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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Aujourd'hui, peu ou pas de tectonique, simplement quelques photos d'une nature brute mais superbe ... quelque part dans le nord de l'Islande.

 

Dossier-20-9969-copie.jpgLe graben médian nord-islandais : avec les systèmes volcaniques Askja-Dyngjufjöll, Fremri-Namur et Krafla - doc. Schutzbach / M.Krafft Volcans d'europe

1. fissure éruptive - 2. Volcan-bouclier postglaciaire - 30 Volcan-bouclier intraglaciaire - 4. Tuya würmien - 5. ancien volcan sous-glaciaire - 6. ride palagonitique - 7. complexe éruptif centré - 8. caldeira - 9. systèmes fissuraux.

 

En remontant de l'Askja vers le lac Myvatn au nord, on rencontre, entre Dyngjufjöll et Fremri-Namur, la coulée Sudurarhraun, coupée par la chute Aldeyjarfoss : la rivière Skjalfandafjlot y tombe de 20 mètres entre des colonnades basaltiques qu'elle met ainsi en valeur.

 

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        Marche sur la coulée Sudurarhraun pour découvrir la cascade - © Antony Van Eeten


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                                         La cascade Aldeyjarfoss -  © Antony Van Eeten


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La rivière Skjalfandafjlot coupe la coulée basaltique et laisse se découvrir une belle zone à orgues -  © Antony Van Eeten


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La zone à orgues bien régulière se termine, sur la gauche par une "prismation en gerbe" -  © Antony Van Eeten

 

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 Gros-plan sur le gerbe ; au pied de celle-ci, des morceaux de colonnes sectionnées sous l'effet du gel et dégel.  - © Antony Van Eeten

 

orgues-volcaniques-fig06.jpg

 

 

Un examen attentif des photos permet de retrouver les zones caractéristiques d'une coulée basaltique prismée : substrat sous-basaltique, zone à orgues ou colonnade , zone de faux-prismes ou entablement, et structures en fausses colonnades et scories qui surmontent le tout.

 

Toujours plus au nord, en approchant la zone du Krafla, les paysages changent.

 

 

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                               Cônes et coulées de lave -  © Antony Van Eeten

 

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Une coulée de lave vient séparer deux zones où la géothermie s'exprime différemment : fumerolles et vapeur, versus mudpots. -  © Antony Van Eeten


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                La géothermie est reponsable de ces teintes pastels -  © Antony Van Eeten


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      "On aime ... ou on déteste" ... mais cela ne laisse pas indifférent ! -  © Antony Van Eeten

 

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            Le graben est parcouru de failles et de coulées de lave -  © Antony Van Eeten

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe - par M. Krafft et de Larouzière.

- Le pourquoi d'une géométrie hexagonale - lien

- Pour les "amateurs d'orgues" : voir les articles des 04.02 - 05.02 - 06.02 - 07.02.2010 sur ce blog

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La zone volcanique nord est composée de nombreuses structures volcaniques, dont les grands volcans Askja et Krafla bien connus, et d'autres : Fremri-Namur, Theistareykir, les volcans sous-marins Kolbeinsey et Tjörnes.

 

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L’ Askja appartient à la zone volcanique de Dyngiufjöll située sur un système de fissures qui s’étend sur 100 km. depuis le Vatnajökull.

Dyngiufjöll est la ruine d’un immense stratovolcan datant du Pléistocène ; il couvre environ 450 km² et son sommet le plus élevé atteint 1.510 mètres. Ce vieux volcan entoure la grande caldeira d’Askja. Le massif de Dyngiufjöll est Pillow_lava_Askja---Laurent-Deschodt.jpgessentiellement constitué de palagonite et de pillow lavas, mêlées à des intrusions basaltiques et rhyolitiques ; il s’est formé sous la glace avant d’en émerger … un énorme effondrement dans la partie sommitale du volcan donne naissance à la caldeira d’Askja. Pillow lava - photo L.Deschodt.

 

askja volcano iceland photo michael ryan 1984 usgsLes cratères emboités d'Askja couronnent le volcan Dyngjufjöll - photo Michael Ryan / USGS

 

L’Askja, signifiant « boite » en Islandais, est constitué de plusieurs caldeiras emboîtées et de nombreux cônes de scories, alignés sur des fractures éruptives. La caldeira est d’une superficie de 45 km², avec son plancher à une altitude moyenne de 1.100 mètres.

Un lac bleu foncé , l’Öskjuvatn, occupe la partie sud-est de la caldeira effondrée.

Peu de choses sont connues sur les éruptions jusqu’en 1875, étant donné l’éloignement de la région.

 

Dossier-20-9968.JPGCarte schématique du complexe volcanique de Dyngjufjöll-Askja - doc. Schutzbach / Guide des volcans d'Europe - Krafft et de Larouzière.

 

askja_dem.jpg                                          Askja en 3D - doc. space.dtu.dk

 

Le 28 mars 1875, un panache plinien de cendres et de ponces célèbre la naissance du cratère Viti, en bordure nord de l’Öskjuvatn. En moins de douze heures, le cratère Viti, d’à peine 100 mètres de diamètre, projette plus de 2 km³ de ponces rhyolitiques blanches. Les cendres de l’éruption vont couvrir 650.000 km². L’éruption est classée de VEI 5… cette épisode devrait être à l’origine d’une vaste émigration des Islandais vers l’Amérique, en raison de la crainte d’une famine identique à celle de 1783 consécutive à l’éruption du Laki.

Quelques semaines plus tard, la partie sud-est de la caldeira s’effondre : une petite caldeira de 4,5 km.de long sur 2,6 de large, s’est installée dans la caldeira d’Askja. Le lac Öskjuvatn l’occupe peu à peu . Sa profondeur atteint actuellement 224 mètres.


Viti_geothermal_lake_at_Askja---Boaworm.jpg     Le cratère Viti, aux eaux laiteuses en bordure de l'Öskjuvatn - photo Boaworm.


Des éruptions modestes , échelonnées entre 1919 et 1929, produisent les coulées qui entourent la lac. En 1926, un cône de scories naît dans ce lac : l’îlot Eyja.


Après plus de trente ans de repos, une nouvelle activité commence en octobre 1961 : an nord de Viti, des solfatares voient le jour, accompagnées d’activité geysérienne. Le 26 octobre, une fissure longue de 800 m. s’ouvre près des solfatares, avec des fontaines et des coulées de lave. L’éruption s’arrête en décembre. Trois cratères se sont formés, les Vikraborgir, qui ont donné naissance à la coulée Vikrahraun.( - hraun = lave).

 

askja_vikraborgir.jpg         Askja - un des cratères égeulés de Vikrabogir - photo Voyage en Islande.

 

askja_sommet.jpgAskja - du haut de la caldeira, vue sur la coulée Vikrahraun qui tranche sur les ponces et en arrière-plan, l'Herdubreid - photo Voyage en Islande.


Depuis cette date, le volcan est en sommeil, mais on observe un léger affaissement de la caldeira suite au vide laissé par l’émission de grandes quantités de lave. Des périodes d’inflation suivie de déflation semblent indiquer que des injections magmatiques se produisent en profondeur.

 

L’essaim de fissures étendu sur 100 km., incluant le graben Sveinagja, est relié au système volcanique de l’Askja, au même titre que de petits volcans-boucliers comme le Kollatadyngja.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Askja

- Voyage en Islande - la caldeira d'Askja - link

- Guide des volcans d'europe - M. Krafft & de Larouzière.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le système volcanique du Bardarbunga-Veidivötn, est situé sous la partie nord-ouest de la calotte du Vatnajökull et au nord-ouest du Grimsvötn. Recouvert entièrement par les glaces, il mesure 190 km. sur 28, soit 2.500 km² de superficie. Il culmine à 2010 mètres et est situé à l’aplomb du panache du point chaud islandais.

 

Bardarbunga---funver.jpg      Bardarbunga - subsidence et éruption phréatique (non datée) - photo funver.com


Il est constitué de deux stratovolcans, le Bárðarbunga stricto-sensu couronné par une caldeira de 700 mètres de profondeur et l’Hamarinn, situé au sud-ouest du premier. De ces volcans, s’étirent des ensembles de fissures volcaniques : celles de Veiðivötn et Trollagigar sur cent kilomètres en direction du sud-ouest depuis le Bárðarbunga ; et celles de Loki et Fögrufjöll depuis l'Hamarinn, et orientées respectivement vers le nord-est et le sud-ouest.

Le système de fissures de Veidivötn a été la source d’éruptions majeures à l’Holocène, produisant un volume de lave supérieur à 21 km³. En 870 après JC., une éruption de VEI 4 à Vatnaöldur, au départ d’une fissure de 42 km. de longueur, a produit 3,3 km³ de tephra, formant le couche Landnam, au moment de l’établissement de l’Islande ; au cours de cette éruption,  des explosions phréatiques ont produit des nuées ardentes. La dernière éruption majeure de Veidivötn datée de 1477 après JC, de VEI 6, a produit 2500 Mm³ de laves et 10.000 Mm³ de tephra.

La dernière éruption connue avec certitude est celle de juin à octobre 1910, les dix suivantes entre 1986 et août 2008 n'étant pas confirmées.

 

4-Location-of-Kistufell.png                                      Séismes régionaux de 2009 -


Bardarbunga_2.jpgLe Bardarbunga, vu du Grimsvötn - Photo by Oddur Sigurdsson, 1977 (Icelandic National Energy Authority).

 

 

Début 2011, des scientifiques islandais s'alarment du risque que fait courir une possible éruption du Bárðarbunga, ce volcan étant considéré comme beaucoup plus puissant que l'Eyjafjöll qui a entraîné des perturbations du trafic aérien sans précédent en avril 2010. Cette inquiétude survient après la détection début février d'une augmentation de l'activité sismique sous le nord-ouest du Vatnajökull avec une hausse du nombre de secousses et l'augmentation de leur intensité, le plus puissant atteignant une magnitude de 3,4. En outre, le réseau de sismographes dans ce secteur de l'Islande est jugé insuffisant pour permettre une analyse complète et fiable de la sismologie du Bárðarbunga, ce qui permettrai une détection pertinente d'un trémor, donc d'une éruption. Bien que les hypocentres de ces séismes se trouvent éloignés de la surface, ces scientifiques du département de géologie de l'université d'Islande s'attendent à une éruption sous le Vatnajökull avant la fin de l'année 2011, cette activité sismique étant liée au remplissage de la chambre magmatique.

Quoiqu’il en soit, la position de ce volcan, à l'aplomb du point chaud alimentant le volcanisme, laisse penser que l'activité éruptive pourrait devenir plus fréquente dans un délai géologiquement très court (siècles).

Les jökulhlaups liés aux éruptions affectent les drainages dans toutes les directions.

 

Une dernière vue sur la Vatnajökull , avant d'attaquer la zone volcanique nord :

 

Vatnajokull---reflexions---Dr-Claus.jpg                           " Réflexions" par le Dr Jaus / Flickr.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Bardarbunga

- Insights into the kinematics of a volcanic caldera drop: Probabilistic finite-source inversion of the 1996 Bárdarbunga, Iceland, earthquake - par Andreas Fichtner , Hrvoje Tkalčić .

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La caldeira du Grimsvötn, large de 6 km sur 8, est occupée par un lac intra-glaciaire créé par l’action géothermique du volcan. Grimsvötn , en islandais « les lacs masqués », doit son nom à ce lac.

Ce lac se vidange tous les 5 à 10 ans, en formant des jökulhlaups dans la plaine de Skeidararsandur, sur le côte SO. de l’Islande.


Hormis l’éruption de 1783-85, concomittante à celle de Lagagigar, il est impossible de lister les éruptions du Grimsvötn, qui ont lieu à peu près tous les 10 ans de 1619 à 1972. Les plus importantes du 20° siècle sont datées de 1902, 1922, 1933, 1934, 1938, 1945 et 1954. Une éruption s’était produite en 1983-1984, mais il n’y avait pas eu à l’époque de jökulhlaup.


L’éruption sous-glaciaire de 1996 fut bien suivie : le 29 septembre, un séisme de magnitude 5,4 ébranle le Vatnajökull, suivi par un trémor intense. Le matin du 1° octobre, un survol permet d’observer une dépression dans le glacier, entre le Bardarbunga et le Grimsvötn ; elle s’approfondit dans la journée pour former un allongement NNE-SSO.


Grimsvotn---subsidence-01.10.1996---R.Axelsson.jpg

Subsidence en cuvette sur la calotte glaciaire au niveau du flanc nord du Grimsvötn - 01.10.1996 - photo R.Axelsson /GVP

 

Une éruption fissurale est en cours, appelée éruption de Gjälp, affectant une zone longue de 6 à 9 kilomètres. La surface de la glace surmontant la caldeira du Grimsvötn, à 15 km. de la fissure, commence simultanément à s’élever ….les géologues interprètent ce phénomène comme la preuve que de grandes quantités d’eau de fusion viennent se déverser dans la caldeira en cheminant sous le glacier.

 

IMO---1996.png                       Emplacement de la fissure éruptive - carte Icelandic Met Office /GVP

 

Gjalp-96.jpgeruption de Gjälp / Grimsvötn - panache de vapeur 02.10.1996 - photo Institute of Earth Sciences.


Le 2 octobre, un lac s’est formé sous le glacier et de puissantes explosions de type surtseyen jaillissent du lac et un panache de cendres et de vapeur atteint plusieurs milliers de mètres d’altitude. Une ride palagonitique s’érige, qui atteindra localement 300 m. de hauteur et s’étendra sur 7 à 8 km.


Le jökulhhaup attendu et redouté, après l’éruption,  débute le mardi 5 novembre 1996 vers 8h30 locales. Il fut précédé la veille, vers 21h30, d’un trémor au niveau de la caldeira du Grimsvötn (à 50 km du point de sortie de la crue glaciaire du Vatnajökull ).
Le débit de l’eau glaciaire augmente le 5 novembre d’un facteur 100 en quelques heures, dépassant les 20.000 m³/sec. puis atteignant, à son maximum, vers 23h, 45.000 m³ /sec., pour retomber le lendemain, vers 12h, à 6.000 m³ /sec., annonçant ainsi la fin du jokulhaup.
Cette crue glaciaire, la plus importante du siècle, a complètement submergé la plaine de sables au sud, emportant des parties du glacier, et provoquant des dégâts considérables. Au moins 10 km de la route circulaire ont disparu et 10 autres km ont été endommagés ; surtout, plusieurs ponts ont été fortement endommagés (ceux de Saeluhusakvisl et Skeidara), et le pont de Gigjukvisl, long de 380 m., a disparu. 


Du 18.12 au 28.12.1998, une activité explosive sous-glaciaire assez brève se produit, à 10 km au sud du site de 1996. Un panache de cendre et vapeur se développe jusqu'à 10 km d'altitude et des déferlantes basales seront observées formant un anneau de tuf. Aucun jökulhlaup ne se produit cette fois-ci, la vidange ayant été faite lors de l'éruption de 1996. Les volcanologues islandais pensent que cette nouvelle éruption, deux ans après celle de Gjälp, pourrait indiquer une reprise d’activité régulière sur ce segment du rift, après plus d’un demi-siècle de calme relatif.

 


En 2004, et pendant plusieurs mois avant l'éruption, le sol de la région se soulève et la base du glacier Vatnajökull fond. Ceci est dû à la présence de magma à faible profondeur. L'éruption se déclenche lorsque le volume d'eau sous-glaciaire, devenu trop important, rompt la résistance du glacier déclenchant une débâcle fluvio-glaciaire. La baisse de pression induite permet l'arrivée du magma en surface. De violentes explosions se produisent formant des panaches qui atteignent jusqu'à 13 km d'altitude. Mais l'activité se calme vite. Après 4 jours d'éruption ( du 01 au 04.11.2004) , on découvre un petit cône au milieu du lac sous-glaciaire alors à l'air libre.

 

2004.11.02-743mtg.JPG              Grimsvötn 02.11.2004 - photo Magnus Gudmundsson -  www.jardvis.hi.is. 

 

041105-086SG.JPGGrimsvötn - le 05.11.2004, un petit cône noir s'est formé dans le lac glaciaire, à l'air libre -  Courtesy © Snæbjörn Guðbjörnsson, ICAA.
  

Sources :

- Guide des volcans d'europe - par M. Krafft et F.D. de Larouzière aux éd.Delachaux & Niestlé.

- Nordic Volcanic Center -  link

- Institute of Earth Sciences - the Gjalp eruption in Vatnajökull 30.09 - 13.10.1996 - link

- Institute of Earth Sciences - Eruption at Grimsvötn volcano 01 - 06.11.2004 - link

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Publié le par Bernard Duyck
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                        Vatnajökull  et deux langues glaciaires - photo Dr Jaus / Flickr.


Le Vatnajökull est  le plus grande calotte glaciaire d’Islande. D’une superficie de 8.390 km², il couvre 8% de la surface du pays. Son épaisseur moyenne est de 400 à 500 m.et son épaisseur maximale atteint environ 1.000 mètres. Le volume total des glaces est estimé à 3300 km³.

Son nom signifie « glacier des lacs, ou glacier des eaux », attribution liée aux lacs sous-glaciaires qu’il abrite. Il s’est appelé Klofajökull, « glacier fendu », par le passé, ce nom faisant référence à une période de moindre extension où le glacier était divisé en deux calottes. Un grand nombre de langues glaciaires descendent des différents côtés du volcan en direction des terres plus basses.

 

kort_vatnajokull700.gif                         Le Vatnajökull et les langues glaciaires (- jökull) qui le bordent.


Le parc de Skaftaffel, le second parc national u pays, est situé au sud du Vatnajökull ; il s’étend sur 1700 km² . Entouré de trois langues glaciaires, Skeiðarárjökull à l’ouest, Morsárjökull au Nord, Skaftafellsjökull à l'Est, et d'un impressionnant glacier l'Öræfajökull. Ces glaciers protège la région des intempéries, ce qui lui vaut d’être la région la plus ensoleillée du sud de l’île.

Un site phare de ce parc  est la cascade de Svartifoss, haute de 20 m. La chute n’est pas spectaculaire ; elle doit sa renommée aux belles orgues basaltiques foncées, qui lui ont donné son nom : « svart » signifiant noir en islandais. La présence de bouleaux donne au site un aspect inhabituel sur l’île.

 

svartifoss-wasserfall---tripadvisor.jpg                     Le site de Svartifoss replacé dans son contexte - photo Tripadvisor.

 

800px-SvartifossSummer---Tillea.jpg              Svartifoss et les orgues basaltiques foncées qui l'entourent - photo Tillea.

 

Sous la surface du glacier, se trouvent sept volcans : parmi ceux-ci, les plus actifs sont l’Öraefajökull (2111 m.), le Bardarbunga (2020 m.), et le Grimsvötn (1725 m.), tous recouverts de lacs sous-glaciaires. Le paysage sous-glaciaire est un plateau ondulé, de hauteur comprise entre 600 et 1000 mètres, et de vallées et de gorges.

 

Dossier-20-9970.JPGLes systèmes volcaniques centrés sous-glaciaires de la région du Vatnajökull - doc. Schatzbach / Guide des volcans d'Europe - Krafft et de Larouzière.

Avec Tungnafellsjökull, Bardarbunga, Kverkfjöll, Grimsvötn, Esjufjöll, Geirvörtur, Öraefajökull.


Ces volcans et leurs éruptions sous-glaciaires sont responsables de jökulhlaups dévastateurs.

Un jökulhlaup , de l’islandais «  course de glacier », ou une débâcle glaciaire est un type de crue brutale et puissante ; l’origine de la crue est la vidange d’un réservoir d’eau de fusion glaciaire par rupture de barrage. Il en existe plusieurs types qui sont fonction du mécanisme d’alimentation – fusion d’origine météorologique, éruption sous-glaciaire, modification du réseau  hydrographique intraglaciaire – et de la position du réservoir - lac supraglaciaire, lac juxtaglaciaire ou lac intraglaciaire.

Au passage, il y a déstabilisation de la base du glacier par les flots d'eau chaude et des failles peuvent se produire durant les mouvements du glacier sur un sol accidenté, avec génération d'un "tremblement de glace - icequake".

Les jökulhlaups consécutifs à une éruption volcanique peuvent s’apparenter aux lahars, puisqu'il s'agit d'écoulement de forte densité. Toutefois, les lahars sont composés en majorité de cendres et se forment le plus souvent lors de pluies torrentielles sur les flancs d'un volcan.

 

800px-Hvannadalshnjukur_17FEB2010---Grasp1.jpg                         Le point culminant de l'Islande : Hvanadalshnukur - photo Grasp1.

 

L’Öraefajökull , « glacier du désert », est le plus grand volcan actif d’Islande ; sa caldeira est occupé par le glacier du même nom. Un des rebords de la caldeira, le Hvanadalshnukur, constitue le point culminant du pays.

Il est entré en éruption deux fois au cours des temps historiques. En 1362, une éruption explosive éjecta de grandes quantités de tephra (VEI 5). Le district de Litla-Hérað fut détruit sous les chutes de tephra et les inondations. Plus de 40 ans passèrent avant que quelqu’un puisse se  réinstaller dans cette région, appelée Öraefi, « région sans port » ce qui signifie terre inculte, abandonnée. Une autre éruption, de 1727 à 1728, plus réduite causa quand même trois décès.

 

HerdubreidhFromDirectionDettifoss---Andreas-Tille.jpg                    "La table" de l'Herdubreid vu de Detifoss - photo andreas Tille.


Le volcan Herdubreid a une particularité géologique : celle d’avoir été formé sous la glace du Vatnajökull, à une époque où l’extension des glaces était plus importante. Il culmine à 1682 mètres, soit environ 1.000 mètres au dessus des terres environnantes. Avec sa silhouette en « tente de cirque », il s’agit d’ un tuya, un volcan "en table", ceinturé par des falaises qui délimitent un plateau sommital sur lequel repose un cône volcanique haut de 200 mètres.

 

800px-Her-ubrei--Iceland---Icemuon-Seattle-Skier.jpg               Heirdubreid, tuya formé sous le Vatnajökull - photo IEMUON / Seattle Skier.


La formation de ce tuya débute il y a 20.000 ans, lors de la glaciation de Würm : il nait au fond d’un lac glaciaire de 300 mètres de profondeur entouré d’un inlandsis. La base est composée de laves en coussins, de hyaloclasites, puis de coulées de lave aériennes ;elle se met en place jusqu’à il y a 10.700 ans. Les éruptions phréatiques laissent alors place à des éruptions sous-glaciaires et à la production d’autres pillow lava et hyaloclastite qui recouvrent la base du volcan, prenant la forme d’un cylindre délimité par la glace de l’inlandsis et créant la falaise circulaire. À partir d'il y a 10.200 ans et pendant 200 ans, les éruptions percent la glace de l'inlandsis et mettent en place le cône sommital du Herdubreid formé de coulées de lave aériennes. À partir d'il y a 10.000 ans, l'activité volcanique cesse sur le Herdubreid en même temps que les glaces se retirent, mettant alors à jour un tuya intact car n'ayant pas été érodé par les glaciers.

 

Dossier-20-9967.jpg        Genèse d'un volcan " en table" - un tuya - d'après M.Krafft in volcans d'Europe.

A : éruption sous-glaciaire, accumulation de pillow lavas , début de collapsus en surface

B : apparition d'un lac, explosions avec gerbes cypressoïdes

C : émersion et formation d'un cône terminal, coulées de lave

D : état actuel de l'Herdubreid, après régression et disparition du glacier.

 

herdubreid - Sveinn thorarinsson 1926 L'Herdubreid, peint par Sveinn Thorarinsson - huile sur toile 115 x 200 cm. / 1926 / National gallery.


Herdubreid s’élève au centre du désert Odadahraun, en français le « désert des crimes » : cette zone est désertique par suite de l’assèchement de l’air qui passe au- dessus du Vatnajökull ; elle accueillait jadis les criminel rejetés par la société.

 

Pour suivre, les grands volcans du Vatnajökull : le Bardarbunga et le Grimsvötn.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe - par M. Krafft et F.D. de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

- Iceland on the web - Vatnajökull glacier - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Lakagigar, en  islandais, ou les cratères du Laki sont situés sur une ligne de fissures qui relie le Katla, au sud, au Grimsvötn au nord : sue cet axe, se situe aussi le volcan Eldgja.


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                    Les fissures de Lakagigar -  © Antony Van Eeten


 

Cette région de fissures, que les uns rattachent au Katla, d’autres au Grimsvötn, a produit une masse de lave record : sur une distance de 25 km., 130 cratères ont émis, entre 1783 et 1784,  14 milliards de m³ de lave basaltique et de gaz, dioxyde de soufre et acide fluorhydrique principalement. On estime que les fontaines de lave ont atteint une hauteur de 800 à 1.400 mètres. Considérée de VEI 4+ (GVP), on lui attribue cependant la première place quant aux émissions d’aérosols soufrés du dernier millénaire.

Cette gigantesque éruption, connue sous le nom « d’éruption du Laki » bien que celui-ci ne soit pas entré en éruption à ce moment, a eu des conséquences catastrophiques pour l’Islande, et aussi pour divers pays européens. Elle est aussi connue sous le nom de Skaftáreldar, « les feux de la rivière Skafta », ou encore Síðueldur.

Ce fut la seconde plus grande éruption fissurale basaltique des temps historiques, après celle de l’Eldgja en 935. Après une semaine de séismes, elle débute le 8 juin 1783 pour se terminer huit mois après, en février 1784. Au départ, une fissure s’ouvre au sud-ouest du volcan Laki ; Les explosions sont d’abord phréatomagmatiques, puis après quelques jours, l’éruption  devient moins explosive, de type strombolien et ensuite hawaiien : elle déverse d’énormes quantités de lave qui s’engouffrent dans la vallée de Skafta et s’avancent sur 60 km. Au cours des 50 premiers jours , la fissure sud-ouest a vomi 10km³ de lave, soit un débit moyen de 5.000 m³ par seconde (deux fois le débit du Rhin à son embouchure). Le 29 juillet, une autre fissure s’ouvre au nord-est du Laki, émettant des coulées dans la vallée de Hverfisfljot ; l’activité se limite alors à cette fissure jusqu’en février 1784, à l’arrêt de l’éruption. (d'après M.Krafft)

 

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Un des cratères "du Laki" - l'échelle est donnée par les barrières de protection et le chemin d'accès - © Antony Van Eeten

 

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                                  Fissure éruptive de Lagagigar -  © Antony Van Eeten


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                                                           © Antony Van Eeten

 

39122_426368211440_645396440_5110844_1629485_n-copie.jpg           Dans la fissure, à la place d'émission du rideau de feu ! -   © Antony Van Eeten


Une fissure s’étendant sur plus de 25 km. est née, où sont disposés des rangées de cônes de scories , de cônes de tuff et de spatter cones  d’une hauteur moyenne de 40-70 mètres. La surface couverte par la lave est de 565 km².  

De plus, le volcan Grimsvötn entra lui aussi en éruption de 1783 à 1785.

 

eldgja laki hraun2                 Les coulées du Lagagigar (en brun) et de l'Eldgja (en rouge) - doc. Eldgos.is


Seuls 2,6% des matériaux d’éruptions furent des tephra ; cependant les chutes de cendres s’étendirent  au continent européen. La colonne éruptive du Laki charria les gaz à une hauteur de 15.000 mètres … ces gaz formèrent des aérosols principalement composés d’acide sulfurique, responsable d’une baisse de température affectant l’hémisphère nord de 1 à 3°C. Ils furent poussés vers l’Europe, sous l’influence d’un puissant anticyclone centré durablement sur le nord de l’atlantique durant cet été 1783.

Les dégâts furent considérables en Islande : la brume toxique fut responsable de la mort d’une grande partie du bétail, contaminé par l’ingestion de fourrages imprégnés de fluor, de la perte des cultures suite aux pluies acides, et de la mort suite à la famine de 9.000 personnes, soit un quart de la population.

En Grande-Bretagne, l’été 1783 fut connu comme le « sand summer » à cause des chutes de cendres.

On estime le total des gaz émis à 8 million de tonnes de fluor, et 120 millions de dioxyde de soufre, à l’origine de ce qu’on appellera « les brumes du Laki » qui se déversèrent sur l’Europe, et causèrent la mort de milliers de personnes durant l’année 1783 et l’hiver 1784. Prague fut atteint le 17 juin, Berlin le 18 juin, Paris le 20, Le Havre le 22 juin … le brouillard était si épais que les bateaux ne pouvaient naviguer. Le soleil fut décrit comme « coloré par du sang » , teinte qui influença divers peintres dont William Turner.

L’hiver 1784 fut terrible , causant 8.000 morts supplémentaires en Grande-Bretagne ; il fut suivi au printemps d’inondations importantes en Allemagne et en Europe centrale. En Amérique du nord, ce fut l’hiver le plus long et le plus froid jamais enregistré ; les températures furent mesurées à 4,8°C de moins par rapport à la température moyenne des 200 années antérieures … le Mississipi gela à La Nouvelle Orléans et on trouva des glaces dans le Golfe du Mexique. Les chroniques françaises rapportent « que le pain et la viande gelaient sur la table, et les corbeaux en plein vol ». Le temps resta perturbé les années suivantes : durant l’été 1878, une ligne de grain orageux traversa le pays du sud au nord, détruisant les récoltes … on pesa des grelons de 5 kg. La famine régna et la situation fut si désespérée que ces modifications climatiques furent considérées comme un des éléments influent sur la révolution française de 1789 et la fin de la royauté.

 

 

39180_426366586440_645396440_5110754_2025683_n-copie.jpg                   Le dallage basaltique de Kirkjugolf - © Antony Van Eeten


Pour passer du Lakagigar à la fissure d’Eldgja, on le fait sur un autre itinéraire et Kirkjugolf, littéralement « le pavage d’église », où l’on peut admirer des orgues basaltiques coupées perpendiculairement à leur axe et rabotées par les glaciers, ce qui leur donne un aspect de dallage.

 

Eldgja - sintra.fr                                         La fissure d'Eldgja - photo sintra.fr


La fissure éruptive d’Eldgja , « la gorge de feu » : plus de 30 km. de long, orientée NE-SO.,depuis le Myrdalsjökull jusqu’au-delà de la rivière Skafta. Elle est large de 600 mètres et profonde de 180 m.

Cet ancien graben a été réactivé par les « feux de l’Eldgja », comme on appelle les éruptions qui eurent lieu entre 934 et 940. Les parois de cet effondrement sont faites à la base d’hyaloclastites, de basalte et de tillites et au sommet de scories soudées qui se sont accumulées lors de l’activité des fontaines de lave d’Eldgja. Le fond de la fissure est tapissé de petites coulées de lave.

 

 

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La fissure d'Eldgja, la cascade Ofaerufoss et au loin le Mt Gjatindur - photo Thodarson & Hoskuldsson.


Cette éruption a recouvert plus de 700 km² ; la plupart des coulées d’Eldgja ont été recouvertes par celles de Lakagigar (voir carte ci-dessus). A Landbrotsholar, s’étend une coulée de l’Eldgja, recouverte de nombreux pseudo-cratères. Un pseudo-cratère est une formation ressemblant à un cratère volcanique mais qui doit son origine à des explosions de vapeur, qui se produisent lors du contact entre la lave et l’eau d’une rivière ou d’un lac … on en rencontre aussi au lac Myvatn.

 

fisura.eldgja---pseudocrateres--.jpg                     Eldgja - pseudo-cratère - photo Thodarson & Hoskuldsson.


En termes d’émanations gazeuses, cette éruption a eu des effets similaires à ceux de Lagagigar plusieurs siècles après : elle a relargué 219 millions de tonne de SO2 dans l’atmosphère ( ce qui correspond à environ 450 millions de tonnes d’aérosols sulfuriques ) avec les conséquences pour la santé humaine et animale déjà citées. A titre de comparaison, l’éruption du Pinatubo en 1991 avait relâché 10 millions de tonnes de SO2.

 

38625_426366311440_645396440_5110740_1004434_n-2--copie.jpg                      Les deux paliers de la cascade d'Ofaerufoss - © Antony Van Eeten


Au nord-est, on a un point de vue sur la cascade double d’Ofaerufoss, qui tombe en deux paliers dans la fissure , à cause de l’érosion différentielle qu’elle a exercée sur les couches volcaniques. Cette belle cascade était enjambée jusqu’au début des années 1990 par un pont naturel de basalte, détruit malheureusement par l’érosion couplée à un séisme. Une photo de ce pont de lave est consultable sur le site de L.A.V.E.


 

37882_426366781440_645396440_5110764_4521212_n-copie.jpg           La cascade de Fagifoss, dans la même zone volcanique - © Antony Van Eeten

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Grimsvötn

- Lakagigar - Eldgja / Guide des volcans d'Europe et des Canaries par M. Krafft et F.D. de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

- Eldgja - par Thordarson, T. & Hoskuldsson, A. (2002): " Islande 3 Classic. Géologie Europe . " Editions Terra, Hertfordshire, Angleterre. - link

- Fiche-volcan L.A.V.E. - Eldgja - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Le glacier Myrdalsjökull d’une surface de 600 km² , et le quatrième plus grand glacier islandais,  recouvre un volcan dangereux : le Katla.

 

683px-Location_of_Katlas_caldera.png                        Localisation du volcan Katla par rapport au glacier Myrdalsjökull

 

Myrdalsjokull_glacier_iceland_2005---Chris-73-copie.jpg                                  Le glacier Myrdalsjökull - photo Chris73

 

Le Katla est un des volcans les plus actif en Islande, avec une moyenne de deux éruptions par siècle. Le centre volcanique est localisé à l’est de la zone volcanique-est, au dessus d’une jonction avec une ligne de rift et une augmentation de l’épaisseur de la croûte. Les cratères du Laki et l’Eldgja font partie du même système volcanique, qui doit donc être considéré comme l’un des plus puissant au monde. Le Katla est situé à la pointe sud de ce système fissural long de 75 km.

 

 

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Le système volcanique Katla-Laki-Eldgja et le réseau de fissures - doc Institute of Earth Science / Thodarsson & al.

 

 

Le massif volcanique culmine à 1512 mètres et est recouvert d’une épaisseur de glace comprise entre 200 et 700 mètres appartenant au Myrdalsjökull qui remplit la caldeira et recouvre les cratères. L’actuelle caldeira s’est formée durant la dernière glaciation.

La sismicité indique la présence d’un cryptodôme chaud et acide, qui a son sommet à une profondeur de 1.500 mètres.

 

Katla3.jpgModélisation en 3D de la caldeira du Katla - sans le glacier qui le surmonte, mais avec les contours de la calotte glaciaire - doc. http://www.ruv.is/english

 

4523312820 ddaef2ee73 oLa "plomberie" du volcan Katla : sa chambre magmatique et les deux cryptodômes (en jaune) doc. Institute of Earth Science.

 

 

Activité du Katla :

Au début de l’Holocène, une éruption majeure, appelée Solheimar, est datée de 12.000 avant JC, d’après la couche de tephra "Skogar". Le volume érupté est estimé à 6-7 km³, contribuant largement à la subsidence de la caldeira.

La tomographie sismique indique un réservoir magmatique superficiel, avec le fond situé à seulement 3 km. sous la surface de la calotte glaciaire. Son volume est estimé à 10-12 km³ .

L’activité volcanique est caractérisée par une fréquence éruptive élevée (tous les 40 à 80 ans), la production de magmas basaltiques Fe-Ti  de composition stable au cours du temps, et une faible quantité de tephra siliciques. En dépit de la dominante basaltique du magma, toutes les éruptions sont hautement explosive en raison de leur nature sous-glaciaire.

 

Les éruptions de 1245 et de 1262 ont créé la plaine Solheimasandur; celle de 1311, appelée “inondation Sturla”  a noyé la plaine Myrdalssandur.

Les éruptions de 1419 et 1490 ont recouvert d’épaisses couches de cendres le sud-ouest islandais, zone occupée par l’actuelle capitale. En 1755, la partie Est de Myrdalssandur fut de nouveau noyée et la couche de cendres volcaniques épaisse et empoisonnée, causant des pertes humaines et animales conséquentes.

 

dyn003_original_380_321_pjpeg_2676600_38780d1d7a9220fef725e.jpg                                         Photo d'archives de l'éruption de 1918.


La plus récente éruption est datée de 1918, du 12 octobre au 4 novembre ; la possibilité existe d’une petite éruption en 1955, qui n’aurait pas réussi à briser la couverture glaciaire. Lors de l’éruption de 1918, on rapporte qu’un iceberg de la taille de six maisons fut retrouvé flottant sur la mer. Cette éruption fut rangée en VEI 4+/ 5 , fonction d’une éjection de 700 Mm³ de matériaux, soit dix fois plus puissante que celle de l’Eyjafjallajökull, ou comparable à celle du St Helens en 1980. La côte sud de l’Islande s’est  étendue sur 5 km. à cause des dépôts des lahars.

igs_annals_vol22_year1996_pg249-254-2-copie.jpg                 Trajet du jökulhlaup consécutif à l'éruption de 1918 - doc. www.igsoc.org 


Durant l’été 1999, une certaine activité est notée dans la caldeira… la nuit du 18 juillet est marquée par un jokulhlaup dans la rivière Jökulsa a Solheimasandi.  La source de cette débâcle est l’eau de fonte accumulée dans une dépression formée simultanément dans la surface du glacier et dans le bassin de drainage du Solheimajökul. La fonte est liée à une augmentation de l’activité géothermique.


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Le Katla est secoué régulièrement par des séismes, plus fréquents à certaine saison, comme en témoigne cette  carte de l'IMO regroupant 152 séismes sur 10 mois, centrés sur la caldeira .

 

Existe-t-il une communication entre les deux volcans voisins ?

Le Katla a eu plus de 20 éruptions confirmées depuis l'arrivée de l'homme en Islande au 6°siècle, et possède donc une histoire éruptive plus étoffée que celle de l'Eyjafjöll, qui n'a eu que 3 éruptions au cours de la même période.

On remarque cependant que les éruptions de l'Eyjafjöll de 926, 1621 et 1821, furent suivies d'éruption du Katla ... plus récemment, une intrusion magmatique sous l'Eyjafjallajökull en 1999 semble avoir été suivie par une petite éruption sous-glaciaire au niveau de la caldeira du Katla.

Comme on le sait, les statistiques et les prévisions en volcanologie ne forment pas "un mariage compatible" ... tout ceci reste donc du domaine conjoncturel. Le seul avantage de ce battage médiatique est le renforcement de la surveillance des deux volcans voisins.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Katla

- The jökulhlaup from Katla in 1918 - link

- Magma ascent at coupled volcanoes: Episodic magma injection at Katla and Eyjafjallajökull ice-covered volcanoes in Iceland and the onset of a new unrest episode in 2009 - by F.Sigmundsson & al. - link


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Publié le par Bernard Duyck
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                     Tungurahua le 27.04 / 17h30 - José Luis Espinosa Naranjo

 

D'après une dépêche d'activolcans du 27.04.2011 :

L'activité éruptive s'intensifie encore au Tungurahua avec des panaches de cendres qui dépasse parfois 7000 m de hauteur (au-dessus du cratère). Les autorités ont commencé à évacuer de manière préventive les villages de Cusúa, Bilbao, Chacauco et ont déclarer l'alerte orange dans les zones proches de l'édifice. Cette activité explosive importante s'accompagne d'abondantes chutes de cendres dans les villages situés sous le vent. Par ailleurs les ondes atmosphériques fréquentes font vibrer portes et fenêtres dans plusieurs villages dont le très touristique Baños. Les ondes sismiques sont aussi ressenties dans plusieurs villages proches. Sources : IGEPN; El Heraldo.


395_ceniza.JPGMon ami josé Luis signale des chutes de cendres, accompagnant un temps froid et pluvieux sur Ambato. 

 

Sources :

- Activolcans

- IGEPN

- José Luis Espinosa Naranjo

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Publié le par Bernard Duyck
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Petite precision préliminaire : Le volcan sous le glacier ne porte pas de nom particulier, on le nomme donc d'après le glacier qui le couvre. Les Eyjafjöll (au pluriel) désignent ses contreforts sud, face à la mer et visibles des îles Vestmann (ey -> île en islandais, Eyjafjöll -> les montagnes, ou plutôt contreforts, qu'on voit des îles). Dans les autres langues, y compris l'islandais, on se réfère au volcan par le nom du glacier, c. à. d. Eyjafjallajökull.

 

glaciers.png                                       Les principaux glaciers ( -jökull) islandais

 

Deux massifs volcano-glaciaires occupent le sud islandais, situés sur la zone de rift est : l’Eyjafjallajökull (avec le volcan Eyjafjöll) et le Myrdalsjökull (avec le volcan Katla).


os gigjok 114.04.10L'Eyjafjallajökull avant l'éruption - vu du nord avec la langue glaciaire du Gigjökull et le petit lac glaciaire au pied de celui-ci - photo O.Sigurdsson.


L’Eyjafjöll est un stratovolcan allongé selon un axe E-O., qui comporte une caldeira sommitale de 2,5 km. de large. Bien que ce volcan, haut de 1.666 mètres, soit entré en éruption au cours des temps historiques, il est considéré comme le moins actif de la zone volcanique est, et la dernière éruption au 19°siècle date de 1823.

Une intrusion magmatique sous le flanc sud , accompagnée d’une augmentation de la sismicité est remarquée à partir de juillet-décembre 1999 : elle mènera à une nouvelle éruption fort médiatisée.

 

Eyjafjoll-cumulative-eartquakes-02-08.2010.png                       Séismes cumulatifs de février 2009 à août 2010 - doc IMO/IES.


A partir de décembre 99, l’activité sismique est marquée par des milliers de petits séismes, pour la plupart de magnitude 1-2, situés entre 7 et 10 km. sous le volcan et enregistrés par les instruments de mesure (séismomètres, tiltmètres, GPS et interférométrie InSAR). L’ Icelandic Meteorological Office enregistre le 26 février 2010 une activité sismique inhabituelle avec une expansion rapide de la croûte terrestre, évidence pour les volcanologues que le magma se répand dans la chambre magmatique … la pression engendrée est responsable d’un déplacement crustal marquant la zone de Thorvaldseyri. La sismicité va augmenter continuellement pour atteindre près de 3.000 séismes entre les 3 et 5 mars.   

 

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           Essaim de séismes sous Fimmvörduhals entre le 19 et le 21 mars 2010 - doc IMO


1016088 - Institute earth sc.       Schéma de la première phase éruptive à Fimmvorduhals -  doc. Inst. Earth Sciences.


L’éruption proprement dite débute le 20 mars 2010, à Fimmvörðuháls, le col distant de 8 km. du sommet de l’Eyjafjöll et situé entre les deux glaciers voisins. La première phase de l’éruption est fissurale, de type hawaïen. La progression des coulées de lave est relativement lente au début, puis les coulées cascadent en entrant dans deux canyons, Hrunagill et Svarnagill, pour couvrir 0,9 km² le 28 mars, et 1,27 km² le 7 avril.        

 

 

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Carte des coulées entre le 21.03 et le 07.04.2010 - doc. IMO - La fissure éruptive est marquée par un trait rouge.

 

Is100185.jpg Cône formé par l'éruption fissurale à Fimmvorduhals - avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel - un clic sur la photo vous mène vers son site.


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Première phase de l'éruption : cascades de lave à leur brusque descente dans un canyon - photo fredrikholm. se (le personnage à gauche donne l'échelle)


L’inflation du volcan a stoppée de façon surprenante dès le début de l’éruption, mais s’est maintenue jusqu’au 12 avril, date de fin de la première phase de l’éruption … dans la plupart des cas, le volcan entre en déflation (se dégonfle) au fur et à mesure que les coulées de lave vidangent partiellement la chambre magmatique.


Après une pause de deux jours, la seconde phase de l’éruption débute autour de minuit le 14 avril 2010 , précédée par un essaim de séismes entre le 13 à 23 h. et le 14 à 1h., suivi de trémor éruptif. Le centre éruptif s’est déplacé sous le glacier et l’interaction entre le magma et celui-ci génère une éruption explosive phréatomagmatique dans la caldeira sommitale. Le volcan est couvert de nuages, mais une investigation aérienne révèle, par images radar, la présence d’une série de cratères alignés sur une fissure NS de 2 km. de long … le panache éruptif chargé de cendres va monter à plus de 8.000 mètres, avant de dériver vers l’est.

 

Jokulhlaup-14.04.2010-in-Markarflot---Atli-Thorvaldsson-IM.jpg                  Jokulhlaup dans Markarfjlot le 14.04.2010 - photo Atli Thorvaldsson / IMO


Un Jökulhlaups , une débâcle glaciaire, débute sur le côté nord du volcan dans la vallée de Markarfjlot, détruisant routes, infrastructures et terres cultivables, sans faire toutefois de victimes étant donné l’évacuation préventive de 800 personnes.

Le panache éruptif va atteindre le continent européen le 15 avril,  Cendres - Modis -14-21.04.10causant une rupture du trafic aérien et une fermeture en cascade des espaces aériens européens. L’activité volcanique se maintient stable, avec émission de panache d’une hauteur moyenne de 5 km. et de jökulhlaups, par pulsions répétées.

Relevé de la masse des cendres en kilotonnes - d'après données MODIS.

 

De spectaculaires séances d’éclairs illuminent le panache durant ces jours là.


Eyjafjallajokulsgos--R.Sigurdsson.jpg   Eclairs durant la seconde phase éruptive / épisode strombolien - photo R.Sigurdsson


Le 23 mai, le VAAC London déclare que l’éruption est terminée, mais le volcan reste sous surveillance.

 

Une estimation des matériaux éruptifs déchargés lors des premières 72 heures à l’Eyjafjallajökull a été faite par l’Institut des Sciences de la Terre Islandais : les produits éruptifs – 140 Mm³ - peuvent être classés en trois catégories :

- les téphra déposés dans les chaudrons glaciaires autour des cratères : 30 Mm³

- les téphra remplissant le lac glaciaire de Gigjökulslon, charriés par les torrents descendants le glacier Gigjökull : 10 Mm³

- les téphra véhiculés par les vents vers le sud et l’est du volcan : 100 Mm³

Ces téphra non compactés correspondent à un volume de magma de 70 à 80 Mm³, avec un ratio de décharge de 750 tonnes/seconde, soit 10-20 fois le ration de l’éruption de flanc de Fimmvörðuháls.


La composition des laves différentes au cours des deux phases permet une meilleure compréhension de l’éruption. Les laves de la phase initiale sont des basaltes alcalins à olivine, avec une teneur en silice de 47% ; la deuxième phase produit des trachyandésites, avec une teneur en silice de 56,7 à 59,6 % de SiO². L’analyse des cendres révèle une teneur en fluor de 850 mg./kg. le 19 avril. D’après Sigmundsson, "c’est le mélange entre deux différents types de magma , l’un existant sous l’aire sommitale, l’autre appartenant à l’intrusion magmatique, qui aurait causé l’éruption explosive … l’explosivité d’une éruption dépend du type de magma, et celui-ci dépend de la profondeur de la source" ; c’est donc par l’étude du système de plomberie du volcan qu’on pourra à l’avenir comprendre les processus conduisant l’activité volcanique, mais on est encore loin de pouvoir prédire chaque éruption !


 

iceland-volcano-lg.jpg                                Illustration by Zina Deretsky, U.S. National Science Foundation

                    Plumbing system de l'Eyjafjallajökull avec dyke et sills d'alimentation.

Les trois premières vignettes montrent les épisodes d'intrusion magmatique ayant causé déformation et sismicité en 1994, 1999 et dans le courant début 2010.

Le 4° vignette : première phase éruptive à Fimmvörduhals avec sortie de magma basaltique.

La 5° vignette : seconde phase explosive et panache de cendres.

 

09.10.2010---O.Sigurjonsson.jpgLes premières neiges en octobre 2010 prouvent que la lave, au cratère sommital de l'Eyjafjallajökull, a refroidi - photo Ol.Sigurjonsson / IMO.

 

Sources :

- Institute of Earth Sciences - Univ. of Iceland - eruption in Eyjafjallajökull - link

- Icelandic Met Office - divers articles - link

- Univ. of Wisconsin - Madison : intrusion triggering of the 2010 Eyjafjallajökull explosive eruption - by J.Sakai, Z.Deretsky, F.Sigmundsson, K.L.Feigl  - link

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    Landmannalaugar, le mélange des plans d'eau et de la roche colorée - © Antony Van Eeten

 

39226_426319651440_645396440_5109739_6599039_n-copie.jpg                                       Paysages ravinés  - © Antony Van Eeten


Landmannalaugar signifie en islandais « les sources chaudes des gens du pays » , trait qui caractérise une partie de cette vaste zone située à proximité de l’Hekla.

Le massif du Landmannalaugar présente un paysage tourmenté où un volcanisme acide a forgé des montagnes de rhyolite, qui côtoient des cratères rougeâtres, des vallons et des champs de cendres et laves, qui bordent des lacs d’un bleu profond. La palette de couleur regroupe le noir, le jaune pâle, le bleu, le rose et le rouge … peu de vert, à part quelques mousses.

 

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                 © Antony Van Eeten

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               © Antony Van Eeten

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                    © Antony Van Eeten

37576 426261041440 645396440 5107113 2912437 n copie                            Une palette assez étonnante - © Antony Van Eeten


Le paysage semble à première vue stérile, mais abrite une flore discrète et adaptée au terrain volcanique.

 

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       Les plantes se défendent contre la sécheresse en se nanifiant - © Antony Van Eeten


A part quelques structures importantes, inutile d’essayer de nommer chaque bosse … il faut se laisser bercer par les couleurs douces en camaïeu et savourer l’Islande.

 

38507 426261296440 645396440 5107131 4278781 n copie                                                                                                      © Antony Van Eeten

 

Blahnukur  - signifiant le pic bleu - est une montagne soulignée de bleu-vert, creusée de sillons profonds dus à l’érosion par les pluies et la neige.

 

blahnukur-surplombe-la-vallee-de-Brandsgil---voyage-en-isl.jpg                      Blahnukur surplombe la vallée de Brandsgil - photo voyage en Islande.

 

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                         Le pic bleu ressort du paysage ocre - © Antony Van Eeten


Le Brennisteinsalda est un volcan, haut de 855 mètres, qui doit son nom islandais signifiant « la vague de soufre », aux spots de soufre qui le colore. Mais ici tout n’est pas jaune ! Le vert des mousses se marie au noir ou au bleu des laves, et au rouille des oxydes de fer. Ce volcan est toujours actif , comme en témoignent les solfatares.

 

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                                      Brennisteinsalda -  © Antony Van Eeten

39051 426260756440 645396440 5107095 5553795 n copie                              Mamelon oxydé et fumant - © Antony Van Eeten

 

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              Quelques plaques de neige gelée parmi les fumerolles - © Antony Van Eeten

 

39821 426268986440 645396440 5107724 7248155 n copie                                                                                                    © Antony Van Eeten

 

38224 426268841440 645396440 5107709 1552556 n copie                           Certains bassins font plus que fumer -  © Antony Van Eeten


Au pied du Laugarhraun, une coulée de lave située au centre du site laisse voir par endroit des passes d’obsidienne.

 

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                           La grande coulée du Laugarhraun - © Antony Van Eeten

 

39827_426260031440_645396440_5107041_8109776_n-copie.jpg                                            Début de coulée - © Antony Van Eeten


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                                     Bloc d'obsidienne - © Antony Van Eeten

 

Une rivière aux eaux chaudes, près de 40 degrés, invite à la baignade.

 

37744_426081496440_645396440_5101795_4948986_n-copie.jpg                          © Antony Van Eeten

 

Dans la réserve, seul trois endroits sont autorisés pour y planter sa tente : Landmannalaugar, Landmannahellir et Hrafntinnusker.

Hors réserve, on peut le faire partout à condition de ne rien souiller.


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                  Concentration de tentes dans la réserve - © Antony Van Eeten


Les possibilités de randonnée y sont nombreuses dans ce dédale, où l’on peut à sa guise suivre les sentiers plus ou moins balisés ou se laisser guider par le lit des torrents.

Le trek, qui peut durer quatre jours dans le Landmannalaugar, finit habituellement à Thorsmörk, mais peut se prolonger, via Fimmvörduhals, situé entre deux glaciers maintenant bien connus, l’Eyjafjallajökull et le Myrdalsjökull, en direction de Skogar et de la côte sud.

 

 

 

Sources :

- Landmannalaugar - le site officiel - pour tout renseignement pratique - link

- Landmannalaugar -ascension du Blahnukur - link

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