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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Sans revenir sur l'éruption du St Helens le 18 mai 1980, vue en détails auparavant, on peut rappeler que parmi les intervenants directs causateurs de celle-ci, outre le séisme et le glissement de terrain, la présence et la croissance d'un cryptodôme sont impliquées.

 

may18_sequence.gif

  La séquence éruptive de 1980 et la déformation du sommet par le cryptodôme - doc. USGS / CVO


MSHelens 80 bulge on north side 04-27-80 - CVO            St Helens - sur la droite, la déformation du flanc nord le 27 04.1980 - photo USGS / CVO

 

 

Le dôme post-éruptif - 1980 à nos jours :

 

Dès mi-juin 1980, on assiste à l'extrusion d'un dôme, qui sera pulvérisé en juillet puis reconstruit. Le 15 août, l'activité "blaste" un petit cratère dans la partie ouest du dôme sans le détruire.

Depuis le 11 août, la croissance du dôme n'est plus détectée, mais des zones d'incandescence y sont visibles le 23 septembre.

 

MSH80_dome_from_south_07-18-80.jpg                         Le dôme du St Helens le 18.07.1980 - photo USGS /CVO

 

Après octobre 80, un dôme de dacite a commencé sa croissance dans le nouveau cratère du St Helens.

 

Le dôme 80-86.

 

msh_lobes_80-81.gifDe 1980 à 1982, la croissance est due à des extrusions périodiques de lave, formant différents lobes ... ce dôme est qualifié de composite, car résultant de plusieurs évènements éruptifs ; Ce processus dynamique implique un mouvement vertical de nouveaux matériaux, des craquelures et des mouvements de poussée latéraux des anciens matériaux, le dépouillement des surfaces du dôme, et occasionnellement, de petites mais violentes explosions .

Développements des lobes du dôme et extension des talus entre 10.80 et 11.81 - doc. USGS

 

MSH81_new_lobe_spreading_center_from_west_06-26-81-copie-2.jpg          Dôme du St Helens, le 26.06.1981 - à gauche, zone d'extension - photo USGS / CVO

 

MSH81_spreading_center_sept81_lobe_09-11-81_med.jpg       Centre d'expansion dans le dôme du St Helens, le 11.09.1981 - photo USGS / CVO

 

En 1983, la croissance devient plus endogène (interne) et continue, jusqu'en février 1984. En mai 1984, deux explosions marquent le dôme, et en milieu juin, un  nouveau lobe commence à en émerger.

Mai 1985 est marqué par l'extrusion d'un nouveau lobe et une intrusion majeure ... ce qui élargit le dôme.

Puis l"activité reste à un niveau bas jusqu'à l'extrusion d'un nouveau lobe en avril 86, puis en septembre 86.

Le GVP note en janvier 91 qu'aucune déformation significative n'a été détectée depuis 86, hormis quelques ajustements gravitationnels.

 

Nouveau dôme 2004 - fin 2007.

 

En septembre 2004, après un hiatus de plus de 13 ans, une nouvelle éruption débute. Des mesures Lidar et des photos d'une importante surface surélevée suggèrent que le volume total de la déformation entre 27.10.2004.jpgseptembre et le 6 octobre est compris entre 16 et 20 millions de m³, soit un ratio de 2 Mm³/jour représentant le volume d'intrusion magmatique dans les niveaux bas du dôme et du plancher du cratère sous-jacent. Le 14 octobre, on observe la déformation et la surrection d'une zone du côté sud du dôme 80-86, et un nouveau lobe de lave dans la partie ouest de cette même zone, avec des températures mesurées à 761°C et des jets de poussières à des dizaines de mètres de hauteur : un nouveau dôme est en train de naître.  -  Carte simplifiée USGS 10.2004

 

44084511.MtStHelens-27.05.05---J.H.Scurlock.jpg                St Helens - le cratère et ses dômes le 27.05.2005 - photo J.H.Shurlock / USGS

 

La croissance du nouveau dôme va se poursuivre : il passe de 38 Mm³ en février 2005, à 60 Mm³ mi juin et atteint 70 Mm³ le 24 octobre 2005, soit en un peu plus d'un an 90% du volume du dôme 80-86.

Parallèlement et à partir de juin 2005, diverses épines vont naître et disparaître ... à partir de mi-juillet et durant ce mois, l'épine et les zones élevées du dôme sont le siège de nombreuses chute de roches, la plupart associées à des séismes de magnitude 3 environ. Fin juillet, l'épine restante s'est presque entièrement désintégrée.

 

evolution-2005---mars-a-juillet.jpg                 Evolution du nouveau dôme entre le 15.03 et le 26.07.2005 - USGS/CVO

 

MSH05 crater dome from north 07-13-05 copieLe cratère et le nouveau dôme compressant le glacier (sur la gauche de l'image) le 13 juillet 2005 - photo USGS/CVO


L'extrusion du nouveau dôme va se continuer jusqu'en septembre 2007.

 

En janvier 2008, le GVP considère que l'éruption du St Helens a cessé ... depuis, le volcan est calme !

 

MSH08_aerial_new_dome_from_north_05-30-08-copie.jpg

 St Helens - stade final de l'évolution du dôme , vue partielle du NE. le 30.05.2008 - photo USGS/CVO

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Monthly reports - link

- USGS - Mount St Helens - lava dome - link

- USGS - CVO - dimensions linéaires du dôme du St Helens entre 1980 et 1986 - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Quand un dôme témoigne à postériori de la mauvaise attribution de la plus volumineuse éruption du 20° siècle ...

 

Novarupta---USGS.jpg              Le dôme du Novarupta dans le Parc National du Katmai en Alaska - photo USGS.

 

Les faits  et leur découverte :

 

Suite à de nombreux et importants séismes avant-coureurs : quatorze séismes de magnitude comprise entre 6 et 7, et plus de cent de magnitude supérieure à 5, un énorme blast inaugure l'éruption du siècle en Alaska.

Nous sommes le 6 juin 1912 et durant soixante heures, et en trois phases pliniennes successives, tephra et gaz vont être émis en quantité phénoménales.

Un dôme de blocs rhyolitiques va venir bloquer l'évent après la fin de l'éruption.

 

Les habitants de l'île de Kodiak, à 160 km., furent les seuls à réaliser l'ampleur de l'éruption. Leur attention fut attirée par le bruit du blast, et c'est avec frayeur qu'il virent se développer un panache montant à environ 30.000 mètres.

Peu d'autres informations concernant les effets spectaculaires de cette éruption furent connues ... jusqu'à la visite en 1916 d'une expédition scientifique, sponsorisée par la National Geographic Society.

A leur grand étonnement, les scientifiques découvrent une étendue plate de matériaux cendreux, sans consistance d'où sortent des jets de vapeur ... au nord de celui qu'on appellera Novarupta - "Nouvelle éruption" -  une vallée sans nom au préalable, que l'expédition va baptiser la "Vallée des dix mille fumées" ( Valley of Ten Thousand Smokes, ou VTTS pour la facilité) a été remplie par des ignimbrites.

 

VTTS-depuis-Balek--mount.--GM-Mariah-Tilman-AVO2007.jpg

    La vallée des dix mille fumées, vue de Baled Mountain - photo Mariah Tilman 2007 / AVO-USGS.

 

Après analyses ...

 

Environ 30 km³ d'éjectats vont tapisser la région, ce qui équivaut à plus de 30 fois le volume émis par l'éruption du St Helens en 1980.

La séquence éruptive du 6 au 8 juin comprend :

- une retombée initiale rhyolitique (77% SiO2) , accompagnée de blasts dans la zone proche de l'évent

- l'émission de 11 km³ d'ignimbrites

- une série complexe de retombées dacitiques (64,5-66 % SiO2).

 

Les premières investigations attribuèrent l'éruption au Katmai, éloigné de 16 km. du Novarupta ; l'éloignement de la zone d'impact rendant impossible toute observation directe, la proximité  du Katmai, son effondrement qui a formé une caldeira de 3 km. sur 4, profonde de 500 à 1.000 m., et la présence d'un dôme, tous ces facteurs ont favorisé l'attribution, par Griggs, de l'éruption au volcan Katmai.

 

novarupta-3000-recadree.jpgIsopaques des dépôts (1,2,5 et 10 m. près du Novarupta) en rouge et limites de la VTTS en jaune -

doc. AVO-USGS.

 

usgsfs075-98-3.jpgPosition des volcans proches, des évents volcaniques, de la VTTS et des villages abandonnés au N. et au S. du Novarupta. - carte USGS.


Ce n'est qu'à la fin des années 50, que des recherches ont permis de constater une épaisseur de cendres et matériaux pyroclastiques plus grande dans l'aire du Novarupta : une énorme quantité de magma fut drainée de la chambre magmatique, des magmas de différentes composition ( rhyolite à quartz-hypersthène / dacite à pyroxène / andésite à pyroxène) ont produit d'abondantes strates de ponces ... ces éléments ont permis de conclure à un transfert magmatique au travers de fractures au départ des réservoirs du volcan Trident, puis du volcan Katmai, causant son effondrement et la formation de sa caldeira.

 

VTTS---Stasch-hendrickson---Phenomenica.jpg Erosion mettant en lumière les strates de la couche d'ignimbrites dans la VTTS - photo Stasch&hendrickson / Phenomenica.

 

Katmai-dome---NPS-copie.jpg                        Le dôme surmontant les évents du Novarupta - doc. National Park Service

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Novarupta - Katmai

- Volcanoes of North America, United States and Canada - Wood and Kienle, 1990, Cambridge University Press

- USGS - Preliminary Volcano-Hazard Assessment for the Katmai Volcanic Cluster, Alaska.

- U.S. National Park Service Website, Geology Fieldnotes - Katmai National Park and Preserve, Alaska.

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Publié le par Bernard Duyck
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Mt-Pelee-1977---R.Fiske-Smiths-jpg

                     La Montagne Pelée - photo Richard Fiske / Smithsonian 1977.

La Montagne Pelée :

 

C'est en 1635 que les premiers européens s'implantent en Martinique et notamment sur le site qui donnera naissance à la ville de Saint-Pierre. La Montagne Pelée vient de connaître une éruption avec mise en place d'un dôme dans le cratère sommital à partir duquel un certain nombre d'écoulements pyroclastiques se sont épanchés dans les vallées dont celle de la Rivière des Pères proche de Saint-Pierre. La végétation a été détruite sur une bonne partie des flancs du volcan et dans toute la zone sommitale, d'où probablement le nom de Montagne Pelée que les premiers habitants donnèrent à ce volcan.

 

Saint-Pierre.jpg

                  La rade fort fréquentée de Saint-Pierre de La Martinique, avant l'éruption de 1902.

 

L'éruption de 1902 et la destruction de Saint-Pierre : résumé selon une description de l'IPGP.

 

Les premiers signes de réactivation de la Montagne Pelée se produisent dès 1889, avec l’apparition de fumerolles dans le cratère sommital de l’Etang Sec.

Mais ce n’est qu’en 1900 et surtout au début de l’année 1902, que le nombre et l’intensité des fumerolles augmente régulièrement jusqu’au 23 avril 1902, quand la première explosion phréatique se produit. De nombreuses explosions phréatiques se succèdent entraînant d’abondantes retombées de cendres sur le flanc ouest du volcan.

Le 5 mai, le lac qui occupait le cratère sommital de l’Etang Sec se déverse, suite à la rupture de son barrage naturel, dans la vallée de la rivière blanche, emportant les cendres accumulées sur le flanc du volcan. Il produit un lahar qui engloutit la distillerie Guérin située à l’embouchure de la rivière et fait les 23 premières victimes de l’éruption. Dans la nuit du 5 au 6 juin, les incandescences au sommet du volcan témoignent de l’arrivée du magma à la surface. Un dôme de lave commence à s’édifier dans le cratère.

 

Le 8 mai, à 08h 02 du matin, une violente explosion se produit au sommet peleen.gifdu volcan.

Schéma de dynamisme peléen.

L’explosion est due à la conservation et la détente brutale d’une partie des gaz magmatiques contenus à l’intérieur du dôme et au sommet du conduit d’alimentation ; elle est donc superficielle. Elle se produit à la base du dôme et est dirigée latéralement vers le sud-ouest. La direction de l’explosion est due à l’existence d’une zone de faiblesse dans cette partie de l’édifice, à une orientation probablement oblique du conduit d’alimentation dans la zone sommitale et enfin à la présence d’une brèche doc.-IPGP.jpgprofonde dans la partie ouest du cratère de l’Etang Sec. Tout ceci contribue à la direction latérale de l’explosion et la concentration de l’énergie dans cette direction. L’explosion se produit avec un angle d’ouverture très large, de l’ordre de 120°, et génère un écoulement pyroclastique - mélange de cendres, blocs et gaz - extrêmement dilué et turbulent, se déplaçant à très grande vitesse, estimée jusqu'à 500 km/h. par Lacroix C’est ce que l’on a appelé une "nuée ardente péléenne".

Les dépôts de l'éruption de 1902 - carte IPGP.

Elle franchit les reliefs et atteint la ville de Saint-Pierre en moins d’une minute, tuant les 28.000 personnes présentes à l’exception de deux survivants, Louis Cyparis et Léon Compère. La hauteur de l’écoulement a pu être estimée, compte tenu de la limite des destructions sur les reliefs, à 190 m. La température de la nuée ardente, très basse, ne dépassait probablement pas 200 à 250°C, compte tenu de l’importante incorporation d’air dans l’écoulement. Les habitants sont tués par effets mécaniques mais surtout par brûlures et asphyxie par ingestion de gaz et cendres chaudes.

Pelee_1902---Angelo-Heilprin.jpg                             La nuée ardente arrivant jusqu'en mer - photo Angelo Heilprin 1902.
8.jpg      Saint-Pierre, ville détruite après l'éruption de 1902 de la Montagne Pelée - doc. M.H.N. Paris

800px-Prison_Saint-Pierre_Martinique---ph.Riba.JPG                     Le cachot de Cyparis, adossé au Morne Abel - photo Riba.

C’est un total de 7 nuées ardentes comparables qui se succèdent jusqu’au 30 août 1902 et qui atteignent la ville de Saint-Pierre. On peut citer celle du 20 mai, qui parachève la destruction de la ville - comme en témoignent les nombreux blocs des habitations pris dans les dépôts - celles du 26 mai, du 6 juin et du 30 août. Cette dernière, dirigée à la fois vers l’ouest et vers le sud, détruit une partie de la ville du Morne Rouge, augmentant de 1000 le nombre des victimes. Cette nuée ardente clôture la phase paroxysmale de l’éruption. Ce sont environ 30 000 personnes qui périssent.

 

Mt-Pelee-1902----4---Cooper-W.G.---Spothern-methodist-UNI-jpgLes ruines fumantes de Saint-Pierre le 14 mai 1902 - courtesy of Cooper W.G. / Spothern Methodist University - Central University Libraries - De Golyer Library.

 

Aiguille et dômes peléens :

 La poursuite de l'activité jusqu'au début 1905 voit la croissance d'un dôme de lave visqueuse, ponctuée de nombreux écroulements de parties instables qui vont générer des coulées pyroclastiques dites d'avalanches, moins énergétiques que celles qui ont marqué la phase éruptive. Ces coulées seront drainées dans la vallée Blanche, qui sera partiellement comblée.

 

C'est au cours de cette période que va s'ériger la célèbre aiguille, piston de lave visqueuse de diamètre correspondant à celui du conduit d'alimentation : une cinquantaine de mètres.

 

Chronologie de cette construction peléenne:

- du 6 mai au 3 novembre 1902, le dôme croit à la vitesse moyenne de 2 mètres par jour

- du 3 au 24 novembre, une aiguille perce le dôme et monte jusqu'à 230 mètres, à une vitesse de 10-20 mètres par jour. Elle va s'écrouler entre le 25 novembre 1902 et le 6 février 1903, ne laissant qu'un vestige haut de 81 mètres.

- du 7 février au 6 juillet 1903, l'aiguille reprend sa croissance à la vitesse de 3 mètres par jour ... jusqu'à atteindre 265 mètres, sa hauteur maximale.

- du 7 juillet au 10 août 1903, une nouvelle période d'écroulement ne va laisser qu'une aiguille haute de 33 mètres.

 

Towerofpelee_Lacroix-1904.jpgaspects-de-la-grd-aiguille---A.Lacroix-1904.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, l'aiguille le 15 mars 1903.

A droite, l'évolution du dôme entre avril et septembre 1903.

Document de l'oeuvre d'Alfred Lacroix, La Montagne Pelée et ses éruptions - 1904.


Pelee-aiguille-dome---M.H.N.Paris.jpg

Les nuées ardentes ont détruit plantations et forêts, ainsi que la ville de Saint-Pierre et recouvert le tout d'un manteau grisâtre ... au sommet d la Montagne Pelée, se dresse les restes de l'aiguille, témoin de la puissance destructrice du volcan - Document M.H.N. Paris.

 

- du 10 août 1903 au 30 octobre 1905, plusieurs extrusions percent le dôme, pour s'ébouler aussitôt et ne laisser finalement qu'un dôme coiffé par des éboulis.

 

Pelee---dome-de-1902-Cratere-Etang-sec.jpgLe dôme de 1902 remplit une grande partie du cratère de l'Etang sec - photo de Paul Kimberly / Smithsonian Inst. prise du Morne Macouba, au nord du sommet.


Après la crise de 1902-1904, une nouvelle manifestation éruptive intervient de 1929 à 1932. Ici encore, une importante activité phréatique précède l'arrivée du magma en surface. Lorsque ce dernier atteint le sommet du volcan, il édifie un nouveau dôme de lave visqueuse, à côté de celui de 1902. L'activité explosive, moins violente cette fois, ne génère aucune nuée ardente péléenne. Le dôme poursuit sa croissance et, devenu instable, il s'éboule régulièrement provoquant des nuées ardentes d'avalanches. Comme précédemment, elles s'écoulent dans la vallée de la rivière Blanche et finissent de la combler. Suite à cette éruption, la Montagne Pelée connaît une activité fumerollienne qui décline lentement. Les dernières fumerolles, localisées entre les deux dômes, disparaissent en 1970. ( source IPGP)

 

Pelee-sommet---1929-lava-dome---P.Kimberly-Smiths-jpg

Le sommet de la Montagne Pelée est formé par le dôme de lave de 1929 - a droite, on apercoit le dôme de l'Aileron, datant de 7.750 avant JC- photo Paul Kimberly / Smithsonian Inst..

 

Pelée - dôme Aileron - Lee Siebert Smiths. De gauche à droite, le dôme de l'Aileron (7.750 avant JC)   puis le bord est de l'Etang sec et le dôme de 1929 - photo de Lee Siebert / Smithsonian Inst / 2002.

 


Sources :
- Global Volcanism Program - Pelée
51RD8FW12NL. SS500- IPGP (Institut de Physique du Globe de Paris) - Les éruptions historiques de la Montagne Pelée - lien
- La Montagne Pelée se réveille - Comment se prépare une éruption cataclysmique - par S. Chrétien et R. Brousse / éd.Boubée 1988.
- Lacroix A, 1904. La Montagne Pelee et ses eruptions. Paris: Masson et Cie

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

L'île Saint-Vincent fait partie de l'arc volcanique des Petites Antilles ; cet arc résulte de la subduction de la plaque Atlantique sous la plaque Caraïbe, à la vitesse moyenne de 2 cm. par an.

 

SV---cate-SRU-2004---GVP.jpg

Carte de droite : Guyard & Warin

carte de gauche : SRU / GVP 2004.

 

sv - A.Guyard & S


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Soufrière est le plus jeune volcan de l'île , dont il occupe la partie nord; ses dépôts couvrent 55% de la surface , témoins d'une activité déjà ancienne.


On distingue trois cratères à son sommet :

- le plus vieux d'entre eux, la "Somma" a un diamètre de 2.200 mètres. Son rempart nord, qui culmine à 1.220 m., en reste la seule trace. La Somma a été comblée au nord par d'autres produits volcaniques; au sud, se sont établis des cratères plus récents.

- Le "vieux cratère" actif en 1718 puis en 1902 et 1979, a un diamètre de 1.600 mètres et a souvent été occupé par un lac.

- En 1812, une éruption a créé le "nouveau cratère", large de 450m. et profond de 60 m., depuis inactif.

Quatre rivières drainent le volcan; leurs vallées canalisent les coulées pyroclastiques et les coulées de boue.

 


souf-StVincent-1980-R.Fiske.jpg                            La Soufrière de St Vincent - photo R. Fiske 1980 - Smithsonian inst.

 

L'activité historique :

 

Depuis trois siècles, les explosions violentes et les extrusions de lave alternent à la Soufrière de Saint-Vincent.

Parmi celles-ci, deux s'en démarquent.

L'éruption de mai 1902, dont une nuée ardente paroxysmale tua 1.565 personnes, définit le "type de nuée Soufrière de Saint-Vincent" : ces nuées caractéristiques sont émises à partir d'un cratère ouvert, accompagnées d'une colonne éruptive verticale atteignant plusieurs kilomètres de hauteur avant de s'effondrer dans plusieurs directions ( Lacroix 1904).

Cette éruption précède de quelques jours celle de la Montagne Pelée, sur La Martinique proche.

La crise éruptive de 1979:

Sept évènements éruptifs majeurs marquent cette crise, surveillée par les volcanologues et le satellite NOAA-SMS-1 (qui donne les renseignements sur les dimensions de la colonne éruptive d'après des images infra-rouges).

Le 13 avril, deux explosions produisent des colonnes éruptives de taille importante : à 17h08, une colonne de 17 km. de hauteur, pour un diamètre de 60 km. au sommet, accompagnée de nuée ardente. A 21h08, une autre avec une colonne de diamètre sommital de 40 km.

Le 14 avril, une éruption à 12h09 est accompagnée d'une colonne de 17 km. de haut et 100 km. de large au sommet, ainsi que d'une nuée paroxysmale.

Le 17 avril, une éruption paroxysmale se déclenche à 16 h.57; le panache atteint 18,7 km. de haut, pour un diamètre de 140 km. à son sommet. Le magma arrive en surface dès le début de l'éruption.


Souf.St-Vincent-17.04.1979-Keith-Rowley-UWI.jpgSoufrière de St-Vincent - colonne éruptive du 17.04.1979 - elle est intéressante par sa structure "en jupes" causée par condensation de couches subhorizontales d'air humide entraînées dans la colonne montante - photo Keith Rowley / University of the West Indies.


Le 22 avril à 6h35, la colonne monte à 16 km. accompagnée d'une nuée ardente et le 25, à 23h55, la colonne est repérée à 9 km. de hauteur.

Ces éruptions n'ont pas fait de victimes, et la majeure partie des 17.000 personnes évacuées peut regagné les habitations dès le 14 mai.

 

eruption-SV-22.04.1979---Richard-Fiske-Smiths-jpgSoufrière de St-Vincent - colonne éruptive du 22.04.1979 - photo Richard fiske / Smithsonian Inst.

 

Evolution des dômes sommitaux :

L'alternance explosion / extrusion à la Soufrière de Saint-Vincent, analysée par J-M. Bardintzeff, montre quatre cycles entre 1718 et 1979.

Le temps séparant l'émission d'une nuée ardente et l'extrusion du dôme suivant est remarquablement constant : 62 à 69 ans pour les 3 derniers cycles avant 1979; il pourrait correspondre au temps nécessaire à un nouveau remplissage du réservoir magmatique, vidangé en tout ou partie par les nuées ardentes.

 

dome-ds-lac-fin-1971---Jack-Frost.jpg

Soufrière de St-Vincent - un dôme en croissance sort du niveau du lac de cratère en décembre 1971.

L'extrusion a débuté fin septembre-début octobre 71; le dôme a commencé à émerger le 20.11, caractérisé par un ratio de croissance initial de 2-3 m. par jour, jusqu'en mars 72. (l'éruption de 71-72 ne fut pas explosive) - photo Jack Frost.

 

dome-1977---R.Howard---Harvard-univ-jpgSoufrière de St-Vincent - le dôme en 1977 - photo R. Howard / Harvard Univ.

Ce dôme andésitique, formé en 71, remplit la plus grande partie du plancher du "vieux cratère" sommital.

Il fut pulvérisé aux 3/4 lors de l'éruption de 1979.

 

 

Le cycle de 1979 différe des précédents car, pour la première fois, la phase extrusive suit immédiatement la phase explosive; de plus en 1979, dôme et nuée proviennent du même magma, à la différence des 3 autres cycles, où les dômes ne seraient pas constitués du même magma que les nuées. Le volume total émis - 37,5 millions de m³ de tephras et 47,3 millions de m³ de dôme - reste inférieur à celui supposé du réservoir magmatique et prouve que celui-ci ne s'est vidé qu'en partie.

 

Souf.StVincent-06.1979-R.Fise-Smith-jpg

Soufrière de St-Vincent - juin 1979 - photo Richard Fiske / Smithsonian Inst.

Ce nouveau dôme a commencé sa croissance dès le 3 mai 79, pour atteindre une hauteur de 110 m. le 18 juin.

(vol. 26,2 x 106 m³) A la fin de la crise éruptive, en octobre 79, sa hauteur était de 133 m. (vol. 47,3 x 106 m³). Sur cette photo, les nuages de vapeur du dôme en dégazage se mêlent aux nuages atmosphériques.

 

Ce dôme est de type à "croissance interne", l'adjonction de lave se faisant en profondeur. Ses mensurations en fin de crise : 133 m. de hauteur pour un diamètre de 860 mètres.

 

Sources : 

- Global Volcanism Program - Soufrière Saint-Vincent

- Volcanologie - J-M. Bardintzeff - éd. Dunod 1998.

- The University of the West Indies - St Vincent volcanism

- Balades naturalistes - La Soufrière de Saint-Vincent - A. Guyard & S. Warin

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Publié le par Bernard Duyck
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Cleveland---TerraSAR-X---18.08.2011---D.Schneider-et-Lu-Zho.jpg

 

Cleveland---TerraSAR-X---09.09.2011---D.Schneider-et-Lu-Zho.jpg

Evolution du dôme sommital du volcan Aléoute CLEVELAND :

à gauche, le 18.08.2011

à droite : le 09.09.2011

 

Documents TerraSAR-X par D.Schneider et Lu Zhong / AVO - USGS.

 

 

 

 

L'évolution du dôme de lave au sommet du volcan Cleveland, dans les Aléoutiennes, nous amène à parler des dômes de lave et des dangers qu'ils présentent.

Les dômes de lave ont été mis en lumière au cours d'éruptions historiques : la soufrière de saint-Vincent, la Montagne Pelée, plus récemment le Mont St Helens, le Mont Unzen, Soufrière Hills sur Montserrat, le Mérapi ...

Que sont les dômes de lave et comment fonctionnent-ils ?

 

Définition du dôme de lave :

Quand la lave émise possède une viscosité trop élevée pour pouvoir s'épancher sur une certaine distance, même en présence d'une pente importante, elle s'accumule sur place et constitue un dôme.

Les côtés des dômes ont généralement des flancs très abrupts et sont fréquemment recouverts de dépôts de blocs instables mis en place pendant ou juste après leur extrusion. Leur éventuel démantèlement peut être plus ou moins explosif en cours d'éruption, mais le dernier dôme subsiste souvent en fin d'éruption et refroidit lentement avec une activité fumerollienne.

Les dômes présentent des aspects variés, spécialement dans le cas de dômes composites.


Quatre grands types se distinguent , les morphologies étant  fonction des propriétés physiques de la lave; ils diffèrent par leur hauteur et leur rayon.

 

LavaDomeTypes.jpg

                                   Les quatre types morphologiques de dômes - doc. Blake / Oregonstate univ.

               a. bouchon soulevé ( avec niveaux perturbés) - b. dôme péléen (avec éboulis et aiguille) -

               c. dôme surbaissé  -  d. dôme coulée

 

- les bouchons soulevés, ou cryptodômes :  ils débutent par une injection de magma en profondeur sous les diverses couches du terrain, qu'ils soulèvent ensuite parfois de plusieurs centaines de mètres.

Leur diamètre correspond à l'orifice de sortie; la hauteur peut dépasser leur rayon, en fonction de leur constitution à base d'un magma visqueux.

Leur existence est éphémère, car ils s'éboulent dès leur formation.

un exemple : le Showa-shinzan (volcan Usu) s'est mis en place en 1943-45 sous forme de cryptodôme, avant que n'apparaisse la lave.

 

Usu-san---dome-showa-Shinzan---ph.Jesper-Rautell-Balle.jpg      Usu-san (volcan Usu - Japon) - le dôme Showa-shinzan - photo Jesper Rautel Baulle.

 

- les dômes péléens : ils sont plus larges et plus hétérogènes, avec de éboulis latéraux qui leur confèrent une forme conique. ils sont surmontés de protrusions ou aiguilles de lave, comme à la Montagne Pelée en 1902-1905 ou encore au St Helens après 1980.

 

SIM2928.jpg                  St Helens - chaîne des Cascades - épine 2005 - photo CVO / USGS

 

- les dômes de lave surbaissés : de profil arrondi et caractérisés par un abondant dégazage.

ex. le Chillahuita / Chili ... un exemple de "torta ", type extrême de dôme surbaissé : l'épaisseur et le diamètre de ces structures peut varier respectivement, de quelques mètres à un kilomètre, et le diamètre à plusieurs kilomètres. Leur croissance résulte d'un processus interne , la lave sortant en un point central du dôme, près de l'évent, en poussant les couches plus anciennes ... s'en suit une structure interne "en oignon".

 

chillhahuita-dome---oregonstate.jpg

                               Le Chillhuita  -  photo Casey Tierney / Oregonstate un.

 

- les dômes-coulées : transition entre le dôme surbaissé et la coulée de lave, les dômes-coulées sont constitués d'un magma relativement fluide et présentent une forme bien souvent dissymétrique selon la pente du substratum.

ex. le dôme du Mérapi / Java.

 

 

Un dôme peut croître de manière endogène (par injection de lave à sa base - dômes de magma) ou de manière exogène (par émission de lave à sa surface - dômes de lave).

Les premiers, dômes de magma relativement riches en gaz, croissent sous la poussée exercée par le magma sous-jacent. Ce gonflement distend la carapace solidifiée et la craquelle, ce qui permet au magma frais de remplir les orifices ainsi apparus. La viscosité du magma entrave le dégazage et augmente le risque d'explosion.
Les dômes de lave résultent de l’accumulation de coulées de lave, courtes et épaisses, à partir d’un point central qui s’élève au fur et à mesure de l’éruption. Cet évent est aussi le siège d’un dégazage bien visible.

 

Mécanismes qui régissent la vie d'un dôme :

 

Les observations et les mesures de terrain ne permettent pas de comprendre à elles seules le phénomène de déstabilisation des dômes ... il a fallu compléter l'étude par des expériences de modélisation.

On a constaté qu'il existe une compétition entre le magma qui pousse à l’intérieur du dôme (en raison de son injection) et la carapace du dôme qui se refroidit et donc durcit et résiste à cette poussée.

Il serait logique de penser que la carapace se rompe sous la poussée, déstabilisant le dôme.

Selon les expériences réalisées, la déstabilisation se produit selon un rapport entre l'épaisseur de sa croûte rigide et la hauteur du dôme encore visqueux. Si la croûte est peu épaisse, elle se craquelle sur tout le sommet du dôme et les blocs, qui ne sont pas solidaires, bougent de manière radiale. Si la croûte est relativement épaisse, elle va se fracturer brutalement, de manière dissymétrique ... et on a un effondrement.

L'équilibre du dôme va donc répondre à divers paramètres :

- l'épaisseur de sa carapace

- mais aussi, la résistance de la carapace à la traction

- la densité du magma

- et la pression interne exercée par le magma et les gaz à l'apex du dôme.

 

Les simulations ont permis de comprendre les mouvements paraboliques du magma à l'intérieur de la structure ; ils définissent deux zones dans le dôme en croissance :

- une partie centrale, dominée par l'injection du magma , et des mouvements ascendants verticaux

- une partie périphérique, où sous l'effet de la gravité, les mouvements deviennent latéraux et descendants.

L’importance de ces deux zones au sein d’un dôme varie en fonction du débit du magma et de la durée de ce débit, et détermine sa morphologie. Ainsi plus il est élevé, plus le dôme croît en hauteur (dôme lisse, dôme rugueux)...plus le débit faible, plus la croissance se fait en largeur (dôme coulée, dôme étalé).

 

Selon le taux d'émission de magma et la variation de sa teneur en gaz, et les paramètres d'équilibre sus-mentionnés, le dôme peut croître tout en relarguant des gaz ou exploser brutalement sous la pression de ceux-ci.

Des effondrements peuvent générer aussi des coulées pyroclastiques dangereuses, comme ce fut le cas à la Montagne Pelée.

 

La croissance d'un dôme est donc une succession de stades d'équilibre séparés par des éruptions.

 

Sources :

- Volcanologie - par J-M. Bardintzeff - Dunod éd. 1998

- Les dômes de lave - par Eric Reiter / Terre & Volcans Moselle.

- Lava domes - Oregonstate university

 

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Publié le par Bernard Duyck
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Le Kilauea, volcan connu pour ses fontaines de lave et ses coulées fluides, peut aussi être le théâtre de violentes explosions meurtrières ... lors d'éruptions de type phréatique ou phréatomagmatique.

Ce volcan, sans dôme de lave sommital, peut émettre des surges chauds semblables à des "nuées ardentes".

 

La découverte d'empreintes de pas dans le désert de Kau révèle le fait que des personnes ont vécu une éruption ici ... plus de 100 personnes y furent tuées par l'éruption, peu après que ces empreintes furent laissées dans de la cendre volcanique boueuse.

 

Kilauea-foot-prints---USGS---D.jpg                       Les empreintes de Keanakako'i - photo Donald Swanson / USGS.

 

L'éruption de 1790 :


L'histoire fait remonter l'éruption à 1790 et au pit crater du Kilauea Iki. L'émission de cendres chaudes en abondance et une pluie violente ont transformé ces retombées en boue.

L'histoire raconte que Keoua, un chef de clan situé à Puna au sud de Big eruption-explos-1790-tableau.jpgisland, revient d'une bataille contre son rival Kamehameha. La troupe de Keoua, accompagnée de femmes et enfants, passe près du Kilauea sous cette pluie de cendres. Leurs pieds s'enfoncent dans la boue, et leurs empreintes seront durcies sous l'action du vent et du soleil.

Une explosion plus importante du volcan, riche en gaz et cendres chaudes, va dévaler sur la troupe, tuant une centaine de personnes. Les cendres de l'éruption vont couvrir 190 km² dans le sud-ouest du Kilauea.

 

L'analyse de l'éruption :

 

Au moins neuf couches de cendres volcaniques sont exposées sur les collines du système de failles Hilina au sud du Kilauea. Les dépôts les plus anciens, connus sous la dénomination de "cendres d'Uwekahuna", sont datés d'il y a 2700 à 2000 ans.

Les plus récents, les "cendres de Keanakako'i", proviennent d'une série d'éruptions explosives qui s'est terminée il y a 200 ans et qui inclue l'éruption qui a décimé l'armée de Keoua, en laissant plus de 75 millions de m³ de poussières qui couvrent une partie du sommet du Kilauea sous une couche de plus de 10 mètres d'épaisseur en certains endroits (USGS). Le GVP accorde à ces évènements un VEI 4.


 

Keanakko-i-ash.gif                   L'étendue des dépôts de cendres Uwëkahuna et Keanakako'i - carte HVO/USGS.

 

La plupart des éruptions explosives anciennes se sont produites probablement lorsque le cratère sommital avait atteint une profondeur telle que son plancher soit sous le niveau de la nappe phréatique, laissant sourdre les eaux souterraines, éventuellement pour y former un lac. La rencontre du magma et de ces eaux va donner de violentes explosions, qui ont fragmenté le magma en fines particules et donné des surges pyroclastiques, tels que ceux qui ont tués les guerriers de Keoua.

 

Mastin2_lakesA.gif                                            Schéma L.Mastin & al. / publication USGS.

 

 

L'éruption de 1924 :

 

Durant 18 jours en mai 1924, des centaines d'explosions projètent de la boue, des débris et des blocs incandescents pesant jusqu'à 7.000 kg. jusqu'à 1 km. du cratère de l'Halema'uma'u, situé dans la caldeira du Kilauea.

Des colonnes de cendres volcaniques montent jusqu'à une altitude de 3.000 mètres, apportant "la nuit en plein jour" sur Pahala, cité située à 30 km.

Heureusement, il n'y eu aucun tué durant l'évènement, seul un photographe qui s'était approché un peu trop près fut atteint par des pierres et de la boue chaude.

 

Kilauea 23.05.1924     Panache de l'éruption explosive de l'Halema'uma'u le 23 mai 1924  - archives Bishop museum.

 

Le futur des explosions au Kilauea :


Il y a peu de chances de voir dans l'immédiat ce type d'explosions au Kilauea, à cause du niveau courant de la nappe phréatique à 520 mètres sous le bord du cratère de l'Halema'uma'u.

On constate cependant que, depuis les années 1820, le plancher du cratère sommital du Kilauea a plongé jusqu'à 90 mètres du niveau de la nappe à trois reprises ... la prochaine subsidence pourrait engendrer ce type d'éruptions explosives, si les condtions sont rencontrées, mettant en danger la vie de milliers de personnes, vivant et travaillant sur le volcan, ou simplement visitant celui-ci.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Kilauea

- USGS - Kilauea, an explosive volcano in Hawaii - pdf link

- USGS -  Explosive eruptions at Kilauea volcano - link

- NPS - Keanakako'i - the story of the footprint area - link

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Publié le par Bernard Duyck
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En 2004-2005 : intense activité du cratère et des évents de flancs – la coulée PKK cause de ombreuses entrées océaniques.

 

01.2004-overflow-puuoo.jpg                                     Pu'u O'o - débordement de la lave - photo HVO

 

En janvier 2004, de la lave déborde du cratère du Pu’u O’o, pour la première fois depuis 1998. Quatre nouveaux évents s’ouvrent sur le flanc sud du cône … leur date de naissance étant associée à celle de Martin Luther King, les évents sont baptisés MLK ; ils restent actifs jusqu’en juin 2005, avec une production intermittente de coulées et projections.

En début février , la lave du cratère déborde dans le Puka Nui, puis en mars le calme revient.

 

02.2004-debordement-ds.-Puka-Nui.jpg                              En février 2004, la lave déborde dans le Puka Nui. - photo HVO

 

En mars 2004, le jour anniversaire du Prince Kuhio Kalaniana – PKK – une émission sur le sud-ouest du cône forme le tunnel de lave PKK, qui demeure le plus actif jusqu’en août 2004.

 

Entretemps, le tunnel Mother’s Day est nourri par les boucliers « sans racines »  jusqu’en fin avril. La lave atteint l’océan en fin mai et les émissions demeurent fortes durant juillet.

 

En janvier-février 2005, le cratère et les évents de flanc du Pu’u O’o sont actifs, avec un spattering quasi permanent. De nouveaux spatter cones se forment dans le Puka Nui et au niveau de la zone des évents MLK.

Fin mars, le spatter cone de l’évent est s’effondre et révèle un réservoir de lave qui restera visible le reste de l’année.


03.2005-lava-pond-PuuOo.jpg

                            Pu'u O'o - le réservoir de lave apparu en mars 2005 - photo HVO.


En mai, c’est au tour d’un des spatter de la zone MLK de faire la même chose … au Puka Nui, un spatter, formé en février, s’effondre à la  mi-juillet.

La seconde moitié de l’année 2005, c’est la subsidence qui caractérise le cratère du Pu’u O’o.

 

MLK---PKK-flows-2003-2007.gifSynthèse des structures actives entre 2003 et 2007 : évents du cratère - coulées  Mother's Day, MLK et PKK - coulées fin 2006. - carte HVO.


Au niveau des entrées océaniques, la coulée PKK crée six évènements concernant 5 km de côte ; en novembre 2005, l’entrée Est Lae’apuki , une surface de 17,8 hectares de banquette littorale s’effondre.

2006 : une année paisible

Le tunnel PKK a été actif toute l’année, alimentant l’entrée dans l’océan à East Lae’apuki.

 

03.2005-2006-situation-cratere-PuuOo.jpg                        Cratère du Pu'u O'o - situation mars 2005 - 2006  - documentHVO


Dans le cratère du Pu’u O’o, la lave est maintenue à un niveau compris entre 20 et 22 m. sous le bord de l’East pond vent.

Vers mi-mars, on observe un réservoir de lave, le Drainhole vent, d’environ 10 m. de diamètre ; vraisemblablement son contenu est au même niveau que l’East Pond vent. En juin-juillet, la lave y monte et y descend sous l’effet des gaz, pour produire une unique coulée entre le 30.11 et le 20.12, qui déborde dans l’effondrement proche de la paroi sud, à l’intérieur du cratère.

 

En 2006, de petites coulées ont lieu au pit MLK et à l'évent Puka Nui.

La situation des entrées en mer : l'entrée East Lae'apuki a été active toute l'année, augmentant de 23 hectares la surface de Big Island, un record en la matière.

Les entrées est, East Ka'ili'ili et Kamokuna, sont nourries par le tunnel Campout.

 

3206kil3.jpgCoulées PKK (en vert) avec la position du skyliht Petunia - et des tunnels PKK (dans zone en vert) et  Campout (zone en rose) - carte HVO.

 

02.01.2006-Skylight-PKK-flow.jpg   Coulée PKK - le skylight "Petunia" en janvier 2006 - position sur la carte ci-dessus - photo HVO.


20070125---entrees-est-en-mer---HVO.jpg                                  Les entrées dans l'océan, côté est - photo HVO

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Kilauea

- HVO - Kilauea - history. 

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Publié le par Bernard Duyck
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L'éruption de la zone de rift-est, qualifiée par l' H.V.O. d'éruption " Pu`u `Ō `ō-Kupaianaha" et caractérisée par plus de 50 épisodes, est en 2011 dans sa 28° année ; elle compte parmi les plus volumineux épanchements de lave de la zone de rift-est pour les cinq derniers siècles.

 

De 1983 à 1986 : construction du cône du Pu'u O'o.

 

L'éruption débute le 3 janvier 1983 : durant les six premiers mois, des fissures émettent des laves par intermittence le long de la zone de rift-est du cratère Napau jusqu'à Kalalua.

 

PuuOo-09.1983-J.D.Griggs-HVO.jpg   Septembre 1983, les fontaines de lave construisent un cinder-spatter-cone - photo J.D.Griggs


En juin, l'activité se localise à l'évent du Pu'u O'o qui va entrer en éruption environs toutes les 3 à 4 semaines durant trois ans ... cette période est caractérisée par de spectaculaires fontaines de lave, dont certaines attiegnent 470 mètres.

 

09.1984-PuuOo---C.Heliker-HVO.jpg

                   Fontaines de lave à l'évent Pu'u O'o en septembre 1984 - photo C.Heliker / HVO


La production des fontaines de lave se traduit majoritairement par des coulées de type "aa", épaisses de 3 à 5 mètres et avançant à une vitesse comprise entre 50 et 500 mètres par heure; en 83-84, 16 maisons sont détruites dans la zone des Royal Gardens.

Les retombées directes quant à elles forment un cône de cendres et projections, qui atteint 255 mètres à maturité ; sa forme est asymétrique, étant donné les vents soufflant dans une direction privilégiée.

 

08.1986---PuuOo-au-max.---Griggs-HVO.jpgLe cône du Pu'u O'o, à maturité en août 1986, blanchi par les sulfates - photo J.D. Griggs /HVO.

 

De 1986 à 1991 : déplacement des éruptions vers Kupaianaha.

 

Suite à des modifications de "plomberie", les éruptions se déplacent à 3 km. au NE. du Pu'u O'o, marquant le début d'une période effusive de plus de cinq ans. Un bassin de lave se forme au dessus de l'évent et ses débordements forment un bouclier bas d'une hauteur de 55 m. au bout d'un an.

Après quelques semaines, le canal d'évacuation principal du bassin développe un toit, formant un tunnel de lave véhiculant des laves pahoehoe.

 

12.1986-Kuhapainah---E.Wolfe-HVO.jpg         Le bassin de lave de Kupaianaha et le bouclier bas en décembre 1986 - photo E.Wolfe /HVO.


Kalapana4 - 01.83 - 01.91Fin novembre 1986, les coulées atteignent l'océan et causent la fermeture de la route de la côte. Un changement de direction vers l'est permettra aux laves d'engloutir 14 maisons en un jour, au NO. de Kalapana.

 

Zones recouvertes par les coulées de janvier 1983 à janvier 1991. - doc. HVO

en orange : coulées 01.1983-06.1986

en rouge : coulées 07.1986- 01.1991

en pointillés : trajet des tunnels de lave principaux.

 

 

 

 

De mi-87 à 1989, la plupart des laves de Kupaianaha coulent directement vers la mer, où elles entrent en se fragmentant  pour former un sable noir qui va former de nouvelles plages instables, qui à plusieurs reprises vont s'effondrer et se reformer.

 

En 1990, l'éruption change, marque des pauses, ce qui trouble le bon fonctionnement des tunnels de lave, qui s'écroulent par places ... et entre, en même temps, dans une phase plus destructrice. En mars, les coulées se tournent vers Kalapana, une zone appréciée pour ses sites historiques et se belles plages de sable noir ... à la fin de l'été, la communauté entière (église, magasin et 100 maisons) sera ensevelie sous 15 à 25 m. de laves.

 

19900422-JG14664_large.jpgEn avril 1990, les laves pahoehoe atteignent Kalapana et mettent le feu aux habitations - photo HVO

 

Pendant le "règne de Kupaianaha", des effondrements à répétition du conduit éruptif du Pu'u O'o ont conduit à la formation d'un cratère de 300 m. de diamètre. Dès 1987, un petit lac de lave est présent sporadiquement, puis de façon quasi permanente à partir de 1990.

 

De 1992 à 1996 : retour de l'activité au Pu'u O'o.

 

Le 7 février 1992, l'activité s'arrête à l'évent de Kupaianaha. Dix jours plus tard, elle retourne au Pu'u o'o sous forme de petites fontaines le long d'une fissure de flanc, inaugurant une série d'évents actifs sur les flancs durant 8 ans.

Un bouclier, haut de 45 m. et d'un diamètre d'un km. se construit contre le flanc ouest de Pu'u O'o. En novembre 1992, la lave entre dans l'océan à Kamoamoa, à 11 km. des évents.

De fin 1992 à janvier 1997, les tunnels de lave délivrent leurs laves en continu et aggrandissent le champ de coulées de Kamoamoa.

Depuis le début 1993, avec la lave qui s'échappe par les évents de flanc, le côté ouest du Pu'u O'o laisse apparaître des puits d'effondrement ... fin 1996, le plus large d'entre eux, appelé le "great pit" , engloutit la majeure partie du flanc ouest du cône.

 

03.06.1992---C.Heliker.jpg

Aspect du flanc ouest du Pu'u O'o avant la formation des puits d'effondrement - juin 1992 photo C. Heliker / HVO

 

01.08.1997---C.Heliker.jpg

La large trouée s'est faite le 29 janvier 1997, lorsque le magma a migré de dessous le cône vers le cratère Napau, situé sur le rift à 4 km. - A l'avant-plan , le bouclier qui a commencé sa croissance en 1992, et sur la droite de la trouée, le spatter cone de mars 1997. - photo août 1997 C. Heliker / HVO.

 

A suivre ...

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Kilauea

- Hawaiian Volcano Observatory - Kilauea - history.

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Publié le par Bernard Duyck
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L'activité évolue au Pu'u O'o' :


Le 21 juillet, la lave a débordé du cratère et rempli les pit crater MLK et Puka Nui.


21.07.2011-HVO-copie-1.jpgSituation du cratère, avec son lac de lave perché, et la lave qui envahit les pit craters le 21.07.2011 - photo HVO.

 

21.07.2011-PuuOo.jpg




Le 29 juillet, la lave s'est accumulée sur le côté sud-ouest du cratère et a commencé à "former un bouclier bas" qui a englouti les pit craters.

Ces coulées externes sont couplées à un soulèvement du plancher du catère depuis fin juin ... sur la photo, on peut voir le flanc du côté est du lac de lave (perché) : avant son soulèvemet, cette portion était quasi plate !.


29.07.2011---3-PUuOO---HVO.jpg

Le 29, la lave a englouti les pit craters et commencé à former un bouclier bas - en comparaison avec la photo ci-dessus - doc. HVO.

 

29.07.2011---2--PUuOO---HVO.jpg

                       Uplifting du plancher côté est du lac de lave - photo HVO 29.07.2011.

 

Le 3 août, le plancher du cratère du Pu'u O'o , qui s'était soulevé les jours précédents, a commencé à s'affaisserà 14h.02.

A 15h15, le planche du cratère et le lac de lave perché commencent à s'effondrer , et pendant quelques heures, le lac de lave n'est plus visible et le plancher du cratère est recouvert de décombres.

 

03.08.2011---collapsus-PuuOo.jpgle 03.08.2011, affaissement et effondrement du plancher du cratère ... le lac de lave n'est plus visible.- photo HVO


 Voici pour l'évolution dans le cratère, tandis que sur le flanc ouest du volcan, vers 14h20, la lave sort par un évent. Les écoulements forment ensuite deux branches : une plus faible s'avance vers le nord dans un kipuka recouvert de forêt en y causant des incendies, tandis que la branche sud, plus volumineuse descend les flancs du Kilauea en suivant les traces de coulées de 002-2004.

Ces coulées restent cantonnées au sein du parc national des volcans et ne posent par de problèmes pour les résidents.

 

03.08.2011-la-lave-sort-par-le-flanc.jpg

     Le 03.08.2011, vers 14h20, la lave sort par un évent sur le flanc ouest du Pu'u O'o. - photo HVO

 

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                 Avancée bifide de la lave, le 03.08.2011 et les incendies générés - photo HVO

 

Source : Hawaiian Volcano Observatory - rapports et photos

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Publié le par Bernard Duyck
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800px-Ullengdo_20081114---wiki.JPG

                                                                 Ulleung-do, photo 날개

 

Ulleung-do est une île située dans la mer du Japon, à l'est de la péninsule coréenne. Elle est connue sous des noms divers : Matsu Shima ou Utsuryo To pour les japonais, Dagelet pour les Européens ... elle fut baptisée ainsi par La Pérouse, commandant d'une expédition autour du monde, en l'honneur de l'astronome Joseph Lepaute Dagelet qui l'accompagnait.

Bien qu'elle ait été baptisée Ullung-do (alias Ulleung-do ou Ul-do) par ordonnance impériale coréenne nº 41 du 25 octobre 1900, elle est encore expressément citée sous le nom d'île Dagelet dans le traité de paix de San Francisco signé entre les forces alliées et le Japon en 1951.

 

Des découvertes archéologiques témoignent de l'habitation de l'île depuis le premier millénaire avant JC. La première référence historique remonte à l'an 512, avant son annexion par la Corée en 930. Son éloignement de la métropole n'a pas favorisé la sécurité d'Ulleung-do, qui fut dévastée par des pirates au 11° et 14° siècles.

 

560px-Ulleungdo_de.svg.png

 

Cette petite île, de 10 km. de large et 73,15 km² de superficie, est un stratovolcan trachyandésitique qui culmine au pic Seonginbong à 984 mètres.Il est tronqué par la caldeira Nari.

Le volcan a été le site d'une éruption phonolitique explosive en 8750 avant JC, de VEI 6, qui éjecta 10.000 millions de m³ de téphras, créant la caldeira et déposant des cendres jusqu'à Honshu, à 800 km. de distance.

D'autres éruptions sont datées de 6450 et 2990 avant JC.

 

Ulleungdo-4917--vadrouille-en-coree.JPGUlleong-do et ses falaises vertigineuses - photo Marie-Chloé / blog Vadrouille en Corée.

 

Dossier-24-8514--korea-blog.jpg                                   Les passerelles "aériennes" d'Ulleong-do , photo Korea blog

 

ulleungdo-island4-lonelly-places.jpg                                 Ulleong-do, le travail de l'érosion - photo Lonelly places.

 

Ch'uga-ryong :

Le rift Ch'uga-ryong, axé NNE-SSO., coupe en diagonale la zone démilitarisée séparant les deux Corées. Le graben est occupé par des coulées extensives de laves basaltiques.

L'une d'entre elles est originaire du volcan-bouclier bas Ap-san, marqué par un cratère sommital de 200 m. de large et plus de 20 cônes satellites. Une des coulées mesure 40 km. de longueur.

Une autre coulée, longue de 60 km. est datée de la fin du Pleistocène.

 

Pas de photos de la zone étant donné sa situation sur la ligne de démarcation.


Sources :

- Global Volcanism Program  - Ulreung

- Global Volcanism Program  - Ch'uga-ryong

- Blog Vadrouille en Corée ... pour des renseignements pratiques

- Koreaveo - voyages en Corée - link

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