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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

kl-group.jpg

Le Klyuchevskoy est le plus haut volcan du Kamtchatka, avec ses 4835 mètres.

Il fait partie de l' ensemble volcanique "Klyuchevskaya", qui comprend le Kamen (Pierre), le Bezymyanny (sans nom) , le Plosky (plat), le Tolbachik, l'Zimina, l'Udina, l'Ushkovsky.

 

 

klch1.jpg

Vue aérienne du groupe Klyuchevskaya: de gauche à droite, le Zimina, le Tolbachik le Bezymianny (fumant), le Klyuchevskoy, le Kamen, et le Ushkovsky.

Le flanc NE du Klyuchevskoy est parsemé de cônes pyroclastiques.

Doc. VAPodtabachny / A. Khrenov - inst.Volcanologie Petropavlovsk.

 

P1110443-copie-2.jpgLa neige Klyuchevskoy, et des cônes pyroclastiques parsèment les flancs E, vu de la terre ferme. - © Carole et Frédéric Hardy

 

Depuis sa création il ya 6.000 ans, ce stratovolcan symétrique a produit de nombreuses éruptions effusives et explosives d'intensité modérée, entrecoupées de longues périodes d'inactivité.

Plus d'une centaine éruptions de flanc se sont produits pendant les 3000 dernières années, parsemant le flanc est de cratères et de cônes répartis le long de fissures radiales entre 500 m et 3.600 m. d'altitude.

Les éruptions qui ont eu lieu au 17ème siècle ont considérablement modifié la morphologie du cratère sommital.

 

Klyuchevskoy---Sh.Rose-Pittsburgh-University.JPG

 cratère sommital du Klyuchevskoy - Photo Sh.Rose - Université de Pittsburgh.

 

Un bref examen de certaines éruptions des 20 et 21 siècles  permet de se rendre compte des différents types d'activité - en résumé dans le tableau ci-dessous:

 

Klyu-.-historique.jpgLocalisation des éruptions et changements dans les hauteurs fond du cratère (points noirs) entre 1968 et 2007. - Doc. Zahrinov & Demyanchuk 2008 / KVERT.

 

1980 : éruption à la fois au sommet et le flanc, avec l'ouverture d'une fissure de plus de 1 km. sur le flanc NE.

1985 : 1-2 Décembre, la lave fait fondre la glace et produit un lahar qui descend la rivière Kamchatka sur 35 km., le panache a atteint 5.200 mètres en 6 minutes, le 1° décembre.

1993 : des fontaines de lave, typiques du Klyuchevskoy sont observés à 400 m. de hauteur au-dessus du cratère, les 04-05.07.93

2005 : en Janvier, les éruptions stromboliennes propulsent des bombes à 300 m. de hauteur, et en Mars un panache s'élève à 7000 m.

 

Kliouchevskoi-05.2007---3206kli2.jpgKliouchevskoy 31.05.2007 - 3206kli4

 

Photo de gauche: l'activité strombolienne et les coulées de lave 05,2007

Photo de droite: deux panaches distincts - le panache sommital est responsable du nuage noir ; à la jonction coulées et glace, se développe un panache de vapeurs blanches.

doc. Y. Demyanchuk / KVERT.

 

 2007 : entre Février et août, l'activité strombolienne est intense, avec des coulées de lave, des lahars et des panaches de cendres. Point culminant, le 29.06.2007, une éruption  "vigoureuse" produit un panache de cendres atteignant 8000 mètres au cours d'une période de 8 heures, et provoque de profonds changements dans la morphologie du sommet; le cône de scories qui était présent disparait au profit d'un profond cratère.

Août 2010 : activité strombolienne modérée.

 

P1110258-KL---CH-copie.jpg

                 08,2010  activité strombolienne nocturne - Carole et Frédéric Hardy ©

P1110391.JPG

 Le panache se mélanges aux nuages pour assombrir le ciel, créant une atmosphère dramatique 08,2010 - © Carole et Frédéric Hardy

 

Sources:

- Global Volcanism Program - Klyuchevskoy

- KVERT - volcan Klyuchevskoy - lien

 

 

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

  Cette revue des volcans du Kamchatka se fait dans le cadre de la rubrique "Parole aux lecteurs" et grâce aux photos du couple d'amis volcanophiles Carole et Frédéric Hardy, qui viennent de visiter la péninsule avec "Aventure et Volcans", et que je remercie pour son partage d'images.


P1120338.JPGCarole et Frédéric, au Gorely, en août 2010. - doc. © Carole et Frédéric Hardy


                                                     *     *     *     *     *     *     *


Situé au nord de Petropavlosk, le Karymsky est un stratovolcan régulier dont le flanc nord est nappé de coulées de lave récentes; il présente un cratère sommital de 200 m. de diamètre.

Karimsky---map-aeic.alaska.edu.jpgCe cône régulier d'une hauteur relative de 900 mètres (1.549 m. au dessus du niveau marin) est au centre d'une caldeira de 12 km² - 6,5 sur 5 km. - entourée de remparts de 50 à 150 mètres.

Sa caldeira recoupe le côté sud du volcan Dvor, daté du Pléistocène et se trouve au nord de la grande caldeira Polovinka, qui contient elle-même les caldeira Akademia Nauk (ou Akademii Nauk) et Odnoboky.

Carte Aeic.alaska.edu.

 

P1110108.JPGLe cône et la caldeira du Karymsky - activité strombolienne régulière du cône toutes les 20 à 40 minutes - © Carole et Frédéric Hardy

 

La caldeira qui abrite le Karymsky résulte d'un évènement cataclysmique, daté de 6.600 ans, et qui a produit 5-7 km³ d'éjectats dacitiques à rhyodacitiques. (le GVP renseigne : 7.600-7.700 ans et des volumes de 13-16 km³)

Le cône actif s'est construit au cours des derniers 5.100-5.300 ans, avec une période de repos entre 2.800 et 500 avant JC.

Il se compose majoritairement d'andésite (59-62% SiO2), contenant un assemblage assez constant de clinopyroxène, orthopyroxène, plagioclase et magnétite.

Son activité au 20°siècle révèle des cycles d'activité moyens d'environ 8 ans (1908-1915, 1921-1925, 1929-1935, 1943-1947, 1952-1967, 1970-1982, 1996-en cours). - selon Pavel Izbekov, Université d'Alaska - Fairbanks.

 

P1100829.JPG

Depuis l'hélicoptère, seul moyen pour atteindre la zone, le volcan Karymsky, à l'avant-plan et plus loin, le lac Karymsky (Akadamia Nauk) et les rives des caldeiras imbriquées. - photo © Carole et Frédéric Hardy

 

L'Akademia Nauk , aussi connue comme le lac Karymsky, localisée 9 km. au sud du Karymsky, est une caldeira située au sud du volcan Karymsky, sur une même faille.

C'est aussi une caldeira de 4 km. de diamètre,occupée par un lac, construite dans la caldeira Polovinka, 15 km. de large, et datée du milieu du Pléistocène ( il y a entre 28.000 et 48.000 ans).

La caldeira Polovinka abrite donc trois structures : le stratovolcan érodé Beliankin, actif durant la période postglaciaire, la caldeira Odnoboky (5 km.sur 4) et la caldeira Akadamia Nauk.

Deux maars, dénommé Akadamia Nauk et Karymsky, ce qui prête à confusion, se sont formés ensuite, respectivement sur les bords sud et nord du lac de caldeira. Le maar Karymsky est consécutif à une éruption datée de 6.500 ans et forme une petite baie.

 

L'éruption commune de 1966 complique encore la compréhension de cet ensemble : le Karymsky, en repos depuis 13 ans, a vu son activité sismique augmenter graduellement, pour culminer, le 1 janvier 1966, avec un séisme de magnitude 6,9.

 

2105kar3.png

L'éruption simultanée du Karymsky, à droite et de l'Akadamia Nauk, à gauche.

Doc.archive inst.volcanologique et sismologique du Kamchatka.

 

Le 2 janvier, une éruption simultanée (moins de 12 h. d'intervalle) touche le cratère sommital du Karymsky et un nouveau centre éruptif, situé à 6 km. dans la caldeira Akademia Nauk. Cette phase hydroclastique courte produit en une petite journée 40 Mm³ de tephras. Le lac a perdu sa couche de glace; les explosions y engendrent des vagues hautes de plusieurs mètres qui s'abattent sur les bords. Pendant ce temps, l'activité effusive et/ou strombolienne de type andésitique du Karymsky continue son chemin.

Les volcanologues constatent que les produits des deux éruptions diffèrent au niveau composition chimique : andésite pour le Karymsky, et basalte pour Akademia Nauk.

Des mesures géodésiques montrent une extension perpendiculaire à la faille reliant les deux évents éruptifs, avec une amplitude maximale de 2,3 mètres. Cet endroit d'extension maximale est interprété comme étant l'axe d'un dyke de nature basaltique qui s'est introduit, en suivant la ligne de faille, entre les deux centres éruptifs.

Voir carte ci-dessus : ligne de faille en rouge, extension en orange.

L'hypothèse a été avancée de la pénétration de la portion crustale du système magmatique du Karymsky par un dyke basaltique, action qui a déclenché la libération de magma andésitique à partir d'un réservoir placé à un niveau plus élevé.

 

P1100824.JPG

Le cône du Karymsky, dégagé entre deux explosions, est recouvert de coulées de lave émises au cours des 200 dernieres années. - © Carole et Frédéric Hardy  

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Karymsky

-                                            - Academia Nauk

- Eruption Karymsky 1996 Detailed petrologycal study of a single basalt-triggered eruption cycle -Pavel Izbekov

- Lave-volcans, Karymsky - fiche

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


La péninsule du Kamchatka, située à l'extrémité est de la Sibérie, et bordée d'une part par la mer d'Okhotsk, d'autre part par la mer de Béring, est entièrement d'origine volcanique. Elle s'étend sur 1.250 km. de longueur et 450 km. de largeur, pour une superficie avoisinant les 400.000 km².

Sa formation est liée à la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque Eurasienne, à raison d'une moyenne de 10 cm. par an. La subduction a engendré la formation de deux chaînes volcaniques parallèles, orientées NE-SO., séparées par une vallée où coule la rivière Kamchatka.

Dans un contexte de confrontation géopolitique entre les deux grands blocs "ennemis" au moment de la mise en place de la théorie des plaques tectoniques, on se trouve en présence de deux interprétations : subduction sous la plaque Eurasienne ou sous la plaque Nord-américaine.

 

Okhotsk_Plate_map-fr.pngSubduction de la plaque Pacifique sous la plaque Eurasienne - notion de micro-plaque Okhotsk (associée à la plaque eurasienne) - Doc.Sting / sous CC-BY-SA - 2006

 

Pour comparaison, ci-dessous le schéma de l'USGS 2006 qui inclut la péninsule du Kamchatka dans la plaque Nord-Américaine. A noter : ces deux schémas datent de 2006.

L.A.V.E. retient aussi cette interprétation.(voir Photothèque L.A.V.E.)

 

Tectonic_plates-fr-copie.png

 

Peu importe qu'on englobe le Kamchatka dans la plaque Eurasienne ou Nord-Américaine, l'essentiel, pour expliquer la présence de volcans à cet endroit faisant partie de la ceinture de feu du Pacifique, est le mécanisme de SUBDUCTION d'une plaque sous une autre.

La subduction a entraîné également la formation de la fosse Kouriles-Kamchatka, profonde de 10.500 mètres, entre la péninsule et l'océan Pacifique.

 

EGE076.F1 - Petrology Oxford journal
                Doc. Journal of Petrology - réf. en sources - usage non commercial.


 
General plate tectonic position of the Kamchatka arc and the location of the transect in northern Kamchatka (shaded band). The depth to the Benioff zone is from Gorbatov (1997)Go. Sampled volcanoes are marked by shaded symbols. CKD borders are from Masurenkov (1991). SR, Sredinny Ridge; CKD, Central Kamchatka Depression; EVF, Eastern Volcanic Front. Inset shows detail of the NCKD (North Central Kamchatka Depression).

 

L'activité sismique y est importante (pour témoin, le dernier séisme de 6,5 le 24.08.2010 à 200 km. de Petropavlosk), ainsi que l'activité volcanique, marquée par   volcans actifs, des sources chaudes, des solfatares et des geysers, les seuls de la plaque Eurasienne.

 

holocene.jpgKamchatka - les 2 chaînes volcaniques, la dépression centrale, la limite de subduction, la fosse Kouriles-Kamchatka. Doc.  Institute of Volcanology and Seismology


Les volcans anciens du groupe ouest sont inactifs, à l'exception de l'Ichinsky; la chaîne est possède une trentaine de volcans actifs, appelés "groupe Klyuchevskoy" du nom de l'édifice le plus élevé.

 

La péninsule du Kamchatka fut "découverte" au 18° siècle par l'explorateur danois Vitus Bering, pour le compte du tsar Pierre 1°. Déclarée zone militaire après la deuxième guerre mondiale, elle est restée interdites aux étrangers jusqu'en 1992, en raison de la présence d'infrastructures militaires ultra-secrètes.

La majorité des 402.500 habitants est russe; les koriaks - 13.000 personnes - forment la minorité la plus nombreuse et vit au nord, en Koriakie. La densité de population y est très faible : 0,7 habitant au km²; sa répartition est inégale, 300.000 personnes résidant à Pétropavlosk, la capitale.

 

Petropavlovsk_Kamcatskij_Volcan_Koriacky_in_background.jpgPetropavlosk - le port et la ville sont dominé par l'imposant volcan Koriacky. - doc. english wikipedia.

 

Pygargue-Steller.jpgLe climat y est rude, froid et humide. La couverture neigeuse perdurant 10 mois sur 12, le Kamchatka reste le domaine de la nature sauvage où l'on trouve l'ours brun arctique, des saumons à profusion, quelques rares oiseaux dont l'aigle de mer de Steller (Haliaeetus pelagicus).

Pygarge de Steller - doc.wikipedia

Découvrir toutes ces merveilles se mérite, et les camions 6x6 ainsi que l'hélicoptère sont les bienvenus pour accéder au pied de certains volcans isolés.

 

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                                                              © Frédéric & Carole Hardy


 

Sources :

- Global Volcanism Program - volcanoes of Kamchatka - la liste

- Sources and fluids in the mantle wedge below Kamchatka, evidence from across-arc geochimical variation -

T.Churikova, F.Dorendorf & G.WörnerJournal of Petrology Volume 42 Number 8 Pages 1567-1593 2001 © Oxford University Press 2001

- Oiseaux.net - Pygargue de Steller.

- Steller's sea eagle -lien

- répertoire de liens sur le Kamchatka - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

L'île de Chypre ne possède pas à première vue de volcans, mais sa formation est liée à une série d'épisodes tectoniques.

 

5_Figure-S2.jpgMouvements tectoniques incluant les plaques africaine, eurasienne, arabique, et le bloc anatolien (ANA), ainsi que les grandes failles .


De 230 à 75 Ma : dans le contexte général de la subduction de la plaque Africaine sous la plaque Eurasienne, les ophiolites de Troodos se forment au crétacé - 90 MA.

Les ophiolites de Chypre sont célèbres pour leur minéralisation en cuivre, en relation avec le nom de l'île (kupros = cuivre en grec).

 

Troodos_mountains---Paul.jpgLes monts Troodos, avec leur point culminant le mont Olympe - photo Paul167 / wiki.

 

Le terme d'ophiolite (du grec, ophis, « serpent », et lithos, « pierre ») fut introduit en 1813 par le Français Alexandre Brongniart pour désigner une roche verdâtre, avec un aspect rappelant la peau de serpent, composée essentiellement de serpentine (minéral d'altération des olivines et des pyroxènes).

781px-Ophiolite_suite_scheme---Llnoba-wikimedia-commons.jpgLes ophiolites sont un ensemble de roches appartenant à une portion de lithosphère océanique;

A simplified structure of an ophiolite suite:
1. axial magma chamber - 2. sediments - 3. pillow basalts - 4. sheeted basaltic dykes
5. layered gabbro - 6. dunite/peridotite cumulates / doc.Llnoba - wikimedia commons.

 

 

Ophiolites.gif

Cette portion est charriée sur un continent lors d'un phénomène de convergence de 2 plaques lithosphériques.


On a répertorié quelques 150 complexes ophiolitiques à travers le monde.

 

 

La collision oblique entre les plaques africaine et eurasienne, un "plateau chypriote", de la taille approximative de l'île actuelle, s'est cassé et a subi une rotation anti-horaire de 90°, avant d'être soulevé pour apparaître en temps qu'entité insulaire.

 

Geology_of_Cyprus-Ophiolite_Sheeted_dyke_complex--MeanSteet.jpg  

Chypre - Assemblage classique ophiolitique : couches de lave coupées par un dyke et surmontées de pillow lava.

Classic ophiolite assemblage in Cyprus showing sheeted lava intersected by a dyke with pillow lava on top. - photo MeanStreets / wikipedia

 

2_4_PillowLavas---Chypre-Skouritotissa.jpg

            Chypre - Pillow lavas près de Skouritotissa. - doc Cyprusgeology.org


Entre 75 et 10 Ma, une période de relative inactivité tectonique est caractérisée par la formation d'un bassin de sédimentation (formations Lefkara et Pakhna).

 

2_6_LefkaraChalkMarl.jpgChypre - lits de craie et marne mis au jour par le percement d'une route - formation de Lefkara - doc. Cyprusgeology.org.

 

A la fin du Miocène - 6Ma -, l'océan Téthys s'est refermé, avec comme témoin ici la formation Kalavasos. La reconnection entre la Méditerranée et l'océan Atlantique a provoqué une montée du niveau de la mer et le dépôt de nouveaux sédiments : formations de Nicosie et Athalassa.

 

Un brusque soulèvement au Pléistocène - environ 2 Ma - a surélevé les chaînes de Troodos et Pentadaktylos (* légende), à une hauteur supérieure à celle remarquée actuellement. Le brusque surélèvement et de fortes précipitations ont provoqué une érosion extensive de la chaîne Troodos et le transport des matériaux érodés vers les vallées environnantes.

2_1_GeologicalZones.jpg                         Chypre - zones géologiques - doc. Cyprusgeology.org.

 

geologymap.jpg


evolution-geologique-Chypre.jpg

Evolution géologique de Chypre du crétacé à nos jours - doc. Cyprusgeology.org

en haut, subduction originale et rifting - montée de la suite d'ophiolites - en bas, érosion et "inversion relative" des couches.

 

(* légende) :

PHOTOLISTE 20090908165123 chypre tete daphrodite e 500Déesse de l'amour, Aphrodite, appelée Vénus par les Romains, est née de l'écume de la mer. Elle aurait été amenée par le vent d'ouest, le Zéphyr sur les rivages de Chypre. Une tradition situe le lieu de naissance d'Aphrodite à l'endroit du littoral nommé Pétra tou Roumioule rocher du Romain »), un ensemble de falaises et de rochers impressionnants, un peu à l'est de l'ancienne Paphos. On dit que ce rocher, planté dans la mer à quelques dizaines de mètres du rivage, à la pointe d'une crique, aurait été jeté là par un titan qui l'aurait arraché à la chaîne montagneuse du Pentadactyle, au nord de Nicosie. Le «Pentadactylos» (de penta, cinq et dactylos, doigt) désigne une montagne dont la forme bien particulière correspond, selon la légende, à l'empreinte laissée par la main qui arracha le haut de la montagne pour le jeter à la mer. De l'écume provoquée par la chute de ce rocher dans l'eau serait née la déesse de l'Amour, Aphrodite.

 

  Sources :

- Cyprus geology - lien

- Ophiolites - lien

- La diversité des ophiolites - PlanetTerre

- Chypre - géographie, démographie, géopolitique - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le champ volcanique de Kula, l’aire la plus à l’ouest des jeunes volcans turcs, est constitué de cinder cones et maars, basanitiques à phonotéphritiques, alignés sur une ligne E-O.

La plupart des édifices est datée du Pléistocène, entre 1,1 Ma et 10.000 ans.

Un stade initial d’activité regroupe des coulées de lave en provenance d’évents situés sur une fracture circulaire de caldeira (sur base d’images satellites) . Un second et troisième stade sont liés à un graben E-O. et ont produit des laves contenant des xénolithes.

Bien que l’activité ait continué à l’holocène, l’âge des éruptions les plus récentes n’a pas été établi.

 

tectonique-et-formation-volcan-Kula-4.jpg

 (a) - Par rapport à l'Afrique, considérée comme "fixe", la Grèce chevauche la Plaque africaine beaucoup plus vite que le bloc Anatolie-Chypre ... ce qui implique une extension entre Grèce et Anatolie (grosse double flèche)( (Doglioni et al. 2002), after NASA data base

(b) - Coupe schématique X-X' : la compression et l'extension consécutive impliquent un amincissement de la plaque en subduction et ouvre une "fenêtre" permettant l'ascension de basalte.


Le volcanisme dans cette zone est à inclure dans la tectonique générale de subduction de la plaque Africaine sous la plaque Eurasienne, compliquée ici par un phénomène consécutif d'extension entre la Grèce et l'ensemble Anatolie-Chypre.

 

tectonique-et-formation-volcan-Kula-8.jpg

Un modèle alternatif tient compte de fractures de tension ou de réactivation de failles concernant un bloc de Kula pris entre les grabens Alasehir et Simav. - doument Tockçaer & al. références en sources.

 

tectonique-et-formation-volcan-Kula-13.jpgSchéma volcano-tectonique du développement des champs basaltiques de Kula  - document Tokçaer & al. référence en sources.


Kula-V.F.---Kara-Divlit-Tepe---S.Agostini--CNR-Pisa.jpgKula volcanic field - le cinder cone "Kara Divlit Tepe" et sa coulée de lave à droite - photo S.Agostini Institut de géophysique de Pise, Italie / GVP.

 

Son voisin le plus proche, le champ basaltique Karapinar, est situé au centre de la Turquie, dans la plaine de Konya-Eregli, au Sud-ouest du volcan Karacadag.

Ce champ volcanique comprend 5 cônes de cendres, 2 champs de lave et divers cratères d’explosions et maars, disposés sur une ligne d’élongation du Karacadag.

On remarque une évolution des maars du stade « anneau de tuff à hyaloclastites » vers le stade « maar » puis « cinder cone », reflétant les différents niveaux de l’aquifère durant les éruptions.

Le Meke Dagi, haut de 300 mètres, est un des plus grands cônes d’Anatolie centrale.

 

mf425.jpgKarapinar volcanic field : Le "Meke Golu" - litérallement lac puant -  entoure le cône de cendres Meke Dagi - l'eau du lac est troublée de bulles de gaz soufré en provenance de solfatare subaquatiques. - photo M.Fulle / GVP.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Kula

-                                       - Karapinar field

- Geotectonic Setting and Origin of the Youngest Kula
Volcanics (Western Anatolia), par M.Tokçaer, S.Agostini et M.Savasçin - Turkish journal of earth sciences. - lien

- Phonotéphrite d'après la classification TAS :

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pamukkale1---Traroth-sous-GFDL.jpg

                           Pamukkale - photo Traroth, sous GFDL.


Prenant naissance au sommet d'une falaise haute de 200 mètres, des sources chargées en calcite ont créé à Pamukkale un paysage irréel : des vasques blanches se succèdent en gradins, emplies d'une eau opalescente bleutée ... mais malheureusement remplie aussi de touristes.

Le site compte 17 sources; ces sources chaudes, pour certaines à plus de 45°C, sont saturées en gaz carbonique et sels minéraux. Le carbonate calcique contenu dans l'eau se dépose, lors de son arrivée à l'air libre, sur les flancs de la colline sous forme pâteuse. Il durcit suite à l'évaporation pour donner à la montagne un aspect de "château de coton" - Pamukkale en turc - ou de chute d'eau gelée.

 

hierapolis__pamukkale_by_hierapolis77.jpg  Pamukkale - une cascade de terrasses de travertin ... peu peuplée en fin de journée.  -  photo hierapolis 77.


On peut retrouver ces travertins à Mammoth hot springs, dans le parc national de Yellowstone.

 

ja219---Pamukkale.jpgTravertins fumants et colorés par des "thermophiles" - avec l'aimable autorisation de Marco Fulle - un clic sur la photo vous emmène à Pamukkale.

 

Le site est également intéressant d'un point de vue archéologique :

Fondée au 2°siècle avant JC. par un des rois de Pergame, la cité antique de Hierapolis se développa grâce à l'exploitation de ses sources thermales. Hiéra était le nom de la femme de Téléphore, fondateur légendaire de Pergame.

Cependant, ce sont les romains qui construisirent le plus grand nombre de bâtiments, avant que la ville ne soit complètement reconstruite à la suite d'un violent séisme en l'an 60. La ville était dédiée au dieu Apollon, ainsi qu'au dieu Pluton qui avait un oracle dans les sous-sols du temple d'Apollon.

 

Pamukkale_Hierapolis--ph.Roymail.jpgHierapolis - tombeaux pris dans les concrétions calcaires de Pamukkale. - photo Roymail


Au nord du site se trouve la nécropole, qui compte plus de 1.200 tombes de différentes époques, puisqu'on y retrouve des tumuli circulaires, mais aussi des tombes grecques recouvertes de graffitis et des tombes d'époque romaine.

 

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La piscine thermale est toujours exploitée et on peut s'y baigner entre les colonnes antiques.

 

Sources :

- le site officiel de Pamukkale - lien

- Turizm.net - Hierapolis

- articles dans ce blog sur les "Thermophiles" et Mammoth hot springs I - II

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Après avoir vu les phénomènes qui ont mené aux merveilleuses formations de la Cappadoce - production d'ignimbrites, suivie de laves basaltiques, ensemble soumis par la suite à l'érosion - examinons les volcans responsables de la création de ces paysages.

 

L'Hasan Dagi :

Ce stratovolcan est caractérisé par deux sommets, le plus élevé atteignant 3.253 mètres. Son volume est estimé à 354 km³ et couvre une superficie de 760 km² environ.

Il a connu, depuis le début du Miocène, quatre épisodes éruptifs importants accompagné d'effondrements de caldeira.

Le Néo-Hasan Dagi est le plus jeune des 4 complexes volcaniques basaltiques à rhyolitiques; il s'est établi dans la dernière caldeira formée. Les deux sommets sont constitués de dômes de lave andésitique à dacitique; le sommet ouest abrite deux cratères sommitaux.

 

mf412---Hasan-Dagi.jpgLes 2 sommets de l'Hasan Dagi - avec l'aimable autorisation de Marco Fulle - un clic sur la photo vous mène à son site sur les volcans turcs.

 

Les flancs du complexe volcanique sont couverts de dômes de lave et de dépôts pyroclastiques associés à l'activité de ceux-ci.

La plaine aux alentours est ponctuée de cinder cones, de maars et coulées de lave datant du quaternaire.

Des peintures du néolithique attestent de l'activité du volcan à cette époque.

Il est toujours potentiellement actif : une activité fumerollienne sommitale est responsable de la fonte locale de la neige en hiver.

 

Le Karaca Dag est un grand volcan bouclier basaltique, haut de 1.957 mètres.

Sa naissance au Pliocène est liée à l'activité de fissures et cratères alignés N-S., associés au graben Akcakale.

Des photos satellites montrent des coulées de laves qui ne seraient âgées que de quelques milliers d'années seulement; la date de la dernière éruption n'est pas connue.

 

Karaca-Dag---Aster.jpg                             Vue satellitaire du Karaca Dag - doc. Aster.

 

Le Göllü Dag est un complexe de dômes de lave rhyolitique à rhyodacitique, situé entre l'Hasan Dagi et le complexe Acigöl-Nevsehir en Anatolie centrale.

La datation des obsidiennes du Göllü Dag varie entre 1,33 millions d'années et 840.000 ans. Des cinder cones adjacents au Göllü Dag sont datés de l'holocène.

Les dômes de lave et les cinder cones surmontent le complexe caldérique Derinkuyu, d'âge tertiaire.

L'activité actuelle se manifeste au niveau du complexe de dôme de résurgence Sahin Kalesi par des altérations hydrothermales et des sources chaudes.

 

Ces trois volcans sont actuellement considérés comme responsables de l'émission des ignimbrites Cappadociennes, considérées à une époque comme provenant du volcan Erciyes Dagi.

 

L'Erciyes Dagi :

Le stratovolcan Erciyes Dagi, massif et érodé, situé à l'extrémité nord du bassin Sultansazligi en Anatolie centrale, couvre une superficie d'environ 1300 km ².  La croissance du volcan moderne a commencé environ 900.000 ans, après l'effondrement de la caldeira du Pliocène du complexe Kocdag.  De nombreux cônes parasites et les dômes de lave se trouvent surtout sur le flanc nord de l'édifice moderne, le long des fissures radiales.   Les plus jeunes roches sont datées de 83.000 ans à partir d'une coulée de lave dacitique , mais les éruptions rhyodacitiques et la croissance dôme de lave s'est produite plus tard à la coupole Perikartin.  Un des derniers événements documentés a été un effondrement de l'édifice qui produit une avalanche de débris de grande taille, s'étendant à l'est. 

 

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L'Erciyes Dagi, flanc ouest et le complexe de dômes à gauche du sommet -

avec l'aimable autorisation de Marco Fulle - un clic sur la photo vous mène à son site sur les volcans turcs.

 

Erciyes---Sukran-Perk-Volcanoes-facebook.jpg               Erceyes Dagi - photo Sükran Perk / Facebook- groupe Volcanoes.

 

Sources :

- Stromboli on line - Turkey

- Global Volcanism Program - Hasan Dagi

-                                       - Karaca Dag

-                                       - Göllü Dag

-                                       - Erciyes Dagi

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le nom Cappadoce est rarement mentionné sur les cartes car elle n'a pas de statut politique ou administratif, c'est plutôt une région historique qui comprend des portions de diverses provinces. Le paysage unique de la Cappadoce est le résultat de l'action des forces naturelles au cours des millénaires.

 

Les volcans Erciyes Dagi, Hasan Dagi et Göllü Dagi entrèrent en éruption au miocène supérieur (dix millions d'années) jusqu'au Pliocène (deux millions d'années). Ces éruptions ainsi que l'apparition de volcans de moindre importance au fil des millénaires générèrent une superposition de strates d'ignimbrites plus ou moins denses.

Au début du quaternaire, des laves basaltiques beaucoup plus dures se déposèrent. Quelques éruptions eurent encore lieu ultérieurement, notamment en 253 av. J.-C., semble-t-il. Les dépôts du mont Erciyes ont couvert à eux seuls une superficie de 10.000 km2, sur une épaisseur variant entre 100 et 500 mètres.

 

View_of_Cappadocia_edit---Mila-Zinkova.jpg  Formations érodées de Cappadoce : au fond, les mesas - en contrebas, oeuvre de l'érosion, avec pitons, cheminées de fées  -  photo Mila Zinkova.

 

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   Cappadoce - vallée de Göreme - différents stades d'érosion. - photo Karsten Dörre.

 

Sous l'effet du refroidissement du climat à l'ère quaternaire, la croûte de basalte s'est lézardée, le sol s'est désagrégé, permettant à l'eau de s'infiltrer et d'accentuer encore l'érosion.

Les facteurs d'érosion sont multiples : rivières, pluie, vent, différences de température.

formation-2.jpgQuand le tuf est très tendre, il se désagrège totalement pour former une plaine poussiéreuse, tandis que sur les reliefs pentus, l'érosion crée canyons, formation-3.jpgmesas, cônes, pitons et cheminées de fées.

De nos jours, l'érosion continue : les pitons et les cônes actuels sont donc voués à disparaître, mais d'autres se formation-4.jpgdégagent peu à peu en bordure des plateaux.

 

Schémas  : Stromboli on line - Chimney formation


 

Cappadocia_012_n----N.Dimlen.jpg                                Cheminée de fée ou Demoiselle coiffée  - photo N.Dimlen.

                      Les ignimbrites claires sous la protection de leur chapeau de basalte.

 

Vie et mort d'une cheminée de fée :

L'érosion va isoler petit à petit des morceaux de roches du plateau primitif; les couches sous-jacentes au "chapeau", basaltique dans ce cas, sont protégées et évoluent de ce fait plus lentement.

Les cheminées de fées apparaissent alors au gré des pentes. Leur style varie et est fonction de divers facteurs : nature géologique du chapeau, résistance de celui-ci à l'érosion, qualité et composition du support qui détermine son délitement.

Au fil du temps, le chapeau peut s'effriter, ou la colonne s'affiner, à force d'être érodée ... le chapeau tombe alors, ce qui condamne la cheminée qui est rapidement détruite.

 

 

mf050--art-erosif.jpg"Art érosif abstrait" - strates altérnées d'ignimbrites blanches et jaunes .

avec l'aimable autorisation de Marco Fulle - un clic sur la photo vous mène vers d'autres belles photos d'ignimbrites.

 

La Cappadoce n'est pas seulement connue pour ses paysages d'origine volcanique : Les sites les plus remarquables sont la vallée de Göreme, qui recèle d'intéressantes églises rupestres aux fresques nombreuses et qui a aujourd'hui le statut de musée, les canyons d'Ihlara et de Soganli, ainsi que les cités souterraines de Derinkuyu et de Kaymakli, qui descendent de huit étages sous la roche.

 

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Vallée de Göreme - église rupestre de Karnlik Kilise - entrée et fresque du Christ Pantocrator - photos de Georges Jansoone / wikipedia.

 

Creusées dans un tuf volcanique très tendre, ces cités abritent des pièces de stockage, des logements, et même des églises. Quant aux entrées, elles étaient fermées par d'énormes meules. Ces deux villes, distantes de 9 km, étaient probablement reliées par un tunnel. Les lieux pittoresques sont légions. Parmi ceux qui sont aisément accessibles, on notera Paşa Bağlari (Le vignoble du Pacha), la vallée des Pigeonniers, la vallée de Devrent, Uçhisar, Ürgüp…

Outre le site de Göreme, les vallées de Cappadoce possèdent d'innombrables habitations troglodytiques. On le constate un peu partout, en particulier à Ortahisar, àUçhisar, dans la vieille ville de Nevsehir…

Les habitations troglodytiques comportaient toujours des ouvertures vers l'extérieur de petite dimension. Les grandes ouvertures parfois présentes actuellement résultent d'écroulements dus à l'érosion. C'est notamment pour cette raison que beaucoup de ces habitations sont maintenant abandonnées. Elles font parfois l'objet de restaurations luxueuses et sont alors protégées contre l'érosion par un enduit discret, à l'instar des églises de Göreme.

 

pt22343.jpg                                Uçhisar - habitations troglodytes - doc.wikipedia.


Après-demain, les volcans responsables des paysages de la Cappadoce... après une introduction à ceux-ci par le biais artistique.

 

 

 

Sources :

- Les complexes volcaniques rhyolitiques quaternaires d'Anatolie centrale : genèse, instabilité, contraintes environnementales.

Damase Mouralis , Jean-François Pastre , Catherine Kuzucuoglu , Ahmet Türkecan , Yelda Atici , Ludovic Slimak , Hervé Guillou , Stéphane Kunesch   lien Quaternaire  lien   Année   2002   lien Volume   13   lien Numéro   13-3-4   lien pp. 219-228

- Swisseduc.ch - Stromboli on line - Turkey

- Parc national de Göreme et sites rupestres de Cappadoce - lien

- Cheminée de fées en Cappadoce - Eduscol - par Pierre Thomas

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Publié le par Bernard Duyck
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Moyen-orient copie

Carte de situation des volcans du Moyen-Orient et ci-dessous de la région de l'est-Taurus, avec le lac de Van - doc.Google et Graphic map.

 

carte-turquie

 

L'est de la Turquie contient quelques grands volcans, dont le Süphan Dagi, l'Ararat et le Nemrut Dagi, et un énorme lac : le lac de Van.

 

Le lac de Van est lié de plusieurs façons au volcanisme. Entouré par deux stratovolcans, son déversoir a été bloqué au Pléistocène par des coulées de lave provenant du Nemrut Dag. Ce lac, devenu endorrhéïque, est un lac salé, qui reçoit l'eau en provenance des terrains environnants, dont les volcans grands responsables de son alimentation en sels minéraux. L'eau du lac est fortement alcaline, pH 9,7-9,8, et riche en carbonate de sodium.

Ses mensurations : sa surface est de 3.755 km² pour un volume de 607km³; sa largeur maximale est de 119 km. pour une profondeur moyenne de 171 mètres, avec un maximum de 451 mètres.

 

800px-Akhtamar Island on Lake Van with the Armenian CathedrLe lac de Van en hiver - l'île Akhtamar avec la cathédrale Arménienne de ls Sainte Croix (10°siècle) - photo Gazturk /wikipedia.

 

Comme c'est un lac sans débouché, les sédiments s'y sont accumulés, enrichis de dépôts d'éruptions; la couche de sédiments est estimée à 400 mètres d'épaisseur par places, ce qui n'a pas manqué d'attirer climatologues et volcanologues. L'ICDP - International Continental Drilling Program - espère pouvoir lire dans ses carottes de forage le climat des 800.000 dernières années, Un test de forage prometteur, effectué en 2004, a permis de détecter la trace de 15 éruptions durant les derniers 20.000 ans.

 

Le Nemrut Dagi est un grand stratovolcan faisant partie d'un groupe volcanique situé à proximité du lac de Van, et le seul à avoir eu une éruption dans "les temps historiques".

 

NemrutVolcano03 - Evgeni Genkin                     Nemrut Dagi - vue partielle de la caldeira - photo Evgeni Genkin.


Sa caldeira, de 9 km. sur 5, est remplie pour moitié par un lac de cratère, le reste étant occupé par des coulées de lave et des structures volcaniques.

 

ISS018-E-10206Cette photo prise par l'équipe de la station spatiale internationale (ISS018E 10206) permet de détailler la lac de cratère, 3 coulées de lave principales et de nombreux dômes et cônes situés à l'intérieur de la caldeira. - Doc. Nasa.

 

L'activité du volcan est marquée par la construction primordiale d'un imposant stratovolcan, d'altitude estimée à environ 4.500 mètres. Il y a moins de 300.000 ans, une puissante éruption le décapite lui faisant perdre 1.600 mètres en hauteur, provoquant son effondrement et la formation d'une caldeira suite à la libération d'ignimbrites qui convriront 860 km².

L'activité post-caldeira, basaltique à rhyolitique, a concerné le plancher de la caldeira et les bords de celle-ci.

Des coulées pyroclastiques et d'obsidienne ont ensuite pris le relais, avec construction de dômes intracaldériques.

Ensuite l'activité s'est déplacée sur le flanc nord,avec NemrutVolcano Map russl'établissement de dômes et cinder cones le long d'une fissure N-S. Les manifestations les plus récentes se sont concentrées le long d'une fissure coupant la partie est du plancher de la caldeira, pour ensuite se prolonger en contrebas du bord nord de la caldeira : en résulte une douzaine de dômes et de cinder cones intracaldériques. La toute dernière éruption est datée de 1.650.

 

Les monts Ararat, célèbres pour avoir accueilli l'arche après le déluge, ont été étudié avec les volcans arméniens, puisqu'ils faisaient partie historiquement de la "grande Arménie".

 

Le Süphan Dagi, stratovolcan haut de 4.158 m., est situé juste au nord du lac de Van.

Durant sa construction, des coulées de lave andésito-dacitique ont alterné avec des coulées basaltiques plus fluides; ensuite un dôme de lave s'est édifié dans le cratère central.

Les flancs du volcan sont couvert de dômes et de cônes pyroclastiques, situés sur des fissures radiales et périphériques.

Le flanc sud abrite un maar à bords bas d'1,5 km. de large, nommé Aygirgölü.

Durant les derniers stades d'activité, de volumineuses coulées basaltiques ont dévalé jusqu'à 30 km. du sommet.

L'activité totale s'est répartie principalement entre 2 millions d'années et 100.000 ans, avec la dernière éruption basaltique datée de 10.000 ans (8050 av.JC.)

 

Suphan Dagi - ph.Murat erdogan                         Le Süphan Dagi - photo Murat Erdogan.

 

Suphan_Dagi---ph.Murat-erdogan.jpg

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Nemrut Dagi

-                                           - Süphan Dagi

-                                           - Ararat

- Geology of the quaternary volcanic centres of the east Anatolia -

  Science Direct 1998 - lien

- Nasa - photos de l'ISS.

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Publié le par Bernard Duyck
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La tectonique de la Turquie est principalement liée aux mouvements de la microplaque Anatolienne (ou bloc Anatolien) et du système de failles majeures associées.

 

Aegean Sea and Anatolian Plates map-fr                             Contexte tectonique de la plaque Anatolienne.


Cette plaque est "éjectée" vers l'ouest en réponse à l'avancée de la plaque arabique et tirée en même temps vers le sud, avec la Crête et les Cyclades. La plaque Arabique est entraînée par la subduction de l'océan Néo-Téthys, disparu aujourd'hui de la surface terrestre, sous la chaîne de Zagros en Iran; elle coulisse le long de la faille du Levant (Palestine, Mer Morte).

Le mouvement vers le sud est lié à la subduction Méditerranéenne sous la Turquie.

Ces mouvements importants ont débuté au tertiaire et générés de nombreux et forts séismes ainsi qu'une activité volcanique importante affectant les trois-quarts de l'actuelle Turquie.

 

Au niveau sismologie, la Turquie est l'une des régions les plus actives au monde. Il existe de nombreuses failles dites majeures (qui affectent toute la lithosphère). La plus célèbre es la faille Nord-Anatolienne qui longe toute la chaîne de montagnes des pontides jusqu'en Thrace (Grèce).

 

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         Situation des failles majeures ( * : position des séismes de 2003 et 2010) - doc.USGS

 

Trois grandes failles sont ici en cause : la faille nord-anatolienne, la faille est-anatolienne et l'arc hellénique.

La faille nord-anatolienne est une faille de type coulissante; la plaque sise au nord de la faille se déplace vers l'est et celle sise au sud vers l'ouest. Les dernières secousses engendrées à ce niveau datent de 1999 et avaient fait 32.000 morts. Le séismes d'Izmit eu lieu le 17 août 1999 et fut de magnitude 7,4; celui de Dücze le 12 novembre suivant et fut de magnitude 7,2.

Il s'agit d'un des décrochements les plus sismiques au monde; il est comparable à la célèbre faille de San Andreas aux Etats-Unis.

 

NAFsequence.jpg     Historique de la faille nord-anatolienne (NAF) par le CNRS-IPGP / départ.tectonique.

On y ramarque le déficit de glissement cumulé" en mer de Marmara et les séismes de 1999.


L'activité sismique historique laisse craindre un séisme majeur : il serait de grande magnitude, supérieure à 7, et se passerait dans les décennies à venir dans la région très peuplée d'Istanbul.

Afin d'évaluer les risques possibles, un programme d'étude Franco-Turc an été mis en place en mer de Marmara, à partir de 1999. Selon que la faille est parfaitement linéaire avec u n mouvement coulissant purement horizontal, ou qu'au contraire, elle se décompose en plusieurs segments formant des coudes et combinant des mouvements coulissants et des mouvements verticaux, typiques des bassins en extension, sa rupture pourrait revêtir des modalités sensiblement différentes. Le programme franco-turc a pour objectif de déterminer avec précision la structure du soubassement de la mer de Marmara et ses prolongements à terre. En 2.000, "Marmara" (Ifremer) a permis d'en identifier les segments les plus dangereux. En 2.001, "Séismarmara" va déterminer la structure profonde des failles sous-marines.

 

SketchMarmara.gifLa mer de Marmara constitue un bassin de "pull-apart" , lieu de futur séisme dévastateur.

Document CNRS-IPGP

 

La faille est-anatolienne s'est illustrée en mars 2010, avec un séisme de M 5,9 , pratiquement à la même place que celui de 2003 de magnitude 6,4. ils étaient situés tous deux sur la faille est-anatolienne, à proximité de son croisement avec la faille nord.

 

Au niveau de la diversité des roches, une des caractéristiques de la Turquie est son nombre impressionnant d'ophiolites - Les ophiolites sont un ensemble de roches appartenant à une portion de lithosphère océanique, charriée sur un continent lors d'un phénomène de convergence de deux plaques lithosphériques (par obduction). - et une minéralogie à base de métaux ferro-magnésiens tels que la chromite et le spinel.

L'intense activité volcanique a donné naissance à d'autres minéralisations : or, mercure, nickel et bore. De l'aluminium est issu des paléosols des plateaux anatoliens.

 

L'érosion de certains sols a permis aussi au pays de posséder des paysages uniques et responsables en partie de son essor touristique au 20°siècle : les cheminées de fée de la Cappadoce.

 

Sources :

- Futura-Sciences : Qu'est-ce qui fait trembler la terre ? par O.Bellier, géologue et chercheur.

- Les nouveaux risques sismiques en Turquie évalués par les chercheurs - CNRS presse.

- Le séisme d'Izmit dans son contexte tectonique - IPGP

                                                                                - autre lien

- Orogènes et Bassins - mer de Marmara pages 26 à 42.

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