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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Avant de commencer une revue non exhaustive des volcans des Kouriles du nord, une précision est nécessaire concernant leur monitoring, qui se fait principalement par Modis.

Les volcans des îles Atlasov et Paramushir, au nord, sont sous le contrôle du KVERT - le Kamchatka Volcanic Eruption Response Team

Les volcans situés plus au sud sont sous le contrôle du SVERT - le Sakhalin Volcanic Eruption Response Team.

Le KVERT fut établi en 1993, par l'Institute of Volcanic Geology and Geochemistry of Far East Division of the Russian Academy of Sciences (IVGG FED RAS) en collaboration e.a. avec l'Alaska Volcanic Observatory (AVO), l'United States Geological Survey (USGS) et l'institut de géophysique de l'Université d'Alaska.

 

Toutes ces structures sont importantes pour la navigation aérienne et la sécurité des nombreux passagers transportés dans environ un millier de vols journaliers au dessus de cette zone, qui relie l'Amérique du nord à l'Eurasie et au Japon.

 

Northern-Kuriles.jpgCarte des Kouriles du nord (North Kuriles)   -   d'après un document SVERT.

Le nom des îles est indiqué en rouge; la position des volcans actifs par des numéros : 1. Alaid - 2.Ebeko - 3.Chikurachki - 4.Tatarinova group - 5.Fuss peak - 6.Karpinsky group - 7.Nemo peak - 8.Krenitzyn peak - 9.Severgin - 10.Sinarka - 11.Kuntomintar - 12.Ekama - 13.Chirinkotan.

 

 

Alaid - (volcan 1) :

· Stratovolcan avec cratère sommital.

 · North Kuriles.  situé sur l'île Atlasov  , 35 km au NO. de l'île de Paramushir

· 50°52'N, 155°34'E; 2 339 m (7 674 ft)

· dates des éruptions : 1793, 1854, 1860, 1894, 1933-1934, 1972, 1981, 1986. actuellement faible activité fumerollienne.

 

Alaid----30.04.1981-Anatoli-Khrenov-inst-volcsn.Petrop-jpg   Le volcan Alaid - photo anatoli Khrenov / inst. Volcanology Petropavlosk - éruption du 30.04.1981.


Ce stratovolcan basaltique à basalto-andésitique a une morphologie symétrique, vu du nord, mais présente un cratère sommital de 1,5 km. de large, largement échancré côté sud.

Haut de 2.339 m., il domine de 3.000 m. le plancher de la mer d'Okhotosk.

De nombreux cônes pyroclastiques ponctuent ses flancs NO et SE. dont un cône "offshore" formé au cours de l'éruption 1933-34.

Une activité de type explosif caractérise le cratère sommital depuis le début du 18°siècle; l'éruption de 1981 (photo) est considérée comme l'une des plus importante des îles Kouriles au cours des temps historiques : VEI 4 - volume de téphras émis : 550 Mm³.

Depuis 1996, date de sa dernière éruption, l'activité est fumerollienne.

 

Source : GVP - Global Volcanism Program - Alaid

 

 

L' Ebeko - (volcan 2) :

· Stratovolcano composite de type "somma", avec 3 cratères sommitaux.

· North Kuriles. - Situé au nord de Paramushir. 

· 50°41'N, 156°01'E; 1 156 m (3 793 ft)

· Eruptions en : 1793, 1859, 1934-1935,1963, 1967, 1987-1990, 1998, 2005, 2009. Les dernières furent phréatiques.             

 

800px-213_1393_Ebeko_ozero_Lenya.jpg Ebeko - petit cratère d'explosion inclus dans un des trois cratères sommitaux - photo Rdfr / Wikipedia

 

Trois cratères, situés sur une ligne SSO-NNE., composent le sommet plat du cône de l'Ebeko. LE cratère sud contient des solfatares et une source chaude; le cratère central est rempli par un lac, profond de 20 mètres, aux bords soulignés de solfatares fumantes; le cratère nord possède un petit lac froid en forme de croissant.

L'activité enregistrée depuis la fin du 18° siècle est caractérisée par des éruptions explosives petites à modérées au niveau des cratères sommitaux; pour l'instant, une intense activité fumerollienne marque les cratères sommitaux et les cratères d'explosion latéraux.


ebeko-2.jpg

 

The crater zone of Ebeko volcano. 1- Map of Ebeko volcano thermal fields, after V.N. Dvigalo (1989) and supplemented by these authors - références en sources :

(1) thermal fields, (2) fumaroles, (3) pots of thermal water, (4) crater lakes, (5) rims of major craters.

Roman numerals denote thermal fields: (I) Active Funnel, (II) South Crater, (III) West Field, (IV) Northeastern Field, (V) Gremuchaya fumarole field, (VI) Florenskii fumarole field, (VII) First Eastern Field, (VIII) Second Eastern Field, (IX) Southeastern Field, (X) Lagernyi Brook field, (XI) Second Southeastern Field, (XII) Third Southeastern Field. 90 tons/day and so on – it is

the quantity of steam, allocated by fumaroles on the basic thermal fields.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Ebeko

- Gas-Hydrothermal System of the Ebeko Volcano (Paramushir Island) - Zone of Ascending Fluid Flow in the Structure of the North-Kuril Geothermal Deposit - by Rychagov S.N., Belousov V.I., Kotenko Т.A., Kotenko L.V.

 

Chikurachki - (volcan 3) :

· Stratovolcano composite avec cratère sommital

· North Kuriles. Situé sur la côte ouest de Paramushir.

· 50°19'N, 155°28'E; 1 816 m (5 956 ft)

· Eruptions en : 1853,1853-1859, 1958, 1961, 1964, 1973,

1986, 2002, 2003, 2004, 2005, 2007, 2008.

 

 

Chikurachki---Alex-Belousov-2000-inst-volc-Kliuchi.jpg

Le cône du Chikurachki, côté est, est recouvert de scories oxydées qui lui donnent sa couleur rouille distinctive - photo Alex.Belousov , inst. volcanology Kliuchi.


Le volcan Chikurachki s'est construit sur un édifice volcanique datant du Pléistocène; dirant l'holocène, il fut le siège de fréquentes éruptions pliniennes basaltiques.

Ce n'est plus actuellement qu'un petit cône recouvert de scories basaltiques à andésitiques oxydées.

 

Chikurachki-2003---L.Kotenko-KVERT_e.jpg                            Le Chikurachki est encore actif - doc. L.Kotenko / KVERT 2003

 

Tout de suite au sud du Chikurachki se trouve un groupe de six centres volcaniques : le groupe Tatarinov (volcan 4), une structure complexe aux volcans fortement érodés; la datation téphrochronologique ne met en évidence qu'une seule éruption au cours des temps historiques, bien que le cône le plus au sud présente un cratère encroûté de soufre, avec des fumerolles, qui furent actives le long des bords du lac l'occupant jusqu'en 1959.

 

 

Chikurachki-26.04.2003---Nasa-space-shuttle.jpg

L'île Paramushir et le volcan Chikurachki en éeuption le 26.04.2003  - notez la position du volcan en bordure de lamer d'Okhotsk et en fin de chaîne du groupe Tatarinov, avec le Fuss peak , à l'avant-plan.

Au centre gauche, l'île Atlasov et le volcan Alaid.

NASA Space Shuttle image ISS006-E-52695, 2003 (http://eol.jsc.nasa.gov/).

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Chikurachki

- Nasa .gov - photo aérienne du space shuttle.

- Svert - Sakhaline Volcanic Eruption Response Team.

 

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les îles Kouriles constitue un archipel volcanique, dont les îles forment une ligne discontinue de 1.200 km de la pointe sud du Kamchatka à la pointe nord du Japon, qui sépare géographiquement le mer d'Okhotsk de l'océan Pacifique.

 

Active-volcanoes-og-the-Kurile-islands---SVERT-1-copie-1.jpg

    Les trente six volcans aériens actifs de l'archipel des Kouriles - doc. SVERT.

 

Le nom de "kourile" est associé au peuple autochtone des Aïnous, qui y vivait autrefois : "kur" signifiant "homme" en langage aïnou.

En japonais l'archipel est appelé Chishima rettō (千島列島 ), ce qui signifie la chaîne des mille îles, ou, plus rarement, Kuriru rettō (クリル列島 ), la chaîne des Kouriles. En russe, on écrit Курильские острова (Kourilskie ostrova).

 

Brève historique :

En 1643, ces îles furent découvertes par un hollandais, Maarten Gerritszoon de Vries; à cette époque, 3.500 aïnous natifs des lieux y pratiquaient la pêche et la chasse et commerçaient avec le Kamchatka et les îles Aléoutiennes.

Les Aïnous ne subsistent aujourd'hui, largement métissée, sur l'île d'Hokkaidô, au nord de l'archipel nippon.

 

L'archipel fut revendiqué  par les Japonais, à partir de l'époque d'Edo - ~ 1.600 - à laquelle ils administraient les îles proches d'Hokkaidô, sous prétexte d'un commerce très ancien.

La Russie commence à progresser vers les Kouriles au début du 18° siècle, avec des expéditions de chasse aux otaries dans l'île Ouroup.

Depuis ce temps, les deux puissances se disputent la souveraineté des îles ; plusieurs guerres suivies de traités ont réparti différemment cette main-mise ... la carte ci-dessous schématise ces péripéties trop longues à raconter ici.

 

arton8155.jpgLes possessions Japonaises (en vert) et Russes (en chamois) selon les différents traités de paix signés au cours des 19° et 20° siècles - Doc. La Découverte.

 

L'ensemble des Kouriles fait aujourd'hui partie de la Fédération de Russie; toutefois, le Japon réclame toujours les 4 îles méridionales, soit un tiers de la surface totale, les considérant comme une extension d'Hokkaidô et arguant du caractère unilatéral de l'annexion de 1946.

 

Tectonique et formation :

L'arc insulaire des Kouriles est bordé à 200 km. côté Est par la fosse des Kouriles (Kuril trench); tous deux résultent de la subduction de la plaque Pacifique sous la micro-plaque Okhotsk, faisant partie de la plaque Eurasienne.

Le ratio de subduction est particulièrement élevé dans l'archipel des Kouriles, avec 9,5 à 10 cm. par an.


037kimura-6.jpgAu niveau des Kouriles du sud, la tectonique visant ces dernières est différente de celles qui caractérise les îles situées le long de la fosse du Japon (Japan trench). Les Kouriles du sud font partie de la plaque d'Okhotsk, en collision, sur son côté ouest, contre la partie NE. de l'arc japonais ... où une nouvelle croûte continentale est créée par le phénomène de collision arc actif-arc actif. 

Schéma Kimura - réf. en sources.

 

 

 okhotsketc.jpg

 

Okhotsk_Plate_map-fr-copie.jpg

 

La formation de l'arc insulaire Kouriles-Kamchatka concerne deux chaînes principales : la chaîne des petites Kouriles, avec la péninsule Nemuro  d'Hokkaidô-est, le groupe des îles Habomai, Shikotan et la chaîne sous-marine Vityaz et la chaîne des grandes Kouriles, avec la péninsule Shiretoko d'Hokkaidô-est, toutes les autres îles Kouriles, de Kunashir à Shumshu et la pointe sud de la péninsule du Kamchatka.

 

Les petites Kouriles furent formées au cours de la fin du Crétacé et au Paléocène; l'activité volcanique de construction cessa à l'éocène; cependant des modifications dans leur élévation sont liées à de nouvelles éruptions et à des mouvements de la croûte terrestre.

L'émergence de ces îles, au Paléocène ou l'éocène, a été suivie d'épisodes de submersion multiples.

 

Les grandes Kouriles se sont formées durant la fin de l'oligocène et le miocène, environ il y a 30 millions d'années; L'activité volcanique est toujours en cours et se cumule aux mouvements de la croûte terrestre pour modifier la morphologie de ces îles.

L'émergence de la chaîne des grandes Kouriles s'est effectuée au début du pliocène;

 

Durant les régressions du niveau de la mer à la fin du pléistocène, Kunashir, les îles de la chaîne des petites Kouriles, et peut-être Iturup, furent inter-connectées entre elles et avec Hokkaidô. Côté nord, Shumshu et Paramushir furent connectées au Kamchatka et entre elles. Durant la période de régressions, des glaciers ont recouvert les îles de l'archipel, aussi loin que l'île d'Iturup en position centrale.

 

Le Global Volcanism program recense 39 volcans actifs pour plus de 100 volcans terrestres. LE SVERT comptabilise quant à lui 98 volcans sous-marins.

 

28_kuriles-2009-1.jpg    Volcans sous-marins et subaériens actifs de l'archipel des Kouriles - Doc. Belousov & Miller.

 

La biodiversité des îles Kouriles est relativement bien conservée, étant donné son faible peuplement (29.800 habitants) et le peu de perturbations amenées par les activités humaines. La plupart des îles sont inhabitées et les colonies humaines permanentes sont localisées sur les îles Shikotan, Kunashir et Iturup au sud, Shumshu et Paramushir au nord.

La principale activité est liée à l'extraction et l'exploitation des ressources biologiques marines, un peu de sylviculture sur Kunashir et de l'agriculture sur les îles situés au sud.

La nature vierge de ces îles offre une opportunité de développement de l'écotourisme, qui reste limité du fait du manque d'infrastructures.

 

Sources :

- IKIP - International Kuril Island Project -  programme international  de protection de la biodiversité des îles Kouriles, avec des scientifiques Russes (Russian Academy of sciences), Japonais (Hokkaidô university) et Américains (The university of Washington Burke Museum) travaillant en collaboration.

- The Kuril islands - rusnature.info

- Global Volcanism Program - volcanoes of the Kuril Islands

- Kurile islands - par A.Belousov, M.Belousova (inst. volcanology Petropavlosk) et Th.Miller (USGS).

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

P1120477.JPG

               La silhouette conique du Vilyuchik marque ce paysage grandiose.

                          © Carole et Frédéric Hardy


Avant de quitter la péninsule du Kamchatka, et sur la route entre le groupe volcanique "Gorely / Mutnovsky" et l'aéroport de Petropavlosk, une structure photogénique retient notre attention : le volcan éteint Vilyuchik.

 

P1120358

                                                                  © Carole et Frédéric Hardy


P1120119-copie.jpg               © Carole et Frédéric Hardy


"For your eyes only" ...car je n'ai pu trouver aucun enseignements sur ce stratovolcan, qui n'est pas répertorié ni par le Global Volcanism Program, ni par l'Institute of volcanolgy du Kamchatka.

 

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        Le sommet du volcan Vilyuchik  -  © Carole et Frédéric Hardy

 

Merci à Carole et Frédéric Hardy, dont les photos nous ont accompagnées au cours de cette découverte des volcans du Kamchatka.


                                                             *          *          *          *          *          *          *          *

 

 

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Voir et revoir le Kamchatka : rendez-vous sur Arte.tv, le samedi 25 septembre à 20 h.

Dans l'émission 360° , en collaboration avec GEO, la volcanologue russe Ludmilla Ossipenko nous emmène dans la vallée des geysers et sur le Tolbachik.

 

                                                                                         *           *         *

 

Sur ce blog, si l'actualité volcanique ne nous monopolise pas trop, je vous propose de descendre un peu au sud vers

 

                            l'archipel des Kouriles.

 


 

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Mutnovsky-vue-du-Gorely-copie.jpg     Le massif Mutnovsky vu du Gorely voisin. - © Carole et Frédéric Hardy


Situé à 70 km. au sud de Petropavlosk, le massif du Mutnovsky est formé par la coalescence de quatre anciens stratovolcans à dominante basaltique, décapités au cours de nombreuses éruptions explosives.

 

Morphologie :

Deux caldeiras sommitales accolées occupent l'édifice, envahies par des glaciers.

 

CarteMutnovsky.jpgMorphologie de la partie sommitale du Mutnovsky - schéma de Dominique Decobecq / Lave-volcans.com, que je remercie pour son aimable autorisation.

 

Mutnovsky-caldeiras---Robert-Nunn.jpgMutnovsky - les deux caldeiras vues de l'hélico; la caldeira sud, avec le lac, est à l'avant-plan - photo Robert Runn / Flickr. La photo correspond à la partie droite du schéma renversé.


La caldeira nord présente une solfatare importante avec des fumerolles, des marmites d'eau bouillante et de boues, des jets d'eau et de vapeurs, des dépôts de soufre.

 

Mutnovsky-vue-du-Gorely--1-.JPG    Coup de zoom sur le sommet nord et la zone fumerollienne  - © Carole et Frédéric Hardy

 

P1120197.JPG

   

La mince couverture glaciaire du Mutnovsky en bordure de la zone fumerollienne -  

© Carole et Frédéric Hardy


L'accès au volcan se fait par le vallon de Vulcannaya, langue glaciaire qui descend de la zone active. On peut par endroit, découvrir la relative faible épaisseur du glacier, par rapport aux glaciers alpins; elle est à mettre en relation avec la zone d'accumulation de neige, nourricière, mais réduite par la présence de la zone fumerollienne active.

 

P1120194

 

               Mutnovsky - la zone fumerollienne - © Carole et Frédéric Hardy


 

La caldeira sud renferme deux cratères, dont l'un abrite un lac.

Les éruptions explosives récentes, de type phréatique ou phréatomagmatique, se localisent au niveau du cratère actif situé plus à l'ouest, l' Aktinaya Voronka ou Mutnovsky IV; de nombreux cônes de cendres sont concentrés sur son côté SO.

 

Mutnovsky Geologic Map 11 x 17

Carte géologique du Mutnovsky - doc.partiel de Research geotechnicological center by Oleg Selyangin Russian Academy of Sciences. Légende sur : http://geoscience.unlv.edu/Simon_Supp_Material/Mutnovsky%20Geologic%20Map%2011%20x%2017.pdf

 

Mutnovsky---R.Nunn.jpg  Sud Mutnovsky - le lac pris en partie par les glaces - photo robert Nunn / Flickr.

 

Activité historique :

Les éruptions historiques furent explosives, généralement très violentes, avec des coulées de lave uniquement durant l'éruption de 1994.

Elles n'ont pas de régularité évidente, avec parfois seulement une année d'intervalle (1852-54, 1916-17, 1927-29, 1938-38), et jusqu'à 44 ans de sommeil (1854-1898). La dernière grande éruption date de 1960. Une petite activité a été signalée en avril 2000.


Le système hydrothermo-magmatique du Mutnovsky :

Des études chimiques, isotopiques et thermodynamiques réalisées entre 1964 et 1989 ont permis de décrire un modèle génétique pour les fumerolles du volcan.

Trois groupes de fumerolles ont été définis, selon des ratios différents de composition des gaz, de composition isotopique des eaux et de radioactivité He3/He4, :

- l'entonnoir actif ("active funnel") : température supérieure à 600°C

- le champ fumerollien supérieur ("Upper field") : température supérieure à 320°C

- le champ fumerollien inférieur ("Bottom field") : entre 100et 150°C.

L'abondance des constituants magmatiques est plus élevée dans les fumerolles de haute température de "l'active funnel" que dans les gaz des autres groupes.

 

9_The_Magma_Hydrothermal_System_SD7-2.jpgMutnovsky : schéma des zones de fumerolles sommitales et zones géothermales proches - migration des fluides et isothermes de températures - Doc. "The magma-hydrothermal system at Mutnovsky volcano" par J.Eichelbergen, A.Kiryuklin et A.Simon.

 

 

P8120881.JPG                   Mutnovsky - évent soufré de la zone fumerollienne -   

                                       © Carole et Frédéric Hardy

 

 Développement géothermal :

Une étude de la connection entre le champ hydrothermal et son voisin, le volcan actif Mutnovsky a été produite par l'ICDP - International Continental DrillingProgram. La compréhension de la contribution magmatique au système hydrothermal est essentielle pour une pleine exploitation de l'énergie géothermique. Ce site a été sélectionné en raison de sa relative simplicité : en effet, seule une  faille apparait dans la zone de production et semble connecter directement la colonne magmatique, qui produit des fumerolles à 700°C au champ hydrothermal.

 

UNU-GTP-2003-21-8.jpgMutnovsky - modèle conceptuel d'après Assaulov 1994 - Natural state modelling - SC Geotherm référence en Sources.

 

Ce champ géothermal, le plus important du Kamchatka, prévoit une capacité de 300 MWe, sous le contôle de Geotherm sc. - Moscou. L'exploitation a débuté en 1999 avec 12 MWe, puis en 2002, avec une tranche de 50 MWe.; la prochaine tranche vise 100 MWe.


Mutnovsky_Geothermal_Power_Project_mainimg.jpg

                       Installations géothermales de SC GEotherm .

 

Minéraux spécifiques :

 

- La Tazieffite , Pb20Cd2(As,Bi)22S50Cl10 :

Une nouvelle espece minerale a été decouverte au Kamtchatka en 2008; elle été dédiée à Haroun Tazieff, qui voit ainsi sa mémoire honorée.

 

- La Mutnovskite, Pb2AsS3(I,Cl,Br),  premier sulfosel découvert qui contient de l'iode, fut homologué en 2004 dans les fumerolles de haute température du Mutnovsky.


Tazieffite--fines-aig.--et-mutnovskite--grandes-aig-.jpg          Tazieffite (fines aiguilles) et Mutnovskite (grosses aiguilles) - échelle 500µm.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                 

P1120098.JPG

Belles oreilles, mais regard inquiétant et griffes acérées - Ursus arctos - © Carole et Frédéric Hardy

 

Avec 5 à 6.000 individus, le Kamchatka possède la plus forte densité mondiale d'Ours brun - Ursus arctos piscator - connus pour leur grande taille, certains spécimens dépassant les 800 kgs.

 


Sources :

- Global volcanism Program - Mutnovsky

- Institute of volcanology Kamchatka

- Mutnovsky - site de Dominique Decobecq

- The magma-hydrothermal system at Mutnovsky volcano - J.Eichelberger & al.

- ICDP - Scientific drilling of the Mutnovsky magma-hydrothermal system

- Natural state modelling of the Mutnovsky geothermal fiekd - by Olga Vereina / SC Geotherm Moscow Russia.

- Mutnovskite - Mindat.org

- Tazieffite - Mindat.org

- Tazieffite - American mineralogist.

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

gorely2.jpg

                               Le complexe volcanique du Gorely

SRTM perspective view with Landsat overlay - Image Data: Landsat 7 ETM+ (bands 3, 2 ,1)
Original Data Resolution: SRTM 3 arcsecond (90 meters), Landsat 30 meters. Processing by D. Melnikov.

 

Le Gorely est constitué de cinq stratovolcans, se recouvrant et situés sur une ligne ONO-ESE., à l'intérieur d'une grande caldeira de 9 km. sur 13,5. Cette caldeira est datée de 38.000 à 40.000 ans; sa formation fut accompagnée de la libération de 100 km³ de tephras. L'ensemble a l'allure d'un volcan-bouclier.

 

P1120113-copie.jpg

              Le massif du Gorely  - © Carole et Frédéric Hardy 08.2010


 

Ce complexe massif compte 11 cratères sommitaux et une trentaine d'évents sur ses flancs; trois zones de rift coupent cette structure. Un autre stratovolcan daté de l'holocène, le pic 1082, est situé sur le flanc SO. du Gorely.

 

Gorely---N.jpgPhoto aérienne non datée des cratères sommitaux - le cratère actif, au centre, émet de la vapeur - document Inst.Volcanology Kamchatka.

 

Formation et activité historique :

Les laves du Gorely recouvrent un piédestal sub-glacial de type tuya (*) datant de l'époque où la caldeira était remplie de glace. Les pentes raides du tuya, hautes de 80 à 100 m., sont encore visibles dans la partie nord. Le cône isolé, le plus à l'est, a été construit aux alentours de 6.500 Av.JC. (datation C14).

Des études téphrochronologiques ont permis d'identifier trois périodes d'activité effusive, datées de 5.500, 3.0000 et 200-300 ans av.JC. (Ponomareva 1999). Au cours de chacune de ces périodes, des coulées de lave ont été produites simultanément en divers endroits de la caldeira.

gorely-Google---Terra-metrics-2006.jpgLa fissure, responsable de la coulée de lave la plus récente, recoupe la ligne de crête et l'ancienne rive de la caldeira; elle a produit un certain nombre d'évents et une coulée longue de 20 km.formant une trace en "S" hors de la caldeira. ("le serpent noir" en bas à gauche)

Doc. terra metrics 2006 / Inst. Volcanology Kamchatka.

 

L'activité, durant l'holocène, est faite d'éruptions explosive modérées, avec quelques épisodes d'extrusion massive de laves qui ont rempli une grande part de la caldeira. Une longue période de calme suit, entre 6.000 et 2.000 ans. Puis l'activité explosive reprend.

En 1330, 1750 et récemment en 1981, les éruptions furent de nature phréatiques, et associées à un lac acide et fumant occupant le cratère.

 

P1120316.JPG                     Le lac acide du Gorely - © Carole et Frédéric Hardy  

 

Ce type d'éruption caractérisera, avec probabilité, le prochaine manifestation du volcan : depuis juin 2010, une bouche incandescentes est visible à quelques mètres au-dessus du niveau du lac.

 

P1120334.JPGDe nombreuses fumerolles aux évents soufrés tapissent les parois du cratère actif -   © Carole et Frédéric Hardy  

 

P1120315-copie.jpg

 Close-up sur une paroi du cratère, avec des fumerolles et une bouche incandescente, au rougeoiement visible même de jour - © Carole et Frédéric Hardy

 

Les analyses effectuées sur le lac acide révèlent une composition typique de lac de cratère actif, essentiellement un mélange d'acide sulfurique et chlorhydrique. Au moment de l'analyse, le pH était de 1,13 et la température de 37°C - les constantes du lac d'eau fraîche au même moment : pH 7 - temp. 8°C.

 

P1120353.JPGGorely - l'autre lac de cratère, empli d'eau douce - © Carole et Frédéric Hardy

 

Une expédition scientifique est en cours sur les volcans Gorely et Mutnovsky, du 24.08 au 07.09. Le team international, composé des Dr.Samper (univ.Québec) et Lahitte (univ. Paris-sud) et de membres du KVERT et du Space research institute de Moscou, se propose de refaire une datation plus précise des cycles de construction-destruction à la base de l'édification des deux volcans. La datation radioactive K/Ar des échantillons de roches sera plus exacte que les précédentes mesures Carbone-14 effectuées sur des échantillons de charbon provenant d'arbres brûlés au cours des éruptions. De plus on pourra passer d'une précision de 40.000 ans à 1,25 milliards d'années.

 (*) Tuya : un tuya est une montagne d'origine volcanique formée au cours d'éruption sous-glaciaire; il est caractérisé par un sommet plat, des pentes très raides et une forme grossièrement cylindrique. Exemples types : le Herdubreid en Islande et The Table au Canada.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Gorely

- Institute volcanology Kamchatka - Gorely

- The Gorely volcano crater lake : new data on structure and water chemistry - par Egorov et Gavrilenko.
Science Daily - Making an explosive double date with Russian volcanoes. - lien.

 

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Publié le par Bernard Duyck
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Le Koryasky est un grand stratovolcan, haut de 3.456 m., situé à une quarantaine de km. de la capitale Petropavlosk; il fait partie du groupe Avachinskaya qui domine cette zone fort peuplée.

 

Koriasky-03.2009---A.Sokorenko-GVP.jpgA gauche, le Koryasky émettant un panache le 07.03.2009 - à droite, l'Avachinsky - à l'avant-plan, l'architecture typiquement soviétiquede Petropavlosk - photo A.Sokorenko in GVP.

 

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     Le Koryasky dans son "milieu naturel" - © Carole et Frédéric Hardy 08.2010

 

 Ses flancs sont très pentus : 20° dans les parties inférieures pour passer à 30-35° près du sommet; ils sont parcourus de nombreux "barrancos" (*) qui laissent apparaître des dykes d'épaisseur diminuant avec l'altitude.

Le cratère sommital occupe la zone ouest du sommet et mesure 180-200 mètres de diamètre pour 30 m. de profondeur. Dans la partie sommitale nord, un cirque de 500 m. de diamètre, et profond d'une centaine de mètres, constitue la zone d'alimentation de deux glaciers qui descendent les "barrancos" sur un à quatre kilomètres. Ces glaciers atteignaient à l'Holocène le pied du volcan, comme en témoignent les moraines.

 

Histoire éruptive :

L'histoire de sa formation débute à la fin du Pléistocène.

Le Koryasky est géologiquement plus âgé que l'Avachinsky; au début de l'holocène, les pics d'activité du Koryasky se sont inscrit exactement durant les périodes de repos de son voisin, l'Avachinsky, dans les intervalles 9.000-7.250 et 6.500-5.700 avant JC. A cette époque, l'activité se caractérisait par des coulées de lave andésitique, des coulées pyroclastiques et des chutes de cendres mineures.

Les manifestations ultérieures ont consisté principalement en coulées de lave andésitique à basalto-andésitique émises par des évents situés sur les pentes du volcan.

La dernière forte éruption en date, 2.870 ans avant JC, fut marquée par d'épaisses coulées de lave et des lahars étendus.

Les 19° et 20° siècles ne furent caractérisés que par des éruptions phréatiques -la dernière en 1956-57 - et de l'activité fumerollienne épisodique.

En 2008, le volcan, dépourvu d'activité fumerollienne durant les 50 dernières années, recommence à émettre des fumerolles; l'augmentation de la sismicité depuis mars indique une intrusion magmatique.


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a) A map of the region showing location and depths of earthquakes. The white line is trace of cross section AB; a 35-km-diameter circle encloses epicenters of earthquakes plotted in c). b) Histogram showing daily earthquakes with respect to time; ascending curve is the cumulative number of earthquakes (reaching a total of 970 for the interval). c) Hypocenters projected onto the vertical plane of cross section AB. Courtesy of KB GS RAS./ GVP.

 

L'activité fumerollienne est associée à une fissure sub-terminale située sur les pentes NO. du volcan.

 

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                      Koryasky - Fumerolles le 08.01.2009 - photo A.Sokorenko

 

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Koryasky - août 2010 - une zone fumerollienne est visible sur les pentes, alors que le sommet est léché par les nuages. - © Carole et Frédéric Hardy

 


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Le sommet du Koryasky, engoncé dans son écharpe nébuleuse - © Carole et Frédéric Hardy

 

(*) Barranco :  mot espagnol signifiant : ravin tronçonnant une coulée (basaltique) en plusieurs mésas.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Koryasky

- Institute of volcanology and seismology Kamchatka - Koriasky 

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Publié le par Bernard Duyck
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Dominant la capitale, Petropavlosk, de ses 2.741 mètres, le stratovolcan Avachinsky - aussi appelé Avacha - constitue une sérieuse menace pour ses 300.000 habitants.

 

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© Carole et Frédéric Hardy

 

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© Carole et Frédéric Hardy

 

 

Sa morphologie complexe est liée à son historique éruptive.

 * "L'Avachinsky ancien" :Un stratovolcan commence à se former au Pléistocène. Il y a environ 35.000 ans, un violent épisode du type "St Helens 1980" conduit à la formation d'une caldeira d'avalanche ouverte en fer-à-cheval vers le sud-ouest. Les débris de cette avalanche forme le sous-bassement sud de la ville de Petropavlosk. S'en suit une longue période de repos.

* La reconstruction du volcan se fait ensuite en deux phases datées de:

- 18.000 ans avant JC.

- 7.500-7.000 avant JC. : une activité explosive modérée laisse derrière elle une série de dômes de lave.

Puis elle devient plus régulière, à partir de 3.500 ans avant JC., avec la reconstruction du cône actuel dans la caldeira d'avalanche.

Le nouveau cône est le siège d'une activité explosive, avec coulées pyroclastiques, panaches de cendres et lahars canalisés par les parois de la caldeira en direction de Petropavlosk.


Tous ces épisodes lui ont donné une morphologie semblable au Vésuve, et les volcanologues nomment la caldeira ; "la Somma d'Avachinsky".

 

Activité récente :

Au cours des 250 dernières années, plus de 16 éruptions ont été enregistrées : en 1737, 1772, 1779, 1789, 1827, 1837, 1855, 1878, 1881, 1894-1895 , 1901, 1909, 1926-1927, 1938, 1945,  1957, 1991, 2001.

Une  importante projection de cendres eut lieu du 15 au 16 juin 1779, car elle aurait bloqué les bateaux du capitaine Cook, ancrés dans la rade d’Avacha.

 Aux dates soulignées correspondent des éruptions de VEI = 4, avec des volumes de tephras émis respectifs de 180, 180 et 300 Mm³.


Avac.-16.01.1991---Oleg-Volynets-IVP.jpgAvachinsky - phase éruptive du 16.01.1991 - photo O.Volynets / Inst. Volcanologie Petropavlosk.


Les dernières éruptions ont eu lieu en 1991, suivies de la formation d'un gigantesque dôme d'un volume estimé à 10 millions de m³ finissant par remplir le cratère, d'un diamètre de 400-500 m. et profond de 250 m. avant cette date.

En 2001, les manifestations se limitèrent à quelques panaches de cendres / ou de vapeur.

 

Avachinsky-08.2001---V.Ponomareva-IVP.jpgAvachinsky - le dôme en août 2001 - photo V;Ponomareva /Inst. volcanologie Petropavlosk.

 

Avacha1-ru.wikipedia.jpgLe dôme de l'Avachinsky bien fumant en 2007 - photo Денис Анисимов /ru.wikipedia

 

Les principaux risques immédiats liés à l'activité du volcan sont liés à des émissions de cendres pouvant perturber le trafic aérien, et à des lahars pouvant toucher la ville proche de Petropavlosk.

 

map.jpgCarte des risques liés aux éruptions de l'Avachinsky - Bazanova 2001 / Inst. Volcanologie Petropavlosk. - des lahars peuvent toucher les quartiers périphériques de la capitale.

 

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 Le cône du nouvel Avachinsky  -  © Carole et Frédéric Hardy  - On peut remarquer au sommet, au centre et à droite, des traces plus foncées correspondant aux débordement de lave et coulées de 1991.

 

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Un souslik, sympathique rencontre sur les pentes basses du volcan  - © Carole et Frédéric Hardy ( Spermophilus parryii - spermophile arctique)

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Avachinsky

- Institute of volcanology & seismology Kamchatka - Avachinsky

 

 


 

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Publié le par Bernard Duyck
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  Valley_of_the_Geysers-avant---Robert-Nunn.jpgLa vallée des geysers avant le glissement de terrain - photo Robert Runn / wikipedia.

 

Situation et découverte :

La vallée des geysers se situe dans la réserve naturelle Kronotsky, au centre de la péninsule du Kamchatka; elle constitue un phénomène géologique unique sur la plaque eurasienne, par le nombre et la concentration de geysers actifs.

Elle fut découverte fortuitement en avril 1941 par une équipe d'hydrologues, dirigée par Tatiana Ustinova.

Au cours d'une étude effectuée sur la rivière Shunmaya, qui sort de la caldeira d'Uzon, ils découvrirent un passage entre les rochers et atteignirent un affluent inconnu de cette rivière. L'heure du repas venue, ils s'arrêtèrent pour se restaurer ... durant la pause, ils furent surpris par un jet d'eau soudain : ils venaient de voir un geyser, le premier vu au Kamchatka. Tatiana le baptisa "Pervenets", "le premier né". L'histoire de la vallée des geysers venait de débuter.

 

L'affluent mystérieux se nomme Geysernaia; cette rivière prend sa source au pied du volcan Kikpinich. Ses eaux sont chaudes; elles ne descendent pas sous les 19°C, même au coeur de l'hiver. Sur environ 8 km. de son parcours, on dénombre plus de trente geysers, petits ou grands, des sources chaudes et des marmites de boue. Cet ensemble est chauffé par le magma présent en profondeur sous la caldeire d'Uzon.

 

Ces geysers portent des noms : Velikan (le géant), Zhemchuznhy (le perlé), Sakharny (le sucré), Troynoy (le triple), Konus (le cône), Maly (le petit), Bolshoy (le grand), Shchel (la fissure).

Leur manifestation est rythmée de façon particulière et différente : le Velikan se manifeste à 25 m. toutes les 6 heures, le Maly à 8 m. toutes les 35 minutes, le Bolshoy à 10 m. toutes les 10 minutes...

Ce magnifique paysage est soumis aux aléas de la météo : c'est ainsi qu'en octobre 1981, il a subi le passage du typhon Elsa; la rivière Geysernaia monta alors de 3 mètres, causant de nombreux dégâts.

Le 3 juin 2007, la vallée fut en partie touchée pau un glissement de terrain, qui a fait disparaître plusieurs geysers.

 

L'évènement de juin 2007 :

Le glissement de terrain du 3 juin a fait disparaître cinq geysers : le Pervenets, le Troynoy, le Sakharny, le Sosed et l'Uvodopa; il a aussi créé un obstacle à l'écoulement naturel de la rivière Geysernaia et un barrage qui a noyé pour un temps d'autres structures.


54082896.jpgLa zone touchée par le glissement de terrain est colorée en brun - le lac de barrage consécutif en bleu, les rivières en rouge. - schéma sur base d'une image Aster/Nasa.

Names of geysers: 1 - Pervenets (Firstborn); 2 - Troynoi (Triple); 3 - Sakharny (Sugar); 4 - Sosed (Neighbour); 5 – U vodopada (Near the waterfall); 6 - Skalisty (Rocky); 7 - Konus (Cone); 8 - Bolshaya Pechka (Gross Owen); 9 - Maly (Lesser); 10 - Bolshoi (Greater); 11 - Shchel (Crack); 12-16 - "Vitrazh" (Stained glass) - Grot (Grotto), Novy Fontan (New Fountain), Fontan (Fountain), Dvoynoi (Double), Nepostoyanny (Unstable); 17 - Velikan (Giant); 18 - Zhemchuzhny (Pearl).

 

Le glissement de terrain s'est formé dans la vallée Vodopadny ; 22,7 millions de m³ furent mobilisés, ce qui constitue un record historique pour le Kamchatka. La cause supposée serait un phénomène géologique "naturel" d'érosion progressive des collines environnantes.

 

Middle-part-of-landslide-07.06.2007.jpg

Partie centrale du glissement de terrain - photo I.F.Delemen/ inst. volcanologie Kamchatka / GVP.

On apercoit à droite les immeubles épargnés de justesse par le glissement de terrain ( hôtel, maison des rangers et des scientifiques - petites maisons en vert sur le schéma ci-dessus)  

 

Le barrage formé par les terres mobilisées a atteint plus de 60 mètres, et causé une retenue d'eau au niveau de la rivière, qui a noyé d'autres geysers. Le 7 juillet, le niveau de la rivière Geysernaia augmentait de 20 mètres durant deux jours, pour s'abaisser ensuite rapidement suite à l'infiltration du barrage par les eaux.

La rivière Geysernaia s'est creusé ensuite un nouveau lit à la surface du glissement de terrain.

Situation des geysers au 07.07.2007 - donnée par le GVP :

  Number    Status              Name                   English translation of name




1 Covered by slide Pervenets First born



2 Covered by slide Troynoi Triple



3 Covered by slide Sakharny Sugar



4 Covered by slide Sosed Neighbor



5 Covered by slide Uvodopada Near the waterfall



6 Flooded by lake Skalisty Rocky



7 Flooded by lake Konus Cone



8 Flooded by lake Bolshaya Pechka Gross Owen



9 Flooded by lake Maly Lesser



10 Flooded by lake Bolshoi Greater



11 Active mid-Sep Shchel Crack



12-16 Active on 28 Jun

"Vitrazh" geyser field: "Stained glass" geyser field:



Grot, Novy Fontan, Grotto, New Fountain,



Fontan, Dvoynoi, Fountain, Double,



Nepostoyanny Unstable



17 Active on 28 Jun Velikan Giant



18 Active on 28 Jun Zhemchuzhny Pearl




Situation en 2010 :

Les photos de Carole et Frédéric parlent d'elles-même...

P8020182.JPGP1100957P1100909 copie Fumerolles -
© Carole et Frédéric Hardy

 

  P1100974                                  Geyser - © Carole et Frédéric Hardy

P1100914.JPG                      Source chaude - © Carole et Frédéric Hardy
P1100924.JPG                    Mare de boue - © Carole et Frédéric Hardy

...pour terminer, un peu d'art moderne :


P1100940 copie
                                        "Mud art" by © Carole et Frédéric Hardy

   

Sources :

- Global Volcanism Program - Uzon - Montly reports  

- Le glissement de terrain 2007 - Spanishflyer livejournal  

- The valley of geyser - Kamchatka geysers

 

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Publié le par Bernard Duyck
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topo.jpg

Les caldeiras d'Uzon-Geysernaia : la partie est des caldeiras est remplie de dômes de lave; la vallée des geysers est localisée à l'extrême est - SRTM elevation model from Nasa/JPL/Nima.

 

Les caldeiras jumelles d'Uzon et Geysernaia forment une large dépression de 7 km. sur 18. Elles furent découvertes tardivement lors d'une exploration russe, par T.Dikmar en 1852. Elles font maintenant partie de la Réserve naturelle Kronotsky, région sauvage et naturellement préservée de la péninsule du Kamchatka.

 

Un volcanisme de type bouclier s'est installé, de 750.000 à 370.000 ans, sur un plateau de roches sédimentaires daté du tertiaire. Entre 370.000 et 225.000 ans, le stratovolcan primitif de l'Uzon s'est formé; ses flancs sont encore visibles à l'ouest de la caldeira : le sommet Baranii en constitue le point haut, avec 1.617 mètres.

 

Caldeira-d-Uzon---Ph.Kyle--inst.volc-.-Petrop.jpgPhoto aérienne de la caldeira d'Uzon, avec leBaranii (16.17 m.) dominant de 300 m. le plancher de la caldeira, et le lac Dalneye. - doc. institut volcanologique du Kamchatka / Ph.Kyle.

   

Suite à l'éruption cataclysmique d'ignimbrites (325.000 - 175.000 ans), le volcan s'est effondré formant la caldeira, qui se remplira de dépôts lacustres. Vingt-cinq kilomètres-cube de tephra ont recouvert une surface de 1.700km².

L'activité post-caldeira, durant le pléistocène, consiste en formation de dômes de lave, coulées de lave et maars dans la caldeira Geysernaia.

Les sols gorgés d'eau ont favorisé un volcanisme de type phréatomagmatique, avec la formation du maar du lac Dalneye, situé près du bord nord de la caldeira; daté de 7.600-7.700 ans, ce maar a un diamètre d'environ 1.000 mètres. D'autres sont plus récents : le lac Khloridnoe date de 2.000-1.500 av.JC. et le lac Bannoede 3.500 av.JC.

 

P1110005.JPGBord nord de la caldeira d'Uzon - lac Dalneye - © Carole et Frédéric Hardy  

 

Le géothermalisme de la caldeira est fort différencié : les eaux bouillonnantes de la partie axiale du champ hydrothermal sont riches en silice, bore et chlorure ammonique, et contiennent du lithium, du rubidium, du césium, de l'arsenic, de l'antimoine et du mercure; les gaz émis sont le dioxyde de carbone, l'azote, l'hydrogène, le méthane et le sulfure d'hydrogène. De fortes concentrations de radon sont aussi détectées.

Deux types de minéralisation peuvent être distingués : le type sulfureux, avec des dépôts de soufre, contaminés par de l'opale et des minéraux argileux (kaolinite, smectite); le type mercure-antimoine-arsenic avec du réalgar, de l'alacranite, de l'uzonite et de l'orpiment.

 

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P8020227.JPGEaux opalescentes chargées en silice et mares bouillonnantes se côtoient dans la caldeira d'Uzon. - © Carole et Frédéric Hardy


Des micro-organismes thermophiles de type Archéobactéries (Thermoproteus uzoniensis sp) ou de bactéries "sulfureuses" (Desulfurella acetivorans) vivent dans cette zone thermale. Ils sont particulièrement étudiés car ce sont les fossiles vivants des premiers organismes qui ont colonisés la Terre quand le taux d’oxygène était très faible.

L'activité hydrothermale est favorable aussi pour de plus gros organismes : le micro-climat convient aux ours et permet aux cygnes en migration d'y trouver de l'eau libre et de la nourriture.

 

A l'extrême est de la caldeira Geysernaia, un canyon abrite la "vallée des geysers" : 30 geysers, des sources chaudes, des "mudpots" ... nous en parlons demain.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Uzon

-Institut de volcanologie du Kamchatka - Uzon-Geysernaia caldera

- Uzonite,Alacranite, Réalgar from the Uzon caldeira - Mineral museum on line

- Hyperthermophile in the history of life - Karl Stetter

 
   

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Publié le par Bernard Duyck
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En restant aux abords du Karymsky, le Maly Semiachik se laisse découvrir de l'hélicoptère.

 

P1100849-copie.jpgSemiachik - cratère et lac acide Troitsky ; en arrière-plan, le Karimsky - © Carole et Frédéric Hardy


C'est un stratovolcan complexe avec trois cônes alignés sur une distance de 3 km., localisé dans une caldeira de 10 km de large , elle-même positionnée dans la caldeira Stena-Soboliny (15 km. sur 20).

 

massif-Semiachik---Dan-Miller-USGS.jpg            Le massif du Semiachik - photo dan Miller / USGS.


Au nord, le Paléo-Semiachik en est le point culminant, bien qu’il soit le plus ancien et le plus érodé : sa formation a débuté 20.000 ans avant JC.

L’activité a migré ensuite en direction du sud-ouest pour donner naissance au Méso-Semiachik – entre 11.000 et 9.000 avant JC).

Puis c’est au tour du Céno-Semiachik de se former, à partir de 8.000 avant JC. Deux périodes marquent son histoire : un stade de construction initial, à dominante explosive , dura 3.500 ans ; un second stade plus long est caractérisé quant à lui par un processus alternatif de construction et destruction par explosions majeures. Le cratère actif Troitsky, formé il y a 400 ans, est occupé par un lac acide (mesuré en 1969 : 41°C – pH inf.à 0,4)



P1100845.JPGCéno-Semiachik - le lac acide - notez les bords internes du cratère plus clairs et altérés hydrothermalement - l'échelle est donnée par l'abri situé, à gauche, devant le lac - © Carole et Frédéric Hardy


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                                                       © Carole et Frédéric Hardy


Ce cratère, qui renferme comme un joyau ce lac, a un diamètre de 860 m. au niveau de sa ligne de crête. Le niveau du lac se situe vers 1280 m., mais son niveau évolue selon les années. 

Eruptions historiques : Une éruption importante eut vers 1804 - VEI 3. En 1852 et 1854, les éruptions de VEI=2 furent phréatiques.
De nouveau en activité dès juin 1945, avec en septembre-octobre, deux importants nuages de cendres noirs (éruption(s) phréatique(s) et centrale)

 

Autre volcan dans la même zone : le Kizimen.

 

Le Kizimen est un stratovolcan isolé ; son sommet est formé de dômes de lave qui se recouvrent mutuellement; il culmine à 2.376 m.

 

Kizimen.jpg                     Le Kizimen - 2009 - photo Tembrel & Ovsyannikov.


Sa formation a débuté il y a 12.000 ans pour se terminer entre 2.000 et 3.500 ans.

Les principales grandes éruptions prennent place entre 10.000 et 8.400 ans; trois périodes longues sont caractérisées par la croissance de dômes.

Une éruption explosive, datée de 1.100 ans, a produit un blast latéral et créé un cratère de 700 m. sur 1.000, avec une brèche vers le nord-est; dans celle-ci, le quatrième dôme du Kizimen a commencé sa croissance.

Le volcan est situé dans une zone structurellement complexe, soumise à une déformation extensive; il est localisé sur le flanc SE. du graben Shchapinsky et confiné dans un système de failles coulissantes incluant la jonction du graben avec le horst de Tumrok.

 

Une seule éruption explosive a été enregistrée au cours des temps historiques , en 1927-28.

Une crise sismique a frappé le Kizimen entre juillet 2009 et avril 2010, au cours de laquelle 1.940 séismes ont été enregistrés. En août 2009, les températures des fumerolles du champ situé sur le flanc nord-ouest variaient entre 170 et 340°C.

 

Kizimen---Alexander-Ovsyannikov.jpgKizimen 08.2009 - Prise de température des fumerolles; les volcanologues donnent l'échelle, au centre gauche. - photo A.Ovsyannikov.

 

Demain, la caldeira d'Uzon.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Maly Semiachik

-                                            - Kizimen

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