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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


Kyushu, l'île la plus méridionale de l'archipel nippon, est considéré comme le lieu de naissance de la civilisation japonaise.

Elle contient de nombreux volcans importants : L'Unzen-dake, l'Aso-san, le Kirishima-yama, le Sakura-jima pour ne citer que les plus connus.


Kyushu                                      Carte de situation des volcans de Kyushu - doc. GSI.

 

Tectonique locale :

Kyushu peut se diviser en trois zones délimitées en partie par de grandes failles :

- Kyushu sud, au sud de la ligne tectonique Usuki-Yatsushiro, prolongement de la MTL - mediantectonic line qui court depuis le nord d'Honshu.

- Kyushu centre : constitué des terrains entourant et faisant partie d'une aire de subsidence, appelée graben de Beppu-Shimabara, a  comme limite sud une branche de la ligne tectonique Usuki-Yatsushiro.

- Kysushu nord : le reste de l'île.

 

Tectonic_map_of_southwest_Japan-copie-copie-1.jpgLigne tectonique et grabens (tracés approximatifs) de Kyushu - d'après la carte tectonique sud-Japon / Wikipedia.

Beppu-Shimabara graben : entre ...  -  Kagoshima graben : entre  ...

 

A l'extrême sud de Kyushu, les volcans datant du quaternaire suivent parallèlement l'arc de Ryukyu. Le graben Kagoshima a vu une intense activité volcanique au Pléistocène, avec la création de grande caldeiras qui ont poinçonné le graben du nord au sud, respectivement les caldeiras Kakuto, Kobayashi, Aira, Ata, et "inferred caldera". Les produits pyroclastiques de ces énormes éruptions se sont répandus largement sur les terres entourant l'actuelle baie de Kagoshima pour former un plateau.

 

Le centre de Kyushu abrite entre autre deux volcans importants : L'Aso-san (dernière manifestation en 2008) et l'Unzen-dake (dernière éruption en 1996)

 

Le complexe volcanique de l'Aso :

Une énorme caldeira, de 24 km. sur 18, résultant de la coalescence de plusieurs caldeiras, abrite une quinzaine de cônes et de nombreuses sources thermales.

 

AsoSan----N.Nakajima.JPG               Carte topographique de la caldeira Aso - doc. GSJ by Nakajima.

 

caldeira-ASO---Oikawa-10.2006.JPG                    La caldeira Aso - vue de la paroi NO. - photo Oikawa 2006.


La formation des caldeiras se décline en plusieurs périodes: la première caldeira est datée de 300.000 ans, date à laquelle une énorme éruption et l'émission d'un volume considérable de ponces vida en quelques heures la chambre magmatique provoquant l'effondrement de son toit, avec formation de la première caldeira. Les ignimbrites ont couvert la majeure partie de Kyushu.

Quatre phases d'éruptions avec émission de produits pyroclastiques , qualifiées d'Aso 1 à Aso 4, se succédèrent.

La caldeira prit sa forme actuelle, il y a 70 à 80.000 ans., avec l'Aso 4 : 600 km³ de tephras et dépôts pyroclastiques.

 

Un groupe de 17 cônes se sont élevés au centre de la caldeira; parmi ceux-ci, le Neko-dake, estimé être le plus ancien (1.408 m.), le Kishima-dake (1.270 m.), le Narao-dake (1.331 m.), l'Eboshi-dake (1.337 m.), le Taka-dake, le plus élevé (1.592 m.) et le Naka-dake, le plus actif au cours des temps historiques.

 

Aso-caldeira---Cone-scories-Yonezuka---S.Nakano-1989.JPGComplexe Aso - Le cône de scories Konetzuka formé il y a 1800 ans- photo GSJ by S.Nakano.

 

Le Naka-dake a un cratère large de 600 mètres pour une profondeur de 160m. Il contient un lac de couleur verte, acide, fumant et parfois bouillonnant. Ces émanations sont contrôlées et les résultats conditionnent l'admission des visiteurs au cratère. L'inflation du volcan est contrôlée par des mesures laser, faites par l'Aso Volcanological Laboratory.

 

MountAso_Nakadake_crater---Von-Tasha.jpg                 Le cratère du Naka-dake et son lac acide et chaud - photo Von Tasha.

 

Les éruptions historiques - 170 depuis l'an 553 -  furent de nature basaltique à basalto-andésitique, avec des émissions de cendres, des épisodes strombolien et phréatomagmatiques prenant périodiquement le relais.

 

800px-MountAsoBunkers---Von-tasha.jpg                       Les bunkers anti-bombes du Naka-dake - photo Von Tasha.

 

La caldeira est fortement occupée par quelques 100.000 personnes, sans compter les nombreux visiteurs de ce site volcanique prisé. Aso, une grande agglomération, compte à elle seule 30.000 habitants en 2005.

 

Les gorges de Takachiho-Kyo, à proximité de l'Aso, abritent de superbes orgues volcaniques.

 

gorges-de-Takachiho-kyou-et-chute-Manai.jpg                La gorge de Takachiho-kyo et la chute Manai - photo Juunyoh Tanaka.

 

Demain, les volcans Unzen et Kirishima, puis...

 

Lectures :

- Visite de l'île de Kyushu - par Nathalie Duverlie, revue LAVE n°130 janvier 2008.

- Volcans sacrés et sacrés volcans de Kyushu - par Patrick Barois, revue Lave n°143 mars 2010.

 

Sources :

- Global Volvcanism Program - Aso

- Geological Survey of Japan - Aso-san

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

800px-Onsen_in_Nachikatsuura-_Japan---C.Gunther.jpg

            Un Onsen à Nachikatsuura, sur l'île de Honshu - photo Christian Günther.

 
L'onsen, littéralement "source chaude", est un bain thermal japonais, bain chaud dont l'eau est généralement issue de sources volcaniques, parfois réputées pour leurs vertus médicinales.

Selon la loi, il faut que la source délivre de l'eau à plus de 25°C, devant contenir plusieurs éléments minéraux.

Ces ont des lieux de détente et relaxation, qui proposent bien souvent en plus du bain lui-même, des possibilités d'hébergement et de restauration. Le terme "onsen" désigne d'ailleurs indifféremment la source et les installations qui l'entourent.

Les plus appréciés sont situés à l'extérieur, face à un paysage préservé et construits en matériaux naturels, pierre et bois.

 L'Onsen est souvent complété par un sanctuaire Shintoïste et des statues Bouddhistes ce qui permet de purifier son corps et son âme.
Certains onsen, du fait de leur association avec un sanctuaire religieux, sont emprunts de légendes et mysticismes en tout genre.

 

Quelques particularités :

En ce lieu, la nudité est de rigueur et les visiteurs ne disposent que d'une serviette susceptible de cacher leur partie génitale. Autrefois les deux sexes étaient mélangés, mais depuis l'ère Meiji et l'ouverture vers l'occident très peu de bains acceptent cette pratique mixte, critiquée par les Américains.


onsen--magazine-du-tourisme.jpg

                                                Onsen mixte - doc. magazine du tourisme.

La petite serviette blanche, sur la tête du nageur du fond, va lui servir à couvrir pudiquement une infime partie de son anatomie au sortir de l'eau.

 

Le maillot de bain n’est donc pas autorisé dans les Onsen, excepté dans les centres qui ressemblent plus à des parcs aquatiques que des centres thermaux.

La nudité n’est pas perçue de la même façon selon les pays et au Japon, si attaché aux traditions anciennes, le corps nu n’offense pas la vue. Au contraire, les japonais considèrent les onsen comme des lieux où la nudité collective permet de mieux se connaître.


Certaines règles de propreté doivent être respectées, tous les baigneurs doivent se laver et se rincer AVANT d'entrer dans les bassins. Les japonais ne comprennent pas notre manière de prendre le bain, qu'ils trouvent impropre. Ils estiment que les occidentaux se lavent dans un eau sale, car ils n'ont pas pris la peine de se nettoyer avant.
Sachez que vous ne pourrez pas entrer dans un onsen  si vous possédez une tatouage. Au Japon, ils sont peu appréciés car assimilés aux pratiques des samouraïs et des marginaux.

 

Les onsens m'intéressent particulièrement , non seulement pour leur alimentation par des sources chauffées par les volcans, mais aussi parce qu'ils ont été adopté par des cousins primates. 

 

JapaneseMacaqueM2262---Fg2-wiki.jpg      Epouillage méticuleux dans la douce chaleur d'un onsen fumant - photo Fg2/wikipedia.


Le Macaca fuscata, le macaque japonais, est aussi le singe le plus "nordique" au monde. Aidé par son pelage fourni, il résiste bien au froid. La neige est bien souvent abondante dans sa zone d'habitat, et lorsque les températures chutent sous les moins cinq degrés, ils viennent se réchauffer dans les sources thermales existant dans ce même habitat. Ils ont gardé cette bonne habitude même par des temps moins froids... adaptation à un certain confort ?

Ils s'adaptent à leur milieu et bien qu'appartenant à une espèce, chaque groupe de macaques acquiert sa "propre culture" au gré des découvertes, influencées par l'apprentissage ou l'environnement. Un singe de l'île de Koshima a appris à laver les patates douces qu'on lui donnait, pour les débarrasser du sable qui les souillait ... l'habitude s'est transmise à ses congénères, qui la reproduise même avec des patates propres.

 

5171_1264012859_81475.jpg                  En voilà trois qui sont en passe de faire un "coup de chaleur"  - photo Wazoo.


Ils sont célèbres à Shiga Kogen et Jigokudani Yaen Kōen, au plus profond de la vallée de l'enfer... au japon, on donne l'appellation d'enfer - jigoku - à un endroit dès qu'il y existe un geyser, ou une source chaude.

 

Beatitude---french.china.org.jpg                         "C'est le pied ! " - photo french.china.org.

 

Il existe des onsen sur toutes les îles de l'archipel Japonais ... ici sur Kyushu, où dès demain, nous analyserons d'autres volcans.

  

 

Chinoikejigoku in Beppu Japan 001 -yosemite                             Chinoike jigoku à Beppu, sur l'île de Kyushu- photo Yosemite /wikipedia

Le Chinoike Jigoku, ou "enfer du bassin de sang" contient un lac dont la couleur est dûe à une forte concentration en boues ferrugineuses.

 

ViewFromInPoo---J.Harvey.jpg

                                      Un dernier ... " vu de In Poo" - photo J.Harvey.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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                                            Le Fuji-san chapeauté  - photo Declan Murphy

 

Fuji----SE---M.Shirao-07.01.2010.JPG

                       Le Fuji-san, vu du sud-est - photo M.Shirao, le 07.01.2010.


Le mont Fuji est situé dans le centre  de l'île principale de Honshu, encadré par les Alpes japonaises au nord-ouest et l'océan Pacifique au sud-est. S'élevant à 3 776 mètres d'altitude au pic appelé Shin-Fuji , il constitue ainsi le point culminant du Japon  , visible les jours de beau temps deTokyo, situé à moins de 100 kilomètres au nord-est.

Il est bordé au nord par les cinq lacs Fujigoko : le lac Motusu, le Shoji, le lac Sai, le lac Kawaguchiet le lac Yamanaka.  À ses pieds s'étend la forêt d'Aokigahara.

La topographie est celle d'un stratovolcan : cône symétrique de trente kilomètres à la base, ses pentes régulières s'élèvent à 3.776 mètres d'altitude, conférant à ce volcan un volume impressionnant de 870 km³.

 

Fuji-crat.sommit.---S.Nakano.JPG

                      Le cratère sommital du Fuji-san  -  photo GSJ by S.Nakano.


Le cratère sommital est large de 5 à 700 mètres, pour une profondeur variant entre 100 et 250 mètres.

La seule irrégularité de ses pentes est constituée par le cratère Hôei-san, situé à 2.300 m. d'altitude.

 fuji---T.Iwaya.JPG             Topographie du Fuji-san et des cins lacs Fujigoko. Doc.GSJ.

Toponymie et étymologie :

L'origine du nom Fuji reste incertaine. Une étymologie populaire récente affirme qu'il provient de 不二 (négation + chiffre 2), signifiant « sans égal ». Une autre affirme qu'il provient de 不尽 (négation + « échappement »), signifiant « sans fin ». Un enseignant classique japonais de la période Edo, Hirata Atsutane, explique quant à lui que le nom est dérivé d'un mot ayant pour sens « une montagne s'élevant avec la forme de l'épi d'un plant de riz ». Un missionnaire britannique, John Batchelor (1854-1944) émet l'hypothèse que le nom provient du mot aïnu pour « feu » (fuchi) de la déesse Kamui Fuchi mais il est contredit par le linguiste japonais Kyōsuke Kindaichi (1882-1971) sur la base des développements phonétiques. Aussi, huchi signifie « vieille femme » et ape « feu », ape huci kamuy étant la déesse du feu. Des recherches sur la distribution des noms de localités incluant fuji suggère que l'origine du nom est yamato plutôt que aïnu. Enfin, un toponymiste japonais, Kanji Kagami, explique que le nom a la même racine que « glycine» (fuji) et « arc-en-ciel » (variante de niji) et provient de ses « longues pentes bien formées »     . Un texte du Taketori monogatari   dit que le nom vient d'« immortel » (不死, fushi) et de l'image d'abondants (富, fu) soldats (士, shi) grimpant les versants de la montagne.

 

Formation :

La forme conique régulière du Fuji-san, symbole d'une perfection toute japonaise, ne reflète pas son origine complexe.

Les études géologiques ont déterminé quatre phases d'activité volcanique distinctes dans la formation du mont Fuji. La première phase, appelée Sen-komitake, est composée d'un cœur d'andésite récemment découvert en profondeur sous la montagne. La deuxième, Komitake-Fuji, consiste en une couche de basalte probablement formée voici plusieurs centaines de milliers d'années. Il y a 100 000 ans environ, le « Vieux Fuji » se serait formé par-dessus le Komitake-Fuji.

Le stratovolcan symétrique moderne s'est construit à une époque post-glaciaire sur ce groupe de volcans qui se chevauchent.

La croissance du jeune Fuji a débuté, entre 11.000 et 8.000 ans avant JC. par de volumineuses coulées de laves, qui ont produit les 4/5 du volume du volcan.

L'activité se traduit ensuite, de 8.000 à 4.500 avant JC., par des éruptions explosives mineures, puis par des coulées de laves majeures entre 4.500 et 3.000 avant JC.

Ensuite, des éruptions explosives se succèdent par intermittence, accompagnées de coulées pyroclastiques et de lave.

Entre 3.000 et 2.000 avant JC., ce sont les éruptions sommitales qui dominent; puis l'activité se déplace vers les évents de flancs.

 

Les flux basaltiques émis par le cratère sommital et les quelques cent cônes de flanc sont bloqué les drainages côté nord, permettant la formation des "cinq lacs du Fuji".

Le mont Fuji est actuellement classé actif avec un faible risque éruptif. La dernière éruption enregistrée a commencé le 16 décembre 1707 et s'est terminée autour du 24 février 1708, durant l'époque Edo. Elle est parfois appelée « grande éruption Hôei». Pendant cet évènement, un nouveau cratère, ainsi qu'un second pic, appelé Hōei-zan, se sont formés à mi-pente  , sur le versant sud-est de la montagne. Les scientifiques prédisent une activité volcanique mineure dans les prochaines années.

 

Fuji-et-Hoei-crat.du-SE---S.Suto-2005.JPGLe cratère sommital et le cratère Hôei, vus du SE. - photo S.Suto 2005 / GSJ.

 

Les éruptions les plus importantes :

- 1350 avant JC : VEI 5 - vol.téphras émis : 1.100 Mm³

- 1030 av. JC : VEI 4+ - vol.téphras émis : 650 Mm³

- 930 av. JC : VEI 5 - vol.téphras émis : 1.300 Mm³

 

- 800 après JC : VEI 4

- 864 ap. JC : VEI 3 - vol. laves émis : 1.300 Mm³

  de la lave comble le vaste lac Senoumi, le divise en deux pour

  former les actuels lacs Sai et Shoji ; c'est "l'Aokigahara lava"

   lieu actuellement couvert par le forêt d'Aokigahara.

- 1707 ap. JC : VEI 5 - vol.téphras émis : 2.100 Mm³ - cratère Hôei

 

Le Fuji : sacré montagne et montagne sacrée.

Le mont Fuji est une montagne sacrée depuis le 7°siècle  De nombreux synonymes japonais du mont Fuji rendent eux aussi compte de son caractère religieux.

Dans le shintoïsme, la légende raconte qu'un empereur ordonna de détruire au sommet de la montagne un élixir d'immortalité qu'il détenait : la fumée qui s'en échappe parfois serait due à ce breuvage qui se consume.

fuji-2-ceb36.jpgDe plus, selon la tradition, les divinités shintô Fuji-hime et Sakuya-hime y habiteraient tout comme Kono-banasakuya-hime, « La princesse qui fait fleurir les arbres » (en particulier les cerisiers).

 


Le bouddhisme vénère quant à lui sa forme rappelant le bouton blanc et les huit pétales de la fleur de lotus.Toutes ces raisons font que son ascension est interdite aux femmes jusqu'en 1872: une chapelle appelée Nyonin-do (« refuge des femmes ») leur permet d'attendre à l'abri leurs maris, fils ou frères.

Des confréries (fuji-kô) se sont établies depuis le 17° siècle au pied du Fuji afin de vénérer la montagne et d'y organiser des pèlerinages. C'est à l'époque du décès de Jikiguô Miroku, mort en jeûnant au mont fuji,en 1733, que la foi s'est transformée en religion et que l'ascension est devenue rituelle.

 

fuji07.jpg

 

Pour ceux que l'ascension intéresse :

L'équipement "montagne-de nuit" est indispensable, la nourriture et la boisson aussi !

Actu-7-0464-copie.jpgOn peut acheter pour 1200 yen un bâton de pèlerin, muni de clochettes et d'un fanion, que l'on fera estamper à chaque refuge ... souvenir !

Les pistes (au nombre de 4) vous menant au sommet se trouvent sur la partie est du volcan. Les pistes sont divisées en 10 étapes. A chaque étape vous trouverez une infrastructure d’accueil plus ou moins sommaire.
Des bus peuvent vous conduire directement à l’étape n°5. Au-delà il vous faudra marcher. De l’étape n°5 au sommet il vous faudra environ 5 heures par la piste Kawagusgi-ko, 4h30 par la piste Subashiri, plus de 8 heures par la piste Gotenba et, environ 3h30 en utilisant la piste Fujinomiya.
Un sentier accessible par l’ensemble des pistes au niveau de l’étape n°5 permet de faire le tour du mont Fuji. Pour cette promenade il vous faudra plus d’une heure.
Les piste sont ouvertes en été (juillet - août). Le soleil peut vite devenir insupportable. Aussi nous vous conseillons de grimper de nuit et en semaine (moins de monde).
Vous assisterez ainsi au lever du soleil, un événement particulièrement apprécié des Japonais.

 

Demain, les "onzen" ...

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fuji

- USGS photo glossary : VEI - Volcanic explosivity index

- liste des éruptions de VEI > 4, durant l'holocène sur le GVP

- fiche pratique pour la montée au fuji - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'île de Honshu est la plus grande de tout l'archipel japonais avec 230.800 kilomètres carrés, soit plus de la moitié de la superficie totale du pays. Elle est même la huitième plus grande île au monde.

Elle est située au centre de la nation et elle est la plus dense en population avec 93 millions d'habitants, soit près de 75% de la population totale.

Les principales villes du pays comme Kyoto, Osaka et Tokyo, la capitale, y sont situées. Plusieurs multinationales, comme celles de l'industrie de l'automobile et de l'électronique, y ont établi leur siège social, principalement dans la région de Tokyo et de Osaka.

Le relief, très accidenté dans le centre de l'île, est principalement couvert de forêts. Toutefois, sur les côtes, on y retrouve des plaines qui ont vu naître quelques unes des plus grandes villes du monde. C'est aussi sur l'île de Honshu que l'on retrouve le point le plus élevé du pays, le mont Fuji.

 

Les volcans de l'île de Honshu :

 

act_map_e.gif

 

            Carte des volcans d'Honshu, situés majoritairement au nord et au centre de l'ile.

                                   Doc. Geological Survey of Japan.

 

Nous examinerons les volcans du centre de Honshu, plus accessibles au départ de Tokyo, et jouissant d'un environnement tectonique propice à leur activité courante.

 

L'Asama-yama :

 

AsamaYama---Fievartsy-wiki.jpg                  L'imposante masse de l'Asama-yama - phot Fievartsy /wikipedia.

 

L'Asama est situé à un point de jonction triple; c'est ici que se rencontrent l'arc Izu-Bonin, l'arc du Japon-NE., et l'arc du Japon SO. De profondes modifications de la croûte terrestre ont créé un contexte complexe : le centre de Honshu est parcouru de nombreuses failles; les plus importantes sont l'ISTL - la faille Itoigawa-Shizuoka et la MTL - la faille tectonique médiane.

L' ISTL est à la frontière entre les parties SO. et NE. de l'arc japonais; la MTL, longue de 1.000 km., est une zone de faille consistant principalement en failles de décrochement latéral et sépare l'arc japonais du SO. en deux zones, une "zone pacifique" et une "zone intérieure"... le front volcanique, qui suit l'arc japonais depuis le nord-est d'Honshu, bifurque soudain à l'approche de la faille ISTL en direction du sud et de l'arc volcanique Izu-Bonin.

 

Tectonic_map_of_southwest_Japan-copie.jpgPosition des failles sur Honshu - modifications d'après carte tectonique Wikipedia /Pekachu                  

 

La Fossa magna : (en rose sur la carte tectonique)

C'est une dépression tectonique, située à l'est de la faille ISTL; sa frontière ouest suit la faille ISTL, sa frontière-est est moins bien définie mais semble suivre les failles Kashiwazaki-Chiba et Shibata-Koide.

La Fossa magna s'est effondrée à une période où les îles japonaises se sont déplacées depuis le bord du continent asiatique vers leur position actuelle, avant de s'élever. Elle est fort profonde; les sédiments néogènes s'y sont accumulés sur une épaisseur de 5.000 à 10.000 mètres par places. Les roches volcaniques, produites par un volcanisme intense au cours de l'expansion de la mer du Japon, s'y sont également déposé.

 

Les monts Tanzawa, qui faisaient partie de l'arc Izu-Bonin en mouvement vers le nord, sont entré en collision avec Honshu, il y a 6 millions d'années, et furent rehaussés par le collision continue avec l'arc Izu-Bonin.

La péninsule Izu est elle entrée en collision avec Honshu, il y a un à deux millions d'années et les volcans du quaternaire se sont édifiés sur ce sous-bassement péninsulaire composé de laves, roches volcaniques et sédiments sous-marins.

 

Ce contexte tectonique vaut pour les différents volcans illustrés ici et pour le Fuji-san également.

 

Asama---Topogr.---K.Nakajima.JPG                               Topographie de l'Asama-yama - Doc.GSJ by K.Nakajima.

 

Asama---cone-Maekakeyama--crat.-Kamayama---somma-Kuforuyam.JPGLe cône pyroclastique Kama-yama, situé dans le cratère du Maekake-yama. On aperçoit la somma Kurofu-yama sur la droite - photo GSJ by M.Shirao

 

Un ancien volcan andésitique, le Kurofu-yama, vit sa caldeira en partie détruite par un glissement de terrain à la fin du Pléistocène (- 20.000 ans BP).

Le moderne Maekake-yama s'est édifié dans la partie est de la caldeira en fer-à-cheval du Kurufu-yama. La croissance du volcan-bouclier dacitique s'est accompagnée de coulées pyroclastiques ponceuses, il y a entre 14.000 et 11.000 ans BP. Le dôme de lave Ko-Asama-yama, situé sur le flanc est, a commencé à croître à la même époque.

Le Maekake-yama n'est âgé que de quelques milliers d'années (7.200 ans av.JC, selon le GVP) ; il est coiffé par le cône pyroclastique Kama-yama, qui forme l'actuel sommet. Son activité fut marqué par de nombreuses éruptions pliniennes, les deux dernières en date eurent lieu en 1108 et 1783 après JC, avec une VEI respectivement de 5 et 4, pour un volume de tephras émis de 1.300 Mm³ et 430 Mm³.

Il est toujours fort actif au 21° siècle , avec des éruptions en février 2003, septembre 2004, août 2008 et janvier 2009.

 

Asama---16.09.2004---M.Ohwada.JPG                     L'éruption de 2004 - photo M.Ohwada prise le 16 septembre 2004.

 

Le groupe Yake-dake :

 

Le Yake-dake, du nom générique signifiant "Montagne brûlée" appliqué à plusieurs structures volcaniques japonaises, est situé dans les monts Hida près de la station Kamikochi.

 

Yakedake01s2010---663highland.jpg                Le lac Taisho et le Yaka-dake - photo 663highland/wikipedia.


Ce petit stratovolcan andésitique s'est construit à califourchon sur une crête séparant deux anciens volcans : le Warudani-yama et le Shiratani-yama.

Il possède un cratère sommital de 300 mètres de large et ses flancs SE. et N. sot troués de cratères d'explosion.

L'Akandana-yama est un stratovolcan avec dôme de lave, situé à 4 km. au SSO. du Yake-dake.

 

80_g_0-copie-1.JPG

             Carte topographique du groupe Yaka-dake - doc. GSJ by K.Nakajima.

 

Yake-dake---crateres-sommit.---S.Nakano.JPG        Les cratères sommitaux du Yaka-dake - photo S.Nakano / GSJ.

 

L'activité du Yake-dake consiste, au 20° siècle, en de fréquentes éruptions phréatiques; en 1995, une explosion dans la zone géothermale a tué deux personnes sur le site de construction d'une autoroute.

 

Le complexe Hakone-yama :

 

Deux caldeiras qui se recouvrent abritent les structures volcaniques de l'Hakone-dake; la plus grande mesure 10 km. sur 11.

Elles furent formées lors de deux éruptions majeures suivies d'effondrements, respectivement il y a 180.000 et 49.000-60.000 ans.

 

Hakone.JPG                         Carte topographique du complexe Hakone-yama. - doc GSJ .


Six dômes de lave se sont formés "post-caldera" sur un vague axe NO-SE.; leur croissance s'est effectuée du nord vers le sud.

Le plus grand et le plus jeune d'entre eux, le Kami-yama, forme le point culminant du complexe. Une éruption phréatique, il y a 3.000 ans, fut suivie de l'effondrement de la partie NO. du Kami-yama, ce qui a créé un barrage au niveau du canyon Haya-kawa, qui permettait l'écoulement des eaux de la caldeira en direction de son côté-est ébréché ... ce barrage a permis la création du lac Ashi.

 

Hakone-yama----du-SSE---S.Suto.JPGLe complexe Hakone - caldeiras, dômes de lave et stratovolcans, lac de retenue ... et des habitations nombreuses dans la zone. - photo SGJ by S.Suto.

 

Hakone----G-D-Kamiyama--Komagatake--Futagoyama-----S.Nakano.JPG

Le lac Ashi et les cônes centraux : de gaucheà droite, le stratovolcan Kamiyama, les dômes de lave Komagatake et Futagoyama - photo S.Nakano 2002.

 

Hakone---Kanuurigatake-dome---fumerolles-Owaku-dani---S.Na.JPGLe dôme de lave Kanmurigatake et la zone de fumerolles d'Owaku-dani - photo S.Nakano 2007

 

La dernière éruption magmatique, datée de 1.200 avant JC, a produit un dôme de lave dans le cratère d'explosion.

Des éruptions phréatiques eurent lieu au 12° siècle; le 20° fut marqué par des essaims sismiques.

Le lac Ashi et les zones thermales du complexe forment aujourd'hui une destination touristique appréciée pour ses paysages, le lac et les nombreux "onsen" gérés par les hôtels.

 

Ces volcans nous ont amenés dans les parages du Fuji-san ... demain, nous parlerons du volcan sacré du Japon et des "onsen"

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - link Asama

-                                           - Yaka-dake

-                                           - Hakone

- Quaternary volcanoes in Japan

- Introduction to the landscape and geology of Japan.

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Publié le par Bernard Duyck
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Parmi les énormes massifs volcaniques d'Hokkaidô, l'île la plus au nord de l'archipel nippon, l'Usu-Zan et le Koma-ga-take sont également remarquables.

 

La caldeira Toya et l'Usu-Zan - 有珠山  :

 

La caldeira Toya, âgée de 110.000 ans, abrite diverses structures volcaniques : un groupe de dômes de lave andésitique, maintenant recouverts de forêts, le Naka-jima, s'est érigé au centre du lac de caldeira large de 10 km.

 

Usu-et-Toya-caldera---avec-Nakajima-domes---Yoteisan-au-loi.JPGDe l'avant vers l'arrière-plan : l'UsuZan, la caldeira et le lac Toya abritant les dômes Naka-jima et au loin le Yotei-san - Photo GSI by H.Seo 2008.

 

2506usu7-copie.jpg   Vue topographique de la caldeira Toya et de l'Usu-Zan, d'après une photo satellite Aster / Nasa. - 04.2000.


L'Usu-zan, un petit stratovolcan, se situe sur le bord sud de la caldeira.

Le sommet de cet édifice basaltique à andésitique est coupé par une "somma" formée, il y a 7 à 8.000 ans, lorsqu'un collapsus du volcan a produit une avalanche de débris qui a atteint la mer proche.

Des dômes de dacite se sont installés sur deux lignes orientées NO-SE au sommet de cette caldeira. Trois d'entre eux, l'O-Usu, le Ko-Usu et le Showa-Shinzan, ont connu des éruptions au cours des temps historiques : Le Ko-Usu s'est formé en 1663, après une éruption plinienne - l'O-Usu en 1853, suite à une éruption plinienne - le Showa-Shinzan après des épisodes éruptifs explosifs et phréatiques de flanc, entre 1943-1945; sept cryptodômes se sont aussi formés durant cette période.

 

Map-Usu---Nakajima.JPG  Topographie des dômes (en parme) et cryptodômes(en brun) de l'Usu-Zan -  carte GSI by K.Nakajima .

 

One--yama-cryptodome---Showa-Shinzan-lava-dome---S.Nakano-8.JPGUsu-Zan - le cryptodôme One-yama arboré à droite, et le dôme de lave Showa-Shinzan (1943-45) à gauche - formations à droite sur la carte ci-dessus- photo S.Nakano 1983.


L'éruption de 2000 fut bien suivie - détails sur GVP

En résumé : après l'évacuation de 9.000 personnes, le 29 mars 2000, une augmentation très forte de la sismicité et l'apparition de failles au dessus des hypocentres sismiques sont observées.

 

Usu---31.03.2000-climax-eruptif----Y.Kawanabe.JPG                   L'éruption de l'Usu-Zan à son climax le 31.03.2000 - photo Y.Kawanabe / GSI.


2603usu1.png

L'éruption débute le 31.03 avec une phase phréatomagmatique, suivie d'une phase phréatique de début à mi-avril, avec la formation de plus de 50 cratères au début pour se concentrer par coalescence en quelques cratères en 3° phase.

Une inflation importante de la zone des cratères et une subsidence avec formation de graben entre deux failles sont constatées ; une complète dislocation de certaines maisons en résulte, sans victimes heureusement.

 

Usu-cratere-Nishiyama-et-failles-de-soulevement.JPGUsu-Zan - la zone des cratères Nishiyama et les failles de soulèvement, le 24.04.2000 - Photo S.Nakano / GSI.

 

Mt-usu---J.Becker.jpg     Usu-zan - maison disloquée, laissée comme témoin de l'éruption de 2000 - photo J.Becker

 

Le Komaga-take :

 

Le volcan tronqué Komaga-take présente deux pics sommitaux, nommés Kenga-mine et Sawara-dake, restes d'un large cratère ébréché en fer-à- cheval suite à un effondrement en 1.640.

  Komaga-take - Kenga -mine peak àD - Sawara-dake àG - T.

Le Komaga-take : les pics Kenga-mine à droite et Sawara-dake à gauche - photo T.Ui 1994 / GSI


Des débris d'avalanche en hummock sont visibles sur les pentes basses, au sud et à l'est.

Les flancs du volcan sont couverts de coulées pyroclastiques ou de dépôts de surges pyroclastiques - voir carte ci-dessous.

La plus grande part de ce stratovolcan est andésitique et date du Pléistocène.

 

Topogr.-Komaga-take---N.Nakajima.JPG                      Topographie et carte des coulées historiques - doc. GSI - K.Nakajima.

 

Activité éruptive : deux éruptions pliniennes datées de la fin du Pléistocène et deux autres datées de l'holocène précèdent la première éruption historique : en 1640, une énorme éruption plinienne a produit des débris d'avalanche atteignant le mer et des chutes de cendres ont affecté le centre d'Honshu, le grande île. Un tsunami résultant a causé 700 morts.

Cette éruption fut de VEI 5 et a émis, entre juillet et octobre 1640, un volume de téphras de 2.900 millions de m³.

 

Komaga-take---crat.-1929-et-fissures-1942.JPGKomaga-take : cratères de l'éruption 1929, coupés par une fissure éruptive datée de 1942.

Photo GSI by H.Seo 2002


D'autre éruptions plinienne  sont survenues depuis : en 1694, 1856, et 1929, toutes de VEI 4 et des émissions fortes de téphras, respectivement de  360, 300 et 190 Mm³.

En 1942, une éruption phréatomagmatique, puis en 1996, 1998 et 2000 des éruptions phréatiques sont enregistrées.

 

komaga-take---er.-17.06.1929---archives-K.disaster-prevent.jpgKomaga-take - le panache plinien qui est monté à 13 km. le 17.06.1929 - doc archives Komaga disaster prevention council.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Usu - Komaga-take

- Geological Survey of Japan  - Quaternary volcanoes / Hokkaido active volcanoes.

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 Hokkaidô - 北海道, Hokkaidō  - ou Hokkaïdo, autrefois appelée Yeso, est la plus septentrionale des quatre îles principales de l'archipel Japonnais. Parmi les Japonais qui vivent sur Hokkaidō se trouvent une minorité d'Aïnous, qui furent les premiers habitants de l'archipel. Elle est entourée par le Pacifique(à l'est), la mer du Japon (à l'ouest) et la mer d’Okhotsk(au nord). Elle est séparée de Honshu par le détroit de Tsugaru.

Hokkaido, traversée par de nombreuses chaînes montagneuses, est célèbre pour ses paysages naturels : forêts vierges (71%) , volcans en activité ou grands lacs. Les marécages de Kushiro, à l’est d’Hokkaido, sont un paradis pour les oiseaux migrateurs comme la grue à crête rouge.

Son climat est rude : Hokkaidō est connu pour ses étés frais et secs et ses hivers rigoureux.  La température moyenne en août est d'environ 22 °C, tandis que celle de janvier varie entre -12 °C et -4 °C, en fonction de l'altitude et de la latitude. Ces conditions climatiques attirent les touristes : en été, le reste du Japon est trop chaud et Hokkaidô est prisée par son été tempéré, par contre en en hiver, le froid et la neige font le bonheur des amateurs de sports d’hiver. La capitale, Sapporo, a d’ailleurs accueilli les jeux olympiques hivernaux. Les tempêtes de neige, apportées par les vents en provenance de Sibérie, ne sont pas rares. En hiver, la mer d’Okhotsk gèle en grande partie, rendant la navigation impossible sur toute la côte Nord. Les poissonneries doivent cesser leur activité jusqu'au dégel.

 

Les volcans d'Hokkaidô :

 

 

Volcans-Hokkaido.gif                                           Situation des volcans de l'île d'Hokkaidô .


Parmi les nombreux volcans de l'île d'Hohhaidô, on n'examinera que les structures phares reprises par l'USGS.

 

Le complexe volcanique Akan :

 

La caldeira allongée du complexe volcanique Akan - 13 km. sur 24 - s'est formée, entre le début et le milieu du Pléistocène, au cours de quatre éruptions explosives majeures.

L'activité post-caldeira est caractérisée par l'édification de quatre stratovolcans : l'Oakan, le Meakan, le Furebetsu et le Fuppushi. La taille du lac de caldeira s'est vu restreinte du fait de la croissance de ces volcans, trois au SO. et un au NE. de la caldeira.


 

Akan caldera - Meakan-dake à G Akan Fuji centreLe complexe volcanique Akan : Le Meakan-dake à gauche, le conique Akan Fuji au centre et le lac Akan, toutes ces structures entrent dans la composition de la caldeira d'Akan - photo GSI by H.Seo - 2007.

 

Seul le Meakan-dake a eu une activité significative à l'holocène, avec quatre éruptions magmatiques majeures et depuis le début du 19°siècle, des éruptions de type phréatique.

Le Meakan-dake se compose de neuf cônes qui se recouvrent, et comprend l'Akan-Fuji, le Ponmachineshiri et le Nakamachineshiri.

 

Le cratère du Nakamachineshiri, large de 1.000 m., s'est formé, il y a 13.500 ans, au cours d'une éruption qui a émise force ponces et scories - VEI 4.

 

Meakan-dake , Nakamachineshiri crater 2                Meakan-dake - le cratère du Nakamachishiri vu du nord-est - photo GSI by H.Seo 2007.


Le cratère sommital Ponmachineshiri est triple; son activité au 20° siècle est essentiellement phréatique, avec émission de panaches de cendres : janvier-février 1988, novembre 1996, novembre 1998, 31 mars 2006 au niveau du cratère Akanuma, novembre 2008.

 

Meakan-dake , Ponmachineshiri crater - H.Seo 2007

Meakan-dake - le cratère triple du Ponmachineshiri vu du sud-est - photo GSI by H.Seo 2007.

 

Meakan-dake , Ponmachineshiri crateret Akanuma crater - H.Meakan-dake - le sommet du Ponmachineshiri vu du nord ; le cratère actif Akanuma à l'avant-plan - l'ancien cratère Aonuma qui abrite un petit lac rond - le stratovolcan Akan-Fuji en arrière-plan à droite.

 

Meakan-dake-2008.jpg

Meakan-dake - 28.11.2008 -  la zone fléchée montre la présence de cendres récentes recouvrant le sommet enneigé ; le panache principal éruptif est originaire du cratère 96-1 du Ponmachineshiri - photo JMA.

 

 Le groupe Tokachi-dake :

 

Il se compose de stratovolcans, pour la plupart andésitiques, et de dômes de lave, alignés NE-SO. sur un plateau de tuff datant du Pléistoccène.

De nombreux cratères d'explosion et des cinder cones sont localisés sur les flancs supérieurs des stratovolcans les plus petits.

Le groupe comprend les volcans Tokachi-dake, Biei-dake, Kamihorokamettoku-yama et Biei-Fuji.


groupe-Tokachi.JPG

Une partie du groupe Tokachi vu du NE. (voir carte ci-dessous) - à l'avant-plan l'Oputateshike-yama, au milieu, le Biei-dake et le Tokachi-dake à l'arrière-plan.

 

Tokachi-dake-map---K.Nakajima.JPG

                                         Carte du groupe Tokachi - par Nakajima. GSI.

 

Depuis le milieu du 19° siècle, l'activité de ce groupe est essentiellement phréatique, avec deux éruptions plus importantes en 1926 et 1962.

 

Tokachi-Dake----H.Seo-2007.JPG                        Tokachi-dake cratère 62-2 ; photo GSI by H.Seo août 2007.


L'éruption de 1926 fut marquée par un effondrement partiel d'un cône situé sur le flanc ouest du Tokachi-dake, accompagné d'avalanche de débris et de lahars. Deux villages furent brûlés et le nombre de morts avoisina les 150.


Barage-Acier.JPGLa lutte contre ces lahars a depuis métamorphosé les vallées, avec l'installation du système Sabô. A l'amont des vallées de drainage, de gigantesques digues composées de grilles métalliques piègent les matériaux solides charriés (arbres, rochers ), tout en laissant passer les éléments fluides. Barage.JPGPlus bas, des barrages disposés en chicanes (série d’obstacles sur une voie afin d’imposéer un parcours en zigzag) brisent l’élan et la vitesse des coulées de boues. Celles ci se déposent, en aval, dans les bassins de décantation. Au terme de ces filtres successifs, les coulées, devenues quasiment liquides, sont canalisées dans des chenaux.

 

Sources :

- Global Volcanism Program : Akan - Tokachi

- GSI - Geological survey of Japan

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Selon la légende, les plus grandes îles du Japon furent formées par un sabre qui fut plongé dans l’eau par les dieux et les 4 gouttes d’eau parfaites qui glissèrent de la lame formèrent les terres du Japon.

Dans la réalité, le Japon est un archipel composé de plusieurs milliers d’îles dont quatre principales (Hokkaido, Honshu, Shikoku et Kyushu) qui se situent sur l’une des zones tectoniques les plus actives du monde.

 

Les plaques tectoniques en présence :


Cet archipel d’îles en arc est affecté par la subduction des plaques du Pacifique et des Philippines sous la plaque Eurasie.  Le Japon se trouve dans l'une des régions du globe terrestre les plus complexes au niveau volcanique et sismique. Ces zones de subduction se caractérisent par la présence de trois fosses océaniques : la fosse du Japon, la fosse d'Izu-Bonin et la fosse de Sagami. Ici, le plan de Wadati-Benioff se situe à une profondeur moyenne comprise entre 150 et 200 kilomètres.

 

Arc-Izu-bonin---Geology.um.maine.edu.jpg

Les plaques tectoniques en présence et les fosses océaniques caractérisant les zones de limites de plaques www.geology.um.maine.edu

 

geodynjapon

Vue 3D plus explicite de la subduction au niveau de l'archipel nippon et de la position du point triple. - Geodynjapan.

 

Ce schéma général est compliqué par une récente découverte: en 2008, des scientifiques de l'Active fault research center - Tsukuba, Japon - et de l'USGS, ont mis en évidence d'un fragment de plaque sous la plaine du Kanto, sous la capitale japonaise et sous une région peuplée par plus de 30 millions de personnes. Ce fragment, d'une centaine de kilomètres de long et 25 km. d'épaisseur, se serait détaché de la plaque Pacifique, il y a 2 ou 3 millions d'années, à la suite de la collision entre deux chaînes de montagnes sous-marines au niveau de la fosse du Japon, 200 km. à l'est de Tokyo.

Les géologues ont détecté sa présence en analysant les secousses du sous-sol de la plaine du Kanto lors de 300.000 petits tremblements de terre. Ils ont isolé une zone considérée comme faisant partie de la plaque philippine mais dont les réponses aux secousses s’apparentaient à celles de la plaque pacifique.

Cette dernière pousse vers l’ouest et s’enfonce sous la plaque eurasienne, tandis que celle des Philippines pousse vers le nord, s’enfonçant également sous l’Eurasie.

 

 

Ce contexte géodynamique est particulièrement propice à l’activité sismique et volcanique qui caractérise non seulement cette région, mais également toute la ceinture de feu du Pacifique.

 

1.36a.gifCarte des séismes superficiels, intermédiaires et profonds : superposition entre les zonde sismiques et les limites de plaques - fosses océaniques.

 

Volcanisme dans le contexte d'arc insulaire :

 

De la subduction d’une plaque océanique sous une autre plaque océanique ou continentale résulte un prisme d’accrétion qui se forme par apport constant de magma en provenance de la fusion partielle de la plaque qui subducte. L’arc ainsi créé peut faire de 200 à 300 kilomètres de large par plusieurs milliers de long et peut créer un arc secondaire ainsi qu’un bassin d’arrière-arc.

Tout ceci est régi par une série de facteurs qui influencent la pétrogenèse des magmas tels que le taux de subduction qui varie de 0.9 à 10.8 cm/an, l’âge de la zone de subduction, l’âge de la plaque subductée ainsi que l’étendue de l’écoulement dans le manteau sus-jacent induit par la plaque

Le volcanisme qui en découle n’est pas constant dans toute la zone et va grandement varier selon l’angle de plongée de la plaque. En effet, ce dernier contrôle la génération de magmas par les pression-température et par la déshydratation de la croûte subductée.(M-A.Laporte - Géoscope)

arc-trench system

                                 Schéma idéal de subduction dans le contexte d'arc volcanique.

 

Le cas de l'archipel nippon est plus complexe du fait de la subduction de deux plaques océaniques, la Pacifique et la Philippine, sous une plaque continentale, l'Eurasienne; de ce fait, il y a création d'un arc perpendiculaire à l'île de Honshu, l'arc Izu-Bonin, qui se prolonge jusqu'à la fosse des Mariannes.

 

Magmatisme de subduction dans l'archipel japonais :

 

Dans le modèle de subduction classique, le magma qui arrive en surface est généré par la croûte océanique faite de basalte, qui se déshydrate au cours de la subduction et hydrate le manteau sus-jacent ... ce qui cause une fusion partielle de la croûte (par diminution de la température de fusion) à des températures de plus de 1.000 °C..

Le magma remonte à travers la croûte continentale, où il engendre une fusion partielle de celle-ci. Durant cette ascension, le magma va s'enrichir en oxydes de silice. Les laves qui sortiront seront alors de composition plus andésitique (SiO2 > 57% wt) que basaltique comme à l'origine.

Ce type de magma est propice à un volcanisme explosif, ce qui est le cas pour le Fuji San (île de Honshu) et le Sakurajima (île de Kyushu).

 

origine-des-series-magmatiques-en-subduction.jpg

 

Par contre, certains volcans tels que le Daisen ou le Naguro montrent des compositions de lave allant de la dacite à la rhyolite, ce qui est inexplicable par le modèle classique. Un nouveau modèle de fusion bimodale est nécessaire : il y a remobilisation de l'andésite, avec une nouvelle fusion du matériel en place (Tamura 2003).

Ces mécanismes sont toujours à l'étude dans le cadre du volcanisme japonais.

 

Quelques volcans parmi les 140 édifices que compte l'archipel nippon :

 

map_japan_volcanoes.gif

 

Aperçu géologique et implications :

 

Les géologues expliquent l'organisation et la nature des terrains du Japon par la superposition d'au moins trois grands épisodes d'orogenèse.

 

Japon-geologie-8.jpgJapon-geologie-9.jpg

 

La seconde orogenèse (en ligné sur la carte) est, avec les volcans, à l'origine des reliefs actuels.

Le Japon, suite à cette histoire géologique complexe, est un pays de montagnes aux fortes pentes (les 3/4 ont une pente de plus de 15%) et de zones de plaine relativement restreintes, à la périphérie du territoire.


Les glissements de terrain sont fréquents et découlent de terrains meubles - cendres et tufs volcaniques - , fortement inclinés, fragilisés par des ruissellements d'eau abondants et soumis à une importante sismicité.

 

La liaison du Japon au continent, lorsque le niveau marin était plus bas ou lors des glaciations, a permis le passage des populations depuis l'asie. Les traces humaines les plus anciennes remonteraient à moins 40.000 ans, avec unpremier véritable peuplement entre moins 20.000 et moins 12.000 ans, lors de le dernière période glaciaire.

 

 

Sources :

Le volcanisme au Japon, nouveau modèle de la genèse des magmas. -  Marc-Antoine Laporte (2008). in SpectroSciences / Géoscope, le journal d'information du département de géologie et de génie géologique de l'Université Laval.   -  http://www.spectrosciences.com/spip.php?article98.

- Une plaque tectonique découverte sous Tokyo - France 24.

- Aperçu du Japon sous l'angle géologique - lien

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south Kuriles

Carte des Kouriles du sud - D'après un document SVERT . - les îles sont notées en rouge - les volcans identifiables d'après leur numéros : 22. Cherny - 23. Snow - 24. Berga / groupe Kololol - 25. Kudriavy - 26. Men'dhiy Brat - 27. Chirip cluster - 28. Baranski - 29. Ivan Grozny - 30. Stokap - 31. Atsonupiri - 32. Berutaruka - 33. Ruruy - 34. Tyatya - 35. Mendeleev - 36. Golovnin.

 

Le groupe Kololol -Kololol, Berga, Borzov et Trezubetz.

 

. Stratovolcan composite avec dômes

. Kouriles du sud - Côte ouest de l'île centrale d'Urup.

. 46,03N - 150,04E  - alt. : 980 m.

. Eruptions en 1946, 1951-52, 1970, 1973, 2005 (?), 2009 (?).

 

groupe-Kololol---Alex-Rybin-inst-mar-geol-sakhalin.jpg

Le dôme du volcan Berga est niché dans une caldeira de 2 km. de diamètre - au fond, la silhouette conique du Kololol - photo Alexabder Rybin / IMGG - inst.marine géology and geophysics Sakhalin.

 

Un groupe de volcans, nés à l'holocène, et situés sur l'île d'Urup, porte le nom de la structure la plus élevée.

Trois volcans, le Kololol, le Berga et le Trezubetz, possèdent des caldeiras sommitales ébréchées, partiellement remplies par des dômes de lave.

Le Trezubetz, dont le nom signifie "trident", a le bord de son cratère érodé, avec trois pics bien visibles du bord de mer; sa dernière éruption date de 1924.

Le Kololol, un stratovolcan symétrique haut de 1.328 m., voit ses flancs décorés de coulées de lave, dont l'une s'étend jusqu'à la côte bordée par la mer d'Okhotsk.

Le Berga, le plus actif, a une forte activité fumerollienne.

 

Berga---Volc.-activity-2006---US.gifBerga - groupe Kololol - forte émission de gaz et vapeur d'eau en 2005 - photo V.Galverssen - IMGG/USGS.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Kololol group.

- USGS - 2006 Volcanic activity in Alaska, Kamchatka and the Kurile islands.

 

Le groupe Grozny - Tebenkov et Ivan Grozny.

 

. Stratovolcan composite.

. Kouriles du sud - côte est de l'île Iturup.

. 45,01 N - 147,52E  -  alt. : 1.159 m.

. Eruptions : bouffées de poussières en 1951, 1968, 1970, 1973; éruption sommitale de VEI 2 en 1989.

 

Ivan-Grozny---A.Korablev--inst-Mar.geol.jpg

Le dôme de lave de l'Ivan Grozny présente des coulées de lave descendant jusqu'au lac Lopasnoye, à l'avant-plan - photo A.Korablev - IMGG Sakhalin.


L'île d'Iturup abrite le groupe volcanique Grozny, qui se compose de deux structures: l'Ivan Grozny et le Tebenkov.


Ivan-Grozny---Sch.-G.Steinberg.pngLe dôme extrusif andésitique de l'Ivan Grozny, haut de 1.158 m., s'est formé dans la partie sud d'une caldeira de 3-3,5 km. de diamètre; celle-ci contient d'autres dômes de lave, datés de l'holocène, dans sa partie NE., qui ont restreint un lac de cratère jusqu'à ne plus former qu'une étroite coulée. Toutes les éruptions du groupe volcanique sont cantonnées, depuis 1968, à l'Ivan Grozny.


Le volcan andésitique Tebenkov, recouvert de forêt, est situé au NE. du complexe de dômes Grozny.

 

schéma G.Steinberg / GVP.

 

Source :

- Global Volcanism Program - Grozny group.

 

Le Tyatya -volcan type "somma".

 

. Stratovolcan type Vésuve-Somma.

. Kouriles du sud - partie nord de l'île Kunashir.

. 44,27N - 164,15E   -  alt. : 1.819 m.

. Eruptions en : 1812, 1973, 1978, 1981, 1982(?).

 

Tyatya---Y.Ishizuka-GVP.jpg         Le Tyatya vu côté Pacifique, large somma coiffée d'un cône - photo Y.Ishizuka / GVP.

 

Le Tyatya, appelé "Chacha Dake" par les nippons, occupe une large partie NE de l'île Kunashir; morphologiquement, il ressemble au Vésuve. Une large caldeira de type somma, mesurant 2,4 km. sur 2,1 et profondément ridée, abrite un cône symétrique formé par des éruptions stromboliennes basaltiques à basalto-andésitiques, doté d'un grand cratère (400 x 250 m.) pourvu de deux évents séparés par un septum linéaire.

 

Tyatya-cratere---A.Samoluk--G.Steinberg-IMGG.jpgLe cratère du Tyatya présente deux évents séparés par une cloison . photo A.Samoluk - G.Steinberg / GVP.


Des coulées de lave récentes ont rempli la partie SO. de la caldeira, débordant même sur les flancs jusqu'au pied de l'antique somma.

 

Source : Global Volcanism Program - Tiatia.

 

Le Mendeleev - stratovolcan composite avec dôme extrusif.

 

. Stratovolcan composite avec un dôme extrusif central.

. Kouriles du sud - partie centrale de l'île Kunashir.

. 43,59N - 145,44E  -  alt.: 887 m.

. Eruption phréatique en 1880 - intense activité fumerollienne (1901, 1946, 1977)

 

Mendeleev---GVP-2001.jpg                                Le Mendeleev - photo A.Rubyn IMGG Sakhalin.

 

Le volcan Mendeleev a une historique complexe; , un complexe de trois caldeiras imbriquées s'est formé au cours de cycles successifs de construction de cônes- destruction suivi de formation de caldeira. Elles ont respectivement 6 km. sur 9 pour le plus ancienne, 3 km. sur 3,5 pour la seconde, et 1 km. de diamètre pour la plus récente. Le décroissance dans la taille des caldeira est interprété par les volcanologues comme un indicateur possible d'une diminution graduelle de l'activité volcanique, en liaison avec la durée de la formation de cette structure.

La caldeira la plus récente présente une brèche, causée par une avalanche de débris il y a 4.200 ans. Dans cette cicatrice, s'est formé un dôme devenu le point culminant du complexe, avec 888 m.

Des dômes de lave situés dans la partie nord de l'ancienne caldeira sont considérés comme une représentation d'une activité de flanc de la caldeira plus récente.

En 1880, une éruption phréatique dénote dans cette succession d'évènements.

Les flancs du volcan abritent quatre champs de solfatares et des sources chaudes; un champ géothermal, appelé Goriachy Pliazh, est situé sur la côte est, hors des limites de la caldeira.

 

Mendeleev--Yuri-Doubik--inst.volc.petro-jpgDes dépôts bien colorés de soufre entourent les évents fumerolliens au NO. de la caldeira centrale du Mendeleev - photo yuri Doubik, inst. volcanology Petropavlosk.

 

Une espèce minérale spéciale s'y rencontre : l'Enargite, un arsénio-sulfure de cuivre, qui se présente sous forme de cristaux ou de petits agrégats à l'éclat métallique, perdant leur éclat à cause d'une oxydation.

Son nom vient du grec "enargos" signifiant "distinct, évident" par allusion à son clivage parfait.

 

Enargite.jpg                                      Enargite - échantillon centimétrique - doc. USGS 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Mendeleev

- Mendeleev volcano : history pf development and recent state - by

A.I. Abdurakhmanov, N.G Razzhigaeva, A.V. Rybin, V.B. Guryanov, R.V. Zharkov

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L'Ushishur : une caldeira ouverte sur la mer. (volcan N°17 sur carte îles centrales- 1)

 

· Central Kuriles. Yankich Island.

· 47°31'N, 152°48'E; alt. :389 m.

· activité thermale et fumerollienne intense.

 

Ushishur-1990---R.Bulgakov-inst-marine-geology-sakhalin.jpgLa caldeira de l'Ushishur - photo R.Bulgakov / inst. de géologie marine et de géophysique de Sakhalin.


La première impression est une belle caldeira de 1.600 mètres de large, ouverte vers le sud, ce qui permet son envahissement par de l'eau de mer. Elle s'est formée il y a 9.400 ans.

La portion subaérienne du volcan est composé de deux îlots ... en fait deux dômes de lave andésitique, datant de l'éruption de 1769-70. Un isthme est formé de deux dômes plus anciens reliés à la paroi SE. de la caldeira par une langue de sable.

Une zone de fumerolles et sources chaudes, située le long de la rive SE. de la caldeira a été considérée comme une "aire sacrée" par les Aïnous jusqu'au 18 - 19° siècle.

 

Ushishir---kraternaya-bight---IKIP.gif           La caldeira  avec au fond sur la gauche, la zone fumerollienne "sacrée" - Document IKIP.

 

Ushishur---T.Ishizuka-Hohhaido-univ-jpg   La zone fumerollienne datant de l'éruption de 1884 - photo T.Ishikuza / Hokkaidô university.


L'activité post-caldeira se décline en trois périodes :

- 1710 : éruption phréatique

- 1769-1770 : éruption sous-marine et extrusion des dômes de lave.

- 1884 : éruption phréatique sur la paroi SE. de la caldeira

Depuis, l'activité est fumerollienne avec des épisodes récents intenses en 1987 et 1989. Une vigoureuse activité hydrothermale sous-marine modifie la géochimie de l'eau de mer dans la baie caldérique.

 

Sources:

- Global Volcanism Program - Ishishur

 

Prevo peak - le "Fuji de l'île Simushir" (volcan N° 19 sur carte des îles centrales - 1)


. Stratovolcano avec cratère sommital.
. Central Kuriles. Partie centrale de l'île Simushir.
. 47,01'N, 152,07'E;  alt. : 1360 m.
. Eruptions en 1765 et 1825  -  activité fumerollienne remarquée en 1914.

 

Prevo-peak.jpg                                             Le Prevo peak sur l'île Simushir.

                       NASA Space Shuttle image ISS005-E-6313, 2002 (http://eol.jsc.nasa.gov/).

 

Le cône parfaitement symétrique de ce stratovolcan lui a valu son surnom de "Fuji de l'île Simushir" .

Il est coiffé d'un cratère sommital de 450 sur 600 mètres. Un cône interne est lui-même balafré par un cratère large de 350 m. occupé par un lac.

Des coulées de lave d'apparence juvénile couvrent ses flancs, atteignant les côtes de l'île.

Deux petits cônes pyroclastiques, situés sur le flanc ouest, ont produit des coulées qui ont atteint la mer d'Okhotsk.

Seulement deux éruptions ont marqué les temps historiques. En 1765, la plus importante, a produit des coulées pyroclastiques qui ont détruit toute la végétation au pieds du volcan - VEI > 3. En 1825, l'activité fut fortement explosive - VEI 2.

 

Source : Global Volcanism Program - Prevo peak

 

La caldeira Zavaritzki - trois caldeiras imbriquées. (volcan N° 20)

 

. Caldeira
. Central Kuriles. Partie centralle de lîle Simushir.
. 46,55'N, 151,57'E; alt. : 625 m.
. Eruptions en : 1920 et 1957. 

 

Le volcan Zavaritzki, toujours sur l'île Simushir, contient trois caldeiras imbriquées, respectivement de 10, 8 et 3 km. de diamètres.

Des sédiments lacustres recouvrant des dépôts de ponces indiquent qu'un lac de cratère était présent à 200 mètres au dessus du niveau de la mer, ce qui est bien supérieur à l'altitude du lac actuel.

La caldeira la plus jeune, aux parois abruptes, s'est formé à l'holocène, et contient le lac Biryuzovoe; sa surface est située à 40 m. de hauteur par rapport au niveau de la mer, et le fond git à 30 m. sous le niveau marin.

 

Zavaritski---Biryuzovoe-caldera---Nasa-space-shuttle.jpg

                               Les trois caldeiras imbriquées du Zavaritzki.

                          NASA International Space Station image ISS-5-E-6512, 2002 (http://eol.jsc.nasa.gov/).


Deux éruptions ont marqué le 20° siècle :

Une éruption, datée entre 1916 et 1931, forme une petite île dans le nord du lac.

Un petit dôme de lave - 350 m. de large et 40 m. de haut -, créé durant l'éruption de 1957, a fait décroître la taille du lac, suite à des éruptions explosives ultérieures.

 

Source : Global Volcanism Program - Zavaritzki caldera

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Central KurilesCarte des Kouriles centrales - d'après un doc. du SVERT - Les îles sont signalées en rouge.

Les volcans sont répertoriés par un numéro : 14. Raikoke - 15. Sarychev - 16. Rashua - 17. Ushishur - 18. Ketoi / Pallas peak - 19. Prevo peak - 20. Zavaritski - 21. Goryachaya.

 

Bien que petites et peu nombreuses, les îles de la partie centrale de l'archipel des Kouriles sont intéressantes : quelques volcans sont photogéniques et de structure particulière ( n° 17, 19, 20), et l'un d'entre eux s'est illustré, en 2009, avec une éruption importante : le Sarychev (N°15)

 

Le Sarychev (volcan N°15) :

                                                                                                 

· Stratovolcano à cratère sommital.

 . Central Kuriles. Ile de Matua.                                                  

· 48°06'N, 153°12'E; alt. : 1 496 m.                    

· Dates des éruptions : 1760, 1878-1879, 1923, 1928, 1930, 1946, 1954, 1960, 1965, 1976, 1986, 1989, 2009.

 

Le cône andésitique central s'est édifié dans une caldeira de 3 à 3,5 km. de large; il est surmonté d'un cratère très profond et large de 250 m., qui culmine à 1.496 m. Tous les flancs du stratovolcan sont couverts de coulées de lave d'aspect récent, qui ont atteint la mer pour y former des caps. Les bas-flancs sont tapissés de dépôts pyroclastiques. Depuis 1760, date à laquelle on commença à répertorier les éruptions, l'activité se décline en effusions douces de lave et explosions violentes.

 

L'éruption de 2009 du Sarychev, situé sur l'île de Matua, est spéciale : tout d'abord parce qu'elle a mis en lumière l'intérêt des observations de volcans par des engins spatiaux, satellites de détection et station spatiale, ensuite parce qu'elle a mis le doigt sur l'importance d'une information rapide et exacte concernant les déplacements aéronautiques, le Sarychev étant en effet placé sur le trajet de lignes aériennes importantes., et enfin, parce qu'elle a permis de visualiser et de détailler sur photo les différents phénomènes se présentant au début  d'une éruption volcanique explosive.

 

ISS020-E-09048 Sarychev

Astronaut photograph ISS020-E-9048 was acquired on June 12, 2009, with a Nikon D2XS digital camera fitted with a 400 mm lens, and is provided by the ISS Crew Earth Observations experiment and Image Science & Analysis Laboratory, Johnson Space Center. The image was taken by the Expedition 20 crew.

 

L'atmosphère environnant le cratère a été "nettoyée" par l'onde de choc provoquée par l'éruption.
Au moment de l'éruption, la colonne monte toute droite : donc peu ou pas de vent, contrairement à ce que l'on peut voir sur les photos satellites des jours suivants.  
Le panache semble être une combinaison de poussière brune et de vapeur blanche.
Le nuage blanc qui surmonte le panache pourrait être de l'eau de condensation résultant de la différence de température entre la masse d'air environnant le colonne éruptive et celle-ci ... phénomène transitoire, le nuage étant dejà pénétré par le panache éruptif.
"A une heure", une zone sombre et "à cinq heures", une nuée plus blanche  témoignent de la présence de coulées pyroclastiques descendant jusqu'au niveau de la mer.

 

L'éruption dura 10 jours, du 11 au 21 juin 2009; ses caractéristiques : VEI 4 - volume de téphras émis : 400 mllions de m³.

Une visite post-éruption a été effectuée par les scientifiques du Svert, du 26 au 28 juin 2009. L'inspection révéla le présence de trois coulées pyroclastiques et d'autres matériaux émis : bombes volcaniques, scories et poussières, toutes de nature andésitique, d'après les analyses de terrain.

Les zones de fumerolles, associées à des fissures et des zones d'impact de grosses bombes, présentaient  des minéraux sublimés, e.a du soufre natif, et une température proche de 500°C. Un petit lac d'eau chaude a été observé.

 

Sarychev-pyroclast.flow-2009-SVERT.jpgUne des coulées pyroclastiques de 2009 - à noter: la taille des blocs de ponces par rapport au sac à dos. - Document SVERT / GVP.

 

Sarychev-hot-pound-SVERT.jpgMatua - Volcan sarychev - Retenue d'eau chauffée (21°C, mais bien fumante étant donné la température ambiante plus basse) et minéralisée par contact avec des produits éruptifs récents de l'éruption 2009. - Document Svert / GVP juin 2009.

 

Matua-isl---Sarychev-2009-copie.jpg

Ci dessus deux photos de la Nasa, satellite Terra et observation ASTER (Advanced Spaceborne Thermal Emisssion and Refelection Radiometer) , qui témoignent de l'augmentation de la superficie de l'île suite aux coulées pyroclastiques.
Les images sont prises en fausses couleurs, où la végétation apparaît rouge, l'eau bleu foncé , les nuages, la vapeur d'eau et la glace gardent leur couleur blanche, les roches, y inclus les coulées de lave sont colorées de gris à brun foncé.

entre les deux photos, d'importantes modifications, pour cette éruption suivie de l'espace :
   - changement de morphologie de l'île : différences au NE. et SO.

      (marquées par des *) et disparition de la végétation au NO.       
   - la couverture neigeuse a disparue.
   - la végétation printanière (rose) a fait place à une végétation plus
      estivale (rouge) mais de distribution réduite.

 

Sarychev---16-28.08.jpgSarychev 26-28.06.2009 - les coulées pyroclastiques atteignent la mer, avec libération de vapeur - le cône fumant en contre-jour en fond d'image. document SVERT / GVP.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Sarychev

- Nasa Earth Observatory - photo du Sarychev

 

Demain, d'autres volcans des Kouriles centrales : l'Ushishur, le Prevo peak et le Zavaritski.

 

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