Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Des études géophysiques, bathymétriques et d'autres concernant les anomalies magnétiques tendent à situer l'activité volcanique d'Ambrym près d'une intersection entre une fracture orientée E-O. et l'axe des îles des Nouvelles-Hébrides.

 

L'île d'Ambrym possède une caldeira basaltique bien préservée, large de 12 km.

Le stade pré-caldeira fait référence à un volcan-bouclier et à des séquences pyroclastiques initialement dacitiques avant de devenir basaltiques.

La découverte d'un large anneau de tufs basaltiques suggère que la formation de la caldeira s'est produite suite à une éruption cataclysmique complexe et prolongée, correspondant à la vidange d'un réservoir magmatique basaltique. ; elle est datée (radiocarbone) de 1.950 ans et estimée de VEI 6 + , correspondant à l'émission de 80 km³ de téphras.

 

Ambrym_cartgeol.jpg                                                                                         Doc. IRD


Les éruptions post-caldeira, surtout localisées au cônes Marum et Bembow, ont partiellement rempli la caldeira par leurs coulées de lave. Le Marum est entouré de cônes adventifs : le Mbwelesu, le Niri-Mbwelesu et le Niri-Mbwelesu-Taten.  Mbwelesu, signifie « cochon sauvage » dans une des langues d'Ambrym suivi de Taten Mbwelesu (le fils ) et du petit fils né au début des années 90 (Niri Taten Mwbelesu…)

Le Marumliglar et le Lewolembwi sont excentrés.

 

ambrym-caldera.jpg

                                                  Schéma topographique - IRD


Elles ont aussi formé une série de cônes de scories et de maars, le long d'une fissure orientée ENE-OSO.

En près de deux siècles, ce volcan en activité quasi permanente a donné lieu a huit éruptions importantes, avec des chutes de cendres et des coulées extra-caldeira ayant entraîné des destructions importantes affectant les populations locales, comme en 1820, 1894, 1913 ou 1929. Il est a noter que durant les cinquante dernières années, aucune éruption extra-caldeira n'a été observée.

 

Arriver aux volcans Marum et Bembow n'est pas simple : à une bonne heure d'avion de Port-Vila, l'atterrissage se fait à Craig Cove sur une piste mi-herbe, mi-terre, puis ce sera une heure de piste poussiéreuse dans des pick-up pour rejoindre le village de Lalinda. Il faut y satisfaire à la coutume et obtenir du chef l'autorisation de gravir le volcan. Ensuite, après s'être attribué les services de porteurs, cinq heures de marche au travers d'une forêt équatoriale exubérante sont nécessaires pour atteindre le bord de la caldeira et traverser "la plaine des cendres" balayée par les vents pour mériter les volcans.

 

Le Bembow :


Ambrym-Benbow-AVE.jpg

             La plaine des cendres : vents et poussières - © Antony Van Eeten


caldera-ambrym-AVE.jpg

           Caldeira d'Ambrym , la plaine des cendres - © Antony Van Eeten

 


Tour du cratère du Bembow par Spiritu faloha.

 

 

Benbow-AVE-10.jpg

  Bembow - sur le bord du cratère, un oeil sur la terrasse - © Antony Van Eeten


Benbow-AVE-descente.jpg Descente "vertigineuse" dans le cratère du Bembow - © Antony Van Eeten

La première plate-forme est située 200 mètres plus bas !


Les-events-du-Benbow-et-les-terrasses---T.Pfeiffer-2009.jpgBembow - les terrasses et les évents actifs en 2009 - avec l'aimable autorisation de ©Tom Pfeiffer - un clic sur la photo vous fait découvrir son album VolcanoDiscovery.

 

30127_409465546440_645396440_4645950_1086916_n.jpg            Lac de lave du Bembow - Spattering  - © Antony Van Eeten 2010

 

Extrait d'un récit de voyage au Vanuatu par B.Masson, géologue, et Ulla Lohmann, guide Volcanodiscovery ( revue Lave n°144 - mai 2010)

"Qu'il s'agisse du Bembow ou du Marum, les diamètres des bouches sont similaires et voisins d'une centaine de mètres de diamètre.  L'activité éruptive suit un régime identique avec des explosions de bulles régulières. Le temps entre chaque explosion varie entre 30 secondes et trois minutes. Il est difficile d'apprécier la profondeur du lac de lave qu'on devine plus qu'on ne le voit. Par moments, sur le Marum, des murs de lave se soulèvent pour se plaquer sur les parois avant de retomber et de laisser apparaître le ressac. Ce phénomène n'est pas visible sur le Bembow mais les bruits semblables suggèrent la présence d'un lac à un niveau probablement plus profond qu'au Marum."

 

Le Marum :

 

Marum-coulees-AVE-2010.jpg

              Caldeira d'Ambrym - coulées du Marum  -  © Antony Van Eeten


vanuatu_g15157.jpg Vue aérienne du Marum - à gauche, le Niri Mbwelesu - à droite, le lac de lave - avec l'aimable autorisation de ©Tom Pfeiffer - un clic sur la photo vous fait découvrir son album VolcanoDiscovery.

 

30127_409453136440_645396440_4645277_6935459_n.jpg         Cheminement sur l'arête sommitale du Marum - © Antony Van Eeten

 

30127_409454941440_645396440_4645426_8201237_n.jpg            Le lac de lave du Marum  -  © Antony Van Eeten

 

Ambrym---Marum-AVE-10.jpg                Ambiance nocturne  - © Antony Van Eeten

 

MArum-lac-lave-AVE-copie.jpg          Zoom sur les entrailles de la terre  - © Antony Van Eeten 2010

 

Le bouillonnant lac Marum fin mai 2010 par Antony Van Eeten :

 

Une intéressante vidéo de James Reynolds : "le chaudron bouillant du Marum en septembre 2010 "

 


 

 Sources :

- Vanuatu Geohazards  Observatory - Ambrym

- Global Volcanism Program - Ambrym

- IRD - Nouméa

- Volcanic craters, pit craters and high-level magma-feeding systems of a mafic island-arc volcano: Ambrym, Vanuatu, South Pacific - by Karoly Németh & Shane J.Cronin

- Volcanodiscovery - Vanuatu

- Revue LAVE n° 144 - Voyage au Vanuatu du 10 au 26 octobre 2009, par Bernard Masson et Ulla Lohmann.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

05aob01f.png

Carte bathymétrique et position des îles Ambae/Aoba et Ambrym dans l'archipel du Vanuatu.

 

Ambae - volcan Aoba : les lacs de cratère Voui et Lakua.


Ambae - position des volcans

Topographie et position des structures volcaniques sur Ambae/Aoba. - doc. C.Robin - Orstom.

 

L'île d'Ambae a une forme allongée - 16 km. sur 38 - alignée sur une zone de rift NE-SO. ponctuée de cônes de scorie. Le centre est occupée par un volcan bouclier basaltique massif (2.500 km³) : l'Aoba.

Il est couronné par deux caldeiras concentriques, la plus petite contenant les lacs de cratère Manaro Ngoru (diam. env. 300m), Manaro Vui (diam. env. 2,1km) et Manaro Lakua (diam. env. 1,3km).

La fréquence des éruptions de ce volcan lors du dernier siècle est resté très faible, cependant chacune d'entre elles ont présenté un caractère explosif marqué.

La présence de deux caldeiras emboîtées, occupées par des lacs, ainsi que l'affleurement de dépôts pyroclastiques et de lapilli accrétionnés démontrent que par le passé des éruptions beaucoup plus importantes ont eu lieu.

 La dernière éruption de flanc, il y a 300 ans, a détruit la population de Nduindui sur la côte ouest.

 

Aoba.pngSchéma des processus volcaniques et position des moyens de surveillance de l'Aoba - doc. Michel Lardy / GVP.

 

Le lac Voui est un lac acide; son volume est estimé à 50 millions de m³, pour une profondeur maximale de 150 mètres. Le mélange d'acide chlorhydrique et sulfurique a un pH moyen de 1,6 et cette solution, brassée par une convection active, présente régulièrement des sédiments ou des précipités chimiques (gypse, silice) à la surface.

Le lac a présenté une crise en 1995 : avec une augmentation de l'activité convective et du niveau du lac, émission d'un panache de vapeur et cendres atteignant 3.000 m. le 3 mars.


lake-voui---20.03.1995.jpgLe lac Voui fumant à l'avant-plan et en arrière-plan, le lac Manaro Lakua - photo Orstom. 20.03.1995


3011aob3.jpgEn 2005, l'activité phréatique explosive se développe avec création d'un cône de cendres dans le lac Voui, qui contiendra par la suite un lac interne bouillant et fumant.

Eruption phréatique du 04.12.2005 - photo P.Bani / IRD.

 

DSC00445_bis_resize.JPG

Une photo prise le 9 janvier 2006, montre le cinder cone bien formé et abritant un lac boueux et fumant - photo Job Eassau / GVP.

 

MANARO-MAY06-249.jpg                 Le 28.05.2006, le lac Voui a pris une teinte vineuse !


lac-Voui-03.06.2006.jpgEn mai 2006, des changements importants de coloration du lac sont observés; il prend une teinte vineuse, puis carrément rouge, début juin, suite à un changement du processus d'oxydoréduction des eaux chargées en fer, vraisemblablement liée à l'évolution du ratio SO2/H2S au sein des fluides hydrothermaux. De tels spectaculaires changements ont été observés aussi par Haroun Tazieff au lac acide du volcan Irazu, qui est passé du vert bronze au rouge sang.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Aoba

- Le lac volcanique Voui : l'éruption de novembre 2005 - Université Libre de Bruxelles - A.Bernard.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Commençons par le nord de l'archipel et les îles Banks & Torres, proches des îles Salomon.

Les Torres doivent leur nom au Commandant Luis Vaez de Torres, membre de l’expédition de Queiros, et les Banks au botaniste Joseph Banks qui accompagnait James Cook en 1774.

Les îles principales sont d'origine volcanique, avec deux volcans actifs sur Vanua Lava et Gaua.

On ne peut les atteindre facilement qu'à partir de Santo et par les airs, grâce à des vols d'Air Vanuatu 3 fois par semaine.

ATD : Volcanodiscovery organise un périple de 15 jours sur Tanna et Ambrym, avec une extension possible de 8 jours vers les îles Banks - référence.

 

 

Vanua Lava - volcan Suretamatai : 

                                           Carte archives U.S.Navy 1943     

557px-Vanua_lava.jpgLe Suretamatai occupe la majeure partie de l’île Vanua Lava, une des plus grande des îles Banks. A l’inverse des autres volcans du Vanuatu, ce volcan, aussi appelé Soritimeat, ne présente pas de caldeira sommitale. Une chaîne de petits stratovolcans à dominante basaltique à andésitique, orientés sur une ligne NNE-SSO, lui donne un profil irrégulier. Le cône le plus récent, situé à l’extrémité nord de la chaîne, est aussi le plus grand ; son cratère sommital, large de 900 m. et profond de 100 m.,  contient un lac. Son activité a débuté au 19° siècle, et n’a engendré que des éruptions explosives modérées, les dernières entre 1856 et 1864, puis 1965-1966. En 1965, un panache cendreux a été émis par un nouveau cratère apparus sur le flanc NW du cône, tandis qu’en 1966, de petites explosions (dues à des interactions eau-magma?) se produisaient. L’activité récente est réduite à celle de solfatares. Actuellement, la principale zone géothermale située le long de la rivière du soufre, sur le flanc est du Suretamatai, présente des fumerolles, des sources chaudes et des mares bouillantes.


 

Gaua (Santa Maria) -  le mont Garat ou Garet.

L’île de Gaua, connue aussi sous le nom de Santa Maria, est constituée d’un stratovolcan basaltique à andésitique coiffé d’une large caldeira de 6 km. sur 9.

 

Gaua---nasa-space-shuttle-copie-1.jpg

L'île de Gaua - Caldeira volcanique avec le mont Garet et le lac Letas. - doc. Nasa space shuttle.


La construction du cône actif , le mont Garet ( Garat – Gharat) et d’autres petits cinder cones dans la partie sud-ouest de la caldeira a permis l’installation d’un lac en demi-lune, le lac Letas. Des études bathymétriques ont permis d’estimer son volume à 800 millions de m³ (+/- 10%). Gaua-5-crat.sommit.pngLe mont Garet a un sommet plat troué de trois cratères-puits (pit crater), sur un total de cinq . La reprise de l’activité en 1962, après une longue période de dormance, concerne un évent situé en hauteur sur le flanc sud-est du mont Garet. 

Carte John Seach 1999/ GVP

 

 

3410gau4.jpg

                     Photos courtesy DGMWR (2003) and S. Wallez (2009).

 

Des décolorations du lac Letas témoignent du dégazage : en 2003, les eaux du lac avaient des teintes jaune à verte; en 2009, les eaux viraient à l'orange et de fortes odeurs de soufre étaient perçues par les habitants.

 

Début octobre 2009, une mission du département des mines du Vanuatu, à laquelle participait le vulcanologue Philipson Bani, un Vanuatais, s’est rendue sur place pour des mesures. Le 3 octobre, le mont Garet dégageait un flux de SO2 (dioxyde de soufre) de l’ordre de 3 000 tonnes par jour. « C’est énorme pour un volcan comme celui-ci, qui n’émettait pratiquement rien voici deux ans », expliquait alors Philipson Bani.
Dans les semaines suivantes, les deux sismographes installés sur place témoignaient de très nombreux tremblements, pas forcément perceptibles autrement que par les instruments, et sans que l’on puisse précisément déterminer la part revenant au volcan lui-même de celle liée à l’activité sismique générale de la région.


Gaua-2009.10--GVP.jpg

Panaches émis par trois évents actifs, dont un panache de cendres vigoureux, le 03.11.2009 - photo S.Todman / GVP.

 

Le 18 novembre enfin est survenue une explosion plus intense que les précédentes. Elle a été suivie cette fois d’émissions de cendres qui sont retombées sur la partie ouest-nord-ouest de Gaua. Les quelque 300 habitants de trois villages situés directement sous le vent du mont Garet, qui commençaient à souffrir de troubles respiratoires et constataient la destruction progressive de leurs cultures et de leurs sources d’eau potable, ont été évacués par des bateaux de pêche vers l’est de l’île. Début décembre, trois tonnes de matériel avaient mêmes été livrées sur place par la Glorieuse, dans le cadre d’une opération Croix-Rouge.

 

gaua_ali_2010.04.24.jpg                 Gaua - panache du 24.04.2010  Nasa Earth Observatory.


A partir de début avril 2010, l'activité augmente, avec émission de panaches plus importants et montant à plus haute altitude : 2.100 à 3.000 mètres. Entre mi-avril et fin juin, des panaches à 3.000 m. sont fréquemment observés.

L'éruption est toujours en cours.

 

Sources :

- Vanuatu Geohazards Observatory - VGOW.

- Global Volcanism Program - Gaua

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

  Santo-cadre-structural-fig01.jpg                          doc.Atlas du Vanuatu - IRD Noumea

 Géodynamique du Pacifique sud-ouest :

La tectonique de la région du Pacifique Sud-Ouest est marquée par la convergence entre les grandes plaques Pacifique et Australie. La convergence entre ces deux plaques se caractérise par une zone de déformation qui peut atteindre jusqu'à 1000 km de largeur et qui s'exprime par deux zones de subductions de sens opposé : la zone de subduction Nouvelle-Zélande-Kermadec-Tonga et la zone de subduction Papouasie-Nouvelle-Guinée- Salomon-Vanuatu.

Entre ces deux subductions, se recouvrant en partie, s'ouvrent des bassins océaniques.

 

Dans la partie sud-est de la région, la plaque Pacifique s'enfonce sous l’arc des Tonga- Kermadec. Les ratios de déplacement varient de 6-7 cm/an au Sud,  à 24 cm /an au Nord.

 

 Dans la partie nord-ouest de la région, c'est, à l'inverse, la plaque Australie qui plonge sous les archipels du Vanuatu, des Salomon et de Papouasie-Nouvelle-Guinée le long des fosses du Vanuatu, de San Cristobal (ou Sud Salomon) et de Nouvelle-Bretagne. La vitesse relative de convergence à cette frontière varie de 9 à 16 cm/an.

 

Ces deux zones de subduction sont jalonnées du Sud au Nord par des bassins qui constituent une zone tampon entre les deux grandes plaques:

- le fossé du Havre en arrière de l'arc des Kermadec

- le bassin de Lau en arrière de l'arc des Tonga

- le bassin Nord-Fidjien et les fossés du Vanuatu en arrière de l'arc du Vanuatu

- le bassin de Woodlark

- le bassin de Manus en arrière de l'arc de Nouvelle- Bretagne.

 

carteswpacgrande---IRD-noumea.jpgVitesse des différents mouvements (subduction - rifting - déplacements au niveau des failles)  -  doc. IRD - Noumea.


La zone de liaison entre les deux terminaisons des zones de subduction Nord Tonga et Sud Vanuatu, qui s'éloignent très rapidement l'une de l'autre, est marquée par un système complexe d’axes d’ouverture et de relais transformants.

Les ratios d’ouverture atteignent 16 cm/an pour le Nord du bassin de Lau et 12 cm/an pour le Sud du Bassin Nord-Fidjien. Le mouvement décrochant est notamment souligné par la faille transformante Nord-Fidjienne qui s'étend depuis la terminaison nord de la fosse des Tonga jusqu'à l'axe d'accrétion central du bassin Nord-Fidjien, et qui longe le bord nord la plate-forme fidjienne.

Le bassin Nord-Fidjien est bordé au Nord par la fosse du Vitiaz. Dans la plupart des reconstitutions, cette fosse actuellement inactive est considérée comme la zone de frontière convergente entre les plaques Pacifique et Australie de l’Eocène supérieur au Miocène supérieur, avant le développement du bassin Nord-Fidjien. L'arc du Vitiaz, maintenant dispersé, incluait l'arc ancien des Salomon et du Vanuatu, et se raccordait au sud est à la plate-forme fidjienne et à l'arc ancien de Lau-Tonga. La collision au Miocène supérieur entre le plateau d'Ontong-Java porté par la plaque Pacifique et l'arc du Vitiaz aurait eu pour conséquence de bloquer la subduction de la plaque Pacifique sous l’arc du Vitiaz, d'en inverser localement le sens depuis la Papouasie Nouvelle-Guinée jusqu’au Nord des îles Fidji, et de provoquer la naissance de la zone de subduction du Vanuatu - Sud Salomon. L’arc du Vanuatu a ensuite dérivé vers l'Ouest, en ouvrant dans son sillage le bassin Nord-Fidjien depuis le Miocène supérieur. La dérive, cette fois-ci vers l'Est, de la partie sud-est de l'arc, au niveau des îles Fidji - ride de Lau, a entraîné la formation du bassin de Lau depuis le Pliocène. (mission Santo 2006)

 

Tectonique de l'arc du Vanuatu :

 

La marge du Vanuatu peut être divisée longitudinalement en 4 grandes structures.

 

Tectonique-Vanuatu-CNRS.jpg                         Tectonique de l'arc du Vanuatu - doc. IRD / CNRS.


- Le segment nord, de 11°S à 14°S, est caractérisé par une fosse profonde (6000- 8800 m), une plate-forme vers 1200-1800 m de profondeur d'où émergent quelques îles basses à substratum volcanique (Torrès, Vanikoro, Utupua, Ndende, Recif), l'absence de volcans aériens actifs sauf à l'extrémité Sud (Vanua Lava) et Nord (Tinakula), et des fossés arrière-arc évasés vers le Nord.

- Le segment central, de 14°S à 17°S, se caractérise par l'absence de fosse et la présence inhabituelle de grandes îles réparties le long de trois chaînes parallèles (Santo - Mallicolo, Ambrym - Ambaé - Gaua, Maéwo - Pentecôte) et d'un bassin anormalement profond au centre de l'arc (2400 à 3000 m). Ce bassin d’Ambaé est divisé en deux par l’île d’Ambaé et caractérisé au moins pour partie par un substratum de nature océanique (le bassin Nord Ambaé).

Les terrains formant ces trois chaînes résultent de trois épisodes volcaniques majeurs: la chaîne occidentale d'âge Oligocène supérieur à Miocène moyen est à relier à l’arc du Vitiaz, la chaîne orientale d'âge Miocène supérieur à Pliocène inférieur marque le début du fonctionnement de l’arc du Vanuatu, la chaîne centrale d'âge Pliocène supérieur à actuel représente la zone volcanique active.

 - Le segment sud, de 17°S à 22°S, ressemble au segment nord; il est caractérisé par une fosse (6000-7000 m), une large plateforme vers 1000 m de profondeur d'où émerge une série d'îles volcaniques régulièrement espacées (Éfaté, Erromango, Tanna, Anatom) et des fossés arrière-arc (fossés de Éfaté, Erromango et Futuna).

- Le segment extrême Sud, au Sud de 22°S, correspond à la terminaison de la zone de subduction; il est caractérisé par un arc volcanique étroit d'où émergent les pitons actifs de Matthew et Hunter.

La segmentation de la marge coïncide avec les structures de la plaque plongeante. Les segments sud et nord se situent en face des bassins océaniques Nord Loyauté et Nord Torrès.

La zone centrale, qui diffère très largement du reste de l'arc, se situe en face de la ride d'Entrecasteaux et de la terminaison sud du Plateau Ouest Torrès. À ce niveau, la convergence est absorbée en deux endroits : à la fosse à l’Ouest, le long du plan d e subduction penté vers l’Est sous la chaîne occidentale de Malicollo-Santo (3.5 cm/an) ; à l’Est le long de plans de chevauchement pentés vers l’Ouest sous la chaîne orientale de Pentecôte-Maéwo (5.5 cm/an). De la même manière, la frontière morphologique et structurale à 21°-22°S, entre les segments sud et extrême sud de la marge, se situe en face du coude de la ride des Loyauté. À ce niveau l’arc est découpé le long d’un grand accident senestre en arrière de l’arc de Matthew-Hunter, la ride des Loyauté entraînant le segment le plus sud avec elle. Le segment sud coulisse à l'ouest par rapport au segment extrême sud, à la vitesse estimée de 9 cm/an.

Les subductions/collisions récentes et toujours actives des rides d'Entrecasteaux et Loyauté sont ainsi soupçonnées d'avoir profondément modifié la morphologie, le volcanisme et la sismicité des parties centrales et extrême sud de la zone de subduction du Vanuatu. La ride d'Entrecasteaux vient percuter le segment central de l'arc insulaire du Vanuatu et l'entraîne devant elle sur le bassin Nord-Fidjien. L’emboutissage de la marge par la ride d’Entrecasteaux provoque les forts soulèvements des chaînes Est et Ouest de la partie centrale, et induit 

- la zone de compression d'arrière-arc et

- une zone décrochante transverse à l’arc entre les blocs sud et centraux au niveau des îles Shepherd (5 cm/an de décrochement dextre, le bloc central coulissant à l'Est par rapport au bloc sud).

Il est également proposé que la subduction/collision de la ride provoque des rotations des segments nord et sud de l'arc avec ouverture arrière-arc associée (rotation horaire pour le segment sud et ouverture de 4-5 cm dans les fossés arrière-arc du Sud entre Tanna et Futuna, rotation antihoraire pour le segment nord et ouverture de 3-4 cm/an dans les fossés arrière-arc du Nord, au Nord des Banks).

(mission Santo 2006)

 

Volcans actifs du Vanuatu :

 

map_vanuatu_volcanoes.gifNous verrons ces volcans du nord au sud, grâce aux photos d'Antony Van Eeten, un ami volcanophile australien, que je remercie.

 

31077_411964106440_645396440_4717273_5806456_n.jpg                                   Antony au Vanuatu   ... thanks Antony !

 

Sources :

- INRP - Institut national de recherche pédagogique - misssion Santo 2006 - lien

- IRD - Institut de recherche pour le développement - Noumea

- Futura-environnement - dossier Vanuatu

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Quelques autres belles structures volcaniques de l'arc de Ryukyu, avec parmi elles un volcan très actif et peu connu :

 

Suwanose-jima : toujours actifen 2010.

Localisé à 200 km au sud de la baie de Kagoshima (pointe sud de Kyushu), il est en fait constitué de la coalescence de quatre stratovolcans : Tondashi-dake, Suzaki, O-take et Negami-dake et forme une île orientée nord-est/sud-ouest longue de 8 km sur son plus grand axe. Malgré le fait qu'il soit méconnu du grand public, il s'agit de l'un des volcans les plus actifs du Japon, à l'instar de son voisin, le Sakura-jima.

 

suwamose-topo.jpg

  Carte topographique du Suwanos-jima - doc. T.Shimano / Global Volcanism Program.

 

suwamose-jima-er.14.11.2008-H.Seo.JPG

Suwanose-jima - Eruption du 14.11.2008 - cratère O-take dans la caldera Sakuchi. photo H.Seo / GSJ.

 

L'activité historique y est toutefois différente, largement dominée par un dynamisme alternant entre le vulcanien et le strombolien (presque continu entre 1949 et 1996) affectant essentiellement la zone sommitale, au niveau des cratères O-Take et Bunka, bien que des éruptions de flanc (parfois sous-marines) aient été répertoriées. L'activité a pu atteindre une grande ampleur comme ce fut le cas lors des éruptions

- de 1600 : VEI 4 +, daté par téphrotechnologie.

- de 1813-1814 : VEI 4 , à la fin de l'éruption, le sommet du cratère On-take s'effondra formant une avalanche de débris et créant la caldeira en fer-à-cheval Sakuchi. L'île fut dépeuplée pendant près de 70 ans, après le paroxysme de 1813, avant que des résidents s'y installent à nouveau.

 

suwamose--jima---H.Seo.JPG                      Suwanose-jima, vue du sud-ouest - photo H.Seo / GSJ.


- de 1877 et 1889, respectivement de VEI 4 ? et 4.

- en février 2001, deux cratères subsidiaires furent découvert

- 2009 : l'éruption vue par satellite.

- 2010 : panaches de cendres et activité strombolienne se succèdent.


 

Suwanose---ThB-12.09---01.10.jpgSuwanos-jima - activité strombolienne 01.2010 - avec l'aimable autorisation de Th.Boeckel - un clic sur la photo vous emmène sur son site.

 

Le complexe Yokoate :

Ce complexe comprend deux îles volcaniques majeures : Yokoate-jima et Kan'none-jima.

 

Yokoate-jima---Nakajima.JPG                    Carte bathymétrique - Japan coast guards - M.Tanaka.


Yokoate-jima, île bilobée longue de 3,5 km., abrite deux stratovolcans : le Toho (pic est - 512 m.) et le Seiho (pic ouest - 268 m.).

Les études bathymétriques montrent une caldeira sous-marine de 7 km. sur 10. ce qui ferait considérer que les deux îles se sont formées "post-caldeira" à la fin du Pléistocène. La dernière et seule éruption connue est datée de 1835.

 

yokoate---Seiho-volc.---S.Nakano-2004.JPG      Yokoate-jima  -  volcan Seiho - photo GSJ by S.Nakano 2004.

 

yokoate---Toho-volc.-H.Seo-2005.JPG

          Yokoate-jima  -  volcan Toho - photo GSJ by H.Seo 2005.

 

Okinawa-Tori-shima :

Okinawa-Tori-shima, aussi connue sous le nom d'Iwo-Tori-shima, est une petite île de 2.7 km. sur 1. Elle se compose de deux volcans andésitiques.

Il faut bien tenir compte du nom complet, car "Tori-shima", autrement dit "l'île aux oiseaux", est un nom commun pour plus d'une île au large du Japon.

Le dôme de lave Gusuku occupe le centre de la plus intérieure des deux "somma" situées au sud-est.

Le Mae-dake est le volcan situé au sud.

 

Mae-dake-et-Gusuku---S.Nakano-2007.JPG

Iwo-Tori-shima  -  à droite, le Mae-dake, à gauche, un dyke vertical qui a aidé à canaliser les flux pyroclastiques du volcan Gusuku, fortement érodé en arrière-plan. - photo GSJ by S.Nakano 2007.

 

L'Iwo-dake, cratère sommital du volcan situé au nord-ouest de l'île, contient un petit lac acide, une solfatare et des dépôts de soufre exploités dans le passé.

 

Io-dake-crateres----S.Nakano-07.2007.JPGIwo-Tori-shima  -  cratère de l'Iwo-dake : lac acide et solfatare - photo Nakano 2007.

 

Io-dake-fumerolles----S.Nakano-2007.JPG                   Iwo-dake - évent fumerollien soufré. - photo S.Nakano / GSJ.


L'activité postérieure à 1664 est qualifiée "d'activité explosive moyenne à modérée" par le GVP; les éruptions principales eurent lieu en 1664, 1796, 1829, 1855, 1868, 1903, 1959, 1967, et 1968 (les dates soulignées furent de VEI 2).

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Suwanose-jima - Yokoate-jima - Iwo-Tori-shima

- Geological Survey of Japan - Suwanose-jima - Yokoate-jima - Io Tori-shima.

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Notre périple nous mène toujours plus au sud : après la péninsule du Kamchatka, les îles Kouriles, l'archipel Japonais, voici les îles Nansei situées sur l'arc de Ryukyu.

 

L'arc de Ryukyu est une structure à la topographie et la géomorphologie complexes et se divise en :

- la fosse de Ryukyu (Ryukyu trench)

- arc externe : avec de grandes îles, dont Tanegashima, Yakushima, Amamioshima Okinawa et Ishigaki.

- arc interne : la caldeira Kikai, Iwo-torishima, avec un volcanisme en diminution direction sud.

- la cuvette d'Okinawa (Okinawa trough), en subsidence prononcée au Pliocène ; cette subsidence continue à l'heure actuelle.

- la plate-forme continentale de la mer de Chine ouest.

 

nansei_islands.gifGéomorphologie des îles Nansei. - Doc Introduction to the landform and geology of Japan

 

Ryukyu-islands-copie-copie.jpg                 Géomorphologie et situation du volcanisme - d'après Google Earth.


La tectonique générale résulte de la subduction de la plaque Philippines sous la plaque Eurasienne, marquée par la fosse de Ryukyu. Le volcanisme s'exprime avec la formation de l'arc volcanique de Ryukyu.

Un bassin d'arrière-arc s'est formé par extension (rifting) au sein de la lithosphère continentale eurasienne, le long de la cuvette d'Okinawa.

Ces mouvements tectoniques laissent prédire une future (dans les prochains 10 millions d'années) poussée de l'arc de Ryukyu en direction de l'Eurasie (plaque Yangtse)

 

okinawabackarc.jpg

                 Schéma tectonique de l'arc volcanique Ryukyu - Ole Nielsen.

 

Tectonic_map_of_Japan-fr.pngCarte tectonique régionale et vitesses de déplacement relatif par rapport à l'Afrique exprimée en millimètres par an. Le nom des plaques et microplaques en en "blanc-large"; avec formation d'une microplaque baptisée (pour le moment) "Okinawa", comprise entre la zone de subduction (bleu) d'une part et une zone de limite de plaque complexe (multicolore hachurée) d'autre part.


La caldeira Kikai :

 

La caldeira, submergée en grande partie, est de larges dimensions : 20 km. sur 17. Elle fut source d'une des plus grande éruption mondiale il y a 6.300 ans : des coulées pyroclastiques rhyolitiques traversèrent la mer sur 100 km. en direction du sud de Kyushu, les chutes de cendres atteignant Hokkaido. Le centre et le sud de Kyushu fut dévasté et demeura inhabitable pour plusieurs siècles.

Yahazu-dake (une partie de Satsuma Iwo-jima) et Takeshima sont des volcans "pré-caldeira", localisé sur les contours de celle-ci.

Des éruptions "post-caldeira" ont formé le dôme de lave Iwo-dake, le cône de scories Inamura-dake et divers dômes sous-marins.

Au 20° siècle, une petite île de 3 km. sur 6 s'est formée sur le contour NO. de la caldera : Satsuma Iwo-jima.

Showa Iwo-jima, un dôme de lave, forme un îlot situé 2 km. à l'est de Tokara, consécutivement aux éruptions sous-marines de 1934-35.

La dernière activité en date a marqué Iwo-dake, un dôme rhyolitique, situé à l'extrémité est de Tokara Iwo-jima.

 

Kikai-caldeira.JPGLes caldeiras jumelles de Kikai sont délimitées en rouge. Selon les sources, on trouve Io-jima.

 

 Iojima_Kagoshima_Japan.jpg                   Io-jima et le volcan Io-dake fumant  - dic. academic.ru

 

Le Kuchinoerabu-jima :

Un groupe de jeunes stratovolcans andésitiques forme l'extrémité est de Kuchinoerabu-jima : les Furu-dake, Noike et Shin-dake sont entrés en éruption et formé un cône composite. Toute l'activité historique se rapporte au Shin-dake, où on note de fréquentes éruptions explosives depuis 1840; la plus importante eu lieu en 1933, et engendra des dégâts dans plusieurs villages.

 

Kuchinoerabu-jima---crat.-du-shin-dake---H.Seo-2000.JPG

  Kuchinoerabu-jima - cratères du Shin-dake (ou shin-take) - photo GSJ by H.Seo.

 

Kuchinoerabu-jima - Jap Met agency

Panaches de vapeur au Shin-dake le 29.09.1980 - photo Japan Meteorological Agency.

sur la fissure provenant d'une brève éruption le 28.09.80 et longue de 800 m.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Kikai - Kuchinoerabu-jima

- Geologiacl survey of Japan - Kikai cakdera - Kuchinoerabu

- Introduction to the landforms and geology of Japan - glgarcs

- Tectonic sliver plates - par Ole Nielsen

- Okinawa trough backarc basin : early tectonic and magmatic evolution - Ifremer par Sibuet J.-C., Deffontaines B., Hsu S.-K., Thareau N., Le Formal J.-P., Liu C.-S. and the ACT party, 1998,  J. Geophys. Res., 103, pp: 30245-30267.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le champ volcanique Ibusuki, situé à la pointe sud de l’île de Kyushu, se compose de nombreux cônes et maars, de la caldeira Ikeda-ko et du stratovolcan Kaimon-dake. Actif à l’holocène, il voit son activité se concentrer depuis 2.650 ans sur le Kaimon-dake.

Le Geological Survey of Japan le subdivise en trois zones principales :

- Le vieux-groupe Ibusuki , avec le volcan Yahazu-dake.

- Le groupe Ibusuki moyen , avec des volcans antérieurs aux dépôts pyroclastiques provenant de la caldeira Ata. (environ 110.000 ans)

- Le jeune-groupe Ibusuki, plus jeunes que les dépôts pyroclastiques de l’Ata, avec l’Ikeda-ko, les dômes de lave Washio-dake et Kiyomi-dake.


 

Topo-et-geologie-du-groupe-Ibusuki---Nakajima.JPGTopographie et géologie du groupe volcanique Ibusuki - doc. GSJ by K.Nakajima.

 

Maar-Unagiike---Ikeda-caldeira-aD---Kiamondake-a-G---2---.JPGle maar Unagiike à l'avant-plan, la caldeira et le lac Ikada à droite et le volcan Kaimon-dake en arrière-plan à gauche. - photo GSJ by H.Seo 2008.

 

La caldeira Ikeda-ko fut formée suite à une éruption explosive majeure, il y a 4.600 ans, qui a libéré 3km³de ponces. Elle est large de 4,5 km.

 

caldeira-Ikeda.JPGLa caldeira Ikeda-ko, avec au centre, le dôme Nabeshima-dake, en partie effondré dans le lac. - photo GSJ by T.Ui.

  Le lac Ikeda est un lac de caldeira ; sa superficie est de 11 km² pour une profondeur maximale de 233 m. Un dôme de lave, le Nabeshima-dake, s’est formé en bordure de la caldeira /du lac.

Il est rempli d’une eau douce d’excellente qualité, utilisée pour la pêche et l’irrigation ; la qualité des eaux a diminué depuis 1955, étant donné la pollution engendrée par la forte population des zones riveraines, augmentée d’un arrivage saisonnier massif de touristes.

 

12e_g_0.JPGLe jeune groupe Ibusuki - avec la caldeira Ikeda-ko, le dôme Nabeshima-dake, les maars Unagiike et Yamagawa. - doc. GSJ by K.Nakajima.

 

De nombreux maars sont associés à la caldeira : l’Unagiike, l’Ikezoko, le Matsugakubo, le Narukawa et le Yamagawa.

 

maar-Unagiike---S.Nakano-2004.JPG                        Le maar Unagiike - photo GSJ by S.Nakano 2004.

  

Le Kaimon-dake est un stratovolcan andésitique, haut de 992 m., qui s’est formé au cours des derniers 4.000 ans.

Son activité est caractérisée par des éruptions sub-pliniennes :

- Il y a 2.000 ans : éruption accompagnée de chute de scories.

- Au 7° siècle : eruption sub-plinienne et phréatomagmatique, accompagnées de chute de scories.

- 29 mars 874 : éruption sub-plinienne accompagnée de chute de scories et lahars ; les flancs sud et sud-ouest sont recouverts de ces éruptats.

- Août-septembre 885 : l’éruption est suivie de la construction d’un dôme, qui chapeaute le volcan.

 

Kaimon-dake - Lee Siebert Smithsonian inst.

               Le Kaimon-dake - photo Lee Siebert / Smithsonian institute / GVP.

 

Kaimondaka---H.Seo-2005.JPG               Le Kaimon-dake vu du SSO. -  photo GSJ by H.Seo 2005

 

Sources :

-Global Volcanism Program - Ibusuki volcanic field

- Geological Survey of Japan - volcans de Kyushu et Okinawa

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Sakura-jima_from_space-Radar.jpg

                        La caldeira Aira et le volcan Sakura-jima - image radar doc. Nasa

 

Le graben Kagoshima et ses caldeiras :

La baie de Kagoshima et ses volcans sont compris dans les limites du graben Kagoshima.

Une série de grandes caldeiras parsème le sol de Kyushu, du nord au sud : La caldeira Aso - vue antérieurement -; et dans le graben, cinq caldeiras : les caldeiras Kakuto et Kobayashi, à proximité du volcan Kirishima; les caldeiras Aira et Ata, situées dans la baie de Kagoshima; et la caldeira Kikai, en grande partie submergée, dans l'arc de Ryukyu, au sud de Kyushu. Ces cinq caldeiras "majeures" incluent des caldeiras de plus petites tailles et des cônes formés post-caldeira.

Ces diverses caldeiras ont été reconnues grâce à des études géologiques et gravitationnelles, et au fait qu'une roche moins dense remplit les caldeiras après leur formation.

 

Kagoshima-graben-et-caldeiras.jpgCarte des caldeiras du graben Kagoshima - doc Eartquake Research Institute University Tokyo. - le tracé du graben est constitué d'une "ligne grise pleine".

 

Différents modèles ont été proposés pour expliquer une anomalie thermique coïncidant avec la localisation des caldeiras. Le rifting et la rotation de la croûte terrestre dans le nord de l'arc volcanique de Ryukyu sont liés au retrait accéléré de la fosse de Ryukyu durant les 2 derniers millions d'années. Ces phénomènes ont fourni un environnement tectonique favorable à la création d'une chambre magmatique importante à un niveau élevé dans la croûte, et un "point chaud" /une anomalie thermique.

 

Topographie-sous-marine.jpgSituation de la fosse de Ryukyu (Ryukyu trench) par rapport au Japon et aux fosses du Japon,  Nankai et Izu-Bonin. - d'après une carte bathymétrique Google / NOAA US.gov.


La baie de Kagoshima est essentiellement formée par la caldeira Aira au nord, la caldeira Ata près de l'entrée de la baie au sud, et un certain nombre de dépressions situées entre les deux.

La caldeira Aira est une dépression, de 23 km. sur 17, en forme d'entonnoir profonde de 4.000 mètres, mais remplie de matériaux de l'explosion originelle et d'explosions ultérieures, ainsi que de sédiments ... si bien que la baie n'a plus actuellement qu'une profondeur d'une centaine de mètres.elle est datée de 24.000 ans environ.

Dans son coin nord-est, une sub-caldeira, nommée Wakimako, d'un diamètre de 6 km. et formée à l'holocène, possède un fond plat à une profondeur de 190 m. et un petit cône responsable de fumerolles sous-marines.

L'éruption qui a conduit à la formation de la caldeira a entraîné un dépôt de plus de 400km³ de ponces et cendres, ce qui équivaut à plus de 100 km³ de magma rhyolitique.

La caldeira Ata, au sud de la baie, s'est formée il y a 95.000 ans; le volume émis lors de l'éruption causale est estimé à 300 km³de ponces et cendres dacitiques.

 

Le Sakura-jima :

Ce volcan, l'un des plus dangereux du Japon, se dresse à l'intérieur de la caldeira Aira, à seulement 8 km. de Kagoshima, une des villes les plus peuplée du Japon.

 

aG-Kita-Dake---aD-Mina-Dake---S.Takeuchi.JPG    Sakura-jima - à gauche, le Kita-dake et à droite, le Minami-dake  -  photo S.Takeuchi.


Ce volcan constitue une présence obsédante dans la vie des habitants de Kagoshima, car ils doivent vivre avec les explosions courantes et leurs retombées de cendres. Ils sont prévenus des moindres risques d'éruption grâce à une surveillance moderne et de tous les instants. Des simulations par ordinateurs, couplées à une surveillance des vents, permettent même de préciser les quartiers où les perturbations sont attendues.

 

La construction du Sakura-jima a débutée il y a environ 13.000 ans, sur la rive sud de la caldeira d'Aira, avec la formation d'une île. Différents cônes furent successivement responsables de l'activité : Le Kita-dake vit son activité se terminer, il y a 4.850 ans, au profit du Minami-dake.

 

3204sak3.jpgTopographie du Sakura-jima avec les différentes coulées de lave datées - les points d'émission sont K: Kita-dake, N : Nika-dake, M : Minami-dake - J : le point de jonction île-continent suite à l'éruption de 1914-1915.- doc. GSJ / GVP.

 

Cratere-Kita-Dake-et-aD-Naka-Dake.JPGLe cratère du Kita-dake - à droite, le Naka-dake - les flancs du volcan sont marqués par d'impressionnantes vallées dénudées. - photo GSJ by H.Seo 2004.


Les éruptions les plus importantes ont pris place en :

- novembre 1471 à octobre 1476 : éruption plinienne de VEI 5 (?) avec émission de volume de téphras : 1.300Mm³ >> vol. de lave : 500 Mm³.

- janvier 1914 à mai 1915 : éruption plinienne de VEI 4 - avec émission de vol. de lave : 1.600 Mm³ >> vol. de téphras : 570 Mm³. Les coulées de lave ont rempli le canal large de 400 m. séparant le Sakura-jima de la péninsule d'Oosumi, connectant le volcan à l'île de Kyushu. L'éruption n'a fait que 58 morts, la population de l'île ayant été évacuée dès les premiers séismes.

 Sakura---er.-12.01.1914-du-port-de-Kagoshima---ph.S.Shashi.JPG

   L'éruption du 12.01.1914, vue du port de Kagoshima - doc. archives GSJ by S.Shashinka.

 

Après quelques éruptions explosives mineures en 1935, 1938, et 39, le volcan resta calme jusqu'en 1946, où un volume estimé à 180 Mm³ de lave fut produit effusivement au cratère Showa (VEI 2).

L'activité fut ensuite de type vulcanien avec chutes de cendres


Ces grandes coulées de lave andésitique ont modifié la côte du Sakura-jima. La nature andésitique des éruptats est probablement le résultat du mélange de deux sources dans une chambre magmatique située à 3-6 km. de profondeur dans la partie sud-ouest de la caldeira Aira. La source dacitique se trouverait sous le centre de la caldeira, alors que la source de basalte serait plus profonde. L'analyse de la composition des laves montre une tendance à la réduction progressive des niveaux de silicates : Bunmei 1471 - 66% contre Showa - 59%. (Arakawa & al. 1988).

La caldeira d'Aira subit en effet une subsidence après l'éruption de 1914, pour retrouver son niveau juste avant celle de 1946, et de subir un nouvel épisode de subsidence ensuite.

Des éruptions vulcaniennes mineures se succèdent dans la seconde moitié du 20° siècle. Depuis 2004, l'activité est incessante ...

 

z01-16.gif                       Eruption Frequency of Mt. Minamidake - Doc. SIVSC / Sabo center


Un beau reportage de Thorsten Boeckel, fin 2009 - début 2010, nous illustre le type d'activité actuelle.

 

Sakura-TB-01.01.10.jpgLe passage à l'année 2010 s'est fait, pour Thorsten Boeckel, en observant des fontaines montant à 700 mètres - Merci à lui de nous faire partager son réveillon ... un clic sur la photo vous mène à son reportage.

 

explosion-cratere-Showa-14.01.2010----S.Nakano.JPG               Sakura-jima - explosion au cratère Showa le 14.01.2010 - photo S.Nakano.

 

Deux spécialités du coin : les daikons et le Sabo.

D'intenses précipitations et la présence sans cesse renouvellée de tonnes de cendres volcaniques engendrent de nombreux lahars.

JAP09_0851.jpg

Photo R.Roscoe / Photovolcanica - accès à sa page sur le Sakura-jima en cliquant sur la photo.

 

 

Pour protéger les populations de ce phénomène destructeur, le système anti-lahar Sabo s'est développé à partir de 1976 : les lahars sont canalisés dans des cheneaux équipés de grilles, de barrages divers, de bassin de décantation, et surveillé en temps réel en divers points du système par toutes sortes d'instruments (caméras et senseurs divers reliés au système informatique).

 

Les Sakura-jima daikons sont des radis blancs géants, d'un poids moyen de 6 kg., mais pouvant peser jusqu'à 30 kg. et qui arrivent à cette taille uniquement sur ce sol volcanique.

 

800px-Sakurajima_daikon.jpgDes Sakurajima Daikon - radis géants de Sakurajima - photo wikipedia /Jason7825.

 

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program -  Sakura-jima

- Geological Survey of Japan - Sakura-jima

- The caldera eruptions in Ryukyu arc : as infered the thermal anomaly in Kyushu. - Chang-Hwa Chen - Kyoto Univ. - lien

- Japan : Kyushu and Tokara islands - 25.12.2009/09.01.2010

  From Etna to Stromboli, le site de Thorsten Boeckel.

- Sakurajima international volcanic Sabo center - lien

- Photovolcanica - Sakurajima volcano - par R.Roscoe : le volcan et le système Sabo.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le sud de l’île de Kyushu renferme quelques volcans importants, dont le groupe Kirishima et le Sakura-jima ; ils font partie du graben Kagoshima.

Ce graben comporte de nombreuses caldeiras distribuées N-S., dont le produit des énormes éruptions du Pléistocène, coulées et dépôts pyroclastiques, ont couvert les plaines entourant la baie de Kagoshima pour former un plateau (voir en rose, partie basse de la carte ci-dessous : les roches ignées quaternaires entourent la baie de Kagoshima)

 

geo kys 2                         Carte géologique de Kyushu - Geological survey of Japan.


Le groupe Kirishima :

Ce groupe important s’est formé de la fin du Pléistocène à l’Holocène ; il occupe une large zone de 20 km. sur 30, au nord de la baie de Kagoshima, et se compose de stratovolcans, cônes pyroclastiques, maars et volcans-boucliers sous-jacents.

 

kirishima_volcano_japan_photo.jpgLe Takachihonomine au centre, et l'Ohachi-dake à droite - photo prise du Shiinmoe-dake / GSJ/J.Itoh.

  14 15map

               Carte de situation de la caldeira Kakuto et du groupe Kirishima - GSJ.

Au centre du groupe, les plus grandes structures se déclinent en :

-        stratovolcans alignés sur un axe E-O. : le Karakumi-dake en constitue le point culminant avec 1700 mètres. Le Shinmoe-dake, l’Ohachi-dake et le Takachihonomine complètent la série.


kirishima-gr.---Crat-Karakuni-dake-aG-Onamiike---H.Seo.JPG

Le cratère du Karakuni-dake - à gauche de la photo, l'Onami-ike - photo GSJ by H.Seo

 

kirishima - Shinmoe-daka - 99 T.Arimura

Le cratère du Shinmoe-dake occupé par un lac de cratère et deux autres petits cratères à l'avant-plan (centre et à droite) - photo T.Arimura .

 

kirishima gr. - Shinmoe-dake - H.Seo 2002

Vue aérienne du Shimnoe-dake permettant de bien positionner les 3 cratères internes et une chaîne d'évents fissuraux sur le flanc à droite -  photo H.Seo / GSJ.


Kirishima-gr.---Crta.Ohachi---Takachihonomine-arr-plan---H-JPG

Le cratère de l'Ohachi vu de l'ouest - le Takachihono-mine à l'arrière-plan

photo GSJ by H.Seo.


-        deux larges maars, l’Onami-ike et le Mi-ike sont localisés au sud-ouest et à l’est du Karakuni-dake.

 

Kirishima gr. - Onamiike maar

                    L' Onami-ike - maar - photo GSJ / T.Arimura 2001

 

L’activité aux 20-21° siècles concerne l’Ohachi-dake et le Shinmoe-dake :

-        16.02.1900 : éruption de l'Ohachi – 2 morts

-        08.et 11.1903 : éruption de l'Ohachi

-        11.1913- 01.1914 : 3 éruptions et chute de cendres à l’Ohachi

-        1923 : éruption de l'Ohachi – 1 mort

-        17.02.1959 : Eruption phréatique au Shimnoe-dake, avec chutes de cendres

-        12.1991-02.1992 : éruption phréatique et panache de cendres au Shinmoe-dake

-        22.08.2008 : éruption phréatique au Shinmoe-dake.

 

Sources :

- Geological Survey of Japan : Kirishima-yama

- Global Volcanism Program - Kirishima

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Unzen_volcano.jpg

Image radar de la péninsule de Shimabara et du massif de l'Unzen - Image courtesy: NASA/JPL-Caltech

 

Le complexe volcanique Unzen-dake:

Situé sur la péninsule de Shimabara, sur l'île de Kyushu, dans le graben Beppu-Shimabara, le complexe de l'Unzen se compose de trois édifices distincts répartis dans un secteur de 20 km. de diamètre : Le Kinugasa au nord, le Fugen-dake au centre-est et le Kusenbu au sud.

Chaque édifice est à son tour formé d'un grand nombre de dômes de lave andésitique et dacitique qui se sont construits sur des matériaux pyroclastiques.


AGU2001-8.gif

De haut en bas : les divers stades de formation de l'Unzen - GSJ 

Pre-Unzen stage  0.5-2 Ma
Monogenetic volcanism of olivine basalt & pyroxene andesite across the whole Shimabara Peninsula
Weak development of magma chamber
Fractional crystallization dominant differentiation

Older Unzen stage  0.15-0.5 Ma
Birth of Unzen startovolcano(hornblende andesite) in the middle of the Shimabara Peninsula
Development of Unzen graben (crustal thinning and the rise of Moho)
Formation of felsic magma by crust melting
Development of crustal magma chamber and effective magma mixing of mafic and felsic magmas
Explosive pumice eruption

Younger Unzen stage  0-0.15 Ma
Conversion of volcanic and fault activities in the central part of the Shimabara Peninsula
Lava dome growth and dome-collapse pyroclastic flows
Repeated edifice failure

 Unzen map 2 K.Nakajima

                       Image topographique 3D del'Unzen - doc. GSJ by Nakajima.

 L'avalanche de débris du Mayu-yama est signalée en brun (M).

 Le nouveau dôme est aussi appelé Heisei-Shinzan.; ses émanations sont colorée en parme (P-D)

 

Les volcans Fugen-dake et Mayu-yama , situé au centre du complexe Unzen, ont été actif durant l'holocène.

Le complexe de dôme de lave Mayu-yama s'est formé voici 4.000 ans et fut la cause del'éruption de 1792. Le sommet du volcan fut secoué par une série d'explosions phréatiques, avec des coulées de lave dacitiquede 3,5 km. sur les flancs. quelques mois plus tard, l'écroulement du dôme de lave engendra une avalanche de débris qui engloutit 9.528 personnes sur son passage vers la mer; la majeure partie de l'avalanche déclencha, en entrant dans la mer, un tsunami qui tua 4.996 autres personnes.

Ce fut la pire catastrophe d'origine volcanique de toute l'histoire du Japon.


L'activité s'est reportée ensuite sur le sommet et les flancs du Fugen-dake.

En 1989, le volcan enregistre une crise sismique qui dure 12 mois, au cours desquels l'épicentre, situé d'abord à 10 km. au large, se rapproche progressivement du volcan.

En novembre 1990, deux cratères sommitaux présentent une activité explosive, avec des phases phréatiques ou phréatomagmatiques, qui se poursuit jusqu'en mai 1991.

 

Fugen-dake---Kitakami-koba-15.04.91-avant.JPGLe Fugen-dake, le 15 avril 1991, vu de Kitakami-koba : avant l'émergence du dôme - ce village fut détruit par une coulée pyroclastique en juin 1991 - doc. GSJ by N.Ozeki.


Le 20 mai 1991, un dôme dacitique émerge du cratère Jigku-ato. Il s'appelera Heisi-shinzan.

Quatres jours plus tard, les premières portions du dôme commencent à s'écrouler, avec production des premières coulées pyroclastiques.

 

Unzen - coulée pyro 29.05.91 vu du plateau Inaoyama - N.OFugen-dake - coulée pyroclastique du 19 mai 1991, vue du plateau Inaoyama au NO - photo GSJ by N.Ozeki.


Le 3 juin 1991, à 15 h.58, une nuée plus importante parcourt un chenal de 4 km. en direction de la ville de Shimabara, tuant au kraffts.JPGpassage 43 personnes dans les environs du village de Kitakami-koba, dont trois volcanologues bien connus, Katia et Maurice Krafft, et Harry Glicken, un spécialiste des nuées ardentes.

Ironie du sort, ces volcanologues , pourtant bien tansan5.JPGau courant des dangers des coulées pyroclastiques, se trouvaient pile sur un couloir lui permettant un parfait déploiement. Plus encore, Glicken s'était fait remplacer par David Johnston, le 18 mai 1980, au St.Helens pour pouvoir passer un entretien dans une université californienne... et avit échappé de ce fait à un mort violente.

Petites images des Krafft et de la nuée ardente extraites de clip vidéo d'époque.

 

18_64A4---03.06.91.JPGUnzen - 03 juin 1991 - LA nuée ardente qui a tué les Krafft et 41 autres personnes, vue du flanc nord - photo GSJ by N.Ozeki.

 

Unzen---avant-la-coulee-pyro---N.Ozeki-20.09.91-copie-1.JPGFugen-dake - le dôme vu de nuit le 10 septembre 1991, 5 jours avant un nouvel effondrement causant une coulée pyroclastique - photo Ozeki / GSJ.


Ce type d'activité s'est poursuivi jusqu'en février 1995. En 1996, deux nouvelles phases d'effondrements accompagnées de nuées ardentes eurent lieu.

 

Fugen-dake-1994.JPGFugen-dake - le dôme de lave Heisei-shinzan, vu du nord-est, le 25 octobre 1994 - photo T.Soya / GSJ.

 

 

                                                        *     *     *     *     *     *     *     *

 

krafftnuee-copie-2.jpg

 

Une pensée pour Katia et Maurice Krafft, qui nous ont quittés trop tôt, dévorés par leur passion.

Géologue-volcanologue, il a fondé avec son épouse, géochimiste, le centre Vulcain, spécialisé dans la phénoménologie des éruptions volcaniques. Auteurs d'une vingtaine de livres et de six longs métrages, ils ont aussi rassemblé la plus grande bibliothèque volcanologique au monde et une importante collection iconographique.

"Ils ont parcouru le monde pendant vingt-cinq ans, d'éruption en éruption, pour retranscrire avec sensibilité leurs émotions vécues sur le terrain et fait ainsi un travail novateur de vulgarisation scientifique dans le domaine de la volcanologie. ...

Ne faisant partie d'aucun organisme officiel, indépendants d'esprit comme sur le plan financier, travailleurs acharnés, souvent jalousés, ils ont marqué le monde de la volcanologie".  (A.Demaison)

Maurice Krafft écrivait en 81 : " ... Si nous avons encore le courage de vivre dans notre société moderne, c'est grâce aux volcans, aux joies qu'ils nous apportent, pour leur beauté, leur sérénité, leurs embrasements, leur violence qui, peut-être un jour, aura raison de notre témérité. " ... ou disait encore, dans un énorme éclat de rire :

  "la vie est la seule aventure dont on ne sort jamais vivant ! "

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Unzen

- Volcanotectonic history and magmatic evolution of the Pliocene-Quaternary volcanism of the Shimabara peninsula, Southwest Japan - par K.Uto, H.Hoshizumi, H.Nguyen, K.Oguri et M.Sudo /Geological Survey of Japan. - lien

- Geological Survey of Japan- Unzen-dake

- Geological survey of Japan - Kirishima-yama

 

 

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog