Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Meerfelder-M.jpg

                              Vue zénithale du Meerfelder maar - photo Google Earth.

 

Meerfelder Maar - Manderscheid région de vacances                                  Meerfelder maar - photo Manderscheid région de vacances.


Le Meerfelder maar est la plus grande formation résultant d'une éruption phréatomagmatique de l'Eifel occidental.La structure mesure 1480 mètres sur 1200 mètres; sa profondeur est de 180 mètres. Le maar proprement dit n'occupe qu'une partie, avec 490 mètres de diamètre. La bourgade de Meerfeld et des champs ont investi le reste.

Le maar est peu profond : 17 à 18 mètres et ses eaux sont polytrophes ; durant les mois d'été, l'eau est trouble et de couleur brunâtre, à cause des algues.

Sur base de la datation au carbone-14 des restes d'arbres calcinés trouvés dans le tuff à Deudesfeld, on date sa formation aux environs de 29.000 ans.

 

luftaufnahme_manderscheid_1097740312.jpg             La région de Manderscheid et le kratersee Windsborn- photo Manderscheid ferien region.

 

Près de Manderscheid et de ses châteaux, un groupe de quatre cratères sont datés de 29.000 ans.

 

Manderscheid-Niederburg---ph.froutes-Flickr.jpg                 Manderscheid Niederburg - le chateau du bas à Manderscheid - photo Froutes / Flickr


Le "Kratersee Windsborn" est l'un des véritables lacs de cratère situé au nord des Alpes; il est contenu dans une couronne de cendres et scories de 20 à 30 mètres de hauteur ; c'est un lac peu profond, 1,7 m., sans flux entrant et sortant.

 

Windsborn-kratersee---SiedelSelten.jpg                                    Le "Windsborn kratersee" -  photo SiedelSetten

 

Sur le site de Mindat.org , on retrouve le détail des minéraux trouvables à Manderscheid, dont la Forsterite, un silicate de magnésium Mg2SiO4, trouvable au Meerfeld maar comme au Vésuve (Italie).

 

A proximité du Windsborn kratersee, le Hinkelmaar est situé dans une dépression en forme de cuvette ; ce maar s'est formé dans une paroi latérale du volcan Mosenberg.

Le groupe volcanique Mosenberg - composé de cinq centres éruptifs, quatre cinder cones et le Meerfelder maar - s'est formé au Quaternaire (entre 2 Ma et 10.000 ans) suite à des éruptions fissurales ; la dernière éruption est datée de 29.000 ans.

 

Le drainage de l'Hinkelmaar, en vue d'exploiter la tourbe, le vide une partie de l'année de ses eaux. Son cratère de tuff gît sous la couche de tourbe épaisse de 4,8 à 9,5 mètres ... son âge est estimé à 17.000 ans.

Superficiellement, la couche de tourbe abrite une couche de tuff provenant de l'éruption du Meerfelder maar.

 

Hinkelsmaar---A.Savin.jpg                                                     L'Hinkelsmaar - photo A. Savin

 

L'Eckfeld Trockenmaar - le maar sec Eckfeld - a une importance biene.jpgpaléontologique : dans les sédiments, on a trouvé des espèces datant de l'Eocène (56 Ma-34 Ma) dont la plus ancienne abeille au monde (45Ma) et le cheval préhistorique d'Eckfeld vieux de 44,3 Ma., conservés au Maarmuseum de Manderscheid.

 

 

 

Sources :

- Eifelnatur

- Maarmuseum Manderscheid

- Vulkaneifel geopark - link

- Forschungsprojekt Eckfelder maar / Vulkaneifel. - link

 

 

 

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Geyser-12.jpg

 


 

La petite cité de Wallenborn abrite un geyser d'eau froide, appelé aussi "le Brubbel". La configuration actuelle du geyser est liée à un forage; il jaillit tous les 35 minutes et dure une vingtaine de secondes.

 

Selon les chroniques locales, il en est fait mention pour la première fois en l'an 1225.


brubbel_alt.jpg

                                    Wallender born dans les années 1930 - archives Wallenborn

 

 

Jusqu'en 1933, date du premier forage, l'endroit n'était qu'une source de plein pied formant une petite mare, cloturée pour éviter les accidents liés aux émanations de dioxyde de carbone.

Le puits a été foré à 38 m. de profondeur... en vue d'une utilisation industrielle du gaz; celle-ci fut rapidement abandonnée en raison de l'agressivité de l'eau minérale et de la corrosion rapide des tuyaux.

Après la seconde guerre mondiale, ne subsistait qu'un bout de tuyau; on retrouvait régulièrement des oiseaux morts, pour avoir voulu se poser quelques instants à cet endroit.

En 1975, un concours dans le cadre "Mon village est beau"  gagné par Wallenborn permis aux villageois, aidés d'une entreprise locale, de réaliser une structure mettant le site en évidence. L'étang boueux a été dragué, le fond rempli de gravier, un trop-plein a été posé se déversant vers le ruisseau proche et la sécurité repensée avec la pose d'une grille.

Depuis 1983, des accords à long terme régissent la source et son environnement.


brubbel_80er---apres-1983.jpg

                    L'aménagement après 1983, avec des blocs de basalte - doc. site de Wallenborn.

 

 

En 1999, l'office de surveillance géologique, l'office d'Etat pour l'eau et l'ICON ont discuté d'une réorganisation du site et de la tyuauterie.

 

techn_z.jpg                  Schéma de l'assainissement réalisé sur la "fontaine" - doc. site de Wallenborn.

 

Brbau22052001_39.jpg                                      Les derniers aménagements - doc. site de Wallenborn.

 

Wallenborn---ph.-Nordelch.jpg                                 Die Brubbel à Wallenborn - état actuel - photo nordelch.

 

Wallenborn-fin-jailissement.jpg                       Die Brubbel à Wallenborn- fin du jaillissement - photo JM.Mestdagh


Le phénomène est lié indirectement au volcanisme de l'Eifel :  suite à l'activité intense, il y a 10 à 12.000 ans, de grandes quantités de dioxyde de carbone se sont accumulées sous la surface terrestre. Lorsque la pression était suffisamment élevée, une colonne d'eau jaillissait . Avec la vidange de la poche de gaz, le phénomène s'interrompt et l'eau reflue.
 

Ces émanations de CO2 sont responsables, dans la région, de mofettes , e.a. au Laacher See, et de la gazéification de nombreuses sources d'eau minérale.

 

Dossier-22-9103.jpeg                                        Mofette et eaux ferrugineuses -  photo JM.Mestdagh

 

brubb_pan_20020528_01.jpg                      Wallenborn : le ruisseau, le geyser et le village - photo Wallenborn.de

 

Sources :

- Wallenborn.de - Brubbelaustelle - link

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

wartgesberg-7-JMM-2011.JPG

                     ©Jean-Michel Mestdagh

 

Une éruption fissurale importante, datée de 20-30.000 ans, a formé trois cônes de cendres coalescents, alignés sur un axe N-S. terminé par le Sprinker maar.

Les volcans sont tellement proches qu'ils ne sont plus identifiables individuellement; ils forment le Wartgesberg.

Le plus jeune cinder cone situé au sud a produit la coulée de lave la plus longue de l'Eifel : 5.500 mètres.

 

Strohn11.jpgSituation du Wartgesberg, largement entamé par les carrières, et du Sprinker maar - tous deux au sud du Pulvermaar - d'après une affiche locale.

La Vulkanhaus de Strohn  (en gris) se trouve elle aussi sur la coulée.

 

Wartgesberg-1-JMM-2011.JPG                               Carrière du Wartgesberg - ©Jean-Michel Mestdagh


wartgesberg-4-JMM-2011.JPG

Wartgesberg - stratification des cinder cones mis au jour par l'exploitation carrière - ©Jean-Michel Mestdagh

 

Wartgesberg-2-JMM-2011.JPG

            Wartgesberg - curieuse boursouflure de lave sur une paroi -  ©Jean-Michel Mestdagh

 

wartgesberg-6-JMM-2011.JPG

                        Wartgesberg - bombe ou boulder  ? - ©Jean-Michel Mestdagh

 

 

Cette carrière présente deux bombes "mythiques" : une vraie et une ... autre !

La plus grande (vraie) bombe volcanique de l'Eifel pèse 1,46 tonnes et fut découverte en 2007.

 

wartgesberg-8-JMM-2011.JPG                         La plus grosse bombe volcanique de l'Eifel - ©Jean-Michel Mestdagh 

 

La "Ströhner lava bombe", vedette du lieu, n'est en rien une formation pyroclastique. Ses gigantesques mensurations, 5 mètres de diamètre pour un poids de 120 tonnes, laissent supposer qu'elle n'a pu a aucun moment être propulsée dans les airs. On peut la qualifier de "boule de basalte formée par l'activité volcanique".

strohn_lavabombe---kulturgutter-in-der-region-Trier.jpgC'est néanmoins une curiosité géologique : découverte en 1969 lors d'un tir de mine, elle fut mise en évidence dans une paroi de la carrière, avant d'être placée à son emplacement actuel, sur une plaque de métal, dans les années 80.

 

Photo d'archive - la bombe dans la carrière - photo kulturgütter in der region Trier.


Un trou à sa base a permis de comprendre sa formation : durant l'une des éruptions du Wartgesberg (entre il y a 15 et 31.000 ans), un morceau du cratère s'est effondré dans l'évent. Lors de sa chute, il a rencontré des fragments de lave incandescente, qui se sont collés à la surface. Rehaussé lors d'un nouvel épisode éruptif, ce gros morceau de basalte a joué le "yoyo" et s'est enrichi de nouveaux lambeaux de lave, qui l'ont fait grossir jusqu'à atteindre sa taille respectable, un peu à la façon dont une petite boule de neige grossit lorsqu'on la roule dans une couche de neige. La structure s'est installée dans les parois du cratère, dont elle a été délogée par un tir de mine lors de l'exploitation industrielle du site.

 

wartgesberg-9-JMM-2011.JPG                "La" Ströhner lava bombe sur son socle de présentation - ©Jean-Michel Mestdagh 

 

Au nord de la carrière, on trouve le Ströhner Märchen, un petit maar qui s'est complètement asséché - Märchen étant le diminutif de maar . il s'est formé il y a 8.100 ans, lors d'une éruption de flanc du Römerberg, un cône de cendres. (voir sur la carte, entre le Pulvermaar et la Vulkanhaus).

D'un diamètre de 170 mètres, et une surface de 113 hectares, c'est le type "finalmaar", un maar sur le point d'envasement : des dépôts de tourbe épais d'une dizaine de mètres, encore intacts, couvrent le fond du réservoir... ce qui en fait un lieu d'importance pour la géologie, la paléobotanique et la biodiversité (250 espèces de plantes y trouvent leur habitat).

 

strohner-marchen.jpg                                              Ströhner märchen - la tourbière en automne

 

Un musée dédié à la volcanologie locale, la Vulkanhaus, située dans le village de Strohn, présente entre autre une spectaculaire paroi de lave de 4 mètres sur 6.

 

2823_3.jpg

                                                  La Vulkanhaus à Strohn - photo Vulkanhaus.


La-conservatrice-Irene-Sartoris----TV-Foto-Anke-scholz.jpg

              La conservatrice de la Vulkanhaus explique la tectonique des plaques - TV Foto Anke

 

L'exploitation des volcans de l'Eifel remonte à la période romaine, avec le trachyte de Drachenfels, le basalte de Mendig et les pierres meulières.

Avec l'industrialisation des carrières, c'est au tour des cônes de scories à fournir la matière première destinées à la confection de routes.

La question est de savoir à quel stade arrêter l'exploitation, en gardant des vestiges témoins interprétables pour la volcanologie, ou décider d'une utilisation maximale, quitte à détruire à 100% le relief volcanique ... ou encore se résoudre à un compromis, en archivant de façon photographique les fronts de taille au fur et à mesure de l'exploitation, et faire de la volcano-archéologie ?

On peut craindre malheureusement que le facteur économique ne l'emporte sur le côté scientifique, et que tout soit nivelé à l'avenir.

 

wartgesberg-5-JMM-2011.JPGL'exploitation intensive va réduire le volcan à quelques tas de cailloux ... dommage ou juste retour des choses ? -  ©Jean-Michel Mestdagh

 

 

Sources :

- Vulkanhaus Strohn - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pulvermaar-1----32km---eifelapartments.jpg

                                      Le Pulvermaar - photo eifel apartment


Le Pulvermaar est le second plus grand maar de l'eifel, après le Laacher See (Eifel-est).

Situé à 411 mètres d'altitude, ce maar à une profondeur maximale actuelle de 72 mètres, ce qui en fait le lac naturel le plus profond d'Allemagne; sa profondeur originelle est estimée à 200 mètres.

querschnitt_pulvermaar.jpgSes mensurations sont à la mesure de l'éruption qui a duré plusieurs semaines, il y a 10.050 ans ( datation par palinologie : 8.050 avant JC) : 65 hectares, diamètre : 650-900 m. , vol. estimé : 13 millions de m³ d'eau, parois de tuff d'une épaisseur de 25 m. au milieu.

 

Pulvermaar---2---JMM.JPG

                                           Le Pulvermaar  -  ©JM. Mestdagh 2011


Les éjecta du volcan constituent un excellent matériau de construction, exploité à la lisière sud du maar. (voir photo du haut)

 

 

 

Schalkenmehren_Hike2.jpg       Pulvermaar et holzmaar sont proches et reliés par de beaux sentiers de promenade.

 

Le Holzmaar, tout proche, est d'une toute autre dimension : 6,8 hectares de surface, 325 m. de diamètre pour une profondeur de Holzmaar----JMM-2011.jpg21 mètres.

Entouré de forêts, le maar et ses environnements sont classés en réserve naturelle ; ils abritent une riche avifaune forestière et aquatique.

 

Panneau explicatif de le réserve d'Holzmaar -

photo A.Salvin.

Holzmaar-JMM-2011.JPGLe Holzmaar dans son écrin de verdure - ©JM. Mestdagh 2011

 

 

 Sources :

- Maarsee - das Pulvermaar - link

- Maare. de - link

- Ferienregion Daun / vulkanismus - link

- FaszinationVulkaneifel .de - link

- Global Volcanism Program - West Eifel volcanic field

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les maars de l'Eifel-ouest se sont formés au cours d'une fenêtre géologique courte : 13.000 - 10.000 ans.

Les Dürres maar et Holzmaar naissent il ya 12.500 ans, suivis il y a 11.000 ans par les Schalkenmehren, Mosbruch et Meerfelder maare. Ce sera ensuite le tour des Gemünder et Weinfelder maare entre 11.000 et 10.500 ans, suivis des Strohner et Pulvermaar entre 10.500 et 10.000 ans.

 

 

Dauner maare - google copie

                                       Carte de situation - d'après Google Earth.


 

 

       

  Mensurations des maars de Daun - échelle exagérée - Doc. Daun Ferienregion / vulkanismus


 

3 Dauner maare - Martin Schildgen

de bas en haut, le Gemündener maar, le Weinfelder maar et le  Schalkenmehrener maar - au fond, la bourgade de Schalkenmehren . - photo Martin Schildgen

 


Le soubassement est daté du Dévonien, et constitué de sable, limon et argile. C'est sur ce socle que ce sont formés, dans un espace de temps court, les maars de Daun.

Le schéma d'installation :

- développement du côté nord du Schalkenmehrener maar  et d'un cinder cone.

- formation du côté sud-est du Schalkenmehrener maar

- développement de l'ouest du Schalkenmehrener maar

- émergence du Gemündener maar

- émergence du Weinfelder maar.

 

Gemundeneer-maar---ph.-Froutes-Flickr.jpg                        Eifel-ouest - Gemündener maar - photo Froutes / Flickr

 

Les magmas sont des basaltes alcalins et les anneaux de tuff sont constitués de lapilli, de granulométrie comprise entre 2 et 64, et composé à 75-80% de fragments rocheux du Dévonien, le reste étant des laves.

 

Daun_maare---maare.de.gif

 

Ces maars sont alignés dans l'axe général NO-SE. caractérisant le champ volcanique Eifel-ouest et les formations particulières de Daun.

 

daun_maare-2---maare.de.gif                                Alignement des cônes des maars NO-SE - schéma Maare.de

     Les cônes : O - en bleu : l'aquifère des différents maars - en rose : la fissure éruptive.

 

Le Schalkenmehrener maar est marqué par une forte eutrophisation de ses eaux, en rapport avec un environnement d'agriculture intensive.

 

Schalkenmehrener-maar---ph.-Marc-szeglat---Eifek-vulkane_.jpgEifel-ouest - Schalkenmehrener maar - photo Marc Szeglat / Vulkane

 


Sources :

- Maare. de - link

- Ferienregion Daun / vulkanismus - link

- FaszinationVulkaneifel .de - link

- Global Volcanism Program - West Eifel volcanic field

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le champ volcanique quaternaire de l'Eifel possède les caractéristiques typique d'un champ volcanique intraplaque "atypique".


sch-mas-004.jpg

On ne peut toutefois appliquer l'hypothèse classique de "la plaque passant au dessus d'un point chaud relativement fixe" ... le modèle classique du panache mantellique ne donne pas d'explication applicable à l'ECVP - la province volcanique Cénozoïque Européenne.

 

eifel-hotspot.jpg 

Une explication plus plausible est la relation au processus de subduction alpin qui influence le stress, la déformation et la circulation dans la croûte continentale Européenne et le manteau sous-jacent, associé à des conditions locale dans la lithosphère.       ( selon Meyer & Foulger - 2007)

 

Dossier-22-0179-copie.jpgLes deux entités composant le champ volcanique Eifel : le WEVF - West Eifel Vulkan Feld, au SO. et le EEVF - Est Eifel Vulkan Feld ( Riedener et Laacher Vulkanfeld) - doc. Vulkane der Eifel / Schmincke.


 

Le champ volcanique de l’Eifel-ouest est constitué d’un groupe de 240 cônes de scories, maars et petits stratovolcans, datés principalement du Pléistocène ; il occupe une surface d’environ 600 km² au sud-ouest du champ volcanique de l’Eifel-est, plus petit mais mieux connu.

Les cônes de scories forment les deux-tiers des centres volcaniques, les 30% restants sont constitués de maars et d’anneaux de tuff.

 

Dossier-22 0178Champ volcanique de l'Eifel-ouest : différentes composition des laves et leur distribution spatiale - doc. in Volcanism / H-U.Schmincke

 

Ces évents individuels se répartissent selon un axe NO-SE. sur une aire longue de 50 km., située entre Ormont au nord-ouest, à proximité de la frontière Belge, et Bad Bertrich au sud-est, proche de La Moselle.

Cette orientation marque non seulement le champ volcanique entier, mais aussi celle des dykes, des axes des volcans et leur croissance.

 

On considère deux entités secondaires, un champ plus vieux au nord-ouest, un plus jeune au sud-est.

 

Les volcans ne sont pas distribués de façon statistiques à l’intérieur du champ volcanique : on constate une augmentation de la fréquence par unité de surface en direction du centre du champ. Le degré de différenciation des magmas augmente aussi de la périphérie, où seules des laves primitives ont été émises, vers le centre. L’augmentation de densité des volcans et leur différenciation en direction du centre du champ laisse sous-entendre, selon H-U. Schmincke, une anomalie de fusion dans le manteau terrestre, d’un diamètre de 30 à 50 km., dans laquelle la production magmatique augmente vers le centre, où la vitesse d’écoulement,  et par conséquent le ratio de décompression, sont au maximum.

La tomographie sismique nous donne une image interprétable de l'anomalie thermique sous le massif de l'Eifel, qu'on peut inclure dans un cube géant de 400 km. de côté.

 

schemas-003-copie-2.jpg                                       Doc. ToGo - tomography Goettingen / Vulkanpark


La « différence chimique » entre les sous-entités d’âge différents peut s’expliquer par la migration de l’anomalie de fusion du NO en direction du SE, au cours des 700.000 années passées.

 

Toutes ces constatations peuvent être interprétées :

- la lithosphère située au nord des Alpes est sous compression, la direction de tension maximale est , à l’ouest du fleuve Rhin, axée SO-NE. Les fissures peuvent ainsi se former de façon mécanique plus aisée à angle droit par rapport à cette direction … ces fissures, le long desquelles monte le magma, et les dykes nourriciers, sont ainsi orientés NO-SE. ; ils sont surmontés par un cordon de volcans selon une orientation identique.

- la lithosphère est plus mince sous le graben Rhénan que dans le reste de l’europe, probablement à cause de la montée de matériaux mantelliques. Ceci est confirmé par la propagation des ondes sismiques.

 

 

Actu---3 0444Epaisseur de la lithosphère en km. et situation des champs volcaniques européens - dans l'encadré, la zone de l'Eifel - in Vulkane der Eifel de H-U.Schmincke.

 

 

Actu---3 0445

Le graben Rhénan et les champs volcaniques allemands, dont WEVF : Westeifel vulkanfeld - EEVF : Osteifel vulkanfeld - HEVF : Hocheifel vulkanfeld

in Vulkane der Eifel de H-U.Schmincke.

 

Après cette introduction tectonique, nous verrons demain la formation des maars.

 

Meerfelder_Maar---Manderscheid-region-de-vacances.jpg                        Meerfelder maar - photo Manderscheid, région de vacances.

 

Un lien intéressant :

 

header.jpg

 

Sources :

Dossier-22 0181 copie- Volcanism - H-U.Schmincke - Ed. Springer

- Vulkane der Eifel - H-U.Schmincke - Ed. Spektrum

- Volcanism of the Eifel, Germany - Romain Meyer & Jan Hertogen (KUL - Katholieke Universiteit Leuven - B) Jean thein (Universität Bonn - D)  / Association géologique du Luxembourg.

- documents Vulkanpark.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

hierve---RussBowling-3-.jpg

               Hierve el Agua dans les collines entourant Oaxaca - photo RussBowling.

 

Hierve el Agua, littéralement « faire bouillir l’eau », est situé à 70 km. à l’est d’Oaxaca. Le site consiste en deux formations rocheuses semblables à des chutes d’eau qui se sont formées sur une période de plusieurs milliers d’années. L’une d’elle mesure 12 mètres et est appelée "cascada chica" (la petite cascade) ; elle s’écoule d’une base large de 60 mètres. L’autre, "cascada grande" (la grande  cascade) mesure 30 mètres et descend d’une plate-forme de nonante mètres de large, qui domine la vallée de 80 mètres.

 

Hierve-el-agua---ameriQuebec.jpeg                         Hiervé el Agua - cascades de travertins - photo americQuébec.

 

hierve---terracettes---Mountains-travel-photography.JPGHiervé el Agua - la construction des terrasses passe par le stade de micro-terrassettes ... processus remarqué au Yellowstone, sur le site de Mammoth hot Springs -

photo Mountains travel photography

 

Ces formations rocheuses sont souvent appelées "cascadas de sal", ou "cascadas petrificadas", "cascadas petreas". Elles sont formées par de petits apports en une eau sursaturée en carbonate calcique, qui transite vers la surface au travers de fissures ; cette eau est à une température plus élevée que l’air ambiant, de 22 à 27°C, mais certainement pas à une température proche de l’ébullition comme pourrait l’indiquer son nom …

 

Les dépôts de carbonate calcique donne une apparence claire à la formation rocheuse, mais d’autres minéraux sont présents dans ces eaux : argent, bore et fer colorent les stalactites.

 

Le processus est un peu différent, mais rappelle par divers aspects les travertins de Mammoth Hot springs, dans le parc Naturel du Yellowstone aux Etats-Unis, ou encore les terrasses turques de Pammukale.

 

hierve-de-agua--2---Dr-Victor-M.Malpica-Cruz.jpg                    Couleurs délicates du travertin oxydé  - photo Dr. Victor M. Malpica Cruz.


Cascada chica, aussi appelée l’amphithéatre, est constituée d’une plate-forme où s’épanchent quatre sources; leurs eaux sont capturées dans un ensemble de petits bassins naturels et dans deux grandes piscines artificielles, où l’ont peut se baigner. Ces piscines ont une eau couleur vert turquoise à cause de leur concentration en minéraux. Deux de ces sources sourdent au niveau du plancher et semblent bouillonner ; les bulles sont dues à l’air qui s’échappe sous l’effet des courants sous la surface … d’où l’appellation du site. Le perpétuel débordement favorise le dépôt de calcaire sur les parois des piscines.

 

hierveelagua11-copie.jpgHiervé el Agua - de petits bassins voisinent avec les piscines artificielles affleurantes - photo Oaxaca mia.

 

hierve---RussBowling-2-.jpgHiervé el Agua - les piscines artificielles et les stalactites de débordement - photo RussBowling.


Ce site fut découvert il y a 2.500 ans,par des populations nomades. Les anciens Zapotèques les utilisèrent pour l’irrigation au travers d’un réseau de canaux construits entre 450 avant JC à l’an 1500. La haute teneur en sels de calcium et magnésium est telle que les dépôts ont pétrifié les canaux.

 

hierve-el-agua33.jpg                      Hiervé el Agua - canalisation "pétrifiée" et colorée par les oxydes de fer.


Les archéologues ont découvert que les Zapotèques employaient une technique pour enlever le bore nuisible aux cultures, et utilisaient des trous pour empêcher l’incorporation de sodium dans le sol … les eaux devaient donc être utilisées pour l'agriculture plutôt que pour les bains.

 

Un autre site enchanteur situé au Chiapas, à 50 km. de Palenque et de somptueuses ruines Mayas : Aqua Azul.

Aqua Azul, "eau bleue" en espagnol, est un site superbe à la convergence de trois rivières, Shumulja, Otulun et Tulija, qui serpentent dans des canyons peu profonds, au milieu d'une végétation luxuriante. La couleur des eaux est due au lit calcaire de la rivière qui réfléchit le ciel, et magnifie cette eau qui passe de bassins limpides en bassins limpides, seulement troublée  par la blanche écume au niveau des cascades. Une autre hypothèse est la composition riche en sels de magnésium et autres chlorures.

 

AguaAzul---David-Tuggy.jpg                         Aqua Azul taille sa route dans la forêt - photo David tuggy.


Le must est de trouver ce site fort fréquenté à un moment calme, ou de remonter les cascades, les paresseux plus nombreux restant au bas de celles-ci, pour se retrouver seul ou en compagnie de quelques enfants indiens venus y puiser de l'eau ... et qui s'y amusent, oubliant un moment leur tâche domestique.

Entre mai et septembre, des alluvions viennent troubler les eaux et en changer la couleur.

 

AguaAzulMexico2---Chokollate.jpg                             Aqua Azul, les chutes et les bassins du bas - photo Chokollate.

 

 Sources :

- Oaxaca mio - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 31516_1484996726264_1274264879_1390035_25448_n-1--RGoad.jpg

                El Chichon et les collines environnantes - photo René Goad / Volcanoplanet.

 

El Chichon , appelé aussi El Chichonal, est un petit cône de tuff trachyandésitique et un complexe de dômes de lave, situé dans une région isolée du Chiapas, à distance du champ volcanique trans-mexicain.

 

F1.large.jpgEl Chichon fait partie du (Modern) Chiapanecan Volcanic Arc - (M)CVA - positionné de façon intermédiaire entre le Trans Mexican Volcanic Arc  - TMVB - et le CAVA - Central American Volcanic Arc

 

L'initiation d'une subduction "plate" au milieu du Miocène dans le centre du Mexique pourrait avoir généré une entrée de manteau chaud en coin, depuis le NO vers le SE, avec la création de l'arc volcanique du Chiapas. La position et le volcanisme alcalin-potassique du Chichon serait liés à l'arrivée de la dorsale hautement serpentinisée Tehuantepec sous l'arc volcanique du Chiapas ... la déserpentinisation de la dorsale Tehuantepec aurait relâché des quantités importantes d'eau dans le manteau superposé, favorisant par conséquent une fusion de l'intrusion mantellique et probablement de la plaque.

 

El-Chichin-1981---Rene-Canul-GVP.jpg

El Chichon en 1981 - la photo n'est pas très bonne, mais documente bien la topographie locale avant l'éruption  - photo René Canul / GVP.

 

Avant 1982, ce volcan était relativement peu connu des habitants et même des volcanologues ; il était densément couvert de forêts et pas beaucoup plus haut que les collines voisines d’origine non volcanique. Un large dôme, formant le sommet du volcan, s’est construit dans le cratère sommital large de 2 km. sur 1,6, il y a 220.000 ans. Deux autres cratères sont situés respectivement sur ses flancs SO et SE. , le SE rempli par un dôme. Un autre dôme est localisé sur son flanc NO.  L’activité explosive a marqué le milieu de l’Holocène.

 

L'éruption de 1982 :

En fin 1981, les indiens Zoque vivant dans la région commencent à ressentir des séismes , à entendre des grondements souterrains et à percevoir une odeur d’œufs pourris. L’eau des rivières se réchauffe.

En mars 1982, on compte 10 à 25 séismes de magnitude 4 par jour , localisés à 5 km. de profondeur. Le 27 mars, c’est soixante séismes par heure , et à 2 km. seulement sous la surface.

Le dimanche 28 mars, les séismes s’arrêtent vers 21 h.30 … mais à 23h.32, une colossale explosion fait sauter un quart du dôme sommital et ouvre une bouche d’où fusent gaz et cendres durant six heures ; le panache atteint, en 40 minutes, une hauteur de 17 km. et un diamètre de 40 km. L’énorme onde de choc est perçue au Texas, en Alaska et jusqu’en Antarctique. C’est la panique … puis le volcan semble se calmer.

Le 3 avril, deux explosions agrandissent le conduit éruptif du dôme. Et Le 4 avril, entre 1h35 et 5h30, c’est le paroxysme ! Le reste du dôme est pulvérisé ; un panache monte à 24 km. de hauteur et sous l’effet du souffle, tout est balayé dans un zone allant jusqu’à 8.000 mètres du cratère. Les surges pyroclastiques ont sauté des crêtes de 300 m. de hauteur.

Une deuxième vague paroxysmale commence vers 11 h10, et le volcan crache pendant 7 heures un panache, qui va monter à 18 km. et recouvrir de cendres 50.000 km² à l’est du volcan.


 

14chi03f.png

Distribution des dépôts de coulées et surges pyroclastiques de mars-avril 1982 - Les surges S-1 et S-2 sont associés à la première explosion du 4 avril ; le surge S-3 à la seconde explosion du 4 avril - From Sigurdsson, Carey, and Fisher (1987).


Les dépôts pyroclastiques vont former un barrage naturel sur la rivière Magdalena-Ostuacán, à 4-5 km.du cratère et la formation consécutive d’un lac provisoire de 5 km. de long. Les millions de m³ d’eau accumulées vont brutalement se déverser dans la vallée à la rupture du barrage le 26 mai, 7 semaines après la fin de l’éruption, et causer un lahar meurtrier (la température de l’eau est mesurée à 82°C)

 

El-Chichon-Pyrocl.-flows-and-surges-1982----Bill-Rose.jpgZone dévastée par les surges et coulées pyroclastiques en mars-avril 1982 - une forte érosion des dépôts au cours de la saison des pluies se remarque sur cette photo aérienne de janvier 1983 - photo Bill Rose/MTU

 

Quand s’arrête le cataclysme, le volcan a perdu une hauteur de 260 mètres, et à la place du dôme, s’ouvre un cratère de 1.000 m. de diamètre, profond de 230m. Près d’un milliards de tonnes de produits volcanique ont été crachés par El Chichon.

La première observation du cratère, le 25 avril, laisse voir trois petits lacs qui occupent le fond de celui-ci. Ils vont fusionner en un seul lac, qui atteindra la profondeur de 120 mètre, et qui sous l’effet des gaz qui le traversent, va devenir acide. En janvier 1983, sa température est mesurée à 52-58°C et le pH à 0,5 – En octobre, la température a chutée à 42°C et le ph est remonté à 1,8. (MTU).

 

El-Chichon-06.1982---W.Duffield-USGS.jpgEl Chichon - Aspect du cratère en juin 1982 , avec de petits lacs séparés et une intense activité fumerollienne - photo W.Duffield / USGS.


L’éruption a fait au total 2500 morts, victimes surtout des surges et coulées pyroclastiques.

En 2000, on a enregistré une hausse de la température du lac … présage d’un regain d’activité du volcan ?  (d'après M.Krafft)

 

el-chichon---explorevolcanoesnow-copie-1.jpg   Configuration actuelle de la région sommitale du Chichon - photo Explorevolcanoesnow.

 

31516_1485025246977_1274264879_1390055_6686668_n-RGoad.jpgEl Chichon - le chemin d'accès au sommet emprunte les drainages naturels - photo René Goad / Volcanoplanet.


31516_1485014006696_1274264879_1390042_7675715_n-RGoad.jpg

La couleur orange de l'eau est un dépôt de fer du au passage de l'eau au travers des dépôts de coulées pyroclastiques - photo René Goad.

 

31516_1485075928244_1274264879_1390241_6068266_n---RGoad.jpg

La caldeira du Chichon et son lac acide en 2010 - On peut voir les glissements de terrain dans la caldeira - photo René Goad.

 

31516_1485076048247_1274264879_1390242_2914260_n.jpg

Il reste encore des fumerolles sur le plancher de la caldeira, trente ans après l'éruption - la couleur bleu-vert de l'eau acide est due en partie à une haute concentration en minéraux dissous, en partie aux sediments légèrement colorés continuellement remués par les zones où l'eau est en ébullition. - photo René Goad

 

Influences à plus grande échelle :

Cette éruption, à haute teneur en soufre, a injecté dans la haute atmosphère une masse de poussières volcaniques mêlée à des gouttelettes d’acide sulfurique estimée à 20 millions de tonnes. Ce nuage est entrainé vers l’ouest par les vents d’altitude et fait un premier tour du globe en 21 jours, s’étalant sur une bande de 2.000 km. de large. Il va, durant trois ans, arrêter, par réflexion, 25% du rayonnement solaire en haute altitude et faire baisser ainsi la température annuelle globale de presque un degré.

 

Mauna_Loa_atmospheric_transmission---El-Chichon.pngDiminution de la radiation solaire due aux éruptions du Chichon  (76% transmis contre 90-92 habituellement) et du Pinatubo (82% transmis) - doc. HVO

 

volcantemp.jpg

Diminution en corollaire de la température de la troposphère comprise entre 0,2 à 0,4°C entre les années 1982 et 1987 - doc. NOAA / Intellicast.


el-chichon-ghcn_giss_hr2sst_1200km_anom0112_1983_1984_1980_.gifAnomalie de température au niveau mondial pour les années 1983-84 comparées à la décade - zone blanche prédominante , comprise entre + 2°C et - 2°C.


Ce manque d’énergie solaire va expliquer les records de froid enregistrés en 83-84 dans l’est des Etats-Unis et en 84-85 en Europe. Je me rappelle personnellement d’un mois de janvier 1985, où la température est descendu jusque moins 18°C, faisant paraffiner le mazout entre la cuve et la chaudière, et grillant 50% des rosiers du jardin. Des températures allant jusqu’à -30°C ont été relevées chez nous et on a constaté en France une surmortalité de 13%, due principalement aux maladies cardiaques et aux pneumonies cet hiver là.

 

Meteo-Belge-01.1985.gifCarte des températures le 15.01.1985 - une "goutte bleue" indique les basses températures (moins 15-16°C) sur les Pays-Bas, la Belgique et une bande centrale allant du nord de la France aux Pyrénées - doc. Météo Belge.

 

Addendum : un rapport scientifique concernant les écarts de température et la mortalité en France réalisé par Magali Barbieri, chercheur à l'INED, vient de m'être fourni par Michel Lecouteur / L.A.V.E. ; celui-ci me communique pour janvier 1985, un écart de -3,3°C et pour février 1986, un écart de -6,1°C, par rapport à des données mensuelles sur 300 ans (d'après une conférence du Dr. Rousseau - météo France).

Ces renseignements complètent utilement les graphiques et données précédentes.


 

El-Chichon-Inded.JPG         Graphique réalisé par Michel Lecouteur, que je remercie, d'après M.Barbieri / Ined.

 

 Des études ultérieures à l’éruption ont prouvé que le Chichon avait enregistré dix éruptions explosives de puissance similaire au cours des 3.700 dernières années … certaines de ses activités peuvent avoir eu une influence déterminante sur le développement de la civilisation Maya, dans la mesure où les principales cités du Chiapas étaient situées sous les vents par rapport au volcan et exposées à des retombées de cendres massives.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - El Chichon.

-  "Les plus beaux volcans " par Katia et Maurice Krafft

Editions Solar, Paris, 1985 - Collection : Autour du Monde

- Volcanoplanet - by René Goad - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

San-Martin-region---DZ.jpg

                         Paysage de la Sierra de Los Tuxtlas - photo DZ / Picasa


La Sierra de Los Tuxtlas est une chaîne montagneuse et un champ volcanique situé le long du golfe du Mexique. Elle constitue une « anomalie insulaire » … ces volcans sont situés à 250 km à l’est du Champ volcanique Trans-Mexicain, et à 330 km. au nord-ouest de l’arc volcanique d’Amérique centrale.

La partie nord s’est formée il y a 2 à 3 millions d’années, et la partie sud entre 5 et 7 millions d’années.

 

Tuxtlas-volcanoes---DZ.jpg                                         Les volcans de Los Tuxtlas - Document DZ


Les principaux volcans sont le San Martin Tuxtla (1700 m.), le San Martin Pajapan (1160 m.) et le Cerro El Vijia (800 m.) ; ils sont voisins de centaines de petits cônes de cendres.

 

San_martin---Dongringo.jpg                              Le volcan San Martin Tuxtla - photo Dongringo.


Le San Martin Tuxtla  est un volcan-bouclier alcalin allongé selon un axe NO-SE. Le sommet, large de 1.000 mètres, et les flancs sont ponctués de plus de 250 cônes pyroclastiques monogéniques et maars. Il doit son nom actuel au premier marin de la flotte d’invasion de Cortès à l’avoir aperçu. Son nom en Nahuatl est Titepetl , le Cerro de la Lumbre o del Fuego

La plus ancienne manifestation datée l’est de 3.440 avant JC ; les éruptions pré-hispaniques sont présumées avoir causé des dommages aux établissements Olmèques. Ses deux plus importantes éruptions historiques datent de 1664 et 1793.

 

San-Martin-tuxtla----Archivo-general-de-la-nacion--Mexico.jpg             San Martin Textla , éruption de 1793 - Archivo general de la Nacion Mexico


L’éruption de 1793 s’est produite au départ de deux cônes de cendres situés sur le sommet et a produit des chutes de cendres sur une zone étendue et des coulées de lave qui se sont répandues sur 3,5 km sur le flanc nord-est. L’éruption fut décrite par Don José Mariano Moziño, un naturaliste travaillant pour le vice-Roi de la Nouvelle Espagne. Des études récentes révèlent que l’activité volcanique a débuté par une phase explosive phréatomagmatique, suivie d’une activité strombolienne de mars à octobre 1793. L’activité s’est poursuivie par une phase effusive qui dura deux ans.

Classée de VEI 4 par le GVP, l’éruption a émis un vol. de lave de 20 Mm³ et un volume considérable de tephras de 250 millions de m³ ; la surface couverte par au moins 1 cm. de poussières est de 480 km², les plus fines atteignant une distance de 300 km. par rapport au cratère. Le panache doit avoir atteint d’après les calculs une hauteur de 10 km. au plus fort de l’éruption.

 

LosConosCineriticos---San-Martin---photo-DZ---Picasa.jpg                            Los conos cineriticos - San Martin - photo DZ / Picasa.


En l’an 600, le Cerro Nixtamalapan, situé quelques kilomètres au NE de Catemaco entra en éruption et émis de substantielles coulées de lave sur les bords de la laguna Catemaco, toujours visibles dans la région de La Punta.

 

santa-marta-ridge2_siemens---DZ.jpg                                      Santa Martha ridge - photo DZ / Picasa

 

 

 

L’isolation historique a permis à la région de Los Tuxtlas de conserver nombre d’espèces animales et végétales endémiques, qui sont aujourd’hui protégé en zone réservée.

 

San_Martin_Pajapan_Monument---dedios-la-piedra.jpgStatue olmèque en basalte de 142 cm. de haut retrouvée au sommet du volcan San Martin Pajapan, et représentant la jaguar avec ses lèvres retroussées - trouvée en 1925 par Frans Blom - photo Dois de Piedra.

 

 

Cette région géographique composée de plages et dunes de sable, de lagons, de nombreuses chutes d’eau et de volcans dormants ou éteints fut appréciée par les Olmèques, à l’origine de la première civilisation mésoaméricaine à partir de 1200 avant JC. Les volcans furent utilisés comme source de basalte par les premiers Olmèques, qui le transportèrent sur des radeaux au travers d’un réseau de rivières pour la confection de leurs monuments et de leurs têtes colossales.

 

800px-Olmec_Heartland_Overview_v2.svg.pngLe coeur de la civilisation Olmèque - les sites historiques sont signalés par un rond jaune

 

La civilisation Olmèque s’est épanouie de 1.200 avant JC jusqu’à 500 avant JC. Et sur une vaste partie de la mésoamérique. Pour autant, la culture Olmèque va demeuré inconnue jusque dans la deuxième moitié du 19° siècle. Le nom Olmeca, terme Nahuatl, signifie «  les gens du pays du caoutchouc », et lié à la découverte de la première tête colossale en 1862.

hache-Olmeque-en-jade.JPGUn des traits marquant de l’art Olmèque est l’omniprésence du jaguar, qui apparaît sous de nombreuses formes plus ou moins antropomorphisées ; ces nombreux aspects vont se retrouver dans l’iconographie mésoaméricaine jusque chez les Aztèques.


Hâche Olmèque en jade, à l'effigie du jaguar - remarquez les lèvres retroussées et les sourcils "en flammes" conservée au British Museum.

 

Le jaguar est associé avec le feu, aussi bien cosmique – du fait de son lien avec le soleil – que chthonien – le feu des volcans.

L’étude des Olmèques montrent qu’ils sont à la base de changements importants : de nouvelles techniques agricoles vont permettrent la croissance démographique, l’intensification des échanges commerciaux et une forte urbanisation , ceci sous l’influence d’une centralisation des pouvoirs politiques, d’une religion institutionnalisée. On constate aussi de grands travaux d’architecture et de sculpture, dont la taille est liée à la majesté des centres de cérémonie. Les Olmèques ont influencé les civilisations qui leur succédèrent au Mexique, dans tous les domaines, de l'architecture à la religion.

L’art Olmèque montre une grande maîtrise de la sculpture et la ciselure ; il utilise comme matériaux la pierre, l’argile, le bois, mais aussi le basalte, l’andésite, la serpentine , le jade-jadéite et l’obsidienne.

 

Altar_4_La_Venta_-Ruben_Charles-.jpg

Site de La Venta - Altar 4 : ces autels sont en réalité des trônes cérémoniels , surlesquels s'asseyaient les souverains et qui les aidaient à entrer en contact avec leurs ancêtres.

Ce monolithe de basalte comporte une figure semblant sortir de la bouche d'une monstrueuse créature; il tient une corde qui fait le tour de l'autel et est connecté à diverses figures - photo Ruben Charles.

 

San_Lorenzo_Monument_61---Sergio-gonzalez.jpg         Tête monumentale Olmèque - San Lorenzo monument 61 - photo Sergio Gonzalez

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - San Martin

- Los tuxtlas volcanoes - catemaco - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

189327 1921995010948 1274264879 2351910 3332701 n (1) Vision aérienne du Poyauhtecatl, "celui qui habite dans la broiullard" en mars 2011 - photo René Goad / Volcanoplanet.

 

Le Pico de Orizaba, le plus haut pic du Mexique et le volcan nord-américain le plus élevé, avec 5.675 mètres, est connu sous plusieurs noms.

Connu en Nahuatl comme le Citlaltepetl, "le mont de l’étoile", en référence à la planète Vénus et Quetzalcoatl, il porte en Sahagun, le nom de Poyauhtecatl, "celui qui habite dans le brouillard".

Il tire son nom actuel de la ville d’Orizaba, mot d’origine Nahuatl : Ahuilizapan, déformé en espagnol en Aulizaba, puis Orizaba.

 

Pico_Orizaba---ph.-M.Kluber.jpg                                             Le Pico de Orizaba - photo M.Klüber.

 

L’Orizaba se dresse sur un socle volcanique ancien de 1,5 millions d’années, aux énormes proportions ; il s’est formé, selon Carrasco-Núñez, en trois grandes étapes, au milieu du Pléistocène.

- La première étape, datée de 650.000 ans, est marquée par l’effondrement d’un grand stratovolcan, dont il reste le massif de Torrecillas et une avalanche de débris sur le flanc nord.

- La seconde étape est la construction de la crête de l’Espelon de Oro (l’éperon d’or), liée à un volcanisme plus explosif. Cette période s’est terminée par l’effondrement de la structure il y a 20.000 ans, et la formation d’une caldeira ; celle-ci et l’avalanche de débris sont orientées vers l’est.

- La troisième étape a modelé le cône actuel, avec l’émission entre la fin du Pléistocène et l’holocène, de laves visqueuses andésitiques à dacitiques.

Plus récemment, sept phases explosives, accompagnées de croissance de dômes et de coulées pyroclastiques sont datées d’avant notre ère.

Notre ère a été marquée par quelques 15 éruptions de VEI souvent comprise entre 2 et 3 et l’émission de dacite; la dernière éruption a eu lieu en 1.846. (GVP).

 

montaOrizaba - montero.orgLe Pico de Orizaba et le Sierra Negra - les points rouges indiquent la position de quelques sites archéologiques - photo Montero.org

 

Pico-Orizaba--cratere---G.Carrasco-Nunez.jpg           Pico de Orizaba, cratère sommital - photo Gerardo Carrasco-Núñez / UNAM.

 

Le sommet actuel est tronqué par un cratère ovale de 400 à 500 m. de large et profond de 300 mètres.

Une coulée impressionnante de lave en blocs, de nature dacitique, émise au cours des temps historiques couvre une partie du flanc sud-ouest du volcan : épaisse de 110 mètres, elle s'étale en fin de parcours, à 5.500 m. du cratère, en un front large de 1..300 m.


 

Orizaba-coulee-dacitiqueSO.---G.Carraso-Nunez.jpg

 Pico de Orizaba, coulée dacitique du flanc SO. - à gauche de la coulée, le dôme de dacite Cerro Colorado, daté de moins de 90.000 ans -  Photo Gerardo Carrasco-Núñez, 2002 (Universidad Nacional Autónoma de México).

 

Une vallée au NE de l’Orizaba abrite une coulée de lave présentant des orgues volcaniques, appelée coulée Calcahualco : elle est datée de 530.000 ans, durant la première période de formation Torecillas, et originaire vraisemblablement d’un évent situé sur le flanc de ce premier édifice.

 

Pico-Orizaba---orgues---Lee-Siebert.jpg            Les orgues de la coulée Calcahualco - photo Lee Siebert / Smithsonian Institute.


Neuf glaciers différents le chapeautent, descendant sur tous ses flancs .

 

Il est fait mention de ce volcan dans les écrits anciens : le codex Vindononensis, les cartes Cuauhtinchan 1 et 2, et l’histoire Toltèque - Chichimèque.

On retrouve des traces archéologiques réparties en divers sites, quinze sont répertoriés pour l’instant : le flanc nord présente une abondance d’éclats d’obsidienne exploitée ici à la période pré-hispanique. La disposition des sites permet de retrouver les itinéraires suivis par le mineurs d’obsidienne.

Au sud, la présence de poteries marque un chemin processionnel vers les hauteurs jusqu’à plus de 4.500 m., et confirme l’ascension du volcan dès l’antiquité.

 

Le Sierra Negra, ou Cerro La Negra, est un voisin de l'Orizaba. Il culmine à 4.640 mètres.

Son nom prête à confusion ... le terme "sierra" est d'une part attribué en principe à une chaîne de montagne et non à un pic; ensuite, il existe une sierra Negra au sud de cette situation. Les noms Nahuatl conviendraient mieux : Tliltepetl ou Atlitzin.

Le sommet du Sierra Negra est le premier site au monde où fut installé le grand "Millimeter Télescope", construit pour l'observation par ondes radio de longueur d'one comprise entre 0,85 et 4 mm. Le LMT - large millimeter telescope - permet de voir des régions obscurcies par le brouillard interstellaire et de mieux comprendre la formation des étoiles.

Sa route d'accès, bien visible sut la troisième photo, est la plus haute d'amérique du nord.

 

CerroLaNegra-et-Pico-rizana---david-Tuggy.jpgLe Sierra Negra, coiffé du LMT, à gauche - Le Pico de Orizaba à droite - photo David Tuggy


Sources :

- Global Volcanism Program - Pico de Orizaba

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog