Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'art pascuan ne se limite pas aux grandes statues, les habitants de l’île de Pâques ont façonné nombre de petites sculptures en bois de Sophora toromiro, à patine nuancée, brun foncé, les moai Miro ; ces arbres caractéristiques de l’île ont tous été coupés.

 

2rei-miro-1tangata-manu-1tabatiere1tablette-rongo-rongo-.jpgDeux Rei miro, un Tangata manu (homme-oiseau en  bois) une tabatière, une tablette Rongo-rongo - photo issue de http://berphi.skyrock.com, avec l'autorisation de Bernard Philippe.   

Parmi les moai Miro, on distingue : les moai Kavakava, les moai Pa’apa’a, les moai Tangata et les statuettes Moko. En pascuan, le terme « moai » signifie la représentation d’une personne ou d’un animal ; le terme « kavakava » signifie « côte » … le moai kavakava serait donc la représentation d’une personne aux côtes apparentes.

 

Moai-kava-kava---berphi.jpgMusées Royaux d'art et d'histoire de Belgique -  Salle Mercator du "Cinquentenaire" - photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe.  


Que peuvent représenter ces statuettes décharnées aux visages de souffrance ? Plusieurs hypothèses ont été émises : des ancêtres morts, des personnages émaciés suite à une famine prolongée, ou souffrant de déshydratation et d’hyper chloruration (en relation avec un méga Nino) … sans certitudes, un lien avec une période ancienne d’extrême pénurie est vraisemblable. (lien vers un article sur le site de Jean-Hervé Daude

 

moai-kavakava-bicep.---H.Daude-musee-de-la-rochelle.jpg         Rare moai Kavakava bicéphale  -  photo Hervé Daude - Musée de La Rochelle.

Photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe. 

 

figure-antropomorphe-fin18-debut19---collection-sir-D.Atte.jpgFigure antropomorphe aux yeux de caméléon - collection Attenborough / British Museum. - photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe.  

Des ornements de pouvoir, les Rei miro et le bâton Ua, et des objets cérémoniels, rames de danse et Tahonga, ont été découverts.

 

pectoral-Rei-miro-17-18--don-du-prince-roland-Bonaparte-au.jpgPectoral Rei Miro 17-18° - au Musée d'histoire Naturelle , don du Prince Roland Bonaparte. - photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe.   

 

La plupart des sculptures antropomorphes en bois ont des caractéristiques communes : un crâne chauve, des arcades sourcillières proéminentes , une barbichette coubée en virgule, des lobes d’oreilles étirés, des yeux incrustés d’os et d’obsidienne.

 

tablette-la-Mamari---berphi.jpg Tablette Rongo-Rongo, "La Mamari" - photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard Philippe.  

 

Les tablettes Rongo rongo sont des tablettes de bois chargées d’hiéroglyphes, échantillons d’une écriture ancienne qui n’a pu être traduite valablement jusqu’ici… et qui ne le sera probablement jamais, étant donné la disparition des connaisseurs de l’écriture, enlévés après 1862 par les trafiquants d’esclaves et la destruction de nombreuses tablettes au cours des incendies pendant les guerres civiles 1864-1866.

 

Les tablettes présentent des signes hiéroglyphiques, souvent d'aspect humain ou animal. Parfois il semble aussi s'agir de plantes, d'astres, ou de formes géométriques. Les signes représentant des formes humaines semblent, à l'occasion, accomplir certains gestes ou certaines actions. Les signes sont alignés et disposés la plupart du temps de manière à remplir entièrement la tablette.

 

Ils sont disposés selon une méthode appelée "boustrophédon". Le terme boustrophédon fait référence au mouvement des sillons tracés dans un champ, la première ligne se lisant de gauche à droite, la suivante de droite à gauche, et ainsi de suite alternativement. Le terme boustrophédon qui provient du Grec signifierait " en tournant d'une ligne à l'autre, comme les bœufs d'un sillon à un autre ". Qui plus est, les signes Rongo rongo sont en " boustrophédon inversé ", c'est à dire qu'alternativement une ligne est à l'endroit, alors que la suivante est automatiquement à l'envers. Il est donc nécessaire pour bien lire la tablette de la retourner à chaque fin de ligne.

 

Sources :

- Le blog de Bernard Philippe sur l'île de Pâques - http://berphi.skyrock.com

- Le site Rapa Nui, beauté et mystères de l'île de Pâques - par Jean-Hervé Daude - lien  

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Ce confetti situé dans la plaque Nazca a vu sa naissance ponctuée par trois grands épisodes volcaniques et l’apparition successive des volcans Poike, Rano Kau et enfin Terevaka.

 

carte-le-geologue.gifCarte de l'île de Pâques - reprise de Volcanes de Chile / Oscar Gonzalez Ferran / Instituto Geographico Militar Chile.


La naissance de l’île de Pâques a commencé il y a environ 3 millions d’années avec l’éruption du Poike ; ce stratovolcan basaltique est constitué d’un empilement de coulées…on peut en dénombrer une trentaine sur la falaise la plus haute. Son sommet culmine à 370 mètres et est creusé par un petit cratère d’explosion de 120 m. de diamètre, recouvert actuellement d’eucalyptus formant un « pompon » caractérisant cette extrémité de l’île.

Trois petits dômes trachitiques adjacents sont alignés sur son flanc nord, restes d’une activité explosive de type péléen. Les couches superficielles oxydées du volcan, qui ont pris une teinte orangée, sont fragiles et interdites aux véhicules depuis 2006.

 

Paques---Poike----O.Gonzalez-Ferran-univ-Chile.jpg                           Volcan Poike - photo Oscar Gonzalez Ferran

 

2705889868_1.jpg                Volcan Poike et extrémité est de l'île de Pâques - photo explora.com

 

Rano-Kao---Camilloda-voyage-bons-plans.jpg                          Volcan Rano Kau - photo Camilloda / Voyages Bons plans.


Un deuxième épisode est lié à l’apparition d’un deuxième stratovolcan, il y a 2 millions d’années : le Rano Kau. Ce volcan a connu un effondrement, il y a 200.000 ans, qui a donné naissance à une caldeira d’un diamètre de 1.400 m. et profonde de 200 m. ; la caldeira est limitée par des failles qui lui donnent un pourtour polygonal. Un lac, profond de 11 mètres,  occupe son fond. Il a longtemps été la principale source d’eau douce de l’île. Il est partiellement recouvert de joncs qui en se décomposant, ont formé une mosaïque d’eau et de masses instables. Les laves rhyolitiques de la partie sud-ouest de l’île de Pâques affleurent au M.Orito, au cône de Te Mamavai, situé au nord de la caldeira, et sur trois îlots : les motus Kao Kao, Iti et Nui, restes de cheminées volcaniques parasites. Elles sont principalement constituées de laves blanchâtres et d’obsidiennes noires. Ces affleurements d’obsidienne ont été recherchés par les pascuans, qui les ont taillés en outils … c’est ainsi que des éclats se retrouvent partout sur l’île. Sur M.Orito, un croissant fait d’une succession de petits ateliers, installés sur des terrasses d’une dizaine de mètres de long sur 2 à 3 de large, témoigne de cette activité.

 

Rano-Kau---berphi.jpgVue aérienne du Rano Kau - photo Yan Arthus Bertrand - photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard PHILIPPE.

 

Dernier volcan à apparaître, il y a environ 250.000 ans, un volcan-bouclier, le Terevaka qui a relié les deux stratovolcans précédents pour former une seule île … sans lui, on ne pourrait pas parler d’île de Pâques , mais bien d’archipel de Pâques.

Ce grand volcan-bouclier a recouvert de ses laves « aa » 80% de la surface actuelle de l’île ; il culmine à 506 mètres. Quelques 104 cônes parasites habillent ses flancs et sont le résultat d’une activité de type strombolien. La dernière éruption sur l’île y est datée de 11.000 ans environ.

 

pano_rano_raraku_volcano---paris-photo.net.jpg                        Le Rano Raraku - photo Paris-photo.net

 

Rano Raraku constitue le plus beau site du volcan Terevaka ; il est situé côté est, proche du volcan Poike. C’est aussi la carrière d’où les sculpteurs pascuans ont tiré la quasi-totalité des moais. Ce site est un anneau de tuf créé par une éruption de type phréatomagmatique, d’un diamètre externe de 1.000 mètres et interne de 600 mètres. Né en bord de mer, il en a été isolé ensuite par des coulées de laves postérieures … ce que justifie l’existence d’une falaise de 80 mètres créée par l’érosion marine avant que l’anneau de tuf ne soit séparé de l’océan. Ce maar est occupé par un lac.

Ce tuf homogène a constitué un matériel de choix pour les autochtones : suffisamment tendre pour être façonné grâce aux outils d’obsidienne, suffisamment « léger » pour être transporté ensuite.

 

Ahu_Tahai---ph.Zantastik.jpg                                    Moai "coiffé" - Ahu Tahai - photo Zantastik.

                                             Les yeux sont fait de corail blanc.

C’est dans un autre cratère secondaire du Terevaka, le Puna Pau, que les pascuans ont découvert des scories rouges, qui leur ont permis de sculpter les pukao, ces coiffes rouges ornant les têtes des colosses.

 

Rano-Raraku-Quarry---Easter-island-m1_vp1.jpg                   Rano Raraku - moais dans la carrière - photo Paris-photo.net

 

Le Rano Raraku dévoile les secrets de fabrication du millier de statues qui parsèment l’île : 400 d’entre eux, en cours d’achèvement, se trouvent encore dans la carrière. On y retrouve chaque étape : de l’ébauche à la statue quasi terminée n’attendant plus que son transfert.

 

L'île de Pâques est un véritable miracle perdu dans l'immensité du Pacifique et qui doit son existence à l'apparition de deux stratovolcans séparés de la distance optimale pour être comblée par un troisième volcan, bouclier celui-là, qui va les réunir pour former "Rapa Nui".

 

Ahu tongariki - easter island .+m1 hp5L'Ahu Tongariki et la place sacrée, broutée maintenant par des cheveaux omniprésents sur l'île de Pâques  -  photo Easter Island.

 

Ile-de-Paques-Carte-.png          Carte simplifiée - position des trois volcans et des "Ahu" , plate-formes avec Moais.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Easter island

- Rapa Nui, l'île de Pâques -Natalie et Olivier Brunner-Patthey.

- Blog de Bernard Philippe consacré à l'île de Pâques -
http://berphi.skyrock.com

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

D'après l'OVPF, les données récoltées depuis le dernière éruption sommitale du Piton de La Fournaise, les 9 et 10 décembre 2010, indiquent que la réactivation du volcan se poursuit.


Commencée début août, elle a débouché le 14 octobre à une éruption dans la zone du Chateau-Fort, phase qui s'est terminée le 31 octobre.

 

cartographie-champ-lave-er.14.10.10-OVPF.jpg                            Cartographie du champ de lave le 14.10.2010 - doc. OVPF.

La déflation du volcan dans ses parties sommitales n'avait pas suivi.

L'inflation concernait l'ensemble du sommet le 9 décembre et a débouché sur une brève éruption sur le flanc NNO. du cratère Dolomieu.

 

Coulees-de-decembre-2010.jpg                            Cartographie des coulées du 9-10.12.2010 - doc. OVPF

 

Les séismes VT (volcano-tectoniques) , associés à la fracturation des roches, sont en augmentation depuis le 28.12.10, tant en nombre (8-20/jour) qu'en magnitude (1,5). Les foyers sismiques sont localisés à l'aplomb du Piton de La Fournaise, entre le niveau marin et 1.000 m. au dessus du niveau de la mer.

Une augmentation des éboulements à l'intérieur du Dolomieu de 3 à 6 fois par rapport aux phases non éruptives est signalée.

Une lente inflation, de l'ordre de 1-1,5 cm./mois se poursuit depuis décembre, affectant les quadrants NO, NE et SE.

Des émanations de dioxyde de soufre de 2 à 3 fois le norme sont détectées depuis le 29.12.10.

 

press2011.-copie.jpgLes sentiers accessibles restent pour le moment éloignés du cratère; deux de ceux-ci sont fermés à cause des laves non suffisamment refroidies - d'après un document ONF datant d'août, et des directives de la Préfécture.

 

Sources :

- OVPF - Onservaroire Volcanologique Piton de La Fournaise - dernier rapport

- Fournaise.info du 07.01.2011

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Lorsque nous avons parlé de la tectonique des Galapagos, nous avions vu que l’archipel est situé à la limite de confrontation entre trois plaques océaniques : la plaque cocos au nord, la plaque Pacifique à l’ouest et la plaque Nazca au sud.

 

nat.geo.-ile-paques.jpg Ile de Pâques - Silhouettes de Moaïs - photo Gordon Gahan / free wallpaper National Geographic.

Revenons sur la plaque Nazca car elle intéresse aussi d’autres îles en périphérie : l’île de Pâques et Juan Fernandez.

Constituée uniquement de lithosphère océanique, la plaque Nazca  est bordée à l’est, le long de la côte Pacifique de l’Amérique du sud, par la fosse du Pérou et du Chili ; c’est là qu’elle entre en subduction sous la plaque sud-américaine. Ses autres frontières sont la dorsale est-Pacifique à l’ouest, la dorsale des Galapagos et la plaque Cocos au nord et au sud, la dorsale du Chili et la plaque Antarctique.

 

622px-Nazca_Plate_map-fr.pngLa plaque Nazca et ses voisines - Tectonic_plates_boundaries_detailed-fr.svg created by Sting under CC-BY-SA 

C’est la plaque qui est caractérisée par une vitesse de déplacement élevée  vers le nord-est, de 7,55 cm. par an … ce qui en fait la championne en la matière. Sa vitesse de rotation est de 1,3599° par million d’années selon un pôle eulérien situé à 55°58’ lat.nord – 90°10’ long. Ouest / référentiel : la plaque Pacifique. Au point de triple jonction sud-ouest, entre les plaques Nazca, Antarctique et sud-américaine, on a un décrochement considéré comme la cause du séisme qui a frappé le Chili en 1960 : magnitude 9,5.

On considère depuis peu l’existence de la « micro-plaque de l’île de Pâques » , située à une extrémité ouest de la chaîne en grande partie  sous-marine de Sala y Gomez, qui s’étend sur 2700 km. en direction de Nazca (la ville).


Le volcanisme de l’île de Pâques peut se ranger parmi les volcanismes de point chaud, avec une situation à proximité d’une grande dorsale océanique, à la différence du volcanisme de point chaud d’ Hawaii, situé en pleine plaque.


Avant d’envisager la description des structures volcaniques, il convient de parcourir l’histoire humaine des pascuans et ses répercutions écologiques.

Les premiers habitants, d’origine polynésienne d’après les dernières théories, y débarquèrent entre 400 et 1200 après JC. Ils commencèrent à cultiver, avec les plants rapportés, et adoptèrent un modèle de groupement familial. Ces familles, aux liens très étroits, se groupèrent en structure clanique, dans laquelle un chef supervisait les activités humaines et religieuses. Les pascuans partageaient leur temps entre culture, construction des sites et rituels religieux.

A l’époque de la découverte en 1722 par Jakob Roggeven, neufs clans familiaux ( les vai’hus) se partageaient l’île : Aka’hanga, Anakena, Heiki’i, Mahetua, Taha’i, Tepe’u, Tongariki, Va’i Mata et Vinapu. Les territoires de ces clans se rencontraient au centre de l’île, en un lieu sacré appelé Te pito o te fenua - le « nombril de la terre », souvent traduit à tort comme le nombril du monde – où se pratiquaient les palabres.

 

le-centre-du-monde---Hanga-Hoonu---Eric-dumontet.jpgAu Nord-Est de l'île, dans la baie de Hanga Hoonu, se trouve cette petite pierre ronde. Pour les Pascuans, cette pierre polie par le vent en forme d’œuf représente le centre de la terre. - photo Eric Dumontet.

 

Ayant réussis à construire une société technologiquement avancée, à partir de ressources limitées, les pascuans furent confrontés à la surpopulation et à un appauvrissement des ressources naturelles. Les importantes ressources en arbres furent épuisés en quelques siècles … le bois servant comme combustible, pour le chauffage et la cuisine, et pour la construction des grandes statues, les Moaï.

 

Moai_Rano_raraku---ph.-Aurbina-Anetode.jpg

                Moaïs dans la carrière du cratère Rano Raraku - photo Aurbina-Anetode.

 

Dans les années 1500-1600, l’île aurait perdue la majorité de ses arbres et l’érosion consécutive, compromettant les récoltes, engendra la famine. On suppose que des luttes claniques s’ensuivirent, car à partir de cette époque, la construction des statues et des plates-formes cérémonielles (les ahus) diminua fortement. Le déclin se poursuivit avec les maladies apportées par les visiteurs européens, suivies des déportations exercées principalement en direction du Pérou.

 

Les européens et l'île :

Après Jakob Roggeven, qui la découvrit un Dimanche de Pâques en 1722,et l'appela logiuement " Paasch-Eyland" , il faut attendre 1770, pour voir un explorateur y débarquer : cette fois, c'est un espagnol, Felipe Gonzalez de Haedo, mandaté par le vice-roi du Pérou, qui après y être resté à peine une demi-journée la rebaptisa San Carlos.

James Cook y passa quatre jours lors de sa seconde expédition  dans le Pacifique sud en mars 1774; de cette date, nous possédons les premiers croquis de moaïs.

En 1786, Le navigateur français Jean-François Galaup de La Pérouse y débarqua lors de son tour du monde ... avec ordre de Louis XVI, de dessiner des cartes précises afin de contribuer à la formation du dauphin.

 

Plan_de_l-Isle_de_Paque_-1797--La-Perouse.jpgPlan de l'île de Pâques établi par La Pérouse en 1786 - curieusement le nord de l'île est resté "vierge" sur ce document. -

"Plan de l'Isle de Paque. Levé en Avril 1786 à bord des Frigates Francaises la Boussole et l'Astrolabe. Jean-Francois de Galaup La Perouse (1741-1788), 1797. Paris, Atlas du Voyage de la Perouse - L'Imprimerie de la Republique."

 

Le 19° siècle ne fut jalonné que de désastres, tant pour les pascuans que pour leur île. En 1888, l'île est annexée par le Chili; les natifs ne reçoivent la nationalité chilienne qu'en 1966. Le 30 juillet 2007, une réforme constitutionnelle dote l'île de Pâques d'un statut de "territoire spécial", tout en restant administrée comme une province de la région de Valparaiso.

 

Demain : la naissance de cette île volcanique et ses volcans.

 

Sources :

- L'île de Pâques - wikipedia

- L'excellent blog de Bernard PHIIPPE sur l'île de Pâques, en collaboration avec François Dederen. - lien

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les îles Galapagos offrent un climat sec et tempéré durant toute l'année. Le climat n'est pas typiquement tropical, mais plutôt sec et variable, marqué par deux saisons clairement distinctes : de janvier à mai, une saison chaude (23 à 30°C) avec quelques averses, et, de juin à septembre, une saison froide (19 à 20°C) assez sèche. Si l'on plonge tout au long de l'année dans l'archipel, il faut préférer la période allant de juillet à décembre, plus propice aux eaux claires et aux "grosses" rencontres sous-marines.


Mois: Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jul Aoû Sep Oct Nov Déc
Période:  *  *   *
  *
  *
 *  *  *   *
  *
 *  *
Air (°C): 30 30 30 29 28 28 27 26 25 25 26 26
Eau (°C): 25 25 25 24 24 24 23 23 23 23 23 24

 

 * = Période optimale
 * =Période recommandée
 * =Période déconseillée

 

 

Bien que situé à la hauteur de l'équateur, le climat de l'archipel des Galapagos est tempéré par divers courants marins : la saison fraîche et sèche, saison de la "garua", caractérisée par des températures plus basses et de fréquentes brumes accompagne le passage du courant froid de Humboldt venu de l'antarctique.

Un autre courant froid, le courant de Cromwell, en provenance du Pacifique ouest, affleure sur les côtes occidentales de Fernandina et Isabela.

La saison chaude et pluvieuse est sous l'influence du courant chaud de Panama.

 

Galapagos current                                   Les courants océaniques tropicaux du Pacifique-est .

 Le très perturbateur et heureusement épisodique El Nino influence la température des eaux du Pacifique. Ses effets sont néfastes : le réchauffement des eaux provoque une saison des pluies prolongée, des inondations et empêche la remontée des eaux froides riches en nutriments, ce qui rompt la chaîne alimentaire des profondeurs vers la surface.

En 1983, un épisode d'El Nino a affecté la faune : 80% des manchots - Spheniscus mendiculus - sont morts, également 60% des iguanes marins furent touchés suite à la disparition des algues vertes du genre Ulva qui leur servent de nourriture. Un nouvel épisode en 1997-98 a causé la disparition de 90% des coraux encerclant les Galapagos.

Les Galapagos, étant confrontées au courant El Nino tous les deux à sept ans, sont et seront une région idéale pour étudier les réactions en matière de biodiversité versus les changements climatiques.


Des périodes de sécheresses, parfois désastreuses peuvent sévir pendant la période de La Nina, qui se place entre deux épisodes d'El Nino. Ainsi entre 1983 et 1985, on a relevé des variations de pluviométrie de 2.769 mm (83) à 63 mm (85).

 

411px-Galapagos_penguin_-Spheniscus_mendiculus-_-Isabela-Pu.jpgManchot des Galapagos - l'espèce de manchot qui vit la plus au nord ... sur l'équateur - photo Putneymark.

 

La variabilité interannuelle des pluies et l'existence d'une saison sèche permettent une différenciation du climat selon l'altitude ; on peut établir une zonation triple : la côte, la zone aride, les terres hautes, avec cependant des particularités selon les îles.

Le secteur côtier abrite des plantes résistantes au sel marin; la faune y est représentée par une grande variété d'insectes, mollusques, crustacés et invertébrés, et par les iguanes marins, qui plongent à la recherche d'algues pour s'alimenter. L'avifaune se compose des pingouins des Galapagos, des fous à pattes bleues, à pattes rouges et masqués, des frégates, des albatros, des pélicans des cormorans aptères, sans oublier les hérons, flamants et les fringilles.

 

frigate2---Gala.-islands-guided-tour.jpgFrégate mâle en parade nuptiale - Mars et avril sont les meilleurs mois pour les voir parader  -

photo Galapagos Islands Guided Tours.

 Plus à l'intérieur, hors de l'influence direct de l'air marin, une zone plus sèche de laves se caractérise par des températures pouvant atteindre les 30°C. La flore y est constituée principalement de cactus, et la faune de reptiles, d' iguanes terrestres, de couleuvres, d'araignées et scorpions, d'une multitude d'insectes différents ... et des fameux pinsons de Darwin.

Les terres plus élevées, où règne une température moindre et une humidité plus importante, voit se développer des lichens, des orchidées et des arbres et arbustes.

Sur Santa Cruz, qui atteint 860 m. d'altitude, une zone de forêt de brouillard à Scalesia est présente ; 15 espèces endémiques d'astéracées arborescentes s'y développent, bel exemple de radiation évolutive ayant conduit à l'apparition de végétaux arborescents à partir d'un ancêtre herbacé primordial et à l'occupation de la niche écologique vacante qui est celle des arbres dans les écosystèmes forestiers continentaux.

 

Scalesia pedunculata - ph.haplochromisSanta Cruz - zone à Scalesia pedunculata, la plus grande du genre avec des arbres mesurant jusqu'à 17 m. de haut - photo Haplochromis.

 

On ne peut quitter les Galapagos sans parler des reptiles ... selon Darwin, "ces îles sont un paradis pour tous les reptiliens" ( "The voyage of the Beagle " -1845).

Un clin d'oeil à Lonesome George, le dernier représentant de la sous-espèce Geochelone nigra abingdoni, une des onze sous-espèces endémiques de l'archipel. Agé d'au moins 60 ans, il lui reste une chance de perpétuer sa race avec un individu vivant au zoo de Prague.

 

800px-Lonesome_George_-Pinta_giant_tortoise_-Santa_Cruz----.jpg

Lonesome George, seul représentant de la sous-espèce abingdoni, vivant sur l'île de Pinta. - photo Putneymark.


Sources :

- Sur les traces de Darwin : les Galapagos - par Fr.Ramade, professeur émérite d'écologie et zoologie à l'université de Paris sud/ Orsay. - in revue L.A.V.E. n°141 de novembre 2009.

- Iconic tortoise George may not be last of his kind - ABC news

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

L'île Darwin est la plus septentrionale de l'archipel et ne doit pas être confondue avec le volcan du même nom, situé sur Isabela.  Elle est inhabitée, car son littoral bordé de falaises la rend difficile d'accès, ce qui en fait un paradis environnemental : elle est peuplée de diverses espèces d'oiseaux, dont des colonies de frégates, de fous à pieds rouges. Les fonds marins regorgent de poissons tropicaux, et d'iguanes marins, de tortues marines, de lions de mer, de baleines, de requins de toutes sortes, de dauphins.

 

Deux îlots rocheux sont situés au sud-est de l'île Darwin, dont l'un forme une arche naturelle, blanchie par le guano, "l'arche de Darwin".

 

Darwins_Arch-_Galapagos---refractor.jpg                                   Darwins arch - photos refarctor/ wikipedia.


23puntaespinosa.jpg

                      Iguane marin - Amblyrhynchus cristatus - photo Galapagos N.P.

 

Ce reptile semble sortir tout droit de la préhistoire ... c'est presque le cas, puisque cette espèce a environ 9 millions d'années. Ses ancêtres étaient terrestres et habitants de l'Amérique du sud; cette espèce d'iguane des Galapagos est devenue "marine" un peu forcée par son implantation sur l'archipel. Sa couleur sombre lui permet un réchauffement rapide; la queue, qui lui fait la moitié de sa longueur, est un organe puissant de propulsion; il élimine le sel ingurgité à l'aide de sa glande à sel nasale.

L'espèce est classée en annexe 2 de la CITES et pourrait être en danger d'extinction, car il se nourrit d'algues, touchées par les épisodes d' El Niño.

 

   

L'île Darwin fut nommée en l'honneur de Charles Darwin.

Darwin fut le premier à effectuer une étude scientifique de l'archipel en 1835, lors de son voyage de cinq ans autour du monde à bord de l'HMS Beagle, commandé par le capitaine FitzRoy. Bien qu'il ait passé beaucoup de temps en d'autres endroits, Darwin a toujours maintenu que ce sont les Galapagos qui furent la source de ses idées et de ses recherches.

 

darwin-map1-281x300Le parcours de Darwin aux Galapagos en 1835. - les îles sont répertoriées selon leur nom anglais.

 

Charles_Darwin_by_G._Richmond-1809-1896-wiki.jpgCharles Robert Darwin (12 février 1809 - 19 avril 1882) est un naturaliste anglais dont les travaux sur l'évolution des espèces vivantes ont révolutionné la biologie.

Portrait de Darwin jeune par Georges Richmond (1809-1896)

 

Célèbre au sein de la communauté scientifique de son époque pour son travail sur le terrain et ses recherches en géologie, il a formulé l'hypothèse selon laquelle toutes les espèces vivantes ont évolué au cours du temps à partir d'un seul ou quelques ancêtres communs grâce au processus connu sous le nom de « sélection naturelle ».

Darwin a vu de son vivant la théorie de l'évolution acceptée par la communauté scientifique et le grand public, alors que sa théorie sur la sélection naturelle a dû attendre les années 1930 pour être généralement considérée comme l'explication essentielle du processus d'évolution. Au 21° siècle, elle constitue en effet la base de la théorie moderne de l'évolution. Sous une forme modifiée, la découverte scientifique de Darwin reste le fondement de la biologie, car elle explique de façon logique et unifiée la diversité de la vie. (Wikipédia)

 

L’un des exemples les plus célèbres de Darwin est un groupe d’oiseaux propres à l’archipel des Galápagos, les fameux « pinsons de Darwin ». Il en existe une douzaine d’espèces différentes, qui diffèrent par leur taille, par la forme de leur bec et par leur alimentation.

 

pinsons_galapagos-545x427.jpg                                Merci à A. Gallien - extrait de la Banque de schémas SVT

 

A son retour de voyage, Darwin, présente les pinsons capturés à la Société Géologique de Londres. N'étant pas un spécialiste, c'est John Gould, célèbre ornithologue, qui se charge de l'identification des spécimens. Il conclut qu'il s'agit d'un cas rare d'espèces appartenant toutes à un même groupe malgré des différences morphologiques. En comparant l'origine géographique des spécimens, Darwin prend conscience que l'origine diffère et conclut que l'isolement géographique a pu mener à la formation d'espèces distinctes à partir d'ancêtres communs, en provenance du continent sud-américain. Les descendants des premiers arrivants s’étaient dispersés dans les îles et avaient évolué en fonction de leur environnement, se partageant les ressources disponibles. C'est ainsi que certains sont devenus mangeurs de graines, d'autres ont trouvé leur pitance en chassant des insectes; le bec, outil de prédation, a évolué en fonction du besoin.

 

abd.jpg Adaptation de la forme du bec au type de nourriture et à l'environnement - doc. Encyclopedia Britannica.


Après Darwin, les zoologistes ont utilisé les caractéristiques anatomiques des différents pinsons pour reconstituer leur arbre « phylogénétique ». Les progrès de la biologie moléculaire, dans les cinquante dernières années, ont permis de comparer les gènes de ces oiseaux et de construire un «  arbre génétique » qui a pleinement confirmé l’arbre anatomique.  

Poussant plus loin leurs recherches, les zoologistes ont mesuré les individus d’une des espèces pendant plusieurs dizaines d’années et ont observé des variations liées au climat. En effet, en période de sécheresse, les plantes à grosses graines survivent mieux que les autres. Les oiseaux à gros bec, capables de consommer ces graines, ont alors été avantagés par rapport à leurs congénères à bec plus petit. L’espèce entière a alors évolué vers des formes à bec plus gros.  

 Le gène mis en cause dans cette différenciation a été repéré par les scientifiques : il s’agit d’un gène qui agit sur le développement de la mâchoire de l’oiseau, au cours de sa vie embryonnaire.

 

Autre oiseau sympathique des Galapagos, le fou à pieds bleus - Sula nebouxii.

 D'après Buffon, on les appelle "fous" parce qu'il se laissent prendre à la main lors de leur repos nocturne.

L'archipel concentre plus de la moitié de la population nicheuse mondiale. La parade qui précède la reproduction est intéressante : le mâle entreprend un tour de son territoire   suivi d'un atterrissage enlevé où il exhibe de façon exagérée ses belles palmures bleues. A terre, le mâle continue sa démonstration, montre ses pieds bleus dans un pas de l'oie appuyé et offre à la femelle des fragments de matériaux. L'accouplement ne peut avoir lieu sans que ne soit achevée la troisième phase de la parade appelée "parade en vis a vis" , où les deux partenaires se tiennent face à face, chaque oiseau pointant le bec vers le ciel et tournant les ailes de façon à en présenter le dessus, poignet pointé vers l'avant. Le mâle pousse alors un sifflement strident auquel la femelle répond en émettant des grognements.

 

galapagos-439.jpgIl a " la Rock'n roll attitude ", mais chante "my blue suede shoes" moins bien qu'Elvis - seconde phase de la parade chez les fous à pattes bleues - © Tiffany Mestdagh 

 

vidéo sur la vie des "pirates des mers" ... les frégates.

 

-
Sources :
- Futura-sciences / Le Darwinisme : une théorie bien vivante - par JB. De Panafieu - lien
- Blue-footed booby - Birdlife international

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Santiago---Lee-Siebert.jpg

                              L'île-volcan Santiago - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

La vue de James Bay découvre la crête ourlée de cônes pyroclastiques qui ont donné des coulées qui couvrent les flancs du volcan.

 

L'île Santiago, aussi appelée île San Salvador ou île James, est un volcan-bouclier allongé. Haut de 920 mètres, ce volcan comporte, côté nord-ouest, une crête sommitale, avec une chaîne de spatter et cinder cones. Les côtes est et ouest sont flanquées de cônes de tuf proéminents.

L'activité récente est matérialisée par des coulées de lave pahoehoe aux extrémités de l'île, à James et Sullivan Bay. Les coulées de James Bay furent datées par des fragments de pots de marmelade abandonnés par des boucaniers en 1684 et recouvert par la lave.

 

Santiago-lave-pahoehoe---Lee-Soebert.jpg                       Coulée lobée de lave pahoehoe - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

 

Santiago Cabo Cowan tuff cone - Lee Siebert smithso.

A la pointe nord-ouest de Santiago, Cabo Cowan est un cône de tuff produit par une éruption sous-marine, haut de 284 m. et érodé par la mer, qui a tronqué ses flancs, pour former une falaise qui en expose l'intérieur.  - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

 

Une petite île désolée et garnie seulement de quelques plantes, située en face de Sullivan Bay, est pourtant une des plus visitée et photographiée : l'île Bartolomé.

Ce volcan éteint présente une palette de couleur allant du rouge à l'orange, avec du noir brillant et quelques taches vertes.

 

Bartoleme_Island---Pete-USA-wiki.jpgBartolomé et Pinnacle rock, à droite - en arrière-plan, Santiago et Sullivan Bay - photo PeteUSA / wiki.


La structure la plus connue est Pinnacle Rock : cette aiguille dressée à la verticale est le vestige d'un ancien cône de tuf, formé lors de la rencontre du magma et de la mer lors d'une éruption phréatomagmatique. Pour l'anecdote, cette figure de proue fut la cible d'entraînement des navires de guerre de la marine américaine durant la seconde guerre mondiale.

Pinnacle Rock est situé en bordure d'une des deux baies, ourlées par des plages de sable organique clair qui contrastent avec la couleur sombre des laves; elles sont séparées par un cordon de dunes végétalisées.

 

www-mountainsoftravelphotos-com Galapagos Islands Day 6 sli                        Pinnacle Rock - mountainsofttravelphotos.com


galapagos_bartolome_23.jpg

 

Spatter cones et tunnels de lave composent un paysage lunaire sur le dessus de l'île. Une curiosité : un spatter cone, érodé par le Pacifique, ne présente plus qu'un cratère à peine affleurant au niveau de la mer.


 

bartholomewislandislabartolome26.jpg              Bartolomé , Spatter cones en série - photo Bartholomeuw island.

 

Quand ces îles volcaniques sont sorties de la mer, elles ne possédaient aucune vie ni animale, ni végétale. Etant donné l'éloignement par rapport au continent, la colonisation végétale s'est faite très lentement et difficilement ... peu d'espèces sont capables de s'adapter à un tel environnement. On a dénombré 412 espèces natives, dont 170 endémiques.

Parmi des dernières, on rencontre sur Bartolomé la Tiquilla nesiotica, une borraginacée, et le cactus de lave, Brachycereus nesioticus, tous deux capables de résister à la sécheresse. Le cactus de lave, aux jeunes pousses rousses devenant brunes puis grises avec l'âge, est souvent la première plante à coloniser une coulée de lave récente.

 

 

plantes-pionnieres-Bartolome.jpg              Bartolomé - pentes colonisées par Tiquilla nesiotica - Photo Bartholomew island.

Brachycereus_nesioticus---lava-cactus---ph.Haplochromis.jpg

        Bartolomé  - Brachycereus nesioticus, le cactus de lave pionnier - photo Haplochromis.

   

Santa Cruz est une île ovale, large de 32 km. sur 40, couronnée de jeunes cratères-puits : Los Gemelos (les jumeaux) et Media Luna, plus difficile d'accès , et de cinder cones.

 

Cerro dragon - putneymark                           Santa Cruz - le Cerro Dragon - photo Putneymark.

 

Santa-Cruz---pit-crater----Lee-Siebert.jpgSanta Cruz - pit crater - l'échelle est donnée par le personnage à droite - photo Lee Siebert / Smithsonian inst.

Des cônes de scories sont groupés le long d'une ceinture parallèle aux failles bordant Academy Bay.

D'anciennes coulées de lave sous-marines soulevées hors des eaux sont visibles au nord-est de l'île, tandis que de jeunes coulées provenant d'évents situés sur une fissure sommitale et sur les flancs nord, présentent une morphologie récente et faiblement végétalisée.

 

el_mirador_de_los_tuneles_foto_03.jpg                Santa Cruz, tunnel de lave - photo Direccion del P.N.Galapagos

Santa Cruz compte aussi trente cinq tunnels de lave, sur la cinquantaine répertoriée dans l'archipel; localisés sur la propriété foncière de Steve Devine, dans la zone agricole de Santa Rosa, les plus grands tunnels de lave ont été explorés par les vulcano-spéléologues.

La Cueva del Cascajo, le tunnel le plus long atteint un peu plus de 3.000 mètres, le Cueva de Elena mesure 677 m. avec un plafond à 10 m. dans ses parties hautes.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Santa Cruz

- Contribution to the vulcanospeleology of the Galapagos islands - lien

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Cerro-azul---2003-P.Ramon-IGEPN.jpg

              Le sommet et la caldeira du Cerro Azul - photo 2003 de Patricio Ramon / IGEPN.

 

Situé à l’extrême sud d'Isabela, l’île en forme d’hippocampe, ce volcan-bouclier est un des plus actifs de l’archipel. Haut de 1.640 m., il en est aussi le deuxième plus haut sommet.

Une caldeira aux parois escarpées surmonte la structure ; de petit diamètre, 4 km. sur 5, elle est la plus profonde avec 650 m. Une terrasse bien en évidence occupe le côté ouest et sud-ouest de la caldeira et témoigne de plusieurs effondrements différents. De jeunes coulées de lave couvrent une partie du plancher caldérique, qui abrite aussi de petits lacs temporaires. Côté est, un cône de tuf proéminent met en évidence l’existence d’hydrovolcanisme épisodique.

 

Cerro-Azul-caldera---Tom-Simkin-copie.jpg

La caldeira du Cerro Azul - la terrasse et le tuff cone, temporairement à sec - Photo Tom Simkin.

 

De nombreux spatter cones ponctuent les flancs ouest du Cerro Azul et des coulées de lave, issues de fissures en circonférence descendent les flancs orientés au nord.

 

Cerro-azul---1998-M.Lang-Smithsonian.jpgCerro Azul, la caldeira avec sa terrasse, ses lacs et les coulées de lave.- photo M.Lang /Smithsonian 1998.

CerroCaldera Gla Geology on web                            Cerro Azul - la vue opposée - photo Galapagos Geology on web.


Bien que les éruptions historiques ne soient enregistrées que depuis 1932,  de nombreuses éruptions ont marqué le volcan : une dizaine entre 932 et 1998, une moyenne d’une tous les 6,6 années.


L’éruption de 1998 concerne deux évents intra-caldeira et un évent du flanc sud-est entre 630 et 680 m. ; de VEI =1 , elle a cependant produit un volume de laves important, estimé à 110 millions de mètres-cube.

Durant les cinq semaines qu’a duré l’éruption, la composition des laves a changé notablement ; le taux de MgO des laves émises sur les flancs varie entre 6,3 et 14,1 %. La composition cristalline et isotopique des laves émises initialement montrent qu’elles proviennent du mélange entre un magma récent et des restes de magma de l’éruption de 1979. Les laves émises ultérieurement et les laves intra-caldériques furent produites par un magma récent incorporant des xénocristaux d’olivine et de clinopyroxène.           

 

El volcán Cerro Azul, de Galápagos, en erupción

 

L’éruption de 1998 a été observé en temps réel grâce au satellite géostationnaire environnemental GOES-8 du NOAA.  Elle a débutée le 15 septembre après-midi ; des fontaines de lave et des coulées concernent au moins deux endroits d’émission : le premier situé sur une fissure radiale située à 630 m. de hauteur sur le flanc sud-est du Cerro Azul. Les fontaines de lave montant à 120 mètres de hauteur ont construit un cône de 50 m. de haut et 500 m. de diamètre, qui a émis deux coulées de lave majeures, la plus longue estimée à 10-12 km. le 30 septembre, avançant assez rapidement : 100 m./heure.

_44723591_cerroaxul---1998-AP.jpg
                                   Cerro Azul , Coulées de lave 1998 - doc. Associeted Press.
Le second site est situé dans la caldeira et sur son rebord, avec émission en direction de la terrasse interne et construction d’un cône de 25 m. de haut. Début octobre, l’activité cesse dans la caldeira mais se poursuit  vigoureusement sur le flanc sud jusqu’à mi-octobre.

interferometrie--InSar---GVP.jpgSatellite radar interferometry (InSAR) maps showing line-of-sight (LOS) ground displacements in centimeters for Fernandina and Isabela islands. For Cerro Azul (and the volcanoes Darwin, Alcedo, and Sierra Negra) the InSAR data covered 6.4 years, 1992-1998.
CerroAzulEruption - Galapagos Geology on web
                  Cerro Azul, éruption 2008 : les cônes de scories - photo Galapagos Geology on web.

Dernière éruption en mai-juin 2008 :
Cerro Azul - 01.06.2008 IGEPNLa première phase éruptive, du 29 mai au 1 juin, concerne le flanc sud-est et la caldeira sommitale; les fissures sont orientées tant tangentiellement que radialement  et émettent des coulées larges de 2 à 3 km. qui descendent sur de longues distances, jusqu'à 10 km.
Photo IGEPN 01.06.2008

Le seconde phase dure 9 jours, du 3 au 11 juin. Les laves proviennent cette fois d'une fissure située à une altitude plus basse orientée radialement; elles s'étalent pour former un champ de lave, étant donné le terrain plus plat.
Cerro-azul-2008-.06.02.jpg      Cerro Azul - photo des coulées de la première phase éruptive le 2 juin 2008. - photo IGEPN
Sources :
- Global Volcanism Program - Cerro Azul
- Petrology and geochemistry of volcan Cerro Azul - by T.Naumann, D.Geist et M.Kurz. - lien
- GOES satellite and field observations of the 1998 eruption of Cerro Azul - by P.J.Mouginis & al. - lien

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Bien qu’étant la plus grande structure d’Isabela, le Sierra Negra, haut de 1.124 mètres et allongé selon un axe nord-est, a des pentes faibles, atteignant à peine 5° et diminuant à 2° à proximité de la côte.

 

Volcan_sierra_negra---ofbarea.jpgPanorama sur la caldeira de Sierra Negra ... on comprend mieux son nom : "la montagne noire" - photo Ofbeara / wikipedia.


Ce volcan-bouclier est surmonté de la plus grande caldeira des Galapagos : 7 km. sur 10,5, peu profonde. Une dorsale sinueuse longue de 14 km. axée N-S occupe la partie ouest du plancher caldérique. Le volcàn de Azufre, la plus grande zone de fumerolles des Galapagos, est située dans un graben, compris entre cette dorsale et les parois de la caldeira.

 

S-Negr-Azufre6.jpg                         Sierra Negra - Volcan de Azufre - photo auteur non référencé.

 

Azufre--fumerolles---GabeD.jpg                  Volcan de Azufre -  Events fumerolliens soufrés  -  Photo GabeD/flickr


Des spatter et cinder cones sont situés sur ses flancs, le long d’un système de rift disposé ENE ; des cônes de tuf bordent la côte, formant des îlots.

Des coulées de lave de l’éruption de 1979 se sont répandues au départ d’évents, situés sur une fissure en arc parallèle à la paroi de la caldeira, sur les flancs supérieurs nord.

En 2005, une éruption débuta le 22 octobre vers 17 h. développant des fontaines de lave hautes de 200-300 m. et un panache qui est monté à 15.000 mètres. Cette éruption fissurale marquait la fracture est-ouest et développa de nombreuses coulées qui finirent par se rejoindre en une seule coulée « aa » de 1.000 mètres de large et 7.000 m. de long qui a rejoint la paroi opposée de la caldeira avant d’être dérivée vers l’ouest.. Quelques coulées de moindre importance furent externe à la caldeira, descendant le flanc nord.

L'éruption ne dura que 8 jours, mais produisit une grande quantité de laves : 150 millions de m³, et fut catégorisée de VEI 3.

En dépit d'une surveillance par interférométrie radar et GPS, et une gonflement du plancher de la caldeira depuis 1992 d'environ 5 mètres, aucun signal de déformation préalable à cette éruption ne fut détécté. Une déflation fut remarquée durant l'éruption, avec une baisse du niveau central de la caldeira de 2,4 m. ; le taux de déflation, rapide les deux premiers jours dé l'éruption , a ensuite diminué jusqu'au 30 octobre, date à laquelle l'inflation a repris.

 

InSAR-Galapagos-18.jpg

Reconstitution d'interférogrammes pour expliquer les déformations et les phases de l'éruption de 2005 - doc. Nasa.2007/2009


Le déroulement de l'éruption peut se faire schématiquement comme suit - selon les interférogrammes et l'analyse des laves - : l'absence de signaux de déformation avant-coureurs indique que le dyke nourricier qui a nourri la fissure éruptive ne s'est propagé que dans les derniers moments avant l'éruption (image interférogramme 6)

Des flots de lave clastigéniques furent émis plus vers l'extérieur  de la caldeira; après trois jours, ils furent suivis de coulées de lave, d'abord sur la banquette, puis dans la caldeira,  qui alimentèrent un lac de lave temporaire s'écoulant par des canaux, ce qui permis une progression lointaine des coulées (images interférogrammes 8-9-10 et schémas ci-dessous).

SNEruption-D.jpg    SNEruption D 2                  

 

                                      Schémas de Dennis Geist - 2005 eruption of Sierra Negra

 

 

Le "Volcan Chico", ainsi baptisé par la population locale, n'est pourtant qu'une simple fissure du volcan Sierra Negra, située sur la partie extérieure de son flanc nord. Ici se sont produites trois éruptions depuis le début du 20° siècle : 1953-54, 1963 et 1979-80.

 

Sierra_Negra_Volcano---M.R.Perry.jpg                        Sierra Negra - la fissure éruptive Volcan Chico - photo M.R.Perry


Les flancs sud et sud-est du volcan constituent un habitat favorable pour la tortue géante Geochelone nigra, qui possède une carapace ensellée.

Treize sous-espèces de tortues terrestres endémiques aux Galapagos ont été répertoriées; la sous-espèce caractéristique de Sierra Negra est "guntheri". De poids moyen de 220 kg. pour une longueur de 1,2 m., la Geochelone nigra a une espérance de vie de 150 à 200 ans.

 

Tortue_geante---cereales-killer-wiki.jpg

                                             Geochelone nigra - photo ©éréales Kille®

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Sierra Negra

- The 2005 eruption of Sierra Negra volcano, Galápagos, Ecuador - by Dennis J. Geist & al. - lien

- Rapport de l'IGEPN sur l'éruption 2005 - lien

- Galapagos Travel / Isabela - lien

- Geochelone nigra gallery - lien

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 DarwinShuttle

  Vus du Space shuttle, le volcan Darwin et ses deux tuff cone côtiers - doc. Nasa

Darwin - àG Ecuador -à D Wolf - P.Ramon 2003 IGEPN

La caldeira du Darwin, avec sa terrasse sud-ouest; à droite, le volcan-bouclier Wolf et à gauche, une portion de l'Ecuador - photo Patricio Ramon / IGEPN

 

Le volcan Darwin, baptisé du nom du célèbre naturaliste, est un volcan-bouclier coiffé d’une caldeira de 5 km. de diamètre et 200 mètres de profondeur, couverte de jeunes coulées de lave.

Une terrasse occupe une partie sud-ouest de la caldeira.

L’activité sommitale la plus récente a produit des coulées de lave intra-caldeira à partir des évents situés côté est de la caldeira et sur les rives nord-est et sud-est.

Les flancs du volcan sont couverts de laves « aa » ; de nombreuses coulées débutent sous forme « pahoehoe » pour se convertir en laves « aa »  lorqu’elles descendent des pentes raides …et caractérisent ainsi les pentes raides des volcans de l’ouest de l’archipel.

Des fissures radiales descendent les flancs du volcan ; l’une d’entre elle atteint sa base au sud-ouest et coupe le cône de tuf Tagus. Sur la fissure, s’est établie une chaine de petits cônes de scories et de spatter cones.

 

Darwin spatter cones - Lee SiebertSpatter cones établis sur la fissure de flanc du Darwin - photo Lee Siebert / Smithsonian


Deux cônes de tuf littoraux, appelés Tagus et Beagle cone, furent formés lors d’éruption phréatomagmatiques qui ont produit, lors de ces processus extrêmement explosifs, de la palagonite dont ces structures sont composées. Le cône de tuf Tagus abrite quatre cratères nichés, le plus récent d’entre eux étant occupé par un petit lac salé.

Les deux cônes sont entourés de coulées de lave produites au niveau de fissures de flancs du Darwin.

Ces deux cônes sont ouvert vers la mer et furent fréquentés tant par l’expédition Darwin, que par les baleiniers qui venaient y faire provision de vivres, et y tuèrent de nombreuses tortues.

 

darwin volcano ecuador photo us air force

Les deux tuff cones côtiers : le Tagus et ses cratères nichés, à gauche - à droite, le Beagle, qui porte le nom du navire qui emmena Darwin aux îles Galapagos (2°expédition du Beagle de 1831 à 1836).


Darwin - Tagus cone

Tagus tuff  cone - le plus petit des cratères du Tagus est occupé par un lac salé - au loin, la silhouette du Cerro Azul, situé à l'extrême sud de l'île d'Isabela.

 

L'Alcedo est le plus petit volcan d'Isabela. Il est bien végétalisé tant sur ses flancs qu'au niveau de sa caldeira; seuls de jeunes coulées de lave ressortent au niveau de sa jonction avec le Darwin voisin. Des failles récentes ont creusé un fossé autour d'une partie de la caldeira.

 

Alcedo---au-fond-Darwin---Wolf---P.Ramon-2005-IGEPN.jpgLa caldeira et les flancs végétalisés de l'Alcedo, où l'on distingue le fossé et les fumerolles - au loin, les volcans Darwin et Wolf situés plus au nord - photo Patricio Ramon / IGEPN.


 

C'est le seul volcan connu des Galapagos à avoir produit des laves tant rhyolitiques que basaltiques : à la fin du Pléistocène (100.000 ans environ), il a érupté un kilomètre-cube de téphra rhyolitique et des coulées de lave aux dépens de plusieurs évents, avant de retourner vers un dynamisme basaltique.

La production rhyolitique a été favorisée par une diminution de l'apport en magma basaltique quand le volcan Alcedo ne fut plus au foucus du point chaud des Galapagos. (Denis Geist - Journal of Petrology).

L'activité fumerollienne est sous le contrôle d'une faille en bordure de caldeira, contenant pas moins de sept cratère d'explosion hydrothermale, et par un évent rhyolitique intra-caldeira; la température de décharge est de 97°C, les gaz sulfureux sont dominés par la présence d'H2S. On estime la température du réservoir à 260-320°C, et le temps de stationnement des eaux, météoriques, dans ce réservoir à 400 ans.

 
     

Volcan-Alcedo---Galapagos---P.Oxford.jpgDes tortues géantes fréquentent le cratère de l'Alcedo, abritant diverses fumerolles - photo Pete Oxford.

 

En descendant toujours plus au sud de l'île d'Isabela, Punta Moreno est un endroit où les forces de la nature se sont jointes pour créer de l’art brut : des rochers en bord de mer abritent des colonies d’oiseaux pélagiques et de pingouins des Galapagos. Plus loin, ce sont des champs de lave ponctués de mares végétalisées, entourées de zones de mangroves où nichent les pélicans bruns, où se nourrissent des flamants roses, des hérons bleus, ou quelques tortues vertes.

 

 

03puntamoreno-laves-cordees.jpg

Punta Moreno - une coulée pahoehoe cordée colonisée par la végétation - photo OceansArt.US

12puntamoreno cactus pioniers

Punta Moreno - des cactus pionniers se sont installés sur les coulées de lave - photo OceansArt.US

Punta Morano fous pieds bleus Rochers et coulées sont blanchis par le guano d'une colonie de fous à pieds bleus - photo OceansArt.US


Au pied du volcan Alcedo, au sud du cône de tuf Tagus, Urbina Bay fut le siège d’un brutal soulèvement en 1954 : une intrusion de matériaux fondus sous la surface releva environ 1.200 m² de plancher marin de plus de 4 mètres, fit apparaître un récif corallien au-dessus du niveau des eaux et agrandit d’autant la surface de l’île. On retrouva des squelettes de requins, de tortues marines et de crustacés incapables de regagner la mer suite à cet évènement brutal.

On y observe quantité d’iguanes terrestres et marins, qui ont fait surnommer la zone : « iguana land ».

 

Iguane-terrestre---Urbina-bay.jpgUrbina Bay - Iguane terrestre - photo Roubicek/Mark Rowland.

 

Fat_Marine_Iguana_opens_wide----Eric-Chan.jpg                 Un iguane marin manifeste sa réprobation - photo Eric Chan

 

Suite des articles sur les Galapagos dès le 2 janvier ...

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Darwin

- Global Volcanism Program - Alcedo

- Contrasting hydrothermal activity at Sierre Negra and Alcedo volcanoes, Galapagos archipelago - by Goff Fraser & al.

- The generation of oceanic rhyolites by crystal fractionation : the basalt-rhyolite associationat volcan Alcedo - by Dennis Geist & al. - Journal of Petrology.

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog