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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La péninsule Coréenne, surnommée "le pays du matin calme", est, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, un pays divisé en deux états.

Au nord, la république populaire démocratique de Corée n'a de démocratique que son nom : elle est dominée par une lignée de leaders staliniens, marxistes et belliqueux. Elle a pour capitale Pyongyang.

Au sud, la république de Corée, avec pour capitale Seoul, compte plus des deux tiers de la population, alors qu'elle n'occupe que 45% du territoire de la péninsule.

De fortes tensions ont toujours existé entre les deux parties depuis "la guerre froide", celles-ci trouvant leur paroxysme durant la guerre de Corée de 1950 à 1953. Depuis, la zone tampon située le long de la frontière entre les deux états, dite «zone démilitarisée » (DMZ), concentre un grand nombre de militaires. Le village de Panmunjeom, lieu de signature du cessez-le-feu de 1953, est l’endroit où se déroulent traditionnellement les négociations entre les deux Corée, entre deux scéances de "musculation".

 

La péninsule Coréenne comporte peu de volcans : le Paekdu (que les chinois appellent Changbaishan), le Jeju-do et l'Ulleungdo. Le rift Ch'uga-ryong, et ses coulées basaltiques, coupe la DMZ en diagonale.

 

Coree-google-volcans-copie.jpg                        La péninsule Coréenne et ses volcans (en orange) - d'après Google Earth.

 

 

L'un d'entre eux, sujet antique de querelle entre la Chine et la Corée, le mont Paekdu (ou Baekdu - Changbaishan) pourrait être responsable d'un rapprochement entre les deux Corées ... tout au moins d'un point de vue technique.

Le 6 avril 2011, le gouvernement sud-coréen a proposé la tenue d'une nouvelle session de discussions avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) sur la recherche volcanique, en proposant une réunion le 12 avril dans la ville nord-coréenne de Kaesong. Les négociations ont été engagées le mois dernier, sur la proposition de Pyongyang. Une première rencontre a eu lieu dans la ville sud-coréenne de Munsan, où une délégation nord-coréenne de 13 membres conduite par Yoon Yong-geun a rencontré 4 géologistes sud-coréens. Les deux parties ont alors convenu de la nécessité d'une étude conjointe des activités volcaniques du mont Paekdu.

 

Cheju-island---Hallasan---Nas-EO-R.Simmon-Landsat.jpg             L'île Jeju-do - 1846 km² - avec au centre le Halla-san- Photo Nasa Landsat / R.Simmon.

 

Le volcanisme de Jeju-do (Cheju-do), île située au sud de la pénisule, peut être différencié en cinq grandes périodes, d'après Anne-Marie Marabal-Gonzales, volcanologue et correspondante de L.A.V.E. (Revue L.A.V.E. 135 - novembre 2008)

- la mise en place des formations basales de l'île se fait entre - 2,6 et - 1,2 Ma. Des affleurements sont visibles au niveau des falaises prismées.

 

Part-of-the-Jusangjeolli-Cliff-Jungmun-Seogwipo-si----Marti.jpg        Jeju-do - partie de Jusangjedli cliff, falaises basaltiques prismées - photo Martin Chen.


- l'édification de Jeju-do au quaternaire entre - 1,6 Ma et - 700.000 ans.

- la mise en place des formations volcaniques côtières, entre -700.000 et - 300.000 ans. Des laves basaltiques fluides ont édifié des plateaux qui ont recouvert les formations plus anciennes.

- l'édification du volcan-bouclier Halla-san , entre - 300.000 et - 100.000 ans.

Les premières émissions ont recouvert les zones côtières est et ouest, puis l'activité effusive s'est restreinte au secteur du Baengnokdam, le cratère sommital du Halla-san.

L'actuel Halla-san est haut de 1.950 m., son cratère sommital a un diamètre de 400 m. Ses flancs sont ponctués de 360 cônes parasites, la plupart fait de scories (voir étape 5) situés sur un axe ENE-OSO.

 

 

Hallasan---K.Goncalves-tripadvisor.jpg                                       Le massif Halla-san - photo K.Goncalves / tripadvisor.

 

Halasan---lacs-de-cratere---Richardfabi.jpg                        Halla-san , le cratère est partiellement occupé par un lac - photo Richardfabi.


- mise en place des cônes adventifs entre - 100.000 et - 25.000 ans.

De nombreux cônes adventifs, les oreums, se sont installés sur les flancs et le pourtour du volcan Halla. Le long de la côte et au large, on retrouve une vingtaine de cônes et d'anneau de tuff.

La dernière manifestation éuptive de l'Halla-san est datée de 1.007 avant JC.

 

L'érosion , par l'eau (eau de mer et pluie) et les perpétuels vents forts, a façonné les reliefs de l'île. Selon la légende, le roi de Corée aurait sculpté une "statue de pierre" faisant penser de loin à un soldat géant pour effrayer l'envahisseur japonais.

 

Dragon-Head-Rock.-Jeju-S.-Korea-Yongduam-at-Sunset---Brain-.jpg                  Jehju-do  - Dragon head rock, menaçant au coucher du soleil - photo Brian Miller

 

L'intérêt de Jeju-do se situe aussi dans les nombreux tunnels de lave, qui s'étendent sur un total de 42 km. Ce vaste réseau est aussi connu sous le nom d'oreum, volcan latéral en Coréen.

 

Le système de tunnel Geomunoreum s'est formé dans les basaltes émis par le volcan du même nom, sur les flancs du mont Halla-san ; parmi ceux-ci, le Manjang-gul, un tunnel découvert en 1958, qui s'étend sur plus de 8 km. Ouvert au public depuis 1976, il contient des colonnes de lave aux formes spectaculaires.

 

Manjanggul_Lava_tube---Garu-Cycles.jpg

                                 Jeju-do - Le tunnel de lave Manjang-gul - photo Gary Cycles.

 

Manjanggul_Lava_tube_stalagmite---Gary-Cycles.jpg                    Jeju-do, Une coulée figée dans le tunnel Manjang-gul - photo Gary Cycles.

 

Jeju-do est aussi réputée pour ses « Trois abondances » : vents, pierres et femmes. Auparavant, la plupart des femmes de l'île s'adonnaient à la pêche 800px-Korea-Jeju-Haenyeo--karendotcom127.jpgsous-marine, sans masque ni combinaison. Ces plongeuses, qu'on appelle Haenyo, "filles de la mer", sont en voie de disparition, la nouvelle génération préférant travailler dans des domaines moins éprouvants et plus lucratifs que ses aînées.

Une des dernières Haenyo , photographiée en 2007 - photo karendotcom 127.

Les Haenyo sont des plongeuses expérimentées, connues pour être capables de retenir leur souffle pendant plus de deux minutes et de plonger à des profondeurs environnant les vingt mètres. Elles doivent également tenir compte des dangers que représentent requins et méduses. 

 

Les roches volcaniques ne servent pas uniquement de matériaux de construction ... les coréens y sculptent aussi de drôles de personnages aux yeux globuleux et au chapeau rond, les Dolharubangs ("les grand-pères").

Ces statues de trois mètres avaient un rôle protecteur à l'entrée des villages; elles sont devenues symbôles de l'île, et sont invoqués pour les problèmes de fertilité.

 

Korea-South-JejudoProv-ChejuDo-Harubang-1992----Jeff-Shea.jpg                                          Dolharubangs sur Jeju-do - photo Jeff Shea.

 

 

   
Woedolgae-meaning-Lonely-Rock.---An-Afterthought.jpg
      Woedolgae, signifiant rocher solitaire, sur la côte sud de Jeju-do - photo An afterthought.

Sources :
- Global Volcanism Program - Halla
 - La Corée du sud : entre culture et volcans - par A-M. Marabal-Gonzales dans la revue L.A.V.E. 135 - novembre 2008
- Unesco - sites naturels inscrits au patrimoine mondial - link
- Koreaveo - voyages en Corée - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Tien-shan-mountains---Nasa-ISS.jpg

Les monts du Tianshan - vus par l'ISS / Nasa / Gateway to Astronaut Photography of Earth. Caption by William L. Stefanov, NASA-JSC.

 

Le groupe volcanique Tian Shan, ou Montagne célestes, est situé dans le nord-ouest de la Chine, plus exactement dans la province du Xinjiang.

Le nom Tian Shan est une traduction chinoise du nom Uyghur, une ethnie indépendantiste.

Cette importante chaîne de montagne s'étend sur 2500 km., coupant d'est en ouest l'Asie centrale. La photo du dessus offre une vue de la partie centrale de Tian Shan à 64 km. à l'est du point triple Chine - Kyrgystan - Kazakhstan.

ISS027-E-005274L'orogenèse de cette chaîne offre des similitudes avec celle de l'Himalaya : elle résulte de la collision entre la plaque Eurasienne et la plaque Indienne. La topographie résulte de l'érosion subséquente par l'eau, le vent, et surtout par les glaciers.

On identifie ici les deux plus hauts sommets de la partie centrale de Tian Shan, bordé d'une vallée glaciaire : le Xuelian Feng, culminant à 6.527 mètres, et le pic 6231, avec son sommet à 6.231 mètres. Près du pic 6231, on remarque un beau cirque glaciaire.

 

Le cône Pechan, connu aussi sous plusieurs autres noms - Peishan, Baishan, Hochan, Aghie, Bichbalik, Khala ou Boshan - a été historiquement actif en 650 et 50 avant JC.

 

Xinjiang-mud-volcano-group---China-xinjiang.jpgLes volcans de boue furent découverts dans cette région au sols multicolores - photo China Xinjiang

 

TarimBasin_TienShan_PoliticalMapAnnotated-copie.jpg                 La zone des trois frontières Kazakhstan - Kyrgystan - Chine   -  carte huhai.net

 

Le groupe de volcans de boue, découvert en 2001 par des chercheurs de l'université de Xinjiang, est situé sur les pentes nord des monts Tian Shan, à 42 km. de la ville de Wusu.

A Baiyanggou, les 36 volcans de boue sont répartis sur une surface d'un demi kilomètre carré et comprennent des cratères d'un diamètre variant entre 1,6 mètres et la taille d'un pois.

Leurs émissions oscillent entre le gris-bleu et le brun-rouge, avec parfois des traces de pétrole flottant, et sont caractérisées par une température de 15-25°C ; certaines "éruptions" se font toutes les secondes, d'autres sont beaucoup plus espacées.

 

Jiangjungou-valley--Dushanzi-hill---geochem.jpg                                        Jiangjungon valley - Dushanzi hill - photo Geochem


Selon les géologues ces volcans de boue se sont formés il y a un million d'années ;  la boue - constituée d'un mélange d'eau et de gaz souterrains ainsi que d'éléments provenant des couches de roche spongieuse -, s'est formée sous l'effet de tensions de compression ; ayant provoqué une rupture dans le dépôt tertiaire de boue et de roche, les coulées se sont frayé un chemin à travers des cassures pour émerger, par émissions intermittentes, à la surface du sol. On a aussi découvert, à proximité du site, de grandes quantités de fossiles.

 

Diverses communautés bactériennes furent découvertes dans les sédiments des volcans de boue actifs ... un total d'une centaine de bactéries et archéobactéries différentes furent classées en trois phylums : proteobactérie, actinobactérie et fusobactérie. Cet écosystème particulier est potentiellement générateur de méthane.

 

Les Uyghurs :

La région autonome Uyghur est située au coeur de l'Asie centrale; elle couvre 1,6 Mkm², bordée  au sud par le Tibet et l'Inde, au nord par la Russsie, à l'est par la Mongolie , et à l'ouest par tous les pays "en -stan" : Kazakhstan, Kyrgystan, Tajikistan, Afghanistan et Pakistan. La région fut appelée "Xinjiang", signifiant littéralement "nouvelle frontière", au cours du règne de la dynastie Mandchou Quing en 1884.

Cette région contrôlait historiquement la route de la soie et a joué un rôle important dans les échanges culturels est-ouest.

Géographiquement, les monts Tian Shan (Tengri mountains) divisent la région en deux bassins : le bassin Dzungarian et le bassin Tarim. Le point le plus bas est situé à moins 155m. , la dépression Turfan, tandis que son point le plus haut, le pic Chogir, plus connu sous la dénomination de K2 culmine à 8.611 mètres. La région Uyghur regroupe des habitats aussi diversifiés que le désert du Taklamakan (en Uyghur, ce nom signifie "vous pouvez y entrer, mais vous ne pourrez jamais en sortir"), de grandes chaînes montagneuses, des forêts et des pâturages.

Economiquement, elle est d'importance cruciale, puisqu'elle renferme un tiers des réserves pétrolières chinoises et deux tiers de ses réserves en charbon, ainsi que de l'or, de l'uranium, du cuivre et divers autres métaux précieux.

 

Taklamakan-desert---china-unique-tour.jpg                                  "Camel trophy" dans le Taklamakan - photo China unique tour.

 

Sources :

- Global Volcansm Program - Tianshan volcanic group

- The Tian Shan mountains - link

- Uyghur studies - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

tengchong-volc.-field---Nasa-Eosat--LAndsat.jpg

Le champ volcanique Tengchong, vu en fausses couleurs par Landsat, expose ses jeunes cônes de cendres et les coulées de lave associées - photo Nasa EOSAT./ Landsat.

 

Le géoparc volcanique Tengchong est situé dans l'ouest de la province chinoise du Yunnan, à proximité de la frontière du Myanmar (ex-Birmanie) , dans la partie est de la zone tectonique des Alpes himalayennes.


De nombreuses structures volcaniques y sont visibles, dont 25 cônes de natures diverses avec des cratères bien présentés; les roches volcanoclastiques voisinent avec les tuffs soudés, les ponces et cendres, et même certains "oeufs ou balles" volcaniques, les laves y prennent toute sorte des formes : en broche, en nouilles chinoises, en frites ...dans un paysage où des lacs de retenue se sont formés suite à des barrages mis en place par les coulées.

 

tengchong_volcanic_geo_park_ancient_volcanoes_and_geotherma.jpg                            Un des cône volcanique de Tengchong - entrée du National Geo Park

 

2555212-Heikong_Shan_Volcano_Park_Tengchong_China_Tengchong.jpg

 

L'activité de ce champ volcanique de 600 km² va du début du Pliocène à l'Holocène. Sa localisation le long de la ceinture de collision entre les plaques tectoniques asiatique et indienne est importante pour comprendre l'origine du volcanisme du champ volcanique de Tchengchong - TVF. Il a débuté longtemps après la collision et c'est la seule partie du champ géothermal himalayen a avoir été affecté par le volcanisme Quaternaire (Tongh & Zhang 1989.

 

G3-Tengchong02.jpg

Carte du champ volcanique Tengchong - doc. in G3 Journal of the Earth Sciences - Wang, Peng & al.

 

Trois étapes marquent le volcanisme du Pliocène à l'Holocène :

- Volcanisme basaltique du début au milieu du Pléistocène

- roches pyroclastiques siliciques émises du milieu à la fin du Pléistocène

- Andésites basaltiques de l'Holocène.


Deux étapes à l'Holocène, avec trois centres basalto-andésitiques : Dayinshshan, Maanshan et Heikongshan.

Une éruption possible en 1609, et d'autres relatées durant la période dynastique Qing (1644-1911).

 

2555225-Volcanic_Columns_Volcano_Park_Tengchong_China_Tengc.jpg                         Tengchong volcanic field - orgues volcaniques - photo tengchong geopark.

 

Des champs géothermaux sont actuellement actifs ; ils sont en particulier marqués par 20 éruptions géothermales dans  le champ Rehai (en bas de la carte) entre 1993 et 2003. Ces éruptions ont eu lieu au début dans le lit de la rivière Zaotang, ensuite le long d'une faille NO-SE. coupant la rivière. Les mesures isotopiques des gaz récoltés aux sources chaudes montrent que la source des gaz s'est progressivement déplacée de la zone en sub-surface vers les profondeurs ... ce qui pourrait être le signe d'explosions plus importantes à l'avenir.

 

tchengchong-county---Baoshan----Eco-scenic-travel-committee.jpg                         Tengchong geothermal field - photo Eco scenic travel committee.

 

16Rehai-Hot-Spring-Tengchong---Yunnam-adventure.jpg                           Tengchong - Rehai hot springs at Wenbi pagode - photo Yunnam adventure.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Tengchong

- Evolution of hydrothermal explosions at Rehai geothermal field, Tengchong volcanic region, China- by Z.Shangguan et al. / ScienceDirect

- Petrogenesis and magma residence time of lavas from Tengchong volcanic field  ... - by F. Wang & al.
- Magnetotelluric images of deep crustal structure of the Rehai
geothermal field near Tengchong, southern China  - Denghai Bai, Maxwell A. Meju and Zhijie Liao

Lien vidéo : Travelogue - Tengchong - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Comme le Changbaishan nous y invite, nous poursuivons avec quelques "volcans chinois", malheureusement peu connus et encore moins documentés ...

wudalianchi---world-geopark.jpg

                                           La zone Wudalinchi - photo worlg geopark

 

La province volcanique de Wudalianchi, située au nord-est de la Chine,est située à la jonction entre les monts Xiaohinggan et la dépression Song-Nen.

Elle se compose de 14 cônes de cendres, répartis sur 500 km² et construits sur un plateau volcanique, dont les principaux : Gelaqiushan, Wohushan, Jiaodebushan, Bijiashan, Yaoquanshan, Longmenshan, Xiaogushan, Laoheishan, and Huoshaoshan.. Ils se sont formés le long de zones de failles régionales orientées nord-est.

 

L'activité éruptive s'étale du Pléistocène - 1,6 Ma - aux temps historiques et se décline en cinq grands cycles.

Quatre cônes sont datés de l’Holocène : Xilongmenshan et Donglongmenshan et les derniers formés en 1720-21, les cônes de Laoheishan et Huoshaoshan, au cours d'éruption de VEI 3 (volume de laves émis : 1.000 Mm³ - volume de téphras émis : 150 Mm³).

Laoheishan est un cinder cone de 166 mètres de hauteur, coiffé d’un cratère de 350 m. de large et 50 m. de profondeur.

Huoshhaoshan dépasse de 73 m. le terrain environnant ; son cratère est large de 414 m. et profond de 63 m.

 

Wudalianchi---3---W.nature-reserve.jpg                                                      photo Wudalianchi nature reserve.


 Les éruptions fissurales à la base des deux cinder cones ont émis un champ de lave qui a recouvert 65 km² et formé les cinq lacs de barrage de Wudalianchi.

 

Wudalianchi---W.nature-reserve.jpg                                               photo Wudalianchi nature reserve.

 

Wudalianchi---2---W.nature-reserve.jpg                                                  photo Wudalianchi nature reserve.


 La toute dernière manifestation remonte à 1776, et concerne le cône Lahoheishan (VEI 2 ?).


L'activité géothermale souterraine, liée au volcanisme, a produit de grandes quantités de gaz carbonique dissous dans les eaux souterraines; ces eaux ont attaqué, en conditions anaérobies et sous haute pression, la roche environnante et dissout de nombreux éléments pour créer une eau minérale particulière, reconnue pour ses propriétés potables et médicinales.

L'eau de Wudalianchi est chargée en carbonate de magnésium et contient de plus du fer, de l silice, du strontium, du bore, de l'iode, du cobalt et du zinc.

Ces sources d’eaux minérales sont réparties en cinq entités :

- Yao Quan , avec des eaux bicarbonatées

- Jiaodebu, et des eaux bicarbonatées ferro-silicatées.

Weishan,

et Huoshao, avec des eaux chargées en acide carbonique

Baolong Spring, et ses eaux chargées en radon, et acide métasilicique.


En raison de leurs ressources en eaux thermales et de l’économie locale qu’elles génèrent, la zone volcanique de Wudalianchi et le Parc des Volcans d’Auvergne ont signé une convention en janvier 2005.

 

Soucieux de faire connaître leurs merveilles naturelles, les Chinois en font une promotion grâce à leur production philatélique.

 

wudalianchi3.jpgwudalianchi2.jpg

 

 

 

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Wudalianchi

- Volcano live - John seach - Wudalianchi volcano

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

Changbaishan.jpg

                 Vue aérienne hivernale du Changbaishan et du lac Tianchi - photo Ivren.cn


Le Changbaishan est un stratovolcan massif  de 60 km. de diamètre,  situé à la frontière Sino-Coréenne.

Diverses dénominations qualifient ce volcan : en Coréen, le mont Baekdu, en Chinois, le mont Changbai  -si l’on se réfère uniquement à la montagne – ou Baitou – si l’on parle à la fois de la montagne et du lac.

 

Ce volcan à dominante trachytique et rhyolitique s’est construit sur le volcan-bouclier Laoheidingzi. Des cinder cones alignés N-NE. habillent le massif.

 

Tephra-Changbaistan.jpgEn l’an 1.000, une éruption de VEI 7 envoya des tephras rhyolitiques et trachytiques jusqu’au nord du Japon et formé en partie la présente caldeira ; cette structure sommitale de 5 km. de diamètre et 850 mètres de profondeur, est remplie par le lac Tianchi, aussi appelé le "lac du ciel", ou "lac du Paradis".

 

D’autres petites éruptions ont été enregistrées jusqu’au 15° siècle ; les dernières explosions sont datées de 1668, 1702, 1898 et 1903 … ce qui est loin d’en faire un « volcan endormi » !

 

Changbai-mountain-nature-reserve.jpg               La réserve naturelle du mont Changbai - photo Changbai mountain natural reserve.

 

La région montagneuse de Changbai est d’une surprenante diversité biologique et paysagère ; on y trouve des animaux rares, de splendides lacs, des chutes d’eau, des sources chaudes dans un écrin forestier bien conservé.

 

changbaishan_QGaqbv.jpg                             Changbaishan - le lac Tianchi / Heaven lake - lac du Paradis.

 

La perle du mont Changbai est sans conteste le lac Tianchi, "le lac du ciel" ; il est la source de trois rivières, la Songhua, la Tumen et la Yalu.

Son altitude est de 2.189 mètres, sa profondeur de 380 mètres et ses eaux ont une température moyenne de 7,3°C. Entouré bien souvent de nuages, il est courant d’y rencontrer soleil et pluie, en même temps ou se succédant en un court intervalle. Parfois, il pleut d’un côté tandis que le soleil luit de l’autre.

Ce paysage grandiose et ce climat surprenant ont inspire des légendes : un monstre habiterait le lac … certains visiteurs l’aurait même photographié, comme celui du Loch Ness.

 

Le pic Baiyun constitue le point le plus haut du massif Changbai avec ses 2.745 m ; 15 autres sommets entourent le lac du ciel, constituant un des panoramas Chinois d’exception.

 

changbaishan-changbai_falls.jpg                                     La chute changbai - Changbai falls - photo Bartellonline

 

Au nord du lac du ciel, la rivière Chencha  se transforme en rapides avant de chuter de 68 mètres : c’est la chute Changbai, la plus haute « chute volcanique » au monde. Elle se laisse approcher par le bas, mais on peut aussi l’apercevoir en grimpant sur les hauteurs à Heifengkou.  Des dizaines d’autres chutes d’eau décorent le nord du massif.

 

Les sources chaudes de Changbai se trouvent à moins de deux km. de la chute. Leur température s’échelonne entre 60 et 82°C, ce qui leur confère des vertus médicinales pour soigner l’arthrose, les dermatoses et les états de fatigue.

 

800px-Changbai_hotspring---Shizhao.JPG                                      Les sources chaudes de Changbai - photo Shizhao.

 

A une altitude plus basse, une forêt vierge tapisse les flancs du massif volcanique et abrite  des lacs jumeaux, la chute Jinjiang, le lac du roi, …Il faut bien choisir sa saison pour visiter l’endroit : Juillet et août sont très pluvieux et le lac du ciel ne se découvre pas. En Octobre, il neige déjà.  Juin et septembre sont des mois idéaux pour y observer une flore alpine sur les flancs sud et ouest.

 

La réserve de la biosphère de Changbaishan borde le Paekdusan National Park en Corée du nord ; cette vaste zone de protection compte 50 espèces de mammifères différents , dont la panthère de Chine, aussi appelée panthère de l’Amour ( comme le fleuve), le lynx, l’ours brun les cerfs Sika et rouge, la loutre et la zibeline. Trois cents espèces d’oiseaux complètent le tableau dont la cigogne noire, le canard mandarin et le harle de chine.

 

solkin leopard                            Panthère de chine, ou panthère de l'Amour - photo Solkin

 

Changbaishan---Matapekin-papetblog.jpg                La couleur du "lac du ciel" dépend de l'ensoleillement - photo Matapekin /Paperblog


 L’explication du volcanisme intraplaque de Changbai n’est pas simple … diverses hypothèses le relie soit aux processus d’accrétion en marges du craton, soit aux processus de subduction de la plaque Pacifique avant l’ouverture de la mer du Japon.

 

ChangbaiFig2_500.jpg

  Doc. in P-wave tomography and origin of the Changbai intraplate volcano in Northeast Asia,

(a) North-south, and (b)  east-west vertical cross sections of P-wave velocity images. Red and blue colors denote low and high velocity anomalies, respectively. The velocity perturbation scale is shown below the cross sections. Black triangles in (a) and (b) denote volcanoes. White dots show earthquakes within 100 km of the profiles. The two dashed lines denote the 410- and 660-km discontinuities. The locations of the cross sections are shown in the insert map (c).


Une analyse par tomographie sismique, faite par Zhao et Jianshe (1994), indique que le volcanisme intraplaque  du nord-est asiatique n’est pas du à un point chaud, mais à un volcanisme d’arrière-arc en relation avec la subduction de la plaque Pacifique.

 

ChangbaiFig3_450.gif(a) Tectonic features on the surface in the NW Pacific and NE Asia. Black patches denote Cenozoic basalts. A, Baikal rift; B, Shanxi graben; C, Tancheng-Lujiang fault zone; D, Okinawa trough. (b) Schematic east-west vertical section showing upper mantle structure beneath NE Asia. The subducting Pacific slab becomes flat in the mantle transition zone. The deep dehydration process of the slab and convective circulation process in the mantle wedge cause upwellings of high-temperature asthenospheric materials, leading to the formation of the continental rift system as well as intraplate volcanoes in NE Asia (modified from Tatsumi et al., 1990).


Les anomalies de vitesse des ondes P dans les régions d’arrière-arc sont généralement associées avec un volcanisme causé par les processus de déshydratation en profondeur de la plaque en subduction et les mouvements de convection dans le manteau. Ces mécanismes pourraient être la cause d’une remontée à grande échelle de l’asthénosphère sous le nord-est asiatique et du volcanisme intraplaque, ainsi que du rifting continental dans cette région.


Bien que potentiellement actif et dangereux, ce volcan doit son actuelle notoriété surtout aux tensions Sinno-Coréennes, qui ne datent pas d’hier.

Les Coréens considèrent le mont Baekdu comme leur lieu ancestral d’origine ; il fait partis des trois montagnes sacrées et les légendes la concernant remontent au premier royame de Corée en 2.333 avant JC.

Le texte Chinois Shan Hai Jing, vieux de 2.200 ans,le mentionnent sous le nom de Buxian Shan, la montagne de dieu. Il est appelé Shanshan Daling, la super grande montagne, ou encore Taibai Shan, la grande vieille montagne blanche, dans d’autres écrits.

Dans les annales de la dynastie Joseon (ou dynastie Yi) , il est fait état d’une région bordée par les rivières Yalu et Tumen, lieu de toutes les convoitises, et de tractations entre les Mandchous et les Coréens pour négocier une frontière, en 1712. Ce traité fut maintes fois remis en question, et en 1962, renégocié avec un partage à 54,5 % en faveur de la Corée qui gagnait ainsi 230 km². Un dernier incident eu lieu au cours des Jeux asiatiques d’hiver en 2007, où un groupe d’athlètes Coréens brandirent une pancarte  "Le mont Baekdu est notre territoire " pendant la remise des médailles.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Changbaishan

- Beijing travels - link

 - Physics of the Earth and planetary sciences - Seismic image and origin of the Changbai intraplate volcano in East Asia : Role of a big mantle wedge above the stagnant Pacific slab. - link

- Birds Korea - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Death Valley National Park abrite des écosystèmes variés, allant de dépressions arides aux sommets enneigés, et une faune (400 espèces différentes) et une flore (1000 espèces différentes, dont des endémiques) riches adaptée aux contraintes de l'altitude et de ce climat sec et aride.

 

Printemps-a-Death-Valley.jpg        Death Valley au printemps - photo Marli Bryant Miller / Geology and Earth science images 

 

Outre les yuccas et autres succulentes, quelques exemples non exhaustifs de fleurs :

 

desert five spotsDesert five spots - Eremalche rotundifolia - une malvacée de quelques cm. de diamètre - photo blackturtle.us

 

 

-Eucnide_urens---Stan-Shebs.jpg                              Eucnide urens - un buisson épineux - photo Stan Shebs.

 

La meilleure période pour visiter Death valley se situe en mars-avril, tant pour les températures plus supportables que pour la floraison.

 

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Un oiseau inféodé au milieux désertiques : le Road runner - Geococcyx californianus - le grand Géocoucou, alias "Beep-Beep" immortalisé dans une série de cartoons américains de la Warner Bros, de la famille des Cuculidae, grand mangeur de lézard, scorpions ...

 

Coyote et Beep-Beep / Warner Bros Production - Chuck Jones.

 

Le Grand Géocoucou peut maintenir une vitesse à la course d'au moins 30 km à l'heure sur de longues distances. Lorsqu'il court rapidement, il place sa tête et sa queue parallèlement au sol, et utilise sa queue comme gouvernail pour l'aider à changer de direction. Il préfère courir dans les endroits dégagés, comme les routes, les sentiers bien tassés et les lits de rivières asséchées plutôt que dans la végétation dense.


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            Road runner - Geococcyx californianus - photo Don Miller / Miller's fossils blog.

 

Death Valley et la présence humaine :


Les amérindiens occupent la région depuis 9.000 ans . A cette époque, la vallée était occupée par un lac, le milieu tempéré et le peuple Nevares springs y vivait de chasse et de cueillette.

Ils furent  remplacés par les Mesquite flat people vers 3.000 avant JC puis par les Saratoga spring people au début de l'ère chrétienne, alors que la région était devenue aride ... ils ont laissé des témoignages de leur artisanat et des pétroglyphes.

Les Shoshones (ou Timbisha) étaient sur zone à l'arrivée des blancs; ils nomadisaient selon les saisons, passant l'hiver près des sources chaudes de la vallée, et l'été à chasser dans les montagnes. Ils appelaient la région "Tomesha", ce qui veut dire "terre de  feu".


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                Death Valley abrite des pétroglyphes amérindiens - photo Daniel Mayer.

 

Les premiers européens qui traversèrent la Vallée de la Mort furent des chercheurs d'or, en 1849. Piégés plusieurs mois dans cette vallée sèche, ils survécurent en brûlant leurs chariots et en mangeant leurs boeufs ... ils ont donné son nom à la vallée en la quittant : " Goodbye Death Valley ".

Par la  suite, la découverte de minerais et minéraux - sel, borax, cuivre, or, plomb - permit une exploitation de courte durée en divers points de la vallée.

 

Zabriskie point :

Le borax fut exploité ici entre 1883 et 1888; l'endroit doit son nom au vice-président de la Pacific Coast Borax Company, Christain Brevoort Zabriskie.

Le site est formé de sédiments qui se sont déposés, dans le Furnace Creek lake, asséché il y a 5 millions d'années.

 

Death-valley---from-Zabriskie-point---Doug-Dolde.jpg                           Death Valley -  vue depuis Zabriskie point - photo Doug dolde

 

Rhyolite ... a ghost town :

Fondée en 1904, en pleine "ruée vers l'or", et bâtie en dur, contrairement à la plupart des villes fantômes issues de cette folie passagère, elle a connue son apogée en 1907-1908 : en trois ans, hôtels, restaurants, 50 saloons, des salles de spectacle, des magasins, une école, une piscine , et trois lignes de chemin de fer connectaient cette ville de 10.000 habitants, possédant l'alimentation en eau et électricité, à la civilisation.

L'essor fulgurant, de cette ville au nom "volcanique", fut suivi en 1908 par un abandon aussi brutal, suite à "la panique bancaire " de 1907.

 

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                                  Death Valley - la banque de Rhyolite Town - photo Yeliyop.

 

Un mystère non élucidé : les pierres qui glissent de Racetrack playa.

 

Plusieurs dizaines de roches de Racetrack Playa (la plage du circuit de course) se déplacent de manière mystérieuse sur le sable en laissant des traces derrière elles. Leur point de départ est un flanc de colline à l'extrémité de la playa. Elles roulent vers son fond puis commencent leur mystérieuse promenade.

On ne les a jamais filmées, ni photographiées, ni surprises dans leur mouvement. Toutefois, une hypothèse plausible reste que certaines nuits pluvieuses rendent le sable glissant et les vents violents déplacent alors les rochers. L'hypothèse émise par des physiciens lors d'une étude sur site en 1995 serait que ces rochers sont poussés par le vent (des pointes à 145 km/h ont été enregistrées en hiver) associé à la quasi absence de couches limites (inférieures à 5 cm) du fait de l'absence de végétation et de relief ... mais certaines de ces roches pèsent jusqu'à 320 kg. ??

Une autre hypothèse serait que ces pierres glissent en fait grâce à des algues microscopiques situées en dessous. À chaque pluie, le vent les pousserait tandis que les algues « lubrifieraient » la zone de contact, les pierres glissant mieux.

 

death valley - racetrack playa - MBMDeath Valley - Racetrack playa - hors périodes de pluies, le sol se craquèle en polygones ... aucune traces aux alentours - photo Marli Bryant Miller / Geology and Earth science images

 

 

Sources :

- USGS - Death Valley - link

- NPS - Death Valley - link

- Geology of the National Park - Field trip guide to Death Valley N.P. - link

- Geology photos - Marli Bryant Miller - link

- Geology of Death Valley through photos - link 

- Death Valley N.P. - Endemic plants and animals -  link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Encore un peu plus au sud-est, Death Valley constitue une étape intéressante géologiquement et volcanologiquement parlant.

 

Death-valley---Salt-s-bed-from-Dante-s-view---NPS.jpg               Death Valley - Salt's beds from Dante's view - photo NPS / National Park Service

 

Avec ses 13.600 km², la Vallée de la Mort constitue l'un des plus grand parc nationaux américains. C'est aussi le lieu de tous les superlatifs : c'est l'endroit le plus chaud, le plus sec et le plus bas d'Amérique du nord... le fond de la vallée, mesuré à Badwater, est situé à 85,5 mètres sous le niveau de la mer, alors que le Telescope peak s'élève à 3.368 mètres.

 

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Ce parc national est constitué de deux grandes vallées : Death Valley et Panamint valley; Cinq chaînes de montagnes le séparent du Pacifique, et assèchent complètement les entrées d'air océaniques : de ce fait, les températures y battent des records en été, et ont atteint 56,7°C à Fumace Creek, record absolu de chaleur aux Etats-Unis.

 

Sa formation est liée elle aussi à celle de la Sierra Nevada proche.

Les roches les plus vieilles exposées à Death Valley ont à peu près la moitié de l'âge de notre planète, environ 1,8 milliards d'années. Elles sont les vestiges d'une montagne volcanique et des dépôts de boues et de sables qui la flanquent. Ces roches se sont métamorphosées pour former des schistes et des gneiss. Il y a 1,4 milliards d'années, le complexe métamorphique fut injecté de dykes et d'intrusions magmatiques.

 

death-valley---Mafic-sill---dike-cutting-marble---Marli-Bry.jpg Death Valley - Sills et dykes coupent le marbre - photo Marli Bryant Miller / Geology and Earth science images

 

 

Death-valley---Badwater-springs---MBM.jpgDeath Valley - Badwater spring - c'est dans cette zone que se rencontrent les plus vieilles roches de la vallée - photo Marli Bryant Miller / Geology and Earth science images

 

Au cours de la fin du Paléozoïque et au mésozoïque - entre 225 et 65 Ma - le paysage a subit des changements dramatiques. La marge continentale immergée subit les effets de la subduction de la plaque Farallon sous l'ancêtre de la plaque nord-américaine (voir la formation de la Sierra Nevada évoquée hier) , et du volcanisme associé.

La majeure partie de l'activité volcanique s'est concentrée à l'ouest de Death valley. Un des plutons granitique, mis en place aux environs de 67-87 Ma, a généré les dépôts de métaux précieux, qui seront exploités dans le mines de Skidoo.

Entre 65 et 30 millions d'années, les activités volcaniques, plutoniques, métamorphiques et tectoniques cessent et Death Valley connait une "période de repos", marquée seulement par l'altération des roches et la formation de ce paysage à bas relief.

Le volcanisme et les mouvements tectoniques ont repris au début du Miocène (23 Ma), marqués par des phénomènes d'extension et la naissance de l'actuel paysage de La Vallée de la Mort.

 

Détails de quelques spots géologiques ou volcaniques :

 

Badwater salt flat :

Badwater est une étendue plate de sel située à moins 85,5 mètres , face aux Black Mountains; elle fut créée par assèchement d'un lac de 10 m. de profondeur, il y a 2 à 3.000 ans. Inondée quelque fois par des tempêtes qui recouvrent l'étendue de plusieurs dizaines de millimètres d'eau, l'étendue est vite asséchée par l'intense évaporation qui dépose des cristaux de sels étincelant à la surface.

 

Daeth-valley---badwater-basin---NPS.jpg                                          Death Valley - Badwater basin - photo NPS

L'évaporation crée des formations hexagonales similaires à celles rencontrées en Ethiopie, dans le désert de sel du Danakil.

 

Death-valley---Salt-s-bed---NPS.jpg                   Death Valley - Badwater basin -  soulèvement de la croûte de sel - photo NPS

 

Mosaic Canyon :

Les parois de marbre poli de Mosaic canyon ont été sculptée dans la Dolomite "Noonday" et autres roches du pré- Cambrien; leur formation commence par des dépôts de calcaire, il y a 850 à 700 Ma, à une période où la région était couverte par une mer chaude. Des apports ultérieurs de magnésium ont changé le calcaire en dolomite, un carbonate de calcium et magnésium, transformée en marbre sous l'effet conjugué de hautes pression et température.

 

Death-valley---Mosaic_Canyon_narrows---Howcheng.jpg                     Death Valley - promenade dans Mosaic Canyon narrows - photo Howcheng

 

Ubehebe crater volcanic field :

Les treize cratères d'Ubehebe sont situés à la pointe nord des Cottonwood Mountains; "Ubehebe" (prononcez YOU-bee-HEE-bee) est un mot indien Timbisha signifiant "la grand panier dans la roche".


Ubehebe crater est daté de 2.000 à 7.000 ans, d'après les artefacts indiens retrouvés. Ce maar résulte d'une explosion phréatique, qui a eu lieu lors de remontées magmatiques le long d'une faille située à la base de Tin Mountain, dont les mouvements ont soulevé la chaîne des Cottonwood Mountains.

Le bord du cratère Ubehebe fait apparaître une série de couches géologiques plus grises alors que le fond du cratère laisse voir des sédiments plus clairs. Les couches grises proviennent d'autres éruptions phréatiques plus récentes dans la région et les roches plus claires proviennent de sédiments océaniques (on en trouve de deux couleurs – jaune et orange – selon leur origine exacte).

 

Death-valley---Ubehebe-crater---Marli-Bryant-Miller.jpg

Death Valley - Ubehebe crater - photo Marli Bryant Miller / Geology and Earth science images

 

Little Hebe, le seul dépôt significatif de lave dans ce champ volcanique, est un spatter cone qui s'est installé dans un maar.

 

death-valley---Ubehebe-crater-aerial---Marli-bryant-Miller.jpgDeath Valley  - Ubehebe volcanic field, un ensemble de maars -- Ubehebe crater à gauche en haut de la photo - Little Hebe, un spatter cone dans un maar, au centre de la photo. - photo Marli Bryant Miller / Geology and Earth science images

 

Split cinder cones : 

Il y a moins de 300.000 ans, une chambre magmatique mijotait sous Death Valley. Lorsque le magma remonta vers la surface, il suivit des zones de faiblesse dans la croûte et rencontra, près de la surface, la zone de faille de Death Valley. L'éruption fissurale forma alors en un court laps de temps un cinder cone. Mais après l'arrêt de l'éruption, la zone de faille continua à être active, poussant deux parties du petit volcan en directions opposées et finissant par les séparer.

 

death-valley---offser-cinder-cones---MBM.jpgSouthern Death Valley fault zone - Split cinder cones - photo Marli Bryant Miller / Geology and Earth science images

 

 Ventifact ridge :

Cette crête marque la topographie de la Vallée de la Mort.

Il s'agit d'une coulée de lave basaltique fortement érodée, "sablée" en surface par les vents forts concentrés au sommet de la colline ... les vents les plus forts soufflant du nord et du sud, ils forment alors des volumes en coin... ou parfois des structures en champignon.


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Ventifact ridge - les blocs "faits par le vent" -  photo Marli Bryant Miller / Geology and Earth science images

 

Death-valley---Mushroom_rock---ph.-Roger-469.jpg                                     Death Valley - Mushroom rock - photo roger 469

 

Demain, Death Valley et la vie ... sous toutes se formes.

 

Sources :

- USGS - Death Valley - link

- NPS - Death Valley - link

- Geology of the National Park - Field trip guide to Death Valley N.P. - link

- Geology photos - Marli Bryant Miller - link

- Geology of Death Valley through photos - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Tout en restant en Californie, redescendons vers Long Valley pour ne pas rater le second plus ancien parc national des Etats-Unis :

                         le Yosemite National Park.

 

Yosemite---Jim-Brekke-Flickr.jpg                       Yosemite National Park - photo Jim Brekke / Flickr


Classé "National Park" en 1890, ce parc de haute montagne est caractérisé par une diversité naturelle et paysagère.

C'est aussi un massif granitique qui s'est fragmenté le long d'un système de fractures, côté est. Son flanc ouest s'est soulevé et incliné sous l'effet de forces tectoniques toujours en action.

 

-Heinrich_Berann_NPS_Yosemite.jpg

                    Peinture du parc national du Yosemite , par Heinrich C. Berann - doc. NPS

 

Yosemite doit son nom aux indiens : il y a 4.000 ans, les tribus Païutes et Miwoks occupent paisiblement la région; ils commercent  avec les régions et les tribus voisines, et échangent e.a. de l'obsidienne. La tribu Ahwahneechee s'installe dans la vallée de Yosemite; elle est constituée de rénégats d'autres tribus, particulièrement féroces ... les Miwoks les appelaient "Yohhe'meti " ou "Yos.s.e'meti ", signifiant "ceux qui tuent". Ils n'entrèrent en contact avec les colons qu'au 19° siècle.

 

 

yosemite_national_park_campground_map.pngCarte du NPS - Yosemite NP - la route 120 le traverse d'ouest (de San Francisco) en est (vers Lee Vining et le Mono lake)

 

Le parc du Yosemite a une superficie de 3.079 km² , dont seuls 36 km² sont accessibles au public, essentiellement situés dans la vallée de Yosemite, qui est parcourue par la rivière Merced à 1200 mètres d'altitude (au centre gauche de la carte). Le reste, soit 94%, est classé "aire sauvage" au sein du "Yosemite Wilderness".

 

L'histoire géologique du Yosemite se confond avec celle de la Sierra Nevada :

1. Formation des roches sédimentaires et d'un arc insulaire :


Il y a 500 millions d'années, cette région était sous le niveau de la mer; d'épaisses couches de sédiments recouvraient le lit marin.

Entre la fin du dévonien et le permien (350 à 250 Ma), la subduction de la plaque fossile Farallon sous la Laurentia, ancêtre de la plaque nord-américaine, donne naissance à un arc insulaire volcanique. Par le jeu de la tectonique, l'espace océanique va se restreindre et l'arc insulaire névadien va se souder à la plaque continentale.

 

28.jpg                         Schéma extrait de "The geologic story of Yosemite N.P." par N.King Huber

 

2. Intrusions magmatiques :


Au cours du mésozoïque (250 à 65 Ma), l'orogenèse névadienne marque l'ouest de l'Amérique du nord et construit l'ancêtre de la Sierra Nevada, une chaîne montagneuse de 4.500 mètres d'altitude moyenne. L'orogenèse s'accompagne de phénomènes volcaniques et de remontées magmatiques : une première phase de plutonisme régional s'étale entre 200 et 150 Ma ... avec constitution de batholites, à environ 10 km. de profondeur.

 

560px-Intrusion_types.svg.pngBloc diagramme schématique, modélisant les différents devenirs des magmas dans la croûte continentale.


Plutons allochtones
1. Piégeage en profondeur d'un magma en respectant les lignes de forces de l'encaissant : laccolite.
2. et 4. Structures de roches péri-plutonique, dyke.
5. Sill
7. Piégeage en profondeur d'un magma en respectant les lignes de forces de l'encaissant : lopolite


Plutons autochtones
3. Domaine des anatéxites, anatexie crustale avec piégeage du liquide in situ, conduit à une morphologie de batholite


Volcanisme
6. Le magma s'extirpe jusqu'en surface

 

Le terme batholite (du grec «bathos»: profondeur et «lithos»: roche) ou massif discordant désigne une masse de roches ignées intrusives (aussi appelées roches plutoniques) qui ne respecte pas les lignes de forces de son encaissant. Un batholite est un pluton allochtone qui se forme lorsque le magma est piégé et refroidit à l'intérieur de l'écorce terrestre.

 

Une seconde phase de plutonisme court de 120 à 80 Ma.

Vers 60 Ma, l'érosion et le soulèvement des terrains mettent au jour les masses de granite.

Entre 20 et 5 Ma, du volcanisme affecte le nord et l'est du Yosemite, dont on retrouvera des traces (dépôts de cendres et laves, orgues basaltiques)

 

3.Soulèvement de la Sierra Nevada et érosion glaciaire :

 

Il y a 10 à 20 Ma, la Sierra Nevada se soulève par l'est, ù apparaissent de nombreuses failles actives. La partie orientale de la chaîne s'élève au dessus de l'actuelle vallée d'Owens (au sud-est de Long Valley) , tandis que le versant occidental se forme en pente douce.

 

par-King-Huber.jpg                           Schéma extrait de "The geologic story of Yosemite N.P." par N.King Huber


Ces phénomènes provoquent l'encaissement des cours d'eau et la formation de vallées en "V".

Au Quaternaire (à partir de 2,5-1,5 Ma), des phases de refroidissement forment des glaciers, dont l'érosion va modeler les vallées en "U", telles que la vallée de Hetch Hetchy.

 

Hetch_Hetchy_Reservoir---Samuel-Wong.jpg

La vallée et le réservoir de Hetch Hetchy : cette vallée glaciaire e "U" a été inondée après la construction du barrage O'Shaughnessy et la formation d'un lac de retenue. - photo Samuel Wong.

 

Ces périodes de glaciation du Quaternaire portent des noms : Sherwin, Tahoe, Tenaya et Tioga. La période la plus ancienne et la plus importante est celle de Sherwin, au cours de laquelle toutes les vallées de la région étaient occupées par des glaciers.

 

Dana_Meadows-Tolumne--Yosemite---Hike-395.jpgYosemite N.P. - Dana meadows et Tuolumne river - le grand canon de la Tuolumne river était occupé par un glacier long de 95 km.

 

anciens-glaciers-du-Yosemite.jpgCarte des anciens glaciers du Yosemite - le plus grand, le Tuolumne ice field, est en haut à droite

 

Les glaciers actuels datent du "petit âge glaciaire", et sont exposés au nord et à très haute altitude ...l'actuel réchauffement climatique tend à les faire disparaître.

 

Quelques vues de l'espace accessible au commun des mortels :

 

Yosemite_Valley---Snty-tact.JPGLa vallée de Yosemite, avec sur la droite, la silhouette caractéristique de "Half dome" - photo Snty-tact

 

800px-Tenaya_Lake_and_Pywiack_Dome--Stan-Shebs.jpg                          Yosemite N.P. - le lac Tenaya et Pyniack dome - photo Stan Shebs.

 

 

"El Capitan" est un pluton granitique, qui présente une paroi verticale haute de 1.000 mètres, très connue dans le monde de l'escalade, mais accessible aussi par des sentiers depuis les Yosemite falls. Son nom est une traduction de sa dénomination amérindienne "To-to-kon oo-lah ", dérivant de "To-to-kon ", nom d'un chef indien local.

 

El_Capitan_at_fall---Magnus-Manske.jpg                       Yosemite N.P. - photo automnale de "El Capitan" - photo Magnus Manske

 

Yosemite_Falls_April2006---Urban.jpg                              Yosemite N.P. - Yosemite falls, en avril - photo Urban

 

Le Half dome est un (demi) dôme granitique, symbole de la vallée de Yosemite; son sommet se situe à 1.440 mètres au dessus de la vallée , et culmine à 2.693 mètres.

On peut y monter de la vallée, par un sentier de 13,5 km. dont les 200 derniers mètres sont vertigineux : il faut grimper à même le roc, sur une "via ferrata" installée en 1919 sur une pente à 30°, sur laquelle "montants et descendants" doivent se croiser au mieux.

Half dome ne fut probablement jamais complet et rond; dès sa formation,des fractures dans le granite ont permis à l'eau de s'y infiltrer, favorisant la casse de la roche en période de gel. Sa base a été érodée par les glaciers, et 20% du dôme restant emporté par le glacier Tenaya, qui a laissé une paroi verticale.

Son nom indien, Tis-sa-ack, signifie à juste titre, "roche fendue".

 

-Half_dome_yosemite_--depuis-glacier-point---Mike-Murphy.jpg               Yosemite N.P. - Half dome, vu de Glacier Point - photo Mike Murphy.


  Sources :

- USGS - Geographic sketch of the Yosemite region and the Sierra Nevada / Early, glacial and postglacial history - link

- The geological story of the Yosemite National Park, by N. King Huber, géologue émérite de l'USGS - link

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Publié le par Bernard Duyck
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En guise d'introduction et d'invitation au voyage, une superbe vidéo du Mono Lake committee :

 

       

 

 

Mono lake volcanic field : 

 

Mono lake est un lac terminal très ancien ; l'USGS estime son âge entre un à trois millions d'années. Un forage dans les roches sédimentaires de Paoha island a fait découvrir sous celles-ci une couche de cendres volcaniques de l'éruption de Long Valley, datant de 760.000 ans, recouvrant elle-même une autre couche sédimentaire plus âgée.

Entre 25.000 et 14.500 avant JC, durant le Pléistocène, les glaciers qui recouvraient le pays ont commencé à fondre, ajoutant d'énormes quantités d'eau de fonte à l'eau de source existante. Mono lake a ainsi atteint son niveau maximum à cette époque, inondant les gorges de la rivière Owen au sud-est ; depuis, le niveau a baissé, coupant le lac de son exutoire naturel. L'eau du lac ne peut plus en ressortir que par évaporation, ce qui a fait augmenter sa salinité et son pH.

 

Black point, un "cône de tuff surtseyen", initiallement sublacustre est apparu sur les bords N-O. de Mono lake, il y a 13.300 ans, à un moment où le niveau des eaux du lac était plus élevé. Sa forme tabulaire et ses fissures de refroidissements sont dues à sa naissance sous les eaux. Trois heures d'explorations physiques sont nécessaire à une visite, qui reste hasardeuse par manque d'indications.

Mono-lake---Landsat-2000.jpg                  Mono lake et environs - image Landsat en fausses couleurs - 2000

L'île Negit (daté de 1550) et des parties de l'île Pahoa (1150) furent formés à l'holocène par des dômes rhyolitiques et des coulées. L'évènement le plus récent date de 1790, lorsque les sédiments lacustres formant Pahoa, furent soulevés par l'intrusion d'un cryptodôme rhyolitique ( Bailey 1989).

 

Inyo-lake--s-islands---Jack-Nichols.jpg                                      Les îles du Mono lake : Negit et Pahoa - photo Jack Nichols

 

Lakeside_of_Mono_Lake---Michael-Gabler.jpg                                        Mono lake et ses tours de Tuff -  photo Michaël Gäbler.

Un baisse du niveau des eaux, consécutive à leur pompage vers Los Angeles, a fait apparaitre des tours de tuff (carbonate calcique) précédemment immergées. Elles furent produites par des sources immergées riches en calcium, en contact avec des eaux riches elles en carbonates ... la chimie a fait le reste.


Mono lake a perdu, entre 1941 et 1982, trente et un % de sa surface; la salinité du lac (qui contient 280 millions de tonnes de sels divers dissous) et son alcalinité (pH = 10) ont favorisé la présence de phytoplancton algual microscopique et celle d'une crevette, Artemica monica, qui s'en nourrit. Ceci constitue la base d'une chaine alimentaire, avec les mouches "alcali", Ephydra hians, importante pour l'avifaune locale et migratrice. La société ornithologique Audubon mène un combat pour la conservation de cet écosystème particulier et la protection corollaire de deux millions d'oiseaux d'eau qui en dépendent.

Wallpapers_Tufa_Towers_-_Mono_Lake_-_California.jpg                              Mono lake - Tufa towers - free wallpaper :
 http://www.el-buskador.com/galeria/img-wallpapers-tufa-towers---mono-lake---california-4927.htm

MichaelMaloney_MonoLakeTufa.jpg                            Mono lake - Tufa towers - photo Michael Maloney.
 
Mono lake et les humains : allégeance et conflits.

 

Sans en être certains, on estime que la région du lac Mono a été habitée par le peuple Kutzadika, il y a 5.500 ans.. Vivre dans cet environnement hostile a été un challenge : leur alimentation se composait d'oiseaux d'eau ... et de larves de mouches alkalis, particularité qui leur a donné leur nom, "Kutzadika " signifiant "mangeur de mouches ". (Chaque larve de mouche est un apport de 15 calories, composées de protéines et graisses).

Ces sources de nourriture disparaissant en fin d'automne, les Kutzadika étaient contraint alors au nomadisme et à devenir des chasseurs-cueilleurs dans les proches forêts.

Les Kutzadika, qui font partie de l'ethnie Païute, ont été les seuls habitants de la région jusqu'en 1852, date à laquelle des colons européo-américains virent y chercher de l'or. Une déforestation, en rapport avec la demande en bois de mine, va modifier le vie de ces indiens : leurs réserves hivernales diminuant avec la coupe des arbres, ils furent obligé pour subsister de travailler dans les mines et perdirent peu à peu leurs territoires ancestraux.

 

Avec l'arrêt de l'exploitation minière et la dépression de 1930, les quelques ranchs installés dans la région connurent aussi des difficultés. Les terres furent cédées en partie au département de l'eau et de l'énergie de Los Angeles, qui avait déjà l'intention de construire un aqueduc au nord du bassin Mono.

 

La guerre de l'eau : 1941-1994.

En 1941, Los Angeles commence à chercher d'autres sources d'approvisionnements en eaux dans Rush Creek et Lee Vining Creek, deux des cinq alimentations en eau de Mono lake. La dérivation de ces sources, après construction d'un aqueduc, est responsable de la baisse d'alimentation du lac et de l'augmentation de sa salinité et de son alcalinité.

Ces changements ont eu des effets dévastateurs sur l'écosystème : les crevettes ne peuvent plus y vivre, ce qui a fait chuter le nombre d'oiseaux s'en nourissant; la baisse du niveau a aussi permis aux prédateurs de gagner Negit island, terrain de nidification jusqu'alors hors de leur portée.

La Société ornithologique Audubon, les Amis de laTerre, le Club Sierra et le comité Mono lake se sont joints en 1979 pour tenter d'enrayer ce processus ... après une longue bataille juridique, le détournement des eaux fut stoppé en 1994 ... "jusqu'au retour du niveau du lac à 1.950 mètres au dessus du niveau de la mer".

 

Quelques chiffres pour illuster le débat et montrer qu'on est loin du retour à la normale, étant donné la sécheresse actuelle.

en 1941 : l'élévation du niveau : 1.955 m. - surface du lac : 139 km² - salinité : 51.3 gr/litre.

en 1982 : élévation : 1.942 m. - surface : 62 km² - salinité : 99,4 gr/l.

en 2002 : élévation ; 1945 m. - surface : 113 km² - salinité : 79,6 gr/l.

 

La Nasa s'intéresse au Mono lake :

 

Des astrobiologistes de la Nasa, travaillent en collaboration avec l'USGS, ont trouvé dans la Mono lake le premier micro-organisme terrestre capable de se développer et de se reproduire en utilisant de l'arsenic et en le substituant au phosphore dans les composants de sa cellule.

Les six éléments indispensables à la vie sur terre ont toujours été : carbone, hydrogène, azote, oxygène, soufre et phosphore.

Ce dernier élément fait partie du "squelette chimique" de l'ADN et de l'ARN, autrement dit du code génétique. Le phosphore fait aussi partie de la molécule responsable du transport énergétique cellulaire, l'ATP, et entre dans la composition des phospholipides, qui forment les membranes des cellules vivantes.

 

503354main_Wolfe_Simon.jpgEchantillonnage sur carotte de boue prélevée au Mono Lake par Felisa Wolfe-Simon.

Felisa Wolfe-Simon processing mud from Mono Lake to inoculate media to grow microbes on arsenic.  Image Credit: Henry Bortman / Nasa.


 

Le micro-organisme, appelé souche GFAJ-1, est membre des Gammaprotéobactéries; son étude in vivo s'est passée sur le Mono Lake en Californie, choisi pour sa haute salinité, sa forte alcalinité et ses taux élevés d'arsenic ... cette chimie résulte d'une isolation de Mono Lake par rapport aux sources d'eau fraîche depuis 50 ans.

Ces recherches peuvent déboucher sur divers domaines, de l'étude de l'évolution de la terre, à la chimie organique ou aux cycles biogéochimiques ...

 

 

  Sources :
- Global volcanism Program -  Mono craters

                                             Mono lake volcanic field
- Mono craters volcanic field - Molossian institute of volcanology
- Mono craters California - Aron Meltzner - link
- Mono lake tufa SNR - link
- About Mono lake chemistry : strange waters, strange towers - link

- NASA-Funded Research Discovers Life Built With Toxic Chemical - link

- Mono basin bird list - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Au nord de la chaîne volcanique Inyo, se trouve le champ volcanique Mono et Mono lake, tous deux partie du bassin géologique du même nom.

 

Histoire géologique du bassin Mono :

Résultante d'une localisation dynamique à proximité de la zone de failles de la Sierra et de celle d'Owens Valley, l'activité volcanique s'est manifesté ici sur des centaines de millions d'années.

 

Mono0F1.gifSituation du bassin volcanique Mono et des failles de la Sierra Nevada et d'Owens Valley - Steven Dutch, Natural and Applied Sciences, University of Wisconsin - Green Bay


Les Bodie Hills et les Anchorites Hills entourent le bassin à l'est, et sont des restes de ce volcanisme, clairement visibles bien qu'inactifs depuis des millions d'années, témoins de l'histoire géologique locale.

Il y a environ 400.000 ans, une série d'éruption volcaniques ont vomis basalte et andésite sur le côté ouest, puis nord, couvrant le basin Mono de débris au cours de l'holocène.

 

Mono volc

               Historique de l'activité volcanique récente et types d'éruptions - d'après un doc.  USGS.


Les dernières éruptions ont eu lieu il y a 600 ans, produisant une série d'anneaux de tephras, des dômes d'obsidienne et des coulées de lave à la terminaison nord de la chaîne Mono.

 

Mono craters volcanic field:

 

Mono_Craters_from_US_395---Dan-Mayer-PM.jpg

                    La chaîne de cratères Mono, depuis la route US 395 - photo Dan Mayer.

 
Mono-craters-volcanic-field---R.Von-Huene-USGS.jpg  Mono craters volcanic field - photo R.Von Huene - USGS
  Vue du nord, la chaîne hemi-circulaire , avec à l'avant-plan Panum crater et Mono lake.
 

Entre Mono lake et la caldeira de Long Valley, sur le côté est de la Sierra Nevada, le site de Mono craters forme un arc de 17 km. de longueur comprenant plus de 30 dômes de lave rhyolitique.
Ces dômes de lave, recouvrant partiellement des dykes nourriciers, sont entrés en éruption près du bord d'un bassin "pull-apart" (*).
Des éruptions explosives ont eu lieu il y a plus de 50.000 ans; ces cratères sont aujourd'hui ensevelis.
Les structures visibles datent elles de l'Holocène... les dernières éruptions datent de 600 ans, contemporaines de celles d'Inyo craters sud.

Mono-craters---USGS.jpg                                    Mono craters - photo USGS.

 

La formation de la plupart de ces cratères s'est faite en trois phases :

panum6.jpg- phase explosive, avec relâchement massif des gaz contenus dans le magma, laissant un cratère d'explosion et un anneau de débris ... la majorité du volume de l'éruption s'est trouvé pulvérisé dans les airs sous forme de cendres.

- phase extrusive d'une lave visqueuse, épaisse, avec construction de dôme au sein du cratère d'explosion. Panum crater illustre cette seconde phase (voir ci-dessous)

- phase extrusive de lave visqueuse hors du cratère sous forme de coulée épaisse et/ou en blocs.

Schémas Molossian Institute of Volcanology -


Panum crater, la structure la plus proche de Mono lake est intéressante à plus d'un titre.
Panum_Crater---USGS.jpgPanum crater, partiellement rempli par un dôme de lave - photo USGS.

Sa formation se détaille en plusieurs séquences ( USGS) :
- la formation du cratère primitif se fait lors de la montée magmatique et de sa rencontre avec l'aquifère; une éruption phréatique débouche le cratère.
- la formation d'un cône de cendres suit, alimenté par des fontaines de lave et de cendres; il est toujours visible aujourd'hui.
Composition : ponces, lapilli, fragments d'obsidienne et de granit.
- Après ces deux épisodes violents, le solde du magma rhyolitique, visqueux, forme une série de dômes, composés de ponces et brèches rhyolitique. Divers épisodes d'effondrements et de reconstructions se succèdent pour donner le dôme actuel.
- Finallement, le magma, poussé à la façon du dentifrice sortant de son tube, va former des aiguilles, qui se sont cassées à cause d'un refroidissement rapide et de petites explosions à leur base ... constituant la masse de débris visibles au sommet du dôme.


Panum-crater---obsidian-rhyol.---Lee-Siebert-Smith-jpg Dôme de lave de Panum crater - flow-banded obsidienne rhyolitique - photo Lee Siebert / Smithsonian Institute.


Autres structures :
sur la photo ci-dessous, en partant du devant de l'image vers le fond:
 - South coulee : coulées de lave rhyolitique
 - 4 cratères d'explosions
 - Smooth dome, recouvert d'une couche blanche de tephra
 - Adobe hill, complexe volcanique tertiaire, devant Mono lake, dont la teinte se confond avec le ciel.


Mono-craters-2.jpg          Mono craters volcanic field - vue sud vers nord - photo C.D.Miller / USGS

 

(*) bassin "pull-apart" ou "strike-slip basin" :
pullapartBasin2.jpgc'est un type de structure qui se développe entre deux failles coulissantes, ou dans la courbure d'une faille de transformation, résultant de tensions tectoniques qui vont pousser une partie de la croûte terrestre entre elles et causer ainsi une extension. Un bon exemple de ce type de bassin est le Mer Morte, en Palestine.
(Schéma : USGS)

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Mono craters

- USGS - Long Valley Observatory - link

- Indiana University - The Mono basin :  history of extremes - link

- Mono craters vocanic field - Molossian institute of volcanology
- Mono craters California - Aron Meltzner - link

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