Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Canyon-de-Colca-AVE-3-.JPG

          Le canyon de Colca découpe les massifs verdoyants environnants - © Antony Van Eeten

 

 

Le canyon de Colca, creusé par la rivière du même nom, est localisé à 160 km. au nord-ouest d'Arequipa. Plus profond que le Grand Canyon nord-américain, c'est le plus profond canyon au monde, bien que ses parois soient moins verticales que son homologue plus nordique. Il est aussi plus vert et habité par les peuplades Collaguas et Cabanas, qui ont continué à cultiver les terrasses pré-Inca.

 

Canyon-de-Colca-AVE-2-.JPG        Canyon de Colca - les sculpturales terrasses pré-Incas - © Antony Van Eeten

 


Le canyon de Colca est exploité par le condor des Andes - Vultur gryphus - charognard et éboueur (il nettoie les montagnes des carcasses de camélidés), qui profite des courants aériens ascendants pour prospecter son territoire; il peut atteindre occasionnellement une altitude de 5.000 mètres, grâce à sa surface alaire importante (envergure : 3,20 m.).

 

Condor-des-andes---Colca-canyon---AVE2010.jpg                 Le plané majestueux du seigneur des andes - © Antony Van Eeten 

 

Le condor des Andes était un oiseau mythique et vénéré pour les peuples Incas. Les Nazcas ont créé un géoglyphe représentant un condor dans le désert de Nazca. Dans les Andes centrales, le temple du Condor situé dans l'ancienne llaqta (cité) inca Machu Picchu est un lieu voué à la symbolique du condor. En ce lieu, les Incas ont composé par un mélange complexe de roches naturelles et de roches taillées, les ailes déployées d'un condor en vol. À l'étage du temple se trouve un rocher sculpté en forme de tête de condor avec sa collerette de plumes de son cou. Les historiens pensent que la tête du condor a été utilisé comme un autel sacrificiel  . D'ailleurs le plan entier du Machu Picchu laisse penser à la forme d'un condor. Les Incas, en effet, donnaient à leurs cités la forme de leurs animaux sacrés.

 

185712_10150105287371441_645396440_6669971_3977290_n.jpgPour la beauté du site, et pour remercier Antony de son généreux partage photo ... Machu Picchu émergeant des nuages ...une merveille - © Antony Van Eeten 


 C haque année en juillet au Pérou , se déroule la fête du Yawar.  Organisée dans la localité très reculée de  Ccollurqui, un condor, symbole des Indiens andins, livre un combat contre un taureau qui symbolise quant à lui l'espagnol et le conquistador. Dans une arène, un condor est attaché au dos d'un taureau qui va être excité par les ponchos des espontaneados. Le grand oiseau tente de se libérer en assénant au taureau des violents coups de bec. Dans la plupart du temps le taureau sera vaincu et la victoire du condor qu'on libère, donnera l'occasion de poursuivre les festivités. Ce combat qui se transforme en un véritable rituel représente la revanche des Indiens sur les conquistadores.

 

Condor_flying_over_the_Colca_canyon_in_Peru--2.JPGSur cette photo d'Abehm-de, on distingue les caractéristiques du grand voilier : larges et longues ailes aux extrémités digitées, queue en éventail directrice, tête et cou sans plumes communes aux charognards, crête chez le mâle.

 

2207sab1.png

 

 

Au sud du canyon de Colca, se situe le complexe volcanique du Sabancaya :  composé de trois hauts volcans, le Nevado Ampato - 6.288 m. -, de l'Hualca Hualca - 6.025 m. -, et ensellé entre les deux, le Nevado Sabancaya - 5.976 m. , le seul actif au cours de la période historique.

 

Sabancaya-complex---Ampato-G--Sabancaya--Hualca-Hualca-D.jpgDe gauche à droite, l'Ampato, le Sabancaya et le Hualca hualca - doc. Norm Banks /USGS

 

Le Nevado Ampato est un volcan endormi, haut de 6.288 mètres; il doit son nom à sa forme générale, un crapaud ... en quechua, Janp'atu .

Un volcan ne lâche pas que de la lave et des bombes... il livre aussi des momies !

momie-juanita-1-3ad8d

photo Terra Andina.

 

En septembre 1995, l'éruption du Sabancaya, qui lui est accolé, a provoqué la fonte d'une partie du glacier de l'Ampato, permettant à l'archéologue américain Johan Reinhard de découvrir une momie dont la conservation était presque parfaite, en raison des grands froids sévissant à cette altitude. baptisée Juanita, elle est conservée au Museo Santuarios Andinos d'Arequipa.

Les Incas crapahutaient sur les glaciers à plus de 6000 m pour vénérer les montagnes comme des divinités pourvoyeuses d’eau et de fertilité, et leur faire offrandes et sacrifices. Nombreux sont les vestiges de cérémonies retrouvés sur les hauts sommets andins comme le cerro El Plomo au Chili, le Licancabur ou le Sajama en Bolivie, le Salcantay au Pérou. Alpinistes avant l’heure, les Incas montaient là-haut pour rencontrer leurs Dieux. Les vrais explorateurs de la Cordillère des Andes ne sont pas les Occidentaux mais bien les Quechuas et les Aymaras, descendants des Incas et gardiens des traditions et des croyances liés à ces sommets.

Le cadavre de la fillette était recouvert de fines étoffes incaïques. Ses tissus et liquides organiques étant pratiquement intacts, les bactéries et les virus qu’ils contenaient permirent de livrer des indications sur l’état sanitaire des populations indiennes de l’époque et le contenu de son estomac donna un aperçu de l’alimentation d’alors. À ses côtés, ils retrouvèrent également un petit sac rempli de feuilles de coca et plusieurs types d'offrandes : vases à chicha (bière de maïs), lamas en argent, figurines couvertes de tissu.

 

Hualca hualca du Sabancaya - Summitpost - Tim                       Le Hualca Hualca, vu du Sabancaya - photo Tim / Summitpost.

 

Le Nevado Hualca Hualca , haut de 60.25 m., est lui aussi considéré comme éteint. Le sommet est formé d'un grand plateau irrégulier d'où émergent de nombreux pics.

Bien que fréquentés depuis très longtemps par les descendants des incas qui voulaient ainsi se rapprocher des dieux, on ne rapporte que les premières ascensions " modernes" du massif en 1966.

 

Hualca hualca sommet - Summitpost                    Le sommet accidenté du Hualca Hualca - photo Summitpost.

 

Le Nevado Sabancaya, ensellé entre ses voisins, est un stratovolcan actif ... son nom en quechua signifie "langue de feu" !

Avec une altitude de 5.976 m., c'est le septième plus haut volcan actif au monde, après le Nevado Ojos del Salado (6.864 m.), le Sajama (6.542 m.), l'Antofolla (6.409 m.), el Condor (6.373 m.), le Guallatiri (6.060 m) et le San Pedro chilien (6.039 m.).

 

Sabancaya--AVE-2010.jpg                         L'Ampato et le Sabancaya - 2010 - © Antony Van Eeten 


Son activité historique est reportée depuis 1750.

Durant l’Holocène, son activité a alterné les phases pliniennes violentes et l’émission de lentes mais volumineuses coulées de lave andésitiques et dacitiques.

 

Sabancaya-ISS024-E-008396---15.07.2010.jpg

Les importantes coulées andésitiques et dacitiques du Sabancaya s'étendent au NO et au SE, entre les volcans voisins - Astronaut photograph ISS024-E-8396 was acquired on July 15, 2010 - Nasa.

 

Après une interruption de plus de deux siècles (de 1784 à 1986), il est entré de nouveau en activité en décembre 1986 (émission de fumerolles) puis en éruption le 19 mai 1990. Une phase d'explosions et d'émissions de cendres est allée en s'accentuant jusqu'à fin juin pour décroître jusqu'au mois de novembre.

Un dôme de lave visqueuse croît plus ou moins régulièrement au sommet, avec des phases de destruction partielle par des explosions de type vulcanien.

 

Sabancaya ér.vulcanienne 15.04.1991 - Pierre Vets-copie-1                   Sabancaya - éruption vulcanienne du 15.04.1991 - photo Pierre Vetsch.


En novembre et décembre 1991, plusieurs éruptions eurent lieu qui dégagèrent des panaches de cendres atteignant 5 à 8 kilomètres de haut. L'activité a continué avec des coulées de boue et des tremblements de terre associés. En février 1992, les localités voisines du volcan ont dû être évacuées à cause des pluies de cendres. Le 5 mars 1994, une nouvelle explosion s'est produite dégageant une colonne de cendres d'une hauteur de 2,5 kilomètres formant un panache gris-foncé. Une autre éruption a eu lieu le 7 mars. Des éruptions se sont produites les années suivantes de 1995 à 1998.

Il s'est encore manifesté en 2000 et 2003, année où des cendres récentes ont été aperçues au sommet.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Sabancaya

- Terra Cordillera - Juanita, princesse des glaces - récit sur le volcan Ampato

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Ubinas---farm3.jpg

                                                Le volcan Ubinas - photo farm3

 

L’Ubinas est situé à 60 km. à l’est de la ville d’Arequipa , au fond de la vallée éponyme d’Ubinas. Il a un aspect tronqué, son sommet étant coupé par une caldeira large de 1.400 m. et profonde de 150 m., la caldeira De la Cumbre ; elle contient un cône de poussières avec un évent de 500 m. de large et 200 m. de profondeur.

Les dépôts d’une avalanche de débris, provenant de l’effondrement du flanc sud-est il y a 3.700 ans, s’étend sur 10 km.


Ubinas---Tomado-de-Rvera.jpg

                           Morphologie de l'Ubinas - doc. igp / Tomado de Rivera 2000

 

Mapa-Geol-Vulcanologico-Ubinas.jpg

 

    Carte géologique et âge des formations/édifices - carte igp / Tomado de Rivera 2000

 

ubinas_ali_2010205.jpg

NASA Earth Observatory image by Robert Simmon, using ALI data from the NASA EO-1 team. Caption by Holli Riebeek. Instrument: EO-1 - ALI - 24.07.2010

La caldeira a des parois bien définies, hautes de 80 à 300 m.; son plancher est couvert de poussières gris foncé et de lapilli; le cône central est responsable du triangle d'ombre sur cette vue satellite. On remarque le collapsus au sud de la caldeira sommitale.

 

 

L'Ubinas est localisé à 230 km. à l'est de la fosse Chili-Pérou et à 150 km. au dessus du plan de Benioff, caractérisé dans la CVZ par un ratio de subduction de la plaque Nazca de 20-30°; ce fort angle de plongée le long de la ligne Nazca serait responsable de l'intense activité de cette zone volcanique.


L’histoire éruptive se décline en deux périodes, et se marque dans la morphologie de l'édifice :

 

- 1,6 Ma – 376.000 ans : l’ancien Ubinas (Ubinas-1).

une activité effusive débutant vers 1,6 Ma (milieu du Pléistocène) se poursuit juqu’à il y a 376.000 ans  et construit l’ancien Ubinas.

Une déstabilisation du flanc sud donne une avalanche de débris dont les dépôts sont visibles jusqu’à 12 km. du volcan , dans la vallée d’Ubinas.

A la suite de quoi, une forte activité explosive plinienne donne naissance à des ignimbrites …les dépôts ont encore une épaisseur de 150 m. à 7 km. du volcan. Consécutivement, un effondrement forme une caldeira sommitale.

Des éruptions sub-pliniennes vont se succéder ensuite et leur produit va combler les anciennes vallées jusqu’à 6 km. du sommet.

 

- 376.000 ans –période moderne : l’Ubinas moderne - (Ubinas-2).

 il se forme suite à d’importantes coulées de laves andésitiques et dacitiques , et formation de dômes de même composition. Des avalanches « de type mérapi » , liées à la croissance/ collapsus des dômes, vont combler l’amont de la vallée d’Ubinas à 10 km. au sud.

L’activité donne naissance à l’actuelle caldeira sommitale, entre 25.000 et 9.700 ans. Les pentes supérieures du stratovolcan ont pratiquement 45°.

Une seconde avalanche de débris, il y a 3.700 ans,emporte 1,2 km³ du flanc sud-est.

La dernière éruption plinienne est datée de 1.100 -1.160 Avant JC. Et donne des dépôts de 25 cm. d’épaisseur à 40 km. au SE du volcan.

Pas moins de 23 crises, entre éruptions explosives mineures à modérées et dégazages, ont été décrites depuis 1552, date de l’arrivée des colons espagnols et de l’établissement des régistres…dont une importante éruption vulcanienne en 1667.

 

Ubinas-15.03.2009.jpg Photograph of an ash explosion on 15 March 2009 at 1156. Photo taken by R. Amache, courtesy of INGEMMET / in GVP.

 

 

3110ubi1

                         Position schématique des volcans situés à proximité d'Arequipa.

 

Une figure bien connue du Pérou, El Misti domine la ville d'Arequipa ... celle-ci doit son nom à la proximité de l'édifice (ari = montagne, kipa = locatif ...donc "près de la montagne", en language Aymara).

Ce volcan est situé entre les volcans voisins : le Chachani au nord-ouest et le Pichu Pichu, au sud-est.

 

arequipa-el-misti-5822-nevado-chachani-6057.jpgArequipa dominée par le Misti (5822 m.) à droite et le Nevado Chachani (6057 m.) à gauche

 

 Ce stratovolcan symétrique s'est formé en cinq étapes : l'ancien volcan, datant du Pléistocène, a subi un effondrement menant à la formation d'une caldeira il y a 50.000 ans.

Le cône moderne s'est construit dans la petite caldeira sommitale ( 1,5 x 2 km.) formée il y a 13.700-11.300 ans. Le volcan possède donc deux cratères nichés .

Un grand cône de scories a grandi dans un autre cratère décentré du Misti, sur le bord sud-est - 300 m. de diamètre pour un diamètre au fond de 100 m -  et qui abrite un dôme de lave fumant.


 

Geologie-du-Misti--JC-2.jpgLes étapes de formation du Misti marquent sa morphologie : Pré-Misti, le stratovolcan Misti 1, les stratocônes Misti 2 et 3, le cinder cone Misti 4. -  www.igp.gob.pe - J.C.Thouret & al.

 

Geologie-du-Misti--JC.jpg                         Carte géologique du Misti - www.igp.gob.pe - J.C.Thouret & al.

 

Au moins 20 dépôts de tephra et de nombreux dépôts de coulées pyroclastiques ont été documentés, dont une coulée pyroclastique qui s'est déplacée sur 12 km. en direction sud, il y a 2.000 ans.

L'activité plus récente est à dominante pyroclastique et visualisé dans le champ parabolique de poussières volcaniques s'étendant jusqu'à 20 km.du volcan, dans la direction des vents dominants.

 

180106 10150105641436441 645396440 6674620 299650 n        El Misti - survol du cône sommital à l'atterrisage à Arequipa - © Antony Van Eeten

El-Misti-AVE-1.jpg                                       El Misti - © Antony Van Eeten

 

Arequipa, cité doublement volcanique, est construite avec les pierres volcaniques d'un volcan, sur les retombées d'un autre volcan :

 

Arequipa , qui s'est développée le long de la Quebrada El Guarangal sur le flanc sud du Misti, vit maintenant sous la menace de coulées pyroclastiques et de lahars qui pourraient emprunter ce drainage.

La ville s'est d'ailleurs édifiée sur les dépôts de cendres et les lahars de l'éruption sub-plinienne du Misti, il y a environ 2.000 ans.

La cité possède de nombreux immeubles construits avec une pierre volcanique blanche, ce qui lui a valu le surnom de La Ciudad blanca (la cité blanche). Cette pierre, le sillar, est un tuff volcanique produit par le volcan Chachani, maintenant éteint, durant le Pléistocène. Un bel exemple de cette architecture est donné par les arches du "Mirador de Yanahuara", d'où on peut contempler la cité blanche et El Misti.

 

Arequipa_Yanahuara-mirador-et-Misti---Joel-Takv.jpgLes arches du Mirador de Yanahuara, en sillar, par lesquelles on aperçoit le Misti - photo Joël Takv.

 

Sources :

- Global Volvanism Program - Ubinas

- Global volcanism Program - El Misti

- Ingemmet - Géoperu - géologia

- Institut géophysique du Pérou - IGP - géologie de l'Ubinas

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Potosi-1-AVE.jpg

                       Potosi, dominé par le Cerro Rico -  © Antony Van Eeten

 

Dans le département de Potosi, la ville de Potosi est construite au pied du Cerro Rico (la montagne riche) - 4.824 m., d'où on extrait dans des conditions très rudes le minerai d'argent. Son nom vient du quechua Potojsi qui signifie « tonnerre ». Elle se trouve à une altitude de 4 070 m et comptait environ 164 480 habitants en 2007. C'est une des villes les plus hautes du monde.

Potosí est fondée en 1545 pour exploiter la mine proche. Durant près de 60 ans, l'Europe va énormément s'enrichir grâce aux richesses accumulées par l'État espagnol : Potosi_8_reales_1768-1788.jpgl'argent extrait de la montagne dans des quantités colossales alimente les caisses de la couronne espagnole qui le dilapidera à son tour en faste et en dépenses de luxe aux profit des artisans européens au détriment de la production locale. Paradoxalement l'Espagne sortit ruinée des dépenses fastueuses de la monarchie des Habsbourg, tandis que les conditions dans le reste de l'Europe furent propices au développement industriel.

Après 1800, l'argent se fait rare, et l'étain devient la première ressource. La ville entame son déclin économique. Aujourd'hui, bien que déclarées épuisées, les mines sont toujours exploitées artisanalement par les habitants, dans des conditions de sécurité toujours désastreuses pour les mineurs.

 

 

Potosi-2-AVE.jpg                      Potosi - dépécage du Cerro Rico - © Antony Van Eeten

 

La Laguna Colorada est une lagune située dans la Réserve nationale de faune andine Eduardo Abaroa.

 

Laguna-colorada-AVE-13.jpg

    © Antony Van Eeten

laguna-colorada---AVE-9-.jpg

                               Les couleurs de la Laguna Colorada - © Antony Van Eeten

laguna-colorada---AVE-11-.jpg

                                                                                                             © Antony Van Eeten

 

 Située sur l'altiplanobolivien, près de la frontière Chilienne, elle a une superficie de 60 km² et une profondeur moyenne de 35 cm.

 

laguna-colorada---AVE-10-.jpg                      Les eaux rouges de la Laguna Colorada -   © Antony Van Eeten 

 

La coloration de ses eaux, qui varie du marron au rouge intense, est due à des sédiments de couleur rouge et aux pigments de certaines algues  qui y vivent.

 

184882_10150100284411441_645396440_6620977_3624377_n.jpgDes lamas viennent rehausser les couleurs du lieu, en arborant fièrement leurs attributs colorés -   © Antony Van Eeten


Elle contient des îles de borax dans les secteurs NE. et SE.

 

laguna-colorada---AVE-8-.jpg               Les îles de bore émergent de la Laguna Colorada -   © Antony Van Eeten


C'est aussi un lieu de reproduction pour le flamant des Andes et à ce titre un site Ramsar.

 

Laguna-colorada-AVE-18.jpgSieste pour les flamants des andes et érosion éolienne des bancs de bore -   © Antony Van Eeten.

 

Le désert de Siloli et l'Arbol de Piedra :

Dans le cadre majestueux de "la Montanas con muchas colores", rappelant les paysages Islandais, cet arbre de pierre résulte de l'érosion éolienne.

Salvador Dali se serait inspiré de ces paysages pour quelques tableaux ... un des déserts de la réserve nationale de la faune Andine a été renommé "El Decierto rocas del Salvador Dali".


El-arbol-de-piedra-AVE.jpg

                                                                                                       © Antony Van Eeten

El-arbol-de-piedra-AVE-3-.jpg

                                 Le photogénique "arbre de pierre" - © Antony Van Eeten

El-arbol-de-piedra-AVE-2.jpg

 La Montanas con muchas colores rapelle les paysages de Landmannalaugar en Islande ... les touches vertes en moins - © Antony Van Eeten 

 

Le volcan Ollagüe, aussi connu comme Oyahué,  est un stratovolcan massif andésitique, surmonté d'un dôme de lave dacitique, et haut de 5.868 m..

 

ollague---ATP-volcanes-de-Chile.jpg                                Le volcan Ollagüe - photo ATP Volcanes de Chile


Le produit d'une avalanche de débris en hummock, datant du Pléistocène sépare deux salars à l'est du volcan, les salars de Saint-Martin et de Ollagüe. Trois coulées de lave siliciques ont été produites par des éruptions post-caldeira et un jeune cône de scorie, La Poruñita, est situé sur le bas-flanc OSO. (420 à 680.000 ans).

On peut atteindre par la route des mines de soufre, dont l'activité a cessé il y a 25 ans, et situées sur les flancs supérieurs ouest et sud de l'Ollagüe.

Toujours considéré comme actif, malgré qu'on n'ai pas enregistré d'éruption historique, le volcan présente des périodes d'activité fumerollienne intense; un panache de gaz émane en permanence du côté sud du dôme sommital.

 

volcan-ollague---Marie-Laguiscet-L-internaute-voyager.jpg               L'Ollagüe toujours fumant - photo l'Internaute Voyager / Marie Languiscet.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Ollagüe.

- ATP - Volcanes de Chile.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Uyuni Ave 5

                       Le Salar d'Uyuni - © Antony Van Eeten 2010-2011.


Uyuni est un endroit vraiment spécial ... ce nom qualifie une ville modeste et son décor. Située sur l'altiplano, Uyuni a  ses rues qui débouchent sur un décor surnaturel : une mer de sel blanche, aveuglante, plus grande que la Corse : le salar d'Uyuni.

Ce salar couvre 12.100 km² , soit le double du grand lac salé des Etats-Unis (le great salt lake, près de Salt Lake City).

A la différence du Salar d'Atacama, il est recouvert en été par les pluies, à un point tel que sa traversée en 4x4 devient impossible. En hiver, on peut s'y aventurer en véhicule et accéder à l'Isla de Los Pescadores et au volcan Tunupa. Cette inondation périodique est responsable de la planéité de sa surface.


Uyuni-Ave-17-copie-1.jpg Lorsque les eaux le recouvrent, le salar devient un immense miroir - © Antony Van Eeten

 

Uyuni-Ave-18.jpg A cette période de l'année, de grandes zones sont déjà sous eau - © Antony Van Eeten

 

Son origine est un ancien et très grand lac préhistorique, le lac Minchin, daté au radiocarbone entre 30.000 et 42.000 ans. Ce lac fut pris au piège par le soulèvement andin et s'est élevé à 3.760 m.

 

Contexte géomorphologique et paléoclimatique de l'altiplano central, il y a 17-15.000 ans. La paléoligne de rivage du lac Tauca en bleu clair - la limite du bassin versant Titicaca-Tauca en orange - Doc. CRPG (INSU-CNRS)

ib3654-a-localisation-altiplano-b-contextes-geomorphologiqu.jpgCe lac s'est transformé en un paléolac nommé Tauca, profond de 140 mètres, entre 13-18.000 ans (ou 15.000-26.000 ans selon d'autres sources).

La formation la plus jeune est le lac Coipasa, daté de 11.500-13.400 ans.

En s'asséchant, le lac Coipasa se sépara en deux entités modernes, les lacs Poopo et Uru Uru, et deux salars, le salar de Coipasa et le salar d'Uyuni.

Le lac Poopo est proche du lac Titicaca, et reçoit son excédent avant de le relarguer dans les deux salars.

 

mapa_uyuni_sud_lipez.gif

Sous la surface du salar, on détecte la présence d'un lac de saumure profond de 2 à 20 mètres; la composition de la saumure est une solution sursaturée de chlorure de soude, de chlorure de lithium et de magnésium.

La croûte solide qui le recouvre varie entre une dizaine de centimètres et quelques mètres; elle est caractérisée par de multiples hexagones, dont les côtés sont formés de cristaux d'halite de 3 à 5 cm. d'épaisseur.

 

Au centre du salar, se dressent quelques "îles", en réalité des vestiges du sommet d'anciens volcans submergés durant la période de vie du lac Minchin. On y retrouve des structures fragiles ressemblant à du corail, constituées d'algues et de fossiles.

 

Uyuni-Ave-22.jpg

  Salar d'Uyuni -  L'Isla de Los Pescadores et ses Echinopsis, et autre Trichoerus- © Antony Van Eeten

 

Uyuni-Ave-2.jpg    Miracle de la vie : de splendides fleurs de cactus dans ce désert de sel - © Antony Van Eeten

 


L'Isla de Los Pescadores, ou île d'Incahuasi (maison de l'Inca), est une pseudo-île : la colline entourée par le salar, se transforme en île lorsque l'eau recouvre le désert salé, empêchant son accès pédestre.

L'île est couverte de stromatolites, colonies bactériennes fossilisées, premières traces de vie sur terre.

Preuve que la vie est tenace, dans cet univers salé et soumis à un climat rigoureux, dès qu'un substrat le permet, elle s'installe ... des centaines de cactus habillent les pentes de l'île et certains atteignent quatre mètres de haut !

A vos calculettes : sachant que la croissance de cette espèce de cactus est d'environ 1 cm. par an, quel est l'âge d'un spécimen de 4 mètres ? (*)

 

A Colchani, des hôtels construits en briques de sel peuvent vous accueillir pour "une nuit insolite". ( Hotel de Sal Playa blanca - hotel Luna Salada )


Uyuni-Ave-9.jpg

                                   L'hôtel de Sal Playa Blanca - © Antony Van Eeten

 

Uyuni-Ave-10.jpg

Ici tout est en sel : les murs, les tables, les sièges, les lits. Notre ami Antony n'attend plus que son apéritif, suivi de son curry de lama ... espérons que la note ne soit pas "salée" ! -  © Antony Van Eeten

 

 

L'exploitation du sel, le tourisme et l'administration sont les trois moyens de subsistance de la population d'Uyuni.

 

Piles_of_Salt_Salar_de_Uyuni_Bolivia_Luca_Galuzzi_2006.jpg                        Salar d'Uyuni - Pyramides de sel - photo Luca Galuzzi 2006.

 

Le site, et son sel riche en lithium, a déjà attiré l’attention des grandes entreprises de fabrication de batteries (Mitsubishi, Bolloré), mais le président bolivien entend bien garder la production du lithium sous contrôle étatique et s’appuyer sur cette ressource pour permettre le développement du pays. Le marché mondial est immense : il  représente la moitié du revenu annuel de la Bolivie, le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud. Les espoirs sont tels qu’avec le déclin prévisible de l’extraction pétrolière dans le monde, la Bolivie est parfois qualifiée de future Arabie Saoudite.

La question environnementale se pose plus particulièrement pour l’extraction et le traitement des déchets. Car la production de lithium nécessite de grandes quantités de mercure, un métal hautement polluant. Cette question reste entière rappelant ainsi les problèmes récurrents de pollution grave à proximité de nombreux autres sites miniers de Bolivie.

Enfin, dans un autre registre, l’exploitation du salar d’Uyuni condamnera sans doute le tourisme vert (80 000 touristes en 2008) qui s’est développé ces dernières années autour de cette curiosité naturelle. Une sanctuarisation par le biais d’une appellation mondiale ou nationale (réserve mondiale, patrimoine de l’humanité, parc national…) ralentirait certes considérablement le projet d’exploitation, mais on peut douter d’une volonté politique nationale d’aller dans ce sens.Les intérêts ne convergent donc pas. D’un côté, le recours massif aux outils de la mobilité et la généralisation des véhicules électriques ou hybrides ne sont plus des vues de l’esprit. D’un autre, l’exploitation des salars restera économiquement profitable aux pays dans lesquels ils sont situés, même s’il s’agit de ressources fossiles et même si leur exploitation aura un certain coût environnemental. Le salar d’Uyuni en est l’archétype. (Loïc Grasland - UMR Espace Université d'Avignon)

 

Uyuni-Ave-12.jpg                   Un cimetière de trains témoigne de l'activité passée - © Antony Van Eeten

 

Les îles, et en pariculier l'île d'Incahuasi, abritent une colonie de viscaches.

Ce bizarre mammifère rongeur mesure 60 cm, plus 20 cm de queue... il a des oreilles de lapin, la queue d'un écureuil et les pattes d'une gerboise, et est cousin du chinchilla. Il fait de nombreuses galeries où il se réfugie le jour ... si vous passez près de l'une d'elle, bouchez vous le nez, car l'animal a l'habitude d'entasser ses déjections à l'entrée.

Autre particularité, la queue de la viscache peut se détacher du corps ... aide précieuse pour échapper à un prédateur.

 

Uyuni-Ave---Viscache-2-.jpg               La viscache fait sa sieste à l'ombre d'un cactus -  © Antony Van Eeten

                        Il s'agit de la viscache de montagne - Lagidium viscacia

 

Le volcan Tunupa :

Peu de renseignements sur ce volcan éteint qui possède une caldeira complexe et colorée.

 

Salar-uyuni-et-volcan-Tunupa.jpg

          Le volcan Tunupa borde le Salar d'Uyuni - photo Miguel Navaza / Fotopedia

Tunupa-caldeira---Jessie-Rieder.jpgLa caldeira du Tunupa - le sommet (5.400 m.) est réservé aux alpinistes - photo Jessie Rieder /Fotopedia

 

ib3656-d-modelisation-numerique-paleoglaciers-tunupa-qui-pe.jpgLa modélisation des paléoglaciers du Tunupa a permis de reconstituer les conditions paléoclimatiques régnant sur l'altiplano entre 17.000 et 15.000 avant JC. Elle a été réalisée par mesure de l'He3 cosmogénique contenu dans les pyroxènes prélevés sur les moraines glaciaires.

On a conclu que les glaciers de l'altiplano ont persisté dans leur position maximale en même temps que la lac Tauca atteignait son maximum d'extension, 50.000 km². Les glaciers ont brutalement reculé , en phase avec la disparition du lac Tauca (étude et doc. du CNRS)

 

 

 

Uyuni-Ave-16.jpg             Un dernier coup d'oeil à cet endroit magique - © Antony Van Eeten

 

 

 

(*) : Solution de la devinette : 400 ans. - le plus grand cactus mesure 12 mètres et serait donc âgé de 1.200 ans.

 

Sources :

- Le Salar d'Uyuni - M@ppemonde - lien

- Dont Lick the walls of the salt hotel - Tripcrazed

- Paléoclimat des Andes, quand lacs et glaciers étaient connectés - CNRS 01.2010

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Licancabur_volcano_summit_chile_ii_region---G.Prins.jpg

               Le sommet du Licancabur - photo Gérard Prins 09.2009

 

Le cône symétrique du stratovolcan Licancabur est situé à cheval sur la frontière entre la Bolivie et le Chili; le volcan s'est construit durant l'holocène et possède un cratère sommital de 400 m. de large abritant un lac, considéré comme le plus haut du monde (mensurations : 90 sur 70 m.).

Ce lac est couvert de glace presque toute l'année, et abrite une faune planctonique, malgré la température qui peut chuter à moins 30°C., la faible teneur en oxygène et un rayonnement UV fort, à cette altitude.

Le lac a été analysé en 2003 par la Nasa en raison de similitude avec d'anciens lacs martiens.

 

Licancabur-summit-lake---Nasa.jpg  Le lac de cratère du Licancabur - Photos prises par Andrew N. Hock et le Dr Greg Kovacs / Nasa 2003


Son activité la plus récente a produit des coulées de lave andésitiques qui s'étendent sur ses flancs sur 6 km. Des coulées plus anciennes se sont déplacées sur 15 km. , ainsi que des coulées pyroclastiques sur au moins 12 km.

Des ruines Inca sont situées près du sommet, preuves de sa fréquentation pré-Colombienne et de l'absence d'éruptions majeures au cours des derniers 500-1.000 ans.

Son nom signifie "montagne du peuple" , dans le langage Atacameno (lican = peuple - cabur = montagne).

 

Licancabur-0ave-2.JPG          Le gigantesque pierrier du Licancabur, vu du 4x4 - Antony Van Eeten 2010

 

L'ascension ne peut se faire que par le côté bolivien ... le versant chilien étant miné, reliquat de la guerre qui a opposé la Bolivie et le Chili entre 1879 et 1884, à la suite de laquelle la Bolivie perdit son accès à la mer (avec la province d'Atacama) et une partie de ses mines de nitrates.

 

Près du sommet, de nombreux cairns ont été dressés par les natifs, reminiscence d'une légende ancienne : pour calmer le courroux des dieux, les anciens portèrent de nombreuses pierres et cadeaux au sommet, à près de 6.000 mètres; là, ils édifièrent des cairns et y firent des prières ... ils s'en retournèrent "légers" et apaisés.

 

Laguna_Verde_Bolivia---Licancabur---mapache-mau.jpg        Le versant bolivien du Licancabur et la Laguna verde  - photo mapache-mau.


Côté Bolivien, le Licancabur est magnifié par le vert-émeraude de la laguna Verde : ce lac, situé à 4.400 mètres d'altitude, doit sa couleur aux carbonates de soufre, de plomb et d'arsenic présents dans ses eaux; le vent le rend encore plus magique en le parant d'une fine écume blanche.

 

  Licancabur-et-Juriques---summitpost.JPG

 A gauche, le symétrique Licancabur et au centre, le Juriques considéré comme éteint- photo Summitpost.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Licancabur

- Licancabur expedition 2003 - exploring the highest lakes on earth

- Cimes et sommets - le Licancabur - renseignements pour l'ascension


Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

182976_10150100552586441_645396440_6623651_3530812_n.JPG

           La lagune de Chaxa sur fond de Cordillère des Andes - © Antony Van Eeten

 

 

Petit intermède artistique et naturel, toujours dans le Salar de Atacama, une zone protégée de la prédation des compagnies minières : la réserve naturelle de Los Flamencos, et la laguna de Chaxa. 

La réserve nationale Los Flamencos couvre 740 km² et est constituée de sept secteurs séparés : pour le secteur Salar de Atacama : la laguna de Chaxa n'en est qu'un, la laguna Aguas de Quelana un autre.

Il faut y ajouter Tambillo, le Salar de Pujsa, les lagunas Miscanti y Miniques, la valléé de La Luna, et le Salar de Tara et de Aguas Calientes, cette dernière reconnue par la Convention de Ramsar et qui abrite le Goéland des Andes, l'oie des andes et le Tinamou de Puna.

 

Chaxas---in-Atacama---Andres-gottlieb.JPG                           Salar de Atacama - Laguna de Chaxa - photo andres Gottlieb

 

Laguna-CerroMiscanti---Heretiq.jpg                                   La Laguna et le Cerro Miscanti - photo Heretiq.

 

Valley-Moon-AVE.JPG                            Atacama - Vallée de la Lune - © Antony Van Eeten

 

450px-Artemia_salina_2.jpg

 

 

Dans les eaux sursaturée en sel, de petits crustacés pullulent : ces Artemia salina servent de nourriture à une grande colonie de flamants.

Artemia salina - Brine shrimp (or Sea-monkeys) - 8 à 10 mm.

photo Hans Hillewaert.

 

 

Ici trois espèces de flamants sur les six existantes sont représentées :

- le flamant des Andes - Phoenicopterus andinus

- le flamant du Chili - Phoenicopterus chilensis

- le flamant de James - Phoenicopterus jamesi.

 

 

180063_10150099464311441_645396440_6613320_8149671_n.JPG

                           © Antony Van Eeten

 

Cette pancarte didactique locale montre bien les caractéristiques différentes des trois espèces :

- grandeur différente

- coloration du plumage , e.a. de la tête

- couleur de l'iris et du bec

- couleur des pattes.

Exercez-vous avec les photos qui suivent ...

 

180163_10150099183441441_645396440_6611036_3519835_n.jpg

                             Une escadrille rose - Flamants des Andes - © Antony Van Eeten

                                Ces échassiers ont un vol lourd et lent, cou et pattes tendues.

182760_10150100552131441_645396440_6623640_5432379_n.JPG                                                  Flamant des Andes - © Antony Van Eeten

James_Flamingo---Laine---Sarah.jpg                                       Flamant de James - Flickr - photo Iain and Sarah

 

471px-Squelette_flamandRosePhoenicopterus_ruber.jpgLe Flamant plonge son bec bossué dans la vase, en renversant sa tête, pour rechercher plancton, vers, mollusques, poissons, larves d'insectes, crustacés (dont l'artemia, riche en carotène, qui intensifie ou prolonge la couleur rose du plumage). Le bec du flamant rose est muni de fanons qui lui permettent de filtrer la vase.


Squelette de Flamand rose - photo F.Lamiot 

On voit que le tissus recouvrant le bec est richement innervé. (Musée d'Histoire Naturelle de Lille, nord de la France)

 

182492_10150100870141441_645396440_6626927_7330565_n.jpg

                                              © Antony Van Eeten

185892_10150100869346441_645396440_6626913_3148777_n.jpg                                       Des flamants par milliers -  © Antony Van Eeten

 

Toute proie a son prédateur ... ici le rare Culpeo - Lycalopex culpaeus.

Aussi appelé renard des Andes, ou Culpeo zorro, c'est un canidé sauvage qui se nourrit de rongeurs, lapins, oiseaux et lézards, mais aussi de plantes ou de charognes


182039_10150099463376441_645396440_6613291_5022445_n.JPG

                      Le Culpeo  -    © Antony Van Eeten

 

Quand le terrain vire au rose ... par mimétisme !


183787_10150099183851441_645396440_6611050_6385937_n.JPG                                                                                        © Antony Van Eeten

 

Avant d'aborder les pays limitrophes, toujours dans la zone volcanique centrale, nous reviendrons demain sur le Licancabur.

 

Sources :

- South america birds checklist - lien

- Focus on nature - Chile birds

- Culpeo fox - lien

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

180508 10150099180356441 645396440 6610967 4388771 n                                           Atacama - © Antony Van Eeten

 

Le désert d'Atacama occupe 105.000 km² dans le nord du Chili. Une bande longue de 1.000 km. borde la côte Pacifique, à l'ouest de la Cordillère des Andes. Ce désert n'est pas plat ou parsemé de petites dunes, c'est au contraire une succession de hauts-plateaux rocailleux, de lacs asséchés, de roches érodées, de dunes ... le tout à une altitude comprise entre 1.000 et 3.500 mètres.

 

20040418190314-Atacama---lucide.jpg                                    Le désert d'Atacama  - photo Lucide /wikipedia


Atacama                                               L'Atacama vu de l'espace - doc. Nasa.

 

D'après de nombreuses sources, dont le National Geographic, c'est le désert le plus sec et le plus stérile de la planète !

La raison est double : coincé entre les Andes et la chaîne côtière chilienne, elle voit son climat influencé par l'inversion créée par le courant froid de Humboldt et l'anticyclone du Pacifique ... c'est ainsi que la région d'Antofagasta ne reçoit qu'un millimètre de pluie par an, et que certaines stations météo situées dans l'Atacama n'ont jamais reçu une goutte d'eau.

Des scientifiques britanniques affirment que certains lits de rivière sont restés "secs" depuis 120.000 ans.

 Cette région se compose de différents biotopes : bassins endoréïques salés,  salars, étendues de sable et de lave.

 

Certains endroits de l'Atacama bénéficient d'un "fog marin", connu localement sous le nom de Camanchaca, qui apporte suffisamment d'humidité pour permettre la vie d'algues, de lichens ... et de cactus.

 

182864 10150099439831441 645396440 6612937 1508198 n

                                                                                                                                                 © Antony Van Eeten

182930 10150099472081441 645396440 6613565 3019550 n                                             Sur la route des salars - © Antony Van Eeten 

 

 

carte_atacama_g.jpg

                            Le Salar de Atacama est entouré d'autres salars plus petits.

 

Situé à 70 km au sud de San Pedro, le Salar de Atacama est une immense dépression saline de 320.000 ha : elle représente le plus grand désert de sel du Chili et le troisième plus grand au monde ; il s’étire sur plus de 90 km. de long et a une largeur moyenne d’environ 40 km.. Entre les lagunes, le sol est constitué d’un enchevêtrement chaotique de concrétions salines de 20 à 50 cm. de haut et forme un relief unique qui, sous l’effet des vents de sable, prend des teintes ocre, rose et beige.

 

chile_-Atacama---Studio-dentaire.JPG

                                           Salar de Atacama - photo Studio Dentaire.

 

Salar-de-Atacama-385.JPG                  Salar de Atacama - un chaos de concrétions salines à perte de vue. - photo 385.

 

182699_10150099183931441_645396440_6611052_3779802_n.JPG

                                                                   © Antony Van Eeten


Un salar est un désert de sel, généralement un lac asséché présentant une grande surface plate recouverte d’une épaisse couche de sels divers, principalement du chlorure de soude , mais aussi des sels de lithium (27% des réserves mondiales de lithium) … ressource minérale de premier ordre, pensez à vos batteries, et exploitée par la Societad Quimica Minera de Chile s.a.

 

180450_10150099469501441_645396440_6613492_4936431_n.JPG                  Le volcan Licancabur (5.916 m.) et la laguna Verde - © Antony Van Eeten


Cette dépression est entourée de montagnes et de volcans dont le Licancabur, l’Acamaraachi, le Lascar et l’Aguas Calientes, localisés sur le côté est du salar, et formant une ligne de structures volcaniques séparées par de petits bassins endoréiques.

Sous le Salar se trouve des lacs souterrains, occultés par une épaisse couche de sel blanc qui ressemble de loin, à si méprendre à de la neige. Cette couche de sel  s’ouvre à certains endroits sur de petites lagunes, habitat favori de nombreux oiseaux aquatiques, en particulier des flamants, des canards et mouettes andines.

 

179820 10150099467746441 645396440 6613437 7730593 n                                                                     © Antony Van Eeten

Le sel du Salar provient de la dissolution du sel présent dans le sol et qui découle des eaux de pluies, du dégel et des rivières qui sont entraînés depuis les volcans environnants jusqu’au Salar.  L’eau s’évapore ensuite et le sel transporté alors par ces eaux s’accumule pour former le Salar.

 

1376008 4 de49 situation-du-desert-d-atacama                                                          Situation des sites évoqués.

 

Ce désert contient de multiples lagunes, parmi lesquelles « Lagunas Cejas » (ou Cejar lagoon)  situées au nord du Salar d'Atacama, à une trentaine de kilomètres de San Pedro, et à une altitude de 2 300 m. Les Lagunes Cejas sont d’une intense couleur turquoise, aux bords cristallisés par le sel. Après avoir traversé des étendues de sable et un paysage complètement désertique, ces lagunes de couleur turquoise nous apparaissent tel un mirage que l’on surprend au dernier moment. L’eau possède une concentration en sel de 40%, ce qui est supérieur à celle de la mer morte et vous permet d'y flotter littéralement, pour vous offrir un moment de grande détente.

 

180967_10150099180466441_645396440_6610970_5303295_n.jpg            La Laguna Cejas - des eaux turquoises entourées d'étendues de sel immaculé ...

 

Laguna-Cejas.jpg         ... où Antony flotte, les doigts de pied en éventail ! Coool !!! - © Antony Van Eeten

 

Près de Calama, une ville, appelée Chiu-Chiu, abrite la plus ancienne église du Chili et une curiosité géologique : la Laguna Inca Coya - "la femme de l'Inca" - qui pourrait être un ancien maar. Ce lac circulaire, qui ne tarit jamais et situé en plein désert, est lié à une légende inca : la légende raconte l'amour entre l'Inca Tupac Yupanqui et Coillur Colquhoun qui a donné un enfant à l'inca. Celui-ci, rappelé pour arrêter les émeutes qui ont lieu dans le nord de son empire, a quitté l'Atacama en promettant d'y revenir ... Seulement il n'y revint pas et épousa une princesse. Folle de douleur, Coillur se précipita dans le lac avec son enfant et ne put être repêchée; les nageurs, pourtant expérimentés, prétendirent, pour expliquer leur échec, que le lac était sans fond.

Jacque-Yves Cousteau, qui y a mené une expédition, a estimé sa profondeur à 80 mètres.

 

laguna-Inca-Coya---blogspot.jpg                                           La Lagune Inca Coya - photo blogspot.

 

Sources :

- Pour ceux que l'ascension du Licancabur intéresse :

http://www.altituderando.com/Ascension-du-Licancabur

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Située entre 4200 et 4600 m d'altitude et d'une surface de plus de 30 km², El Tatio est la troisième plus grande zone géothermale au monde et aussi la plus haute. Quatre-vingt cinq fumerolles et solfatares, des terrasses de geysérite, soixante deux sources chaudes, 40 geysers (selon le GVP … 64 selon d’autres sources) et quelques volcans de boue parsèment la zone. Même si la hauteur moyenne des geysers est inférieure à un mètre (75 cm. d’après Glennon & Pfaff 2003), au lever du jour quand les contrastes de température sont maximum, les vapeurs s’échappent du sol pour former des colonnes d’une dizaine de mètres … le spectacle est grandiose et atteint son point culminant aux premiers rayons de soleil.

 

 

El-Tatio-AVE-17-jpg

                                                                                                   © Antony Van Eeten

 

El-Tatio-AVE-18-jpg

                                                                                                        © Antony Van Eeten

 

Le nom « El Tatio » provient du mot « el tata » qui signifie « grand frère » dans l'Atacama. D'après une légende locale, le volcan du même nom qui se trouve à environ 10 km au sud-est de la zone géothermale d'El Tatio, « le grand frère », protège les peuples de l'Atacama. Il leur a donné la force des geysers pour plusieurs siècles.

 

El-Tatio-AVE-2-.jpg

© Antony Van Eeten


La zone géothermale de El Tatio, inclue dans le catalogue des volcans actifs par Casertano en 1963, n'est pas une zone volcanique en soi. Elle s'intègre dans le complexe volcanique de Puna qui a une surface de 50000 km² ! Ce complexe volcanique comprend aussi la zone géothermale de Sol De Manana située en Bolivie. Aucune activité volcanique n'a été mise en évidence durant ces 10.000 dernières années à El Tatio. Néanmoins, le nombre de manifestations géothermales au coeur du complexe volcanique de Puna tend à montrer le caractère actif de la région.

De multiples et puissantes éruptions ignimbritiques se sont succédées depuis environ 10,4 millions d'années formant notamment les caldeiras de Pastos Grandes, au nord de El Tatio, et de Cerro Guacha, à l'est. La zone géothermale se trouve dans une dépression nord-sud, un graben, de 7 km de large et de 20 km de long qui s'est formée lors du plissement des Andes à l'ère Tertiaire (Pliocène). Elle est directement aux pieds de volcans (Pliocène à Holocène ?), le Cerro Deslinde, le Cerro Volcán, le Cerros del Tatio, le Volcán Tatio, et non loin du volcan Putana qui a peut-être connu des éruptions historiques. L'eau issue des précipitations et de la fonte des neiges s'infiltre à une vingtaine de kilomètres au sud-est de El Tatio. Elle suit un système de failles orientées nord-ouest sud-est, s'enfonce et circule sous terre pendant une quinzaine d'années. A une vitesse d'environ un kilomètre par an, l'eau passe à travers différents dépôts, dont celui de l'ignimbrite de Puripicar (daté à 4,2 millions d'années), et sous des dépôts ignimbritiques imperméables plus récents notamment l'ingnimbrite de El Tatio (1,7 milions d'années). Là, entre 800 et 1000 m de profondeur, l'eau, piégée et réchauffée, atteint 260°C. Seule une petite partie de cette eau chaude, donc plus légère, remonte au nord-ouest et donne en surface les geysers et les sources chaudes de la zone de El Tatio. Ces eaux chaudes forment la rivière du Rio Salado dont le débit varie de 250 à 500 litres par seconde suivant la saison. La plupart des sources atteignent 86°C, la température d'ébullition de l'eau à 4300m d'altitude ! Sept forages profonds de 870 à 1820 m ont été creusé entre 1969 et 1974 pour exploiter cette chaleur géothermique et alimenter en électricité la mine de cuivre de Chuquicamata et la ville de Calama situées à plus d'une centaine de kilomètres de là. Un équipement pour la désalinisation de l'eau a été mis en place. Pour des raisons techniques ces installations sont aujourd'hui presque totalement abandonnées. (activolcans)

 

 

El-Tatio-AVE-3-jpg

                                                                                                         © Antony Van Eeten

El-Tatio-AVE-6-jpg

                  Avec l'altitude, la température d'ébullition est de 85°C - © Antony Van Eeten


El Tatio pratique : Arrivez très tôt sur le site, avant le lever du soleil … habillés chaudement, car à 4.300 m d’altitude, il peut faire entre moins 5 et moins 20°C.  Si votre emploi du temps le permet, restez sur le site après le départ des nombreux touristes : le soleil monte, l’air se réchauffe et on assiste à un curieux échange : les vapeurs blanches disparaissent, mais les couleurs apparaissent.

 

El-Tatio-AVE-9-jpg

                                                                                                       © Antony Van Eeten

El-Tatio-AVE-7-jpg

                                                                                                        © Antony Van Eeten

 

Les colonies de bactéries thermophiles, la végétation, les lèvres des geysers ourlées de délicates opalines, tout est mis en valeur dans un écrin de montagne se détachant sur le ciel d’altitude bleu outremer. En prenant son temps, El Tatio vous gratifie de ses deux facettes … et pour les amateurs, un grand bassin d’eau chaude vous invite à la baignade.

 

El-Tatio-AVE-15-jpg

              La bouche du geyser entre deux pulsations - © Antony Van Eeten

 

El-Tatio-AVE-13-jpg

                                        Vasque ourlée d'opaline - © Antony Van Eeten

El-Tatio-AVE-10-jpg

                    Les eaux chaudes sont colonisées par des thermophiles - © Antony Van Eeten

El-Tatio-AVE-11-jpg

                                 Bouche entourée de geysérite - © Antony Van Eeten

 

El-Tatio-AVE-8-jpg

              La couleur du ciel transmise aux fumerolles - © Antony Van Eeten

 

Sources :

- Global Volcanism Program - El Tatio.

  - GOSA - the Geyser Organisation and Study Association

- The extraordinary thermal activity of El Tatio getser field - by J.A.Glennon & R.M.Pfapff. - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 La Zone volcanique centrale inclue 44 édifices volcaniques actifs, 18 champs ou centres mineurs et 6 centre ignimbritiques / ou caldeiras. Ils sont situés dans le nord du Chili, le sud-ouest de la Bolivie, le nord-ouest de l'Argentine et le sud du Pérou.

Nous allons examiner d'abord les volcans du nord Chili.

 

volcanes activos845

                         Les  volcans de la zone volcanique centrale situés au Chili - ZVC .

 

llullaillaco2---photoway-.com.jpg                   Le volcan Llullailluco - Photo Photoway.com

 

Le Llullailluco est le plus haut volcan hors-sol actif historiquement , avec 6.739 m. Le cône sommital bien préservé est construit sur un édifice ancien daté du Pléistocène. Une avalanche de débris lors du collapsus du vieux volcan il y a 150.000 ans s’étend vers l’est et pénètre le territoire argentin.

De nombreux dômes de lave et coulées sont associés à la croissance du cône récent ; les deux coulées principales, de type dacitique, s’orientent nord et sud. Ces coulées sont formées par de la lave très visqueuse et durant l'écoulement lent, la couverture de la coulée refroidit en formant des plis, en accordéon, disposés à 90° par rapport à la direction de la coulée ; les flancs de la coulée refroidissent également plus vite que son centre et forment des "murailles" ou des "digues" (flow levees).

Le 19° siècle fut marqué par deux éruptions explosives et une effusive.

 

Llullailluco--09.12.2009-ISS022-E-008285.jpg                      Le volcan Llullailluco et ses coulées - doc. ISS022-008285

 

Ce volcan abrite aussi le site archéologique le plus haut du monde : on y a retrouvé trois enfants Incas congelés.

 

llullaillaco1.jpg   "La Doncella" conservée au Museo de Arqueologia de Alta Montaña (le MAAM) à Salta. - doc Associeted Press.

 

Cette adolescente de 15 ans (la Doncella), cette petite fille de 6 ans (la Niña del Rayo) et ce garçon de 7 ans (El Niño) ont tous trois été choisis par l’élite Inca de l’époque pour participer à ce rituel considéré par tous comme un très grand honneur. Les sacrifices d’enfants, qui sont plus rares que d’autres dans la culture Inca, revêtaient une symbolique particulière dans le sens où la victime se voyait élever au rang de divinité (et non offerte en cadeau aux Dieux). À leur mort, es enfants rejoignaient leurs ancêtres et les Dieux pour veiller sur l’Empire.
 L’hypothèse principale des historiens fait le récit de grandes cérémonies se déroulant à Cuzco au Pérou pour célébrer ces enfants choisis parmi les plus beaux des héritiers des plus grandes familles. Une fois la fête terminée, les enfants entamaient un long voyage dans les Andes en compagnie de l’Inca, d’une délégation de nobles et des prêtres du soleil. Arrivés au sommet destiné à être leurs tombeaux, ils étaient revêtus d’une tunique d’apparat, l’unku, trop grande pour eux pour leur permette de continuer à grandir pendant l’éternité puis saoulés à la chicha pour les plonger dans un sommeil sans fin. Une fois les enfants endormis par l’alcool et le froid, on les disposait au fond de leur tombeau, décidant de leur position et disposant aux alentours de nombreuses figurines de bronze (poupées et lamas), et tout un trousseau comportant de très jolies pièces de tissus et d’orfèvrerie.
C’est ainsi que les archéologues les ont retrouvés 500 ans plus tard, naturellement momifiés par congélation.
En effet, le froid (il fait perpétuellement entre – 20 ° et – 30 ° au sommet du volcan), le manque d’oxygène (la pression atmosphérique chute de plus de 50 % là haut) et la sécheresse de l’air ont permis de conserver intacts les enfants. Ce phénomène était sûrement voulu par les Incas, une manière de rendre ces enfants réellement éternels, à jamais au sommet de ces montagnes sacrées reliant le terrestre au divin. (TripTeaser)

 

Lascar-3-AVE.JPG

                                                                                              © Antony Van Eeten

Lascar-AVE.JPG

                        Sur la route du Lascar avec les photos d'© Antony Van Eeten

 

Le Lascar est un volcan composite constitué de deux cônes irréguliers et tronqués, avec cinq cratères nichés et alignés ESE-ONO ; on a grosso modo deux centres : à l’ouest, le cône éteint et à l’est, le cône actif. Un vieux stratovolcan, l’Aguas Calientes (ou Simbad volcano) est situé à 5 km. du Lascar.

 

Lascar-vu-du-Chaxas-lagoon---Aguas-Calientes--simbad--au-fo.jpgAu centre, le volcan Lascar vu de Chaxas lagoon et en arrière-plan, à droite, l'Aguas Calientes - photo G.Prins.


En 1993, un épisode éruptif, considéré comme le plus grand historiquement parlant à cet endroit, fut marquée par une phase d’éruptions vulcanienne de plusieurs heures, suivie par des Er-plinienne-Lascar-1993---Durham-univ-jpgéruptions pliniennes qui ont généré des coulées pyroclastiques et des émissions de poussières ; une coulée pyroclastique a parcouru 8.500 m. à partir du sommet. Le panache, qui a atteint 24.000 mètres, s’est étendu  vers le SSE, couvrant de cendres une surface de 850.000 km² et atteignant l’Argentine, le sud du Paraguay, l’Uruguay et le sud du Brésil. Photo de la colonne plinienne / Durnham university.

Comparez la hauteur du panache à celle du volcan (5.592 m.)

 

Lascar 93                      Distribution des coulées pyroclastiques 1993 - doc. Sernageomin

(1) 19-20 April pumiceous pyroclastic-flow deposits, (2) 19-20 April undifferentiated pyroclastic material, (3) Previous lava flows partially covered by pyroclastic-flow deposits, (4) Pliocene welded ignimbrites, (5) Miocene to Pliocene domes, (6) the new lava dome, and (7) arrows indicating lava flows.

 

Lascar1993-G.jpg

                 Lascar : La colonne éruptive de 1993 - photo archives cgd.ucar.edu


Le 4 mai 2005, une éruption phréato-vulcanienne a produit une colonne éruptive de 11.000 mètres.

Les éruptions de 2006-2007 furent caractérisées par une phase préliminaire de 5 jours, dont les effets furent visibles à 220 km., à la mine de cuivre d’El Abra ; en mai 2007, un panache a atteint l’altitude de 9.100 mètres.


Le volcan Lascar est peu équipé d’instruments de mesures, malgré son activité. Depuis peu, on utilise la surveillance de ce volcan par satellite, et la méthode InSAR – interférométrie radar - de surveillance des déformations , et l’ATSR – Along Track Scanning Radiometer – méthode de monitoring de l’activité effusive par mesures de radiance infrarouge. Cette dernière méthode a montré que certaines éruptions du Lascar étaient précédées par une diminution significative des émissions thermiques (refroidissement du dôme, diminution des flux gazeux).

 

Lascar-radiance-84-92.png

                   Radiance spectrale ATSR du dôme du Lascar entre 1985 et 1992 - in GVP

 

C’est ainsi qu’on a mis en corrélation la magnitude de l’éruption de 1993 et le laps de temps entre l’apparent collapsus du dôme : 10 mois. Le collapsus du dôme, mis en évidence par le méthode ATSR six mois avant fut vérifié par une visite du sommet en novembre 1992. Après avril 93, la radiance infra-rouge tomba à zéro, signe de la destruction du dôme consécutive à l’éruption. La rapide croissance d’un nouveau dôme fut à la fois remarquée par le signal thermique et l’observation directe par un survol du sommet. En octobre-novembre 1993 et avril 94-mai 95, deux autres périodes significatives de signaux de croissance / collapsus furent suivis de fortes éruptions explosives, avec des panaches montant entre 4 et 10 km.

 

Lascar-4-AVE.JPG

 

Lascar-6-AVE.JPG                   Les sommets du volcan ... " un sacré lascar" !  photos © Antony Van Eeten

 

Lascar-fumant---atacama95.jpg              Lascar - le cratère actif et ses fumerolles - photo G.Hüdepohl /atacama.com

 

Un petit coup de projecteur sur les camélidés qui peuplent les Andes : les lamas ... le genre "lama" est un terme générique désignant un grand camélidé et regroupant deux espèces sauvages, le guanaco - Lama guanicoe (Müller, 1776) et la vigogne - Vicugna vicugna -, et deux espèces domestiquées, l'alpaga - Lama pacos (Linnaeus, 1758)  et le lama -  Lama glama (Linnaeus, 1758). Il existe 2 variétés de lamas : le chacu à poils longs et le ccaro à poils courts.

 

La forme de la tête est une caractéristique différentielle.

Animal intelligent, de nature calme et patiente, il peut débrousailler le terrain sans l'abimer, car son pied est pourvu de coussinets plantaires. Il peut résister au climat rude des Andes, porter des charges ou fournir lainages et viande.

 

 

185659_10150099144146441_645396440_6610350_4606111_n.JPG                                    Camélidé en pelage fourni - © Antony Van Eeten

183024_10150100415936441_645396440_6622279_4785670_n.JPG                              Lama glama - © Antony Van Eeten

 

180075 10150099417276441 645396440 6612633 5603457 n

                                  Elégante et mimétique vigogne -  © Antony Van Eeten

 

Sources :

- Gloval Volcanism Program - Llullailluco

- Nasa Earth Observatory - photo de l'ISS

- Gloval Volcanism Program - Lascar

- ESA volcano monitoring ATSR - link

- Les enfants congelés du Llullailluco - TripTeaser

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Llaima-vu-du-SE---Norm-Banks-USGS.jpgLe volcan Llaima, vu du sud-est présente un profil double ... c'est la voie d'accès la plus facile, mais aussi la plus longue - photo Norm Banks / USGS.


Le Llaima domine de sa haute stature conique, 3.125 m., la cité de Temuco et la laguna Verde. Ce stratovolcan, basaltique à andésitique, a un volume de 400 km³.

Une caldeira initiale, large de 8 km., s’est formée il y a 13.200 ans, suite à une éruption ignimbritique libérant 24 km³ de tephra. L’actuel volcan s’est édifié sur cette structure et possède deux cratères principaux, l’un sommital, l’autre au sud-est du sommet, le Pichillaima.

 

12.09.2008.jpg                  Les cratères du Llaima - 09.2008 photo Ovdas/Sernageomin.

 

Llaima-2008---Antonio-Vergara.jpg                                             Eruption 2008 - photo Antonio Vergara

 

 Après une période explosive qui s’est terminée il y a 7.200 ans, son activité se caractérise par des éruptions stromboliennes, hawaiiennes et plus rarement subpliniennes.

Plus de 40 cônes de scories ponctuent ses flancs.

 

Son accès n’est pas technique, mais plus dangereux en période hivernale, où la neige masque les nombreuses crevasses situées à mi-hauteur. Les pentes atteignent quand même 60° vers le sommet , par la face nord. La face sud est plus aisée, mais plus longue et nécessite de camper une nuit sur les pentes.

 

onemi_2009.04.04.jpg                     Llaima - éruption du 04.04.2009 - photo Ovdas / Sernageomin

 

 

Le Lonquimay est un petit stratovolcan de 8 Km de diamètre situé dans la région des lacs dans le centre du Chili. Un glacier occupe son cratère sommital et s’écoule sur son flanc sud. Principalement actif durant l’Holocène, de nombreuses bouches éruptives se sont formées le long de zones de faiblesse au nord-est et au sud-ouest de l’édifice principal.

 

Lonquimay---webshots.jpg                                                 Le Lonquimay - photo Webshots.

 La zone de fissure orientale Cordón, qui s’étend sur 10 Km vers le nord-est, a été le siège de nombreuses éruptions historiques avec formations de cônes adventifs et émissions de coulées de lave volumineuses (1887, 1988). La première éruption historique enregistrée s’est produite en 1853. Quatre autres ont suivi, dont la dernière en 1988. Cette éruption a vu la formation d’un nouveau cône, appelé Navidad (nativité) en raison de son jour de naissance, le 25 décembre.

 

Lonquimay---A.Bonacin-Panoramio.jpgEn arrière-plan, le Lonquimay et au centre, la silhouette sombre du cône Navidad. - phot A.Bonacin / Panoramio.


L’éruption débuta au niveau d’évents situés sur une fissure longue de 800 m., située à 3,5 km. du sommet ; après une phase strombolienne, une forte explosion phréato-magmatique eu lieu le décemb.-mars 198927 décembre avec émission d’un panache de gaz et tephra atteignant 9.000 mètres en cinq minutes, s’étendant ensuite sur 500 km.

Au cours de cette éruption, de grandes quantités de soufre, de chlore et de fluor ont été émises dans les gaz provoquant une contamination des terres et des fourrages. Près de 10 000 têtes de bétails moururent de fluorose …300-400 ppm de fluor furent déposés sur 800 km² de pâturages.

En avril 89, le cône pyroclastique asymétrique atteignait 210 m. de haut et 700 m. de large.

En début juillet, plus de 4.000 personnes furent évacuées de la ville de Lonquimay et de la zone de Bernardo Nanco.

Le 10 janvier 1990, une coulée de lave s’échappa d’un évent situé au pied du Navidad, à une vitesse de 70 m./heure.

L’éruption prit fin entre le 22 et le 25 janvier 1990, après 13 mois d’activité.

 

 

Le Planchon-Peteroa  est un complexe volcanique allongé, situé à la frontière Chili – Argentine.

 

planchon100902---Sernageomin.jpg                                   Le complexe Planchon-Peteroa -photo Sernageomin 2010


Son activité a débuté au Pléistocène avec la construction du volcan Azufre, basalto-andésitique à dacitique, suivie de celle du volcan Planchon, basaltique à basalto-andésitique, 6 km plus au nord.

Il y a 11.500 ans, une éruption massive a formé l’avalanche de débris Rio Teno, et provoqué l’effondrement de l’Azufre et d’une part du Planchon.

A la suite de cet évènement, le volcan Planchon II s’est formé.

 

Planchon_Peteroa---Christian-Ordenes-2007.jpg                 Le Peteroa, vu du sommet du Planchon - photo 2007 par Christian Ordones.


Le jeune volcan Peteroa, andésitique à basalto-andésitique, a été le siège de l'activité historique ; il est constitué de plusieurs évents dispersés entre l’Azufre et le Planchon,  il ne constitue donc pas un volcan indépendant et n’est formé que d’environ un kilomètre cube de dépôts pyroclastiques et de laves. Dans l’amphithéâtre du Peteroa, deux cratères-puits d’explosion phréatomagmatique sont suggérés par une crevasse en spirale de 100 m. de diamètre dans la glace.

 

Planchon-Peteora.png                                Carte des sommets - doc. Gonzalez-Ferran / 1991 / GVP.

 

Le complexe a donc évolué depuis un système bimodal basalte – dacite (Azufre), vers un système basaltique (Planchon) puis vers un mélange magmatique andésitique-dacitique.

 

peteroa01-Avcan.jpg

 

 

Les éruptions aux 20-21° siècles eurent lieu en 1937, 1938, 1959, 1960, 1962, 1967, 1991, 1998, et 2010.

Eruption 2010 - photo Avcan.

 

 

peteroa_ali_2010.09.21----2.jpgLe Peteroa en éruption, le 21.09.2010 - l'activité des jours précédents a couvert le glacier de cendres, les vents ont fait dériver le nuage vers le SE en direction de l'Argentine. - Près du cratère actif, on aperçoit un lac acide et coloré.

NASA Earth Observatory image by Robert Simmon, using ALI data from the NASA EO-1 team. Caption by Robert Simmon. Instrument:  EO-1 - ALI

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Llaima - Lonquimay - Planchon-Pétéroa.

- Ovdas / Sernageomin

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog