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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pour avoir remarqué lors de mes voyages des implantations haut-perchées de lieux de cultes ou de pouvoir - château ou palais - je me suis intéressé aux supports...pour m'apercevoir que, dans pas mal de cas, il s'agissait de formations volcaniques.

 

Commençons par le site de Sigiriya, au Sri Lanka (ex-Ceylan), île situé à la pointe sud-est de la péninsule indienne.

 

Située sur son rocher, qui est en réalité un neck volcanique, la citadelle de Sigiriya domine la plaine.

Un neck - de l'anglais "cou" - est un piton rocheux formé par une colonne de lave solidifiée dans une ancienne cheminée volcanique, et mise en relief ultérieurement par l'érosion. Il s'agit d'une intrusion magmatique à prismation radiaire.

Le déchaussement érosif a laissé une énorme structure haute de 370 mètres au dessus elliptique.

 

Sigyria---C.Senanayake.jpgLa citadelle de Sigyriya (à gauche) et un des gros rochers utilisé par les mones bouddhistes - photo C.Senanayake.

 

Les restes archéologiques :

La région fut occupée, au mésolithique, durant 5.000 ans.

Durant le 3° siècle avant JC, des monastères bouddhistes furent établis dans les environs du rocher. Des inscriptions ont été trouvées à l'entrée de refuges creusés sous de gros blocs de pierre, qui en témoignent.

En 477, le prince Kasyapa, avide de pouvoir, destitua son père, le roi Dhatusena, avant de l'emmurer vivant et chassa son frère Mugalan. Il construisit une citadelle imprenable en haut du rocher, desservie par un escalier qui se faufile entre les pattes géantes d'un lion ... ce détail donne son autre nom au neck : "le rocher du Lion"

 

Sygiriya---le-rocher-du-lion.jpgSigiriya, le rocher du Lion et le vertigineux escalier d'accès au palais-forteresse.

Document Asiaexplorers.


Sigyria---Munir-Squires.jpgLes marches taillées dans le roc - ancien chemin d'accès - côtoyent l'escalier en fer rouillé utilisé depuis le 19°s. - photo Munir Squires.

 

Durant son règne, de 477 à 495, ce roi parricide fit construire défenses, palais et citernes, mais développa aussi un mécénat, invitant les plus grands artistes à sa cour : de cette période, datent de somptueux jardins situés au pied du rocher et la célèbre fresque des Demoiselles.

Il fut délogé par son frère Mulagan, revenu après 18 ans pour venger son père. Celui-ci déménagea la capitale à Anaradhapura, et le rocher retourna à son utilisation monastique jusqu'au13-14° siècle.

 

La fresque des Demoiselles :

Les fresques devaient couvrir une grande partie de la face ouest du rocher, couvrant 140 mètres de long sur 40 de haut. Des graffitis datant du 8°siècle parlent de 500 demoiselles peintes. Beaucoup d'entre elles ont disparus durant la dernière occupation monastique ... car elles troublaient la méditation des moines.

Le style des fresques est unique, bien qu'il soit classé comme faisant partie de la période "Anuradhapura " :   les lignes sont peintes  de façon à mettre en valeur les formes voluptueuses, et par touches faites avec plus de pression d'un côté.


Sigiriya---le-mur-miroir.jpgLes escaliers sont taillés àmême la paroi ; à mi-hauteur, le mur-miroir (rosé) qui fait face aux fresques des Demoiselles. - Document Asiaexplorers.

 

Une paroi fait face aux fresques; elle était si polie que le roi pouvait s'y voir durant la promenade... et que les Demoiselles peuvent toujours s'y mirer !


Sigiri_Frescos.jpg

 

 Sigyriya---les-Demoiselles.JPG

         "Les Demoiselles de Sigiriya" ... quelques figures parmi les 23 rescapées.

                                            Documents Wikipedia.

 

La semaine prochaine : un autre neck surmonté de ...


Sources :

- The story of Sigiriya

- Sigiriya, the fortress in the sky

- Sigiriya, Unesco world heritage site - travel guide

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Actu---3-0371-copie.jpg

                                       La carrière "in den Dellen" - © B.Duyck


L'annonce avait été claire ; " Chasse aux minéraux à quatre pattes dans les dépôts de la carrière "in den Dellen"

Mais que chercher ?

                    de l'Haüyne, phénocristal typique de l'Eifel.


                                               Haüyne sur ponce - gemstone.de

L'Haüyne, cristal de couleur bleu-cobalt ( se présente aussi sous d'autres couleurs, e.a. blanche, rosée ...), se retrouve e.a. dans les dépôts émis par l'éruption du Laacher See, à une profondeur de 5 à 20 mètres dans les bancs de ponces.

Elle doit son nom au minéralogiste français R.J.Haüy, qui l'a mis en évidence en 1807, lors d'une découverte italienne au Monte Somma (Vésuve)

Caractéristiques ( source: www.gemstone.de) :

     - Couleur : bleu-cobalt  - due à la présence d'un groupe

        sulfate dans la structure cristalline.
     - Cristallisation : système cubique
     - I.réfraction : réfraction simple; 1,490 à 1,505
     - qualité : l'intensité de la couleur est primordiale.

        Certainespierres sont "laiteuses" et moins brillantes.
        Quelques inclusions sont admises.
        En belle grandeur et qualité "gemmologique", l'haüyne

        est une des pierres précieuses vraiment rare.
     - Taille : il est rare de trouver des pierres de bonne qualité
        de taille supérieure à 0,5 carat.
     - Composition chimique : (Na,Ca)8-4(SO4)2-1(AlSiO4)6

 

Où trouver les phénocristaux d'haüyne dans les dépôts ?

 

Actu---3-0455-copie.jpgStratigraphie des tephras du Laacher See versus concentration des phénocristaux dans la chambre magmatique (en vert) et dans les dépôts (droite du diagramme) - in Volcanism de H-U.Schmincke

 

On peut voir grâce à ce graphique que :

- la sanidine est le phénocristal majoritairement présent dans les différentes couches de téphras (la plus grosse concentration dans la couche ULST , en provenance des parties inférieures de la chambre magmatique - lower) - c'est aussi l'élément majoritaire dans la LLST (enprovenance de la partie supérieure de la chambre magmatique - Upper), où les autres phénocristaux sont peu représentés.

- l'haüyne est présente en quantités faibles dans les couches intermédiaire MLST, et en quantités un peu plus importante dans la ULST (téphras émis en fin de vidange de la chambre, et présent dans les couches basses de celle-ci - lower). On remarque aussi que la quantité relative de phénocristaux est moins importante dans la LLST (partie bleu du diagramme)

... il faut donc rechercher l'haüyne dans les tephras de la LLST, couche immédiatement présente sous les produits d'érosion et le sol cultivable, et pas dans les tréfonds de la carrière (voir photo du dessus)


Voilà pour la théorie ... pour la pratique, toutes les positions sont permises, mais il faut ouvrir l'oeil !

 

Actu---3-0372-copie---1.jpg

                                                                                                                        © B.Duyck


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                                                                                                        ©JM. Mestdagh

 

Nous avons eu le plaisir de farfouiller en groupe , et on a quand même trouvé quelques phénocristaux de taille millimétrique.

 

Hauyne-sur-Augite---D.Descouens-wiki.jpg      Cristal d'Haüyne sur augite ( Monte Somma - Vésuve) - photo D.Descouens / Wiki.

le cristal blanc est de la néphéline - remarquez la bulle de gaz  dans le cristal d'haüyne (en bas à gauche)

 

Sources :

- gemstone.de

- mindat.org - Haüyne gallery

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'Eppelsberg, actuellement exploité commme carrière, est un volcan situé dans le massif de l'Eifel-est et contemporain du Nastberg : 220.000 ans.

 


Eppelsberg-304_600.jpg

                               Vue aérienne de la carrière - photo W.Müller dela DVG.

 

 eifel-2-images.jpg

                                                                                                         ©JM. Mestdagh

 

Ce cône de scories présente une stratification esthétique...

avec des incrustations de "langues de lave", de teinte grise sur fond de cendres en camaïeu de brun. Le front de taille atteint par endroit 60 mètres de haut.

 

Laacher-See-091-copie.jpg

        Vue intérieure de la carrière (paroi de gauche,dans l'ombre,sur la photo du haut)

                                                                              © B.Duyck 2007


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                      Une langue de lave parmi les couches de tephras - © B.Duyck 2007

 

Actu---3-0363-copie.jpg

        Vue, du haut de la carrière,de la paroi de droite (sur la photo aérienne)

                                          © B.Duyck2010


Actu---3 0364 copie                                                                                              © B.Duyck2010  

 

Un "dyke annulaire" coupait perpendiculairement les sédiments, lors de notre visite en 2007; il a malheureusement disparu aujourd'hui ... il n'en reste qu'une cicatrice.
Un dyke résulte du remplissage de fractures (verticales, radiaires concentriques à l'édifice) par de la lave qui remonte vers la surface.
Quand le mouvement cesse, la lave se fige et peut cristalliser plus ou moins complètement. Ces structures sont mises à affleurement par une érosion ultérieure (naturelle ou comme ici, mécanique).           Dyke = "mur" en langue celtique.

 

Laacher See 096 copieDyke basaltique annulaire cassé par les carriers (morceaux de part et d'autre de P.Marcel, qui donne l'échelle) ... imaginez une structure en cône tronqué dans l'épaisseur des sédiments

© B.Duyck  2007


A l'attention des géologues : on y retrouve de la leucitite, une roche volcanique sous-saturée en silice, contenant des cristaux automorphes de leucite. (défin.:FuturaSciences)


eifel-004-copie-copie-1.jpgLa Leucite est un minéral du groupe des feldspathoïdes - KAlSi2O6 -
cristallisation : système tétragonal.
Malgré sa rareté,le leucite est relativement abondante dans certaines laves récentes, dans des roches pauvres en silice.
On en rencontrerait aussi dans le massif central français ( même type
d'anomalie thermique originelle).
 

Leucite-Mineralien-atlas--5mm-copie-1.jpgLeucite = zones blanc-gris en haut et à gauche de la photo du dessus.

  © B.Duyck

 

 

 

Document Atlas mineralien

taille des cristaux : 5mm.

 

 

Sources :

- DVG - Deutsche Vulkanologische Gesellschaft -

  www.vulkane.de - Exkursionen - Eppelsberg

- Webmineral - Leucite

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pour rester dans les coulées basaltiques ... au nord-ouest d'Ettringen, et en bordure de la vallée de la Nette, une superbe coulée émise, il y a 400.000 ans, par le cône de scories Hochsimmer.

 

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                           Panorama sur la coulée "Die Ahl"  -  ©JM. Mestdagh

 

Schéma W.Meyer & Vulkanpark GmbH :

La coulée "Die Ahl" est située en bordure de la Nette-Tal, au tiers de la Hochsimmer lavastrom (lettre A)

Actu---3-0422-copie.jpgLe Hochsimmer - H - plus de 400.000 ans et sa coulée Hochsimmer lavastrom, en bordure de la Nette-Tal. (le socle dévonien est d'âge +/- similaire)

Le complexe Bellerberg, daté d'environ 200.000 ans et composé e.a. de :

- Ettringer-Bellerberg - EB - qui a donné la coulée exploitée à Ettringer Lay. (voir ante)

- Kottenheimer-Büden - KB .

N.B. : lavastrom = coulée de lave.

 

La coulée basaltique "Die Ahl", d'une hauteur allant jusque 40 mètres, présente une structure particulièrement photogénique : une prismation en gerbe.

 

Actu---3-0394-copie.jpg                    "Die Ahl" - coulée basaltique "en gerbe" - © B.Duyck

              On peut retrouver pareille structure au volcan Ray-Pic, en Ardèche - France.

 

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                  La coulée basaltique dans sa plus grande longueur - © B.Duyck              

                    La prismation en gerbe est situé à gauche de cette coulée, sur "le coin".

 

Actu---3-2663.jpg

                        ©JM. Mestdagh

 

Actu---3-0398-copie.jpg                 " Juste pour le fun" : le profil d'un indien émplumé se dessine sur la paroi.

                                             © B.Duyck


En fonction du schéma du haut de la page, revenons sur l'éruption du "groupe Bellerberg" :

Ce groupe est composé des cônes Hufnagel, Kottenheimer Büden, Ettringer Bellerberg, Winfeld, Mayener Bellerberg et Spitzberg.

L'éruption a débuté par le côté droit (est) avec le Kottenheimer Büden; puis se sont ajouté quelques évents au centre de la structure; et enfin, ce fut le côté gauche (ouest) qui s'est joint, avec Ettringer Bellerberg.

La coulée Winfeld  lavastrom (WL) s'est répandue dans une direction opposée aux autres.

Après l'éruption, l'érosion a raboté les structures centrales, laissant deux portions de parois en demi-lunes.

 

Source :

- Vulkanpark GmbH

- Vom magma zum mühlstein - E.Harms & F.Mangartz

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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          Pierre meulière basaltique commémorative de quatre expositions internationales

                                                                                                                      ©JM. Mestdagh

 

Il semble que l'exploitation "antique" du basalte se soit faite dans des carrières à ciel ouvert.

 

Actu---3 0430         Exploitation au néolithique - Document Vulkanschule / Vulkanpark

 

Dès l'âge de bronze (5.000 à 750 av.JC.), la roche était débitée par un principe de "chaud-froid" : un feu est allumé sur une colonne basaltique et éteint de façon brutale en arrosant avec de l'eau froide; l'éclat extrait était ensuite façonné à l'aide de bifaces.

 

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          Exploitation à la période romaine - Document Vulkanschule / Vulkanpark

 

 La romanisation de la Germanie inférieure a permis une généralisation du moulin à main, puis son perfectionnement jusqu'à la technique de meule tournante.

Ce type de meule, du fait d'une usure rapide, a imposé la sélection des pierres les plus dures, parmi lesquelles le basalte a une place privilégiée.

La "pierre d'Andernach" était aussi utilisée pour les meules verticales des moulins à huile, les tordoirs.

Les romains utilisaient des coins introduits régulièrement en ligne par percussion au maillet, pour faire éclater le basalte en gros blocs, façonnés par après grâce à divers outils.

 

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                                                                                  ©JM. Mestdagh

 

 

roemischehandmuehle             Meule en basalte de l'époque romaine - Document Vulkanschule / Vulkanpark


Les meules basaltiques de l'Eifel furent commercialisées grâce aux fleuves et rivières, en l'occurence le Rhin et la Moselle, via le port fluvial d'Andernach, et aux réseaux d'approvisionnement de l'armée romaine par le réseau de chaussées.

On retrouve des meules de la région de Mendig jusqu'à Londres, en Scandinavie, en France en Lorraine, à Toul, dans le territoire de Belfort à Offemont. La zone de distribution des meules allemandes s'étend au sud jusqu'à une ligne Tours-Autun-Augst (zone rouge); celle des meules Auvergnates voit sa limite nord sur une ligne Boulogne-Reims-Strasbourg (zone verte), avec un chevauchement des deux aires de distribution (zone grise) . L'analyse de la composition minérale (éléments majeurs et éléments traces) a permis de déterminer la provenance précise (pays, région, jusqu'à la carrière) de la pierre meulière.

 

 

 

Mapping-trade-areas--1--1.jpg                     Carte d'après T.Gluhak et W.Hofmeister (réf.ci dessous)

frauen-kinderarbeit.jpgPuis vient la période d'exploitation minière pré-industrielle, dans des conditions toujours pénibles, et où toute la famille était concernée : femmes et enfants creusaient les premiers mètres, dans les dépôts volcaniques, ensuite les hommes s'attaquaient au basalte.


Document Vulkanschule / Vulkanpark

 

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Gravure montrant la meulière souterraine de Mendig au 15 et 16°siècle - techniques de levage et de mise en oeuvre des colonnes de basalte pour la confection des meules à grain

Doc. A.Schmickler / Von magma zum mühlstein.

 

 

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                                    Carrière de Niedermendig -  ©JM. Mestdagh

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                             Mendig - musée de plein air "Museumslay" - ©JM. Mestdagh

             Reconstitution d'une entrée de puit de mine - explications de W.Kostka DVG

 

 

 

Sources :

- Explications de terrain fournies par Dominique Thiery (Lave Est)

- Vulkanschule / Vulkanpark : lien

- Vom magma zum mühlstein - Ed.Haarms & Fr.Mangartz

- Alain Belmont et Fritz Mangartz (dir.), Mühlsteinbrüche. Erforschung, Schutz und Inwertsetzung eines kulturerbes europäischer Industrie / Les meulières. Recherche, protection et valorisation d'un patrimoine industriel européen.

- Provenance analysis of roman millstones: mapping of trade areas in roman europe.

Tatjana M. Gluhak, Wolfgang Hofmeister
Johannes Gutenberg-Universität, Institute of Geosciences, 55128 Mainz.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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        Une colonne de basalte artistiquement ouvragée marque l'entrée d'Ettringen Lay.

                "Volcan, coulée et son produit en un saisissant raccourcis - © B.Duyck

 

La carrière d'Ettringen exploite une coulée basaltique  émise par le Bellenberg, complexe volcanique composé de cônes de scories vieux de 200.000 ans.

 

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    Coupe du complexe volcanique "Groupe Bellerberg" - document Vulkanpark GmbH.

 

Actu---3 0337 copie

    La paroi, après exploitation, mesure encore 23 mètres, et est appréciée des associations     d'escalade - © B.Duyck


 

Actu---3-0424-copie.jpgLe cône du Bellerberg a émis des coulées basaltiques dans une vallée formée partiellement par la déclivité naturelle du terrain, partiellement par une coulée basaltique en provenance d'un autre cône situé au NO. du Bellerberg : le Hochsimmer. (voir la vignette supérieure ci-contre)

C'est ainsi qu'elle a atteint une hauteur de 40 mètres, avant d'être exploitée industriellement au 19 et 20°siècles..


Schéma Vulkanpark GmbH

Le Hochsimmer lavastrom est en gris-bleu sur la vignette du haut.

 

Par endroit, la paroi n'est constituée que par l'épaisseur d'une seule colonnade basaltique, un trou dans celle-ci laisse en deviner l'épaisseur.

 
Actu---3 0343 copie

                                                                                            © B.Duyck


Source :

Vulkanpark GmbH

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La visite de la Lava-keller ("la cave de lave") de Mendig, c'est une intrusion dans le coeur d'une coulée basaltique.


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                                                                                                                     ©JM. Mestdagh

 

Equipés de cirés et de casques, il faut descendre 152 marches pour parvenir à 32 mètres sous la surface dans une des caves creusée dans une grande coulée de 3 km², sur laquelle repose la ville. Seule une partie est accessible, à la fois pour des raisons de sécurité, mais aussi de protection des colonies de chauve-souris qui y gîtent.

 

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            Premières explications au bas de l'escalier ... impressions humides et froides.

                        © B.Duyck  

 

Actu---3-0301-copie.jpg    Notre guide nous montre un schéma des coulées du Wingertsberg ; la Lava-keller se trouve  dans la coulée au centre de la photo

© B.Duyck

La coulée de Niedermendig provient d'un cône de scories vieux de 200.000 ans, le Wingerstberg; celui-ci a produit deux grosses coulées basaltiques, la dernière recouvrant partiellement la première. C'est dans la zone la plus épaisse que la Lava-keller a été creusée, à mains nues : il a fallut pénétrer les dépôts éruptifs laissés par le Laacher See - couches de ponces, de scories, entrecoupées de loess - avant d'atteindre le basalte, qui présente en partie supérieure de petites colonnades (gloches) et plus bas, de grosses colonnades exploitables (schienen).

 

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Coupe schématique du sous-sol de Mendig au niveau de la coulée basaltique. D'après un document du Lava-Dome.

 

Actu---3-0303-copie.jpgParois et piliers de soutènement basaltiques; le mur chaulé à droite date de l'exploitation brassicole.

© B.Duyck

 

 

Actu---3-0305-copie.jpgDessus d'une colonne de soutènement - hauteur 6 à 8 mètres ; au plafond, la face inférieure de l'entablement, avec des colonnes de petite dimensions - voir photo suivante. -

 

Actu---3 0302 copie

                        © B.Duyck

 

Les coulées basaltiques, qui ont détruit la région à l'époque, lui ont en revanche donné des moyens de subsistance : la matière première et son exploitation en meules à grains. Les conditions de travail étaient cependant très pénibles : 12 heures par jour, six jours sur sept, dans la pénombre, à la lueur des bougies puis de lampes dont il fallait respirer les émanations, dans une température de 6 à 9°C et une humidité forte (72% d'humidité relative) ... à ce régime, les mineurs ne vivaient pas vieux !

Ce qui n'a pas empêcher d'heureux évènements de s'y dérouler : dans un coin de la cave, une salle "sculptée" en témoigne, où se déroulaient des cérémonies de mariage.

L'accès à la cave et l'extraction des meules se faisait grâce à un système de treuils mus par la traction animale et humaine.

 

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                        © B.Duyck

 

 

En fin d'exploitation carrière, les caves ont servi à la fermentation et au stockage de la production des 28 brasseries locales, au 19°siècle. La basse température et l'humidité des caves ont justifié la localisation ce stockage, un coup de pouce étant donné si nécessaire par l'apport de glace et une aération dynamique. Cette activité a cessé avec l'invention de la réfrigération par Linde. Une seule brasserie utilise encore sa propre cave à cet effet, et délivre une "Vulkan beer".

 

A l'entrée de la Lava-keller, des meules rappellent l'activité première, dont une meule commémorative de quatre expositions internationales.

 

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                              © B.Duyck

 

Sources :

-explications du guide de la Lava-keller.

- Vom magma zum mühlstein, eizeitreise durch die lavaströme des Bellerberg-vulkans - Ed.Harms & F.Mangartz.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le front de taille du Wingertsberg, haut d'une trentaine de mètres, permet d'observer la succession phonolitique de l'éruption du Laacher See tout proche.

 

Actu---3-0317-copie.jpg          Carrière du Wingertsberg - Le grand front de taille stratifié  - © B.Duyck 2010


Dans le bas, les ponces blanches éjectées en premier  - LLST , Lower Laacher See Tephra - forment des strates horizontales, chaque strate correspondant à une explosion. Elles sont fortement vésiculées et contiennent peu de phénocristaux (dont de la sanidine).

 

La couche moyenne - MLST, Middle Laacher See Tephra -  présente des échantillons plus hétérogènes et de couleur variable. On y trouve deux types de strates:

1. des couches massives à toit plat et base ondulante, issues de coulées pyroclastiques dans lesquelles la concentration en éléments est forte; les grains les plus gros se soutiennent mutuellement  et les plus petits décantent ... les gros blocs se situent sur le toit de la couche.

Ces éléments sont déposés par un flux laminaire; le front de la nuée ardente érode le terrain, d'où une base ondulante.

 

Actu---3 0316 copie

                         © B.Duyck 2010

 

2. des niveaux à stratification internes fines et obliques, à base ondulée et toit plat, issus de déferlantes dans lesquelles les éléments sont plus isolés les uns des autres. Les grains en suspension dans un nuage gazeux sédimentent et sont alors transportés par traction ... d'où stratification oblique.

 

On trouve par endroit des blocs de basalte anguleux avec figure de charge : les blocs ont suivi une trajectoire balistique avant de s'écraser sur une surface plus molle.

 

Actu---3 0324 copie-copie-1           Blocs de basalte  et figure de charge - © B.Duyck 2010

 

Si la force de la déferlante est forte, on observe des antidunes, où les processus d'accrétion et d'érosion sont inversés par rapport à ce qui est observé pour une dune de désert.

Un des meilleur exemple d'antidune est observable dans un front de taille perpendiculaire au précédent et situé dans le sens des émissions du volcan.

 

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  Notre volcanologue de service, Robin Campion, de l'Université Libre de Bruxelles, commente le site et l'antidune située derrière lui. - © B.Duyck 2010

 

Actu---3 1928 jm

                                                                                                           ©JM. Mestdagh

 

L'ULST - Upper Laacher See Tephra - est la zone la plus riche en phénocristaux et en minéraux mafiques . Elle est constituée de strates à toit plat, base ondulante et à stratifications obliques dues à des déferlantes.

 

A la fin de l'éruption, les pluies ont rapidement lessivé la zone, formant des lahars, dont on peut voir une trace sur la photo ci-dessous, où la stratification régulière est interrompue.

 

Actu---3 0333 copieLa stratification est interrompue par des dépôts provenant vraisemblablement de lahars.

© B.Duyck 2010

 

Des lahars ont, de plus, envahi la vallée du Rhin après la destruction du barrage de ponces (le Brohl-Damm) au début de la phase ULST-B. (voir la carte dans le précédent article)

 

Laacher-See-105-copie.jpg

       Coulée d'ignimbrites non soudées, qui a descendu la Brohltal en direction du Rhin

           à Bad-Tönnistein (hauteur : jusque 60 m.) - © B.Duyck 2007

 

Sources :

- Volcanism & Vulkane der Eifel - livres de H-U.Schmincke

- La carrière du Wingertsberg - par Eric Reiter


Merci à mon ami Jean-Michel Mestdagh pour son partage de photos.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La visite du Wingertsbergwand - la paroi du Wingertsberg - un ancien cone de scories estampillé par les dépôts de l'explosion du Laacher See nous livre une explication chronologique du déroulement de l'éruption.

 

sch-mas-011-copie-copie-1.jpg            Ratio d'émission en m³/s. et hauteur de la colonne éruptive - H-U.Schmincke

 

Actu---3-0439.JPGCette éruption a été la plus puissante du Quaternaire en Europe centrale et similaire par ses émissions à celle plus récente du Pinatubo; la dispersion des tephras émis par l'explosion du Laacher See atteignit au nord, la Suède, et au sud, le Piémont italien.

Le montage photo mixant le panache du Pinatubo et le paysage de l'Eifel donne une idée du cataclysme - doc. H-U.Schmincke.

 
sch-mas-016.jpg                Aire de distribution des tephras en Europe - H-U.Schmincke.

 

"" Tous les échantillons observés montrent un taux de vésiculation assez important. Par conséquent, l'expansion des gaz est en partie le moteur de l'éruption.
De plus, il existe un moteur externe qui est la rencontre entre le magma et l'aquifère. Cette rencontre provoque d'une part une trempe et une vésiculation du magma et d'autre part, une vaporisation et une énorme dilatation de l'aquifère. Ce processus de rencontre est le phénomène débutant de ce début d'éruption. La dilatation de l'aquifère provoque, tout au moins en partie, le débourrage du conduit volcanique. L'éruption du Laacher See est de type phréatique.



                                        Phase de débourrage du conduit - éruption phréatique


                                                            Formation du maar après l'éruption.
                                                           Documents Vulkanpark - de

Le front de taille de la carrière du Wingerstberg est la succession la plus complète de l'éruption de ce volcan. On n'y observe aucun sol intercalé, ni figure de ravinement. On peut en conclure que l'éruption s'est faite en une seule fois, sans interruption notable. Elle doit avoir duré entre 3 et 6 jours, d'après les ratios d'émissions.

 
        Le front de taille du Wingertsberg , avec situation approximative des couches.

                   © B.Duyck 2007

 

Ces observations permettent de reconstituer les différentes phases de l'éruption :
- le débourrage du conduit s'est fait au moment de la rencontre du magma et de l'aquifère
- ensuite, un  panache ascendant de cendres et de gaz - de type plinien - s'est formé, montant à plus de 30 km.d'altitude.Il est à l'origine des dépôts classés dans la LLST (Lower Laacher See Tephra) et d'une partie de l'anneau de tuff présent autour du lac.
- Suivent des nuées ardentes qui sont soit des coulées pyroclastiques, soit des déferlantes...selon la concentration en éléments : elles forment les couches MLST (Médium Laacher See Tephra) et ULST (Upper Laacher See Tee phra)

                     - détail des couches dans article suivant -

- les pluies qui ont suivi ont lessivé la zone, formant de nombreux lahars, ainsi qu'un grand lac sur le Rhin à la suite d'un barrage formé par la masse de pierres ponces émises. ""
( références bibliographiques en fin d'article)

 

Actu---3-0436.JPG

           Zones de dispersions des dépôts de cendres, d'ignimbrites et barrage de ponces
             sur le Rhin (Brohl dam) et des inondations consécutives à sa rupture.

             document extrait de "Vulkane der Eifel" de H-U Schmincke.



La zonation chimique et minéralogique plaide pour l'existence d'une seule chambre magmatique.

On peut reconstituer le chambre magmatique AVANT l'éruption !
Ce qui a été émis en premier et constituait le dessus de la chambre magmatique se retrouve dans les dépôts les plus bas ( couches LLST).
Ce qui vient ensuite  se retrouve successivement dans les dépôts moyens et supérieurs (MLST & ULST).
L'analyse des cristaux de sanidine dans les téphras émis rend compte de l'origine spatiale de ceux-ci dans la chambre magmatique AVANT l'éruption.

                                      Document : Journal of Petrology - C.Ginibre 2004

Un excellent article de Catherine Ginibre, G.Wörner & A.Kronz dans le "Journal of Petrology" : "Structure and dynamics of the Laacher See magma chamber from major and trace element zoning in sanidine.
vol 45, number 11, pp.2197-2223.

A l'heure actuelle, la surface du lac représente la surface supérieure de l'aquifère à l'origine du phénomène phréatique.


A deux endroits, on y rencontre des "mofettes" (*): ces émanations de gaz - principalement du CO²et des gaz rares - ici d'origine mantellique, d'après les analyses effectuées, témoignent de l'activité volcanique actuelle.

 

Laacher-See-039-copie-1.jpg

               Le dégagement de gaz au niveau du lac en automne 2007 - © B.Duyck

 

Actu---3 0356 copie

            Mai 2010 : plus de turbulences, moins de grosses bulles ! - © B.Duyck

 

(*) : Une mofette (de l'italien mofetta, du latin mephitis, « exhalation pestilentielle ») est par définition une fissure, un trou ou un puits de taille réduite, parfois terrestre, parfois sous une source d'eau ou de sédiments; d'origine volcanique et émanant certains type de gaz, souvent toxiques, principalement du dioxyde de carbone, mais aussi de l'azote ou du méthane.


Sources :
- "Volcanism" de Hans-Ulrich Schmincke - Ed.Springer

- Vulkane der Eifel - H-U.Schmincke - Ed. Spektrum
- "Le Laacher See : un volcan allemand" - Eric Reiter - Futura
   Sciences.

- "Journal of Petrology" : article de C.Ginibre et al. réf ci-dessus.
- "Eruption dynamics during plinian eruptions..." : thèse de doctorat
    de N-A.Urbanski 2003.

- documents divers du "Vulkaneifel european geopark" et
   "www.vulkanpark.com"

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Honneur au plus connu et au plus jeune : le Laach.


Les éruptions les plus récentes dans l'Eifel-est sont phonolitiques.
Celle du
  Laacher See date de moins 12.900 ans environ.
Actuellement, le cratère issu de cette éruption est occupé par un lac de cratère de 3,33 km² et profond de 65 m. : le lac de Laach - le Laacher See.


                      Le Laacher See et l'abbaye Maria Laach - © B.Duyck 2007.

 

Ce paysage bucolique est en fait un maar, lac de forme circulaire, résultant d'une éruption phréatomagmatique cataclysmique et entouré d'un anneau de tuf, toujours visible, bien qu'arboré.

D'importance  considérable, elle a éjecté 5,3 km³de magma phonolitique et 0,7 km³de fragments lithiques; le volume total correspond à celui du maar, ce qui indique que tous les centres émissifs étaient situés à son niveau.

 

Maar est un terme allemand utilisé pour définir une dépression à fond plat, parfois occupée par un lac, suite à l'imperméabilisation par des argiles d'altération. Le maar différe d'un cratère classique, souvent situé en position sommitale et pouvant rester ouvert.

Le dynamisme volcanique à la base de la formation des maars est le phréatisme, où la transformation liquide-vapeur de l'eau, consécutive à la rencontre de l'aquifère et du magma, induit une forte explosion qui pulvérise le substratum en cendres, lapilli et blocs.

La profondeur du point d'explosion conditionne la taille du maar superficiel ... la largeur du maar avoisine "en gros" la distance entre la surface et le point d'explosion.

Les éjecta expulsés retombent en partie dans la dépression formée et en partie tout autour, en formantun anneau (ou un croissant). Différent des tuff rings et tuff cones, résultant aussi du mécanisme éruptif phréatique, mais avec des reliefs positifs affectant peu le substratum, les maars se caractérisent par une dépression par rapport à la topographie préexistante.

 

G15-formation-de-Maar072-3.jpgSchematic diagram of a maar-diatreme volcano showing its feeder dyke, root zone, overlying cone-shaped diatreme (with the lower level showing unbedded volca-niclastics and the upper level showing a saucer-shaped structure with primary pyroclastic beds interbedded with beds derived from reworking of mostly tephra-ring pyroclastic beds), an unconformity in the bedded sequence because of a collapse phase, feeder vents in the centre of the diatreme, the maar crater with its pos-teruptive background sediments and debris flow and turbidite beds, as well as the proximal tephra ring and the distal tephra veneer.      Scale: width equals depth.

Document Volker Lorenz - 2003.

 

La thermodynamique des processus hydrovolcaniques montre l'importance de trois facteurs :

- du rapport de masse entre eau et magma

- de l'état physique de l'eau : fluide à l'état supercritique, vapeur surchauffée ...

- de la densité du mélange fluide/ particules solides. (Bardintzeff)

 

400px-Phreatique.png

Pour un rapport entre 0,1 et 0,3, le coefficient de transformation augmente brusquement, induisant une fragmentation poussée du magma expulsé, puis décroit : des tuff rings se forment sous un rapport ~1, des tuff cones pour un rapport de 10.

 

Une des plus belles abbayes romanes allemandes est localisée dans le cratère; elle fut bâtie par les Bénédictins, à partir de 1903, sur ordre du Comte palatin Henrich II von Laach. Elle est considérée comme un prieuré de l'abbaye belge d'Afflighem (renommée chez nous ... pour la qualité de sa bière).

 

Maria-Laach-Abbey.JPG

 

Les moines firent baisser le niveau du lac, vers 1152 et 1845, en construisant un tunnel d'évacuation; ce faisant ils créèrent une zone de terres agricoles et l'emplacement pour leur abbaye.

 

Actu---3-0440-copie.jpgPhoto aérienne du Laacher See - in "Vulkane der Eifel" / H-U.Schmincke.

le lac bordé de son anneau de tuff - l'abbaye Maria Laach et les zones agricoles récupérées par la baisse de niveau du lac.

 

Sources :

- Volcanologie - Jacques-Marie Bardintzeff - Ed. Dunod

- Vulkane der Eifel - H-U.Schmincke - Ed. Spektrum

- Maar-diatrème volcanoes, their formation and their setting in hard-rock or soft-rock environments - par Volker Lorenz, Inst. geologie Univers. Würzburg.

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