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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

2008-11-09_07.09.jpg

                               Nevado del Huila - photo INGEOMINAS 18.08.2008

Situé dans le parc national qui porte son nom, le massif du Nevado de Huila se présente comme un alignement nord-sud de quatre pics nommés (du nord au sud) Pico Norte, Pico La Cresta, Pico Central (qui constitue le plus haut sommet de Colombie) et le Pico Sur. Il culmine à 5365 m d'altitude, raison pour laquelle il est recouvert de glaciers permanents, toutefois en régression depuis 1961, où ils perdent 5,5 km² (0,3km³).

 

3301hui1.jpgLes sommets du Nevado del Huila : N-Pico Norte, LC- Pico La Cresta, C- Pico Central, S- Pico Sur. - photo Ingeominas/ GVP.

 

Mapa_geologico-Nevado-del-huila---ingeominas-copie.jpgCarte géologique du complexe volcanique Nevado del Huila - INGEOMINAS

en rose clair - Qlp : les laves andésito-dacitique récentes

en rose foncé - TQlp : les laves pré-Huila.

en jaune hachuré: avalanches de débris.

 

Sa base, elliptique, mesure 16km selon l’axe nord-sud  sur 11 km sur l’axe est-ouest et couvre 170 km² de surface. Cet imposant stratovolcan s'est édifié dans une caldeira de 10 km de diamètre et d'âge indéterminé.

Il est en fait constitué par le chevauchement de deux volcans nommés Pré-Huila et Huila.

La formation de ce dernier est, elle aussi, séparée en deux périodes distinctes : Huila ancien et Huila actuel.

Bien que formation du Huila actuel fut essentiellement effusive, elle est devenue, dans les périodes plus récentes, beaucoup plus explosive, produisant notamment des coulées pyroclastiques liées à des effondrements de dômes. Les traces les plus récentes d'activité se présente sur le Pico Sur sous la forme de dômes.

 

Nev.-del-Huila-2010-02-12-07.16.jpg

       L'imposant dôme du Pico Sur / Nevado del Huila - photo INGEOMINAS 12.02.2010


La seule activité connue sur ce volcan est une activité solfatarienne permanente dont « le son ressemble, dans le silence des nuits d'altitude, à la respiration tranquille d'un géant qui dort » ( Garcés et De la Zerda, auteurs d'un guide sur les parcs nationaux de Colombie, 1994).

 

La seule éruption qui aurait été observée se serait produite en 1555 ; elle serait de nature explosive mais aucun document ne vient l'officialiser.

 

Carte du séisme et glissements de terrain/lahars de 1994 - USGS

Huila_map.jpg

 

 

En 1994, un séisme de magnitude 6,4 sous le volcan déstabilisa celui-ci et provoqua glissements de terrain et lahars destructeurs ( nombre indéterminé de victimes, entre 250 et 1200, déplacement de 20.000 personnes, 100 km de routes et 6 ponts détruits).

 

 

Lahar-04.07.1994---T.C.Casadevall-USGS.jpg

 

 

Site de Toez - lahar du 4 juillet 1994 -photo de T.C.Casadevall / USGS

A noter la terrasse verte au dessus du lahar : elle correspond aux dépôts d'un lahar préhistorique.

 

En 2007, après 450 ans de repos, le volcan se réactive dès février. De nombreux séismes de type "tornillo" sont signalés entre le 1° et le 19 février. Le 19 février, à 8h 56, l’éruption débute par l’émission d’un panache à 1.500 m. d’altitude, accompagnée de chutes de cendres et de petits lahars.

 Le 18 avril à 2h57, une éruption accompagnée de lahars et d’avalanches affecte les villages de La Plata, Tesalia, Nataga et Belalcazar ; l’éruption provoque l’émission de panaches atteignant respectivement 9.000 et 11.000 mètres.

 

3301hui5.jpg A) A view with the Paéz river basin in the foreground and with Nevado del Huila steaming in the background. B) A close up of the SE flank looking NW, showing dark snow on the W side of the volcano and a thinner coating on the E side. C) Contrasting ash-free and thickly ash-covered ice at the N-central side of the summit (Pico Central to the right), with the elongate fissure emitting steam near the ridgeline. D) Pico Central seen at comparatively close range from the E side of the mountain, where a thin coating of ash is apparent over many of the upper slopes. E) A view looking S across Pico la Cresta slightly off the trend of the ridge axis, highlighting steam emissions from the fissure, areas of ash-covered snow, and abundant fresh crevasses in the upslope ice. F) A photo looking NW at the gray ash deposits on glacial ice of Pico Central and again illustrating venting steam. Courtesy of the Colombian Air Force and INGEOMINAS.

 

En 2008, deux épisodes éruptifs marquent le Nevado del Huila :

Entre le 19 février et le 28 mai, une éruption produit un panache montant à 6.000 m., avant de se dissiper rapidement. La chaleur dégagée par la lave émise fait fondre partiellement la calotte glaciaire, avec formation de lahars entraînant l’évacuation des populations.

Après des mois de regain d’activité fumerollienne sommitale, une nouvelle éruption a lieu le 21 novembre : 12.000 personnes évacuent les zones menacées. Le 23 novembre, des avalanches de débris dévalent les pentes causant la mort de 10 personnes et des dégâts dans les villes de Paicol, La Plata, Belalcazar et la vallée de la rivière Paez.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Nevado del Huila

- Activolcans - Nevado del Huila

- Ingeominas - obs. Popayan - Nevado del Huila

- USGS - Landslides and lahar at Nevado del Huila 1994 - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Un large massif volcanique surplombe la ville de Quito, à l’ouest : le Pichinha.

 

Pichincha_desde_Itchimbia---Oersted.jpg             Le massif du Pichincha domine Quito - photo depuis Itchimbia par Oersted

 

Rucu-Pichincha---altiplano-centerblog-copie.jpg                         Le Rucu Pichincha, l'ancien volcan - photo centerblog

 

Il est formé d’un ancien volcan, le Rucu Pichincha, inactif depuis un million d’années, et d’un cône actif plus récent qui a grandi sur le flanc ouest de l’ancien édifice : le Guagua Pichincha.

Le cratère actif s’ouvre à l’intérieur d’une vaste dépression en amphithéatre, de type caldeira, égueulée à l’ouest et de 6 km. de diamètre. Elle s’est formée à la fin du Pléistocène (il y a 50.000 ans) au cours d’une rupture de pente.

 

cratere-actif-Guagua-Pichincha.JPG  Guagua Pichincha -  les impressionnantes parois et quelques fumerolles à droite - IGEPN.

 

Guagua-Pichincha---Patricio-Ramon-EPN.jpg     La caldeira du Guagua Pichincha, toujours fumante - photo Patricio Ramon / EPN


15gua03f.pngTopographie schématique de la caldeira du Guagua Pichincha - Sean Hodges / Univ.

 d'Oxford d'après une carte géologique Inemin.

On peut repérer sur la photo du dessus le cratère d'explosion et l'avant du dôme.

 

L’activité éruptive, à la fin du Pléistocène et à l’holocène, est explosive avec des coulées pyroclastiques accompagnant les cycles de construction/destruction d’un dôme de lave central. Entre les 16° et 17° siècles, en 1556, 1572, 1582 et 1660, les éruptions sont caractérisées par une forte explosivité, la formation de colonnes pliniennes, des coulées et déferlantes pyroclastiques qui dévalèrent le côté ouest et inhabité du volcan. En 1660, les chutes de cendres marquèrent une surface de 1.000 km de diamètre, et recouvrirent Quito sous 30 cm. de cendres.

Après cet épisode le volcan est resté pratiquement au repos, à part de petites explosions phréatiques en 1830-31, 1868-69, 1881, 1981-82.

Depuis août 1998, les explosions se succèdent avec une rare violence de de manière continue, accompagnées de séismes. Le cratère est le siège d’une activité fumerollienne et phréatique continue, et sa visite présente un risque certain.

 

Guagua-Pinchincha--07.10.99-A-D.Buergess.jpg     Guagua Pichincha - Superbe panache éruptif du 07.10.1999 - photo A.& D. Burgess

 

Durant le mois de novembre 1999, 41 explosions phréatiques eurent lieu. L'institut de géophysique a réalisé une carte des hypocentres des séismes montrant que la majorité de ceux-ci est rassemblée sous l'aire cratérique. Une section transversale de la plomberie montre qu'un aquifère peu profond coupe le conduit actif et contribue à la répétition des éruptions phréatiques. Ce réservoir hydrothermal est alimenté par les eaux pluviales en provenance des reliefs surplombant le cratère et le dôme (voir encadré).

 

Coupe-schematique-du-G.Pichincha.png Cross section est-ouest de la plomberie du Guagua Pichincha - doc. Institut Géophysique.

L'échelle de gauche indique les profondeurs relatives au niveau de la mer = 0.

La chambre magmatique serait située entre moins 4.000 et plus de moins 10.000 mètres

 

pichincha---Nasa-Aster-copie.jpgSur cette image ASTER en fausses couleurs, remarquez la caldeira du Guagua Pichincha ébréchée et le drainage, côté opposé à la ville de quito, en haut à droite. - doc. Nasa Aster.

 

Les risques sont maximum en cas d'éruption forte, étant donné  la proximité. Les risques de coulées de lave et pyroclastiques sont maximum sur la zone ouest ; pour quito, il y a des risques mineurs pour le sud de la ville, bien que protégé par les montagnes Unguia - El Cinto. Les risques de lahars sont fonction des drainages.

 

Quito-et-Pichincha--Google-copie.jpgPosition du volcan par rapport à la ville de Quito, qui s'étend du nord au sud (en gris du haut en bas du cadrage) - d'après une image Google Earth.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Guagua Pichincha

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

                

 

La nuit au dessus du Cotopaxi :  Après un passage nuageux, un superbe ciel étoilé surmonte le volcan ... La Voie lactée,  la nébuleuse Coal Sack et la Croix du sud ... et pour terminer le passage d'un avion et ses traînées de condensation !       Splendide !  - doc.astrosurf

 

CotopaxiRPita-RunUpsTaboPaxiyJatabamba07Apr04-038.jpg           Le massif volcan Cotopaxi - photo  RPita-RunUpsTaboPaxiyJatabamba07Apr04

 

 

Cotopaxi : un stratovolcan andésitique presque parfait, symétrique, couvert de glacier ; le cône aux pentes raides, est coiffé par deux cratères sommitaux emboîtés, le plus large de 550 sur 800 m. de large, qui culmine à 5.897 mètres. Le plus petit, appartenant au cône qui s'est établi au centre du précédent, a une largeur de 250 m. et une profondeur de 120 mètres.

De profondes vallées, drainage des coulées et lahars, radient du sommet du volcan.

 

Cotopaxi-crateres-emboites---Tom-Simkin-Smithsonian.jpg       Les cratères emboités du Cotopaxi - photo Tom Simkin / Smithsonian inst., in GVP.

 

Son nom, en langage Cayapa, signifie "cou de la lune" : la lune qui vient "se poser" au dessus du volcan lui donne l'impression d'en être le cou.

En Quechua, "coto " signifie masse, "paxi " désigne la lune ou la clarté. Cotopaxi signifierait donc "la clarté de la masse" ... la notion de clarté pourrait faire référence aux lueurs des éruptions, et signifier "masse de feu".

 

Cotopaxi_Fred.E.Church.jpg

  "Cotopaxi" - peinture de Frederic Edwin Church, paysagiste américain - 1862 - conservée au Detroit museum of arts.

 

La partie basale du volcan, appelée Picacho, est une caldeira qui s'est formée par effondrement, il y a plus de 5.000 ans. Ses restes sont visibles sous forme de reliefs en saillie, au nord et au sud-ouest de la structure.

La partie la plus récente, nommée Incaloma, forme le cône terminal.

Couvrant une superficie de 280 km², avec une longueur de 22 km. sur 20 km. de large, ce géant est recouvert de glace et neiges éternelles dès 4.900 m. d'altitude. Cette couverture de glace est responsable de lahars destructeurs engendrés par certaines éruptions du Cotopaxi.

 

Cotopaxi---2---JLEN.jpg              Le volcan Cotopaxi vu de la lagune de Limpios - © José Luis Espinosa Naranjo.

 

Des études téphrochronologiques et des datations au carbone-14, ont montré que les éruptions du Cotopaxi ont atteint un VEI égal à 5 - éruption plinienne paroxysmale, à de nombreuses occasions depuis 6.000 ans. Les plus importantes ont été datées de 2.820 et 3.880 avant JC. (GVP)

Le premier récit historique de l'activité du volcan date de 1533, au soir d'une bataille entre les conquistadores espagnols et les amérindiens.

Depuis le 16° siècle, le volcan a connu une cinquantaine de phases éruptives. En 1744, une partie de Latacunga fut détruite. L'éruption de 1877 s'est accompagnée de coulées pyroclastiques et de la fonte rapide du glacier qui a déclenché des lahars mortels,et apporté la destruction dans les vallées voisines sur plus de 100 km. en direction du Pacifique et du bassin de l'Amazone. Le débit fut estimé à 50.000 m³/seconde, comparable au débit des plus grands fleuves de la planète.

L'activité des dernières années se distingue par l'accroissement périodique des fumerolles et une légère fonte de la glace sommitale. A partir de 2001, une activité sismique croissante est enregistrée autour du Cotopaxi.

 

Cotopaxi_volcano---Gerard-Prins.jpg                                             Le Cotopaxi - photo de Gérard Prins.

 

Le Cayambe est un stratovolcan andésito-dacitique, culminant à 5.790 mètres et proche lui aussi de Quito. Il est coiffé de glaciers qui descendent jusqu'à une hauteur de 4.200 m sur le flanc est.

 

800px-Cayambe_volcano_from_Quito---06.2010-Patomena.jpg            Le Cayambe surplombe l'agglomération de Quito - photo Patomena 06.2010


Le volcan Cayambe "moderne" s'est construit du côté est du complexe volcanique datant du Pléistocène; il possède deux dômes de lave sommitaux distant de 1.500 m. D'autres dômes parsèment les flancs supérieurs et ont été la source des coulées pyroclastiques qui ont atteint les bas flancs du volcan.

Sur le flanc est, un cône pyroclastique, appelé La Virgen, a produit une coulée de lave andésitique se prolongeant sur 10 km. en direction de l'est.

Sa dernière éruption est datée de 1786.

 

800px-Cayambe-volcano_---Martini-2005.JPG       Le glacier du Cayambe, menacé comme tous ceux des Andes - photo Martini 2005.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Cotopaxi

- Global Volcanism Program - Cayambe

- Astrosurf - Cotopaxi

 

 
   
   
   

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Publié le par Bernard Duyck
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Le ministère des Situations d'urgence de l'Azerbaïdjan nous informe de l'éruption du volcan de boue Shihzeyirli, situé dans la région du Gobustan.

Cette éruption, datée du 13 mars, était accompagnée d'émissions de boue et de flammes montant à plus de 50 mètres; l'éruption continue, avec moins d'intensité cependant, les émissions étant réduites à 1 à 2 mètre. Le bruitdes gaz qui s'échappent provient de plusieurs endroits et la chaleur est perceptible à 3 km.

De nombreuses crevasses se sont formées autour du cratère.

Le village du même nom n'est situé qu'à 600 m. du volcan, ce qui a causé l'angoisse des habitants.

 

Ce volcan entre en éruption tous les 6 à 7 ans; sa dernière manifestation remonte à 2005.

Depuis, deux autres volcans de boue ont vu leur activité augmenté.

 

561px-Azerbaijan 1995 CIA map                                         Le Gobustan est situé au sud-ouest de Bakou.

 

800px-Aserbaidschan_1987_023.jpg                       Art rupestre du Gobustan - photo Don-Kun 03.2010/wikipedia


La réserve du Gobustan , à environ 65 km au sud-ouest de Bakou, fut fondée en 1966 pour préserver et protéger l'art rupestre de la région ainsi que les volcans de boue et les monolithes appelés « gaval dash ».

Elle abrite environ 600 000 peintures rupestres représentant des hommes, des batailles, des danses, des bateaux, des guerriers armés de lances, des combats de taureaux, des bateaux chargés de soldats, des caravanes de chameaux, le soleil et les étoiles, etc. Les dessins sont vieux de 5 000 à 20 000 ans  .

 

Sources :

- ABC.AZ - Baku, Fineko/abc.az.

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Publié le par Bernard Duyck
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Le Quilotoa est un volcan étrange et photogénique : ce cône fortement tronqué abrite une caldeira de 3 km. de large et un lac, de 2 km² situé 3 à 400 m. plus bas.

Plus d'une demi-douzaine de dômes de lave dacitique ornent les parois de ce géant de 10 km. sur 7.

 

quilotoa-AVE.jpg

                                                                                                © Antony Van Eeten

laguna-di-quilotoa---Geo.fr.jpg

                                                   Laguna Quilotoa - Géo.fr

 

La caldeira s'est formé suite à l'éruption de 1.280, de VEI 6, accompagnée de coulées pyroclastiques et de lahars, qui ont atteint la côte Pacifique; l'éruption a produit 21.000 Mm³ de tephra qui ont recouvert le nord des Andes.

 

LAguna quilotoa JLEN                La Laguna Quilotoa  dans la brume -  © José Luis Espinosa Naranjo

Les différentes photos, prises sous un soleil voilé ou dans la brume, révèlent des ambiances changeantes pouvant devenir mystérieuses.

 

La caldeira s'est emplie d'un lac de couleur verte émeraude, déterminée par les minéraux dissous; ce lac, privé de voies naturelles d'écoulement, a son niveau dépendant du rapport entre les précipitations et l'évaporation de l'eau. Il a une profondeur de 250 mètres. Depuis les profondeurs fusent des gaz riches en anhydride carbonique, dont une partie se dégaze continuellement à la surface du lac tandis qu'une autre s'accumule dans la masse d'eau, formant des poches que l'on peut repérer grâce à des taches de couleur plus claire. Ces grosses bulles représentent un danger pour les populations des environs. Des sources chaudes sont présentes sur les flancs est du volcan.

 

Le Quilotoa est constitué essentiellement par des superposition de produits pyroclastiques, ce qui fait qu’il est sujet à une forte érosion ... le ravinement atteint par endroit 200 m.de profondeur. Ce phénomène d’érosion est accentué par la pente élevée à l’extérieur qui voisine les 30 à 35 °.

 

quilotoa-quebradas.jpg

                                            Quilotoa quebradas - érosion.

 

Depuis 40.000 ans ce volcan se caractérise par l'émission d'un magma de nature dacitique (avec plagioclase, hornblende et biotite) à l'origine d'éruptions explosives de nature plinienne et coulées pyroclastiques.

 

L’histoire plus récente du Quilotoa est parcellaire. Cependant, une série d’éruptions semble être associée à ce volcan. La première éruption historique s’est produite le 28 novembre 1660.  Entre 1725 et 1740, le niveau du lac du Quilotoa monta. Une autre éruption se serait produite en 1859.

 

quilotoa-dome---Ciences.jpg                                Quilotoa - dôme dacitique en bordure du lac de cratère.

 

Illiniza--American-alpine-inst.gif                Le complexe Illiniza - photo Kristen Risnes / American Alpine institute.

 

Les pics jumeaux couverts de glacier de l'Illiniza , à dominance andéstique à dacitique, sont largement datés du Pléistocène.

L'Illiniza nord constitue le reste de l'édifice volcanique principal; son homologue sud est un stratovolcan entouré de dépôts pyroclastiques et haut de 5.248 mètres. Une éruption explosive y a formé une petite caldeira, partiellement remplie par un dôme de lave qui forme le sommet.

 

Illiniza-sud---sacred-mountain-expe.-.jpg                                    L'Illiniza sud - photo Sacred Mountain.


Deux dômes de lave sont situés sur les flancs sud et nord-est du complexe volcanique. Le dôme Rasuyacu, sur le flanc sud, a été actif durant l'holocène.

 

Iliniza---2--J.L.Espinisa-Naranjo.jpg   Une vision artistique des pics jumeaux de l'Illiniza par   © José Luis Espinoza Naranjo 

 

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Quilotoa

- L.A.V.E. fiche Quilotoa


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Publié le par Bernard Duyck
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avenida_volcanes.gif

                                        Equateur - "L'avenue des volcans" - doc. IGEPN

101807_chimborazo.jpg                                   Taitia Chimborazo - photo eric Wastiaux / Arte Blogs

 

Le Chimborazo, couvert de glacier, est le volcan le plus haut de l’Equateur, avec ses 6.310 mètres. Il est situé à l’extrémité sud de la célèbre « avenue des volcans », à 30 km. au nord-ouest de Riobamba.

En dialecte quechua, « Chimba » signifie « de l’autre côté », et « razu » qualifie la « neige ou la glace », donc « chimbarazu », hispanisé en Chimborazo, voudrait dire «  la neige de l’autre côté »… de la rivière.

 

Chimborazo-06.2010---3-JLEN.jpg

 

Chimborazo-06.2010---6-JLEN.jpgLe Chimborazo et l'actuel sommet recouvert par un glacier - © José Luis Espinosa Naranjo

 

Chimborazo---5-AVE-2010.jpg       Le Chimborazo glacé, dans la lumière du petit matin - © Antony Van Eeten 2010.

 

Chimborazo---6AVE-2010.jpg                        © Antony Van Eeten 2010.

 

Selon la culture indigène, le Taita Chimborazo (papa Chimborazo) et le Cotopaxi étaient des prétendants de la « belle » Tungurahua. Le Cotopaxi attaquait verbalement (nombreuses éruptions) le Chimborazo qui s'est mis en colère. Le Chimborazo remporte le duel, et le cœur de la belle. Ils eurent ensemble le Guagua Pichincha (Guagua signifie « bébé » en quechua). Le bébé Pichincha, héritant de la puissance de son père, démontra sa force en pleurant et provoqua l'ire de sa mère qui s'est mise en colère. Elle est depuis devenue une furie incontrôlable, mais elle forme son bébé à contrôler les sources de puissance. 

 

Ce volcan, à dominante andésitique à dacitique, est daté du Pliocène- Pléistocène.

Il y a 35.000 ans, un collapsus a produit une grande avalanche de débris, dont les dépôts servent de sous-bassement à Riobamba et qui ont créé un barrage et un lac temporaires sur le Rio Chambo.

Les éruptions suivantes ont construit des édifices alignés est-ouest : deux ou quatre sommets, selon les sources, soit le Veintimilla (6.267 m.), le Whymper (6.310 m.), le  Politecnico (6.000 m.) et le N.Martinez (5.570 m.).

 

800px-Chimborazo+sketch

Les sommets, les refuges et les chemins d'accès au Chimborazo - Mountaineering in the andes.


A l’holocène, une demi-douzaine d’éruptions ont été répertoriées, avec des surges pyroclastiques atteignant des zones situées vers 3.800 m. d’altitude. La dernière éruption date de l'an 550 (GVP).

 

Une belle coupe de 12 m. d’épaisseur dans les couches de téphra, datées de la fin du Pléistocène, et située sur le flanc sud-ouest du volcan, montre des discordances d’érosion dues à une avancée glaciaire entre 18.000 et 20.000 ans, séparant deux séquences de couches de téphra.

 

121023.jpg       Dépôts sur le flanc sud-ouest du Chimborazo - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

 

Le volcan fut gravi en 1802, par les scientifiques Alexander von Humboldt et Aimé Bonpland ; ils durent renoncer à 5.875 m. à cause du manque d’oxygène. Et ce n’est qu’en 1880, que Edward Whymper et les frères Carrel eurent l’honneur d’être les premiers occidentaux à atteindre le sommet de ce qui était considéré alors comme le plus haut sommet du monde.

 

Humboldt-Bonpland_Chimborazo.jpg

Bonpland et von Humboldt aux pieds du chimborazo - peinture de Friedrich  Georg Weitsch - 1810

 

chimborazo-A.von-humboldt-1807.JPGSection du Chimborazo indiquant les différentes plantes et les altitudes auxquelles elles ont été découvertes par l'expédition von Humboldt-Bonpland  - Alexander von Humboldt, Geography of Plants, 1807 / Digital library.


On peut considérer que le Chimborazo est le plus haut sommet du Chimborazo---2-AVE-2010.jpgmonde, ou du moins celui dont le sommet est le plus éloigné du centre de la terre. En effet, la Terre est quasiment un ellipsoïde de révolution. Le rayon équatorial (Re = 6378,137 km) mesure 21 km de plus que le rayon polaire. Les satellites altimétriques permettent aussi de connaître au mètre près les petites différences entre le géoïde/niveau de la mer et l’ellipsoïde, ce qui permet de calculer la distance centre de la Terre / sommets de l’Everest ou du Chimborazo. Le GPS permet de vérifier et de préciser ces calculs. Ce nivellement exact au mètre près a été effectué par l’IGN.

Panneau signalant cette particularité - © Antony Van Eeten 2010. 

 

earth-oblate-spheroid-shape--.jpgEloignement par rapport au centre de la terre : Chimborazo 6.384 km - Everest 6.382 km. - Mt.Rainier 6.371 km. -  doc. Klenke / via summitpost.

 

Le glacier du Chimborazo est une source d’approvisionnement en eau primordiale pour les  habitants des cantons de Chimborazo et Bolivar. Les hauts glaciers andins fondent à une vitesse accélérée suite au réchauffement climatique et devraient disparaître dans les prochaines décennies… Les villes de Quito, Lima, La Paz et les villages environnants, dont l’alimentation en eau dépend des ressources glaciaires, devront affronter d’importantes pénuries d’eau dans un proche avenir.

 

Chimborazo---Fl.Dujardin--3---2008.jpg              Le sommet enneigé et le glacier sommital -  © Florentine Dujardin 2008.

 

Chimborazo---3-AVE-2010.jpg                                                                                   © Antony Van Eeten 2010.

Chimborazo---1-AVE-2010.jpg

                   Chimborazo - le glacier sommital - © Antony Van Eeten 2010.

 

Pour les amateurs d’escalade et de prouesses, consultez le site Summitpost et l’article de Cécile et Jean-Luc Mélot, dans la revue L.A.V.E. n°137 –mars 2009.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Chimborazo

- Summitpost - Chimborazo

- Merci à Antony Van Eeten pour les dernières photos transmises ce jour - ... d'où addenda.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

tung-de-Canton-Patate-04.12.2010-JLEN.jpg

                Le Tungurahua en éruption, le 04.12.2010 - © José Luis Espinosa Naranjo

 


Vidéo image par image de l'activité éruptive du volcan Tungurahua et de l'activité dans l'observatoire. - Par Benjamin Bernard -   www.bigbender.over-blog.com

 

tungu-12.2010-JLEN.jpg

             Tungrahua  -  activité récente - © José Luis Espinosa Naranjo 12.2010


Culminant à plus de 5000 m d’altitude, le Tungurahua est un imposant strato-volcan, de 14 km. de diamètre basal, à la forme conique régulière, composé d'andésite et de dacite.

Son nom dérive du quechua et signifie "gorge de feu" (tunguru, « gorge », et rahua, « brûler »). Les indigènes de la sierra le surnomme Mama Tungurahua qui signifie la « mère Tungurahua » en opposition avec le père qui est considéré comme étant le Chimborazo (Taita Chimborazo).

 

tung.-14.01.10-P.Ramon-IG.jpg                          "Gorge de feu" en action, le 14.01.2010 - photo P.Ramon IGEPN


Selon la culture indigène, le Taita Chimborazo et le Cotopaxi étaient des prétendants de la « belle » Tungurahua. Le Cotopaxi attaquait verbalement (nombreuses eruptions) le Chimborazo qui s'est mis en colère. Le Chimborazo remporte le duel, et le cœur de la belle. Ils eurent ensemble le Guagua Pichincha (Guagua signifie « bébé » en quechua). Le bébé Pichincha, héritant de la puissance de son père, démontra sa force en pleurant et provoqua l'ire de sa mère qui s'est mise en colère. Elle est depuis devenue une furie incontrôlable, mais elle forme son bébé à contrôler les sources de puissance.

 

Sa formation s'est faite en trois étapes :

Trois édifices volcaniques majeurs se sont construits successivement depuis le milieu du pléistocène sur une base de roches métamorphiques.

 Le Tungurahua II fut ainsi édifié sur les « restes » de l’édifice primordial effondré, au cours des 14.000 années suivant ce collapsus. Puis le Tungurahua II lui-même s’effondra il y a 3.000 ans, formant une large avalanche de débris et une caldeira en forme de fer à cheval ouverte vers l’ouest. C’est à l’intérieur de cette dernière que s’édifia le cône récent coiffé d’un cratère.

 

L'activité éruptive actuelle du volcan (Tungurahua III) a reconstruit le cône à environ 50% de sa taille d'avant la chute par extrusion de 3 km³ de produits volcaniques. Deux périodes de construction sont connues dans l'histoire du Tungurahua III :

- Entre il y a  2.300 à 1.400 ans , caractérisée par des taux élevés d'extrusion de lave et de génération de flux pyroclastiques. Pendant cette période, la composition du magma n'a pas beaucoup changé, restant essentiellement andésitique.

- Au cours des 1.300 dernières années, les épisodes éruptifs ont été répétées en moyenne une fois par siècle, et ont généralement commencé avec la chute de lapilli et de l'activité pyroclastique de composition hétérogène (andésite et de dacite) et s'est terminée par des coulées de lave ou des émissions de lave dans le cratère, de composition plus basique. Ce schéma cyclique est observée dans les trois plus grandes éruptions historiques survenus dans les années 1773, 1886 et 1916-1918, avec une poursuite d'une activité moindre jusqu'en 1925.

 

Tungurahua-23.11.2010-IGEPN.jpgL'activité récente du Tungurahua a pour origine le cratère sommital - photo IGEPN 23.11.2010

 

Depuis 1999, le Tungurahua est entré dans une phase active. Après les premières éruptions en octobre 1999 qui produisirent d'intenses retombées de cendres et conduisirent à l'évacuation de plus de 25 000 habitants de Baños et des environs, l'activité s'est poursuivie à un niveau variable, en alternant des phases de calme avec des phases d'activité strombolienne à vulcanienne. Les principales conséquences de cette activité ont été des retombées de cendres principalement vers l'ouest du volcan suivant les vents dominants, et la remobilisation de ces dépôts non consolidés lors des pluies sous la forme de lahars. Les retombées de cendres ont périodiquement gêné les activités agropastorales de la région et les coulées de débris ont complètement détruit tous les ponts de la route Baños-Penipe sur le flanc ouest du volcan.

À partir de mai 2006, l'activité du Tungurahua s'est considérablement accrue pour culminer par deux violentes éruptions le 14 juillet et les 16-17 août, toutes deux caractérisées par l'émission des premières coulées pyroclastiques (nuées ardentes) depuis 1999 (alors qu'historiquement, ce sont des manifestations connues du Tungurahua). L'éruption des 16-17 août fut la plus violente depuis la reprise de l'activité en 1999 et s'est accompagnée d'un panache de cendres de 10 km de haut, qui s'est ensuite étalé sur près de 740 km de long sur 180 km de large, activité accompagnée par l'émission de nuées ardentes qui ont causé la mort de 5 personnes et la destruction de plusieurs hameaux et de routes sur les flancs ouest et nord-ouest du volcan.

Le 14 janvier 2008, l'activité éruptive est toujours intense, et la sismicité continue d'augmenter au Tungurahua. Le dernier rapport de l'Institut de Géophysique indique que d'importantes chutes de cendres ont affecté hier les villages de Choglontus et Manzano, et des chutes plus modérées ont affecté tous les autres versants. Les enregistrements sismiques ont permis de compter 228 explosions dans la seule journée du 13, et certaines d'entre elles font vibrer les vitres dans les villages alentour.

L'activité éruptive est faible pendant plusieurs mois, jusqu'en janvier 2010 où un regain d'activité est remarqué, avec des projections importantes de laves et de cendres.

 

tungu-29.05.2010-Rodrigo-Buendia-AFFP.jpg                     Tungurahua - épisode du 29.05.2010 - photo R.Buendia / AFP

 

Tungurahua-2673--30.05.2010-Bigben.jpgTungurahua - Eruption strombolienne le 30.05.2010 - avec l'aimable autorisation de Benjamin Bernard, travaillant à l'IRD .


Le 28 mai 2010, le volcan entre en éruption avec une grande explosion projetant de la lave ainsi que de la cendre qui dépasse les dix à douze kilomètres d'altitude. Après une première reprise d'activité avec d'importantes projections de lave et cendres, l'activité se poursuit avec de fortes et très nombreuses explosions (400 détonations recensées le 31 mai). Les projections de lave reprennent le 31 mai 2010, et l'activité volcanique qui est de niveau élevée continuerait à augmenter selon l'IGEPN. Plusieurs villages sont évacués, dans un premier temps les villageois puis les troupeaux, et l'activité à Banos, principalement dépendante du tourisme, a fortement diminué. Après quelques mois de baisse d'intensité, l'activité volcanique génère une nouvelle alerte début décembre 2010.

 

Tungu-04.12.2010--JLEN.jpg         Tungurahua -  Nuages et panache - © José Luis Espinosa Naranjo 04.12.2010

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Tungurahua - panache et petite coulée pyroclastique - © José Luis Espinosa Naranjo 12.2010

tungurahua--JLEN.jpgPar un jour calme, le volcan Tunguahua dévoile ses flancs ravinés et parsemés de parcelles de culture - © José Luis Espinosa Naranjo 2010.

 

Geologia--IGEPN.jpgCarte géologique simplifiée du Tungurahua - notez la limita de la caldeira primitive - doc. IGEPN

 

L'ascension, si l'activité volcanique le permet, est à faire entre décembre et mars (pour un horizon dégagé ... en fonction de conditions peu prévisibles). Depuis l'entrée du parc jusqu'au refuge, ou ce qu'il en reste, compter 3-4 heures. Après une nuit dans des condiions rudes, départ très matinal, pour une grimpette de 4 à 6 heures vers le sommet (crampons recommandés pour le glacier sommital). La descente dans les cendres est rapide : 90 minutes jusqu'au refuge et 2-3 h. jusqu'à l'entrée du parc. (Summitpost ... autrement dit pour personnes en "bonne condition physique" !)

 

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 Les alentours du Tungurahua sont volcanologiquement intéressants - © Antony Van Eeten

 

185813_10150110420031441_645396440_6722407_2290736_n.JPG                                                                                                             © Antony Van Eeten

 

Une dernière ... pour la route ! :

 

Tungurahua---Jose-Luis-Espinosa-Naranjo.jpg                      "Tungurahua in blue " - © José Luis Espinosa Naranjo 12.2010


Sources :

- Global volcanism Program - Tungurahua

- IGEPN - volcan Tungurahua

- Les photos de l'IGEPN de 1999 à 2009.

- Webcam / IGEPN

- IRD - une nouvelle phase de l'activité du Tungurahua 25.06.2010 - link

- Le blog de Benjamin Bernard - link



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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Situé dans le parc national du même nom au sud-est de l’Equateur, le stratovolcan Sangay est le seul volcan du pays en activité permanente ; on aurait enregistré son activité entre 1728 et 1916, puis de 1934 à nos jours.

 

fiches sangay carte                  Les volcans de la province du chimborazo - carte Joël Boyer - L.A.V.E.


Malgré cela, et en raison de son isolement et son accès difficile, il reste pratiquement inconnu. Il faut pour l’atteindre et en revenir une semaine de trek, et le transport de matériel et vivres, au travers de la forêt équatoriale … périple qui se complique en raison des fortes précipitations qui marquent le région ; la moyenne annuelle est de 4827 mm au nord du par cet 2414 mm au sud-est, avec une saison des pluies qui s’étend d’avril à octobre. Je connais personnellement un vulcanophile "que rien n’arrête", et qui a du renoncer devant des conditions d’humidité permanente dantesques. De plus son incessante activité rend périlleuse l’approche du sommet … les membres d’une expédition scientifique britannique en ont fait la douloureuse expérience en août 1976.

 

Sangay - Fat Albert                                   Le Sangay coiffé de glace - photo fat albert


Ce volcan au profil parfait a des pentes de l’ordre de 35° et culmine à 5.230 mètres, dominant la forêt amazonienne de plus de 3.600 mètres. Le sommet est couvert de glaces et le versant nord est entièrement couvert de scories produites par les éruptions continues. Ces champs de scories sont scultés par les pluies qui y forment des canyons aux parois abruptes, certains profonds de plus de 600 m. L’un d’entre eux descend du cratère principal vers le flanc est et constitue un drainage empruntés par les nuées ardentes. En 1976, un survol du volcan a révélé la présence de trois cratères sommitaux bien formés et d’un dôme.

 

2004Sangay-2

                     Sangay - les cratères sommitaux et le dôme - doc.IGEPN 2004


L'activité continue du volcan est caractérisée par des explosions stromboliennes (les colonnes de cendre dépassent rarement 3 km au-dessus du cratère) et l'extrusion de lave andésitique visqueuse avec par moments des paroxysmes vulcaniens accompagnés de la production de coulées pyroclastiques. L'activité continue du volcan entraine de grandes modifications dans la morphologie de son sommet et c'est pourquoi il est difficile de connaître son altitude exacte. Comme à l'Etna, chaque évent à une activité particulière, certains sont des cratères d'explosions, d'autres sont des lieux d'extrusion de lave.

 

Sangay-4450 BigbenSangay - petite éruption strombolienne le 17.11.2009 - avec l'aimable autorisation de Benjamin Bernard / www. bigbender.over-blog.com


L’édifice moderne est daté de seulement 14.000 ans ; il s’est construit  à l’intérieur de caldeiras en fer-à-cheval de deux édifices précédents , détruits par effondrement latéral vers l’est, avec production d’une avalanche de débris qui a atteint les terres basses de l’amazone.

 

El Altar est un volcan éteint, actuellement plus prisé des andinistes que des vulcanophiles ; il nécessite de rélles connaissances techniques d'escalade pour le gravir.

Il doit son nom espagnol au fait que l'ensemble ressemble à deux nones et quatre moines écoutant le prêche d'un évêque autour... d'un autel. Le peuple Purwa local l'appellait Capac-Urcu, ce qui signifie "Seigneur de toutes les montagnes" en Quechua.

 

800px-Volcan_el_Altar_-Alfredobi.JPG                                            Le volcan El Altar - photo alfredobi

 

Ce grand stratovolcan, daté du Pliocène-Pléistocène possède une caldeira échancrée vers l'ouest; une légende Inca rapporte que le sommet de l'altar s'est effondré en 1460, après une activité de sept ans ... datation demantie par les géologues, qui considèrent que la caldeira est plus ancienne.

Neuf pics dépassant les 5.000 mètres forment une structure en fer-à cheval de 3 km. entourant un bassin central qui contient un lac, situé à une altitude de 4.200 m., et connu comme la Laguna Collanes ou laguna Amarilla.

 

el-Altar---Laguna-collanes---Francisco-Beilo-copie.jpg                   El Altar - Laguna Collanes - photo Francisco Beilo

 

Sources :

- Global volcanism Program - Sangay

- Le blog de benjamin Bernard - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Quatrième et dernière étape de notre remontée des Andes, avec la zone volcanique nord - NVZ.

 

Elle couvre l'Equateur et la Colombie et comprend 55 volcans en Equateur, localisés dans deux cordillères, la cordillère occidentale et la cordillère royale, séparées par la Valle intermedio, et 19 volcans en Colombie sur la cordillère centrale.

 

img01-02.jpg                        Carte in Revista geologica de Chile / Charles R.Stern univ. of Colorado

 

Sous la NVZ, entre 12 et 20 Ma, la plaque océanique Nazca a débuté sa subduction sous la plaque sud-américaine, avec un angle  de 25-30° et une vitesse moyenne de 7 cm/an.

Malgré les ratios de convergence uniformes, l'âge et l'angle de subduction de la plaque Nazca, la distance de la fosse à l'arc volcanique, la profondeur de la lithosphère océanique en subduction, l'âge et l'épaisseur de la croûte continentale varient de façon significative sous les différentes parties de la zone volcanique nord.

 

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  Evolution tectonique entre 19 Ma et actuellement.

 

 

 

 

 

 

 

F24.large---0Ma.jpg

 

Les principaux volcans actifs sont repris sur les cartes de l'USGS ci-dessous :

 

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En Equateur : Mojanda (4263 m.), Guagua Pichincha (4784 m.); Cayambe (5790 m.), Reventador ( (3560 m.), Antisana (5753 m.), Cotopaxi (5911 m.), Chimborazo (6300 m.) Tungurahua (5020 m.), et Sangay (5230 m.)

cabecera_01.pngSous la surveillance de l'IGEPN 

 

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En Colombie : Nevado del Ruiz (5390 m.), Nevado del tolima (5200 m.), Nevado del Huila (5750 m.), Galeras (4482 m.), Cumbal (4764 m.)

Logo-OVSPOP.jpgSous la surveillance de l'INGEOMINAS

 

 

 

Sources :

Revista geologica del Chile - Active Andean volcanism - by Charles R.Stern / Dept. of geological science, University of Colorado USA.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Quand une remontée dans le temps grâce aux études sismiques expliquent la globalité du volcanisme réparti sur trois pays ...


 

Depuis la fin du Miocène - 10,4 Ma - un intense épisode de volcanisme ignimbritique a produit l'APVC : le complexe volcanique Altiplano-Puna, situé dans la zone volcanique centrale entre les latitudes 21-24°S.

Le complexe couvre 50.000 km² entre le bassin de l'Atacama et l'altiplano.

 

Puna-volc.complex.gif          Position des caldeiras ignimbritiques et des champs géothermaux sur les trois pays.


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                     Localisation et âge des caldeiras ignimbritiques - in A.Yu. Babeyko & al.

 Location map of the study region with the distribution of active arc volcanoes (red triangles) and location of major ignimbrite calderas (reddish domains) and flows (light reddish ¢elds) of the Miocene-Pliocene ignimbrite province APVC [3]. The caldera ages are compiled from [2-6]. Also shown are seismic stations which recorded signi¢cant P-S conversions from the midcrustal low-velocity zone (blue diamonds indicate station locations, symbol size is proportional to conversion amplitude) from [8].
Note the correspondence of strongest P-S conversions with the area of the APVC.

 

Les ignimbrites ont été produites par diverses grandes caldeiras. La période de production des ignimbrites concorde avec l'épaississement de la croûte de la zone volcanique centrale juste avant la fin du Miocène. Un soulèvement du magma sous forme de diapirs dans une zone d'amollissement tectonique de la croûte, causé par des failles transformantes, a débouché sur des éruptions ignimbritiques majeures et la formation de ces grandes caldeiras.

 

L'existence de deux grands champs géothermaux, El Tatio et Sol de Manana (voir ci-dessous), indiquent que la province APVC est toujours active.

Des études sismiques ont révélé une zone de faible vélocité à 19 km. sous le complexe, indiquant la présence d'un corps magmatique de type sill. (Chmielovski & al. 1999)

 

 

 

 

 

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TM image of a portion of the APVC showing the location of the Sol de Mañana (SM) and Tatio (T) geothermal fields in Bolivia and Chile respectively. Small areas of geothermal activity are also found at Cerro Apacheta (A) and Huayllajara (H). The geothermal activity seems to be concentrated along several young normal faults (F). Holocene volcanic centers in this region are Volcan Putana (P), Volcan Escalante (E) and Cerro Tocopuri (CT).

 

Revenons sur la Bolivie avec le champ géothermal de Sol de Manana ... ce serait dommage de rater ces paysages surprenants !


Il s'étend sur 10 km², à une altitude comprise entre 4.800 et 5.000 mètres. Cette zone est caractérisée par une activité volcanique intense et un champ de sources sulfureuses, à l'odeur d'oeuf pourri : on n'y rencontre pas de geysers comme à El Tatio (à l'exception de structure artificielle), mais des lacs de boue liquide et des bassins de boue bouillante et fumante.

 

Départ pour l'enfer ...on se croirait à Verdun, dans un champ de trous d'obus !  "Chaud devant", les fumerolles atteignent 200°C ! et aucunes mesures de protection.

 

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Exhalations sulfureuses qui noircissent les parois, odeurs fétides qui s'ajoutent au bouleversement du terrain - © Antony Van Eeten

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Un véritable champ de trous d'obus  ... l'échelle est donnée par les visiteurs - © Antony Van Eeten

182436_10150099511886441_645396440_6614013_3155609_n.jpg                           Mares de boues bouillonnantes - © Antony Van Eeten

 

181777_10150099519186441_645396440_6614094_2407971_n.jpg Salvador Dali aurait pu s'en inspirer ... oeuvre "moderne et éphémère"- © Antony Van Eeten

183263_10150099516351441_645396440_6614060_5109267_n.jpgClose-up sur l'éclatement d'une grosse bulle de boue grasse et onctueuse - © Antony Van Eeten

 

Autre curiosité de la Puna : la Yareta - Azorella compacta.

Poussant entre 3.200 et 4.500 mètres, cette Apiaceae est toujours verte, sauf ses fleurs hermaphrodites roses à lavandes.

Résistante aux UV, elle pousse très lentement (1 millimètre par an) sur un sol drainant et de façon compacte pour éviter les déperditions de chaleur ... certaines plantes peuvent atteindre l'âge de 3.000 ans !

 

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                                  Une vieille touffe d'Yareta - photo Pedro Szekely.

 

Sources :

- Oregon state university - Altiplano-Puna volcanic complex

- Numerical models of crustal scale convection and partial
melting beneath the Altiplano-Puna plateau -- A.Yu. Babeyko , S.V. Sobolev, R.B. Trumbull, O. Oncken, L.L. Lavier.

- Altiplano-Puna volcanic complex of the Central andes - by S.L.de Silva - GSW

- The central andean Altiplano-Puna magma body - by Chmielovsky.

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