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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les volcans de boue de Berca - Vulcani noroioşi en roumain - sont situés près de la ville de Buzau, dans l'est des Carpates. Ce site est le plus important parmi les nombreux sites de volcans de boue de la Roumanie. Bien que relaté au 19° siècle, suite à leur découverte en 1867 par un prospecteur pétrolier français, H.Cognand, ces volcans n'ont vraiment été étudiés que dans le début des années 2000.

 

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Schéma topographique des champs de volcans de boue (d'après Dicu 2005 in Schniukov)

 

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                       Berca - vue générale - ©J-M. Mestdagh

 

Le site d'une superficie de 30 hectares abrite deux champs importants, séparés de 3 km; ils sont appelés:

- Pâclele mari ("grands brouillards" en roumain) - 338 m. - 45,20N-26,42E, situé au sud

- et au nord, Pâclele mici ("petits brouillards") - 327 m. - 45,21N-26,42E.

Ils se situent tous deux à la verticale de l'anticlinal appelé Berca-Arbănaşi, d'une longueur d'environ 20 km.

Le sous-sol y est caractérisé par des formations salines imperméables et riches en hydrocarbures, traversées de failles, voies d'échappement de la boue (eau mélangée aux argiles) vers la surface sous la pression des gaz. Ces gaz  proviennent des couches pétrolifères situées à 200-300 m. de profondeur et sont constitués principalement de méthane et gaz organiques.

Les émissions sont constituées de boue froide et sont émises de façon permanente; les structures formées sont des cratères qui surmontent une formation en plateau due à l'accumulation des boues éruptives.

La formation de ces boues est due à un lessivage des marnes et grès pétrolifères par de l'eau salée propulsée par des gaz émanants des profondeurs (3.000 m.). Une fois transformées en boues chargées en hydrocarbures, elles sont stockées sous pression à une profondeur moindre avant d'être remobilisées.

 

coupe-volcans-boue-Roumains.gifCoupe au niveau des champs Paclele, situés à l'aplomb de l'anticlinal Berca-Arbănaşi 

 

Cette activité est à relier au contexte de subduction de la plaque africaine sous la plaque Eurasienne, à raison de quelques millimètres par an, qui engendre une mobilité tectonique importante dans la région de l'arc des Carpates. Des mouvements de subsidence concerne la plaine de Buzau, où 2 mm. de tassement par an sont remarqués. Cette subsidence a changé le cours de la rivière en 1969 et provoqué un affaissement des nappes phréatiques, accélérant ainsi la remontée de la boue.


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Selon la texture de la boue, se forment des "cônes" où glougloute la boue (ci-dessus) ou

si elle est plus fluide, des coulées "cordées", qu'on pourrait qualifier "d'hawaiienne, si pas de coulée pahoehoe" (ci-dessous) - ©J-M. Mestdagh

 

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                                                                                ©J-M. Mestdagh


5030375330_32b7800a16_b-JMM.jpgLes boues se dessèchent ensuite en se craquelant, parcourues par des coulées, qui respectent le déplacement sinueux des fluides, en y créant des méandres. -

©J-M. Mestdagh

 

5029729499_1c690bddd4_b-JMM.jpg         Convulsions au sein d'une bulle en formation - ©J-M. Mestdagh

 

  A la surface de la boue se forme des efflorescences où se retrouve du borax, caractéristique des processus de volcans de boue roumains

 

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      Sommet d'un gryphon, terme qualifiant ce cône de boue - ©J-M. Mestdagh


Outre le risque possible d'une "éruption" qui pourrait projeter boues et brèches en hauteur, la dégradation des paysages est certaine ... seules y poussent quelques plantes, dont la RO_BZ_Berca_Mud_Volcanoes_nitraria_schoberi_fruit.JPG"garduraritsa" - Nitraria Shoberi, plante hermaphrodite halophile (qui a besoin de fortes concentrations salines pour vivre) originaire d'asie centrale et ici en limite extrême ouest de distribution. photo Radu Ana Maria.

D'autres halophiles, telles que l'Obione verrucifera, s'y rencontre aussi.

 

5029741645_84909b1e53_b-JMM.jpgMessage expressif mais éphémère, sur ce résumé de structures boueuses : boue craquelée, coulée onctueuse et petit cratère égueulé. - ©J-M. Mestdagh

 

Sources :

- Mud-volcanoes of Romania. Preliminary data on the mineralogy of Pâclele Mari and Pâclele Mici Mud-Volcanoes - by E.F.Schniukov & al.

- Etude des volcans de boue Paclele Mari et Mici de Berca (Buzau) à partir d'images RSO Envisat à l'aide de la technique d'interférométrie différentielle (DinSAR) - par K.Hachemi, A.Abdellaoui, F.Grucu, A.Ozer et G.Visan.

- Géoforum - Muddyland par André Holbecq / asso. Vulcano - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Les Monts de Lusace (Luzické hory) sont des montagnes frontières mpcrqui se trouvent à mi-chemin entre les villes de Decín et Liberec dans la Bohême du Nord . La petite partie de ces montagnes se trouvant sur le territoire d'Allemagne s'appelle Les montagnes de Zittau (Zittauer Gebirge).

Les Monts de Lusace se trouvent sur la ligne de partage des eaux entre la mer du Nord et la Baltique ; bien que peu élevés, il n’en constituent pas moins une importante limite météorologique, créant de fortes distortions climatiques entre le plateau de Šluknov et la plaine de Zittau et leur versant sud donnant sur la région de Česká Lípa.

Des mamelons de phonolite et de basalte, mis au jour par l’érosion, alternent avec les blocs de grès aux formes bizarres, datant du Crétacé supérieur.

 


Panska-skala---K.Schiller-on-Panoramio.jpg Panska Skala - les orgues se mirent dans les eaux de la carrière - photo hivernale Wikipedia.

herrenhausfelsen-2.jpg         Panska Skala - photo Jürg Alean - avec l'autorisation de Marco Fulle.
         Un clic sur la photo vous mène au site de Stromboli on line et à un reportage
                              photographique sur Herrenhausfelsen.


Le site de Panska skala – Herrnhausfelsen en allemand , signifiant « la maison du Seigneur », Lord’s rock en anglais– est composé de superbes orgues volcaniques, prismation dans une masse basaltique.

Situé dans le village de Prácheò, intégré à Kamenický Šenov, cette colline de basalte a été exploité par l’homme dès le 18° siècle pour la confection de portes, fenêtres, bordures, digues…Le Ceska Lipa Exkurzního club, fondé en1878, essaya de sauver le site en le rachetant, mais ses efforts furent infructueux par manque de fonds. En 1906, l’exploitation repris jusqu ‘en 1912-1913. Le site fut racheté par la république Tchèque en 1914, et depuis protégé.

Les colonnes hexagonales, dont certaines atteignent la hauteur de 12 mètres et une largeur de 25-30 cm., sont échelonnées artistiquement à la manière de tuyaux d’orgues d’église.

 

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                       Les immenses orgues basaltiques de Panska skala - photo Jiri Kühn.

 

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Panska skala - la vue sommitale révèle l'aspect pavimenteux du dessus des colonnes - photo Hynak Raichart.

 

Leur origine remonte à 25-30 millions d’années, et est liée à l’orogenèse alpine, associée à l’impact entre la plaque africaine et la plaque européenne.

Le volcanisme complexe du massif de Bohême est lié à un ensemble de rifts constituant le Rift Ouest Européen – ROE – disposé concentriquement autour de l’arc alpin. Le ROE comprend, de l’est vers l’ouest, le massif de Bohême ( avec le rift de l’Eger), le bouclier rhénan (avec les grabens de la Ruhr, de la Hesse et du Rhin) et le Massif Central français.

 

europetit

                Les zones de volcanisme alcalin tertiaire péri-alpin et de rift - doc. BRGM


L’activité volcanique s’y est manifestée du début du Cénozoïque – environ 65 Ma – et l’ère géologique actuelle (dans le massif central et l’Eifel) en trois grandes phases :

- le volcanisme de pré-rift : entre 65 et 36 Ma

- le volcanisme syn-rift : contemporain d’une extension axée est-ouest. La distension a débutée vers 36Ma, avec un volcanisme actif entre 27 Ma et 14 Ma

- la phase volcanique majeure :  volcanisme alcalin de type intraplaque, de 14 Ma à nos jours. Suite à un amincissement de la croûte continentale ( de près de 30% en Bohême) il y a une remontée asthénosphérique. Avec comme conséquence, une hausse de la limite lithosphère-asthénosphère, un développement de l'activité magmatique et enfin un soulèvement marqué par deux pics de surrection correspondants aux phases de paroxysme volcanique.

 

 

Moins connues que Panska skala, le site géologique le plus visité en Tchéquie, et situées à proximité de celui-ci , les falaises de basalte de Golden hill et Silver hill méritent le détour.

 

Zlaty-vrch---gold-hill---ph.-Jiri-Kuhn.jpg               Zlatý vrch – Golden Hill            -            photo Jiri Kühn

Zlatý vrch – Golden Hill, la colline d’or – est une colline de basalte, haute de 657 mètres et formée en trois étapes, dont une sous forme d’un lac de lave qui s’est solidifié lentement …des orgues basaltiques d’une longueur exceptionnelle y ont été exploitées depuis 1870 et jusqu’au début du 20° siècle : entre 6 et 18 m., et parfois 30 m. de longueur, ces colonnes de basalte furent utilisées, étant donné leur résistance,  pour la construction de digues aux Pays-Bas.

Gold-hill---ph.-Petr-Kuhn.jpgPhase I : la plus ancienne – phase II : lac de lave  - phase III : la plus jeune et refroidie plus rapidement, ne présente que des colonnes courtes et irrégulières. - doc. Peter Kühn

Stříbrný vrch – Silver hill, la colline d’argent –  est située à 200 m. au sud-ouest de  Zlatý vrch ; haute de 599 mètres, elle a une composition similaire. Elle présente sur ses fronts de taille un bel éventail de colonnes basaltiques.

Silver-hill---Stribrny-vrch-u-Lisky---ph.-Jiri-Kuhn.jpg                                Stříbrný vrch – Silver hill        -            photo Jiri Kühn

Ces deux sites furent protégés à partir de 1940 … mais la seconde guerre mondiale a remis ce staut en question, et l’extraction a repris jusqu’en 1964.

 

Pustý zámek - Fredevald - est une falaise escarpée haute de 405 m., située dans la vallée de la rivière Kamenice. Les colonnes au pied du rocher sont déposées presque horizontalement, et se redressant vers le haut, pour former une gerbe. Cet ensemble de phonolite (*) a été creusé par la rivière en une gorge profonde. L'érosion avait atteint un château abandonné, ce qui a donné son nom au site : "château abandonné".

 


Mt-de-Lusace---Pusty-zamek--chateau-inculte---phonolite---p.jpg                             "Le chateau inculte " - barres de phonolite - photo Jiri Kühn.

 

 

Ceska skala : A 1 km. au sud de Prachensko, la crête rocheuse - 629 m. - est marqué par des orgues basaltiques formant une falaise abrupte côté nord-est, alors que le côté ouest est beaucoup plus doux.

 

Ceska skala - ph. Jiri Kûhn                                        Les orgues de Ceska skala - photo Jiri Kühn.

Ces colonnes basaltiques se retrouvent dans divers monuments dans la région :

Kamenivky-senov--carte-ancienne---Jiriho-Rosola.jpgA Kamenický Senov, un monument arbore des colonnes de basalte de 8 mètres de hauteur. Ce monument, dédié à l’empereur Franz Joseph I, comportait un portrait de celui-ci et était couronné d’un aigle bicéphale. Après la 1° guerre mondiale, des plaques reprenant le nom des morts furent placées autour du mémorial … aujourd’hui, une plaque commémore les victimes du fascisme.

Le monument dans sa première configuration avec l'aigle bicéphale- ancienne carte postale / Jiriho Rosola.


Kamenicky-Senov---ph.-Jiri-Kuhn.jpg   Kamenický Senov - un monument à plusieurs attributions - état actuel - photo Jiri Kühn

Sur les contreforts de Šenovského Hill, un ensemble de spa naturels abrite une fontaine composée par le sculpteur Rudolf Liebisch en 1931, et restaurée depuis : la source Grenouille est mise en valeur par un mur de colonnes basaltiques hexagonales encadrant une grenouille d’où coule l’eau, et agrémenté de bancs où il fait bon se reposer, bercé par le murmure de la source.

                        Senovského hill - la source de la Grenoiulle - photo Jiri Kühn.

Kamenicky-Senov---sourec-de-la-grenouille----ph.-Jiri-Kuhn.jpg                

 

 

(*) - Phonolite : la phonolite est une roche magmatique volcanique à structure microlithique fluidale verdâtre; elle se débite en dalles qui rendent un son clair lorsqu'elles sont frappées.

 

sources :

- Panska skala - link

- Stromboli on line - Herrenhausfelsen, Czech republik - link

- Les Monts Lusace - link

- Académie de Clermont-Ferrand - le volcanisme du massif central - A.Coulon 2003

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Tant qu’on en est à parler de  volcanisme “occulte” ou peu connu, une autre région européenne revient à l’avant-plan : le bassin de Cheb.

 

Des essaims de petits séismes secouent régulièrement la zone du Vogtland, le Fichtelgebirge et le Palatinat.

Cette région, le massif deBohême, située à la frontière entre la Tchéquie, la Saxe et la Bavière a été le témoin d’éruptions volcaniques il y a 300.000 ans ;

 


z---schemas-004-copie.jpg       "Racines profondes"  du volcanisme intra-plaque situées sous les jeunes champs
                     volcaniques Européens, basé sur la tomographie sismique.
                                extrait de "Volcanism" de H-U Schmincke.

 

Elle en profite encore largement aujourd’hui en exploitant un tourisme basé sur le thermalisme : des villes célèbres, comme Karlovy Vary (Carlsbad), Marianske Lázně (Marienbad), Františkovy Lázně (Franzensbad) et d’autres stations en saxe et dans le Haut-Palatinat, doivent leur existence aux sources chaudes et chargées en dioxyde de carbone.

 

Karlovy Vary prince Vaclav 1 - Bobak Ha'Eri                      Karlovy Vary - source Prince Vaclav I - photo Bobak Ha'Eri


La composition, la température et les effets de l’eau minérale diffèrent selon les endroits de Bohème où elle jaillit. La source minérale la plus chaude de République tchèque est celle de Vřídlo à Karlovy Vary (73,4°C), elle peut monter jusqu’à 14 m de haut, avec un débit de 2 000 l/min. L’eau thermale de Karlovy Vary, dont les composantes les plus anciennes remontent à plus de 25.000 ans, est une des eaux les plus chaudes de République tchèque.


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                              Marianske Lázně (Marienbad) - photo A.Künzelmann / UFZ.

 

Non loin de là, à Mariánské Lázně, ce sont au contraire des eaux ferrugineuses froides qui jaillissent à une température comprise entre 7 et 10°C.

 

La grande diversité des sources minérales naturelles leur permet d’agir sur différentes parties du corps. Elles ont des effets bienfaisants sur l’appareil moteur, le système de circulation sanguine, le système digestif, le système respiratoire, le système nerveux, le système endocrinien et les convalescences suite à des maladies oncologiques.

 

 

La région de Frantiskovy Lazne, en Bohême, présente des zones à mofettes actives, dont une appelée Bublák ("le gouglouteur"). Dans un environnement de buissons, elles ne sont d’abord pas visibles, mais se font déjà entendre : des bulles de gaz éclatent à la surface des mares ou viennent crever les nappes de boue, en faisant des borborygmes. Ce gaz vient des profondeurs, émis par un magma présent 30 km. sous la surface.


 

Bublak-Mofette.gifInteraction entre le magma et le CO2 provoquant sa remontée vers les mofettes et les sources d'eau minérales en Bohême. - doc. UFZ

 

Des mesures effectuées avant et après un petit séisme permettent d’estimer la vitesse de déplacement des gaz. Selon le Dr Gerhard Strauch de l’UFZ (Umweltforschungzentrums Leizig-Halle) : " ce gaz monte en direction de la surface à une vitesse de 400 mètres par jour, tout au moins pour les derniers sept à huit kilomètres … ce qui signifie qu’il doit exister des fissures menant aux grandes profondeurs (..) c’est une chance que des scientifiques s’intéressent à un des composant du gaz, l’hélium,  qui est uniquement trouvé dans le manteau terrestre, sous la barre des 30 km. de profondeur, sous une forme particulière, et qui peut varier  dans sa remontée vers la surface. "

Dans les gaz prélevés au niveau des mofettes, contenant plus de 99% de CO2, les scientifiques du GFZ Postdam (GeoForschungs Zentrums) vont étudier le rapport entre les isotopes de l’hélium.

L’hélium se trouve dans la nature sous forme de deux isotopes stables , différents par leur nombre de neutrons. L’Hélium-3 provient du manteau terrestre ; au contraire de l’hélium-4, plus commun,  formé dans la croûte par désintégration radioactive. Le rapport entre les isotopes peut révéler la profondeur de la provenance du gaz.

Durant les séismes ou les périodes d’activité volcanique, des quantités de gaz plus importantes remontent des couches basses vers la surface. L’analyse de ces gaz sur une longue période va permettre de comprendre les processus se passant dans le croûte et le manteau et d’affiner les prédictions en matière de séismes et d’éruptions… dans le futur.

 

Soos---Frantiskovy-Lazne---ph.A.jpg            Františkovy Lázně (Franzensbad) - mofette - photo A.Künzelmann / UFZ.


Depuis le début des années 1990, ces analyses ont été effectuées dans différentes sources d’eau minérales autour du bassin de Cheb et pendant douze ans. Dans la mofette Bublák, le ratio d’isotopes des gaz prélevés est 6,2 fois plus élevé que dans l’hélium présent dans l’air ; ce qui constitue un record en Europe centrale … de telles valeurs ne sont rencontrées qu’au niveau de volcans actifs, comme l’Etna. A noter que dans la même période, des mesures comparatives effectuées aux mofettes du Laacher See dans l’Eifel-est ne montrent aucun changement significatif.

Ceci confirmerait que quelque chose est en cours dans le sous-sol du bassin de Cheb. Confirmation a été donné en septembre 2000,  où l’analyse isotopique après séisme revèle  "qu'il se pourrait que l’ascension du magma exerce une augmentation de pression au niveau du CO2 dans certaines zone de la croûte terrestre, engendrant de petits séismes à une profondeur comprise entre 6 et 14 km. "

Ce type de mesures va continuer à être répété chaque mois pour contrôler l’activité magmatique sous le basin de Cheb. Elle pourrait constituer une nouvelle approche dans le domaine de la recherche sur les séismes.

Il faudrait mettre sur le même pied la géochimie des isotopes dans le temps et la recherche traditionnelle sur les séismes. Ces deux méthodes peuvent se montrer complémentaires et faire avancer la science dans le domaine. Seul bémol, aucune automatisation n’est possible dans le domaine isotopique, le prélèvement des gaz devant se faire ponctuellement et sans contamination extérieure.

 

Les résultats de cette étude ont été présentés à la 8° conférence internationale sur la géochimie gazeuse à Palerme et publiés dans Geophysical Reseach Letters (vol.32 / 2005)

 

Le bassin de Cheb contient un des plus jeunes volcans du massif tchèque : Komorní hůrka (la Colline des galeries) , aussi appelé Kammerbühl, est une colline discrète à 503 mètres d´altitude située sur le paysage plat du bassin de Cheb. Il fut créé à la fin de l’ère tertiaire et au début du Quaternaire dans la troisième phase finale volcanique du Pléistocène supérieur.

Les amortissements peuvent être datés de l´Holocène, c´est à dire moins que 10 milles ans. Le volcan fut créé sur le fond d´un lac salé, aujourd´hui asséché, qui s´étalait sur le territoire du bassin actuel de Cheb et de Sokolov.

Les premières mentions sur les recherches concernant le volcan datent de 1766 quand le comte Zedtwitz fit creuser une galerie longue de 100 mètres en espérant trouver des veines de houille.

Komorní hůrka est un volcan comblé, créé par une éruption unique de type strombolien pendant laquelle les gaz et la lave furent éjectés du cratère en plusieurs intervalles de temps. Sous l’influence de la circulation de l´air, les couches de scories s´entassèrent surtout à l´est, vers le cratère où se trouve le sommet actuel. À la fin de l´activité volcanique, la lave remplit la cheminée et le cratère, l´épanchement couvrit une partie des scories à l´endroit où se trouve actuellement la bouche de la galerie, sur la pente sud-ouest du volcan.

 

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    Volcan Kammerbühl - aquarelle de l'état actuel

   

    et ci-dessous, coupe du volcan tel qu'il devait se            présenter avant son exploitation carrière.

 

 

 

Bassin de Cheb - allem.-Tchéquie

                                                 Doc. Portail de la région de Karlovy Vary.

 

Komorni-Hurka---ph.VL.JPG      Komorní hůrka - Kammerbühl - état actuel boisé de la "colline des galeries" - photo VL.

 

 

Dans le passé, le volcan fut exploité pour ses cendres volcaniques afin de couvrir les allées des parcs de Františkovy Lázně. Un puits de 15 mètres de profondeur fut créé pour l´exploitation; il est souvent pris par les visiteurs pour un cratère volcanique. Le basalte est une néphélinite poreuse, une forme de lave relativement rare en Europe centrale. Une grande quantité de basalte fut exploitée au Moyen Âge pour la construction. Il fut utilisé pour la construction de la Tour noire du château de Cheb. Komorní hůrka fut encore exploitée juste partiellement en 1880 et ne fut pas emboisée à l´époque. Les travaux d´exploitation furent interrompus en 1951 quand elle fut proclamée Réserve naturelle nationale. Aujourd´hui, le volcan est sur la liste des Monuments naturels nationaux et il est strictement interdit d’y exploiter quelque minerai que ce soit.

 

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                                    Komorní hůrka   -  Entrée de la galerie de prospection 


Le parc tchéco-bavarois contient, sur la partie tchèque, Železná hůrka (la Colline de fer) et Kyselecký Hamr (la Fenderie de Kselka). Du côté allemand, on trouve Sibyllenbad près de la ville de Neualbenreuth. Toute cette vaste région est constituée de minerais du Paléozoïque, de Cheb à Dýleň. Les plus importantes lignes tectoniques sont ici les cassures des monts Métallifères et de Mariánské Lázně qui furent à l’origine de l´activité volcanique dans cette région.


Le monument naturel national de Železná hůrka (la Colline de fer) - Eisenbühl - se trouve à droite devant le poste frontière de Mýtina.


zeleznahurka---Eisenbuhl.jpg                         Železná hůrka (la Colline de fer)- Eisenbühl - photo atlasCeska.

 

Železná hůrka fut actif à la fin du Tertiaire et au Quaternaire, ce qui signifie entre 170 000 et 400 000 ans. Le volcan fut formé par au moins deux éruptions. Au cours de la première éruption, des couches de roches pyroclastiques de 15 mètres d'épaisseur furent constituées et couvertes de tuf angulaire rejeté au cours de la deuxième éruption.

Le volcan fut découvert par Johann Wolfgang Goethe (1749-1832), qui le visita au cours de ses voyages à travers de la région de Cheb, 04.jpgen août 1823. Le célèbre poète avait d’autres cordes à son arc ; il s’intéressait aussi à l’optique, à la géologie et la minéralogie. À la fin du 18e et début du 19e siècle, les géologues étaient plutôt incertains sur la façon dont les roches s’étaient formées. Ils se divisèrent en deux camps, les Neptunistes et les Plutonistes. Les Neptunistes pensaient que les roches avaient été formées par sédimentation dans un milieu aquatique et, par conséquent, que Železná Hůrka avait son origine dans des gisements de houille qui brûlèrent ensuite. Les Plutonistes, par contre, soutenaient la théorie selon laquelle elle était d'origine volcanique. 
Dans le passé, les activités minières dans la région furent intenses et le volcan fut exploité comme source de gravier. Le volcan est protégé par l'État depuis 1961.

 

Goethe, qui a passé dans la région de Bohême un total de 1114 jours, a découvert un minéral endémique, l’Egeran, production des seuls volcans Kammerbühl et Eisenbühl.

 

Egeran--vesuvianite---mineral-cz.jpg

                                  Egeran, ou Vésuvianite - photo Mineral.CZ

 

Sources :

- Turistický portál Karlovarského kraje - Portail touristique de la région de Karlovy vary.

- Unter dem Vogtland brodelt’s - Neue Erklärung für Schwarmbeben gefunden - in ScineXX das wissens magazin - link

- DVG - exkursion der deutschen vulkanologischen gesellschaft ins Westböhmische Bäderdreieck 2003.

- Variation of magma generation and mantle sources during continental rifting observed in Cenozoic lavas from the Eger Rift, Central Europe – by Karsten M. Haase and Axel D. Renno.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Reykjavík, porte d’entrée en Islande, est aussi la capitale du pays et la capitale la plus septentrionale du monde, étant donné sa situation à proximité du cercle polaire.

Reykjavík est située sur la marge sud-ouest de l'Islande, dans la baie de Faxaflói. Le secteur côtier de Reykjavík se caractérise par la présence de nombreuses péninsules, criques, détroits et petites îles. La plus grande partie de la ville de Reykjavík est située sur la péninsule Seltjarnarnes, mais les faubourgs sont étendus au sud de cette péninsule.

 

35355 425507991440 645396440 5083758 4520066 n(1) copieVue sur Reykjavik et sa baie, du sommet de la tour de Hallgrimskirkja - © Antony Van Eeten

 

 

En islandais, Reykjavík signifie « baie des fumées ». Elle est située à l’endroit où s’installèrent les premiers colons en 874, conduits par Ingólfur Arnarson, qui la baptisa ainsi à la vue des vapeurs provenant des  sources chaudes.

 

Il y a une atmosphère particulière à Reykjavík, qui est un peu à mi-chemin entre une ville et un village. Bien que la population totale de la région étendue de Reykjavík dépasse à peine les 200.000 habitants, les Islandais conçoivent les choses à une plus grande échelle et ça se voit dans les réalisations architecturales modernes qui côtoient les maisons de bois et leurs toits de tôle colorés.

Reykjavík est un centre vivant commercial, politique, industriel et culturel où sont concentrés les institutions politiques, les bibliothèques, les musées, les universités, les bureaux centraux de communication (radio, télévision et presse écrite), les théâtres et les orchestres, les cours de justice, les piscines découvertes et les stades de sport, les infrastructures maritimes, aériennes et les compagnies de transport collectif, les usines dont les conserveries de poissons. Et c’est lié à son histoire : c’est ici que se groupèrent les premiers commerçants et entrepreneurs de l’île au 18°siècle. En 1752, le roi du Danemark donne le domaine de Reykjavík aux corporations Innréttingar (corporations d’entrepreneurs) qui regroupaient des métiers aussi divers que pêcheurs, exploitants du soufre, industriels de la laine et constructeurs de bateaux.

La date de fondation de la ville est fixée à 1786, data à laquelle la couronne danoise a supprimé son monopole commerçant. Dans les décennies suivantes, les affaires augmentent  toujours sous la domination des commerçants danois. L’influence des négociants islandais n’augmenta qu’après l’installation du libre échange en 1880.

 

38995 425502471440 645396440 5083505 1581226 n copie38995 425502476440 645396440 5083506 4641780 n(1) copie L'architecture "organique" de Hallgrimskirkja et de son clocher - © Antony Van Eeten


Dominant la ville, la superbe église protestante Hallgrimskirkja, construite sur une colline, pointe fièrement sa flèche haute de 75 mètres. Cet édifice de béton fut construit entre 1945 et 1986, sur des plans de l’architecte d’état Guðjón Samúelsson, qui s’est inspiré des orgues basaltiques rencontrés dans le paysage islandais pour le dessin de la façade et du clocher.

Erigée à la mémoire du révérend Hallgrimur Peturson, elle présente à l’instar de beaucoup d’églises protestantes, un intérieur sobre et lumineux ; son seul luxe est un immense orgue qui surplombe l’entrée de la nef, et répond, avec ses 5.200 tuyaux, aux orgues de bétons extérieurs.

 

38088 425507821440 645396440 5083746 2882138 n copie

L'orgue de l'allemand Johannes Klais : 15 mètres de haut, pesant 25 tonnes et terminé en 1992 - © Antony Van Eeten

 

38192 425508176440 645396440 5083778 4039355 n(1) copieLa statue altière du viking  Leifur Eiríksson, au pied d'Hallgrimskirkja - © Antony Van Eeten


La statue au pied de l'église représente un fier viking : Leifur Eiríksson, fils d'Erik le Rouge, qui a découvert l'Amérique vers l’an 1000, soit cinq siècles avant Christophe Colomb. La statue fut offerte au peuple islandais par les américains en 1930, à l’occasion du millénaire de l’Althing, premier parlement démocratique mondial.

 

 

37559 425507721440 645396440 5083735 2740194 n(3) copieLe vaisseau du soleil, brillant malgré un ciel plombé typiquement islandais - © Antony Van Eeten


Les origines scandinaves du peuple islandais sont aussi célébrées sur les quais de Saebraut, par le « vaisseau du soleil » - Sölfarid – sculpture de l’artiste Jón Gunnar Árnason.

Ce drakkar stylisé et épuré, réalisé en aluminium, est posé sur un sol de marbre luisant … brillant sous le soleil, ou magnifié par le ciel islandais, il peut s’embraser sous le soleil couchant, ou pétiller sous les feus d’artifice de la Culture Night au mois d’août … simplement magique !

 

shift diy reykjavik - Bustler.net                        Le DYK Reykjavik pavilion by Shift - doc. Bustler/ Shift.

 

L’aluminium est employé également pour le pavillon " DYK Reykjavik " : un millier de triangles d’alu, chacun de taille, forme et configuration différente, conçus par ordinateur, coupés au laser et rivetés à la main.

 

shift_diy_reykjavik_04.jpg                          Le DYK Reykjavik pavilion by Shift - détail - doc. Bustler/ Shift.


Suite à la paralysie du secteur de la construction consécutive au récent effondrement  économique de l’islande, la firme Shift a tenté d’explorer le potentiel et les limites de la nouvelle économie islandaise. De nombreux secteurs d’activité se sont  investis dans le projet, du fournisseur de matériaux aux ingénieurs. L’aluminium fut choisi délibérément , eu égard à son abondance et à ses facilités de recyclage, mais aussi comme initiateur d’un débat concernant son usage dans le futur : il nécessite, pour sa production, beaucoup d’énergie et est source de controverse quant  aux dégâts paysagers causés par les installations géothermiques et les barrages nécessités pour la produire. Cette démarche montre en tous cas la pro-activité des islandais, bien décidés à prendre cette situation difficile « à bras le corps ».

 

39221 425508061440 645396440 5083763 2528033 n copie

           Le "Perlan" sur Öskjuhlid - Dôme de verre sur six pieds - © Antony Van Eeten


Autre visite immanquable, "la Perle ou Perlan" situé sur la colline Öskjuhlid un peu à l'écart du centre. On peut y aller à pied à partir de l'église Hallgrimskirkja. Repérable de loin, il s'agit d'un dôme de verre construit au dessus des 6 anciens réservoirs d'eau chaude de la ville. Le dôme entièrement vitré surmonte les citernes et forme un puits de lumière qui éclaire les 5 étages. Au sous-sol, un jet d'eau jaillit jusqu'au 4e étage toutes les 5 minutes pour imiter Strokkur, le fameux geyser islandais. Au rez-de-chaussée se trouve le Saga Museum – muée sur l’histoire viking et la découverte de l’Islande - et des expositions temporaires d'art. Au 4e étage, un accès libre à la plate forme extérieure offre un panorama à 360° sur la ville, la baie, la péninsule et l'aéroport domestique de Reykjavik. Le dôme lui-même est un restaurant panoramique hors de prix qui effectue une rotation complète en 2 heures.

 

 

L’aéroport de Kéflavik  est orné, en extérieur,  d’une sculpture de Magnus Tomasson, intitulée le "Jet nest". un énorme œuf d’acier poli est percé par le bec (ou l’aile) d’un avion à réaction … je penche pour le « nez » du Concorde, et posé symboliquement sur une pile de rocs islandais au milieu d’une pièce d’eau, où il se mire par beau temps.

 

Jet-nest---Richardcjones.jpg                 Le "Jet nest" , à l'aéroport de Kéflavik - photo richardcjones / Flickr

 

Sources :

- Bustler – Shift builds "DIY Reykjavik" pavilion in Iceland. - link

- Saga museum - Perlan, Reykjavik - link

- Perlan - The Pearl - link


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La production de timbres poste par l'Islande est prolifique ... au point de pouvoir, grâce à ceux-ci revoir la géologie, puis les différents paysages rencontrés au cours de notre quinzaine islandaise.

Ci-dessous , je vous met quelques exemples repris de "Timbre magazine" et d'un article de S. Blais et O. Dauteuil / Géosciences Rennes.

Ceci n'est bien sûr pas exhaustif.

 

Article-20Timbres-20Mag-202006_Page_2_Image_0001.jpg

 

 

 

La dorsale médio-atlantique et les zones de rift, immortalisées sur de nombreuses cartes géologiques :

 

La carte d'Islande et la position des principaux glaciers :

 

Article-20Timbres-20Mag-202006_Page_1_Image_0002.jpgArticle-20Timbres-20Mag-202006_Page_1_Image_0003.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Article-20Timbres-20Mag-202006_Page_2_Image_0004.jpgSurtsey  et les différentes phases de l'éruption ... en 1964, un exemple parmi d'autres.

Article%20Timbres%20Mag%202006 Page 2 Image 0007Heimaey et l'éruption de 1973, vision nocturne du port illuminé par les fontaines de lave et les cônes de l'Eldfell et de l'Helgafell.

 

Article-20Timbres-20Mag-202006_Page_3_Image_0001.jpgLa célèbre fissure et les cônes de Lakagigar (éruption du Laki) et ses 130 cratères alignés.

Article-20Timbres-20Mag-202006_Page_2_Image_0010.jpgUne des nombreuses éruptions de l'Hekla, ici en 1947.

 

Article%20Timbres%20Mag%202006 Page 3 Image 0003Le lac Myvatn et les pseudo-cratères de Skutustadagir.

 

 

 

 

Article-20Timbres-20Mag-202006_Page_3_Image_0006.jpgLe tuya Herdubreid, fortement stylisé et chapeauté de nuages lenticulaires.

 

 

 

 

 

Les dernières manifestations volcaniques à l'Eyjafjallajökull : en détaillant les différentes phases éruptives ... de gauche à droite, la phase fissurale et les chutes de lave à Fimmvorduhals, le début de l'éruption sous-glaciaire de l'Eyjafjallajökull, et les éclairs illuminant le panache vers la fin du cycle éruptif.

Ces timbres là sont spéciaux : La particularité et l'innovation vient du procédé d'impression offset avec de la cendre micronisée trachyandésitique - 3 microns ou moins - venant de l'éruption du 17 avril 2010. (lien vers l'article original)

 

volcano-1.jpgvolcano-3.jpgvolcano-2.jpgLes phénomènes géothermiques et les geysers ne sont pas oubliés : Namafjall , le célèbre geyser Strokkur, selon une photo d'archives et le "Blue lagoon" et ses deux parties, industrielle et ludique.

 

Article-20Timbres-20Mag-202006_Page_3_Image_0009.jpgArticle-20Timbres-20Mag-202006_Page_3_Image_0007.jpgArticle-20Timbres-20Mag-202006_Page_4_Image_0002.jpgSource :

Timbre Magazine n°77 (02.2006) - article de S. Blais & O. Dauteuil / Géosciences Rennes .

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Surtsey, la dernière-née des îles Vestmann, signifie en français "île de Surt", nom inspiré de celui du "géant du feu Surtur ", de la mythologie nordique...l'équivalent de notre Vulcain.


                      

 

 

Surtsey, une eruption sans beaucoup de signes avant-coureurs :

 A partir du 11 novembre 1963, seule une odeur de soufre est perceptible par les habitants de Vik, au sud de l’Islande. Le 14 novembre au matin, le cuisinier d’un bateau de pêche remarque une odeur de soufre et de la fumée à l’horizon … il est 7h.30 et aucun S.O.S. n’est capté ! C’est bien une éruption volcanique qui débute. Vers 15 h., une fissure s’ouvre  et l’éruption, phréatomagmatique dans sa phase débutante, propulse cendres, vapeur et eau en jets cypressoïdes pulsatiles … un panache s’élève variant entre 6.000 et 10.000 mètres. Surtsey, une nouvelle île, nait.

 

Surtsey eruption 1963 - Doc. NOAA

Phase initiale de l'éruption en 1963 - hydromagmatique : avec panache et jets cypressoïdes - doc. archives NOAA .


Un anneau de tuff se constitue grâce au dépôts de tephra palagonitisés issus de « base surges » ou de retombées. Le 16 novembre, le volcan a 45 mètres de haut et 600 m. de large, et l’île présente un facies de ride allongée et coupée d’un bord à l’autre par une fissure active en 3-4 endroits. Le 23 novembre, la nouvelle structure atteint une altitude de 100 mètres, et de 140 mètres en fin d’année.

 

Surtsey eruption 30.11. 1963 - Wirthi                     Surtsey - 30.11.1963 - formation de l'anneau de tuff - photo Wirthin.


Durant les premiers mois de l’éruption, le volcan développe deux types d’activité distincts, fonction de la pénétration on non du cratère par la mer : les panaches cypressoïdes de produits pyroclastiques et d’eau alternent avec des explosions et l’éjection de lave, cendres et lapilli.


Le 29 décembre, un panache est signalé entre Surtsey et Geirfuglasker … c’est une nouvelle éruption sous-marine, et les volcanologues, certains de la naissance d’une nouvelle île, la nomme Surtla. Mais le niveau du volcan n’atteindra pas la surface et le 6 janvier 1964, son activité s’arrête.

 

Surtsey_Island---ph.CanonS2.jpg

Surtsey - le plateau de lave se termine par une falaise littorale et est bordé, au nord, par le cratère Surtur en tuff palagonitisé (surmonté actuellement par la station météo de l'île) - photo CanonS2.

 

Sur Surtsey, l’activité du cratère Surtur diminue en fin d’année 1963 pour cesser en fin janvier : l’île mesure alors 1.500 mètres de long pour une hauteur de 180 m.

Le 1° février, des séismes sont ressentis aux Vestmann et vers minuit, des blocs incandescents sont projétés à une cinquantaine de mètres de hauteur ; un nouveau cratère s’est formé, Surtungur (Surtur junior) qui crache des fontaines de lave. Le 4 avril, une activité effusive démarre sur Surtur et un lac de lave de 120 mètres de diamètre se forme. Des coulées sont émises qui consolideront la masse de téphra instables … l’activité effusive va se poursuivre jusqu’en fin mai 1965 : l’île de Surtsey a alors une surface de 1,5 km², couverts pour un quart de laves, dont le volume , à cette date, est estimé à 270 millions de mètres cubes. Une activité fumerollienne persistante s’installe alors.

 

section des cônes de tuff - Moore 1985 - oregonstateSection des cônes de tuff Surtur et Surtungur - doc.Moore 1985 / Oregon State Univ.


Surtsey_craters---Chmee2.jpg

Vue aérienne de la partie centrale de Surtsey montrant les deux cratères Surtungur (à gauche) et Surtur (à droite) composés de tuff (clair) et dont la base est noyée sous des coulées de lave basaltique (sombres). - photo Chmee.

 

Surtungur-cratere-07.2001---S.Metusalemsson.JPGSurtsey - à l'avant-plan, le cratère du Surtungur - au fond, surmonté de la station météo, le cône du Surtur - photo S.Metusalemsson 07.2001 / the Surtsey research society.


Le 23 mai 1965, une tache sombre est aperçue par l’équipage d’un avion au NE de Surtsey et le lendemain, vers 7 h., la mer entre en Syrtlingur - de Surtsey - S.Thorarinssonébullition. Vers 14h.30, les vitres des maisons de Heimaey tremblent, signe concomittant à une explosion qui fera naître un nouveau volcan : Syrtlingur.


Syrtlingur en juin 1965 - photo S.Thorarisson / the Surtsey research society.


Fin mai, on distingue un cratère sous-marin, qui émet par intermittence des colonnes de cendres et vapeur …le 5 juin, le sommet du volcan émerge. Le 6 juin, l’île a 10 mètres de haut, pour un diamètre de 35 mètres. Le 12 juin, la structure s’effondre et l’île va commencer à "faire le yoyo". Elle réapparait le 14 juin, elle atteint sa plus grande taille le 15 septembre : 65 m. de haut et un diamètre de 600 m. Elle est aperçue pour la dernière fois le 17 octobre.

 

Jolnir-22.08.1966-R.Williams-USGS.jpg                 Jolnir, disparue depuis - photo archives USGS / R.Williams 22.08.1966


La région demeure calme jusqu’au 26 décembre 1965, date du début d’une nouvelle éruption, cette fois au SO de Surtsey : Jolnir apparaît le 28 décembre. Cette île va suivre la même évolution que Syrtlingur : le 3 janvier 1966, elle mesure 90 mètres sur 45, pour quelques mètres de hauteur. Elle disparaît le 5 pour refaire surface le 15 janvier, avant de sombrer le 27. Février est marqué par sa présence du 7 au 16, puis du 28 au 3 mars. Elle sera définitivement engloutie le 20 septembre.


Tous ces centres éruptifs, principaux sur Surtsey, adventifs pour les autres, sont situés sur une même et unique fissure en échelons de 4,5 km. de longueur. Elle sera marquée, le 19 août 1966, par une dernière reprise de l’activité : une fissure s’ouvre dans le cratère de Surtur, et trois hornitos émettent de la lave qui atteint la mer le 20.08. Toute activité s’arrêtera trois mois plus tard.

 

Surtsey - dossier Unesco-8Les quatre volcans de l'éruption Surtseyenne sont alignés sur une fissure en échelons - doc. dossier Unesco.


L'unique éruption connue de Surtsey, qui fait ainsi de lui un volcan monogénique, a servi à définir le type surtseyen qui est caractérisée par trois phases : une sous-marine, une hydromagmatique et une aérienne.


 

Surt4.jpg                         Types éruptifs, énergie dégagée et rapport de masse eau/magma.

Les blasts Surtseyen se produisent pour un ratio eau/magma de 0,3 - schéma Wohletz & McQueen 1984.

 

Phase 1 – sous-marine :la lave sort d’une fissure sous-marine au fond de l’océan pour produire un tuya, un volcan en table, fait de pillow-lavas et de hyaloclastites ; la pression de la colonne d’eau empêche toute activité de type explosif, et le volcan sous-marin grandit jusqu’à atteindre un niveau proche de la surface.


Formazione Surtsey - phPhase 2 - hydromagmatique : Lorsque cette pression devient suffisamment faible pour ne plus pouvoir contrecarrer la pression engendrée par la lave qui se fragmente, l'éruption passe dans sa phase hydromagmatique. Sous l'effet du choc thermique engendré par la rencontre entre de l'eau à quelques degrés Celsius et de la lave chauffée à plus de 1 000 °C, cette dernière se fragmente sous le coup d'explosions et l'eau se vaporise. De la surface de l'eau s'élève alors un panache volcanique essentiellement composé de vapeur d'eau mais aussi de gaz et de cendres volcaniques qui peut s'élever à des milliers de mètres d'altitude. Les gerbes de lave fragmentée peuvent, elles aussi, percer la surface de l'eau, donnant alors naissance à des panaches dits « cypressoïdes ». Par accumulation de téphras, le volcan grandit au point d'émerger peu à peu puis complètement au point que la cheminée volcanique débouche au-dessus du niveau de l'eau.  Photos Chicco3


Phase 3 – aérienne : avec l’édification d’un cône, l’eau ne pénètre plus dans le cratère et l’activité, devenue effusive, va former un volcan-bouclier. On a affaire à des fontaines et des coulées de lave. Cette dernière, plus résistante à l’érosion que les matériaux pyroclastiques va assurer la pérennité de l’île ; les coulées pourront former à leur tour, en atteignant la mer, de nouvelles laves en coussins et des hyaloclastites.

 

20.04.1964---Solarfilma.jpgSurtsey - coulées de lave atteignant la mer le 20.04.1964 - doc. Solarfilma /the Surtsey research society.


Le terme de tuya n'était à l'origine réservé qu'aux volcans se formant au cours d'une éruption sous-glaciaire mais il a été étendu aux volcans se formant dans un lac ou en mer peu profonde car leur formation est très similaire à celle des volcans subglaciaires.

 

564px-Geological_map_of_Surtsey-fr.svg----Pinpin.png                            Carte géologique simplifiée de Surtsey - doc. Pinpin


Les roches de la surface de Surtsey se présentent sous deux formes principales : les téphra et la lave, basalte à olivine, une des roches les plus basiques de toute l’Islande. D’autres formations rocheuses  sont présentes, par transformation des matériaux originels : du tuff palagonitisé, formé à partir de téphra et de loess déposé par les vents ; divers roches allochtones (fossiles, granites, gneiss, dolomites, schistes et quartzites) se trouvant sur les fonds marins, ont été projetées et mélangées aux téphra lors des explosions du volcan.


Naissance, vie et … mort programmée d’une île volcanique :

 Les biologistes ont surveillé l’installation de la nature sur Surtsey, qui pour cette raison demeure interdite au commun des mortels. Cakile edentula - le Caquilier édentulé, une crucifère adaptée au milieu marin, s’est installée dès le 3 juin 1965, apportée par les vents ou un oiseau de passage. Puis les oiseaux pélagiques se sont installés sur les falaises en bordure. La flore s’est peu développée jusqu’en 1986, année à partit de laquelle des goélands marins ont colonisé puis niché dans l’intérieur de l’île et y ont apportés, par leurs déjections, le seul élément manquant à l’explosion de la nature : l’azote. On est passé de 20 espèces de plantes à plus de 60, et le cycle vital s’est accéléré avec l'apparition des insectes, suivis de l’installation d’autres espèces d’oiseaux.

Ce cycle est bien expliqué dans la vidéo ci-dessous :

 

 

 

 

Pendant ce temps, Surstey est marquée par la subsidence et l’érosion. La subsidence, qui a atteint 1,1 mètres entre 1967 et 1991, résulte de la compaction des matériaux produits par le volcan, de celle des sédiments marins sous le volcan, et d’une possible déformation lithosphérique sous le poids de la structure.

 

Surt1map.jpg

Evolution du trait de côte 1975 - 1991 - 1998 .

 

Topographie en 3D de Surtsey

Surtsey-topographie.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Combiné à ce tassement, les terrains les plus meubles, composés de sédiments et téphra, subissent une érosion rapide (un hectare disparait chaque année) .... les zones recouvertes et protégées par les coulées de lave présentent une érosion ralentie.

En quarante ans, un volume correspondant au quart de Surtsey  a disparu et sa forme s'est modifiée, une grande partie de la côte SO. a été érodée et une flèche de sédiments transportés par les courants marins s'est formée à la pointe nord de l'île.

 

 

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                  La silhouette érodée de Surtsey, en septembre 2009 - photo CanonS2

 

Sources :

- Global Volcanism program - Vestmannaeyjar

- The Surtsey research society - link

- Surtsey island - Vulkaner - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Les îles Vestmann, en islandais Vestmannaeyjar, forment un archipel comprenant une dizaine d’îles et îlots, résultant tous d’éruptions sous-marines post-glaciaires.

Alfsey, Helliset et Geirfuglasker sont les témoins d’activité explosive ; Heimaey, Ellidaey et Bjarnarey ont atteint le stade le plus évolué des éruptions en milieu marin, avec une phase effusive plus importante.

 

721px-Vestmann_archipel_topographic_map-fr.svg---carte-Pinp.png                                     Carte de l'archipel des Vestmann. - SVG Pinpin

 

Vestmann-AVE.jpg                             Les îlots entourant Heimaey - © Antony Van Eeten


L’activité volcanique aurait commencé entre 100.000 et 200.000 ans ; sur les 80 bouches éruptives connues, seules 17-18 sont émergées actuellement. L’activité de ces cratères est plus récente, entre 10 et 20.000 ans. Comme Surtsey, la plus récente (1963), chaque île, à l’exception d’Heimaey, s’est formé au cours d’une seule éruption. Ces volcans sont alimentés au départ d’une chambre magmatique qui se trouve à une trentaine de kilomètres de profondeur.


L’archipel doit son nom , "archipel des hommes de l’ouest", à un fait divers survenu vers 840. Heimaey a servi de refuge à des esclaves irlandais fuyant l’Islande après avoir tué leur maître, un fermier scandinave établi sur la côte sud de l’Islande. Le frère de celui-ci poursuivit les meurtriers et les tua. Le surnom d’ "hommes de l’ouest" attribué aux irlandais est resté à l’archipel en référence à cet évènement.

 

Dossier-20-9974.JPGCarte géologique schématique de l'île de Heimaey - doc. Guide des volcans d'Europe par Krafft & de Larouzière .

1 :hyaloclstites du Pléistocène - 2 : tuffs et hyaloclastites de l'Holocène - 3 : coulées de lave de l'Holocène - 4 : coulées de 1973 - 5 : parties de la ville recouvertes par les coulées de 1973 - 6 : contours de la ville d'Heimaey - 7 : cratères - 8 : fissure éruptive de 1973 - 9 : ligne de rivage avant l'éruption de 1973.

 

Heimaey, 16 km², est située à 12 km. de la côte islandaise ; c’est la plus importante escale maritime pour l’industrie de la pêche locale. Le complexe volcanique qui forme l’île est le plus grand des Vestmannaeyjar : la partie nord de l’île, vraisemblablement d’origine sous-glaciaire, date de plusieurs dizaine de milliers d’années. Heimaklettur, le point culminant de l’île, culmine à 283 mètres. La vallée d’Herjolfsdalur, un ancien cratère situé à l’ouest de la ville, rassemble chaque année en août des milliers de personnes qui font flamboyer la vallée en allumant des bûchers, au cours de la nuit.

A proximité du port et de la cité, trois volcans : l’Helgafell, "la montagne sacrée " , l’Eldfell,  "la montagne de feu", et le Saefell, "la montagne de la mer" ; la coulée de Storhöfdi, datée de plus de 5.400 ans, le prolonge vers le sud.

Sur Heimaey, les tuffs palagonitisés et les laves, des basaltes à olivine, ont une importance égale en volume.

 

L’Helgafell, haut de 227 mètres, a été formé lors d’une éruption secondaire datée d’un millier d’année, sur base de laves datant elles de 4.000 ans.

Cette éruption sous-glaciaire monogénique a créé une dorsale de hyaloclastite basaltique longue de 2 km, large de 800 m. et haute initiallement de 300 m.  Diverses études ont démontré que l’éruption de l’Helgafell s’est déroulée sous une épaisseur de glace importante, estimée à 500 mètres, et qu’elle a de ce fait des similitudes avec l’éruption de Gjälp en 1996.

 

Helgafell---AVE.jpg                                      L'Helgafell, vu de la ville - © Antony Van Eeten 

 

Eruption sur le flanc est de l’Helgafell en 1973 : la naissance de l’Eldfell. (d'après un récit détaillé de M. Krafft)

 

Les 21 et 22 janvier 1973, des séismes ont lieu sous l’île de Heimaey, trop faibles pour être ressenti par la population, mais enregistrés sur les sismographes.

Le 23, à 1h.55, une fissure de 300 mètres s’ouvre sur le flancs est de l’Helgafell ; elle passe rapidement à 1800 m. ; une vingtaine de fontaines de lave jaillissent de celle-ci, à plusieurs centaines de mètres de hauteur … le vent entraîne cendres et scories vers la ville de Vestmannaeyjar. Les 5.300 habitants sont évacués en sept heures, les moins valides par les airs, les autres embarquent sur les bateaux de pêche en direction de la grande île.

Le 24, seules trois fontaines sont très actives sur la partie NE de la fissure, qui émet des coulées de lave en direction est. Les coulées atteignent la mer, et le 25, le panache de vapeur et de cendres atteint 9.000 m. de haut. … la ville est recouverte de 10 cm. de poussières.

 

Heimaey - islandadventures.is                  L'éruption de l'Eldfell en 1973 - photo archives islandadventures.is.


Le 26, la fissure atteint 3 km. de long se prolongeant en mer des deux côtés ; un cône de scories s’est formé, qu’on appellera plus tard Eldfell, d’où jaillissent des fontaines de lave hautes de 150 m. et des coulées qui s’avancent de 500 m. en mer.

Le 30 janvier, le nouveau volcan a atteint 115 mètres de hauteur, les épanchements de lave ont agrandi l’île de 1 km² et l’on estime que le volume de cendres retombées sur la ville est de 2 millions de m³.

 

Heimaey-1-AVE.jpgTrente ans après l'éruption, on peut encore apercevoir des ruines sous la couche de cendres durcie - © Antony Van Eeten


Heimaey----USGS.gifQuinze jours plus tard, la surface couverte par la lave est de 3 km² ; les coulées menacent de fermer le port, et de condamner par la même occasion l’industrie locale axée sur la pêche.

Carte détaillant la progression des coulées en fonction du temps - doc. USGS


En mars, les coulées de lave avancent lentement mais inexorablement dans la ville, engloutissant une soixantaine de maisons et détruisant trois des cinq batiments de congélation.

 

Dossier-20-9975.JPGSur la petite photo, prise avant l'éruption, seule la silhouette de l'Helgafell domine le port - Sur la grande, on voit les deux cônes et la nappe de lave de 220 hectares, qui a failli condamner l'entrée du port. - photos archives Time-Life by Mats Wibe Lund.

 

Mais le courage et l’obstination des quelques 150 volontaires restés sur place, permettront de limiter les dégâts de l’éruption : dès le début de février, ils décident de verser de l’eau de mer sur le front de lave pour le figer. Des aides extérieures amènent des pompes de grande puissance et c’est maintenant 4.500 tonnes d’eau de mer qui sont déversées chaque heure sur le front de coulée, ce qui amène sa température à 200°C. Vingt mille m³ de roches en fusion sont ainsi refroidi chaque heure, et aussitôt attaqués par les bulldozers et nivelés pour créer un barrage naturel.

En mai, l’activité explosive devient intermittente puis elle s’arrête.

En juillet, quelques familles reviennent sur Heimaey et remettent en route une usine de traitement du poisson. Dans l’année qui suit, la totalité des habitants a regagné la ville, nettoyé et évacué les cendres ; La ville bénéficie maintenant du chauffage assuré par le volcan, et seuls les anciens se souviennent de cet épisode dramatique.

 

Un résumé vidéo en 3 minutes :


 

 

 

Eldfell-et-Helgafell---AVE.jpgLe port de Vestmannaeyjar, et ses volcans proches, l'Eldfell à gauche, l'Helgafell à droite. - © Antony Van Eeten

 

Heimaey-5-AVE.jpgLe port vu de l'Eldfell, avec à droite les coulées qui ont menacé le port de fermeture - © Antony Van Eeten

 

Heimaey-3-AVE.jpgLes côtes ouest de l'île d'Heimaey - l'îlot de Bjarnarey et la côte islandaise au loin. - © Antony Van Eeten


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Le cône de l'Eldfell avec sa partie ouest qui s'est effondrée vers la ville en février 1973 - © Antony Van Eeten


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                    Le cratère de l'Eldfell et le champ de lave- © Antony Van Eeten

 

Heimaey---entree-du-port---ChrisGoldNY.jpg                       L'entrée du port devenue plus étroite - © Antony Van Eeten


Les îles Vestmann, c'est aussi un peu plus de 4.200 habitants pour 2 millions de macareux : les falaises de l'archipel abritent la plus grande colonie de "perroquets des mers" au monde.


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Les macareux décorent les falaises abruptes des Vestmann - © Antony Van Eeten

 

La chasse aux macareux est une tradition islandaise qui remonte Puffin_hunter_in_Sudurey---Spm.jpgaux premiers colonisateurs de l'île. Elle est toujours pratiquée par les autochtones qui chassent les oiseaux à l'aide de filets triangulaires attachés au bout de longues cannes en fibre de verre.

"Pêche" de macareux à Sudurey - doc.spm

Les chasses sont remontées sur les épaules ... entre 50 et 60 kg. en moyenne.

Le prélèvement est estimé à 2% de la population de macareux de l'archipel.

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Vestmannaeyjar

- Guide des volcans d'Europe - par M. Krafft & de Larouzière

- The formation of Helgafell, a monogenetic subglacial hyaloclastite ridge : sedimentology, hydrology and ice-volcano interaction. - Schopka, HH and Gudmundsson, MT and Tuffen, H (2006) The formation of Helgafell, SW-Iceland, a monogenetic subglacial hyaloclastite ridge: Sedimentology, hydrology and ice-volcano interaction. Journal of Volcanology and Geophysical Research, 152 (3-4). pp. 359-377. ISSN 0377-0273

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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La péninsule de Snaefellsnes, à l'ouest de l'Islande, se caractérise par des basaltes alcalins.


La péninsule de Snaefellsnes est intéressante au niveau géologique, car elle regroupe des formations liées aux différentes périodes du passé géologique islandais. Elle diffère, au niveau volcanologique,  du reste de l'Islande, car il ne s'agit pas d'une zone de rift ... les magmas émis sont ici de composition alcaline et non tholéiitique comme ailleurs dans l'île.

Les structures proéminentes sont d’âge post-glaciaire. Outre le seul stratovolcan de la péninsule recouvert d’un glacier, le Snaefellsjökull, on trouve, au nord de celui-ci, des collines constituées de tuff palagonitique, formées au cours d’éruptions sous-glaciaire ou sous-marines, aux alentours de Bárðarkista.

Divers petits volcans - Purkhólar, Hólahólarr, Saxhólarr and Öndverðarneshólarr – sont entourés de nombreuses coulées de lave, dont certaines contiennent des tunnels.

 

A l'entrée de la péninsule, on retrouve la coulée Eldborgarhraun et son cône de scories, l'Eldborg, "la forteresse du feu". Ce volcan récent, âgé de 5.000 ans fait 60 mètres de haut pour 200 de longueur; son cratère a une profondeur de 50 mètres. Il fait partie du système volcanique actif de Ljosufjöll, d'une longueur de 50 km.

 

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             Le cône de l'Eldborg parait plus massif à contre-jour. - © Antony Van Eeten

 

Tout le substratum de la presqu'île est formé d'épanchement basaltique datant du tertiaire.

 

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Sur la route du Snaefellsjökull, on rencontre le massif des trapps tertiaires - © Antony Van Eeten

 

38288_425684036440_645396440_5090787_1301341_n-copie.jpg                       © Antony Van Eeten

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                 © Antony Van Eeten


Le Snaefellsjökull, littéralement "le glacier des montagnes des neiges" - ou "le volcan au capuchon de neige", est un stratovolcan haut de 1448 m., aux flancs ponctués de cônes pyroclastiques, recouvert d’un glacier. Agé de 700.000 ans, on trouve sur la structure les traces d'au moins 20 à 30 épisodes éruptifs, dont seule une partie a été datée à environ 6.000 avant JC. Les cratères des bas flancs ont produit des coulées de lave basaltique, tandis que ceux des flancs supérieurs émettaient des matériaux siliciques à intermédiaires. La dernière éruption  remonte seulement à l’année 200 après JC. ; elle fut explosive et a produit 110 Mm³ de laves au départ du cratère sommital.

 

Snaefelljökull AVE 2Le Snaefelsjökull, avec en avant-plan, un des nombreux cônes pyroclastiques -  © Antony Van Eeten

 

Mt-Stapafell.jpg                          © Antony Van Eeten

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Le mont Stapafell surplombe la bourgade d'Arnarstapi. On y retrouve encore des maisons islandaises entièrement tapissée de gazon, à l'exception de leur entrée. - © Antony Van Eeten

 

Dans le coin de Stapafell, une coulée du Snaefellsjökull est particulièrement esthétique suite à l’érosion marine qu’elle a subie. On y découvre de superbes orgues volcaniques et de petites plages de sable noir.

 

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Une des coulées du Snaefelsjökull arrive jusqu'à la mer et présente de belles orgues (au centre) et rosaces basaltiques (à gauche) -  © Antony Van Eeten

 

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Ce côté de la coulée basaltique présente à gauche des orgues verticales (coulée horizontale) et des orgues horizontales (intrusion verticale) an niveau de la "grotte" . Dans l'échrancrure, s'est formée une petite plage de sable noir volcanique. -  © Antony Van Eeten


La direction de ces orgues est en général perpendiculaire aux surfaces de refroidissement. Cela donne donc des orgues verticales pour des coulées horizontales, qui se refroidissent par le haut et par le bas, et des orgues horizontales dans les dykes qui se refroidissent par les cotés.

Quand de la lave chemine par un conduit plus ou moins cylindrique, ou forme une "intrusion" plus ou moins cylindrique, le refroidissement par la périphérie du cylindre entraîne la formation d’orgues perpendiculaires aux parois du cylindre, c’est à dire radiales, et dessine une rosace ou une gerbe de prismes. (P.Thomas - ens Lyon)

 

Stapafell-coulee-AVe-5.jpgEscarpement favorable à l'établissement d'une colonie de mouettes tridactyles - Rissa tridactyla -  © Antony Van Eeten

 

39166_425705161440_645396440_5091496_3113601_n-copie.jpgLe loyer est bon marché, mais la surface restreinte : colonie de Guillemots de Troïl - Uria aalgae -  © Antony Van Eeten


Ces falaises sont colonisées, en période de nidification,  par des oiseaux marins – mouettes tridactyles, pétrels, pingouin torda et guillemots - et couvertes de guano. Le dessus des falaises abrite les sternes arctiques, les macareux moines, les pluviers.

 

38516_425684551440_645396440_5090828_4335767_n-copie.jpg              Un biotope "plus intérieur" est lui favorable aux sternes -  © Antony Van Eeten

 

38288_425684021440_645396440_5090784_1763087_n-copie.jpgExcellente photo descriptive de la Sterne arctique - Sterna paradisaea : queue longue, bec tout rouge, rémiges blanches et translucides de dessous - © Antony Van Eeten

 

38707_425705381440_645396440_5091516_6436563_n-copie.jpgLe macareux niche en colonies sur les pentes abruptes et herbeuses, où il creuse son terrier - © Antony Van Eeten

 

38417_425705921440_645396440_5091564_6055784_n-copie.jpgMacareux moine - Fratercula arctica : préférez le "petit frère" dans son biotope fleuri, plutôt que dans l'assiette, entouré de quelques feuilles de salade. - © Antony Van Eeten

 

Le volcan doit une part de sa célébrité à Jules Verne ; dans son 20110226191149--Journey_to_the_Center_of_the_Earth-_by_Edo.jpglivre "Voyage au centre de la Terre", écrit en 1864, ( Couverture de la première édition par Ed.Riou.) il y relate les aventures du professeur Lidenbrock, de son neveu et du guide Hans Bjelke. Suite à la lecture d’un manuscrit ancien, ils décident d’un voyage vers le centre de la terre, en y entrant par le volcan islandais Snaeffel. Le cratère éteint renferme trois cheminées, et grâce aux indications du manuscrit, il trouve le passage … après de nombreuses péripéties et découvertes, ils ressortent de leur périple souterrain au Stromboli.

 

Où la fiction rejoint la réalité :

Une équipe du National Geographic est descendue en octobre 2010, accompagnée des volcanologues F.Sigmundsson et H.Sigurdsson, dans le cratère du volcan Thrihnukagigur, situé à proximité de l'Eldborg, dans le but d'étudier et de filmer "la chambre magmatique" du volcan ... il faudrait plutôt dire "le système d'alimentation supérieur" de ce volcan, semblant composé de différents conduits d'après les photos.  

Conduit aboutissant dans le bas de la "cheminée élargie" prospectée par les équipes du Nat. Géo. - doc. VSO

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L'élargissement de la cheminée dans la portion supérieure du "système de plomberie " du volcan Thrihnukagigur - Notez la teinte violacée du bas de la cheminée proprement dite -

doc. Hans Strand / Barcroft Media in Nat Geo et VSO.

 

Sa dernière éruption date de 3.000 ans seulement. Malgré qu'il puisse de nouveau connaitre une période d'activité, VSO projète d'en faire une attraction publique.

 

La vidéo du National Geographic Channel montre le montage des  installations nécessaires pour opérer le tournage:


 

 

Notre tour de l'Islande prend fin ... il nous reste à examiner les Vestmannaeyjar, avec les volcans Eldfell, Helgafell et Surtsey.


Sources :

- Guide des volcans d'Europe - par M. Krafft & de Larouzière

- Guide ornitho - K. Mullarney, L. Svensson, D. Zetterström, et P. Grant

- National Geographic - into Iceland's volcano - link

- Vso Radgjöf - Thrihnukagigur - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Tjörnes

 Carte de situation des zones d'activité volcanique sous-marines  - doc. Jacques Angelier.


Tjörnes est un volcan sous-marin situé à 10 km. au large de la côte nord-islandaise ( 66°18’ N – 17°06’ W)  sur la zone de fracture de Tjörnes.


Carte des séismes de la zone de fracture nord du 02.05.2011 - Icelandic Met Offfice.

Tjornes-fract-zone---02.05.2011.pngCette zone de fracture est une zone de haute sismicité, large de 80 km. , marquée par deux failles : la faille d’Husavik et la faille Guðfinnugjá.

La faille d’Husavik a une trace terrestre, caractérisée par des dépressions qui sont occupées par des lacs.

La zone de fractures de Tjörnes sous-marine est une zone de transformation oblique, séparant la zone volcanique nord de la dorsale de Kolbeinsey, qui fait partie de la dorsale médio-atlantique au nord de l’Islande.

 Une éruption sous-marine a été enregistrée en 1867-68 dans la partie sud-est du système fissural immédiatement au nord de l’île Manareyjar.

 

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         Position (ndlr : approximative) des dorsales entourant l'Islande - doc. Mikenorton


kolbeinsey2004---Skipperinn.is.jpg        Kolbeinsey est soumise à une érosion marine importante - photo 2004 Skipperinn.is.

 

L’île de Kolbeinsey (66°40’ N – 18°30’ W/ 66°66’ N – 18°50’ W) est la seule expression aérienne de la dorsale médio-atlantique au nord de l’Islande. Elle s’est formée entre la fin du Pléistocène et l’Holocène (des analyses au radiocarbone la date d’environ 10.000 ans.

Cette île est soumise à une forte érosion : elle est passée de 700 mètres de long en 1.616 à 42 mètres de long et une hauteur de 5 mètres seulement en 1985 … elle devrait disparaître sous le niveau marin dans le courant du 21° siècle.

 

kolbeinsey-_saga.jpgL'érosion et la submersion de l'île de Kolbeinsey entre 1616 et 1986 - doc. Geology and erosion of Kolbeinsey island - réf. en sources.


Un champ hydrothermal immergé est situé au sud de l’île.


LE GVP a répertorié des éruptions en 1732, 1755 et un évènement Kolbensey-1999---IMO.jpgen 1999 :  ce pourrait être une éruption sous-marine ou une intrusion dans un dyke, d’après la sismicité relevée par l’Icelandic seismological network, et centrée à 100 km. au nord de l’île de Kolbeinsey , sur le sud de la dorsale du même nom.

 

Carte bathymétrique montrant l'essaim de séismes du 30.08.1999 le long de la partie sud de la dorsale de Kolbeinsey , au sud de la zone de fracture Spar - doc. Icelandic Met Office.

 


 

Petite entorse géographique : puisque nous avons une carte des dorsales du nord-atlantique qui en parle, quelques mots sur l'île volcanique Jan Mayen, appartenant à la Norvège.

 

beertec.gifRelativement récente, moins de 700.000 ans, cette île, située sur la plaque eurasienne, a été formée par un panache mantellique pratiquement à l'aplomb de la dorsale médio-atlantique.

 

Une centaine de bouches éruptives, six dômes de trachytes et de nombreuses fissures éruptives ont émis depuis la fin du Pléistocène des laves basaltiques et trachytiques, plus ou moins remaniées par une érosion forte et les glaciers.

 

Jan_Mayen_geology-fr---Remih-wiki.png                                     Carte géologique de Jan Mayen - doc. Rémih

 

Le stratovolcan Beerenberg forme la partie nord de l'île, Nord-Jan. En 1970 et 1985, des éruptions fissurales sur son flanc nord-est ont produit des coulées basaltiques qui ont agrandit l'île.

Son sommet, qui culmine à 2277 mètres, abrite un cratère de 1.000 m. de largeur

Sør-Jan, la partie sud, est composée de cratères, de cônes de scories, de dômes de trachyte et de leurs laves et tephra.

 

Jan-Mayen---Beerenberg---ph.-Ulrich-Waack.jpg         Le stratovolcan Beerenberg, recouvert de 115 km² de glaces - photo Ulrich Waack.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Kolbeinsey ridge

- Geology and erosion of Kolbeinsey North of Iceland - by Kristján Sæmundsson and Árni Hjartarson Orkustofnun (National Energy Authority) - link

- Global Volcanism Program - Tjörnes fracture zone

- Global Volcanism Program - Jan Mayen

- Jan Mayen -le site officiel - geology.

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Publié le par Bernard Duyck
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                  Vue aérienne de la zone Namafjall-Hverir  -  photo H.Krapf.

 

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               Les fumerolles se confondent avec les nuages - © Antony Van Eeten

 

Namafjall, autrement dit  « la montagne de la carrière », est un champ géothermal situé à l’est de Myvatn, sur le côté d’une dorsale palagonitique aux teintes caractéristiques. Elles proviennent de l’altération des roches par les solfatares : de l’orange à l’ocre ou au jaune, toutes les nuances sont sublimées par les fumées et la lumière d’Islande, sans parler de l’omniprésente odeur d’hydrogène sulfuré… non transmissible, à humer sur place !

La zone é été exploitée autrefois par le roi du Danemark ; le soufre était extrait pour la fabrication de poudre à canon.

 

800px-Fumarole_im_Feld_Namafjall_Hverir---Hedwig-Storch.JPG                                               Solfatare - photo Hedwig Storch.


Actuellement, au pied de Namafjall, on utilise la géothermie pour sécher et purifier la diatomite, pompée sous forme de boues au fond du lac Myvatn, et acheminée ici par tuyauteries. La vapeur de certains forages sort à 350°C et sous plus de 50 atmosphères. Les forages les plus profonds ont atteint 1.300 mètres et , en 1977, l’un d’entre eux a abouti à l’émission accidentelle de trois tonnes de lave (1,2 m³) , ce qui constitue le record de la plus petite éruption volcanique jamais enregistrée.

 

Namafjall-Hverir-9---AVE.jpg                  Toute la zone est altérée par les solfatares - © Antony Van Eeten

 

Solfatares et marmites de boue se partagent le paysage du site de Hverir.

Les croûtes de boue cachent des bains bouillonnants où la température atteint 70- 100 °C. Selon la viscosité de la boue et la pression des gaz qui la traversent, le bouillonnement peut aller d’une simple bulle en surface à des projections plus violentes. Le bord de ces marmites de boue est instable, et il est conseillé, pour éviter les brûlures, de rester sur les pontons.

 

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                 Attention : prenez bien en compte la direction du vent - © Antony Van Eeten


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                                                                                                   © Antony Van Eeten

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                                       Le soufre affleure par places - © Antony Van Eeten


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                                                                                                        © Antony Van Eeten


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                                              Marmites de boue  -  © Antony Van Eeten


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                                       Glougloutements de grosses bulles - © Antony Van Eeten


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                                     Explosions plus furieuses - © Antony Van Eeten

 

Namafjall-Hverir-1---AVE.jpg                              Région inhospitalière pour l'humain ... - © Antony Van Eeten

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               ... mais habitat favorable aux bactéries thermophiles - © Antony Van Eeten


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