Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

MArs--Uranius-CerauniusTholi_--ESA.jpg                                                       Credits: ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 

Art volcanique abstrait ? ...


Simplement une vue altimétrique colorée de deux volcans jumeaux, situés dans l'hémisphère nord de la Planète rouge dans la région de Tharsis, et fournie par l'ESA - European Space Agency : à gauche le Ceraunius tholus, et à droite, l'Uranius tholus. 


L'image a été réalisée en utilisant le DTM - Digital Terrain Model - au départ d'une caméra haute résolution à bord du vaisseau spatial Mars Express ; elle dérive de données acquises au cours de trois orbites séparées, datées entre novembre2004 et juin 2006. Le code couleur est propre au DTM : du pourpre pour les régions les plus basses, au gris pour les plus hautes.

Le nom "tholus" dérive du latin et signifie "dôme conique". Ces deux tholi voisinent, sur la carte, avec une structure nommée "patera" et une autre appelée "mons" (explication de ces termes en cliquant sur les noms).


 

502-20110322-1096-1107-3144-6-co-01-uranius-cerauniustholi_.jpg

La même image en couleurs naturelles, prise entre trois orbites séparées - durant la seconde orbite, la caméra a capturé des nuages glacés au dessus du tholus Ceraunius.

La composition de la mosaïque d'images sur base de ces données justifie la ligne de nuages tranchée nettement -  Credits: ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 

 

Le tholus Ceraunius possède des mensurations imposantes : 130 km. de large ; les parois de sa caldeira sommitale, d'un diamètre d'environ 25 km., dominent les environs de 5.500 mètres.

Uranius-CerauniusTholi - situation - ESALe tholus Uranius est plus petit : un diamètre basal de 62 km. pour une hauteur de 4.500 mètres.

 

Situation des tholi Uranius et Ceraunius - doc ESA.

 

Les flancs du Ceraunius tholus sont relativement raides, avec une inclinaison de 8°. Ils sont gravés de profondes vallées, suggérant un matériau facilement érodable, tel que de la cendre déposée pendant une éruption volcanique.

La vallée la plus large et la plus profonde, 3.500 m. de largeur et 300 m. de profondeur, se termine à l'intérieur d'un cratère d'impact allongé, situé entre les deux volcans, par un dépôt en éventail. (bleu plus clair sur la photo du dessus). Ce cratère, de 35 km. sur 18, est le résultat d'un impact oblique de météorite; il est appelé Rahe

 

La caldeira sommitale a un sol apparemment plat et susceptible d'avoir abrité un lac lorsque l'atmosphère martienne était jadis plus dense. On ne peut cependant pas préciser si l'éventail de dépôts s'est formé lorsqu'un chenal, ou un tunnel, de lave a été balayé par les eaux de fonte de la couverture glaciaire du volcan, fonte en relation avec l'activité volcanique.

 

Mars---Uranius-CerauniusTholi_H1.jpg

  De l'avant à l'arrière-plan, la caldeira du Ceraunius tholus, le cratère d'impact Rahe, puis l'Uranius tholus, avec sur la gauche d'autres cratères d'impacts. -  Credits: ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

 
   

 

 

Sources :

- ESA - European space Agency - Mars Express

- sur ce blog : Le volcanisme planétaire - les volcans martiens 1 - 2 - 3.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

BAS_PHO_CHEMIN_32_1213629485.jpg

                               Le mont Gerbier de Jonc - photo Rhône-Alpes / Jean-Luc Rigaux.

 

Le mont Gerbier de Jonc, situé en Haute-ardèche sur les communes de Saint-Martial et Sainte-Eulalie, est célèbre pour diverses raisons :

sa forme originale et sa hauteur, 1551 mètres, le font ressortir du paysage.

La nature riche et sauvage aux alentours justifie sa protection, car il abrite, outre une faune et une flore de grand intérêt, les sources du plus long fleuve Français.


Son nom étrange n’est nullement lié à un faisceau de joncs … il faut le relier à une étymologie pré-celtique : gerbier correspond à gar, signifiant rocher ( racine retrouvée dans Gers), et jonc à jugum, correspondant à montagne.

 

Gerbier-de-jonc---phonolithe---re-jpg

                                               Gerbier de Jonc  - photo Marion / Casse-Cailloux.


Cette protubérance est datée de 8 millions d’années, et due à une extrusion de phonolite à néphéline, renfermant des cristaux de sanidine bien visibles et des aiguilles d’augite.

Sa partie supérieure est grossièrement prismée , alors que la base est cachée par des éboulis accumulés durant une glaciation. Une coulée basaltique repose sur le socle cristallin.

 

 

-Sanidine---Descouens.jpgLa sanidine est un minéral du groupe des silicates, sous-groupe des tectosilicates, famille des feldspaths, sous familles des felsdpaths potassiques (K-Feldspath), de formule K Al Si3 O8 avec des traces de : Fe, Ca, Na. 


Sanidine - Puy de Sancy, massif du Monts-Dore, Puy-de-Dôme, Auvergne, France. (5x4.5cm)

Photo Didier Descouens

 

L’augite est un clinopyroxène ferromagnésien et calcique de formule ((Si,Al)2O6)(Ca,Mg, Fe,Ti,Al)2 avec des traces de : Ti, Cr, Na, Mn et K.

 

Le mont Gerbier de Jonc est important hydrologiquement, car c’est à ses pieds que la Loire prend source … les eaux de la nappe phréatique située sous le mont, confrontées à l’imperméabilité des roches volcaniques, en  ressortent par diverses fissures.

Au moins trois sources situées sur son versant sud sont citées : la source "géographique" coule dans un bac en pierre, à l’intérieur d’une grange au toit de lauze ; la source "authentique" est marquée par un monument érigé par le Touring Club de France ; enfin, la source "véritable" sort de terre, dans un pré, sous une lauze, marquée de l’inscription : " ici commence ma course vers l’océan ".

Le mont Gerbier est situé sur une ligne de partage des eaux : coulant vers Sainte Eulalie, les eaux vont vers l’Atlantique, alors que celles coulant vers Saint Martial vont vers la Méditerranée.
Longue de 1.013 km, La Loire a un énorme bassin versant : il occupe plus d’un cinquième du territiore français (117.000 km²).

Fleuve royal de par ses châteaux, c’est aussi le dernier fleuve d’aspect sauvage en France.

 

_Balade_en_bord_de_Loire_-04.jpg                  La Loire sauvage - photo Bruno Manginoux / www.photo-paysage.com


Son débit moyen est très irrégulier et ses crues se révèlent dévastatrices.

Etymologiquement, l´origine celtique de ce nom de fleuve fait allusion à la pureté douteuse de leur eau ; ainsi, c´est le mot celtique "Liga " (lie, dans le sens d´une "eau trouble", de boue, limon ou sédiment ...) qui lui a donné son nom.

 

Vue_sur_la_Loire-en-basses-eaux---ph.Croquant.jpgLa Loire, en basses-eaux, laisse apparaître des bancs de sable qui rendent la navigation problématique - photo Croquant.

 

 

Pour les volcano-philatélistes, un timbre de 1949 illustrant le mont gerbier de Jonc (brun violacé Y843 - graveur : Pierre Munier) :


Timbre-Gerbier-de-Jonc-1949-copie-1.jpg

 

france843maxi.jpg                                              Carte du site Timbresponts.fr

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière, éd. Delachaux & Niestlé.

- Philaweb.fr

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

D'après les datations des basaltes, le volcanisme Ardéchois a véritablement débuté à la période miocène (fin de l'ère tertiaire), il y a près de 12 millions d'années. On pense que les premières éruptions ont eu lieu à l'emplacement actuel du Mézenc, mais les premiers cratères ne sont plus visibles aujourd'hui car ils ont été totalement érodés.

 

panorama du massif de Mézenc( du Gerbier) - p.suzzarini

                                     Panorama du massif du Mézenc - photo P.Suzzarini

1 : le Mont d'Alambre 1691m - 2 : Le Rocher des Pradoux 1440m - 3 : Les Roches de Cuzet - 4 : Le Mézenc 1753m - 5 : Le Suc de Touron 1381m - 6 : Le Mont Signon 1455m - 7 : Le Suc de Sara 1521m - 8 : Les Roches de Borée 1318m - 9 : Borée 1150m.

 

En dialecte local, "suc " définit un sommet rocheux et aigu, volcanique ou non .

Dans le cas de "suc volcanique", on parle de volcanisme "peléen" ; les laves visqueuses et très épaisses figent très rapidement en arrivant en surface et donnent en refroidissant les formes caractéristiques que l'on observe aujourd'hui. Ils caractérisent le paysage de la montagne Ardéchoise et constituent un ensemble de formations volcaniques uniques.


Très différents des volcans à cratères d'explosion de l'Auvergne, ces sucs phonolithiques (*) présentent un état de conservation tout à fait remarquable. Leur présence est liée au soulèvement alpin. En effet, le contrecoup de la formation des Alpes a entraîné une importante élévation de cette zone du Massif Central dont le socle granitique s'est fracturé. Le magma s'est alors infiltré par les fractures du socle et sa montée s’est faite en plusieurs paliers et petites chambres magmatiques.
Les laves émises, le plus souvent de consistance très visqueuse, ont formé ainsi de véritables dômes.

 

Mont_Mezenc---ph.PRA.JPG                                          Le Mont Mézenc - photo PRA


Le Mont Mézenc est un dôme de phonolite (*) datant de 7,6 millions d’années ; il est constitué de deux sommets séparés et distants de 500 mètres. Le sommet sud est le plus élevé : 1.753 m. et situé dans le département de l’Ardèche. Le sommet nord, surmonté d’une croix, culmine à 1.744 m., et constitue le point le plus haut du département de Haute-Loire.

Le Mont Mézenc est situé sur le même ligne de crête que le Mont Gerbier de Jonc.

 

-Mezenc-depuis-chaudeyrolles---Narces-de-ch.-tourbiere---p.jpg  Le Mont Mézenc, vu de Chaudeyrolles - à l'avant-plan, les tourbières du Narces de Chaudeyrolles -

  photo Abalg.

 

Les Narces de Chaudeyrolles, cette vaste dépression circulaire de 1.500 m. de diamètre, est un maar entouré de brèches d'explosion et daté d'environ 120.000 ans. La tourbière témoigne du remplissage ancien par un lac.

 

(*) La phonolite est une roche volcanique peu abondante, rencontrée principalement sous forme de coulées ou d’intrusions formant des dômes. Sa teneur en silice est variable mais généralement comprise entre 51 et 61%  pds. ; sa teneur en alcalin (Na2O + K2O) est forte, souvent supérieure à 10% pds.


500px-Tas-phonolite.png

                                                             Diagramme Géowiki

 

Elle tire son nom du son aigu qui est produit lorsqu’on en frappe un morceau avec un marteau. Elle se compose principalement de felsdspath alcalin et feldspathoïdes, avec des phénocristaux e.a. de clonopyroxène et d’amphibole, jamais de quartz.

 

Elle se débite en dalles, appelées lauzes dans la région. Ces pierres plate ont une surface importante par rapport à l’épaisseur, et nécessitent une charpente très solide, à laquelle elles sont accrochées par un trou à des chevilles de bois . Toutes les lauzes ne sont pas en phonolites, il en existe en schiste, calcaire, gneiss ou basalte.

 

Lauzes.jpg

                              Toit de lauzes de phonolite - photo Serge Gaily, artisan.


Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de LArouzière, éd. Delachaux & Niestlé

-

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
The last dome of the Chain of Puys range from the Puy de Dome Puy and Pariou: these are the Small and Clierzoux Suchet (Cliersou).

Petit Suchet et Grand Suchet- vu du Pariou - Fcarcena01
               The Petit & Grand Suchet, close neighbors but different in nature - photo Fcarcena01

Dossier-25 0514 copie 3The Little Suchet and Clierzoux are located south of the zone "type Chopine" (in the bottom of the map) - from Parc des Volcans

 
The Little Suchet, also called the Puy de l'Aumône, rises to 1,198 meters and is contiguous to the west to Grand Suchet, a pyroclastic cone of 1231 meters.

It is a lava dome pelean type, composed of domite, a characteristic trachyte of the Chaîne des Puys.
This domite contains more feldspar and hornblende as the Puy de Dome.
It is covered by place of pozzolans, slag from Grand Suchet, pumice expelled by the last eruption of Puy Pariou.
Its slopes are forested regular halfway up.

Petit Suchet - ph. Gratte-papier
                       Little Suchet and his neighbors - photo
Skyscraper papier

Grand et petit Suchet - thesupermat
                         Large and Little Suchet - photo Supermat.

To the south and southeast of the summit, open caves ... actually domite quarries operated in the Gallo-Roman and early Middle Ages.

Petit Suchet carrière de domite - ph.Romary                        
Suchet - career of domite - photo Romary

 
No detailed information on the cons by Clierzoux (Cliersou), which is only populated on the maps.

Le Grand Suchet vu du Cliersou - Gegeours
                      The view of the Grand Suchet from the Cliersou - photo Gegeours.

Le Grand suchet à droite & PdD - Gegeours   
Whe are never far from the Puy de Dome, on the left - right, the Grand Suchet - photo Gegeours.

Sources:
- Guide to the volcanoes of the Canary Islands and Europe -
M. Krafft and Larouzière, ed. Delachaux & Niestlé

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les derniers dômes de la Chaîne des Puys se situent entre le Puy de Dôme et le Puy Pariou : ce sont le Petit Suchet et le Clierzoux (Cliersou).

 

Petit_Suchet_et_Grand_Suchet--vu-du-Pariou---Fcarcena01.jpg             Les Petit & Grand Suchet, voisins intimes mais de nature différente - photo Fcarcena01


Dossier-25 0514 copie 3Le Petit Suchet et le Clierzoux sont localisé au sud de la zone "type Chopine" (dans le bas de la carte) - d'après Parc des Volcans

 

Le Petit Suchet, aussi appelé Puy de l'Aumône, culmine à 1.198 mètres; il est accolé à l'ouest au Grand Suchet, un cône pyroclastique de 1.231 mètres de haut.

C'est un dôme de lave de type peléen, composé de domite, une trachyte caractéristique de la Chaîne des Puys.

 La domite contient  plus de feldspath et d'amphibole que celle du puy de Dôme.

Elle est recouverte par endroit de pouzzolanes, de scories provenant du Grand Suchet, de ponces expulsées par la dernière éruption du Puy Pariou.

Ses pentes régulières sont boisées jusqu'à mi-hauteur.

 

Petit_Suchet---ph.-Gratte-papier.jpg                             Le Petit Suchet et ses proches voisins - photo Gratte-Papier.

 

Grand_et_petit_Suchet---thesupermat.jpg                                                Grand et Petit Suchet - photo supermat.

 

Au sud et sud-est du sommet, s'ouvrent des grottes ... en réalité des carrières de domite exploitées à l'époque gallo-romaine et au haut moyen-âge.

 

Petit_Suchet-carriere-de-domite---ph.Romary.jpg                               Petit Suchet - carrière de domite  -  photo Romary

 

Pas de renseignements détaillés par contre sur le Clierzoux (Cliersou), qui n'est renseigné que sur les cartes.

 

Le Grand Suchet vu du Cliersou - Gegeours                                        Le Grand suchet, vu du Cliersou - photo Gegeours.

 

Le_Grand_suchet_a_droite---PdD---Gegeours.jpgOn n'est jmais loin du Puy de Dôme, à gauche - à droite, le Grand Suchet - photo Gegeours.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière, éd. Delachaux & Niestlé

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le puy des Gouttes et le puy Chopine sont étroitement associés morphologiquement et par leur histoire éruptive.

 

800px-Goutte_et_Chopine---ph.-Svea.jpg                   Le puy des Gouttes et le puy Chopine, à droite et boisé - photo SveA.

 

Le puy des Gouttes tire son nom du latin gutta, signifiant source …fait exceptionnel dans la chaîne des puys, ce volcan comportait deux sources. L’une située dans le fer-à-cheval enserrant le puy Chopine a longtemps alimenté un étang, la Choupina ; l’autre, à l’extérieur côté Lemptéguy, était captée au 18° siècle par les Bénédictins de St Alyre pour alimenter la "Fontaine des Pères". Ces sources émergent à la faveur d’une faille sur laquelle s’alignent huit volcans, de Lemptéguy à La Raviole.

 

puy_des_gouttes_008_-et_puy_chopine-_vue_aerienne-.jpg Les Puys des Gouttes et Chopine - en bas à gauche se dessine la carrière de Lemptéguy - d'après une image Google, à comparer avec la figure 7/3.

 

Le puy des Gouttes – 1.134 m -  a la forme d’un croissant ouvert vers le nord ; c’est un cône de scories à pentes extérieures douces et creusées de barrancos, des ravins radiaires, et à pentes intérieures abruptes.

Il est daté de 30.000 ans et ses lapilli ont recouvert une zone importante, parmi lesquels on retrouve des bombes en croûte de pain.

Une coulée de trachybasalte noir à phénocristaux d’olivine et pyroxène s’est épanchée en direction de l’ouest et jusqu’au village de Fontêtes.

 

Le cratère d’explosion trachytique de Chopine entaille le Puy des Gouttes ; peu visible aujourd’hui, il est occupé par …

 

800px-Puy_Chopine-_vu_depuis_le_puy_des_Gouttes---Fcarcena0.jpg                     Le puy Chopine, vu du Puy des gouttes - photo Fcarcena01.

 

Le puy Chopine – 1.181 m.- qui forme une grande pyramide de trachyte, de 600 m. de diamètre basal et 150 m. de hauteur, dominant le puy des Gouttes de quelques 50 mètres.

Le puy Chopine est constitué de trachyte gris, à phénocristaux de feldspath, de mica noir et pyroxène, mais aussi de panneaux du socle cristallin – granite, diorite, cornéenne – qui se retrouve 200 m. au dessus de leur niveau habituel ; ils sont surtout visibles sur la pente sud de l’aiguille.

Le cratère d’explosion et la sortie de l’aiguille sont datés d’environ 9.500 ans.

 

Dossier-25 0512 Evolutio du système Gouttes-Chopine - doc. Parc des Volcans publ. 8 / in Guide des volcans d'Europe.

 

L’histoire de Gouttes-Chopine s’écrit en deux périodes :


- il y a 30.000 ans, une éruption fissurale laisse s’échapper une coulée trachybasaltique, qui s’épanche vers l’ouest ; puis, une série d’explosions va former le cônes de scories du Puy des Gouttes.


- il y a environ 9.500 ans, un cratère d’explosion s’ouvre et forme un maar trachytique de 600 m. de diamètre, ne laissant que la partie sud du Puy des Gouttes en croissant et un lambeau au nord. Cette éruption phréatomagmatique va générer des nuées trachytiques qui vont recouvrir plus de 20 km² … le cône des Gouttes est enfoui sous les dépôts de nuées qui dévalent pour part ses flancs externes et vont creuser des ravines qui lui donnent cet aspect caractéristique. A la fin du cycle éruptif, des panneaux du socle granitique glissent dans le cratère.

Le Magma dégazé va monter comme un piston dans la cheminée , en refoulant les produits qui l’obstruent, pour construire l’aiguille du Puy Chopine (selon un schéma similaire à l'aiguille de la Montagne Pelée). La dalle de granite principale mesure 150 m. de long, sur 100 m. de large et de haut … imaginez la force développée pour soulever cette masse.

Une activité fumerollienne va clôturer le cycle éruptif.

 

Chaine-des-Puys---Pariou-et-Gouutes-Chopine---Loic-Jahan.jpgUne partie de la Chaîne des Puys : à l'avant-plan, le Puy de Pariou et l'anneaui de tuf qui l'entoure - au fond et au centre, le système Puy des Gouttes-Puy Chopine - photo Loïc Jahan / Parc des Volcans.

 

D'excellentes photos aériennes sur le site "photos aériennes en paramoteur / puy de Dôme" ... à voir.

 

 

Puys---gtt---Chopine--Louchardiere--coquille--jumes--chaum.jpg

De gauche à droite : Le Puy des Gouttes & le puy Chopine  -  le Puy de Louchardière - le Puy de a Coquille - Le Puy de Jumes - le Puy Chaumont - Le dôme déprimé du Grand Sarcouy et à l'avant-plan, le Puy des Goules.

Excellente photo synthétique de Gilles Privat / Flickr license crtive Commons.

 

Circuit_Chopine.gif

Exemple de circuit - NB : il est intéressant aussi de suivre le GR 4 pour passer entre les deux puys.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière, éd. Delachaux & Niestlé.

- Chaîne des Puys- Le Puy Chopine - l'aiguille de protrusion - par Bernard Dichamp

- Global Volcanism Program - Chaîne des Puys

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Au nord du Puy de Dôme et du Pariou, se trouvent le complexe du Sarcoui.

 

-Grand_a-D-et_Petit_Sarcoui-a-G---Gegeours-d-puy-de-Come.jpg  Chaîne des Puys - à gauche, le Petit Sarcoui -  à droite, le dôme du Grand Sarcoui - photo Gegeours.


 Dossier-25-0514-copie-3.jpg

           Emplacements des Sarcoui, des Puy des Goules et des Gouttes - d'après Peterlongo.

 


 

Le Grand Sarcoui (ou Sarcouy) est aussi appelé le chaudron, en raison de Dossier-25-0511-copie-2.jpgsa forme "en chaudron retourné ".

Ce cumulo-dôme - 1.147 m. de haut, 800 m. de diamètre - en "pelure d’oignon" est coincé entre le Petit Sarcoui au nord (1.041 m), et le puy des Goules au sud (1.146 m), deux cônes stromboliens plus anciens ; le premier est d’âge non connu, le second daté de 31.000 ans.

 

doc. d'après Parc des volcans / publ.  8.

 

L’histoire de ce dôme se fait en plusieurs séquences :

- naissance du cône strombolien du Petit Sarcoui, constitué de basanite.

- naissance du puy des Goules, qui émet une coulée trachyandésitique vers le nord-est

- formation du Grand Sarcoui : une forte explosion entraîne la destruction du flanc sud du Petit Sarcoui et du pied nord du puy des Goules, avec formation d’un anneau de tufs stratifiés.

Le cumulo-dôme trachytique du grand Sarcoui se met en place au cœur de cet anneau, il y a 12.500 ans, avec émission de nuées ardentes d’avalanches et construction de sa gaine bréchique. La construction de celle-ci est interrompue par l’effondrement et le glissement de son flanc oriental. Ce dépôt d’avalanche est ponctué de protubérances, hautes de 2-3 m. (avalanche en hummocks) et de petits cratères, dus à des explosions phréatiques mineures … ce type de dépôts se rencontre aussi à proximité du St Helens.

On assiste en fin de l’alimentation en lave à la dépression du sommet du dôme.

Par après, le flanc ouest du grand Sarcoui sera recouvert par la nuée trachytique du Puy Chopine, situé au nord-ouest du premier.

 

Dossier-25-0511-copie.jpg                      Doc. d'après Parc des volcans publ.8

 

On peut  observer une bonne coupe dans les cendres du Sarcoui dans une ancienne carrière, atteignable à partir du puy des Gouttes (ne pas confondre avec le puy des Goules).

La couche la plus ancienne atteinte par l’exploitation repose sur des scories basaltiques du Petit sarcoui : elle consiste en tufs ocres, riches en débris de socle et en lapilli trachytiques et fragments basaltiques, témoins du stade explosif initial du grand Sarcoui. Au dessus, les résidus d’écoulement des nuées d’avalanches et pyroclastiques échappées du dôme. Tout au dessus, une coulée blanche et épaisse de 4-5 mètres de lave surmonte les brèches.

 

 le-sarcouy---clg-tence.ac-dermont.fr.jpg                           Le dôme du Grand Sarcoui - photo clg-tence.ac-dermont.fr                     

 

Le magmatisme du Puy des Goules et celui du Grand Sarcouy a une même origine : il s'agit d'une série magmatique. Le conduit magmatique se serait séparé en deux aux alentours de 10km de profondeur.

Le magma à l'origine du Puy des Goules est remonté directement, sans différenciation, d'où une lave peu riche en silice et fluide.

Le magma à l'origine du Grand Sarcouy a subit un stockage temporaire dans une chambre magmatique, où une série de cristallisations a eu lieu, modifiant la composition originelle de ce magma. Celui-ci s'est enrichit en silice (dernier atome à cristalliser, à basse température), conduisant à la formation d'un magma de type trachytique. Il a subit une différenciation magmatique.

 

La lave est un trachyte blanc, crayeux, à phénocristaux de feldspath et biotite.

 

Le trachyte a été exploité à l’époque mérovingienne (6-7° siècles) pour la fabrication de sarcophages, d’où le nom de Sarcoui, déformation phonétique auvergnate de « cercueil » ; ces travaux ont laissé une grotte.

Aux alentours, des carrières ont été taillées dans les cendres du volcan.

Le trachyte compact se retrouve sur le dessus du dôme.

 

Grotte de Sarcouy - ph. Sylenius

                         La grotte de Sarcaoui, creusée dans le trachyte - photo Sylénius

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière, éd. Delachaux & Niestlé.


Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Au moment d'examiner les dômes volcaniques Français, il convient de se pencher sur la Chaîne volcanique des Puys, dans la province volcanique du Massif central, active encore à l’holocène.

 

puydedome2c-superbesseUne partie de la chaine des Puys, avec le Puy de Dôme, surmonté du pylone de la télévision  - photo superbesse.fr


Un peu d'étymologie :

Puy dérive du latin podium, qui signifie colline, lieu surélevé ou encore soubassement, lui même du grec ancien πόδιον, de πούς, ποδός, pied. Le mot Puy désigne donc une hauteur, que sa nature géologique soit volcanique ou non.

Dôme, qui qualifie le puy le plus célèbre de France, vient de la divinité gauloise Dumias, l’équivalent du Mercure romain, et n’est nullement lié à son type de structure. Le sommet du Puy de Dôme abrite les ruines d’un grand temple gallo-romain, édifié au cours des deux premiers siècles de notre ère.

De plus, ce n’est qu’en 1751 que fut reconnue par Guettard l’origine volcanique de ces reliefs.

 

Temple de Mercure Dumias                       Carte postale ancienne du Temple gallo-romain de Mercure Dumias.


La chaîne des Puys :

Les nonante volcans « monogéniques » qui la composent sont serrés les uns contre les autres dans une bande allongée de 3 à 5 km. de large sur 46 de long, orientée N-S. Aux cônes  de scories, prédominants, sont associés des coulées affleurantes et d’autres structures, maars, protrusions et dômes volcaniques. Ce sont ces deux dernières qui nous intéressent.

Les édifices volcaniques sont alignés sur des fractures du socle hercynien, de direction nord-sud, posés sur le versant ouest du grand horst cristallin du plateau des Dômes, d’une altitude comprise entre 800 et 1.000 mètres, qui sépare la plaine sédimentaire de la Limagne de la dépression de la Sioule.

 

chainepuys.jpgLe plateau des Dômes entre la faille de la Limagne et la vallée de la Sioule - doc. BRGM

 

france chaine des Puys copie                              Carte schématique de la chaîne des Puys  -doc. Peterlongo 1978.

                              Les zones de domite sont en noir - Le puy de Dôme est centré.


Les périodes d’activité s’échelonnent entre 156.000 ans (formation du maar de Clermont) et 7.000 ans (maar trachytique du Pavin), ce qui en fait l’ensemble volcanique le plus jeune de France métropolitaine.


On y trouve trois types pétrographiques : les basaltes et trachybasaltes, les trachyandésites et les trachytes, constituant une suite magmatique continue allant d’un pôle basique, le plus ancien – le basalte – à un pôle acide, le plus récent – le trachyte.

Cette ensemble volcanique a mis en évidence la fréquence d’un mécanisme rarement signalé : des édifices de faible volume peuvent connaître, comme les grands stratovolcans, des déstabilisations sectorielles pouvant aller jusqu’à le destruction du cône, et engendrer, dans un cas extrême, une avalanche de débris meurtrière, comme à Gravenoire aux portes de Clermont ( Goër 1993 / Vidal 1994– in BRGM).


Nous examinerons successivement le Puy de Dôme, le puy de Sarcoui, et le groupe Puy des Gouttes - Puy Chopine.

 

Le puy de Dôme :

Ce volcan forme une pyramide tronquée de 550 mètres de haut et 2.000 m. de largeur basale, posé sur un socle granitique.

Il présente deux unités morphologiques distinctes et emboîtées ;

- son flanc ouest a la forme typique d’un grand cumulo-dôme avec des arêtes séparées par des ravines et hérissé de petites aiguilles.

– son flanc oriental a celle d’un demi-cône dont le sommet constitue le point culminant (1466 m.)

 

coupedome - BRGM                                 Coupe SO-N. du Puy de Dôme - doc. BRGM

Remarquez le dôme, la protrusion sommitale et en jaune, la déferlante trachytique recouvrante du cratère Kilian.


La roche qui forme le Puy de Dôme est de deux types : une roche compacte et une roche pulvérulente cendreuse.

La roche compacte est appelée « domite », nom donné au 19°siècle par un géologue allemand ; c’est un trachyte à biotite, blanche, de consistance crayeuse, avec des phénocristaux centimétriques de sanidine. La domite affleure peu en surface, car elle est recouverte sur les flancs et à la base du puy par une grande épaisseur de cendres d’altération fumerollienne; elle se remarque près du parking, et le long du chemin du col de Ceyssat vers le sommet .

 

genesepuy - BRGM                                               Documentation BRGM.


M.Krafft résume sa formation en trois phases, qui se sont déroulées il y a environ 11.000 ans.

- Première phase : un épisode d’activité violent a permis l’édification d’un anneau de cendres domitique, découpant et recouvrant en partie les cônes de scories préexistants. Un magma, dégazé en fin de cette phase explosive et visqueux, s’est accumulé dans l’anneau pour former un cumulo-dôme, entouré d’une gaine de cendres et brèches. Croissance, création d’épines éphémères et éboulements se sont succédés, accompagné de quelques coulées pyroclastiques. On peut observer cette phase sur le côté ouest du puy.

- Deuxième phase : la destruction partielle du dôme, suite à de violentes explosions ou un écroulement brutal par déstabilisation du flanc, va le faire s’ouvrir en hémicycle côté oriental. Cette cicatrice est visible sur ce versant et au sommet, en bordure du parking.

- Troisième phase : un nouveau dôme s’installe et croît dans l’échancrure, avec des épisodes de nuées ardentes peu importantes, comme en témoigne la pente régulière du flanc est. Faute de pente suffisante, ces coulées pyroclastiques ont achevé leur course au pied de l’édifice.

 

-Puy_de_dome_depuis_le_puy_de_come---Clement-Beckert.jpg                    Le Puy de Dôme (vu du puy de Côme siué au nord) - photo Clément Beckert.


L’activité ultérieure est caractérisée par des explosions phréatomagmatiques, qui vont donner naissance au cratère du Nid de la Poule, coiffant le sommet du Petit Puy de Dôme, un cône strombolien composé de scories trachybasaltiques, et aux cratères emboîtés.

Le Puy Lacroix (ex- Puy Redon) se dresse au pied sud du Puy de Dôme : petit cône de scories basaltiques.

Cet ensemble a été recouvert, il y a 9.500 ans, par une nuée trachytique issue du cratère Kilian, qui va déposer jusqu’au sommet du Puy de Dôme des ponces et des blocs de trachyte, de basalte et de granite arraché au plateau des Dômes. Cette nappe de recouvrement est épaisse de plusieurs dizaines de centimètres à plusieurs mètres par endroit.

 

Dossier-25-0510.JPG                doc. Guide des volcan d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Chaîne des Puys

- Guide des Volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière, éd. Delachaux & Niestlé.

- BRGM - Bureau de Recherches Géologiques et Minières - La chaîne des Puys

- A la découverte de la Chaîne des Puys - Domenicus Malleotus - link

- Les volcans d'Auvergne - la chaîne des Puys - de Bernard Dichamp - link

- CRAIG - Projet de levé LIDAR - link

- CRAIG - Projet Tomuvol - radiographie des volcans avec des muons atmosphériques - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Montserrat est l'une des 122 îles qui composent l'arc volcanique des Antilles, lié à la subduction de la plaque Atlantique sous la plaque Caraïbes. Cette île de 16 km. sur 8, est formée par trois massifs volcaniques : du nord au sud, Silver hills (403 m.), Central hills (740 m) et Soufrière hills (915 m.)

Actives il y a environ 20.000 ans, les Soufrières hills ne connurent pas d'éruption historique avant 1995 ... au point que le volcan était considéré comme "éteint" !


049066.jpg

                                Plymouth, en 1995, avant le réveil du volcan - photo C.Gardner - USGS.

 

Les éruptions en cours :

Après une crise sismique de 1992 à 1994, une fissure s'ouvre le 18 juillet 1995 dans la gorge située entre le vieux South Soufrière Hills (755 m.) et Chanches peak (915 m.); elle éjecte cendres, vapeur et blocs de lave.

L'activité est cantonnée au flanc nord-ouest du dôme de lave Castle peak, formé au 17°siècle dans "English crater" (lui-même issu de l'effondrement consécutif à une éruption datée de 2.000 avant JC)

 

Montmap2.gif                          Carte de Montserrat et des différents reliefs du sud de l'île- GVP

 

SoufriereHillsVolcano-95---ph.-NSF---B.Voight.jpg                                Soufrière Hills 1995 - photo B.Voight NSF


Cet évènement inaugure une série éruptive toujours en cours et une succession de construction-effondrement de dômes, accompagnées de nuées ardentes destructrices.

 

L'activité phréatique continue ensuite jusqu'à atteindre un climax le 21 août 95; les retombées de cendres sur Plymouth déclenchent les premières évacuations. Des signes de croissance d'un dôme sont observés, avec apparition d'une épine fin septembre.

De mars à avril 1996, à la suite déboulements incandescents sur les flancs du dôme, les premières coulées pyroclastiques peléennes se déversèrent à l'est.

Le 17-18 septembre 96, les effondrements culminent en une phase explosive paroxysmale détruisant le quart du dôme ; des nuées ardentes dévastent le sud-ouest de l'île et un panache s'élève à 14.000 m. pour déposer 600.000 tonnes de cendres sur Montserrat.

 

Soufr.-Hills----domes-12.95-01.96-MVO.png Carte des dômes et épines du 25.12.0995 au 31.01.1996 ; les pointillés signalent l'emplacement du Castle Peak dome dans English crater - doc. MVO in GVP

 

Le dôme se reconstruit à partir d'octobre 96.

Un effondrement partiel du dôme en juin 97 est responsablede la coulée pyroclastique en direction de Blackburne airport.

Le 1° juillet 97, une nuée atteint l'église catholique au centre de Plymouth, où d'autres parties sont détruites de la même façon les 3-4 juillet.

Le 3 août, une coulée pyroclastique majeure atteint le port. Entre le 4 et le 12 août, de nombreuses explosions vulcaniennes propulsent des panaches de cendres à plus de 13.000 m. et des effondrements de celles-ci sont associés avec des coulées pyroclastiques ponceuses. Le 21.09, un effondrement majeur de dôme se conclue en nuées ardentes qui atteignent la mer en divers points au NE et à l'E. du volcan.

 

Tar-River-val.-16.01.97-R.Head-MVO.jpg

            Soufrière hills - coulée pyroclastique dans la Tar river - photo R. Head / MVO


Noël 1997 est marqué par un essaim de séismes et du trémor. Le flanc SO du volcan et une section du dôme s'effondrent et une avalanche de débris (40 -45 Mm³) dévalent la White river valley. Un collapsus consécutif du dôme (113 Mm³ ) provoque un surge pyroclastique qui dévaste 10 km² au sud de l'île ... on en parle comme l'évènement du "Boxing Day".

 

Montserrat---PF-97-98-Big-think.jpgCarte des écoulements pyroclastiques de juin 97 à juillet 98 - doc. R. Hondin  / Site Big Think - E. Klemetti

 

Des épisodes de croissance, dégradation et effondrement de dôme se succèdent entre début 1999 et avril 2005; on relève des collapsus majeurs le 20.07.2009, 20.03.2000, 29.07.2001 et 13-13.07.2003. ( en détails sur MVO - chronologie)

 

Mi-avril 2005, une vigoureuse activité phréatique débute. En août, un nouveau dôme est détecté, avec une déformation suggérant un petit cryptodôme; sa croissance est asymétrique, avec un ratio d'extrusion de 0,5-1 M³/sec.

Le 20 mai 2006, un effondrement produit un panache de 20.000 m. de hauteur et l'annulation des 100 Mm³accumulés depuis août 2005; les écoulements en mer génèrent un petit tsunami. Puis la croissance du dôme reprend ... rappelant le travail de Sisyphe.

 

07.01.2008---Greg-scott-MVO.jpg              Soufrière hills  - le dôme le 07.01.2008 photo Greg Scott / MVO


En 2008 : on relève des explosions et des émissions de cendres en mai et juillet, la reprise de la croissance du dôme entre août et octobre et un collapsus début décembre.

 

2009 : le 3 janvier, deux explosions avec colonnes à plus de 10.000 m, et effondrements  et coulées pyroclastiques entrant dans Plymouth; ensuite déclin de l'activité jusqu'en octobre, où la croissance du dôme reprend : étant donné la position centrée de l'extrusion, les coulées d'effondrement sont observées dans de nombreux drainages et directions.

 

Montserrat-04.11.2009.png                  Situation du sommet et du nouveau dôme, le 04.11.2009 - Doc.MVO

 

eruption-vulcanienne-05.02.10-MVO.jpg           Soufrière hills - éruption vulcanienne et nuées en fontaines, le 05.02.2010 - photo MVO.

 

Trois explosions vulcaniennes marquent le début 2010 : les 8 et 10 janvier et le 5 février, avec des effondrements du panache en fontaine.

Après ces évènements, l'activité du dôme est signalée à "un niveau bas"; des coulées pyroclatiques continuent cependant à se produire régulièrement !

 

Sources :

- MVO -chronologie détaillée de l'éruption - link

- MVO - special report , The Boxing Day collapse - link

- NSF - Soufrière hills volcano erupting - link

- Photovolcanica - Soufrière hills volcano - link

 

6133_105426548957_105425683957_2061130_5571995_n.JPG15-years-conference-banner_crop.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Logos du MVO et des 15 ans de l'éruption.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le dôme du Gunung Jadi, situé dans le caldeira du Gunung Galunggung, un stratovolcan javanais, fut pulvérisé lors de la dernière crise éruptive ; sa notoriété, outre celle d'avoir été médiatisé par les Krafft, est d'avoir révélé les dangers que représentent les nuages chargés en poussières volcaniques pour l'aviation civile.

 

Galunggung_usgs-Jack-Lockwood.jpg                      Le Galunggung vu du village de Kubanghurang - photo Jack Lockwood / USGS.


 

Le Volcan Galunggung :

 

Situé au sud-est de Bandung, dans l'ouest de l'île de Java, ce stratovolcan a sa partie centrale occupée par une caldeira en fer à cheval, ouverte vers le sud-est; elle s'est formée il y a 4.200 ans, lors d'une éruption qui a décapité le cône, et formé  "les dix mille collines de Tasikmalaya", d'innombrables buttes de 10 à 80 m. de hauteur résultant d'une avalanche de débris en hummocks.

 

carte-GVP.png

Carte des environs du cratère du Galunggung - position du dôme de lave Gunung Jadi, de la crête du Walirang, des drainages et villages proche - Un observatoire provisoire fut installé à Cikasasah à 7 km. au SE du cratère- doc. Katili et Sudradjat 1984 / GVP.

 

Tasikmalaya_Regency_hilly_view---Rossche-01.2011.jpg                               The "Then thousand hills of Tasikmalaya" - photo 2011 Rossche

 

Parmi les éruptions historiques qui ont marqué le volcan, on rélève surtout celles de 1822 et 1982-83.

L'éruption de 1822 fut relativement courte, mais engendra des coulées pyroclastiques et des lahars qui tuèrent 4.000 personnes. Elle fut suivie de l'extrusion d'un dôme de lave.

En juillet 1918, le volcan éjecte de petits panaches de cendres, et quelques jours plus tard, un nouveau dôme andésitique bourgeonne dans le lac : le Gunung Jadi.

Il atteindra vite 500 m. de diamètre et 85 m. de hauteur.

 

Gunnung-Jadi---Galunggung---ph.-Thilly-Weissenborn-Tropenmu.jpgLe dôme Gunung Jadi dans la caldeira du Galunggung - photo Thilly Weissenborn, première moitié du 20° siècle / archives Tropenmuseum.

 

La crise éruptive de 1982-83 :

 

Après 63 ans de repos, un nouveau cycle éruptif débute le 5 avril 1982.

Trois étapes différentes le marquent :

Galunggung_eruption_vulcanienne-1982.jpeg- 1. d'avril à mai 82 :dès les premières petites explosions, accompagnées d'odeurs de soufre et d'incandescences, 80.000 personnes fuient ... à partir du 8 avril, des explosions plus fortes, vulcaniennes, sont accompagnées de coulées pyroclastiques et de coulées de boues chaudes. Quarante jours après le début de l'éruption, il ne reste presque plus rien du Mont Jadi.

 

Panache vulcanien du Galunggung - photo RGM


- 2. de mai à octobre 82 : de fortes explosions phréatomagmatiques  sont accompagnées de panaches de cendres et gaz de 10 à 20 km. de hauteur.

Au terme de cette phase, le cratère circulaire du Walirang apparait au sommet; il est considéré aujourd'hui comme un maar (800 m. de diamètre et 150 m. de profondeur)

 

Galunggung--10.1982---ruska-Hadian-VSI.jpg                     Panache éruptif du Galunggung en octobre 1982 - photo Ruska Hadian / VSI

 

Galunggung-07.08.1982---coulee---J.Lockwood-USGS-copie-1.jpgGalunggung - 07.08.1982 une coulée pyroclastique s'avance vers un point d'observation situé à 2 km. du cratère - photo J.Lockwood USGS.


- 3. de novembre 82 à janvier 83 : le volcan expulse une coulée de lave, assortie d'activité strombolienne.


Le changement de type éruptif s'est accompagné d'un changement de la composition du magma  qui est passé de l'andésite au basalte.

En neuf mois, le Galunggung aura craché 400 millions de m³ de cendres; quand s'arrête le cataclysme, un petit cône de scories occupe le cratère. Cent mille hectares de terre ont été dévastées et les dégâts sont estimés à 100 millions de dollars.

 

Galunggung-05.02.1983---don-Peterson-USGS.jpg

05.02.1983 ... un mois après la fin de l'éruption, des nuages de vaper s'échappent du cinder cone formé au centre du cratère et des bords internes de la caldeira ; un lac commence à se former  qui va engloutir presque l'entièreté du cône - photo Don Peterson USGS.

 

Galunggung--3-.jpg     Le cône interne et les coulées de lave - cratère du Galunggung - photo Gajahkur.wordpress.com

 

"Un volcan s'attaque aux avions ! "

 

C'est avec ce titre que Maurice Krafft débute le chapitre consacré aux désagréments subis par trois avions de ligne qui ont transité dans le nuage de cendres émis par le volcan (durant la deuxième étape du cycle éruptif).

C'est l'incident de la nuit du 23 au 24 juin 1982 qui va révéler le danger des nuages chargés de cendres volcaniques pour les moteurs d'avion.

747--British-airways---image-Anynobody-wikipedia.png"Un boeing 747 de la British Airways, effectuant un vol Kuala Lumpur - Australie, et ses passagers, sont témoins d'un étrange phénomène en passant à 12.300 m. d'altitude au sud de Java : les réacteurs, l'intérieur de la cabine de pilotage et les instruments sont envahis par des centaines de feux Saint-Elme dus à des décharges électriques. Les réacteurs sont si lumineux qu'on les croirait éclairés par des phares (...) Soudain le copilote signale qu'un des réacteur vient de tomber en panne !  Quelques minutes plus tard, c'est au tour des trois autres de s'arrêter."  - Image de synthèse par Anynobody / Wikipédia

Sans poussée fournie par les moteurs, le Boeing 747-200 plane relativement bien : pour un kilomètre perdu en altitude, l'avion aura parcouru 15 kilomètres horizontalement. L'équipage détermina rapidement qu'à l'altitude où l'avion était situé (37 000 pieds, soit environ 11 000 mètres), il pouvait planer pendant 23 minutes et parcourir 169 kilomètres.

"Une poussière très fine et une odeur de soufre pénètrent à l'intérieur de l'avion. Le vrombissement des moteurs s'est tu, remplacé par un silence impressionnant entrecoupé par les craquements du fuselage et des ailes. La pressurisation dans la cabine n'étant plus maintenue par les moteurs, les masques à oxygène s'échappent de leur cache au-dessus des sièges. (...) La catastrophe semble imminente, pourtant la majorité des passagers reste apparemment calme. (...) Au bout de 13 minutes d'attente et de chute,un réacteur démarre enfin, suivi peu après des trois autres ! Mais l'avion n'est plus qu'à une altitude de 3.900 mètres et une barrière de hautes montagnes le sépare de Jakarta (...) Prudemment, le pilote zigzague entre les montagnes, puis lentement descend. Il s'étonne de n'apercevoir aucune lumière au sol. En fait, les vitres de la cabine de pilotage sont devenues opaques. Sans aucune visibilité, son appareil déséquilibré par le fonctionnement de trois réacteurs sur quatre, le pilote réussit l'atterrissage très délicat. La catastrophe a été évitée de justesse ! " (récit de M.Krafft dans son livre "Volcans du monde" éd. L'Odyssée - Flammarion 1987)

 

Les moteurs furent ensuite décortiqués et le phénomène, inexpliqué de prime abord, pu être enfin compris.

 

effets cendres sur réacteur

Le problème est lié dans un premier temps à l’ingestion et à l’accumulation des poussières volcaniques. Outre leur action abrasive, dans un deuxième temps, ces poussières fondent à la chaleur des moteurs (1.000 ° environ), et adhèrent aux ailettes des turbines. Le réacteur s’étouffe et s’arrête !

(voir l'éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull en avril 2010 - ash and crash - impact sur le trafic aérien)

 

Les cendres au sol ...


Cikasasah et ses environs sont recouverts d'un épais manteau gris, pulvérulent; cette neige minérale adoucit les formes, les rizières et les étangs sont devenus des terrasses lisses, stériles. Le système d'irrigation est perturbé par l'accumulation de poussières éjectées depuis des mois. Ca et là, les toits se sont effondrés sous cette poussière ... partout, c'est la désolation.

Le souffle des nuées ardentes et les lahars ont emporté maisons, ponts, récoltes ... et la saison des pluies approche, et celles-ci vont remobiliser ces dépôts.

 

Kadong---near-Galunggung--ph.Jack-Lockwood-USGS.jpg   Traversée de Kadong, un village noyé sous les cendres du Galunggung - photo J.Lockwood USGS.

 

A quand la formation du dôme suivant ? Le volcan est maintenant sous la surveillance des volcanologues, qui pourront "tirer le signal d'alarme".

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Galunggung

- Volcans du Monde - M. & K. Krafft - éd. L'Odyssée / Flammarion

- Guide des Volcans- M. Rosi & al. - éd. Delachaux & Niestlé.


Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog