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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Iztaccihuatl---jakub-Hejtmanek.jpg

    Les pentes supérieures de l'Iztaccihuatl, "la femme blanche" - photo Jakub Hejtmanek.

 

L’Iztaccihuatl, ou Ixtaccihuatl, en nahuatl « la femme blanche », voisine le Popocatépetl dont il est séparé par le « passage de Cortès » ; le conquistador espagnol et ses troupes empruntèrent ce col, en route pour la capitale Aztèque, Tenochtitlan.   

Ce massif, la troisième plus haute montagne du Mexique, présente le profil d’une femme endormie, vu de Mexico City.

 

Izta-legende---jesus-Helguera.jpg

Les courbes du volcan suivent celles de "la femme blanche" allongée - dessin Jesus Helguera.


iztaccihuatl-partes

           Les différents pics de l'Iztaccihuatl - à 180° par rapport au dessin ci-dessus !

 

Une série de cônes qui se recouvrent le long d’un axe NNO-SSE forme l’épine dorsale de se massif de 450 km³., et ses pics représentent, selon la légende la tête (la cabeza), la poitrine (el pecho), les genoux (las rodillas) et les pieds (los pies) de la princesse Aztèque endormie là pour toujours. (voir la légende sur la page du Popocatépetl).

Les émissions andésitiques et dacitiques du Pléistocène, de même que le volcanisme récent, ont pour origine des évents proches du sommet. Les parois de la vallée à proximité de l’évent sommital El Pecho sont tapissées de coulées et nappes de tuff datés de 11.000 ans avant la dernière glaciation.

 

Izta---the-belly---summitpost.jpgIztaccihuatl - El Pecho et sa couverture blanche ; en arrière-plan, le Popocatépetl fumant - photo summitpost.

 

Iztaccihuatl---Cenapred---Alejandro-Boneta.jpg                                   L'Iztaccihuatl - photo Alejandro Boneta / CENAPRED.


Les évents plus jeunes sont localisés au sommet et dans une dépression entre El Pecho et Los Pies.

Un cône dacitique d’âge postglaciaire est situé sur le flanc sud de l’Iztaccihuatl, au nord de l’ensellement entre ce volcan et le Popo.

L’ensemble est marqué par une forte érosion glaciaire.

La première ascension répertoriée date de 1889, mais les toltèques doivent l’avoir escaladé beaucoup plus tôt, comme en témoignent des restes archéologiques trouvés juste sous le sommet : pierres gravées, poteries, jade et artefacts d’obsidienne.

Ces sommets sont devenus un point d’observation privilégié pour les volcanophiles, depuis l’interdiction qui frappe le Popocatepetl.

 

lamalinche-pastizales.jpg                           Le Matlalcueyetl - La Malinche - vu de Pastizales

 

Le stratovolcan Matlalcuéyetl, Matlalcueitl ou Malintzin, haut de 4.503 m, est situé au nord du groupe Iztaccihuatl-Popocatépetl , et au nord-est de la ville de Puebla; son nom, en langage Tlaxcaltèque, signifie « la dame à la jupe verte », une déesse de la pluie et des chants.


La-Malinche-et-Cortes.jpg                La Malinche, servant d'interprète à Cortès - d'après un ancien codex.


Son nom fut changé par les Espagnols en « Malintzin » , ou Malinche, nom d’une indienne, probablement de l’ethnie Nahua, qui les a aidé en tant que traductrice, conseillère et même maîtresse de Cortès, dont elle eut un fils. De nos jours, La Malinche est une figure populaire au Mexique, bien que présentant des aspects contradictoires : symbole à la fois de victime consentante, de trahison, on la considère aussi comme la mère symbolique du peuple mexicain. Dans les chroniques de Diaz del Castillo, on affirme qu’elle est la fille aînée du seigneur de Paynala, à la frontière entre l’empire Aztèque et celui des Mayas du Yucatan. A la mort de son père, elle est vendue à des marchands d’esclaves, puis aux espagnols.

 

malinche-sommet---Renato-Castro.jpg    Le sommet érodé de La Malinche (le personnage donne l'échelle ) - Photo Renato Castro

 

Ce volcan andésito-dacitique a commence à s’établir il y a 30 à 35 millions d’années ; il est fortement érodé par les glaciers et se pentes sont coupées de canyons profonds. Les flancs sont ponctués de cônes de tuff , dont le proéminent Xalapaxco, et de cratères d’explosion.

Le Xalapaxco tuff cone complex a été formé de 10 cratères se recouvrant, formés par des changements dans les apports aquatique et magmatique durant le déroulement de l’éruption, qui s’est produite dans des dépôts alluvionnaires sur les flancs bas de La Malinche.

Sa dernière éruption du volcan date de 1.170 avant JC, et a affecté par ses lahars le bassin de Puebla et les établissements précolombiens.

Bien que d’aspect tranquille, on rapporte d’étranges bruits en provenance du volcan.

Ses pentes basses sont couverts de terres agricoles qui cèdent le pas, avec l'altitude, aux chênes et aux oyamels (*), les sapins sacrés du Mexique (Abies religiosa). Les pentes supérieures sont constituées de prairies, ; le sommet est couvert de neiges durant une partie de l’année. De la base du massif, sourdent des sources d’eau potable et d’autres d’eau thermale, chauffée par le volcan.

 

(*) Anecdote concernant les oyamels : ils sont Monarques---ushuiaa-tv.jpgparticulièrement apprécié des papillons monarques - Danaus plexippus. Ces grands papillons migrateurs passent l'hiver (de mi-novembre à mars) à plus de 3.000 mètres dans les forêts de l'est-Michoacan, à 200 km. de Mexico. - vol nuptial des monarques / Ushuaia tv

 


 

Sources :

- Global Volcanism Program - Iztaccihuatl

- Global volcanism Program - La Malinche

- Les papillons monarques - Mexique-voyage.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Mexico_Popocatepetl---ph.-Peko.jpg                                    Le majestueux Popocatépetl - photo Peko.

 

Le volcan Popocatépetl est situé à environ 70 km. au sud-est de Mexico city et à 45 km. à l’ouest de Puebla ; son nom en natuatl signifie « la montagne qui fume »… mais il est couramment et familièrement surnommé « Popo ».

Ce stratovolcan andésito-dacitique couvre 500 km²  et est couronné par un cratère sommital ovale de 400 m. sur 900 m., profond de 150 mètres. Le rebord occidental du cratère, le pico Anahuac, constitue le deuxième plus haut point du Mexique avec 5.465 mètres. Ses pentes régulières en forme conique ne sont interrompue du côté nord-ouest que par les restes d’un ancien volcan, le Ventorillo. Il est relié au nord, par un col situé à 2.380 m. , au volcan voisin Iztaccihuatl.

 

Popocatepetl_desde_Atlautla---ph.Ajdgeniz.JPG                     Le "Popo" en habits hivernaux , vu d'Atlauta - photo Ajdgeniz.

 

Popo cratère 2004 2

 Popocatépetl - mensurations du cratère et du cône pyroclastique interne - doc. GVP / 14.01.2005


Au moins trois cônes majeurs ont été jadis détruits par effondrement gravitationnel, au cours du Pléistocène, et qui ont produit des dépôts massifs d’avalanches de débris couvrant de grandes zones au sud du volcan. L’activité du Popocatepetl récent a été marquée par trois éruptions pliniennes majeures depuis le milieu de l’holocène, la plus récente ayant eu lieu en l’an 800. Ces éruptions ont été accompagnées de coulées pyroclastiques et de lahars volumineux.

Les codex Aztèques mentionnent des éruptions en 1347 et 1354 ; puis ce sont les écrits des espagnols qui prennent le relais des observations, en 1519. C’est ainsi, que depuis 1345 à la dernière éruption, toujours en cours, on dénombre 37 éruptions de ce volcan. La plupart des manifestations se traduisent par des explosions peu violentes (VEI 1 à 2) et l’émission de panaches de gaz et cendres de quelques kilomètres de hauteur. Des dômes de lave peuvent se mettre en place comme lors de l’éruption de 1919-1922. Entre les éruptions, l’activité fumerollienne témoigne de l’activité du volcan.

 

Popo-12.1994---Cenapred.jpg                  Eruption du Popocatépetl en décembre 1994 - photo CENAPRED


L’éruption la plus puissante des temps historiques a eu lieu entre le 5 mars 1996 et le 22 novembre 2003. Une explosion sommitale tua cinq alpinistes le 30 avril 1996 ; la croissance d’un dôme de lave, suivie d’explosions a produit des panaches et des nuées ardentes. Lahars et coulées de lave se sont succédés causant l’évacuation de quelques 75.000 personnes. Elle fut qualifiée de VEI 3 par le GVP, qui totalisa plus de 28 millions de m³ de laves émises.


La dernière éruption date du 9 janvier 2005 et est toujours en cours en 2011.


Popo---AlexBoneta---18.12.2000.jpgPopocatépetl - panache vespéral, le 18.12.2000 - photo Alejandro Boneta / CENAPRED

 

Popo 23.12.2000 -Cenapred    Un dôme fumant occupe le fond du cratère du Popo, le 23.12.2000 - photo CENAPRED


Popo-29.01.20001-Cenapred.jpg

 

Le volcan constitue un risque pour les grandes villes proches que sont Puebla et Mexico city ... les explications en vidéo - Nat.Géo.

 

mapaPeligros2.gifpopocatepetl.basemap.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, zone de risques de retombées de cendres, menaçant de mars à septembre, Mexico  -  à droite, situation du Popocatépetl entre les deux grandes villes.

 

 

 

 

L’ascension du « Popo » n’est d’ailleurs plus possible depuis 15 ans, le Cenapred ayant fixée une zone de sécurité, qui est actuellement  de 12 kilomètres. Le volcan fut escaladé pour la première fois en 1289, par Tecuanipas. Les premiers européens à le faire sont les membres d’une expédition mandatée par Cortès, en octobre 1519, pour aller chercher le soufre nécessaire à la fabrication de la poudre à canon.

 

Popo-avant-1994---H.Delgado-Granados.jpg                Dépôts soufrés et lac de cratère - avant 1994 - photo H.Delgado / UNAM


Le Popocatepetl et son voisin l’Iztaccihuatl sont liés par le légende :

Les deux volcans, le Popocatépetl et l'Iztaccíhualtl, représentent une relation amoureuse entre une princesse et un guerrier Aztèque.

 

 

Le courageux guerrier, voulant se marier avec cette jeune fille, demanda sa main à son père. Ce dernier mis une condition au jeune homme: il devait vaincre un des ennemis les plus puissants d'une autre tribu et rapporter en guise de conquête, la tête du vaincu. Le guerrier rempli sa mission et revint chez lui, où la tribu l'attendait pour fêter cet heureux évènement. Mais la princesse gisait morte,  à cause d'une grande tristesse : on lui avait dit que son prétendant avait été tué. Le guerrier pris le corps, et le mis sur un monticule, alluma une torche et il resta pour toujours, agenouillé, veillant le sommeil éternel de son amour. Ayant pitié de leur sort, les dieux recouvrent leur corps de neige et les changent en montagne.

De cette histoire découle la signification de l'Iztaccíhualtl Mujer Dormida ( Iztaccíhualtl, la femme endormie) dont la silhouette ressemble à un femme allongée, et le Popocatépetl Señor de la Tea Encendida (Popocatépetl, Seigneur de la torche allumée), qui évoque grâce à sa silhouette un homme agenouillé.


legende-el-popo.gifOn retrouve les formes des personnages de légende dans celle des volcans voisins, l'Iztaccihuatl et le Popocatépetl. - photo La légende des volcans.

 

Le Popocatépetl a été visité et peint par le Dr. Atl.

Il publie, après avoir passé de longues périodes entre 1926 et 1928 dans les régions du Popocatepetl et de l’Iztaccihuatl, sujets de plusieurs toiles, « les symphonies du Popocatepetl » ; il en fait à plusieurs reprises l’ascension, à la recherche de nouveaux horizons et d’espace

 

POpo---Dr-Atl.jpg

                                                     Le Dr. Atl devant son modèle

 

Popocatepetl-desde-Tlamacas---Dr-Atl-1942.jpg  " Popocatépetl desde Tlamacas " - une des nombreuses peintures du volcan - Dr. Atl 1942.

 

 

Popo-03.2011---Rene--goad.jpg

Survol du Popocatépetl et ed son cratère fumant légèrement en mars 2011 - merci à René Goad pour son partage de photo - d'autres photos sur son site : http://www.volcanoplanet.co.uk/

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Popocatepetl

- CENAPRED - El volcan Popocatepetl

- Dr. Atl, peintre du Paricutin - sur ce blog - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le grand champ volcanique Chichinautzin s’étend sur une longueur de 90 km., axée est-ouest, immédiatement au sud de Mexico City. La sierra Chichinautzin s’est formée par recouvrement de petit cônes de cendres, de volcans-boucliers, de structures hydromagmatiques, pour un volume total de 470 km³ ; elle constitue une barrière topographique qui s’étend du flanc est du Nevado de Toluca jusqu’aux flancs ouest du volcan Iztaccihuatl, fermant le sud du bassin de Mexico.


Le champ volcanique est composé de plus de 220 évents monogéniques datés du Pléistocène à l’Holocène. Le volcanisme y est similaire à celui de la zone du Paricutin.

La surface totale couverte par chacune des éruptions monogéniques oscille entre 30 et 80 km², pour un volume individuel entre 0,5 et 2 km³ par cône. Le ratio moyen pour le champ volcanique Chichinautzin entier est estimé à 0,5 km³/1.000 ans. Ces chiffres sont utiles pour l’estimation des risques de cette région fortement peuplée.


Chichinautzin-field---cerro-Chinconquiat--Tapeixte--La-Joya.jpg

Une petite partie est du champ volcanique Chichinautzin à proximité d'Amecameca : cinq cinder cones, le plus grand, en bas à gauche, est le Cerro Chinconquiat, le plus grand des deux centraux, le Cerro Tapeixte, et le petit à droite, le Cerro La Joya . Séparé, le Cerro Tenayo - photo José Macias UNAM.

 

Diverses périodes d’activité ont été relevées en  400 AD ± 100 yr, 200 AD ± 100, 2240 BC ± 1000, 4250 BC ± 75 , 5840 BC ± 500, 7290 BC ± 1000, 7370 BC ± 300, 7930 BC ± 500.

 

Situation-antique-de-Mexico-City---Cuicuilo.jpg 

Environnement géomorphologique du bassin de Cuicuilco à l'époque préhispanique - doc José Lugo Hubp & al.

 

Cuicuilco, la "Pompéï méso-américaine" :

L’éruption la mieux connue est celle du cône de scories Xitle, en 400 après JC.Il est situé au nord-est de complexe de dôme de lave Ajusco, qui forme, avec ses 3.930 m., le plus haut pic de le sierra Chichinautzin. L’éruption du Xitle a produit des coulées de laves Xitle-cinder-cone---Ajusco-volcano---ph.-H.Delgado-UNAM.jpgbasaltiques massives, nourries par des tunnels de lave, qui ont recouvertes aussi bien les terres agricoles que les pyramides et autres structures de Cuicuilco et d’autres centres urbains préhispaniques.

Le cinder cone Xitle et en point de mire le volcan Ajusco - photo H.Delgado / UNAM.


La lave et les cendres qui recouvraient les ruines ont gêné les fouilles archéologiques et seule la grande pyramide a été bien documentée.

Des vestiges de plusieurs villages font penser qu'une première communauté pratiquant l'agriculture s'installa dans la région aux environs de 1200 avant JC.. Cuicuilco se développe peu à peu, notamment sous l'influence des Olmèques, et les premières plates-formes circulaires apparaissent entre les 9° et 10° siècles avant JC. Entre 800 et 600 av. J.-C., la cité devient le point de rencontre de la vallée et un important centre religieux si l'on en juge la taille des monuments. C’est pendant cette époque qu'est construite une grande pyramide de base circulaire de 118 m de diamètre et de 23 m de haut, la seule pyramide circulaire à gradins. Entre le 6° et le 3° siècle avant JC, elle forme une importante société d'environ 20.000 habitants, très avancée et hiérarchisée, et développe une céramique particulière et différente des autres cultures mésoamérindiennes.

Figurines et stèles trouvées ici démontrent que les habitants adoraient le dieu du feu (à cette époque, le Xitle était en activité). C'est l'apogée de cette culture, car à partir des années moins 100 commence une forte activité du volcan Xitle situé à proximité. De plus, la cité de Teotihuacan est en plein essor et commence à devenir un important centre religieux de remplacement.

L’UNAM – Université Nationale de Mexico – et une partie sud de Mexico City reposent à la pointe d’une coulée de lave longue de 13 km. Le campus de l’université abrite un parc où est exposé cette coulée pahoehoe.

 

Cuatzontle-volcanic-vent--2---Delanghe.jpgLe jardin de l'université et le Cuatzoutle volcanic vent, mis en valeur par une paroi symbolique - photo Audrey De Lange.

 

Des volcans dans la ville et tout autour:

 

La vallée occupée en grande partie par la cité tentaculaire de Mexico city contient de nombreux cônes monogéniques éteints (carte ci-dessous); de plus des stratovolcans actifs - Popcatepetl, Iztaccihautl, La Malinche - sont voisins de la cité, qui vit donc en permanence sous leur menace directe.


Mexico environs-copie-1

Carte topographique de Mexio City, avec le Cerro de la Cruces, l'Ajusco, le Cerro Pelado, le Cerro Chichinautzin, le Xitle, le Cuautzin, le Tlaloc, l'Ayaquemeti, le Teuhtli, le Guadalupe, le Cerro de la Estrella et le Cerro Guerrero. - Mapa del relieve del Distrito Federal de México / Yavidaxiu

 

Xico-tuff-ring---Hugo-delgado.jpg          Le tuff ring Xico entouré par les vestiges du lac Chalco - photo H.Delgado / UNAM

 

Le Xico (non repris sur la carte) est un anneau de tuff bas  situé au sein de Mexico City ; il s’est formé au cours d’une éruption phréatomagmatique survenue dans le lac Chalco, dont les restes sont visibles autour du tuff ring. Ce lac, comme les lacs Texcoco et Xochimilco furent d’ailleurs formés lorsque les laves produites par le champ volcanique Chichinautzin bloquèrent les drainages au sud (voir carte de l'époque). Ils furent ensuite massivement drainés au cours des 16° et 17° siècles.

 

Xitle-pillow-lavas---Cuicuilco-cermon.-center---H.Delgado.jpg Pillow lavas émises par le volcan Xitle et retrouvées au pied du Cuicuilco Ceremonial center - photo H.Delgado / UNAM

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Chichinautzin

- Tectonics and volcanism of Sierra chichinautzin : extension at the front of the central Trans Mexican volcanic belt - by A.Marquez.

- Interpretation of the geomorphic setting of the Cuicuilco basin, Mexico City, affected by the pre-hispanic eruption of the Xitle volcano - by José Lugo Hubp, Moshe Inbar, A.Pastrana, A.Flores, J.Zamorano.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Nevado_de_toluca---Maino.JPG                                                Le Nevado de Toluca - photo Maino.


Le Nevado de Toluca est un imposant stratovolcan andésito-dacitique, vieux de plusieurs millions d’années. Quatrième sommet du Mexique, il est situé à 80 km à l’ouest de Mexico, au milieu de la chaîne volcanique trans-mexicaine.  Appelé Xinantécatl en langue Nahuatl, il possède un large cratère sommital de 1,5 km de diamètre ouvert vers l’est. Un dôme dacitique central , El Ombligo, sépare le plancher du cratère en deux lacs, le plus grand appelé lac du Soleil, côté sud-ouest , l’autre appelé lac de la Lune.


Nevado_de_Toluca_Crater_June_2006-red---christopher-kessler.jpg

Nevado de Toluca , cratère sommital avec ses deux lacs et le dôme El Ombligo - photo Christopher Kessler.

 

Nevado-de-toluca---le-sommet-----Jan-2006-summitpost.jpg          Nevado de Toluca - point culminant : Pic del Fraile - photo Summitpost /Jan 2006


Découpé en dents-de-scie, le cratère culmine au Pic del Fraile. Mais il y a aussi le Pic de l’Aigle, le Bras (El brazo), l’Aigle (El Aguila) et le Scorpion (El Scorpion). Vous y apercevrez aussi une croix érigée par les Espagnols à l’endroit où selon la légende les Matlatzincas réalisaient des sacrifices, sempiternelle occupation des sites païens par les conquistadores.

Trois failles actives contrôlent l’histoire géologique du volcan, mais une en particulier, la faille Tenango (est-ouest) semble avoir joué un rôle primordial lors des 50.000 dernières années. Elle serait en grande partie à l’origine des nombreux et importants effondrements de flanc du volcan (de 0,1 à 3 km³ et jusqu’à 75 km d’extension) durant le Pléistocène. La structure et la stabilité de l’édifice sont donc en grande partie liées à cette faille.

 

On a également enregistré 4 grands épisodes explosifs pendant le Pléistocène , il y a environ 36.000, 21.700, 12.100, et 10.500 ans,  , ainsi que trois effondrements majeurs. Les épisodes explosifs ont produit de très importantes chutes de téphras, des écoulements pyroclastiques violents le tout associés à de volumineux dépôts de ponces , les "Ochre, Lower, middle et upper Toluca pumice deposits ", que l’on repère aisèment autour de l’édifice. La dernière éruption se serait produite il y a environ 3.300 ans. Principalement explosive, on a retrouvé des dépôts de coulées pyroclastiques et de déferlantes associés à cet événement.

 

Toluca----upper-toluca-pumice---Jose-Macias.jpg                  Nevado de Toluca -  Upper Toluca pumice - photo José Macias.


L’éruption paroxysmale qui est à l'origine des dépôts pyroclastiques connus sous le nom de "Ponces Supérieures du Toluca" - "Upper Toluca pumice",  il y a 10.500 ans, débuta par une phase phréatomagmatique accompagnée d'un écoulement pyroclastique important sur les flancs est et nord du volcan. Cette activité eut pour résutat de décomprimer le réservoir magmatique, déclenchant alors de très violentes phases explosives. Une colonne plinienne de 25 km de hauteur se mit en place suivie de trois autres panaches du même type atteignant respectivement 39, 42 et 28 km de hauteur. Les téphras furent dispersés vers le nord et le nord-est et leurs dépôts sont aujourd'hui clairement identifiables. Ces phases pliniennes furent plusieurs fois interrompues par des événements phréatomagmatiques et des effondrements accompagnés de coulées et déferlantes pyroclastiques, principalement sur les flancs est et nord. La phase terminale de l'éruption fut la mise en place d'un dôme de lave dacitique.

 

Nev-Toluca---ShoreMoonLake--Jflo23.JPG                      Nevado de Toluca - Moon lake / laguna de la Luna - photo Jflo23

 

-Toluca-laguna-del-sol---Jomillsjo.jpg                     Nevado de Toluca - Sun lake / laguna del Sol - photo Jomillsjo.

Les moins courageux viendront avec leur voiture jusqu'à l'abri ... ceux que les sommets des autres volcans intéressent, s'arrêterons bien avant pour faire une marche d'adaptation à l'altitude.

 

On a retrouvé des offrandes d’encens, des statues du dieu de la 5.jpgpluie, des sceptres de Tlaloc et du jade dans ces lacs, signes que ce volcan était sacré . Le matériel découvert est daté de la fin de la période classique (650 – 900) et du début du Postclassique ( 900 – 1200) et représente les plus anciens objets de rituels découverts jusqu’à présent dans l’espace cérémoniel de haute montagne. - Doc. archéologie INAH

Les dernières découvertes permettent d’établir que des groupes, autres que Mexicas, ont utilisé le site comme espace cérémoniel.

Ainsi des fragments de céramiques d'origine Otomi et Matlazinca ont été trouvés. Pour des raisons de conservation, ces objets ont été laissés dans leur milieu.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Nevado de Toluca

- Nevado de Toluca - Rituels au cratère du volcan - 12.2010 - link

- Nevado de Toluca - Summitpost


 
  

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Paricutin---ph.-Sparksmex.jpg

Vue partielle du champ volcanique Michoacán-Guanajuato et de ses nombreux cinder cones, dont le Paricutin à gauche  - photo Sparksmex.

Le champ volcanique Michoacan-Guanajuato, connu aussi sous le nom de Malpais, couvre une surface étendue de 200 km. sur 250, sur la Meseta Tarasca, et abrite 1.400 évents, dont les cinder cones actifs au cours des temps historiques, le Jorullo et le Paricutin.

Les cônes de cendres forment la forme volcanique prédominante, mais le volcanisme a formé ici des petits volcans-boucliers, pour la plupart datés du Pléistocène, des dômes de lave, des maars et des anneaux de tuff (dans la vallée de Santiago).

Le cône du Jorullo s’est formé au cours du 18°siècle et le Paricutin entre 1943 et 1952.

 

El Jorullo est né le 29 septembre 1759; après une série de séismes, le cône s'est développé jusqu'à atteindre 250 mètres au cours des six premières semaines d'activité principalement phréatique à phréatomagmatique au début, qui a couvert la région de coulées de boue, inondations et retombées de cendres. La suite de l'éruption fut magmatique. Elle se poursuivit durant 15 ans, ce qui est un record pour ce type de cône.

Le GVP l'a classée de VEI 4 - vol. de laves émis : 500 Mm³ - vol. tephra émis : 1.300 Mm³.

 

Jorullo-et-coulee-1759-74---Jim-Luhr-Smithso-jpgLe cône du Jorullo, à droite - à l'avant-plan, des coulées de lave émises entre 1759 et 1774 - photo Jim Luhr / Smithsonian Institute.

 

L’éruption du Paricutin a marqué les annales de la volcanologie, comme la première à être observée durant son cycle complet par les scientifiques. Outre les notes et peintures du Dr. Atl, la description la plus récente de cette éruption désormais classique figure dans le livre de Jim Luhr et Tom simkin (Smithsonian institution) « Paricutin, the volcano born in a Mexican cornfield » . Ce cône de scories figure parmi les volcans les plus récents de la planète, avec le Surtsey (né en 1963) et l’Ardoukoba (né en 1978).

 

Paricutin-1946---Dr-Atl-Modern-art-museum-INBA.jpg

Dr. Atl , Gerardo Murillo - Paricutín, 1946 (Atlcolor over masonite) - Collection of the Modern Art Museum , INBA


Trois semaines avant l’éruption, la population locale a été marquée par des grondements ressemblant au tonnerre, alors que le ciel était clair … bruits associés au séismes en profondeur sous le futur Paricutin.

Dionisio_pulido.jpgLe 20 février 1943, Dionisio Pulido et sa femme Paula, des fermiers, sont occupés à brûler des branches d’arbustes sur leurs champs, lorsqu’ils aperçoivent une fissure profonde de 50 cm, large de 5 cm. sur plus de cinquante mètres de longueur.

Il le raconte ainsi : " vers 16 heures,je suis occupé à mettre le feu aux branchages, lorsque je ressens un coup de tonnerre, les arbres tremblent et je me retourne pour parler à ma femme ; c’est alors que je vois, dans le trou, la terre se bomber et être projetée à une hauteur de 2 à 2,5 mètres, et une sorte de fumée ou de poussière grise, comme de la cendre, sortir d’une partie de la crevasse que je n’avais pas aperçu jusque là…. De suite plus de fumée commence à sortir, accompagnée d’un sifflement, bruant et continu, et d’une odeur de soufre ".

Après un premier instant de panique, comme il le dit : " je ne vois plus ma femme, ni mon fils, ni mes animaux … je regarde dans la fissure d’où sort la fumée et ma peur disparaît pour la première fois. Je cours pour essayer de sauver ma famille, mes compagnons et mes bœufs, mais je ne vois personne et je pense qu’ils doivent avoir amené les bêtes à la source. Mais je ne vois plus d’eau dans celle-ci … et je pense que l’eau doit être partie à cause de la fissure. Je suis vraiment effrayé, et j’enfourche mon cheval pour galoper  vers Paricutin, où je retrouve ma femme, mon fils et mes amis qui m’attendent. Ils ont craint ma mort et pensé qu’il ne me verrait plus jamais ".

 

Paricutin-01.08.1943---Carl-Fries-USGS.jpg

               Paricutin - activité strombolienne du 01.08.1943 - photo Carl Fries / USGS.


L’activité strombolienne produit en 24 heures un cône de scories haut de 50 mètres ; en une semaine, il a atteint 100 mètres sous l’accumulation de bombes et lapilli, et de fines poussières retombent sur le village de Paricutin. En mars, l’éruption gagne en puissance, générant un panache de plusieurs kilomètres de hauteur. Occasionnellement, l’activité devient vulcanienne, avec des explosions en « coup de canon » séparées par de courtes périodes de silence. Le 12 juin, une langue de lave s’avance en direction du village de Paricutin et la population évacue le jour suivant. Le village de San Juan Parangaricutiro est évacué quelques mois plus tard.

 

Paricutin-1943--2----archives-NOAA.jpg                          Paricutin - activité vulcanienne en 1943 - photo archives NOAA.

 

 

Paricutin 1943 - US Nat. archives Arno Brehme

Des indiens Tarascan observent l'éruption en mars 1944 depuis le Cerro de Equijuata - on peut voir le cône parasite Sapichu à la base du Paricutin (sur la gauche) et la coulée de lave de juin 1943 (au centre) - photo Arno Brehme / U.S.National Archives.

 

Paricutin---Taqui-lava-flow-44-45---Ken-Segerstrom-USGS.jpg                Paricutin - la coulée Taqui (1944-45) - photo Ken Segerstrom / USGS.


La coulée de lave Taqui commence le 8 janvier 1944, à la base sud-ouest du volcan, au niveau de la bouche latérale Nueva Juatita.. En avril, des langues de lave menacent San juan et l’envahissent le 17 juin … en juillet, l’église est entourée par la lave. En début août 1944, lorsque cesse la coulée, elle a atteint une longueur de 10 km. et seules les tours de l’église de San Juan dépasse d’une mer de lave « aa ».

 

ParangaricutiroParicutin.jpgparicutin-church.jpg

 

 

 

 

 

 

 

L'église de San Juan Parangaricutiro avant et après son ensevelissement - doc. archives

 

san-juan-parangaricutrio.5989.large_slideshow.jpg              San Juan Parangaricutiro dans son cocon de lave  - photo James A. Garner


A la fin de cette première phase qui a duré environ un an, le volcan a atteint la hauteur de 336 mètres. L’éruption du Paricutin a été particulièrement longue pour une éruption strombolienne monogénique, avec plusieurs phases éruptives couvrant au total une période de neuf années. La phase pyroclastique a duré deux ans, avant de passer à une phase plus effusive caractérisée par la sortie de la lave à la base du cône.

L’activité volcanique décline doucement,  jusque dans les derniers six mois, marqués par des explosions violentes. Elle cesse en 1952, après avoir couvert de lave 25 km². Le cône culmine maintenant à 424 mètres au dessus des champs de céréales.

 

Progression-du-Paricutin---Luhr-et-Simkin.jpg

Profil séquentiel montrant la croissance progressive du Paricutin - en rouge, les profils de la première année d'activité - les pointillés montre le profil avant l'effondrement du 09.06.1943- Notez la position du cône parasite Sapichu sur la gauche - doc. Luhr et Simkin 1993.

 

Paricu22-2--11.jpgSituation des évents du Paricutin, des villages recouverts et des coulées de lave avec dates - d'après doc. Pedro Corona Chavez

 

Paricutin---Jim-Luhr-1997-Smithso-jpg

Le cône du Paricutin et à l'avant-plan, le cône parasite Nuevo Juatita dont le sommet est blanchi par les sublimés fumerolliens ; le Nuevo Juatita est la principale source des coulées de lave entre 1944 et 1952.

 

La lave émise par le Paricutín est typique du volcanisme calco-alcalin d'un arc volcanique continental avec contamination crustale granitique donnant des laves basaltiques à andésitiques.

L’éruption du Paricutin est classifiée de VEI 4 par le GVP, qui mentionne un volume de laves émises de 700 Mm³ et de tephra de 1300 Mm³.

 

Paricu22-2--22-copie.jpg                      Schéma de la "plomberie" du  Paricutin - doc. Pedro Corona Chavez

 

 

 Sources :

- Global Volcanism Program - Michoacán-Guanajuato

- Liste des structures volcaniques du champ volcanique Michoacan-Guanajuato - link 

- El Paricutin - Una de las Doce Maravillas Naturales del Mundo by Pedro Corona Chávez , Universidad michoacana de San Nicolás de Hidalgo Instituto de Investigaciones Metalúrgicas, Departamento de Geología.

 

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L'autre grande région volcanique est le TMVB : le Trans Mexican Volcanic Belt.

Nous allons le parcourir d'ouest en est, en débutant par le complexe du Colima.

 

 

Trans-Mexican-volcanic-belt---Tephrabase.gif                        Carte de situation des volcans du TMVB - Doc. tephrabase.


Le complexe volcanique du Colima se compose de deux stratovolcans : le Nevado de Colima et le Fuego de Colima , et d’un groupe de cônes de cendres situés sur le plancher du graben de Colima, orienté nord-sud qui rejoint à son extrémité nord le rift de Tepic-Zacoalco orienté est-ouest.

 

Colima_volcano-G---Nevado-de-Colima-D---James-Allan-Smithso.jpgA gauche, le Fuego de Colima et à droite, le Nevado de Colima - photo James Allan / Smithsonian Institution.

 

Colima-et-nevado----La-Platanera-canyon--Lee-Siebert-Smiths.jpgUne instabilité de pente chronique affecte les deux cônes volcaniques produisant de nombreuses avalanches de débris dont les dépôts marquent 3 côtés du complexe. Au SE. du Colima, le canyon expose à La Platanera les dépôts d'au moins 7 avalanches de débris importantes - Photo Lee Siebert / Smithsonian institution.

 

Trois caldeiras sont datées d'environ 500.000 ans; la plus jeune, d'un diamètre de 5 km., abrite les deux cônes (post-caldeira) qui se recouvrent en partie.

 

 

Le Nevado de Colima est la plus haute structure , avec 4.320 m., et la plus ancienne ; situé au nord du complexe, le volcan est considéré comme « éteint ». Le volcan a été érodé de façon extensive par les glaciers.

 

Nevado-del-Colima---2---Lee-Siebert.jpg      Le sommet pointu du Nevado de Colima - photo Lee Siebert / Smithsonian Institution.

 

Le volcan de Colima, aussi appelé Fuego de Colima, ou volcan de  Tzapoltlan, est actif et haut de 3.850 m. Ce stratovolcan à la forme conique régulière est couronné par un cratère sommital ; il s’inscrit dans une jeune caldeira en fer-à-cheval de cinq kilomètres de diamètre, ouverte vers le sud.

Cette caldeira s’est formée à la fin du Pleistocène, suite à un effondrement majeur du massif volcanique de Colima, qui a produit une énorme avalanche de débris s’étalant sur 120 km. de longueur vers le sud.

L’activité du Fuego de Colima présente une alternance de phases effusives et explosives.

Depuis la conquête Espagnole et surtout depuis les témoignages écrits de son activité, le volcan a eu un comportement éruptif régulier marqué par quatre cycles d’une centaine d’années chacun. Chaque cycle débute par une phase de production de coulées andésitiques, suivie de phases explosives de type plinien, accompagnées de coulées pyroclastiques et de croissance /éboulement d’ dômes de lave.

 

Colima-en-1834---peinture-de-Juan-Mauricio-Rugendas.jpgLe cratère du Colima lors de la première expédition scientifique en 1834 - Peinture de Juan Mauricio Rugendas / GVP.


 En 1869, un évènement inhabituel se produisit. Un petit cône pyroclastique, appelé aujourd'hui "El Volcancito" (le petit volcan), se forma à un km au NE du cône principal.

 

Colima-El-Volcancito--1869----Jim-Luhr-Smithso-jpgLe cône noueux du Volcancito né en 1869 - la coulée de lave foncée sur la gauche provient d'une éruption du dôme du Colima en 1975-76. - photo Jim Luhr / Smithsonian Institute.

 

Une activité continue de faible intensité, entrecoupée par des explosions plus puissantes, marqua la période jusqu'en 1913, année pendant laquelle une éruption majeure eut lieu (du 17.01 au 24.01.1913 – VEI 5 selon le GVP). Elle fût caractérisée par des importantes coulées pyroclastiques qui dévastèrent la région jusqu’à 15 km. du volcan et par l'édification d'un cratère profond de plus de 300 mètres.

 

Une fois encore, la pression diminua et le volcan s'endormit pendant 48 ans. En 1941, la ville de Colima fût ébranlée par un puissant tremblement de terre qui provoqua de nombreux dégâts. La plupart des édifices historiques de la ville durent être reconstruits après ce séisme. Des éruptions mineures eurent lieu de 1961 à 1981. A cette époque, un nouveau dôme s'édifia dans la partie orientale du cratère. En 1985, un séisme d'intensité 8 sur l'échelle de Richter ouvrit de nouvelles fractures par lesquelles le magma se faufila pour donner lieu à une nouvelle éruption en 1986. Le dôme explosa et engendra une avalanche de débris. Des nouvelles bouches s'ouvrirent ce qui abaissa quelque peu la pression interne de l'édifice jusqu'à ce que le volcan entre à nouveau en éruption en 1991 et 1994. 

 

Selon le GVP, un cycle éruptif a débuté le 22 novembre 1997 et est toujours en cours en 2011. (VEI = 3 ?)

 

colima-dome-et-epine---11.2001-Centro-sism.---volc.-de-Oc.jpgLe dôme du cratère sommital du Fuego de Colima présente une épine large et haute de 40 mètres, photographiée le 03.11.2001 ; ce nouveau dôme s'est extrudé entre début et mi-octobre - Photo courtesy of Centro de Sismologia y Volcanología de Occidente, Centro Universitario de la Costa, 2001.

 

L’activité de l’année 2005 est décrite par Alain Melchior (sur place du 10 au 20.06.2005) – voir ses photos sur L.A.V.E. Belgique 

«  Le 11 février 2005, une explosion majeure causa l'évacuation de 118 personnes de la ville de San Marcos (Etat de Jalisco). Les volcanologues détectèrent une grande quantité de dioxyde de soufre dans les gaz émis par le volcan. Le panache éruptif atteignit une hauteur de 5 km mais aucun blessé ni dégât ne fut constaté. Seuls des feux de prairie débutèrent à proximité d'une coulée de lave. Le 14 février, des nouvelles explosions et des petits séismes forcèrent l'évacuation d'environ 350 autres personnes vivant sur le flanc nord du volcan. Des petites coulées pyroclastiques accompagnèrent la plupart des explosions. L'activité du volcan augmenta jusqu'au 22 février. Quatre explosions magmatiques se produisirent au sommet et il y eut également, dans le même temps, une augmentation de l'activité sismique. L'activité se calma jusqu'au 11 mai lorsqu'un puissant séisme se produisit au dôme sommital. L'onde de choc pu être
ressentie jusque dans la ville de Colima. Cette explosion généra deux petites coulées pyroclastiques sur le flanc
NO. Les projectiles atteignirent des distances de 12 km, causant des petits incendies dans les régions sud, ouest et sud-ouest du volcan. Depuis le 1er juin, le volcan connaît une activité explosive. Six explosions se produisirent le 2 juin. Le 5 juin, il y eût 4 évènements explosifs. Le 7 juin, neuf explosions ébranlèrent le sommet. Depuis, il y a en moyenne une à deux explosions par jour. L'Observatoire Volcanologique de l'Université de Colima est chargée de la surveillance du volcan et utilise la panoplie des techniques les plus récentes (séismologie, déformations, COSPEC, géochimie, ...) pour surveiller de près l'activité du Volcàn de Fuego de Colima. » (A.Melchior)

 

Colima-10.03.2007---Col.Volc.-Obs-jpgExplosion vulcanienne le 10.03.2007- ces explosions intermittentes et des périodes de croissance de dôme, avec écroulements associés à des coulées pyroclastiques  se sont succédés durant une décade. - photo Colima Volcano Observatory.

 

colima-dome-29.03.2010-ColVolObs-jpg

Vu du dôme sommital du Fuego de Colima le 29.03.2010 , recouvrant le bord du cratère côté sud - Courtesy of Faculty of Science, Colima University.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Colima

- L.A.V.E. Belgique - voyage des membres - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Sur cette photo satellite Landsat, on distingue bien les trois complexes centraux : La Reforma, El Aquajito et Tres Virgenes, et ses trois structures alignées N-S.

 

 

La_Reforma-_BCS.jpg

NASA image created by Jesse Allen, using Landsat data provided by the United States Geological Survey. Caption by Rebecca Lindsey. - Instrument: Landsat 7 - 2000

 

La caldeira El Aguajito, aussi connue sous le nom de caldeira Santa Ana, est située sur le golfe de Californie au nord-est des Tres Virgenes.

La formation de la caldeira est associée à une éruption ignimbritique datée de 760.000 ans.

Les contours de cette caldeira d’approximativement 10 km. de large ne sont pas visibles, mais un arc de dômes de lave andésitique à rhyolitique, vieux de 500.000 ans, couvre sa lisière nord. Des dômes de dacite situés sur le côté sud sont plus âgés ; et la lisière sud est ponctuée de sources chaudes.

La faille Cimarron coupe le centre de la structure.

 

Un complexe géothermique sépare la caldeira El Aguajito du complexe Tres virgenes.

 

Le complexe volcanique Tres virgenes domine le centre-est de la péninsule de Baja California. Trois volcans le composent, alignés sur un axe NE-SO. : El Viejo, El azufre et La Virgen.

 

GD-La-Virgen---El-Azufre---El-Viejo---ph.jpgDe gauche à droite : La Virgen, El Azufre et El Viejo et à l'avant-plan, une coulée de lave rhyodacitique consécutive à une éruption plinienne de La Virgen, datée de 6.500 ans  -

photo  by José Macías, 1995 (Universidad Nacional Autónoma de México). 


La Virgen est un stratovolcan andésitique flanqué de nombreux dômes dacitiques et de coulées de lave.


La-Virgen---oregonstate.edu.gif       Répartition schématique des différentes roches de La Virgen - doc. Oregonstate univ.


La datation de son activité est sujette à discussion : une éruption plinienne affectant le flanc SO. est datée au radiocarbone à 6.500 ans , mais les datations-He lui donne une datation fin du Pléistocène. Plus récemment, un jésuite espagnol rapporte un panache observé depuis le golfe de Californie en 1746, évènement corroboré par une jeune coulée andésitique au sommet.


Le complexe volcanique La Reforma présente une caldeira typique, de 10 km. de diamètre.

Sa formation a commencé au Pliocène, caractérisée par des coulées de ponces subaquatiques. Un second stade est marqué par des coulées basiques  dans un environnement proche de la mer, avec des laves en coussins. Au début du Pléistocène, une grande éruption ignimbritique est directement liée à la formation de la caldeira et à la production de tuffs pantélleritiques.

Par après, des dômes rhyolitiques et des coulées de lave, le long d’une fracture marginale, ont partiellement recouvert la couche d’ignimbrite. Au centre de la caldeira, un bloc de substrat datant du Miocène a été soulevé de près d’un kilomètre par « résurgence dômale ».

L’activité a bâti ensuite quelques cônes basaltiques sur les flancs du complexe, le dernier en date étant lié à l’extension tectonique du Golfe de Californie, aussi responsable de la formation de l’île de la Tortue.

 

baja-La-Reforma-caldera.jpgCaldeira La Reforma - close up d'après une photo Landsat 7 / Nasa - De façon concentrique, de l'extérieur vers l'intérieur : coulées foncées de lave fluides, la caldeira et le dôme de résurgence au centre.

 

La Basse Californie abrite une faune et une flore adaptée au biotope désertique ; la proximité de la mer favorise aussi une riche avifaune marine.

 

Stenocereus_thurberi-flower---ph.pompilid.jpg                Le cactus "tuyau d'orge" - Stenocereus Thurberi - photo pompilid.

Rudesse des moyens d'adaptation à la sécheresse, mais splendeur de l'explosion florale.


Dans le désert de Sonora, lézards, crotales, rats kangourous voisinent avec le bighorn et le cerf de Californie, sous le vol du condor. Le bord de mer est le domaine des mouettes et goélands, mais aussi des cormorans, des fous bruns et à pattes bleues, du balbuzard; les eaux abritent le requin-baleine, des dauphins, des marsouins et des baleines.

La flore n'est pas en reste : sur environ 4.000 plantes répertoriées, on relève 700 endémiques ... et l'inventaire n'est pas terminé.

 

Bref, c''est un paradis pour les amoureux de nature.

 

-California-Condor---Fir0002.jpg  Le condor de Californie - Gymnopys californianus - oiseau mythique dont il ne reste que 384 exemplaires vivants. Adaptation hygiénique : sa tête et son cou ne portent que peu de plumes, ce qui permet d'exposer la peau aux effets stérilisants de la déshydratation et des ultra-violets des hautes altitudes. La peau de la tête est de couleur variable en fonction de l'état émotionnel et permet la communication entre les individus.

 

La péninsule abrite aussi un trésor picturesque : les pictographes préhistorique de la Sierra de San Francisco.

Datées entre 1.100 avant JC. et 1.300 après JC., elles représentent la vie et les croyances des peuples Cochimi et Guachimis, groupes de chasseurs nomades. Peu accessibles, elles ne furent découvertes qu'au 18° siècle et inscrites en 1993 au patrimoine de l'Unesco.

 

Sanfrancisco_paintings---chokkolate.jpg

                 Peintures rupestres de la Sierra de San Francisco - photo chokkolate.


Sources :

- Global Volcanism Program -

- Native trails - la faune et la flore de Baja California - link

- Bradshaw foundation - Cave paintings in Baja California - link

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Pinacate volc. field - Nasa

            Le champ volcanique de Pinacate vu de l'espace - photo satellite Nasa / USGS


Le champ volcanique de Pinacate est situé sur le bord est du golfe de Californie, dans le désert de Sonora. Il couvre environ 2.000 km² (55 x 60 km.).


Les premières éruptions ont libéré des magmas basaltiques à trachytiques qui ont formé un volcan-bouclier haut de 1.200 m., le Santa Clara ; ses pentes sont couvertes par le basalte de centaines d’éruptions suivantes.

Le champ volcanique  se compose de quelques 500 cônes de cendres, d’anneaux et cônes de tuff, et de maars, datés d’entre la fin du Pléistocène à l’Holocène. Parmi les principales structures, on relève le cratère Elegante et le Cerro Colorado.

Des légendes indiennes rapportent des éruptions au 20° siècle (1928 ?, 1934 ?), non confirmées encore par des études.

 

Pinacate cr.Elegante et Santa Clara shield volc.- Bill rosePinacate Volcanic field - A l'avant-plan, le cratère du maar Elegante, et en fond , le volcan-bouclier Santa Clara - photo Bill Rose / MTU.


Le cratère Elegante est un maar, de 1.600 m. de diamètre, formé par effondrement d’une partie des parois dans l’évent. Une datation au radiocarbone fait remonter sa formation entre 13.000 et 17.000 ans. Une série de coulées basaltiques, de sills et de dykes, datés d’avant la formation du maar, est exposée sur les parois du maar, et recouverte par les dépôts de surges pyroclastiques qui recouvrent la rive du cratère et ses flancs.

 

Pinacate - cr. Elegante - David Roddy USGS                Pinacate volcanic field - cratère Elegante - photo David Roddy / USGS.

 

Pinacate---Elegante-SE-wall---Jim-Luhr-Smithson-jpgPinacate Volcanic field - cratère Elegante - la paroi SE. révèle une coupe transversale dans le cinder cone existant avant l'explosion du maar et la trace (gris clair) de l'intrusion d'un sill, visible en bas du cône et sur son côté droit - photo Jim Luhr / Smithsonian.


Le cône de tuff du Cerro Colorado présente un cratère large de 1.000 m., plus haut du côté sud ; il fut formé au cours de plusieurs éruptions phréatomagmatiques au départ de plusieurs évents, et durant lesquelles des portions de cône tombèrent dans le cratère.

 

Pinacate---Cerro-Colorado-tuff-cone----David-Roddy.jpg             Pinacate volcanic field - Cerro Colorado tuff cone - photo David Roddy / USGS.


Le volcan Tecolote, situé au NE du cratère Elegante, est un des cinder cone les plus jeunes du champ volcanique. Ce cône complexe s’est édifié sur le sommet du cône Mayo voisin et est ébréché vers le NO. Il est coupé par des failles et de petits cratères et parsemé de grosses bombes. Six coulées de lave basaltiques « aa » s’étendent depuis la base du cône.

 

Pinacate---Tecolote-cinder-cone----Bill-rose-MTU.jpg                Pinacate Volcanic field - Tecolote cinder cone - photo Bill Rose / MTU.

 

Le champ volcanique de San Quintin est constitué de 11 complexes volcaniques datant de la fin du Pléistocène à l’Holocène ; il est situé sur la côte nord-ouest de Baja California, sur les bords de la baie, en forme de Y, du même nom.

Outre les complexes de cônes nord et sud, il comprend le Mont Mazo et l’île San Martin, à 6 km. en mer, et des volcans-boucliers bas, initialement sous-marins, et recouverts de cônes de scories bien préservés. L’âge de ces structures est encore le sujet de discussion.

 

Les roches de San Quintin diffèrent des autres suites alcalines de Baja : elles sont similaires aux roches alcaline des îles océaniques ou aux roches intraplaques ; c'est aussi le seul champ volcanique où l’on peut trouver des xénolithes provenant des couches basses de la croûte ou du manteau supérieur.

 

San-quintin-volc.-field---Basu---Picacho-Vizcaino---Sudoest.jpg

Une partie du champ volcanique San Quintin vue depuis le volcan Basu : le Picacho Vizcaino, entouré de jeunes coulées de lave, et à gauche sur la même ligne, le volcan Sudoeste. - photo Jim Luhr / Smithsonian.

 

L’île San Martin est le seul volcan du champ a être situé off-shore. Ce petit volcan-bouclier , large de 2 km., est chapeauté d’un cône de scorie s’élevant à 230 m. au dessus du niveau marin. L’érosion des vagues a formé des falaises sur le côté sud de l’île.

 

San-Quintin---ile-san-Martin---ph.-Jim-Luhr.jpg   San Quintin volcanic field - île San Martin  (falaises sur la guache de la photo)- photo Jim Luhr / Smithsonian.

 

Le cinder cone Sudoeste, entouré d’autres petits cônes pyroclastiques, est le plus jeune cône du champ volcanique de San Quintin. Il se situe sur une étroite péninsule comprise entre Falsa bay et l’océan Pacifique. Des bancs de sable, formés par les courants, le relient au mont Mazo.

 

San-quintin-v.f.---Sudoeste---Jim-Luhr.jpg               San Quintin volcanic field - volcan Sudoeste - photo Jim Luhr / Smithsonian.

 

Le volcan Riveroll présente deux cratères nichés et percés côté NO.; le volcan Basu voisin montre quant à lui des cratères qui se recoupent. Des deux complexes de cinder cones s'étendent des coulées de lave basaltique sombre; l'une d'entre elles entoure le cinder cone Kenton.

 

San-Quintin-v.f.---Riveroll-Basu---Cetenal.jpg San Quintin volcanic field -  en haut, le Riveroll, en bas, le Basu et au sud de ceux-ci, les coulées basaltiques - doc. Cetenal

 

Sources :

- Global volcanism program - Pinacate

- Global volcanism program - San Quintin volcanic field

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Publié le par Bernard Duyck
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Comme nous l'avons vu dans le bref aperçu tectonique, on peut distinguer deux grandes régions volcaniques pour le territoire mexicain :

- La Baja california, en rapport avec une fosse océanique inactive et la faille de San Andreas.

- Le "Trans Mexican Volcanic Belt" - TMVB - , en rapport avec une subduction particulière et une fosse océanique, toutes deux actives.

 

2-regions.jpg

          Les deux grandes régions volcaniques mexicaines - d'après une carte du GVP.

 

 

Baja California : une longue péninsule de déserts accrochée à l'Amérique du nord.

Cette péninsule, longue de 1.300 km., est bordée à l'ouest par l'océan +Pacifique et à l'est par la mer de Cortès, aussi connue sous le nom de golfe de Californie.

Avec une superficie de 143.000 km², sa largeur n'oscille qu'entre 45 et 230 km.; par contre, elle compte plus de 3.000 km. de côtes, et près de 50 îles, la plupart situées dans le golfe de Californie.

 

 

Une configuration géologique unique :

L’aspect actuel de la péninsule est dû à la combinaison de deux phénomènes géologiques que sont la tectonique des plaques et l’activité volcanique.

 

La plaque Pacifique à laquelle sont rattachées la Californie nord-américaine et la Basse Californie s’éloigne peu à peu de la plaque Américaine sur laquelle repose le reste de l’Amérique du nord.


Au mésozoïque (230 à 63 Ma) : la subduction de la plaque Pacifique sous le continent a entraîné frottements, fusion, formation et migration de magmas vers la surface; cette migration a résulté en formation de roches granitiques du batholite péninsulaire sous la surface et en formation volcanique. Le recouvrement de la dorsale est-Pacifique par la plaque nord-américaine a mis fin à la subduction. ( voir carte : "inactive trench" )


Au Cénozoïque (63 Ma à aujourd'hui) : la Californie à commencer à glisser vers le nord le long de failles de décrochement, telles que la faille de San Andreas en Californie, et les failles de San Miguel, Aqua Blanca, Vizcaino et d'autres en Basse Californie. 

Au milieu du Cénozoïque, l'ouverture du rift, qui deviendra plus tard le Golfe de Californie, a pris des millions d'années, avec l'émission de grandes nappes de laves et roches pyroclastiques,  réparties sur la péninsule au Miocène et au Pliocène.

La physionomie actuelle de la Basse Californie s'est développée au cours des derniers 5-10 Ma quand le continent a cédé à l'étirement et ouvert le golfe de Californie.

 

La poursuite de ces modifications tectoniques devrait aboutir à la formation d'une île, constituée par la Californie et la Basse Californie.

 

1.26a.gifLa faille de San Andreas et la "future" séparation du bloc (Californie et Basse Californie) du continent.

 

Sources :

- Brief summury of the geology of baja California - by John, edwin and Jason Minch

- Global Volcanism Program - Volcanoes of Mexico - link

 

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Le volcanisme du Mexique s'inscrit dans la cadre général de la Ceinture de feu du Pacifique.


Les plaques tectoniques impliquées sont

faille-decrochante---IPGP.jpg- au nord-ouest, la plaque Pacifique et la plaque nord-américaine : Ces plaques sont côte à côte. Les mouvements entre ces deux plaques se faisant par la faille de San Andreas, une faille coulissante ou décrochante (strike-slip fault).

 

Schéma faille coulissante - doc IPGP.


- au centre et sud-est, la plaque Cocos entre en subduction sous la plaque Nord-américaine, avec formation d'un arc volcanique, dans une zone appelée zone de subduction Médio-américaine (Middle American Subduction Zone). Les deux plaques tectoniques se rencontrent au sud-ouest du rivage mexicain, en formant une profonde fosse parallèle à la côte : la fosse médio-américaine. 

 

Deep-trench.jpg  

Dans l'encadré : les différentes plaques tectoniques en présence - Les triangles rouges localisent les volcans - A noter que la profonde fosse océanique, définissant la limite entre les plaques Cocos et nord-américaine, ne court pas le long de la côte jusqu'au nord-ouest du Mexique. - doc. Lisa Christiaensen in Tectonics Observatory - California Institute of technology.

 

Au vu de la carte ci-dessus, on remarque la position du champ volcanique trans-mexicain (TMVB - Trans Mexican Volcanic Belt), coupant d'ouest en est le continent, par rapport avec celle des volcans guatémaltèques qui suivent en parallèle le tracé de la fosse océanique.

 

mapa_volcanes---planet-mexico.png             Situation des volcans du champ volcanique trans-mexicain - doc. Planet Mexico.

 

Pour comprendre cette anomalie, des études sismiques ont été effectuées en 2008-2009 par la Caltech's Tectonics Observatory : dans le plupart des zones de subduction, d'importants séismes ont lieu à l'interface entre les deux plaques tectoniques à des profondeurs jusqu'à 600 km. Cette région est appelée "zone Benioff", et utilisée pour localiser la plaque en subduction. Ce type de figure ne se rencontre pas au Mexique.

 benioff jap mex mod

Distribution des séismes importants pour une zone de subduction type - Japon - par rapport à la zone de subduction Mexicaine. - doc. NEIC/USGS in Tectonics Observatory - California Institute of technology. 

 

L'étude fait apparaître une image de la plaque en subduction, sous le Mexique et jusqu'aux environs de Mexico city, presque horizontale et  peu profonde, qui lui vaut la dénomination de "flat slab subduction". Ensuite, à l'aplomb de la ville, la plaque plonge de façon brusque jusqu'à une profondeur de 500 km. Les scientifiques suspectent que cet terminaison abrupte de la plaque à cette profondeur serait du à une déchirure localisée à cet endroit avant la subduction du plancher océanique.


 

MASE_WideShot_A_Final_small.jpg

 

Image de la plaque Cocos en subduction sous le Mexique réalisée par tomographie sismique - la plaque est en subduction presque horizontale depuis Acapulco jusqu'à Mexico, avant de plonger brutalement jusqu'à une profondeur de 500 km. - doc. Perz-Campos GRL 2008  in Tectonics Observatory - California Institute of technology.

 

Quelles sont les causes de cet subduction "plate", et ensuite de sa fin brutale à une profondeur de 500 km. ?

De nombreux modèles numériques ont été développés pour simuler l'action des forces internes dans le passé, et l'évolution de la subduction au cours des derniers 22 Ma.

Il y a 30 Ma, on avait affaire à une subduction "normale", et le développement de volcans le long de la côte pacifique.

MexicoSubductionHistory_2c_med.jpgL'activité de ces volcans s'est arrêté il y a 22 Ma, à cause de la subduction devenue plus "horizontale" ... à dater de ce moment, la ligne de volcans actifs s'est déplacé, causant aussi une élévation de l'aire de Mexico, qui se trouve sur d'anciens volcans.

 

 

Mexico2Fig1 600

Carte géologique simplifiée du volcanisme néogène et des failles du Mexique central -

On note la migration vers l'est du volcanisme mafique au nord du Trans Mexican Volcanoc belt daté du Pliocène-Quaternaire. - doc. Ferrari 2004 / Centro de Geociencias UNAM.

 GDL=Guadalajara; AJ=Altos de Jalisco; QRO=Queretaro;
CIII=Sierra Chichinautzin; AP=Apan volcanic fi eld; CG=Cerro Grande volcanic complex;
MGVF=Michoacan-Guanajuato volcanic fi eld. Click on image to enlarge.

 

Pour bien comprendre ce mécanisme, il faut se référer à un autre exemple : celui de la plaque fossile Farallon qui a subducté sous l'ouest du continent nord-américain il y a des centaines de millions d'années ( se séparant e.a. en deux plaques, la plaque Juan de Fuca au nord, et la plaque Cocos au sud) et a été responsable de la migration du volcanisme et du soulèvement des plaines du continent nord-américain.

Le mode opératoire est compréhensible grâce à une image empruntée au domaine du jardinage: enfoncez la lame d'une bêche suivant un angle fort, elle glisse sans soulever le sol... par contre, si on appuie sur le manche, la lame se redresse en prenant un angle faible, et le sol qui la surmonte se soulève.

 

TMVB--Mexico_6_Volcanoes---Philfree.jpgLa partie est du TMVB - Trans Mexican Volcanic Belt : avec six volcans, Ixtaccihuatl, Popocatepetl, Matlalcueitl, Capo de Perote (le plus distant), Pico de Orizaba et Sierra Negra. - photo David Tuggy.

 

 

 

Sources : 

- Tectonics observatory / California Institute of technology : The unusual case of Mexican subduction zone.

Travail multidisciplinaire 2009. 

- The Geochemical Puzzle of the Trans-Mexican Volcanic Belt:
Mantle Plume, Continental Rifting, or Mantle Perturbation
Induced by Subduction ? by Luca Ferrari  - Centro de Geociencias, UNAM, Campus Juriquilla, Apdo. Postal 1-742, Centro Querétaro, Qro. 76001, Mexico

 

 

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