding El Salvador's Pompeii - link

- Sheets, Payson (editor). 2002. Before the Volcano Erupted: The Ancient Cerén Village in Central America. University of Texas Press, Austin.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Richat-Mauritani---nasa.jpg

 Le Guelb er Richât, vu de l'espace - Image courtesy NASA/GSFC/MITI/ERSDAC/JAROS, and U.S./Japan ASTER Science Team

 

Richat_Structure_-_SRTM---image-Atamari.jpg                       Vue oblique du Guelb er Richât  -  SRTM - doc. Atamari

 

Cette structure en forme d'oeil est appelée structure de Richat, ou Guelb er Richât, ou encore dôme de Richat, . Elle est située en Mauritanie, dans le désert de Maur Adrar, aux confins du massif de l'Adrar et de l'erg de Majâbat Al Koubra.

Elle a été visitée par des géologues dont Théodore Monod dès les années 1950. L'Institut géographique national français la signale dans ses cartes au 1/200.000° en 1963.

Eu égards à ces impressionnantes mensurations - un diamètre de 50 km. et des dénivellés de 30 à 40 mètres - elle est devenue ensuite un point de repère pour les astronautes.

Du sol, il est difficile de saisir le côté circulaire de la structure.

 

Guelb-er-Richat.jpg                         Guelb er Richât - vue "interne" - photo norbert Brügge.

 

Le terme pluriel de Richat ou Richât (Rich au singulier), proviendrait d'un mot assanya (langue arabe parlée en Mauritanie) signifiant « les plumes » ou « les bras de plumes », faisant allusion aux formes de mini cuesta circulaires. 

Peu de personnes vivent dans le guelb, sauf à proximité d'une mine de cuivre... mais des traces d'occupation humaine ancienne s'y trouvent (aiguilles, pointes de lances).

 

 

Les diverses hypothèses :


Elle fut considérée à l'origine comme un cratère d'impact ... cette hypothèse fut abandonnée par la suite en raison de l'absence de zone plate centrale et de roches choquées.

 

Théodore Monod publia dès 1973, dans ses "Souvenirs sahariens d'un vieux géologue amateur" , des hypothèses proches de l'explication communément acceptée aujourd'hui :

" L'Adrar m'a également amené à m'intéresser aux accidents circulaires du Sahara Occidental, de types variés bien entendu et le plus beau d'entre eux (notre ami André Cailleux ne me démentira pas, il a déjà deviné de quoi il s'agit, parce que je l'ai traîné jusque-là) ce sont les Richât. Les Richât, c'est une fenêtre dans les grès de Chinguetti, ouverte dans le plateau. Elle a cinquante kilomètres de diamètre, et est à peu près complètement ronde. L'intérieur de cette immense surface est occupé par une série de cuestas aux pendages périclinaux,disposées autour d'un guelb central où l'on atteint la partie la plus ancienne. Ces Richât ont posé des quantités de problèmes et en posent encore, la question est loin d'être entièrement clarifiée, mais nous avons publié en 1973, dans le périodique Sciences de la Terre de Nancy, un volume collectif : historique, bibliographie générale, esquisse géographique, pseudo-boutonnière des Richât, caractères géomorphologiques, stratigraphie, tectonique, "gravity reconnaissance at Richât", pétrographie, paléontologie, conclusions etc. La conclusion à laquelle nous étions arrivés (la conclusion est à la fois de Pomerol et de moi), c'est qu'il s'agit essentiellement d'un dôme sectionné par l'érosion, ce qui ne veut pas dire qu'il ait existé nécessairement un relief qui ensuite a été découpé en tranches ; il est en effet possible que la vitesse de montée du dôme ait été équilibrée par la vitesse de sa destruction par l'érosion puisque les sables qui sont au Sud des Richât ont été en bonne partie nourris par la destruction de ce dôme. Mais c'est beaucoup plus compliqué que cela, parce que c'est un vrai musée pétrographique, ces Richât, on y trouve des roches basiques, bien entendu, des dolérites ce qui est banal, mais également des roches grenues, des gabbros, et même presque un granite qui est décrit dans la partie pétrographique de l'ouvrage. Il y a des analcimolites dont la genèse reste toujours discutée et discutable. Bien entendu, il existe une théorie volcanique ; la première fois que j'ai vu des analcimolites, en 1934, je ne savais pas tellement ce que c'était ; j'ai cru que c'étaient des rhyolites plus ou moins altérées, d'autres l'ont pensé aussi mais certains croient à une origine sedimentaire des analcimolites. On n'en aura le coeur net que lorsqu'on aura fait un sondage dans ce que l'on appelle la Sebkha du Guelb, actuellement colmatée par des dépôts quaternaires, bien entendu.

Richât est un pluriel qui veut dire "les plumes". Le singulier Rich signifie une plume, nom donné à chacune des cuestas concentriques.

C'est une structure complètement ronde, il y a même une bordure et l'impression, quand on fait la carte de la répartition des analcimolites, est que ces roches ont "coulé" dans les dépressions subséquentes de la topographie actuelle, à partir de cette Sebkha du Guelb. Enfin, pour l'instant on ne sait pas encore ce qu'il y a sous celle-ci.

Il y a ici bien d'autres curiosités, notamment des carbonatites qui sont très à l'ordre du jour maintenant. Beaucoup d'auteurs s'intéressent à ces roches ; elles se présentent là-bas à la fois sous forme de filons, de dykes et j'ai trouvé aussi deux necks, deux pipes verticaux entraînant des minéraux du socle. On ignore à quelle distance se trouve celui-ci, la gravimétrie n'a rien donné, les Américains sont venus faire des mesures ils n'ont pas l'impression qu'il puisse y avoir un batholithe, à proximité de la surface."

 

Depuis les années 2000, on pense que la structure de Richat est issue d'une forme rare de volcanisme géant, datée du crétacé (100 Ma) qui a créé un dôme magmatique associé à des remontées géothermales. Le terrain située au dessus du dôme, composé de sédiments déformés par la poussée, a fini par s'effondrer totalement à la suite d'une longue érosion des couches calcaires. Les quartzites composant les couches alternant avec le calcaire, ont mieux résisté et forment les anneaux résiduels concentriques de la structure.

Le Richat s'inscrit dans le contexte géodynamique du démantèlement de la Pangée, au moment de la séparation finale des plaques africaine et sud-américaine; cette période est caractérisée par une activité anormale alcaline sur les bordures continentales de l'océan Atlantique, généralement associée au développement de divers points chauds indépendants (G.Matton)

 

Quoiqu'il en soit, des sills et des dykes de dolérite (*1) affleurent à différentes places de la structure. La présence de roches riches en analcime (*2) est interprétée par certains comme le résultat d'une altération hydrothermale de sills et dykes de rhyolite.

 

(*) 1. La dolérite est une roche magmatique très peu vitreuse, de structure intermédiaire entre celle, microlitique, d’un basalte et celle, grenue, d’un gabbro. Cette roche magmatique a cristallisé plus lentement, généralement dans des filons en milieu continental ou océanique ; ses grains sont fins mais observables à la loupe.

Dans les dolérites s’observent soit de grands cristaux de pyroxène englobant de petites lattes de plagioclases, soit des lattes de plagioclases jointives ménageant des interstices occupés par de petits cristaux de pyroxène.

 

2. L' analcime est une zéolite fréquente survenant dans des cavités de roches volcaniques mafiques altérés, et est un constituant important de sédiments volcanoclastiques qui a été affectée par un métamorphisme d'enfouissement ou par altération hydrothermale.

 

Sources :

- Théodore MONOD  - Travaux du Comité français d'histoire de la géologie, deuxième série, Tome 4, 1986 - Souvenirs sahariens d'un vieux géologue amateur.

- Le complexe crétacé du Richat (Mauritanie) ... -par Guillaume Matton / Univ. du Québec - link

- Structures of probably magmatic doming origin in North Africa - Guelb er Richat - par Norbert Brügge, géologue. - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Il y a quelques 120 millions d’années, une masse importante de granit a percé la croûte terrestre et fait intrusion dans le sous-sol du nord de l’actuelle Namibie.

Connue comme "Dâures " ou montagne brûlante par les Namibiens, elle est aussi appelée massif du Branberg, par les Afrikaners… en raison de son apparence au coucher du soleil ; ce phénomène est du au feldspath, un composant du granit, qui peut prendre une teinte rouge sang.

Le point culminant atteint 2.573 mètres au "Königstein", pour une masse d’environ 650 km², ce qui en fait la plus haute montagne du plus vieux désert de la planète.

 

  Brandberg.jpg

    Namibie - Le Brandberg, intrusion granitique mise à jour par l'érosion - photo Voyage nature Namibie

 

Brandberg---Konigstein--ph.mariusba.JPGLe Königstein, point culminant du Brandberg, arbore des teintes rosées qui passeront au rouge sang au coucher du soleil - photo Mariusba.

 

Cette intrusion a jailli par une cheminée volcanique de 25 km. de diamètre , puis a été exposée par l’érosion après la rupture du Gondwana et la séparation des continents américain et africain.

La datation à 120 Ma coïncide avec la période d’extinction massive des dinosaures ; au nord du Brandberg, dans "la forêt pétrifiée", on retrouve des exemplaires fossilisés de conifères, long de 30 mètres, signes de la couverture végétale extensive et d’un environnement humide. Dans la même zone, on retrouve des traces de tillite, laissée par un retrait d’énormes glaciers, couvrant le sud africain au début de l’ère Karoo.

Le désert du Karoo s'est formé il y a deux à trois cents millions d'années. Une brusque montée des eaux recouvrit alors ce qui était une forêt tempérée. Après avoir été un marécage à l'époque des dinosaures, le Karoo est de nos jours une région aride, presque totalement privée d'eau en surface à l'exception de brèves périodes où les orages gonflent les rivières asséchées accélérant alors l'érosion.

 

Burning-mountain---Namibie.JPG                         Le Brandberg - Burning mountain - vu de l'espace - photo Nasa


Lors d'une seconde étape, intervenue il y a 130 millions d'années, une éruption volcanique recouvrit la région de lave basaltique ; la couche de basalte atteint par endroit 800m. d’épaisseur …on en retrouve des restes qui forment les monts Goboboseb, à 35 km. au sud-ouest du Branberg.

Des couches horizontales de basalte et des dykes de dolérite sont une évidence du développement géologique complexe du Branberg.  

Un anneau de roches sombres aux parois abruptes enserre l’intrusion granitique : la chaleur générée par l’épisode volcanique a cuit et durci les roches du Karoo qui sont visibles comme une série de terrasses sombres autour du Brandberg et près du sommet.

Une inclinaison de ces roches vers l’intérieur indique que la masse granitique s’est d’abord élevée puis s’est abaissée … une subsidence a suivi l’intrusion.

 

Wei-e_Dame_Brandberg--rec.jpg   Fresque de la Dame Blanche - la partie de droite est "interprétée ci-dessous - d'après une photo Harald Süpfle


ph.Messir---wiki-ru--.jpg

                 Fresque de la Dama Blanche - dessin interprétatif - doc. Messir

 

Le peuplement humain de la région du Brandberg est très ancien : au pied de la montagne, on retrouve des zones recouvertes d’artefacts datant du milieu à la fin du Pléistocène, soit environ 500.000 ans. Les produits érosifs se sont mêlés à ceux laissés par l’occupation humaine.

La montagne elle-même ne montre que des sites pus récents, datés des derniers 10.000 ans, incluant un grand nombre d’endroits avec des peintures rupestres. La concentration des sites dans cette montagne est justifiée par des conditions climatiques plus arides à l’époque ; chaque zone de peuplement est centré sur un ou plusieurs grands sites de peintures rupestres, montrant des détails de la vie culturelle quotidienne et des célébrations.

Ces communautés de chasseurs n’étaient pas isolées … des coquillages et pierres insolites retrouvées témoignent de mouvements et d’échanges avec d’autres populations.

 

 

La "fresque de la Dame blanche", datée de 4.000 ans, a été découverte en 1918 par le géologue et explorateur allemand Reinhard Maack alors qu'il explorait le massif du Brandberg. Il fut, d'après ses dires, particulièrement impressionné par la figure centrale, qu'il décrivit comme étant un "guerrier".

Les notes écrites par Maack furent reprises par l'abbé et anthropologiste Henri breuil alors qu'il était en visite au Cap. C'est alors que l'appellation Dame blanche fut trouvée, en référence au personnage central, qui, selon Breuil lui-même, allait le hanter pendant plusieurs années.

Cette fresque est peinte sur un pan de rocher de 5,5 m x 1,5 m. et est une œuvre des bochimans, comme toutes les nombreuses autres peintures qu'on leur a attribué dans le Brandberg, mais aussi dans tout le Damaraland.

On considère généralement que cette fresque reproduit une sorte de danse rituelle, et que la Dame Blanche n'est autre qu'un chaman, peut-être celui qui a peint cette fresque. Cette dame blanche serait en fait un homme, car on peut voir un pénis dessiné. Ce serait un chaman, car couleur blanche de son corps représenterait des peintures rituelles, et il arbore également des décorations corporelles. Il tient dans ses mains un arc et un calice. À cause de la présence des animaux, notamment les oryx, et de l'arc du chaman, on a longtemps pensé que cette peinture représentait une scène de chasse. Mais comme le chaman est la seule figure humaine clairement représentée, toutes les autres étant réduites à de simples silhouettes, l'hypothèse de la danse rituelle ou du produit d'une transe chamanique est plus courante. Cette hypothèse de la transe est d'autant plus plausible qu'un des oryx a des jambes humaines.

 

 

 Sources :

- Journal of Petrology - etendeka volcanism of the Goboboseb mountains and Messum Igneous complex ... - link

- Minéraux des Goboboseb mountains - link

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