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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les îles formant la Nouvelle-Zélande se sont développées à partir du Gondwana, le proto-continent austral ; Une datation radiométrique des roches Néo-zélandaise fait remonter les plus anciennes à 500 millions d’années.


L’histoire géologique de la Nouvelle-Zélande peut se subdiviser en trois principales périodes de sédimentation et trois périodes orogéniques.


De 545 à 370 Ma : du Cambrien au Dévonien, la première phase de sédimentation : les roches les plus anciennes sont localisées sur la côte ouest de l’île du sud.


De 370 à 330 Ma : De la fin du Dévonien au Carbonifère, l’orogenèse Tuhua :une période de pression et d’élévation marque la fin de la longue période de sédimentation. Les sédiments marins sont poussés vers le haut, et mélangés entre eux pour former des montagnes. Sous l’action combinée de la pression et de la chaleur, les roches sont changées pour former de nouveaux minéraux ; par ex. les calcaires évoluent en schistes, des intrusions plutoniques forment des granites et des diorites. Cette activité s’est produite le long de l’ancienne côte du Gondwana, longtemps avant l’existence de la Nouvelle-Zélande.


De 330 à 142 Ma : du Carbonifère au Jurassique, le géosynclinal Néo-Zélandais. Durant cette période, d’énormes quantités de sédiments se sont accumulées, avec une extension nord en direction de la Nouvelle-Calédonie, et vers le sud bien plus loin que l’actuelle île du sud, formant le soubassement de la Nouvelle-Zélande. Sur l’île du nord, le géosynclinal de Nouvelle-Zélande forme les plus anciennes roches : Le groupe Torlesse, principalement composé de grauwache avec peu de fossiles, et le groupe Murihiku, riche en fossiles et en débris volcaniques. Ce dernier groupe représente la majorité de la plate-forme continentale.

 

triassique-200-Ma.gif

De 142 à 99 Ma, durant le début du Crétacé, l’orogenèse Rangitata. Cette orogenèse à déformé les sédiments déjà déposés ; des roches du plancher marin peuvent être vues à Dun mountain, West dome et Red hills  dans la région de Nelson, sur South island.


De 99 à 24 Ma, du Crétacé à l’oligocène. Une longue période d’érosion des montagnes formées par la précédente orogenèse en a réduit la hauteur et formé une pénéplaine. Il y a 85 Ma, le rifting, qui a séparé le Nouvelle-Zélande du reste du Gondwana, a créé un nouveau plancher océanique et la mer de Tasmanie. Ce mouvement de bloc continental a débouché à l’oligocène (35 Ma) par la submersion de la région ; des dépôts calcaires et fossilifères se sont formés. A la fin de cette période, un nouveau rift s’est formé entre l’Australie et l’Antarctique et l’extension du plancher océanique continue encore.


De 24Ma à la période moderne : du Miocène au Quaternaire : l’orogenèse Kaikoura. La nouvelle dorsale océanique entre l’Australie et l’antarctique est à la base de tensions dans la croûte du sud-ouest du Pacifique, avec des mouvements de failles ; de ces phénomènes, résultent un soulèvement et la production de la chaîne Alpine et son front escarpé ouest, la faille Alpine (Alpine fault) ; entre 23 et 1 Ma, le côté ouest de la faille alpine s’est déplacé vers le nord, par rapport à son côté est, avec un ratio de 1 à 10 cm. par an :  résultat, un déplacement de 450 km. L’activité tectonique a continué depuis 10 Ma jusqu’à la période moderne, avec la formation des chaînes montagneuses.

 

Résumé des 65 derniers Ma - GNS science's channel :

 



L’actuelle Nouvelle-Zélande est renommée  comme un monde géologiquement actif, avec de hautes montagnes, de fréquents séismes, des zones hydrothermales et des volcans actifs. Tout ceci est du à la position du pays à la frontière des plaques Australienne et Pacifique. La subduction de la plaque Pacifique sous la plaque Australienne est responsable du volcanisme dans l’île du nord, volcanisme qui a démarré au début du Miocène, a migré vers le sud jusqu’à atteindre son actuelle position : la zone volcanique de Taupo. Les zones de subduction sont définies par des fosses au nord et au sud, et par la faille Alpine qui met ces deux zones en connection.

 

tectonique-de-NZ.jpgLe contexte tectonique de la Nouvelle-Zélande ; les plaques Pacifique et Indo-Australienne par rapport à la plaqque Antarctique. Doc. volcano.oregonstate.edu 

 

NZ_faults_--Mikenorton.pngLa zone de subduction en rouge, les failles en noir - les vitesses de déplacement relatif de la Plaque Pacifique en jaune.

 

Le volcanisme est surtout présent sur North Island et en mer, au nord de celle-ci :

 

jb-fig1.gif                      North Island et la position des principales structures volcaniques

 

Sources :

- The geological history of New Zealand - univ. of Waikato

- A geological overvieuw of New Zealand - Earlham college.

-Kermadec arc-New Zealand tectonic confluence- Univ.California

- GNS Science's channel .

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

800px-Anse_Cocos-La_Digue-Seychelles---Toby87.jpg  Seychelles - La Digue - plage d'Anse Cocos, affleurements granitiques - photo Toby 87.

 

 

Le plateau des Seyhelles :

Le cas de l'archipel des Seychelles, 115 îles et îlots, est très particulier : les îles qui forment le coeur de cet ensemble - Mahé, Praslin, La Digue - sont de type "micro-continent" ; leur soubassement est de type granitique, dont on voit de beaux affleurements à la plage Anse Source d'Argent dans l'île de La Digue. D'autres îles sont de type "corallien", comme Aldabra.

 

Plateau-Seychelles.jpg

Légende : 1. en noir, les îles - 2. en blanc (peu visible) isobathe de 50 m. - 3. isobathe de 1.000 m.- 4. isobathe de 2.000 m.  A noter : les isobathes de 1.000 et 2.000 m sot très proches, attestant de la structure en plateau entourée de fosses marines. - Doc. Evolution des îles coralliennes 1991.


Il y a deux millions d'années,les continents qui forment l'actuel hémisphère sud formaient le super-continent Gondwana. A son éclatement, sur son côté est, le Gondwana se fragmente en un nombre important de blocs continentaux de taille intermédiaire, comme Madagascar, et de micro-continents, tel que les Seychelles.

 

Ocean-indien-Google-copie.jpg

                Topographie des îles de l'Océan Indien - d'après Google Earth.

 

Des datations isotopiques de roches magmatiques des Seychelles et des ensembles qui étaient voisins au sein du Gondwana mettent en évidence l'existence de sept événements magmatiques majeurs, liés à quatre phases de rifting qui se sont produites pendant la fragmentation du Gondwana.

Deux phases de magmatisme granitique lié au rifting d'âge Précambrien supérieur sont enregistrées sur Mahé entre ~71 et 680 Ma, suivies par les granites de Praslin-La Digue-Félicité vers 665 Ma, puis par des dykes basiques qui ont recoupé ces granites vers 620 Ma.

Au cours du Jurassique inférieur, vers 190 Ma, le volcanisme basaltique effusif du Karroo et ses équivalents pourraient être représentés par des lits de cendres dévitrifiées.

Au cours du Crétacé et du Tertiaire, divers événements magmatiques sont représentés, qui se sont produits vers:  

- 1. not, vert, similar135 Ma: dykes basiques, équivalents dans le temps des volcanismes de Lebombo (Afrique du Sud) et Movene (Mozambique) liés au point chaud de Marion.   

- 2.  not, vert, similar124-113 Ma: intercalations magmatiques peut-être synchrones du développement supposé du volcanisme de Saya de Mahla à partir du point chaud de Marion   

- 3.  not, vert, similar82–?65 Ma: basaltes tholéiitiques représentant la formation du complexe de la dorsale d'Amirante.

- 4.  not, vert, similar70-60 Ma: représentant l'événement du Deccan et subdivisé en pré-Deccan tholéiitique (not, vert, similar70-68 Ma), Deccan principal basique (not, vert, similar68-63 Ma) et post-Deccan acide (not, vert, similar63-60 Ma)

- 5. not, vert, similar47 Ma: basaltes mis en place au cours de la dérive du bloc Seychelles-Mascareignes alors que le point chaud Deccan-Réunion se trouvait à Saya de Malha.

 

D'autre part, les volcanismes acides de la côte nord orientale de Madagascar et de la partie offshore de la côte occidentale de l'Inde sont apparemment à relier au début (not, vert, similar96 Ma) et à la fin (not, vert, similar84 Ma) du rifting entre Seychelles-Inde et Madagascar.

 

Seychelles-1.jpg                   Les Seychelles sont surtout connues pour leurs paysages paradisiaques.

 

Un peu d'histoire :

Les Seychelles étaient des îles inhabitées découvertes par les Portugais en 1502. Repaires de pirates au XVII ème siècle, colonisées par la France en 1756 elles sont nommées du nom du ministre des finances de l'époque, Jean Maureau de Séchelles. Elles deviennent anglaises en 1814.
La République des Seychelles est née le 29 juin1976 avec l'indépendance. James Mancham élu président de la République. Un coup d'état en 1977 instaure un régime "socialiste". Tentative avortée de coup d'état en 1981 par une poignée de mercenaires pour le compte de Mancham.
Les Seychelles restent membres du Commonwealth. Le parti actuellement au pouvoir est le SPPF (Seychelles People's Progressive Front, socialiste). Le président depuis 2004 est James Michel.

 

Le banc submergé Saya de Malha :

Ces bancs, ou récifs, de la taille de la Belgique, furent formés, il y a 35 millions d'années, par le point chaud de La Réunion; il sont composés d'un socle basal de nature basaltique recouvert de calcaire, vestige d'un récif corallien.

 

785px-Saya_map1lg.PNG         Bancs basaltiques de Saya de Malha - profondeurs d'immersion en mètres.

 

1148.jpg                                   Doc IPGP / Formation du pont chaud de La Réunion.


Après son passage sur le point chaud de la Réunion, la dérive de l’Inde vers le nord continue, laissant derrière elle le bloc continental des Seychelles avec le pendant immergé des Trapps du Deccan, le banc basaltique de Saya de Malha, dont l’âge a été déterminé également à 64 millions d’années, l’âge de la naissance du point chaud (White and McKenzie, 1989).

Il y a des millions d'années, ces bancs étaient représentés par des îles volcaniques montagneuses, à l'image de La Réunion ou Maurice; certains d'entre eux avaient une hauteur supérieure à 130 m. il y a seulement 18.000 à 6.000 ans.

 

Sources :

- The Amirante ridge/trough complex : response to rotational transform rift/drift between seychelles and Madagascar - by Ph.S.Plummer.

- Age and geological signifiance of the igneous rocks from Seychelles - Ph.S.Plummer /ScienceDirect 1995.

- IPGP - Formation du point chaud de La Réunion.



 

 


 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Karthala_volcano-Comoros---ph.alkomor.jpg

                     Grande Comore - le cratère du Karthala - photo Ph. Alkomor

 

La Grande Comore, appelée aussi Ngazidja, est l'île dernière-née ; il y a seulement un à deux millions d'années, à l'époque où l'homo erectus quittait l'Afrique pour partir à la conquête d'autres continents.

C'est aussi la seule île de l'archipel a avoir un volcan-actif, et la plus élevée, l'érosion n'ayant pas eu le temps d'accomplir son oeuvre destructrice. Elle se divise en trois parties : au centre, le bombement du volcan Karthala, haut de 2.361 mètres. Un géant, si on tient compte que les fonds marins descendent à 4.000 mètres ... ce qui lui donne une taille respectable de près de 6.360 mètres.

Le raccord de ce volcan avec la mer se fait sur des basses pentes par une concavité formant une plaine littorale surmontée à l'ouest de deux grands cônes d'hyaloclastites (cône d'Iconi et de Mwandzaza).

Il se prolonge au nord par une zone de rift formant le massif de La Grille, et au sud, par la presqu'île de Mbadjini, couverte de cônes volcaniques.

 

Karthala---comores.jpgkart-reseau.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Karthala, volcan-bouclier de type hawaiien :

Impossible de "le louper" ! il occupe pratiquement les deux-tiers de la surface de l'île. Craint des villageois, aimé des randonneurs et courtisé des volcanologues, ce jeune volcan n'est âgé que de 130.000 ans, d'après les responsables de l'OVK - l'Observatoire volcanologique du Karthala.

Le Karthala possède une caldeira sommitale de 3 km. sur 4, générée par des collapsus répétés.

 

kartala-caldeira.jpg                         Une partie de la caldeira du Karthala - doc. ksu.edu/comoros.

 

Karthala---comores---1991-.jpg       Schéma de la structure complexe de la caldeira  - Bachélery - 1991 avant l'éruption.

                                Notez la position du cratère actif, Chahalé.


Depuis le début du 19° siècle, plus de vingt éruptions ont été enregistrées tant au sommet que sur ses flancs. De nombreuses coulées de lave ont atteint de tous côtés la mer proche et en 1860, une éruption dans le massif Badjini provoque une coulée qui divague sur 13 km. avant d'atteindre la côte au nord de la capitale Moroni.

Des tunnels de lave existent, explorés par des spéléologues.

 

Karthala-crat-Chahale-en-2003.jpg   Karthala - cratère Chahalé en 2003 occupé par un lac de cratère - photo N.Villeneuve.


Cependant, un changement de comportement s’est opéré depuis 2005, et l’on enregistre une éruption quasiment tous les ans. La dernière en date est survenue le 13 janvier 2007. Ce changement de comportement n’a encore rien altéré à la nature des éruptions du volcan Karthala qui sont régulièrement de type magmatique ou phréato-magmatique.

 

Les éruptions de 2005 :

1. Après une crise sismique débutant à 8 h.12 le 16 avril, une éruption phréatique a lieu vers 14 h ; elle est responsable de l'émission d'un panache de cendres, accompagné d'éclairs, et de chutes de cendres qui recouvrent la capitale et l'aéroport. Elle est estimé de VEI = 2... 10.000 personnes sont évacuées.

Un survol du cratère Chahalé, le 18 avril, par les équipes du KVO oermet d'observer d'importantes modifications au sommet : le lac de cratère, en place depuis 1991, a tét remplacé par un lac de lave; des portions importantes de la surface du lac sont en fusion, incandescentes ... pour quelques heures seulement. Le 20 avril, les eaux de surface qui s'infiltrent dans le cratère sont instantanémént transformées en vapeur au contact de la surface du lac consolidé, encore très chaude.

 

3101kar1.png                          Diagramme des séismes cumulés -sur l'année 2005 - doc. KVO.

 

2. Une nouvelle crise sismique survient les 25 et 26 août 2005, avec un total de 190 évènements : elle marque le point de départ d'un nouveau cycle éruptif.

 

Dans la nuit du 24 novembre, nouvelle éruption phréatique de VEI = 3. Le 25.11, un panache de cendres monte à 11-12 km. de hauteur avant de dériver vers l'est sur 280 km, et une largeur de 30-50 eruption-2005.jpgkm. Les satellites, qui visualisent ce panache, y mesure des teneurs en SO2 de l'ordre de 2,85 kilotonnes. des cendres recouvrent la capitale, en épargnant l'aéroport qui demeure opérationnel. L'éruption fera une victime, mais contaminera les eaux potables affectant 120.000 personnes.

L'observation montre la présence d'un lac de lave qui se révèlera éphémère. Le 26 novembre, il présente un diamètre de 60 à 80 mètres et est le siège d'une intense convection.

 

Karthla-24-25.11.2005-Chr.Roche-GVP.jpg

                     Karthala - lac de lave en fusion - photo C.Roche 24-25.11.2005

 

Le 30.11, Sa solidification est en cours et l'incandescence n'apparait plus qu'au centre.

 

Karthala-30.11.2005.jpg

Karthala - solidification en cours, l'incandescence n'est visible qu'à la place des futurs hornitos - Photo F.Sauvestre / KVO 30.11.2005.

 

Le 5 décembre, le lac de lave est presque entièrement solidifié et présente deux hornitos (spatter cones) de 5 mètres de haut, considérés comme inactifs le 08.12.

 

Karthala-12.2005.jpg  Karthala - lac de lave solidifié à l'exception de 2 hornitos - photo F.Marcel-Asselin / GVP.

 

En 2006 :

Le 28 mai 2006, une éruption magmatique a lieu dans le cratère Chahalé, avec la formation d'un lac de lave présentant une fontaine de lave en son centre, et le développement d'un panache de gaz et vapeur montant à 3.000 mètres.

Ce lac commence à se solidifier dès le 31.05, pour l'être totalement le 2 juin.

 

Karthala-29.05.2006.jpgKarthala le 29.05.2006 - lac de lave avec "fontaining" central et panache blanc de gaz/vapeur.

photo Julie Morin.

 

En 2007 :

Dans la nuit du 12 décembre, des jets de flammes sont aperçus au dessus du sommet du volcan, validant une éruption explosive de VEI = 2 dans le cratère Chahalé. Le 13, un trémor important et des séismes pouvant aller jusqu'à une magnitude 4 ont été enregistrés.

Un lac de lave est observé le 15 janvier.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Karthala

- Tunnels de laves sur la Grande Comore - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 carte ocean indien

Les îles de l'océan Indien : entre Madagascar et l'Afrique, les Comores - au nord de Madagascar, les Seychelles et à l'est, l'archipel des Mascareignes.

 

Les quatre îles de l’archipel des Comores : La Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte , ont été formées comme la Réunion, par l’apparition de volcans. Ceci se passa bien après le détachement de l’île de Madagascar du continent africain à l’ère secondaire.

Les Comores se sont créées à la suite de la formation du fossé d'effondrement (rift) qui a séparé Madagascar de l'Afrique, il y a 65 millions d’années (fin du Secondaire). L'archipel est

issu d'un plateau sous-marin volcanique. Ces îles résultent d'une poussée de magma intervenue il y a 15 Ma.

 

la zone au Crétacé moyen

                                         Situation au Crétacé moyen.

 

Ces îles forment ensemble un croissant : on leur a donné le nom d’ "îles de la Lune". en partant de l'est vers l'ouest, on s'aperçoit du "rajeunissement" des îles formées, ce qui accrédite une formation insulaire liée à l'activité d'un pont chaud.

 

La première île émergente fut Mayotte, il y a 9 Ma.

Quelques millions d'années plus tard, Anjouan et Mohéli émergeaient. Et enfin, il y a deux millions d'années émergeait la Grande Comore.

L'action de l'érosion s'est exercée de façon continue sur ces îles, réduisant leurs altitudes.

 

comores-copie-1.JPG

                      Les îles de la Lune", l'archipel Comorien . - Doc. Le web pédagogique.

 

Ces îles de milieux coralliens ont une formation spécifique, en plusieurs étapes :

1. Formation d'une île volcanique, avec l'émergence d'un volcan actif : c'est le cas de la Grande Comore.

2. Erosion du volcan et développement d'une ceinture corallienne, appelée "récif frangeant" - état actuel de Mohéli et Anjouan.

3. Subsidence relative de l'île volcanique sous son propre poids; après sa stabilisation, les coraux forment un deuxième récif frangeant. Le premier récif forme alors une barrière de corail.

C'est l'état actuel de Mayotte.

4. Un nouveau stade de subsidence peut faire disparaître l'île, avec la formation d'un atoll, cercle de corail entourant un lagon (les courants marins amènent du sable à l'intérieur du cercle, formant à la longue des îlots) c'est le cas des alentours de Mayotte.

 

Atoll_forming.jpg        Les stades de formation : île volcanique, récif frangeant, barrière de corail, atoll.

 

Honneur aux ainés : l'île de Mayotte.

 

mayotte-101e-departement-francais--l-internaute.jpg                                  Mayotte volcanique - photo l'Internaute.

 

Mayotte, aussi appelée Mahore, Maore, ou Ngazidja par les Comoriens, s’est formée en quatre grandes étapes :

- il y a 8 Ma :Émersion de deux volcans boucliers et formation de dômes de laves phonolitiques : Mont Choungui.

- Entre 1,8 et 1,4 Ma : formation de Combani et M'Tsapéré

- Il y a 500.000 ans, un volcanisme explosif forme les cratères Kawéni et Kavani

- Un volcanisme explosif très récent, daté de 80.000 ans, forme la petite terre avec le Dziani.

 

Mont-Choungui---comite-dep.-du-tourisme-de-Mayotte.jpg               Le mont Choungui - photo comité départemental du Tourisme de Mayotte.

 

800px-Lac_Dziani_Dzaha---Mwanasimba.jpg                                    Mayotte - le lac Dziani  - photo Mwanasimba.

 

Le volcan-bouclier situé le plus au sud contient une caldeira sommitale de 3 km.sur 4. Une zone de rift s’allonge vers le NNO et le SE lui donnant un profil asymétrique. Le sommet du volcan et ses flancs ont connu plus de 20 éruptions dans le courant du 19°siècle … une coulée en 1860 a même atteint la côte au NO, après un trajet de 13 km.

 

padza-de-Dapani--3-.jpgLes "pazdas" de Dapani - Mayotte - : l'érosion a laissé des bloules de basalte (extrusion phonolitique) entourée de latérite, caractéristiques des paysages Mahorais. - photo www.mayotte-photos-plongee.com 

 

 

carte-mayotteL’île de Mayotte est petite, mais elle est au centre d'un des plus grand lagons du monde, de 1000 km² ! La profondeur des lagons va de 20 à 70 mètres. Derrière la barrière, la pente descend très vite, et on atteint en quelques centaines de mètres une profondeur de 500 mètres ! L’amplitude des marées atteint 4,10m (différence de hauteur entre marée basse et haute. Pendant les grandes marées basses, on voit le corail dépassant de l’eau. Dans le Sud de l’île, où la subsidence a été forte (épisode de 2° subsidence),  on trouve une deuxième barrière de corail, interne, de 18 km : cette formation géologique de double barrière se rencontre rarement. Deux autres exemples : la Nouvelle Calédonie et les îles Fidji.

 

mayotte-tortue-1-.jpg

Ce lagon est de grande importance pour la biodiversité: on y retrouve près de 35% des cétacés vivant sur la planète; baleines, dauphins et dugongs s'y retrouvent pour mettre au monde leurs petits et deux espèces de tortues, Chelonia mydas et Eretmochelys imbricata, s'y reproduisent, sans compter plus de 200 espèces de coraux, 239 espèces de poissons, des éponges, des algues, des mollusques.

 

carte mayotte

Carte topographique de Mayotte : 2 entités, la Grande Terre et Pamandzi, adossée à la barrière de corail

 

Malgré une forte identité comorienne, Mayotte a été vendue à la France en 1841, est restée française suite au référendum de 1974 contrairement aux 3 autres îles de l'archipel, a voté son passage au statut de département en 2009.

 

 

 

Sources :

- L'île de Mayotte, archipel des Comores - Le web pédagogique.

- Inventaire des sites et objets géologiques remarquables de Mayotte - BRGM.

- Curiosité géologiques de Mayotte -  par Pierrick Graviou, Jean-Philippe Rançon et Nicolas Hubert - BRGM éditions.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

A l'ouest des Mascareignes, Madagascar, la Grande île, faisait initiallement partie du Gondwana, immense continent austral  regroupant l’Afrique, l’Amérique du sud, L’Antarctique, l'australie, l’Inde et Madagascar.

L’éclatement du Gondwana est lié au rifting et à l’ouverture d’océans.

 

gondwana

               Le Gondwana, avec au centre Madagascar, le Sri Lanka et l'Inde.

 

Entre 170 et 110 Ma, la séparation en deux grands blocs s’opère :

- Un bloc avec l’Amérique du sud et l’Afrique

- Un autre avec l’Antarctique, l’Australie, l’Inde et Madagascar. Madagascar était accolée à l’Afrique au niveau du Kenya/Somalie ; le rift afro-malgache sépare les deux structures, et la Grande île dérive vers le sud jusqu’à sa place actuelle.

 

la-zone-au-Cretace-moyen.gif

                       La zone au Crétacé moyen : dissociation du bloc Africain - 1° rifting.

 

Vers 100 Ma, le processus se poursuit avec le rifting indo-malgache et l’ouverture de l’océan indien.

Pendant et après cette période, d’importants épisodes de magmatisme, de véritables trapps appelés CFB – Continental Flood Basalt – recouvrent l’île de laves ; il en reste des témoins : le massif de l’Androy au sud, les bassins de Morondava et Tulear (en bleu sur la carte ci-dessous).

 

Tectonique--ocean-indien-copie.jpg                                                     Le rifting indo-malgache.

 

Vers 20 Ma, l’extension reprend avec des activités volcaniques plus alcalines (en rouge sur la carte ci-dessous). Au nord, avec la Montagne d’Ambre et Nosy Be ; au centre, les massifs d’Itasy et d’Ankaratra ; au sud, le massif d’Ankilioka.

 

Vulkanismus3.jpg                          Le volcanisme crétacé en bleu, le volcanisme récent en rouge.

 

Le massif de l’Androy :

Les 4.000 km² du massif de l’Androy sont constitués d’une épaisse séquence (plus de 2.000 m. d’épaisseur) de basalte et rhyolite intercalés ; elles ont été produites au Crétacé supérieur. Tant les basaltes que les rhyolites semblent être issus de sources nourricières proches, en relation avec un point chaud (Marion) . Des systèmes d’alimentation (plumbing system) semblent avoir plus ou moins coexistés dans l’Androy.

 

Massif-de-l-Androy.gif                                           Massif de l'Androy - Doc. JJ.Mahoney & al.

 

Le champ volcanique Ambre-Bobaomby , situé à la pointe nord de Madagascar, est constitué de structures datant du Miocène, recouvertes par de récents cônes. Le volcanisme primaire a produit un large massif basaltique, et des coulées pyroclastiques mineures. Les roches volcaniques produites du Tertiaire au Quaternaire présente un échantillonnage géochimique vaste : basalte, andésite, rhyolite, trachyte, phonolite, foidite. Le volcanisme jeune est caractérisé par une morphologie bien préservée.

 

Montagne-d-Ambre---Allibert-trekking.jpg   Trek dans la Montagne d'Ambre - maisons traditionnelles malgaches - doc. Allibert

 

Montagne-d-Ambre---Landsat-7.jpg               Le site de la Montagne d'Ambre au nord de Madagascar - doc. Landsat 7

 

L’île de Nosy-Be a connu deux périodes d’activité : des éruptions initiales de laves fluides du côté ouest du massif furent suivies de la construction de nombreux cônes de scories stromboliens. De nombreux lacs de cratère sont situés dans le centre de l’île.

 

Le champ volcanique de l’Itasy, au centre de Madagascar, contient diverses structures : des dômes de lave (en noir sur la carte), des cônes de scories et des maars. L’activité, qui a débuté au Pliocène, s’est poursuivie à l’Holocène.

 

geo_0003-4010_1962_num_71_384_T1_0169_0000-copie.jpg

geo_0003-4010_1962_num_71_384_T1_0169_0000-copie-2.jpg

 

Les premières éruptions ont produit des dômes de lave trachytique et des coulées basanitiques. Elles furent suivies par des coulées de lave trachytiques et des éruptions vulcaniennes. Au début de l’Holocène, un maar trachytique est né près de Saovinandriana , où sont présents divers lacs de cratères. L’activité se manifeste toujours par une activité hydrothermale, sous forme de sources chaudes, et une sismicité « moyenne ».

 

 

293_ampefy-chutes-Lily---emede.jpg                                Les chutes de la rivière Lily - photo emede.com


Le lac Itasy, 45 km², doit son origine à une coulée de lave qui a barré la vallée, créant un barrage naturel aux eaux de la Lily et de la Mazy. La dernière éruption s'y est produite il y a seulement 8.000 ans.

 

 

geysers_analavory.jpg        Ampéfy, près du lac Itasy -  un des geysers, coloré par des thermophiles  -  photo analavory

 

Le site d'Andranomandroatra, près du village d'Ampéfy, présente quelques geysers, calmes de nos jours, mais jaillissant jadis à 20 m. de hauteur; leur cône d'aragonite est habillé de teintes jaune, orangée à rouge grâce aux bactéries thermophiles vivant dans ses eaux chaudes.

 

Le champ volcanique de l’Ankaratra est le plus diversifié de la Grande île, situé entre Avivonimano et Antsirabe, couvrant une aire longue de 100 km. La période d’activité va du Miocène au Quaternaire récent. Au début, des éruptions fissurales massives ont créé une série de lacs tectoniques et de dômes de lave trachytique. L’activité la plus récente concerne la partie sud du massif, avec des cônes de cendres stromboliens basanitiques bien préservés. Des éruptions vulcaniennes ont produit des cratères remplis par des lacs. Ranomafana est le siège de sources chaudes.

 cendresvolcaniques---Pouzzolanes-de-Befato.jpg

De beaux affleurements de lapillis (pouzzolanes) sont visibles en bordure du Iavoko sur la route de Betafo et aux environs de Tritriva.

 

Les environs d'Antsirabe-Betafo montrent de beaux types volcaniques avec puys stromboliens intacts ou légèrement égueulés. Il faut citer les cônes du Vohitra, ceux d'Amboniloha et d'Ambohitsitorika bordant le lac Andranobe, le beau complexe de l'Iavoko à l'Est de Betafo au pied duquel partent des coulées tritriva.0303.w428h640d'une fraîcheur parfaite.

Le lac de cratère Tritriva correspond à une cheminée traversant à l'emporte-pièce les migmatites du socle et le cône de projection.

Il a été créé par une forte explosion phréatomagmatique; situé à une altitude de 1881 m., ce lac aux eaux émeraudes verrait curieusement baisser son niveau durant la saison des pluies et monter en période sèche.

 

Lake_Tritriva_01---B.Gagnon.jpg                                             Le lac Tritiva - photo B.Gagnon.


Ce lieu est "fady" , "tabou" : il est par exemple interdit d'y nager après avoir mangé du porc.

Selon la légende, un couple d'amoureux, qui ne voyaient pas leur projet d'union béni par leurs parents, décidèrent de s'y noyer afin de rester unis pour toujours. Leur amour est vivant dans deux buissons d'aubépine entrelacés au dessus des eaux.

La piste qui y menait, en 2000, est mauvaise et à moins d'avoir un 4x4, la fin se fait à pied en marchant dans les ravines ... mais l'accueil des enfants en guenilles fait vite oublier la fin du trajet : ils vendent des chapeaux de paille et des oeufs en pierre semi-précieuse, avec un sourire à faire fondre le plus endurci !

 

Le lac Andraikiba remplit un vaste cratère vulcanien sur les bords duquel affleurent des basanitoïdes.   


Sources :

- Le volcanisme Malgache -  Sciences, vie, terre

- Geochemistry of the volcan de l’Androy basalt-rhyolite complex, Madagascar Cretaceous igneous province. Par J.J.Mahoney, Saunders, Storey and Randriamanantenasoa.

- Stage de géologie - Lycée français de Tananarive - département de géologie

- Revue LAVE n°146 septembre 2010 - divers articles.

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Publié le par Bernard Duyck
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L’archipel des Mascareignes est constitué par les îles de la Réunion, Rodrigues, Maurice, les îlots Agaléga et les écueils des Cargados Carajos.

 

L'île Maurice :

 

Avant de parler des origines volcaniques de l'île Maurice, un peu d'histoire pour cette île qui a connu les dominations  hollandaise, française et anglaise.

Les premiers explorateurs furent des marins arabes au 10° siècle, suivis par des portugais, Fernandez Pereira en 1511 et Pedro Mascarenhas en 1512, qui a laissé son nom à l'archipel : les Mascareignes.

La véritable installation humaine débute avec les hollandais qui la nomment "Mauritius" en l'honneur du prince Maurice van Nassau. Ils y exploitent les forêts d'ébène et propagent la culture de la canne à sucre juqu'en 1710.

L'île devient française en 1715 ... le drapeau garde ses couleurs, mais ses bandes changent de sens.

" L'Isle de France" devient un repaire de corsaires, qui s'attaquent à la flotte britannique. En août 1810, les flottes anglaises et françaises s'affrontent au large de Grand Port. Après une première défaite, les anglais s'installent à l'île Rodrigues, d'où ils reprendront ensuite l'offensive pour finalement prendre Maurice.

Ils y développeront l'industrie sucrière. En 1835, avec l'abolition de l'esclavage, l'industrie sucrière manque de main d'oeuvre et c'est le début de l'immigration indienne. Les Indo-Mauritiens forment 68% de la population actuelle.

L'indépendance est proclamée en 1968; depuis 1992 elle forme, avec Rodrigues, la "République de Maurice".

Aujourd'hui, si la langue officielle est l'anglais et la conduite à gauche , dans la rue, tout le monde parle et préfère parler le français, plus proche du créole mauricien que l'anglais. Sur les panneaux, les imprimés, le français côtoie l'anglais. En effet, l'île a été baptisée " Isle de France " au début du 18°siècle et la capitale Port Louis doit son nom à Louis XV.

 

Mauritius Island topographic map-frCarte topographique de Maurice - les triangles marquent les structures volcaniques


L’île est d’origine volcanique et repose sur un fond océanique de 4000 mètres de profondeur (Bassins des Mascareignes et de Madagascar). Les soubassements de l’île se sont formés il y a au moins 10 millions d’années. L’île a émergé vers 8 millions d’années. L'édification s'est effectuée en trois grandes étapes :

- Entre 8 et 5,5 Ma, la série volcanique ancienne : individualisation d'un grand cône terminal. Encore de nos jours, on peut observer les traces de la grande caldeira de 20 kilomètres de diamètre qui résulte de l’effondrement du volcan, au niveau du Rempart et du Corps de garde.

- vers 3,5 Ma, un nouveau cycle éruptif conduit à l'épanchement des laves primitives de la série volcanique récente.

- Les dernières manifestations éruptives, les laves terminales, se sont produites dans les secteurs est et sud entre 0,7 et 0,17 Ma.

 

 

Recifs-coralliens-des-Mascareignes-4.jpgCarte géologique et position des nombreux récifs coralliens - doc. L.Montaggioni


L’île Maurice possède environ 330 km de côtes. Contrairement à l’île de la Réunion, l’île est entourée d’une barrière récifale particulièrement développée et liée à sa construction volcanique. Les récifs couvrent une superficie de plus de 240 km2. Ils sont interrompus seulement à l’embouchure des principales rivières (les passes) ainsi qu’au Sud-ouest où la côte est soumise aux houles australes qui peuvent avoir une amplitude de plus de 8 mètres.

 

Quelques "spots volcaniques" :

1. le "Trou aux Cerfs" , près de Curepipe. Il s’agit d’un cratère, de 300 mètres de diamètre, parfaitement conservé de la série récente (700.000 ans) et occupé par un lac. La bordure du cratère offre un magnifique panorama sur les massifs de l’ouest de l’île.

 

volcan-trou-aux-cerfs-Curepipe---nature---monde.JPGMaurice - Le "Trou aux Cerfs" arboré d'une végétation luxuriante - photo nature & monde.

 

2. La cascade de Chamarel et "la terre des sept couleurs" :

C'est Antoine Chazal de Chamarel, un officier français établi ici à l'époque où l'on cultivait cacao, vanille, poivre et café, qui a donné son nom à la région.

La "Terre des sept couleurs" : un lot de monticules de cendres basaltiques colorées par des oxydes forme, au milieu d'une clairière, une palette qui va de l'ocre au violet, en passant par le rouge; dégradé de couleurs qui ne se mélangent pas, même après une tempête.

 

ile-maurice_geo.fr.jpg         Maurice -  La "Terre des sept couleurs" - Wall-paper Géo.fr


Les cascades de Chamarel plongent de 150 m. d'une barre de basalte à olivines découpée en orgues volcaniques.

 

ile-maurice_940x705-GEO.jpg                        Maurice - Cascades de Chamarel - photo Géo.fr

 

3. Le Grand Bassin et Ganga Talao :

Ce lac de cratère, dans son écrin de verdure perché à 600 m. d'altitude, est aussi un lieu sacré de l'hindouisme. Ils le considère comme une résurgence du Gange, fleuve sacré ; d'après la légende, Shiva l'aurait lui-même consacré, en y faisant tomber quelques gouttes de l'eau du Gange qui mouillaient sa chevelure, lors d'un survol de l'île Maurice.

Une fois par an, des milliers de pèlerins se rendent au temple pour la cérémonie du Maha Shivaratree - "la grande nuit de Shiva", où, vêtus de blanc, ils déposent des offrandes de fleurs sur le lac ... elles dérivent avec leurs prières.

 

maurice-13-copie.jpgLa nature "domestiquée" du Grand Bassin et les temples ne laissent rien paraître de l'origine volcanique du lieu - photo fotolosa.

 

4. Le Morne Brabant, un pic basaltique avant d'être un symbole.

 

 

le-morne-brabant_620x465-Geo.jpg

        Maurice - Le Morne Brabant  -  Géo.fr /Pierre Sorgue et Pablo Bartholome.

 

Le Morne Brabant est plus qu’une masse de basalte dressant ses 556 m sur une péninsule, au sud de l’île Maurice : il est le symbole des esclaves «marrons» (*) qui, au 18° et au début du 19°siècle, échappèrent à l’esclavage et se réfugièrent sur ses parois abruptes. Les éléments historiques se limitent à quelques vestiges découverts dans une grotte et aux récits d’anciens voyageurs évoquant des esclaves et des chefs de bande comme Barbe Blanche. Mais des légendes évoquent des crânes retrouvés, des hommes préférant se jeter des falaises plutôt que de se rendre aux chasseurs et à leurs chiens.

(*) le terme "marron" qualifie un esclave qui s'est enfui hors de la propriété de son maitre, à une époque où l'esclavage n'est pas encore aboli. Il vient de l'espagnol "cimarron" , qui signifie "vivant sur les cimes" ; il est utilisé aux Amériques, aux Antilles et dans les Mascareignes à l'époque coloniale.


C’est cette mémoire que l’Unesco a célébrée en juillet 2008, lorsqu’elle a inscrit le lieu au patrimoine mondial au titre de «paysage culturel».

L'ascension se fait par un sentier abrupt pour continuer à même la pierre, en contact avec le basalte, version varappe. L’ascension est sécurisée et facilitée à l’aide de cordages installés directement sur la paroi.

 

Morne-Brabant-JCl.Lair.jpgMaurice version carte postale : le lagon aux eaux transparentes, un îlot corallien, sur fond de nuages d'orage sur le Morne Brabant - photo Jean-Claude Lair.

 

Un résumé vidéo sur la géologie et les structures volcaniques, couplé à une présentation de l'île Maurice a été réalisé par le CMM - le Centre MultiMédia de l'université de La Réunion : "L'île Maurice, un volcan oublié".  (durée 16 min.)

 

On ne peut parler de l'île Maurice sans évoquer son oiseau fétiche, immortalisé sur les timbres, les T-shirts, et les nombreux gadgets des boutiques à touristes : le Dodo !

dodo.ile.maurice.jpgCet oiseau fossile a été retrouvé en 1865 dans une mare dont les sédiments contenaient son squelette complet; "la mare aux songes" occupait un bas-fond dans un tunnel de lave effondré et végétalisé.

Il constituait, avec ses ailes atrophiées, une proie facile et fut exterminé par des hollandais affamé ... le dernier exemplaire est mort en 1681.

 

Tout aussi renommé, Le jardin de Pamplemousses, à 11 km au nord-est de Port Louis, créé au XVIII ème siècle par un ancêtre de PPDA, le botaniste Mr. Poivre. 

On y trouve, outre les fleurs "exotiques", toutes sortes d'épices qui ont fait la fortune de Maurice e.a. l'arbre à muscade, l'arbre à quatre épices qui donne 4 senteurs (clou de girofle, cannelle, poivre et muscade), et aussi l'arbre encrier dont la sève donne l'encre de chine, l'arbre à cannelle, le palmier salade (coupé au bout de 7 ans, son cœur se mange en salade) , le bassin aux Nénuphars géants, les bassins des lotus aux feuilles imperméables…Le parc est dominé par le château de Mon plaisir, belle demeure coloniale du 19° siècle.

 

Pamplemousse04.JPG             Maurice - Le Jardin de Pamplemousses - photo Maurice info.

 

L'île Rodrigues :

 

La formation, au Pliocène, de cette île volcanique est liée à un accident majeur : la Zone de fracture de Rodrigues, et au déplacement latéral de la crête de la dorsale médio-indienne d'environ 300 km. vers l'ouest. A la faveur de ce décrochement, les premiers épanchements générateurs du socle basal de l'île se sont produits.

 

recifs-frangeants.jpg                      Carte bathymétrique de Rodrigues  - position des récifs frangeants .


La formation du volcan original  fut suivie, après la phase active, d'une période d'érosion marine, avec constitution d'un guyot.

Un nouveau cycle éruptif caractérisé par un volcanisme fissural engendre, au Quaternaire ancien entre 1,3 et 1,5 Ma, d'épaisses coulées basaltiques sub-horizontales. (McDougall & al. - 1965)

 

L’île Rodrigues est entièrement ceinturée de récifs frangeants, avec dans sa partie nord-ouest et sud-ouest, un grand lagon avec des chenaux profonds et çà et là, des îlots. D’une longueur totale de 90 km, le récif atteint une largeur de 8 km au sud-ouest. La superficie occupée par les récifs est de 230,6 km². L’île se prolonge par un vaste plateau insulaire délimité par l’isobathe de 200 m. ... ce qui en fait un paradis pour plongeurs et surfeurs.

 

poulpes_620x465.jpg                                           Rodrigues, un paradis pour les plongeurs. Géo.fr


L’île fut explorée par les Portugais dès 1528, lorsque le navigateur Don Diego Rodriguez l'indiqua sur une carte pour la première. Les Hollandais y firent escale lors de leurs voyages (1601 - 1611) vers leurs colonies en Indonésie. Ces derniers se seraient ravitaillés en eau potable ainsi qu’en tortues géantes. En 1691, un huguenot français du nom de François Leguat, avec quelques compagnons, s’y établirent pendant deux ans avant de regagner l’île Maurice. Son histoire est ensuite calquée sur celle de l'île Maurice dont elle dépend toujours, en dépit de velléités d'autodétermination.

 

Sources :

- L'île Maurice : une île volcanique - séjour géologique / Escursia, Voyages scientifiques.

- Histoire géologique des récifs coralliens de l'archipel des Mascareignes - par L.Montaggioni

- Le Dodo - île Maurice.fr

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Publié le par Bernard Duyck
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Le parc National de La Réunion, un site classé en 2010 au Patrimoine Mondial de l'Unesco :

La zone centrale du Parc Naturel de La Réunion, qui couvre plus de 100.000 hectares, soit 40% du territoire, a été classée au patrimoine, en raison de la diversité et la spécificité de ses paysages spectaculaires; S'y succèdent des forêts ombrophiles subtropicales, des forêts de brouillard, des landes, des falaises bordées par l'océan, le tout formant une mosaïque d'écosystèmes aux caractéristiques paysagères remarquables.

Les deux massifs volcaniques présentent en effet une grande variété d'escarpements, de gorges et de bassins boisés, qui servent d'habitat naturel à des plantes et animaux présentant un taux élevé d'endémisme.

 

trou-de-fer.jpg             Le fameux "Trou de fer" , vertigineux et inaccessible . Doc Réunion info.

 

Ce patrimoine vient d'être récemment menacé par les incendies sévissant au Maïdo ; le 15 octobre, on recensait près de 500 hectares de végétations endémiques brûlés.

 

mafate-maido2                                     Le site de Maïdo - cirque de Mafate

 

La Réunion est marquée par un fort taux d'endémisme :

L'endémisme caractérise la présence naturelle d'un groupe biologique exclusivement dans une région géographique délimitée. Ce concept concerne aussi bien les végétaux que les animaux.

Le "processus de spéciation", c'est à dire l'apparition de nouvelles espèces, est lié à l'isolement géographique qui favorise l'apparition de caractéristiques génétiques et/ou morphologiques. En général, on remarque que plus une île, ou une île écologique, est ancienne, plus son taux d'endémisme est élevé ; quelques exemples : Madagascar, la Nouvelle-Calédonie, les Galapagos.

 Selon la Liste rouge des espèces menacées en France de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) : « Les taux d’endémisme atteignaient 83 % pour la Réunion. Cette richesse fut en partie détruite dès les débuts de la colonisation humaine, et se sont près de 60 % des espèces réunionnaises qui ont disparu ».


Endémisme végétal surtout :

Il y aurait 160 plantes à fleurs endémiques à La Réunion, soit un taux cinq fois supérieur à celui caractérisant les Galapagos. Il serait fastidieux de les énumérer et les analyser toutes; seuls quelques exemples, caractérisés par des noms vernaculaires imagés.

 

Boehmeria_penduliflora---Bois-chapelet.JPGBoehmeria penduliflora - Le bois chapelet , une espèce pionnière. - doc. Flore de La Réunion

 

Acacia_heterophylla_--Tamarin-des-hauts.JPGAcacia heterophylla - Tamarin des Hauts - il s'épanouit dans des endroits dégagés, en raison de son besoin de lumière, entre 1200 et 2200 m. d'altitude. - Photo B.Navez.

 

fougeres-arborescentes.jpgLe groupe Cyathea , appelé localement "Fanjan", est illustré par trois espèces : Cyathea borbonica, Cyathea glauca et Cyathea Excelsa.

 

Endémisme animal :

Parmi les vertébrés, les reptiles constituent l'un des groupes le plus menacé d'extinction : sur 17 espèces de reptiles terrestres, seules trois espèces sont indigènes et endémiques; la plus menacée est le Gecko de Manapany.

 

 

Phelsuma_inexpectata_2--B.Navez.JPG

Phelsuma inexpectata - lézard vert ou gecko de Manapany, diurne et arboricole - 10 cm. - photo B.Navez.

 

 

L'avifaune comprend 8 espèces endémiques. Selon l'UICN, le quart des espèces d'oiseaux de l'île a déjà disparu, soit 13 espèces sur les 55 présentes à l'arrivée des hommes, et parmi elles onze étaient endémiques.

 

Papangue---P.Crozet.jpgCircus maillardi - Busard de Maillard, Busard de La Réunion - nom vernaculaire : Papangue. C'est le seul rapace nicheur de l'île ! - photo P.Crozet

 

TectecM.jpg              Saxicola tectes - Tarier de La Réunion - nom vernaculaire : Tec-tec.

Il a la "mauvaise" habitude de faire son nid très bas, souvent à même le sol; cette habitude, acquise avant l'arrivée de l'homme et autres prédateurs sur l'île, lui est préjudiciable. Une mesure de protection est de lui donner des nichoirs bas, sur petits piquets. Peu craintif, c'est un amateur de miettes de casse-croûte.

 

Zosterops_borbonicus_borbonicus_p1180876.jpg

Zosterops borbonicus - Zostérops des Mascareignes - noms vernaculaires : oiseau-lunettes gris, zoizo blanc. - photo D.Monniaux.

 

Les espèces invasives, qualifiées aussi de "pestes", vont de pair avec la protection des endémiques et elles nécessitent des techniques d'éradication drastiques !

Sont considérées comme telles des espèces introduites par l’homme et qui, par leur prolifération, constituent un danger pour la flore indigène ; et entrent donc tout à fait dans cette appellation, le raisin marron (rubus alceifolus), le bringellier (solanum mauritianum) ou encore le galabert (lantana camara), pour ne citer que les plus connus parmi 23 espèces répertoriées.

 

bringellier---tabac-marron---flore-La-Reunion.JPG            Solanum auriculatum - Bringellier - nom vernaculaire : Tabac marron.

 

Particularité de l'île, sans rapport avec l'endémisme ... le chikungunya.

C'est malgré tout La Réunion qui l'a mis en avant, il y a quelques années : Aedes albopictus, le moustique tigre, vecteur de la dengue et/ou du virus du chikungunya.

Le chikungunya est appelé aussi la « maladie de l'homme courbé » car elle occasionne de très fortes douleurs articulaires associées à une raideur, ce qui donne aux patients infectés une attitude courbée très caractéristique.

La transmission du virus d'un humain malade à un moustique se fait par le sang aspiré lors de la piqûre. La contamination d'un homme sain est réalisée par la salive de moustiques qui ont été infectés quelques jours ou quelques semaines auparavant.

La maladie se déclare généralement par une très forte fièvre, parfois au-delà des 40 °C, durant environ 3 jours, faisant penser à une crise de paludisme. Cette fièvre est suivie d'un érythème (éruption de boutons) et de vives douleurs des articulations clouant le malade au lit. Des complications diverses sont possibles ... et aucun traitement contre le virus n'est disponible.

 

CDC-Gathany-Aedes-albopictus-1.jpg

          Moustique tigre - doc.the Centers for Disease Control and Prevention

 

Sources :

- Cirad - Recherche Agronomique pour le développement - liste des arbres et arbustes de la forêt Réunionnaise

- Reconnaitre les fougères arborescentes de La Réunion - lien

- IUCN red list of threatened species - lien

- DIREN Réunion - Patrimoine naturel et biodiversité - lien

- Des espèces exotiques envahissantes - lien.

- Ministère de la Santé - Chikungunya

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Publié le par Bernard Duyck
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Après avoir examiné les éruptions et les changements qu'elles ont provoqué au niveau des cratères sommitaux, tournons-nous vers celles, beaucoup plus nombreuses qui concernent l'Enclos Fouqué, sans toutefois les détailler toutes.

 

Actu-9-9739.jpgCarte des coulées de 1972 à 1986 - A.Demaison/P.Bachelery in "Au coeur de La Fournaise" de Bénard et Krafft.

 

On voit en regardant la carte, que de nombreuses éruptions ont produit des coulées affectant les Grandes Pentes et le Grand Brûlé, où des traces multiples d’éruptions plus ou moins récentes ruinent souvent des zones entières de forêt laissant place à : une plaine de scories nues, une lave se jetant dans la mer (agrandissant ainsi la superficie de l’île), une route refaite régulièrement après refroidissement de la lave, une lave encore fumante par endroits (environ une année après une éruption), un terrain encore chaude (d’où interdiction de marcher dessus)…

 

Coulee-Grand-Brule.jpg                      Coulées affectant le Grand Brûlé - photo Outremer.info

 

coulee-de-lave.jpgDès le refroidissement des coulées, la nature colonise l'endroit - photo ile-de-la-reunion.info

 

D'autres coulées se produisent hors de l'enclos, comme en 1977 au dessus du Piton Sainte-Rose (n°11 en vert sur la carte) , ou en 1986 au Piton de Takamaka (n°24 en jaune sur la carte); elles atteindront l'océan Indien en perturbant la vie des villages, coupant la route côtière.

En 1977, du 8 au 15 avril, environ 100 millions de m³de lave se déversent; la lave est très chaude et fluide, les coulées atteignent 80 km/h. Le 13 avril, la lave s'avance sur le parvis de l'église du Piton Sainte-Rose, brûle le portail et s'immobilise enfin à l'entrée de la nef ... l'église gît comme un îlot au milieu du basalte noir figé.

En mars 1986, une éruption commence au sud-ouest de l'Enclos, près du Nez Coupé du Tremblet; 24 h. plus tard, une fracture de 700 mètres s'ouvre au dessus du Piton de Takamaka, à une altitude de 1.000 m. La coulée se divise en 2 bras, toute la côte ouest et sud est envahie par la nappe de gaz volcaniques et la fumée des forêts qui brûlent devant l'avancée des coulées en gratons. S'en suit une activité effusive en bord de mer, où se forme une plate-forme de 30 hectares.

 

De nombreuses coulées génèrent des tunnels de lave : "magma à plein tube" .

En 2004, le tunnel de lave de la coulée d'août est considéré comme "le tunnel de tous les records" :

- il est le plus LONG connu à ce jour à La Réunion, avec 2300 m en continu, plus 350 m.en amont, une brève obstruction empêchant la jonction.

- Il a le plus fort dénivelé : près de 350 m.

- Il possède le plus long tronçon "aveugle" ... claustrophobes s'abstenir ! 1400 mètres sans qu'aucun regard ne permettre de voir la lumière du jour.

D'autres longs tunnels existent à La Réunion :

- le tunnel de la coulée de Citrons-Galets, à Saint-Philippe : 680 m. de long pour 94 m. de dénivelé.

-la caverne Bateau, dans la Plaine des Cafres, avec 800 m. (1940 m. si on additionne toutes les branches du labyrinthe).

 

Le-salon-rouge---grand-brule.jpg    Le Grand Brûlé - le "salon rouge" dans un tunnel de lave - Photo Philippe Crozet

                             Un clic sur la photo vous mène à sa photothèque.

 

eruption-04.10.2005-DSC00446.jpg           Fontaines de lave et coulées, le 04.10.2005 - photo OVPF-IPGP.

 

En 2007, "l'éruption du siècle" provoque l'effondrement du plateau du cratère Dolomieu, suite à la vidange d'une importante chambre magmatique en profondeur; le séisme consécutif atteint la magnitude de 3,9 ... du jamais vu selon Thomas Staudacher de l'observatoire.

 

05.04.2007-DSC03427.jpg       Fontaines de lave le 05.04.2007 - photo Th.Staudacher / OVPF-IPGP.

 

Eruption-06.04.2007-DSC04381.jpg       Coulée en gratons, le 06.04.2007 - photo OVPF-IPGP.

 

089_thumb.jpgLes échappatoires du magma conditionnent les phases éruptives de 2007 et l'effondrement dans le Dolomieu - doc. OVPF.


Des geysers de lave s'élèvent à plus de 200 mètres, tandis que les coulées sur les flancs du volcan atteignent 60 km/h. elles se jettent dans la mer en provoquant bouillons et jets de vapeur. Situé en bordure des coulées, le village du Tremblet a du être évacué pendant quelques heures, et restera isolé plusieurs semaines.

Cette éruption a tué des centaines de poissons, victimes du réchauffement brutal des eaux; ces poissons, dont beaucoup d'espèces inconnues jusqu'alors, vivraient dans les profondeurs océaniques, à environ 500 m.

 

piton_fournaise50-02.04.07-V.Bouget.jpg        Les coulées atteignent la mer le 02.04.2007 - photo aérienne V.Bouget.

 

Une vidéo d'ambiance, par F.Huillier & E.Gentelet (zoizos) :

 

Sources :
- Au coeur de La Fournaise" par R.Bénard & M.Krafft - éd. Nourault & Bénard.
- Tableau récapitulatif des éruptions 1977-2010 - Fournaise.info
- Photos de l'éruption d'avril 2007 sur Fournaise.info

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514px-Piton_Fournaise_topo_map-fr.svg.png

Topographie de L'Enclos Fouqué et la position des grosses structures volcaniques.

NASA Shuttle Radar Topography Mission (SRTM3 v.2) (public domain) edited with 3DEM from Visualization Software LLC / Eric Gaba - Sting.fr

 

Les activités dans l'Enclos Fouqué :

Nonante sept pour cent des 200 éruptions historiques se sont déroulées dans l'enclos Fouqué, le plus souvent le long de fractures radiales au cône sommital.

 

actu-8-9737.jpg Les axes de faiblesse du volcan sont en rouge - doc.A.Demaison / Krafft in "Au coeur de La Fournaise".

 Les axes de faiblesse , les rifts-zones, sont situés selon trois directions, les deux premières monopolisant 50% des points d'éruption :

- 10°N : au nord de l'enclos par l'axe Sainte Rose.  

- 170°N : du sommet au sud de l'enclos, par l'axe de St Philippe

- 70-80°N : du sommet au Piton de Crac.

 

L'évolution des cratères sommitaux :

Le sommet du Piton de La Fournaise a été considérablement modifié au cours du temps:

- Au 17° siècle, seul le cratère Brûlant, appelé ensuite cratère Bory, couronne le volcan; il abrite un lac de lave en fusion, quasi permanent, qui déborde occasionnellement.

- En 1766, un deuxième cratère sommital est signalé 400 m. à l'est du cratère Brûlant; Dès 1791, il est comblé et laisse la place à un dôme de lave haut de 50 mètres, le Mamelon central.

 

MameloncentralBory-1804---Decobecq.jpgDessin de Bory St Vincent (1804) : le cratère Bory et le Mamelon central -

Doc. Dominique Decobecq /l'histoire du cratère Dolomieu.

 

- le 17 juillet 1791, une phase explosive pulvérise le sommet du Mamelon et ouvre une nouvelle bouche de 200 m. de diamètre à l'est de celui-ci : c'est la naissance du futur Dolomieu.

Bory St Vincent relate l'évènement dix ans plus tard : " Le 17 du même mois, on entendit, dans tout le pays, un bruit extraordinaire, que l’on compara à celui du canon, et aussitôt on vit s’élever du sommet de la montagne, une énorme colonne de fumée aussi noire que des scories : elle était verticale, épaisse, et remarquable par quelques places blanchâtres, qui se distinguaient dans son étendue : le soleil paraissait sanglant ; le ciel était terni par des vapeurs rougeâtres ; quelque temps après, le faîte de la colonne s’étant agité, se courba vers la terre ; Elle avait alors la figure d’un arc, dont les deux extrémités étaient appuyées sur le volcan. Jamais on n’avait rien vu de pareil depuis que l’île était peuplée. Tous les habitants étaient dans l’épouvante et dans la consternation ; le cratère Dolomieu dut sa naissance à cet événement ; le bruit qu’on entendit fut celui de l’affaissement qui le forma. Sans doute, les laves, rejetées cette année par la montagne, avaient laissé dans son dôme quelques grandes cavités, dont les voûtes s’affaissèrent sur elles-mêmes. ».

Ce nouveau cratère prend le relais du Bory qui cesse ses activités en 1795 ; s'en suivent des débourrages et des effondrements successifs, et en 1801, le cratère Brûlant est occupé par un lac en fusion permanente, décrit par Bory St Vincent :

"J’avançai, et, à la vue d’un spectacle merveilleux, bien difficile à décrire, je fus à mon tour saisi, sans pouvoir me rendre raison de ce que j’éprouvais. A nos pieds, du fonds d’un abîme elliptique, immense qui s’enfonce comme un entonnoir, et dont les parois formées de laves brûlées qu’entrecoupent des brisures fumantes, menacent d’une ruine prochaine, jaillissent deux gerbes contiguës de matières ignées, dont les vagues tumultueuses, lancées à plus de vingt toises d’élévation, s’entrechoquent et brillent d’une lumière sanglante, malgré l’éclat du soleil que ne tempérait aucun nuage.

L’une de ces gerbes est perpendiculaire ; l’autre est oblique et semble ou diminuer par accès. Des rochers non encore liquides, dont les blocs anguleux se distinguent sur le pourpre des flots ardents par leur couleur noir le plus foncé, sont poussés avec violence d’entre les matières fondues qui les ont entraînés des cavités de la montagne, et vont tomber avec fracas en décrivant une longue parabole..."

- Vers 1820, le Mamelon disparaît et est remplacé en 1851, par une zone effondrée : l'Enclos Vélain, du nom d'un géologue français du 19°.

- En 1860, le Brûlant, toujours occupé par un lac de lave, est le siège d'une éruption phréatique qui agrandit son cratère ... il se remplira peu à peu, pour se creuser à partir de 1929. Un an plus tard, un effondrement laisse un cratère de 500 m.de diamètre, profond de 40 m.; L'Enclos Vélain est, quant à lui,  partiellement comblé par une éruption fissurale.

 

FournaiseLacroix1911.jpg   Situation des cratères sommitaux en 1911 - Doc. archives Lacroix/ D.Decobecq


- Après un premier effondrement trois ans plus tôt, l'enclos Vélain s'agrandit vers l'est en 1933, créant un cratère unique : le Dolomieu, qui s'approfondira en se rapprochant du Bory.

Les activités sommitales, de 1946 à 1986, vont inonder le fond du Dolomieu, le faisant remonter de plus de cent mètres.

 

En mars 1986, suite à l'éruption hors enclos de St Philippe, qui actu-8-9738.jpga partiellement vidé la chambre magmatique superficielle, un cratère-puits (pit crater) aux parois verticales, et d'un diamètre de 150 m. pour 80 m. de profondeur, s'ouvre dans la partie sud-ouest du fond du Dolomieu ; il mesure alors 1.125 sur 725 mètres, pour des profondeurs de 160 m. sur son rebord ouest et 50 m. sur son rebord est. Schéma Krafft in "Au coeur de La Fournaise".

L'activité sommitale se poursuit et le cratère Dolomieu est rempli à ras-bord en 2006.

 

1550.jpg             AVANT : Le cratère Dolomieu rempli - photo 01.09.2006 / OVPF.

 

piton_fournaise--02.04.2007-63.jpg APRES : Le cratère Dolomieu après l'effondrement , en avant-plan ; le cratère Bory en fond d'image. - photo 17.04.2007 / OVPF


Au printemps 2007, un effondrement, monopolisant 60 millions de m³, est accompagné d'explosions phréatomagmatiques et de deux éruptions fissurales (30.03 & 02.04.2007).

 

photo1987-S.G.04.2007.jpg    Eruption fissurale d'avril 2007 - Photo Serge Gelabert / Fournaise info


Le 21.09.2008, nouvelle éruption dans le cratère qui se remplit à nouveau.

 

03eruption-21.09.2008.jpg                 L'éruption du 21.09.08 dans le cratère Dolomieu - photo OVPF.

 

En 2009, une petite éruption, du 15.12.2008 au 04.02.2009, est cantonnée au Dolomieu.

2010, verra deux éruptions : la première se situe dans la falaise séparant les deux cratères, avec des fontaines de lave et des éboulements qui alimentent en cendres le panache de gaz. Elle durera du 2 au 12 janvier.

 

02.01.2010---Dolomieu----OVPF.jpgEruption dans le Dolomieu le 02.01.2010 - fontaines de lave et éboulements - ThS / OVPF.

 

La seconde éruption, fissurale est en cours dans l'Enclos Fouqué : détails dans les articles d'actualité sur ce blog.

 

Demain, les éruptions dans et hors de l'Enclos Fouqué ...


Sources :

- Au coeur de La Fournaise - par R.Bénard & M.Krafft - éd. J.C.Nourault/Bénard.

- L'histoire du cratère Dolomieu - par Dominique Decobecq.

- Bibliothèque numérique Gallica - Voyage dans les 4 principales îles des mers d'Afrique - par Bory Saint-Vincent

- Fournaise.info -tableau des éruptions.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pendant la nuit, entre 18 et 19 Octobre, le Hornito situé dans la partie sud (du côté de la Sciara) de la terrasse du cratère, a commencé à produire des éclaboussures vigoureuse suivie par l'ouverture d'un nouvel évent à sa base, à partir de laquelle a émis un petite coulée de lave. Cette coulée de lave a transité vers le nord sur la terrasse du cratère, courant contre la base du cône intracratérique du Nord, après quoi elle est passé entre ce cône et le cône de scories du sud. Elle est ensuite descendue dans une dépression à l'est, où il a formé de petits deltas en forme d'éventail. L'activité effusive s'est poursuivie à un rythme doux jusqu'à ce que la soirée du 23 Octobre.


Stromboli_20101024_Ciancitto_500.jpg  Photo de la terrasse cratère du Stromboli prises par F. Ciancitto du Pizzo sopra la Fossa le 24 Octobre 2010. Le Hornito qui a été le site de projection intense à partir du 18 Octobre partir est indiquée par un cercle rouge et une flèche;


Dès le soir du 23 Octobre, avec l'arrêt de l'émission de lave intracratérique, l'activité explosive  de l'évent le plus au nord a augmenté en intensité. Pendant la nuit, et avec encore plus de vigueur au cours de la matinée du 24 Octobre, une série d'explosions s'est produite, qui a produit un matériau grossier (bombes et fragments de lave incandescente) tombant hors du cratère, et glissant vers le Sciara del Fuoco. Cette phase de l'activité a pris fin abruptement en fin de matinée, et a été suivie par l'activité explosive normale qui avait existé les jours précédents.

Les deux orifices sur le côté Pizzo, zone sud de l'aire des évents, ont produit des explosions d'intensité moyenne avec l'éjection de matière à grains fins, et des panaches de cendres qui sont montés à moins de 150 m de haut. Les explosions se sont produites avec une fréquence moyenne de 2-4 événements par heure.

En date du 27 Octobre, l'activité explosive du Stromboli se poursuit à la normale, à un niveau faible à moyen.

 

Sources :

INGV Catania - via Boris Behncke

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