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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

En liaison avec la fin de l'article précédent, une brève analyse de l'éruption fissurale de mars 2011, localisée entre les cratères du Pu'u O'o et Napau, dans la zone de Kamoamoa.

 

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                                                                      carte HVO/USGS.


Chronologie des évènements :

- le 03.03 - la lave est présente dans les cratères du sommet : elle sort d'un évent du côté ouest du plancher du Pu'u O'o et dans le cratère de l'Haleam'uma'u, le lac de lave est fort agité.

20110303_5124_torr_L.jpg

HMM_20110303_RimCollapse_mov.jpg

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, le cratère du Pu'u O'o - à droite, effervescence et petit collapsus dans le cratère de l'Haluma'uma'u - photos HVO.

 

- le 05.03 - le lac de l'Halama est drainé; son niveau passe de 75 m. sous le bord du pit crater à moins 220 m., et on constate un collapsus le 07.03.

Le plancher du cratère du Pu'u O'o s'effondre suite à un retrait du magma.

Trois heures environ après ces évènements, les géologues de l'HVO signalent une éruption au cratère Napau ... qui s'avère être une éruption fissurale.

20110305_5411_torr_A_L-copie-1.jpg

20110308 HalemaumauThermal L-copie-1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, collapsus du plancher cratérique du Pu'u O'o - à droite, photo thermique attestant la baisse rapide du lac de l'Halam'uma'u HVO 08.03.2011

 

Rift-zone-est-06.03.11--HVO.jpg

 

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               Eruption fissurale entre le Pu'u O'o et le Napau  - photos HVO/USGS.

 

- le 06.03 - les projections de lave atteignent une hauteur de 25 à 40 mètres. Les taux de SO2 émis de l'East rift zone sont de l'ordre de 7.000 tonnes/jour. (le 18.03, elles ne seront plus que de 20-30 tonnes/jour)

 

20110306_mpatrick_0910_L.jpg                       Fontaines et coulées du 06.03.2011 - photo HVO/USGS.

 

- le 09.03 - les émissions fissurales se poursuivent : au départ de deux zones adjacentes de fountaining, l'une située dans un spatter cone, l'autre dans un petit réservoir de lave (perched pond), les fontaines nourrissent une coulée canalisée.

 

20110309_Fountains---HVO.jpg

    Image thermique des zones de fountaining / Kamoamoa - photo HVO/USGS 09.03.2011

 

- le 10.03 - plus aucune éruption de lave; les fissures de la zone est et de la zone ouest de Kamoamoa sont encore fumantes.

 

20110310_6451a_torr_M.jpgSur une même ligne, d'avant en arrière plan, les zones fissurales et le cratère du Pu'u O'o, fumants tous les trois. - photo HVO/USGS.

 

Comme le montre la photo satellite de la Nasa, les dégâts les plus importants concernent la forêt et les espèces rares qu'elle abrite :

Le feu a déjà dévoré 2.000 hectares et menace la forêt pluviale des basses terres.

 

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Photo satellite Nasa Ali prise le 18 mars 2011, montrant l'étendue brûlée par les feux toujours non maitrisés - NASA Earth Observatory image created by Jesse Allen and Robert Simmon, using EO-1 ALI data provided courtesy of the NASA EO-1 team. Caption by Mike Carlowicz. - Instrument: EO-1 - ALI

 

Comme le commentaient les volcanologues Klemetti et Behncke, il existe une similitude entre les évènements de 2011 et ceux de 1997 et 2007, lorsque des petites éruptions fissurales se sont produites, et où, après cessation d'activité, la situation est retournée à la normale ... "comme si rien ne s'était produit" . Le Dr Bencke constate que " c'est étonnant de constater la stabilité  au niveau de la connection entre le conduit central du Kilauea, desservant l'Halema'uma'u, et le Pu'u O'o, sur une période aussi longue ! "

 

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                    Schéma de l'HVO du "plumbing system" Kilauea-Pu'u O'o" - 1997

 

sources :

- HVO - Pu'u o'o crater floor collapse following by middle east rift zone eruption - link

- Big Think / Eruptions : lava returns to Pu'u O'o as euptive activity change on Kilauea / discussions - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Un fort séisme de magnitude 6 , dont l'épicentre est situé à 127 km à l'ENE d'Heraklion et 68 km de profondeur, a secoué les îles de Crête et Rhodes, ce 1 avril 2011, à 13h29 UTC.

Il n'aurait fait ni victimes, ni dégats.

La secousse a été ressentie sur la côte nord de l'Egypte et jusqu'au sud du Caire, selon le directeur de l'Institut National egyptien des recgerches Géophysiques.


 

seisme-Crete-01.04.2011.jpg

 

 
 
GFZ Potsdam - Earthquake Bulletin
F-E Region: Crete, Greece       

Mw 6.0
Time: 2011-04-01 13:29:10.5 UTC
Magnitude: 6.0 (Mw)
Epicenter: 26.54°E   35.65°N
Depth: 68 km
Status: M - manually revised

sources :

- GFZ - le Centre de recherche allemand pour les géosciences à Potsdam.

- Associeted Press

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Sans entrer dans l'énumération des nombreux évènements qui ont marqué la vie du Kilauea, examinons l'East rift zone.

 

En 1960, une fissure s'ouvre sur le flanc du volcan et déverse des coulées qui atteignent la mer, détruisant au passage le village de Kapoho. De nombreuses fractures sous le volcan drainent le magma et l'éloigne de la zone sommitale, qui subit une subsidence. De 1961 à 1963, la déflation du sommet confirme que la magma se déplace principalement vers l'East rift zone. Deux cônes, l'Alae et le Napau, sont en éruption en 1963.

En 1969, commence une éruption qui va durer 6 ans : les fontaines de lave édifient un nouveau cône, le Mauna Ulu,  "la montagne qui grandit".

 

Mauna_Ulu-face-N---G.Mitchell-2009.jpg                       La face nord du Mauna Ulu en 2009 - photo G.Mitchell.

 

Le 3 janvier 1983, débute une éruption exceptionnelle, qui continue encore actuellement. Des séismes précurseurs permettent de suivre la progression du magma dans la zone de rift et son ascension vers la surface au niveau du cratère Napau. L'éruption débute avec un "rideau de feu" émis le long d'une fracture de 6.000 mètres. Divers épisodes vont amener la construction d'un cône baptisé Pu'u O'o, "la colline de l'oiseau O'o" ... 20 m. en 1983, 255 m. en 1986, avec une base de 1.000 m. de diamètre.

Une seconde explication, contradictoire, concernant son nom : le mot O'o veut aussi dire "bâton fouisseur" , référence au bâton magique pa'oa, utilisé par la déesse Pelé dans la légende pour créer des cratères volcaniques.

 

Puuoo 09.1983 HVO L                                Naissance du Pu'u O'o en 1983 - photo HVO/USGS

 

L'éruption semble répétitive dans ses différentes phases, seulement des changements significatifs surviennent :

- la température des laves passe de 1120°C à 1140°C

- le taux de magnésium passe de 6 à 7,5%.

Le magma émis provenait, en début d'éruption, d'un réservoir superficiel, qui s'est vidé, pour être alimenté ensuite par du magma profond, enrichi en oxydes de magnésium.

En juillet 86, de nouvelle fractures s'ouvrent et l'éruption se concentre sur un nouvel évent au nord-est du Pu'u O'o, le Kupaianaha .

La route, qui longeait la côte et permettait d'accéder au parc National des volcans par l'est, est fermée depuis 1987, les coulées de lave en ayant recouvert 14 km, jusqu'à une profondeur de 35 mètres.

En 1990, les coulées atteignent l'océan, après avoir recouvert une partie du village de Kalapana.

 

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             Les maisons brûlent à Kalapana en avril 1990 - archives HVO/USGS.

 

MapSumKalapana---HVO.gifL'avancée des laves submerge inexorablement la zone de Kalapana gardens et aggrandit la surface de l'île - cartes HVO d'après Mattox 1993.


La rencontre de la lave et de l'eau se fait avec des explosions de vapeurs et de cendres ... la lave se fragmente en minuscules morceaux, qui formeront la sable volcanique noir des plages.

L'éruption a par ailleurs fait gagner 201 hectares de terre à Big Island.

 

 

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"Explosion littorale" ... la rencontre entre la lave et l'eau est explosive, des fragments de lave sont éjectés; charriés par les courants, ils se déposeront dans les baies pour former des plages de sable noir - photo J.D.Griggs 02.1988.

 

Evolution 1992-1997 :

Les fontaines de lave et leurs retombées ont construit , durant les premières années de l'éruption, un cône de cendres et de projections haut de 255 mètres. Sa croissance a cessé avec le transfert d'activité vers Kupaianaha. En 1992, un retour d'activité sur les flancs construit un bouclier côté ouest. En 1993, des puits d'effondrement apparaissent sur le flanc ouest. Lorsque le plancher s'effondre en janvier 1997, le flanc affaibli lâche, laissant une trouée, le "west gap" .

 

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A gauche, situation en 1992, avec le bouclier an avant-plan - A droite, le "West gap" en 1997 - USGS photos by Tari Mattox and Christina Heliker.

 

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                       Le Pu'u O'o , vue aérienne le 13.07.2007 - photo HVO/USGS

 

Puuoo-13-copie.jpgVue d'un point de vue similaire le 13.01.2011  ... des changements importants du côté ébréché du cône du Pu'u O'o - photo HVO/USGS.

 

 

En juillet 2007, après une série de micro-séismes, l'activité du Puʻu ʻŌʻō s'est soudain arrêtée et le plancher du cratère s'est effondré, avant de se remplir de lave à nouveau un mois et demi plus tard. La lave a commencé à couler à partir de fissures au Nord-Est et à s'étendre très lentement sous forme "aa" sur les coulées en terrain plat de 1983-1986, avec peu d'incursions dans la forêt environnante.

 

Puoo-21.07.07-chenal-perche-HVO.jpg      Chenal de lave haut perché alimenté par le Pu'u O'o - photo 21.07.2007 HVO/USGS.


Fin juillet 2008, de nouvelles coulées se sont étendues à partir des bouches Est du Puʻu ʻŌʻō. Puis en octobre de multiples nouvelles fissures se sont ouvertes le long du tube, provoquant des coulées à travers les terrains jusque là épargnés de Royal Gardens. Ces coulées ont recouvert une grande partie des Coastal Flats en novembre 2008.

En 2009, les coulées de lave atteignent la mer à nouveau, empruntant deux tunnels jusqu'à un point d'entrée accessible aux randonneurs.

Voici l'état du Pu'u O'o en fin février 2011, par Carole et Frédéric Hardy :

 

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Des coulées récentes plus foncées sont venus se surimposer - © Carole et Frédéric Hardy 2011


198901_196183320422069_100000912069394_521146_2036162_n-cop.jpgLes émanations gazeuses proviennent d'un hornito ... les hornitos sont les seuls endroits où la lave est visible, le reste de la surface du lac est figée -   © Carole et Frédéric Hardy 2011

 

 

189592_196182970422104_100000912069394_521135_7081883_n-cop.jpgLes parois du cône sont largement fissurées : "du collapsus dans l'air !" -  © Carole et Frédéric Hardy 2011 - ... en fait le collapsus va marquer une autre partie du Pu'u O'o !.

 

Le plancher du cratère du Pu'u O'o s'est effondré le 5 mars 2011, de 115 mètres en quelques heures.

 

PuuOOCollapse20110305_mov.jpgL'évènement du 5 mars - un clic sur la photo vous mène vers la séquence vidéo complète - HVO/USGS.

 

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Cratère du Pu'u O'o ; panache de cendres consécutif au collapsus du au retrait magmatique - En avant-plan, la paroi est du cratère - photo HVO/USGS.

 

20110310_kwooten_0739_L.jpgEtat du cratère du Pu'u O'o le 10.03.2011 - le dégazage empêche de voir le niveau du plancher - photo HVO/USGS.

 

Le plancher du cratère du Pu'u O'o s'est effondré le 5 mars durant le départ de l'éruption fissurale Kamoamoa. Vingt et un jour après, la lave est de nouveau visible... cette nouvelle activité s'est accompagnée d'une augmentation de la sismicité :  ceci semble suggérer que la magma est occupé à recharger les étages supérieurs de sa "plomberie", et un retour à l'état précédant l'épisode fissural Kamoamoa. (rapports HVO des 28 et 27.03.2011)

 

Pu-u-O-o-26.03.jpgTimide retour du lac de lave le 26.03.2011, à un niveau beaucoup plus profond qu'en février - photo HVO/USGS.

 

Sources :

- HVO -summary of the Pu'u O'o - Kupaianaha eruption 1983-present - link

- Big Island news - 26.03.2011 - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le Kilauea recouvre le flanc est du volcan-bouclier massif Mauna Loa. Son suivi régulier depuis 1820 enregistre de fréquentes éruptions sommitales et de flancs, entrecoupées de période d'activité de lac de lave sur un long terme, qui s'est maintenu au cratère-puit Halema'uma'u, situé dans la caldeira sommitale jusqu'en 1924. Halema'uma'u est la bouche éruptive initiale du Kilauea.

Les premières manifestations du Kilauea sont datées de 600.000 à 300.000 ans; le volcan devrait avoir émergé entre 100.000 et 50.000 ans.

 La caldeira, de 3,2 km. sur 5,5 km., s'est formée en plusieurs étapes entre il y a 1.500 ans et le 18° siècle.

 

summit_web_map_Feb2010_S.jpg                          Carte de la zone sommitale du Kilauea  - doc. HVO/USGS.

 

Caldeira Kilauea - et pit crater Halema'uma'u       La caldeira du Kilauea et à gauche, le pit crater Halema'uma'u - photo HVO/USGS.


Des éruptions marquent également les deux zones de rift : la zone est et la zone sud-ouest, qui s'étendent de la caldeira jusqu'au rivage.

L' East rift zone est ponctuée de différents cratères : Pauahi, Mauna Ulu, Makaopuhi, Napau, Pu'u O'o.

 

Puoo-13.07.07-lac-de-lave-actif-HVO.jpgLe cratère ébréché du Pu'u O'o et son lac de lave, le 13.07.2007 - photo aérienne HVO/USGS.

 

 

L'âge des laves en surface est relativement jeune : 90% de la surface du volcan est formé de coulées de lave vieilles de 1.100 ans; 70% de la surface est datée de moins de 600 ans.

 

 

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Le Kilauea - sa caldeira, avec le cratère Halema'uma'u - ses rifts zones (en grisfoncé) et différents évents sur l'East rift zone : Pauahi, Mauna Ulu, Makaopuhi, Napau, Pu'u O'o - la zone de Kalapana (tirant son nom d'un village détruit). - schéma HVO/USGS

 

La plomberie du volcan Kilauea se résume en deux schémas, où sont abordés son alimentation par un point chaud et l'alimentation de l'East rift zone, avec le système de tunnel de lave conduisant la lave du Pu'u O'o jusqu'à la mer.

 

167.jpgLes réservoirs magmatiques du Kilauea alimentant les éruptions par des filons ou dykes - par M. Ryan, dans \"How volcanoes work\", JGR, 1987) / tomographie sismique /IPGP.

 

Les géophysiciens ont découvert qu’il possède deux réservoirs de magma. Une source principale qui prend racine à 50 kilomètres de profondeur et qui alimente sans arrêt (à raison de 3,6 mètres cubes de magma par seconde) un réservoir profond à 35 km. et une chambre magmatique plus petite à 4 kilomètres sous terre, centrée sous la caldeira du Kilauea. Cette chambre est à l’origine des éruptions. Son remplissage continu par du magma la gonfle comme un ballon si bien qu’elle finit par soulever et faire craquer tout l’édifice volcanique. Les craquements provoquent de petits séismes enregistrés par des sismographes et les gonflements du sol se mesurent entre autres grâce à des tiltmètres mesurant l’inclinaison des pentes du volcan avec une très grande précision.(in Krafft )

 

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Schéma montrant la relation entre les structures en surface et en profondeur; elle illustre l'activité à partir du Pu'u O'o et de fissures, alimentant coulées de lave et tunnels de lave.

Doc. HVO/USGS.

 

Le Kīlauea possède son propre système de tunnels de lave, dont le plus long tunnel de lave du monde, d'une longueur totale de 61 km et parcourant un dénivelé de 1102 m.  Depuis 1983, le cône du Pu'u O'o crache des millions de mètres cubes de lave chaque année. Cette lave coule vers l'océan situé à environ 11 km en aval.

 

Puoo-tube-de-lave-actif-HVO.jpg            Kilauea - tunnel de lave du Pu'u O'o ... actif ! - photo HVO/USGS.


La lave du Kīlauea peut former une surface lisse et satinée (« pahoehoe » ou « lave cordée »), ou bien rugueuse et coupante (« aa »). Ces coulées de laves, faisant parfois plusieurs mètres d'épaisseur, peuvent mettre des dizaines d'années à se refroidir totalement.


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                               Laves pahoehoe du Kilauea - © Carole et Frédéric Hardy

Puoo-front-de-coulee-A-a-HVO.jpg                                  Front de coulée "aa" - photo HVO/USGS.


Lors des éruptions, la grande fluidité de la lave permet la formation et le maintien d'un lac de lave. La survie des lacs de lave résulte d'un équilibre entre apport de lave venant de la chambre magmatique et débordement à l'extérieur du cratère associé à un brassage permanent par des remontées de gaz volcanique afin de limiter le durcissement de la lave.

 

L'Halema'uma'u , "la maison permanente de Pélé", a abrité de 1823 jusqu'à l'éruption explosive de 1924, un lac de lave très actif. En mai 1924, une série d'explosions violentes d'origine phréatique accompagnent l'effondrement du lac de lave, avec projection de vieux matériel à plus de 6.000 m. de hauteur. Les parois de l'Halema'uma'u s'écroulent sur elles-mêmes pour former l'actuel pit crater : 900 mètres de diamètre et 390 mètres de profondeur.

 

Mastin2_lakesA.gif     Schéma d'une explosion de type phréatique affectant un lac de lave - doc. USGS.

 

Halema-22.05.1924.jpg   Panache de l'éruption phréatique explosive de 1924 - photo archives HVO 22.05.1924.


Puis la lave revient par intermittence et le lac voit son niveau varier ... profondeur de 237 mètres en 1934. En 1952, la lave revient pour quelques mois d'activité effusive.

 

CHB-2011.jpg        Kilauea - le cratère de l'Halema'uma'u - © Carole et Frédéric Hardy 2011

190205_196190180421383_100000912069394_521281_189209_n.jpg                Lueurs nocturnes à l'Halema'uma'u - © Carole et Frédéric Hardy 2011

20110308_HalemaumauThermal_L.jpg    Vue du cratère de l'Halema'uma'u le 08.03.2011 - doc caméra thermique HVO/USGS.

 

Le Kilauea Iki, "le petit Kilauea" : après 4 ans de calme, en 1959, un nouveau lac de lave se forme au sommet du Kilauea , dans le cratère du Kilauea Iki. Le plancher du cratère,  formé en 1868, est recouvert par les laves provenant de fontaines de lave et de fortes coulées; au paroxysme de l'éruption, les fontaines atteignent une hauteur record de 570 mètres.


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Fontaine de lave au Kilauea Iki, durant le 3°épisode : hauteur 425 mètres - la crater rim road va être couverte de 6 m. de ponces ce jour là - photo J.P.Eaton, le 29.11.1959 / 10h.30 - HVO/USGS.

 

L'éruption va durer deux mois : le premier épisode produit 31 Mm³ de laves. Durant les épisodes suivants, 71 Mm³ de laves sont éjectés ... Le 20 décembre l'éruption cesse : seuls 8 Mm³ de laves restent dans le cratère, tandis que 63 Mm³ sont drainés en retour dans le réservoir magmatique, avec la formation d'un tourbillon.

 

Kilauea-iki-magmabudget---USGS.gifSchéma de l'évolution magmatique durant l'éruption 1959 du Kilauea Iki - A noter : la protubérance laissée par les projections sur un des flancs - doc. USGS.

 

 

 

Sources :

- HVO : the 1924 explosions of Kilauea - link

- HVO : summit eruption in Kilauea Iki crater - november 14 - december 20, 1959 - link

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Publié le par Bernard Duyck
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                     Mauna Loa, volcan-bouclier - © Carole et Frédéric Hardy 2011

 

  La silhouette massive du Mauna Loa s’accorde bien avec sa classification en tant que le plus grand volcan actif au monde : mapmaunaloa.gif4.170 mètres au dessus du niveau de la mer, 9.000 mètres au dessus du plancher océanique … sans compter le fait que le plancher océanique est déprimé sous le poids du volcan de quelques 8.000 mètres.

Il occupe la moitié de la surface de Big Island.

 

600px-Island_of_Hawai-i_-_Landsat_mosaic---NOAA-coastal-ser.jpgLa masse sombre du Mauna Loa sur cette image Landsat en vraies couleurs ; on y distingue bien les deux zones de rift, en arêtes - courtesy of Hawaii Land Cover Analysis project, NOAA Coastal Services Center.

 

199460_196071383766596_100000912069394_519574_6343787_n-cop.jpg Cinder cone et coulée "aa" dans la caldeira du Mauna Loa -  © Carole et Frédéric Hardy 2011

197516_196073167099751_100000912069394_519648_3240642_n-cop.jpg                                         © Carole et Frédéric Hardy 2011


Son sommet est coupe par la caldeira Mokuaweoweo, large de 2,4 sur 4,8 km., elle-même située dans une ancienne caldeira large de 6 km.sur 8. Depuis la caldeira, deux zones de rift, orientées respectivement ENE et SO, définissent la crête de cette grande montagne, aux pentes peu marquées et régulières, caractérisant les volcans-boucliers.

Trois cratères-puits circulaires se sont formés par effondrement la long de la zone supérieure de rift SO. : respectivement depuis la caldeira, le puit sud, le puit Lua Hohonu et le puit Hua Hou.

 

Mauna-Loa-1975---D.Peterson-USGS.jpg  Mauna Loa - la caldeira Mokuaweoweo et les trois pit crater - photo Peterson / USGS 1975


La croissance du Mauna Loa a été courte et rapide : 600.000 ans à 1 Ma.

Deux des avalanches de débris documentées parmi les plus récentes ont voyagé sur près de 100 km. depuis le point d’émission. La seconde  des avalanches appelées Alika est datée de 150.000 ans.

Son taux de croissance a diminué au cours des derniers 100.000 ans, mais nonante pour cent de la surface du volcan est couverte de laves basaltiques vieilles de moins de 4.000 ans. (Lockwood et Lipman 1987). Deux grandes périodes d’activité de 750 ans, séparées par la formation de la caldeira, sont responsables chacune de la couverture d’un quart de la surface du volcan.

 

189702_196071930433208_100000912069394_519600_5937314_n.jpg Les laves fluides recouvrent le plancher de la caldeira -  © Carole et Frédéric Hardy 2011


Sur base d’une analyse de 200 coulées, les géologues ont prouvé que la volcan s’est comporté de différentes façons, tant en place qu’au cours du temps : lorsque les éruptions sommitales deviennent plus importantes et fréquentes, on remarque que l’activité éruptive des rift zones décline. Un modèle cyclique a été proposé avec un ratio de 2.000 ans pour chacun d’eux.

Depuis le début, il y a 2.000 ans, de la plus récente période d’activité sommitale intense, le Mauna Loa est sur le point de basculer vers une période d’activité couplée à l’existence d’un lac de lave, construction de bouclier, augmentation des débordements sommitaux et diminution des éruptions en zones riftales.

 

Toujours bien actif, on dénombre 33 éruptions depuis 1843, date de la première éruption historique documentée. 

 

 South pit - caldeira Mokuaweoweo - Rich.fiske Smithsonian 6

La rive est du pit crater Sud, qui coupe la paroi de la caldeira Mokuaweoweo et les coulées de lave  de 1949; elles ont recouvert la moitié sud de la caldeira, couvert le plancher du pit crater et les flancs sur 9 km. - photo Richard Fiske 1966 / Smithsonian inst.

 

La dernière crise éruptive du Mauna Loa a eu lieu entre le 25 mars et le 15 avril 1984. Après de nombreux séismes rapprochés, l'éruption démarre dans la caldeira Mokuaweoweo, où plusieurs coulées apparaissent au fur et à mesure dans la zone sommitale (A), puis sur les fractures au nord-est (B). Le 25 amrs, à 9h10, des fontaines de lave jaillissent à une hauteur de 50 mètres et alimentant une coulée (C) qui voyage sur 5.000 m. sur le flanc sud-est.

 

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Mauna-Loa-26.03.84-eruption-HVO.jpgMauna-Loa-26.03.84-eruption-2--HVO.jpg                                   Photos des coulées de lave du 26.03.1984 - doc. HVO

             Sur la photo du dessus, l'échelle est donnée par une personne en chemise claire.

 

Dans l'après-midi du 25, une fissure s'ouvre à 2.850 m. d'altitude, et quatre coulées (D) se déversent sur le flanc nord-est du volcan, à des vitesses comprises entre 90 et 215 km/h. pour les plus rapides. Elles restent actives durant trois semaines.

Le 29 mars, la coulée (E) se propage rapidement, canalisée par un tunnel de lave; elle parcourt 29 km. dans la journée, menaçant Hilo à seulement 6,5 km. du front de coulée.

Suite à l'effondrement du tunnel, la lave se retrouve en surface, dans la coulée F. Le 5 avril, une coulée sort de la fissure G, dont le parcours est entravé par les précédentes coulées. L'éruption prend fin le 15 avril... 225 millions de m³ de lave auront été émis.

 

De suite après l'éruption de 1984, le volcan a subi un phénomène inflatoire, suivi d'une décade de déflation.

 

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Les zones de risques de coulées de lave sur le Mauna Loa (risque max : violet / risque niv.2 : rouge / risque niv.3 rose / etc )- les coulées émises depuis 150 ans sont en teinte grise et datées. - Carte HVO.

 

 Mi 2002, l'inflation reprend juste après un essaim de séismes LP. Un essaim plus important en fin 2004 a précédé un accroissement de cette inflation. Elle ralentit en 2006, cesse en fin 2009 pour reprendre doucement fin 2010.

 

Volcanisme de type hawaïen :

 

Ce point chaud est caractérisé par la remontée d'un magma  très pauvre en silice, donnant en surface des laves basaltiques extrêmement fluides, généralement de type pahoehoe ou aa (*). Ces laves, émises par le Mauna Loa au niveau du rift orienté sud-ouest - est-nord-est et passant par la caldeira sommitale, lui ont donné sa forme typique de volcan-bouclier aux pentes très peu marquées et régulière.

 

Formant des fontaines et des lacs de lave au moment de leur sortie au cours d'éruptions majoritairement fissurales, ces laves donnent ensuite naissance à de grandes coulées progressant parfois jusqu'à la mer en empruntant des tunnels de lave, ce qui lui permet de conserver sa température très élevée qui atteint 1 200 °C.

 

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                                                        © Carole et Frédéric Hardy 2011

 

196540_196071313766603_100000912069394_519570_7695620_n-cop.jpg              Mauna Loa - Tunnels de lave superposés -  © Carole et Frédéric Hardy 2011

 

199542_196072210433180_100000912069394_519610_5157158_n.jpgBouchon de lave - terminaison de coulée "en orteil" - © Carole et Frédéric Hardy 2011

 

200274_196072527099815_100000912069394_519617_2231677_n-cop.jpgTunnel de lave en partie effondré ... un des danger de la marche sur les coulées pahoehoe, leur toit étant, par places, fragile -  © Carole et Frédéric Hardy 2011.

 

 Au bout de quelques jours, l'activité volcanique se concentre généralement sur un seul cratère.

 

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Avec celles du Kilauea, les éruptions du Mauna Loa ont servi à définir le type hawaïen, caractérisé par l'émission de coulées de lave fluide, la formation de lacs et de fontaines de lave, le tout rarement accompagné d'explosions violentes.

Doc. Sémhur.

 

 

 

 

Le Mauna Loa joue un rôle majeur sur le climat local : les alizés soufflent d’est en ouest ; le versant oriental du volcan , exposé au vent ascendant, reçoit beaucoup de précipitations qui permet le développement d’une végétation luxuriante. Le versant occidental, protégé par la hauteur du volcan, qui bloque les nuages suite à un phénomène d’inversion, jouit d’un climat plus sec.

Au dessus de 3.000 mètres, les basses températures entrainent des chutes de neige ; on considère le sommet comme une région péri-glaciaire, où les cycles gel/dégel façonnent le paysage.

 

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(*) : Pour les laves effusives formées à l'air libre, on distingue principalement deux types qui portent en volcanologie les noms que leur avaient déjà donnés les hawaïens:

- aa : pour les coulées de lave rugueuse et chaotique qui forment en se refroidissant des étendues difficiles à parcourir (du mot hawaïen ’a’a  aux significations multiples : "rocailleux", "brûler", "braver", etc. - ou simple et douloureuse onomatopée).

- pahoehoe : (se prononce pa hoï hoï) pour les coulées de lave fluide qui se refroidissent en formant une surface lisse "que l'on peut parcourir "pieds nus" (du mot hawaïen pahoehoe qui signifie "lisse et doux") 

 

Sources :

- HVO - Mauna Loa - link

- HVO / USGS - 1984 eruption of Mauna Loa volcano - link

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Publié le par Bernard Duyck
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                          Image 3D de Big Island - doc. M.Adamiker 2009

 

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                        Big Island - position et stratigraphie/âge des cinq volcans - doc. Sémhur.

 

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Le Mauna Kea , vu du sud, de l'ensellement Humuulu situé entre le Mauna Kea et le Mauna Loa.Les laves à l'avant-plan datent de l'éruption de le rift zone NE du Mauna Loa en 1843. - © Carole et Frédéric Hardy.

 

Big Island fut édifiée par l’activité volcanique de cinq volcans-boucliers qui ont été actifs de façon séquentielle et dont les produits et structures se recouvrent l’un l’autre.

Du plus vieux au plus jeune, on distingue le Kohala (éteint) , le Mauna Kea (dormant), l’Hualalai ( actif, mais aux éruptions rares), le Mauna Loa  et le Kilauea, actifs tous les deux.

L’exposition de surfaces âgées sur les flancs sud et ouest du Mauna Loa ont fait attribuer, par certains géologues, ces formations à deux anciens volcans- boucliers, appelés Ninole et Kulani, ensevelis sous le jeune Mauna Loa. D’autres sources les considèrent comme partie prenante des premiers stades de construction du Mauna Loa.

A cause de l’activité de ses volcans, Big Island  s’agrandit toujours : entre janvier 1983 et septembre 2002, les coulées de lave ont ajouté 220 hectares à la surface de l’île.

A 35 km. au sud-est de Big Island, le volcan sous-marin Loihi a atteint une taille respectable, et son sommet n’est plus qu’à 980 mètres sous le niveau marin … ce qui laisse supposer une émersion rapide en termes géologiques, estimée entre 10.000 et 100.000 ans. Il pourrait faire s'accroître encore la grande île et compter comme le sixième volcan de Big Island, en cas de coalescence.

 

 

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              Le Mauna Kea , vu des pentes  du Mauna Loa - © Carole et Frédéric Hardy

 


mapmaunakea.gifLe Mauna Kea est le volcan le plus élevé de la dorsale hawaïenne, avec 4.205 mètres. Son énorme volume est estimé à 3.200 Km³ ; il est si massif que, lui et son voisin le Mauna Loa, dépriment la croûte océanique sous eux à 6 km. Il continue à glisser et s’aplatir à une cadence de 0,2 mm/an. Mesurée depuis le plancher océanique, sa hauteur dépasse les 10.000 mètres, le faisant dépasser les mensurations de l’Everest.

Son sommet est ponctué, à défaut de caldeira, par une profusion de cônes de cendres et de dépôts pyroclastiques, produits au milieu de l’holocène. Les zones de rift du Mauna Kea sont plus prononcées que celles des autres volcans, et donnent au volcan un profil irrégulier.

 

190112_196077140432687_100000912069394_519734_118530_n-copi.jpgLes flancs et le sommet du Mauna Kea sont ponctués de cônes - © Carole et Frédéric Hardy

189962_196075607099507_100000912069394_519697_2021461_n.jpg189923_196075807099487_100000912069394_519703_50918_n-copie.jpgLes cinder cones, vu de la zone des observatoires (ombres des dômes des télescopes) - © Carole et Frédéric Hardy


Ce volcan-bouclier, dont le nom signifie « Montagne blanche » s’est construit au Pléistocène, il y a environ un millions d’années sous l’influence du point chaud hawaïen ; il fut particulièrement actif durant son stade de volcan-bouclier jusqu’à il y a 500.000 ans , puis entra dans un stade post-bouclier, plus calme, entre 250.000 et 200.000 ans . Le Mauna Kea, comme ses voisins, l’Hualalai et le Kohala, a évolué au-delà du stade de volcan-bouclier. Il est caractérisé par :

- des ratios d’éruption bas, comparé à ceux du Mauna Loa et du Kilauea

- l’absence de caldeira sommitale

- par une topographie  irrégulière et escarpée

- une composition chimique de ses laves différente de ses voisins. Les laves du stade volcan-bouclier, sont de nature basaltique (basalte tholéiitique) ; elles sont couvertes de basaltes alcalins, correspondant au stade post-bouclier (250.000- 70.000 ans) . Les coulées de laves les plus récentes sont composées d’hawaiites et de mugearites ( produits volcaniques post-bouclier Laupahoehoe – 65.000 à 6.000 ans )

Ces différences reflètent en partie une alimentation magmatique de faible niveau, et une émission de magma épisodique , lors d’éruptions brèves et aussitôt solidifiées. Elles révèlent aussi une plus grande viscosité des laves, et un contenu d’éléments volatils plus importants, ce qui se traduit par des coulées épaisses et des éruptions explosives avec constructions de grands cinder cones.

Sa dernière éruption est datée de 2.460 avant JC.

 

Mouna_Kea_glaciation---Moraines-terminales--M-et-glacial-ti.jpgEn raison de son âge et de sa hauteur, c’est le seul volcan hawaïen à présenter des moraines glaciaires.

 

 Traces des moraines glaciaires - photo de l' USGS

 

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Le cône Pu'u Waiau et le lac Waiau - photo from mountain to sea.


Le Mauna Kea abrite le lac Waiau, le lac le plus haut du bassin pacifique – 3.968mètres ; situé dans le cratère du cinder cone Pu’u Waiau, il est considéré comme le seul « lac alpin » d’Hawaii. Son existence est liée à l’activité volcanique : les laves hawaïennes étant très perméables, elles laissent s’infiltrer les eaux et ne sont donc pas favorables à l’établissement d’un lac. Il ne doit son existence qu’aux vapeurs chargées en soufre qui ont altéré les cendres volcaniques en argile peu perméables, ou aux explosions phréatiques et leurs poussières très fines , responsables également d’une réduction de perméabilité. Il serait âgé de 12.000 ans.

 

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                                © Carole et Frédéric Hardy

189906_196076103766124_100000912069394_519711_4641338_n-cop.jpg                    © Carole et Frédéric Hardy

Le sommet du Mauna Kea abrite une enceinte astronomique – Astronomy Precinct – composée d’une série d’observatoires astronomiques indépendants et possédant chacun leur spécificité, comprenant les télescopes parmi les plus puissants du monde.

Cette zone de 2 km² s’est établie en 1967 sur le Mauna Kea, en raison de conditions optimales liées à l’altitude et à l’isolation du site au milieu du Pacifique. L’emplacement est idéal pour les observations optiques, infrarouge et dans la bande du micromètre au millimètre. Elle est gérée par l’Université d’Hawaii, qui loue le terrain par baux aux divers observatoires nationaux, sous couvert de l’Historial Preservation Act , assurant le respect de la culture hawaïenne.

 

190158_196076170432784_100000912069394_519713_3755219_n-cop.jpg                 Mauna Kea - l'observatoire de la Nasa / IRTF - © Carole et Frédéric Hardy

 

189599_196076333766101_100000912069394_519717_1904206_n-cop.jpg                   Le soleil se couche sur le Mauna Kea - © Carole et Frédéric Hardy

 

800px-Kohala_coast_at_the_Big_Island_of_Hawaii_from_the_air.jpg          Kohala - les infrastructures hôtelières vues d'hélicoptère  - photo Georges 2009.


Le volcan-bouclier Kohala est le plus vieux volcan de Big Island ; il est dans un stade de développement entre le post-bouclier et le stade érosionnel. Il s’est développé au maximum avant de se faire ensevelir par le Mauna Kea. Son large sommet est couvert de végétation.

Des traces de méga-tsunami ont été retrouvé : sur base des dépôts, datés d’il y a  110.000 ans, la vague la plus haute de ce tsunami  a atteint une hauteur de 61 m. au dessus du niveau actuel de la mer et a pénétré de plus de 6 km. dans les terres. Les dernières éruptions sont datées de 120.000 ans.

 

Pu-ukohola_Heiau_temple---Ph.Bamse.jpg                   Le temple Pu'ukohala Heiau , sur le volcan Kohala - photo Bamse

 

Le sud du Kohala abrite un site historique : Pu'ukohala Heiau - "la colline des baleines. Ce site, de 70 mètres sur 30, est sacré et vénéré par les natifs de l'île.

Sa construction fut initiée en 1790 par Kamehamela I, après la mort du capitaine Cook. Jalousé par les chefs rivaux, le site fut -puukohala-heiau---peinture-de-Herb-Kane.jpgattaqué et sa construction terminée après la bataille. Une prophétie de Kapoukaki annoncant le sacrifice d'un chef à cet endroit, Kamehamela I invita son cousin, le chef Keoua, à la cérémonie de dédicace. Une bataille engagée dès son arrivée le laissa pour mort et il fut offert en sacrifice au dieu de la guerre Kukailimoka.

Reconstitution du temple Pu'ukohala Heiau  - peinture de Herb Kane.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Mauna Kea

- John Seach - Kohala volcano

- Official site - Aerial tour of the Mona Kea observatories  - link

- Pu'ukohala Heiau - link

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Publié le par Bernard Duyck
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 Comment expliquer le volcanisme qui caractérise la dorsale Hawaiienne et la chaîne volcanique sous-marine Empereur ?

L'explication communément admise du point chaud et des plaques tectoniques ne semble plus tout à fait satisfaisante.

 

L'explication originale : activité du "point chaud" .

 

Les premiers à remarquer l'augmentation de l'âge des différentes îles ont été les pêcheurs hawaiiens, en fonction des écarts d'érosion observés. Une première étude géologique, effectuée par James Dwight Dana de 1880 à 1881, sur base de l'érosion, à confirmé la relation entre le lieu et l'âge des volcans. En 1912, le géologue Thomas Jaggar fonda l'Observatoire volcanologique d'Hawaii, en charge de la surveillance en continu de la zone. En 1946, un modèle fut créé pour spécifier l'évolution des volcans d'Hawaii.

 

En 1963, un géophysicien canadien, J.Tuzo Wilson, par ailleurs découvreur des failles de transformation, a énoncé sa théorie des points chauds.

 

plume-concept.gif                                 Concept du panache mantellique et ses inconnues.


Il avait noté qu’en certaines régions du monde, comme Hawaii, le volcanisme était actif durant de très longues périodes. Selon lui, cela n’était possible que grâce à l’existence d’une zone/région particulièrement chaude, restreinte, et sur une longue durée, sous la plaque tectonique ; cette région, appelée point chaud, entretenait le volcanisme en lui apportant une source d’énergie thermique localisée, par le biais d’un panache thermique.

 

F1.large.jpgSituation actuelle du point chaud d'Hawaii, par rapport à la dorsale hawaiienne et à la chaine sous-marine Empereur.


Son hypothèse était aussi basée sur le fait que le profil linéaire de la chaîne des îles Hawaii-Empereur (*) résultait du déplacement de la plaque Pacifique au dessus d’un point chaud mantellique stationnaire, localisé présentement sous Big Island. La chaleur fournie par le point chaud produisant une source persistante de magma par fusion partielle de la plaque Pacifique passant au dessus … la magma, plus léger que les roches environnantes, remonterait volcans-machine.jpgalors au travers du manteau et de la croûte terrestre pour faire éruption sur le plancher océanique et former un volcan sous-marin actif. Les éruptions successives feraient alors croître ce volcan sous-marin, jusqu’à le faire émerger et constituer une île volcanique.

 

(*) :  La chaîne sous-marine Hawaii-Empereur (en anglais Hawaiian-Emperor seamount chain) est composée de la dorsale d’Hawaii et des monts sous-marins de l'Empereur (ou chaine de l'Empereur), une vaste région montagneuse sous-marine d'îles, de monts sous-marins, d'atolls, de bancs et de récifs le long d'un axe sud-est / nord-ouest, qui traverse une grande partie du nord de l’océan Pacifique.

 

Hawaii_hotspot_poster---USGS.jpgLe poinconnage de la plaque Pacifique par son passage au dessus du point chaud - doc. USGS.


La poursuite du mouvement de la plaque tectonique au dessus du point chaud « stationnaire » coupant l’île volcanique de sa source de magma, le volcanisme cesse alors … et le cycle se répète : ce processus de naissance suivi de mort, réparti sur des millions d’années, laisse une trace d’îles volcaniques et de volcans sous-marins sur le plancher de l’océan pacifique, actuellement long d’environ 6.000 km.et s’étendant de Big Island (Hawaii) jusqu’à la fosse des Aléoutiennes en Alaska. Ce processus se poursuit actuellement  avec la croissance du volcan sous-marin Loihi, situé à 35 km. de la côte sud d’Hawaii, dont le sommet se trouve à environ 1.000 mètres sous le niveau de la mer ; ce volcan pourrait être la prochaine île volcanique de la chaîne, et dans un "futur géologique", fusionner avec Hawaii, elle-même composée de cinq volcans : Kohala, Mauna Kea, Hualalai, Mauna Loa et Kilauea.

L’archipel Hawaiien ne constitue qu’une petite portion de cette chaîne volcanique, en grande partie sous-marine, et constituée de plus de 80 volcans.

 

map_location_hawaii-thumb-500x357-61817.gif                                   La dorsale Hawaiienne et ses volcans - carte USGS.


Ajustement de la théorie primordiale par diverses hypothèses :

 

Une courbure sèche dans la chaîne Hawaii- Empereur indiquerait, selon une source, un changement  de direction de la plaque Pacifique, il y a 43 Ma, de la direction primaire nord vers une direction récente axée ouest.

La cause exacte de ce changement de direction n’est pas connue avec précision, mais on peut le mettre en relation avec la collision entre le bloc indien et le continent asiatique, intervenu à cette même période.

Une source différente et plus récente, contradictoire, imputerait pour part la courbure à un déplacement du point chaud dans le manteau. Une étude réalisée en juillet-août 2001, par Tarduno et son équipe, sur base d’échantillons de laves récoltés par le navire de recherche Joides resolution, a permis de déterminer l’âge des volcans sous-marins situés avant la courbure entre 81 et 47 Ma. (potassium-argon). Une analyse de la magnétite contenue dans les échantillons a été déterminante : si le point chaud avait été « fixe » durant les 80 millions d’années passées, la latitude déterminée par la magnétite aurait du être la même pour chaque échantillon prélevé  et identique à celle des échantillons de Big Island actuellement. Mais elle a montré le déplacement relatif du point chaud en direction du sud, avec un ratio de 40 mm. par an entre 81 et 47 Ma. ; de plus, le mouvement vers le sud a diminué fortement, il y a 47 Ma, et pourrait même avoir stoppé … avec comme résultat la courbure dans la chaîne, considérée selon l’autre hypothèse comme un changement de direction de plaque.

La question est de savoir si une plaque tectonique peut changer rapidement de direction ; d’autre part, si un point chaud n’est pas « fixe », cela obligera les géologues à repenser la façon de se mouvoir des plaques tectoniques au cours du temps, avec une implication du manteau dans cette dynamique des plaques.

 

Onremarque d'autre part que les volcans ne sont pas "en ligne", mais situés sur des dorsales volcaniques en échelon. La carte ci-dessous le montre :

 

HawiEnEchelon.jpg                                                              Carte Newsgeology.us

 

Les volcans Hawaiien sont alignés le long de deux segments géographiques distincts : le Loa trend et le Kea trend. La géochimie de ces volcans est dissemblable, avec le long du Loa trend, des changements graduels fonction de de l'âge décroissant des volcans, et une différence avec ceux du Kea trend. Le cas est illustré par le Mauna Loa et le Kilauea, deux volcans distants de seulement 40 km.

 

 HawaiiAge---Kea-and-Loa-trends.jpgLes deux segments géographiques distincts marquant la dorsale hawaiienne. - doc. Newgeology.us.

 

HawaiiGeochem.jpgGéochimie différente de trois volcans du Loa trend, du plus âgé, Koolau - 2,6 Ma, au plus jeune, Loihi.- de la "tête" à la "queue" du panache (selon le passage de la plaque Pacifique au dessus du panache) - doc. Newgeology.us.

 

Les images de tomographie sismique, réalisées en 2004, montrent une zone de fusion importante sous Hawaii, connectée à une zone de fusion modérée au nord d'Hawaii et près de la frontière coeur/manteau (vers 2.700 km. de profondeur). La zone de fusion importante s'amincit sous la zone de transition des 600 km., pour réapparaitre à l'ouest à une profondeur de 1.100 km. et disparaitre sous 1.820 km.; ce qui indiquerait une déflection possible du panache par un flux mantellique soit vers le sud, soit vers l'est.

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                   Tomographie sismique sous la dorsale hawaiienne - doc. Newgeology.us.

 

Une vieille idée - 1849 - refait surface : la théorie des fissures lithosphériques est la principale alternative à la théorie du panache mantellique, dans le  cas du magmatisme lié à l'âge de la chaîne volcanique Hawaii-Empereur. Les segments en échelon sont des fissures d'extension ... et l'extension contrôlerait la propagation  de la chaine volcanique.

 

Pour le moment, aucune hypothèse n'est considérée comme entièrement satisfaisante. Pour la compréhension, nous continuerons donc à utiliser le terme "point chaud" pour parler du volcanisme hawaïen.

 


Sources :

- IPGP - Le volcanisme de point chaud de l'océan Pacifique sud  - A.Bonneville.

- National geography news :  hot spot that spawned Hawaii was on the move.

- Newgeology.us : no plume for Hawaii. - John Michael Fischer 2006

- Mantle plume.org - Seismic structure of the mantle beneath Hawaii: Discussion

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Publié le par Bernard Duyck
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Pour bien débuter cette quinzaine hawaiienne, une vidéo de Carole et Frédéric Hardy dont les photos vont illustrer les articles : Du rouge, du grand bleu, un peu de vert ... des éruptions, des vagues, une nature resplendissante et des baleines en prime.

 

 

 

                  

 

Nous entrons dans le domaine de la déesse Pélé, déesse du feu, des éclairs, des volcans, de la danse et de la violence, célébrée à Hawaii par de nombreuses légendes.
L'une d'entre elles :
Elle est la fille de Haumea et Kane Milohai. Originaire de Tahiti, elle en fut chassée par sa soeur Namakaokahai, déesse de l'eau.
Elle créa d'un coup de son bâton Pa'oa un volcan, qui deviendra l'île de Kauai
Sa soeur, irritée du comportement vif et imprévisible de Pélé, se querella avec elle ... Namakoakahai quitta Kauai en la laissant pour morte; mais Pélé survécut et créa ensuite Oahu. Les querelles reprirent et Namakaokahai prit de nouveau le dessus.
Pélé ne se laissa pas abattre et créa Maui, avant de s'installer sur la grande île, au coeur du Kilauea. Les soeurs conclurent un pacte : Pélé gardait la grande île pour demeure, tandis que sa soeur s'occuperait de réparer les dommages causés sur les autres îles ... Cette légende permet d'expliquer l'apparition successive des îles volcaniques, et l'état croissant de colonisation végétale du sud-est au nord-ouest de l'archipel hawaïen.

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                               Allégorie de la déesse Pélé - © Carole et Frédéric Hardy

 

Un poème pour s'attirer les bonnes grâces de la déesse :

( par Karina McAbee - Traduit par Freya Kà )

 


Je suis Pele Honua Mea
Je viens du coeur enflammé de la Terre

J'ai jailli de l'océan il a de ça plusieurs années
En extase, j'ai fait couler ma lave dans la mer
En des nuages rouges et noirs.

Doucement, j'ai bâti la plus haute des montages du monde,
Les îles que vous nommez Hawaii.

Je vous offre la beauté de mes terres
Honorez-moi et Kilauea, mes montagnes sacrées.
Ne prenez aucune des petites pierres de mon corps!
Ne me violentez pas! Ou alors vous ressentirez ma colère!

Vous me décrivez comme capricieuse, violente.
Mes feux sont les feux de la Création!
Ils forgent de nouvelles îles, de nouvelles terres
Au fond des mers, mes éruptions
Réveillent les grandes eaux, réveillent l'air

Moi, Pele Honua Mea réveille le chaudron de la vie!
J'émerge du noyau de la Terre,
la destruction est aussi la création

Vous possédez aussi le feu, la passion et la vision
Émergeant du noyau de votre être

Utilisez maintenant votre colère, votre frustration,
Faites disparaître vos anciennes habitudes, vos peurs,
Et les barrières qui vous empêchent de vous exprimer vraiment
Recommencez sur une terre nouvelle et fertile!

Enflammez-vous! Transformez-vous
En ce moment de grands changements!
Émergez et dansez avec moi!

 

 

En route pour l'archipel Hawaïen !

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

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                                    Le Nevado del Ruiz - photo INGEOMINAS.

 

Le Nevado del Ruiz est un stratovolcan andésito-dacitique, couvert de glaciers, et couvrant 200 km². Le cône moderne est un groupe de dômes de lave qui se sont construit dans la caldeira sommitale de l’ancien volcan Ruiz : Nevado el Cisne, Alto de La Laguna, la Olleta, Alto la Pirana et Alto de Santano. Le cratère sommital, Arenas, a un diamètre de 1.000 mètres et une profondeur de 240 mètres.

 

Nevado-del-Ruiz-cratere.jpg               Le cratère du Nevado del Ruiz - photo Jair Ramirez / INGEOMINAS.


Les pentes du volcan varient entre 10°, à basse altitude et 20-30°,  près du sommet.

Les flancs du volcan sont marqués par les avalanches qui y découpent de profondes ravines ; elles sont empruntés par les lahars générés lors de la fonte des glaces sommitales consécutive aux éruptions historiques, répertoriées à partir du 16° siècle. La plus meurtrière d’entre elles eu lieu en 1985, et a ravagé la ville d’Armero.

Sur le versant sud-ouest, un cône pyroclastique, La Olleta, situé à une altitude de 4.900 m. , n’est plus considéré comme actif.

 

N.del-Ruiz-02.2011--2.jpg               Le sommet glacé du Nevado del Ruiz en février 2011 - photo INGEOMINAS

 

Son activité éruptive a débuté il y a 1,8 Ma, au début du Pléistocène. On distingue trois périodes :

- la période ancestrale – entre 1 et 2 Ma , un complexe de grands stratovolcans s’est formé ; entre 1Ma et 800.000 ans, ils se sont partiellement effondrés, formant de vastes caldeiras (5 à 10 km. de large)

- la période ancienne – entre 800.000 et 200.000 ans, un nouveau complexe de grands stratovolcans s’est construit, incluant le vieux Ruiz. Puis une nouvelle caldeira s’est formée, suite à une explosion il y a 200.000 à 150.000 ans. 

- la période récente – depuis 150.000 ans : un ensemble de dômes de lave, d’andésite ou de dacite, s’est formé dans l’ancienne caldeira. Au cours des derniers 11.000 ans, le Nevado del Ruiz a connu 12 stades d’éruptions, incluant des avalanches de débris, des coulées pyroclastiques et des lahars, avec destruction partielle des dômes de lave.

La plupart des éruptions sont reliées au cratère central, à des éruptions phréatiques et des éruptions de flanc.

 

La plus ancienne éruption connue date de 1595 ; une autre d’importance se produisit en 1845. Il s’agissait à chaque fois d’éruptions explosives, d’un volume modeste mais suffisant pour produire des lahars causés par la fonte des glaciers sommitaux. En 1845, la coulée de boue causa la mort d’un millier de personnes dans la vallée du Rio Magdalena.

 

L’éruption de 1985 : Armero fut détruite par un lahar le 13 novembre 1985. Plus de 23.000 personnes y laissèrent la vie.


Volcanic Explosivity Index (VEI):  3

Tephra Volume:  48  x  10 6 m 3

Area of Activity: Arenas Crater

Eruptive Characteristics:
Central vent eruption , Explosive eruption , Pyroclastic flow(s) , Phreatic explosion(s) , Mudflow(s) (lahars).
Evacuation , Fatalities , Damage (land, property, etc.)     -  (in GVP.)

 

Avant cette éruption fatale, le volcan était sous surveillance, au départ d’une station sismique localisée à 9 km. du sommet, et les informations transmises à un centre de coordination chargé d’alerter les populations.

En novembre 1984, l’activité sismique et fumerollienne enregistra une nette augmentation. Une mission volcanologique Italienne analysa les gaz de fumerolles au niveau du plancher du cratère Arenas, concluant que le mélange de CO2 et SO2 provenait du magma et jugeant les risques de lahars comme « très élevés » (rapport rendu le 22.10.1985).

Le 13 novembre 1985, une tempête cachait malheureusement le sommet . Après un an de phénomènes annonciateurs, l’éruption débuta en fin d’après-midi. La phase paroxysmique se produisit à 21h09, avec la formation d’une colonne plinienne montant à 30.000 mètres, engendrant une pluie de cendres et lapilli au nord-est du volcan. La phase plinienne fut précédée et suivie de déferlantes et coulées pyroclastiques qui firent fondre la neige et le glacier ; la libération d’une masse colossale d’eau (estimée entre 10 et 60 Mm³), se mêlant aux produits éruptifs, engendra des lahars. Dans les vallées, les lahars avaient au moins 40 mètres d’épaisseur et leur vitesse de déplacement était de 50-60 km/heure. La coulée principale dévala le Rio Langunillas pour atteindre et engloutir la ville d’Armero, située à 74 km. du volcan, où périrent 20.000 personnes (sur les 29.000 habitants). D’autres coulées, empruntant les drainages des Rios Chinchina et Guani, firent des dégâts à Mariquita et Honda.

 

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Vidéo de la Pan American Health Organisation - link:

 

 

 

Armero_aftermath-Rio-Laguillas---J.Marso-USGS.jpgLe Rio Lagunillas ... Armero se trouvait au milieu de la zone boueuse - photo Jeffrey Marso / USGS.

Ruiz85_aerial_lahar_armero_12-09-85_med.jpg                         Armero, noyée sous la boue - photo USGS le 02.12.1985

Une figure amblématique de la tragédie d'Armero, Omayra Sanchez :  cette fillette, charriée par le lahar, s'est retrouvée coincée; après avoir lutté durant 60 heures, elle a succombé à l'hypothermie et à la gangrène. Cette mort tragique, parmi toutes les autres, a mis en lumière les failles du système officiel face à la menace du volcan, mais aussi la bataille courageuse menée par les secouristes pour sauver les victimes. La photo du journaliste Frank Fournier, prise juste avant son décès, a suscité la controverse, faisant culpabiliser le gouvernement Colombien devant son inaction à prévenir la tragédie en dépit des avertissements disponibles.

Omayra-Sanchez-13-year-old-victim-of-the-eruption-of-the-Ne.jpgNovember: Omayra Sanchez, 13 year-old, victim of the eruption of the Nevado del Ruiz volcano, Armero, Colombia - Born :28.08.1972 and died : 16.11.1985 - Photograph taken by Frank Fournier.
  (1972-08-28)
   

VRTA la suite de cette tragédie, l’USGS organisa, un an après celle-ci, un programme et un team de surveillance, le « Volcano disaster assistance program » et le "Volcano rescue team", ainsi qu'un observatoire portable pouvant être rapidement déplacé vers un volcan en réveil à n’importe quel endroit dans le monde. Le Rescue team permit l’évacuation de 75.000 personnes autour du Pinatubo, avant son éruption de 1991.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Nevado del Ruiz

- USGS - Nevado del Ruiz

- USGS - Deadly lahars from Nevado del ruiz

- Omayra Sanchez - wikipedia - link

- The volcano Rescue team

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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   Massif du Tolima - Situation des trois derniers volcans à examiner - doc. INGEOMINAS

 

Cerro-Machin-panor-jpg                         Le Cerro Machin - photo INGEOMINAS / Manizales.


Le Cerro Machin est un petit stratovolcan situé à l’extrémité sud du massif du Tolima, à une vingtaine de kilometres de la cite d’ Ibagué (500.000 habitants).

Petit volcan, mais histoire marquée par des éruptions très violentes.

Le sommet, entièrement couvert de forêt, est tronqué par une caldeira large de trois kilomètres, considérée comme un complexe annulaire pyroclastique - ash tuff ring -, qu’occupent trois dômes de dacite.

 

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MACHIN-202_resize-vm.jpg                     Un des trois dômes du Cerro Machin - Ingeominas 12.12.2008.


Plusieurs dépôts d’écoulements pyroclastiques ont été liés à des éruptions datées de l’holocène, probablement associées à la formation de la caldeira.

La caldeira est ouverte vers le sud , passage emprunté par le produit d’éruptions (blocs de dacite et poussières) datés de la fin de l’holocène.

 

Une légende indienne (précolombienne), rapportant « des colonnes de fumées noires et des langues de feu »,  pourrait être la seule observation connu d'une éruption, la dernière étant datée à 1180+-150 ans par radiocarbone.

Actuellement l'activité volcanique se résume a une sismicité au-dessus de la normale, une activité fumerolienne discrète et une activité hydrothermale.

 

Le Nevado del Tolima est un jeune stratovolcan andésito-dacitique qui s’est formé au cours des derniers 40.000 ans ; il se dresse sur une caldeira datée de la fin du Pléistocène large de 3 km.

Son sommet est constitué de dômes de lave associé à des coulées de lave en bloc et de dépôts de coulées pyroclastiques. Il contient un cratère en entonnoir de 200 à 300 m de profondeur.

L’activité durant l’holocène est marquée par des éruptions explosive modérées à plinienne ; la dernière éruption majeure est datée de 1990 avant JC, et qualifiée d’un VEI 5.

Au 19° et 20° siècle, des éruptions mineures de type explosif, et de VEI 2 eurent lieu en 1822, 1825, 1826 et 1943.

 

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                   Le Nevado del Tolima dans son environnement - photo Tom Pierson / USGS

Nevado-del-tolima.jpg       Le sommet et le cratère du Nevado del Tolima - photo Jair Ramirez / INGEOMINAS.

 

Sources :

- INGEOMINAS Manizales - generalidades del Cerro Machin.

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