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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le champ volcanique quaternaire de l'Eifel possède les caractéristiques typique d'un champ volcanique intraplaque "atypique".


On a identifié près de 240 centres volcaniques dans l'Eifel-ouest, qui s'étend sur 50 km. de long, entre Ormont à la frontière belge et Bad Bertrich sur la Moselle allemande, et une centaine pour l'Eifel-est étendu sur 35 km.

Les deux champs peuvent se subdiviser entre formations plus anciennes au NO. et formations plus récentes au SE. , avec une nette séparation temporelle et de composition entre les formations dans l'Eifel-est.

La composition primitive du magma parental différe de façon significative dans les deux champs volcaniques, indiquant une origine dans des domaines différents du manteau.

Les deux champs, ouest et est, présentent une orientation générale identique, avec une direction des dykes, des axes volcaniques et de la croissance des volcans du nord-ouest vers le sud-est.

Pris individuellement, les volcans sont distribués dans chaque champ volcanique avec une augmentation de la fréquence par unité de surface augmentant vers le centre du champ. De même, le degré de différenciation du magma augmente de la périphérie, où seules des laves primitives ont été émises, vers le centre.

 

L'interprétation de ces caractéristiques  :


Volcanism-of-the-Eifel-3-copie.jpg

Carte des champs volcaniques (en noir) et des bassins sédimentaires en relation avec le rifting (en blanc) au nord et à l'ouest de l'arc alpin.

S: Siebengebirge; W: Westerwald; HD: Hessian Depression;R: Rhön/Heldburg; UP: Upper Palatinate; DH: Doupovské Hory; CS: Českè Středohoři; LS: Lower Silesia. Rift systems: LG:Limagne Graben; BG: Bresse Graben; URG: Upper Rhine Graben; LRG: Lower Rhine (Roer Valley) Graben; HG: Hessian grabens; EG: Eger (Ore) Graben.                            (Meyer and Foulger, 2007)

 

Tout d'abord, la lithosphère au nord de l'arc alpin est soumise à compression, avec une direction de la tension maximale sur un axe orienté SO-NE., à l'ouest du Rhin. Les fissures, qui permettent la montée du magma, et les dykes nourriciers sont orientés NO-SE et recouverts par un chapelet de volcans orientés de façon similaire.

 

Actu---3 0444Epaisseur de la lithosphère en km. et situation des champs volcaniques - in Vulkane der Eifel de H-U.Schmincke.


Ensuite, l'épaisseur de la lithosphère est moindre sous le graben Rhénan que dans le reste de l'Europe, probablement à cause de la montée de matériaux à partir du manteau, condition préalable à la fusion partielle par décompression.

 

Actu---3 0445

Le graben Rhénan et les champs volcaniques allemands, dont WEVF : Westeifel vulkanfeld - EEVF : Osteifel vulkanfeld - HEVF : Hocheifel vulkanfeld

in Vulkane der Eifel de H-U.Schmincke.

 

On ne peut toutefois appliquer l'hypothèse classique de "la plaque passant au dessus d'un point chaud relativement fixe" ... le modèle classique du panache mantellique ne donne pas d'explication applicable à l'ECVP - la province volcanique Cénozoïque Européenne -;

Une explication plus plausible est la relation au processus de subduction alpin qui influence le stress, la déformation et la circulation dans la croûte continentale Européenne et le manteau sous-jacent, associé à des conditions locale dans la lithosphère ( selon Meyer & Foulger - 2007)


eifel-hotspot.jpg 

 

La tomographie sismique nous donne une image interprétable de l'anomalie thermique sous le massif de l'Eifel, qu'on peut inclure dans un cube géant de 400 km. de côté.

 

schemas-003-copie-copie.jpg             Tomographie du panache sous l'Eifel - doc. Vulkanpark/ Univ. Goettingen.

 

Sources :

- Volcanism - H-U.Schmincke - Ed. Springer

- Vulkane der Eifel - H-U.Schmincke - Ed. Spektrum

- Volcanism of the Eifel, Germany - Romain Meyer & Jan Hertogen (KUL - Katholieke Universiteit Leuven - B) Jean thein (Universität Bonn - D)  / Association géologique du Luxembourg.

- documents Vulkanpark.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le complexe volcanique de l'Eifel-Laach est centré autour du lac de Laach, au nord-est de la ville de Mayen.

 

Situation géographique :


Cette zone mesure 35 km. dans le sens est-ouest et 25 km. dans le sens nord-sud. Limitée au nord-est et à l'est par la vallée du Rhin, au nord-ouest par le Brothal, au sud par la Moselle et au sud-ouest par la Nettetal, ce complexe compte une centaine d'édifices volcaniques, tous formés au quaternaire.

Les roches volcaniques font l'objet d'une exploitation  intensive pour le secteur de la construction, qui risque malheureusement de détruire les sites uniques de cette région. Des initiatives telles que la création d'un parc naturel - le Vulkanpark - et un musée du volcanisme à Mendig - le Lava-Dome - démontrent la prise de conscience de la nécessité de protéger ce patrimoine naturel remarquable. Les coupes géologiques les plus importantes sont depuis déclarées "site protégé".

 

Actu---3-0447.JPG  Première carte géologique de la région du Laacher See - Document "Vulkane der Eifel"

en bleu, coulées basaltiques - en rouge, coulées phonolitiques - en jaune, zones recouvertes par les tephras de l'éruption du Laacher See (au centre) - en rose, localisation des zones de tuff.


Situation géologique :

 

Bordé au nord par le massif Rhénan, le champ volcanique de l'Eifel oriental est installé sur un substrat d'altitude décroissante d'ouest en est.

Les volcans situés les plus au sud-est sont apparus dans le bassin sédimentaire fluvio-lacustre de Neuwied; d'âge principalement oligo-miocène, ce bassin extensif s'est effondré de plus de 350 mètres, les mouvements verticaux se poursuivant jusqu'au quaternaire.

Le socle géologique est constitué de grès et d'argilites dévoniennes et une croûte métamorphique, principalement schisteuse. Le Moho, interface entre la croûte et le manteau, est ici situé à une trentaine de kilomètres de profondeur.

 

Actu---3-0425.JPGCoupe géologique schématique : 1 - anomalie thermique à environ 50 km. de profondeur; 2 - remontées magmatiques dans le manteau supérieur ; structures présentes dans la croûte terrestre : 3 - chambre magmatique à environ 25 km. de profondeur ; 4 -remontée de magma en suivant une des failles ; 5 - chambre magmatique superficielle, aussi appelée "Tochter-magmakammer"  -  document Vulkanpark GmbH.

 

Âge des éruptions : d'après Maurice Krafft.

 

Il distingue cinq périodes:

1. 700.000 à 450.000 ans : à cette époque, le massif rhénan se soulève et le bassin de Neuwied s'effondre; l'activité volcanique est surtout intense à partir de 620.000 ans avec édification de stratovolcans, et émissions de néphélinites,tufs alcalins, phonolites et tufs palagonitiques.

2. 430.000 à 380.000 ans : après les stratovolcans basaltiques, la période est aux tufs phonolitiques (selbergitiques) émis durant 50.000 ans par des cratères localisés principalement dans le bassin de Rieden. Les roches sont des néphélinites à mélilite et des leucitites.

3. 230.000 à 205.000 ans : après une période de calme de 150.000 ans, l'activité se déplace vers le le sud-est, avec des stratovolcans basaltiques, basanitiques ou téphritiques; de cette phase, datent le volcan trachytique de Wehr, les cônes de Wannen, d'Eppelsberg, de Rothenberg et de Kunkskopf.

4. 150.000 à 115.000 ans : deux éruptions de ponces phonolitiques, chacune ayant un volume de l'ordre du kilomètre cube, se produisent il y a 150.000 ans, au volcan Wehr et il y a 115.000 ans, au Dümpelmaar.

5.  12.900 ans : Le volcan du Laacher See est le dernier à faire parler de lui, avec l'émission de 5 km³ de magma, masse correspondant à environ 16 km³ de tufs phonolitiques, chiffres colossaux


Quel mécanisme a initié le volcanisme dans l'Eifel ? ... suite dans le prochain article.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & F.D.de Larouzière - Ed.Delachaux & Niestlé - 1999.

- Volcanism - H-U.Schmincke - Ed.Springer 2004.

- Vulkane der Eifel - H-U.Schmincke - Ed. Spektrum 2009.

- quelques sites instructifs pour préparer une excursion :

     * Vulkanpark

     * Die Deutsche Vulkanstrasse

     * Vulkaneifel european geopark

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

intro_loglave2b-copie-1.png

 

Bien rentré de l'Asssemblée générale de L.A.V.E. qui se tenait cette fois dans l'Eifel-est.

 

Yellowstone-0412-copie.jpg

 Le maar du Laacher See - les trainées de condensation laissées par les avions témoignent  d'une activité de l'Eyjafjöll en baisse - © B.Duyck


Ce week-end fut bien sûr placé sous le signe des volcans, mais aussi sous celui de la bonne humeur , de la convivialité, d'un grand et chaud soleil et d'intéressantes découvertes dans les environs du Laacher See ... tout ceci grâce à une gestion impeccable assurée par les organisateurs de l'A.G. - avec une pensée particulière pour Sylvie et Simonne - et l'aide sympathique de Wolfgang Kostka, de la D.V.G. (Deutsche Vulkanologische Gesellschaft) et de son épouse.

 

Yellowstone-0300-copie.jpg

  Mendig , la Lava Keller - cave creusée dans une coulée basaltique - © B.Duyck


Je laisse à Sylvie Chéreau l'honneur de tirer les conclusions de cette réunion enrichissante à maints points de vue dans le Lav'Activités.

Pour ma part, après avoir classé mes photos, je vous parlerai au cours des jours prochains de nos découvertes, revigoré par de nombreuses bulles volcaniques et "bibitives" ...

 

Actu---3-0372-copie.jpg

         A la recherche de "l'or bleu" - © B.Duyck

 

La suite,  bientôt

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Publié le par Bernard Duyck
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disturbance-zones-100518-02---Pacific-northwest-research-st.jpg

 

 

Zones affectées par l'éruption - avec le recul les aires les plus touchées sont celles afféctées par les coulées pyroclastiques (rose) , les avalanches de débris (crème) et les lahars (brun). et celles qui ont le moins bien récupéré.

 

Par rapport au schéma des dévastations ci-dessus, on peut constater sur les deux images satellite Landsat en fausses couleurs, la reprise de la végétation après trente années, sauf dans les aires les plus touchées.

 

sthelens_ms2_19800924.jpg       Image Landsat en fausses couleurs - Nasa 24 09.1980 après l'éruption.

       La végétation est colorée en rouge, les zones rocheuses stérilisées en gris.

 

sthelens_tm5_20090910_nir.jpg      Image Landsat - Nasa 10.09.2009 près de trente ans après l'éruption.

 

Comme souvent dans ce cas en Amérique, après une destruction massive de la flore consécutive à un incendie ou une éruption, ce sont les lupins bleus, Lupinus lepidus, plantes pionnières qui se sont installés en premier. Photo R.del Moral / Université de Washington.

purple-lupine-100518-02---R.del-Moral-Univ.Washington.jpgCes fabacées (légumineuses) ont toutes en commun de vivre en relation symbiotique avec des bactéries installées dans leurs racines (nodules racinaires). Ces bactéries ont la capacité de capturer l'azote atmosphérique et de le transformer en substances azotées directement utilisables pour la plante. Cette association permet aux légumineuses de se développer sur des sols pauvres en azote, 04.09.84---reprise-de-la-vie-Spirit-lake---L.Topinka.jpgl'utilisation des légumineuses comme engrais vert permettant de les enrichir en azote.

Les lupins sont suivis d'espèces invasives, parmi lesquelles  Anaphalis margaritacea et Epilobium angustifolium.

Reprise de la vie au Spirit lake : épilobes- photo Lyn Topinka - USGS 1984.

 

Mais tout ne s'est pas passé sans problèmes : l'intervention d'insectes prédateurs du lupin, suivie de l'action des herbivores avant le reproduction ce cette plante, ont modifié la répartition de cette plante pionnière et ralenti la "reconstruction" des biotopes...

Tous ces facteurs ont façonné un nouveau paysage.

Niveau biodiversité, on assiste, après ce boulversement majeur, non pas à une évolution mais à un "glissement environnemental" et à un "glissement dans les habitats", selon Peter Frenzen de l'U.S. forest service... une opportunité qui permet à divers organismes de prendre pied.

Bref, la vie a repris au St Helens, mais sous une forme un peu différente !


Sources :

- Stromboli on line - St Helens : live returns 1988-2001

- Rising from the ashes - Smithsonian

- Lupinus lepidus - classification et répartition en Amérique du Nord

- ESA - Ecological society of america - the role of lupine in succession of Mt St Helens

- MT St Helens recovery slowed by caterpillar  - Physorg.com 2005

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Publié le par Bernard Duyck
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La connaissance de la substructure de ce volcan aux éruptions ignimbritiques destructrices est importante étant donné l'effectif de population vivant sous sa menace d'une part, et d'autre part pour mieux comprendre le phénomène de bradyséisme qui caractérise la zone.

 

1. Tomographie sismique :

 

De nombreux micro-séismes ont été enregistrés durant la crise sismique de 1983-84, causée par un épisode de bradyséisme. De nombreuses données ont été recueillies par l'Observatoire du Vésuve (INGV) et l'Université du Wisconcin.

L'interprétation en 3D de ces données a permis de définir un modèle de la substructure des champs Phlégréens.

 

Geophysical-exploration-of-Campi_Flegrei-55.jpg

Le modèle, inclus dans un parallélipipède de 12 x 14 x 8 km., représente une hypothétique structure de la caldeira et des zones proches ( défini en utilisant le software Gocad) ; les différentes "régions " y sont définies par leurs frontières externes et leurs propriétés physiques internes.

La chambre magmatique se devine à la base du modèle, à partir d'environ 8 km. de profondeur et serait occupée par du magma fluide. On note des intrusions de magma fluide dans les couches surmontant cette chambre (en rouge).

"L'unité de carbonates" constitue la première couche au dessus du magma fluide (en vert)

Des corps de magma solidifié sont présents dans la partie nord du volume défini dans ce modèle (en violet).

Le volume restant est rempli de tuffs métamorphiques dans les parties basses et de tuff jaune dans les parties supérieures (en brun +/- foncé)

Plus en surface, on trouve de fines couches de matériaux non consolidés.


Geophysical-exploration-of-Campi_Flegrei-209.jpgSchémas tirés de "Géophysical exploration of the Campi Phlégrei" par A.Zollo, P.Capuano & M.Corciulo - INGV/ Univ.Napoli.

 

2. Projets de forages en profondeur :

 

Un projet de "l'International Continental Scientific Drilling Program and the Integrated Ocean Drilling Program" devait démarrer en Décembre 2009 ou Janvier2010, avec pour objectifs de révéler les zones de fractures et les poches de magma, comprendre les mécanismes d'ascension du magma et modéliser la déformation du sol avant l'éruption. (New Scientist). Il a pris du retard, mais devrait débuter fin 2010.

Voir article concernant ce projet en cliquant ici.

 

En pénétrant les entrailles du volcan, les scientifiques espèrent localiser les zones de fractures et les intrusions / chambres magmatiques secondaires et mieux connaitre le système géothermal; les échantillons de roches prélevés pourront être testés sous forte pression en laboratoire, afin de modéliser les déformations du sol avant une éruption, en rapport avec le phénomène de bradyséisme qui sévit dans cette caldeira.

 

campi-flegrei-map.jpgEmplacements des futurs sites de forage terrestre (ICDP) et marins (IODP) et carte bathymétrique

 

Ces projets de forage suscitent des craintes ... celles-ci ne semblent pas justifiées : la profondeur atteinte par le forage (4 km.) ne correspond qu'à la moitié de la profondeur de situation des réservoirs magmatiques connus (J.Erzinger - German research center for Geosciences, Postdam).

  

Sources :

- Geophysical exploration of the Campi Phlegrei - INGV/Univ.Napoli

- International Continental Scientific Drilling Program - ICDP


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le bradyséisme désigne une remontée ou une baisse lente du niveau du sol, d'origine volcanique. Ce phénomène a été observé dans des caldeiras sur trois continents différents : les champs Phlégréens en Italie, dans la Long Valley aux Etats-Unis et au Rabaul en Papouasie- Nouvelle Guinée.


Ce phénomène a entraîné, dans les Champs Phlégréens, l'enfoncement et l'engloutissement de nombreux édifices de l'époque romaine dans la mer et notamment la disparition de la ville romaine de Baia sous plus de dix mètres d'eau.

 

temple-de-Serapis---Pouzzoles-copie.jpg         Pozzuoli - Temple de sérapis - } jaune = zone affectée par les lithodomus.


Le sol du temple de Sérapis et de la ville de Pozzuoli toute entière sont le siège de mouvements verticaux positifs ou négatifs depuis l'antiquité. Des 48 colonnes qui entouraient le macellum romain (marché), 3 restent debout; elles sont lisses jusqu'à 3,6 m. de hauteur, ensuite elles ont été creusées sur une hauteur de 2,7 m. par des lithodomus, coquillages mangeurs de pierre ... jusqu'à 3,6 m.,la partie inférieure des colonnes était enfouie dans des débris qui la protégeait des coquillages; au 10°siècle, le sol s'effondre de plus de 5 mètres sous le niveau marin, et la partie qui se trouve au-dessus des débris, mais sous l'eau, se fait attaqué par les lithodomus qui ont creusé le marbre.


Ce phénomène serait dû, d'après M.Krafft, à la présence d'un réservoir magmatique souterrain non encore entièrement solidifié, qui se dilaterait et se rétracterait en fonction de la pression et de la température.


Le littoral des Champs Phlégréens s'est effondrée lentement de 12 mètres entre le 2e siècle avant J.-C. et le XIe siècle après J. C., puis s'est soulevée de 8 mètres entre le XIe et le XVIIe siècle, pour s'effondrer à nouveau de 5 mètres
, avant d'atteindre son niveau actuel.

Depuis, les Champs Phlégréens connaissent régulièrement des crises d'intense déformation.

En 1538, l'année de la naissance du Monte nuovo, le sol est brusquement monté de 6 mètres, puis après l'éruption, il s'est effondré de 4 mètres.

Au cours de l'avant-dernière crise, de 1969 à 1972, les premières mesures des mouvements du sol au centre de la ville de Pozzuoli ont été effectuées : du niveau 0, en 1970, on est passé à 0,70 mètre à la fin de la crise en 1972.
Plus tard, après le séisme de Campanie le 23 novembre 1980 de magnitude 6,9, une nouvelle crise s'annonce, d'importants mouvements verticaux se déclenchent en juillet 1982 suivis par une centaine de petits séismes jusqu'en mars 1983. Puis l'activité va crescendo et devient préoccupante. Le 1er avril 1984, 500 séismes sont enregistrés en six heures et en octobre, la protection civile décide d'évacuer 20 000 personnes vivant dans des immeubles et maisons fragilisés par les secousses répétées. Dans le port de Pozzuoli, le soulèvement atteint au moins 1,40 mètres de juillet 1982 à décembre 1984. Dans la ville même, il est observé une surrection de 1,85 mètres durant cette même période. Le niveau de déformation du sol atteindra 2,30 en 1985.

 

01cam15f.png
 

1982-85-GVP.pngDiagramme des déformations ayant affecté les Champs Phlégréens entre janvier 1982 et 1985. Document GVP.


 La conséquence principale de la dernière crise a été l'évacuation d'une grande partie de la ville de Pozzuoli vers le nouveau quartier de Monterusciello, construit en hâte. Le centre historique de la ville, où se situait le maximum de déformation, est encore aujourd'hui en restauration pour certaines parties. Le quai du port s'est tellement élevé au-dessus du niveau de la mer que l'on a dû construire un second quai deux mètres plus bas pour permettre aux ferry-boats d'accoster.


1999---2006---IREA.jpg               Les déformations continuent et une phase d'inflation est marquée depuis 2004.

 

Les méthodes de mesure de déformations font appel au procédé InSAR -Interferometric synthetic aperture radar - :


Insar -Phase shift.svgCette technique de mesures géodésiques utilise deux ou plusieurs images radar pour générer des cartes de déformation de surface, en utilisant des différences de phase des ondes retournant vers un avion ou un satellite. La précisions des mesures est centimétrique et prend en compte des laps de temps entre mesures de l'ordre du jour ou de l'année. Elle est principalement utilisée pour le monitoring géophysique d'aléas naturels, tels que tremblements de terre, glissement de terrain, volcans.

 

jt_insarb.jpg                                 Schéma explicatif du procédé de mesure InSAR.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Campi Phlegrei

- USGS/NSF/Nasa - Monitoring ground deformation from space

- ESA InSAR training manual - InSAR principles : guidelines for SAR interferometry processing and interpretation

- Volcanological history of Ischia island - 1995

- INGV - Osservatorio Vesuviano - L'isola d'Ischia

 

   

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Publié le par Bernard Duyck
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Grande_Fumarola_8.jpg

           Campi Phlegrei - Solfatara - la Grande Fumarola. - doc.wikipédia.

              température comprise selon les moments entre 140 et 215 °C

 

Connue depuis l'antiquité gréco-romaine, sous la dénomination de "champs brûlants", cette zone, située à l'ouest de Naples, était célèbre pour ses phénomènes hydrothermaux plutôt que pour son activité volcanique. A l'époque, le volcan des champs Phlégréens était calme depuis 1.500 ans et les romains ne pensaient qu'à exploiter ses sources chaudes et ses fumerolles.

 

Etuves_antiques_purgatoires_et_enfer.JPG  Les étuves antiques, "le Purgatoire" et "l'Enfer" ... encore fumantes. doc. wikipédia

 

Moins spectaculaires que le Vésuve voisin, les champs Phlégréens doivent cependant être considérés comme une zone volcanique très dangereuse, du fait surtout de la densité de population dans la caldeira (> 500.000 personnes) et aux alentours immédiats (1,5 millions d'habitants) ; à 9 km. seulement de Naples, elle abrite les villes de Pozzuoli et Cuma.

 

Topographie et histoire volcanique :

 

La caldeira du volcan mesure 12 km. sur 15 et abrite plus de 50 centres éruptifs, cônes et cratères. Elle s'est formée  à la suite de deux gigantesques éruptions, datées de 36.000 et 14.000 ans. Les talus de la dépression d'origine sont visibles sur le Monte di Procida; au sud, les bords de la caldeira sont immergés dans le golfe de Pozzuoli. Au sud-ouest de cette zone, les îles de Procida et Vivara ont une superficie de 3,5 km², à 3.000 mètres de la côte.

 

 

Image80.gif

 

flegrei.jpg

La photo satellite est complémentaire de la carte géologique ci-dessus et permet une meilleure compréhension de cette zone complexe.

 

La plus ancienne de ces grandes éruptions - 36.000 ans - est dite du "Tuf gris Campanien", un épisode explosif qui a mis en place 100 à 150 km³ d'ignimbrites trachytiques.

La seconde - 14.000 ans - a émis un volume de magma  d'environ 20 à 30 km³, et est appelée "Tuf jaune Napolitain".

Depuis 10.000 ans, l'histoire éruptive des champs Phlégréens est marquée par une alternance de pérode d'activité intense et de périodes de repos variants entre quelques siècles et plusieurs millénaires. Le dernière grande crise éruptive date a eu lieu entre 4.500 et 3.700 ans : de nombreuses bouches se sont ouvertes à l'endroit du lac Averno et au nord-est de Pozzuoli.

L'éruption du Monte Nuovo, la dernière en date, a débuté le 29 septembre 1538, à une heure du matin, près de Tripergole sur la rive orientale du lac Averno ... en quelques jours, une structure de cendres et de ponces s'est élevée à 130 m.

 

monte-nuovo-eruption1-copie.jpg                 L'éruption du Monte Nuovo en 1538 - archives Napolitaines.


Les champs Phlégréens ne sont pas stables : la ligne de côte s'est effondrée lentement de 12 mètres entre le 2° siècle avant JC et le 11 ° siècle après JC.

Elle s'est ensuite soulevée de 8 mètres entre les 11° et 17° siècles, pour baisser de 5 mètres par après avant d'atteindre son niveau actuel. Le sol monte et descend en mouvements "bradysismiques" : ce phénomène de bradyséisme sera examiné plus en détail dans l'article suivant.


temple-de-Serapis---Pouzzoles.jpg

Pozuoli - l'ancien marché aux comestibles, appelé "temple de Sérapis" , et témoin du phénomène de bradyséisme : sur le fut des colonnes, des marques sombres faites par des coquillages qui ont rongé la pierre, et datant d'un temps où elles étaient immergées.

 

Parmi les cratères, celui de la Solfatara est le plus caractéristique, tant par sa forme que par ses phénomènes volcaniques importants : il mesure 700 mètres de diamètre et est né d'une explosion phréato-magmatique, il y a seulement 4.000 ans.

Appelée "Forum Vulcani" par les romains, le site abrite neufs champs fumerolliens (dans la dépression), trois Fangaia (mares de boue) et la Bocca Grande.

 

Ch.-Phl.-R.Scandone-1984-Un.Roma.jpg                 Campi Phlegrei - la Solfatara - photo R.Scandone Univ. de Roma.

 

227.jpg   Campi Phlegrei - Solfatara - fumeroles et dépôts oranges de sulfure d'arsenic (réalgar)

                                 Wiki commons.

 

Dans la Fangaia (les Boues), on a isolé des colonies de bactéries, vivant à des températures supérieures à 90° C, y compris le “Bacillus acidocaldarius” et la “Caldariella acidophila” ainsi que l’archéobactérie “Sulfolobus solfataricus”. Sur les parois derrière la Grande Bouche (Grande Fumerolle) il y a, dans des conditions de température et acidité élevées, des algues unicellulaires thermophiles, telles que le “Cyanidium caldarium”.

 

La "Grotte du chien" est le siège d'émanations toxiques dues à l'activité du volcan;  son nom provient de la coutume d'utiliser un chien pour tester la présence de ces gaz toxiques, dont le CO2 plus lourd que l'air, dans lesquels baignaient ses animaux et le plus souvent périssaient asphyxiés. Aujourd'hui, on utilise une bougie allumée qui s'éteint lorsqu'on l'approche du sol.

 

composite1.JPGbrotta-du-cani3.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La grotte du chien - doc. d'archives et état actuel.

 


A Cuma,une zone archéologique importante témoigne de la présence grecque, avec une acropole et l'ensemble formé par l'antre de la Sybille et des thermes.

CumesDromosSibylRR

 

L'antre de la Sybille de Cumes. - Wikipedia.

 

La sybille, dans la mythologie, est une prêtresse d'apollon, qui communique avec le divin et livre le message des dieux sous une forme énigmatique, mystérieuse, pleine de double sens, "sybilline".

La Sybille de Cumes est l'une des 12 sybilles du monde grec.

 

 

 

 

Sources :

 - Guide des volcans - M.Rosi & al. - Delachaux et Niestlé

 - Guide des volcans d'Europe - M.Krafft et de Larouzière



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Publié le par Bernard Duyck
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Situation géographique :


Quarante-six kilomètres carrés de terre italienne, au nord du Golfe de Naples dans la mer Tyrrhénienne : Ischia fait partie des îles Phlégréennes.

Fortement peuplée, elle est de plus noyée sous les touristes en juillet-août; ceux-ci apprécient particulièrement ses plages, la cuisine italienne et ses stations hydro-thermo-volcaniques.

 

800px-Capri_and_Ischia_map---English.png

Appelée aussi Pithécuse, d'après son éthymmologie grecque : ce nom proviendrait du mot grec Pithekos, singe, en référence à la légende selon laquelle les Cercopes, premiers habitants de l'île, furent changés pae Zeus en singes à cause de leurs parjures (Ovide - les Métamorphoses)

Pline l'ancien attribue plutôt son nom - pythoi - aux amphores qui y étaient produites durant la colonisation grecque.

C'est sur cette île qu'Ulysse aurait rencontré Nausicaa, princesse phéacienne, qui le recueillit et le soigna après son naufrage.

 

Ischia_castello_Aragonese.JPG                     Ischia - le château Aragonnais de 1447, situé sur un dôme volcanique

                                       document wikipedia.          

 Situation géologique :

 

Plus de 40 édifices volcaniques y ont été recencés : cratères, cônes de scories, dômes et coulées. La partie centrale de l'île est constituée des "tufs verts de l'Epomeo".

Le socle sédimentaire d'âge tertiaire n'existe pas au-dessus du foyer magmatique , mais est bien présent sous celui-ci. Le toit du réservoir est en contact avec les tufs.

Ischia est un grand horst volcano-tectonique faillé sous lequel est situé un sill de magma, entre 2,5 et 4 km. de profondeur; ce foyer magmatique n'est pas complètement refroidi, comme le montrent les fréquents séismes.

Depuis le moyen-âge, Ischia s'enfonce lentement dans la mer : cet affaissement est en relation avec le refroidissement des parties supérieures du réservoir magmatique. Des grottes romaines, situées près du Monte vico, sont actuellement à 3,5 mètres sous le niveau de la mer et le ratio d'enfoncement mesuré sur la côte ouest est de 2,5 mm par an.

L'île volcanique possède de nombreuses sources chaudes, reparties en cinq zones importantes, alimentant des bains thermaux.

Les températures des eaux varient entre 20 et 120°C; ces eaux sont plus ou moins minéralisées et d'origine pluviales ou maritimes ... beaucoup de sources sont salées; les gaz sont surtout de la vapeur d'eau et de l'H2S, avec des traces d'hélium et d'argon.

Des forages géothermiques tentés furent soldés par un échec; ils n'aboutirent qu'à la création de geysers artificiels.

(Krafft & de Larouzière - volcans d'Europe et des Canaries)

 

 

Histoire éruptive :

 

Commencée au Pleistocène, l'histoire géologique de l'île d'Ischia se raconte en quatre grandes périodes:

1. Période sous-marine : des éruptions débutent au Pleistocène inférieur et accumulent, sous les eaux, pyroclastites et coulées. Le magma monte le long de failles appartenent aux systèmes tyrrhénien et apennin.

2. Emersion du complexe d'Ischia :

Des dômes et coulées se mettent en place.

Il y a 53.000 ans, une énorme éruption très explosive donne naissance au tuf vert - tufo verde . Son volume atteint 40 km³ et l'épaisseur du dépôt dépasse par endroits les 1.000 mètres. Une caldeira se forme consécutivement à la vidange du réservoir magmatique. (voir carte pour les limites de la caldeira, qui englobe toute l'île)

La couleur verte, typique d'une altération marine des produits volcaniques, suuggère que la caldeira fut submergée : le tuf vert d'Epomeo est resté sous le niveau de la mer jusqu'il y a 28.000 ans.

 

Ischia_Fungo_Lacco_Ameno.jpg"Il Fungo" - le champignon - est un bloc de tuf d'une dizaine de mètres de hauteur, errodé par la mer , et situé dans les environs de Lacco Ameno au nord d'Ischia. - doc.wiki

 

3. Le mont Epomeo : depuis 33.000 ans, suite à des mouvements verticaux, le horst du Mont Epoméo constitué de tuf vert s'élève de 780 mètres, avec un ratio moyen de 4 cm. par an. Vestiges de ce phénomène, des terrasses marines sont visibles sur les flancs de l'Epomeo, à une altitude de 470 mètres.

 

Yellowstone-0292.JPG 

              Carte volcano-tectonique d'Ischia - Volcans d'Europe, Krafft et de Larouzière.

 

 

4. Après une longue période de repos, l'activité reprend dans le sud de l'île avec la formation de dômes.

Il y a environ 10.000 ans, de nombreuses éruptions sont caractérisées par leur localisation le long du flanc est de l'Epomeo, dans l'aire appelée le graben d'Ischia, et leur alimentation fissurale. Durant cette phase, se forment le Monte Rotaro, Montagnone, Monte Moschiata, Vateliero, Molara et Cava Nocelle.

La dernière éruption, à Arso, est datée de 1302 et produit une coulée de trachyte à olivine de 2,7 km. de long en direction de la mer. (zone grisée dans la carte)

 

Si le volcan est aujourd'hui en léthargie, les tremblements de terre ébranlent régulièrement l'île et rappellent l'existence d'un réservoir magmatique sous celle-ci; en 1883, un séisme détruit une grande partie des constructions d'Ischia et tue plus de 4.000 personnes.

 

Toutes ces manifestations volcaniques nous ramènent au mythe grec de Typhée : le géant rebelle condamné par Zeus à rester sous l'île, crache des flammes et de l'eau chaude quand il est en colère et provoque des tremblements de terre quand il bouge.

Cette personnification du volcanisme a son pendant à l'Etna.

 

 

 

Sources :

- Volcanological history of Ischia island - 1995

- INGV - Osservatorio Vesuviano - L'isola d'Ischia

- Global Volcanism Program - Ischia

- Volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & F.D.de Larouzière

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Nous restons dans le domaine des "volcans asphaltiques", bien que le seul point commun entre les volcans et ces structures soit la terminologie qui les caractérise.

 

Le Pitch lake est le plus grand dépôt naturel d’asphalte au monde, avec ses 40 hectares et 75 mètres de profondeur ; il est situé sur l’île de Trintad, dans une commune du sud—ouest appelée La Brea. Trinitad est une île au large du Vénézuela.

 

Trinidad_pitch_lake_ENG.png

"Tierra de Brea ", ce qui signifie « pays du goudron » fut le nom original de cette contrée. "Pitch" est un vieux mot anglais utilisé par les habitants de Trinitad, et signifiant simplement goudron, ou plus exactement asphalte émulsifié.

 

Depuis sa découverte en 1595 par Sir Walter Raleigh, il fascine les explorateurs et les scientifiques. Raleigh lui trouva une application immédiate : le calfatage de son bateau. On exporta l’asphalte pour paver les routes du district de New York ensuite. En 1867, débuta une extraction systématique qui se chiffre en millions de tonnes, à destination des industries de surfaçage routier.

 

WaterFilledCracksAtSwampEdge---R.Seaman.jpg       Il vaut mieux suivre le guide local pour s'aventurer dans ce lieu - Photo R.Seaman

 

L’origine de Pitch lake est à relier à des failles profondes en connection avec la zone de subduction de la plaque Caraïbes.

Le lac s’est formé dans une dépression située au sommet d’un anticlinal et serait à l’intersection de deux failles, ce qui a permis à « l’huile » de remonter depuis un réservoir situé en profondeur.

A son jaillissement, cette huile s’est mélangé à de l’eau et de l’argile pour former une substance lourde, de l’asphalte.

Cette « huile » provient de l’accumulation puis de la dégradation, sur une période de plusieurs millions d’années,  de matières organiques mortes.

Après évaporation de la phase légère, l’asphalte plus lourd est demeuré … une action bactérienne sur l’asphalte, à basse pression, a créé du pétrole dans l’asphalte. Ces micro-organismes, qualifiés d’extrémophiles, peuplent le lac à raison de 1 à 10 millions de cellules par gramme.

 

pitch-lake-Trinitad.jpg                        Document "The Geological Society of Trintad & Tobago"

 

De nombreux fossiles et artéfacts ont été retrouvés dans le lac : des morceaux de squelette d’animaux préhistoriques , et e.a. de paresseux géant, de mastodonte, un tronc d’arbre vieux de 4.000 ans, et des objets utilisés par les amérindiens.

 

Pitch-lake---bitume-2--copie-1.jpg

 

Bien que toutes les zones ne soient pas sans danger, il est possible de marcher à certains endroits sur le lac, comme sur un vaste parking. Sa surface ressemble à la peau d'un pachiderme, de teinte grise, tempérée.

Le lac est "vivant", animé de mouvements de convection lents; des bulles percent par moments sa surface grise, libérant du méthane et des gaz sulfurés. Les plaques durcies sur lesquelles on peut marcher ressemblent un peu aux plaques tectoniques de la croûte terrestre; elles sont en mouvement lent permanent, et lorsqu'elles se touchent, on peut voir ce que les guides locaux appellent "the mother", du pétrole qui semble lubrifier le déplacement des plaques.


Pitch-lake---bitume-3-.jpg     Des zones liquides alternent avec des plaques solides ... le danger est présent.

                                                              Photo R.Seaman

 

La vie n'y est pas que sous forme de mouvements ... le lac est plein de micro-organismes; ils ont été analysés par des microbiologistes de l'Université de Colombie Britannique - Vancouver, qui ont découvert des bactéries archaïques anaérobies consommant du méthane, d'autres archaïques d'un nouveau type, et des bactéries qui puisent leur énergie dans les particules métalliques - les Thermoplasmatales. Une organisation intéressante de ces micro-organismes en réseau a été montrée ... une communauté de microbes utilisant ce qui est excrété par une autre communauté.

Cette étude concerne aussi la Nasa, car ce milieu terrestre ressemble aux lacs d'hydrocarbures trouvés par l'exploration spatiale sur Titan, une lune de la planète Saturne. Il y a cependant une différence de taille entre les deux mondes : les microbes terriens utilisent bien les hydrocarbures, mais vivent en milieu aqueux ... or ce liquide manque sur Titan. On est encore loin d'avoir trouvé de la vie ailleurs que sur notre "bonne vieille Terre" !

 

 

Cet endroit est également lié aux légendes locales :

L’une d’entre elles est la légende de Callifaria, qui parle de deux jeunes amoureux  responsables de la destruction de la colonie de La Brea. Callifaria était la fille du chef de la tribu La Brea, appelé Callisuna. Elle s’enfuit pour retrouver son amoureux, Kasaka, prince de la tribu Cumana. S’en suivit une guerre tribale au cours de laquelle Callisuna reprit sa fille et la renvoya au village.

Les dieux s’en mélèrent : Pimlontas, le dieu ailé Arawak, maudit le village de La Brea pour son action ; il fit disparaître celui-ci sous terre, et le remplaça par une épaisse substance noire, appelée par les amérindiens « Piche » (qui deviendra plus tard Pitch).

 

Une autre légende est celle des colibris : La tribu indienne Chima vivait jadis à l’endroit abritant le lac actuel. Pour fêter une victoire, ces indiens firent un grand festin au cours duquel ils cuirent et mangèrent une énorme quantité de colibris. L’euphorie de la victoire leur avait fait « oublier » le fait que ces délicats oiseaux étaient en réalité les âmes de leurs ancêtres. Le dieu ailé ouvrit les entrailles de la terre et fit apparaître un lac d’asphalte, qui ensevelit et consuma le village Chima et ses habitants.

 

Sources :

- Treasure chest of Trinitad &Tobago  -

  http://www.moe.gov.tt/cyberfair/websites08/Secondary/naparimagirls/home.html

- The Geologogical society of Trinitad and Tobago – A gravity investigation of the Pitch lake of T & T. – par W.B.Chaitan & V.R.Graterol

http://www.gstt.org/geology/pitch lake.htm

- Trinitad's Pitch lake - by Richard Seaman

- Sciences news - Life in the sticky lane, asphalt lake is full of microbes - by Lisa Grossman

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 Petit retour sur la photo du 30 avril qui nous faisait découvrir des volcans voisins : le San Miguel, l'Usulutan, l'El Tigre; pour compléter ce tour des volcans du Salvador, il faut y ajouter le Tecopa et le Taburete.

 

El-Tigre----Kr.Dorion-USGS.jpg

Le volcan El Tigre, avec la cité de Santiago de Maria à ses pieds; au centre, le Cerro Oromontique et à droite, le Cerro La Manita  - photo Kristal Dorion - USGS.


Né au Pleistocène, cet énorme stratovolcan, le Cerro El Tigre, a son sommet érodé et ses flancs ravinés. Deux jeunes cônes,datés de l'Holocène sont situés sur ses flancs : respectivement à l'ouest et au sud, les Cerro Oromontique et Cerro La Manita sont placés sur une fissure orientée NO-SE s'étendant jusqu'au volcan Tecapa.

 

Tecapa-volc.compl.---Taburete---L.Siebert.jpg   Le complexe Tecapa à gauche et  le volcan Taburete à droite - photo Lee Siebert Smithsonian inst.


Le Tecapa est un stratovolcan complexe basaltique à andésitique, faisant partie du groupe de volcan situé entre le San Vicente et le San Miguel.

Ce complexe est le siège d'une forte activité fumerolienne ( 105°C à El Tronador active historiquement) et d'un champ géothermique exploité.

La caldeira Berlin s'est formée à la fin du Pleistocène ( éruption de ponce dacitique "Blanca-Rosa"). Elle abrite les installations géothermiques : "Berlin 1" a une puissance de 10 mégawatts; "Berlin 2" une puissance de 55 mégawatts pour un potentiel de 150 MW.

Les cônes des Cerro Las Palmas, Cerro Pelon, Cerro Alegria et Tecapa-Laguna de Alegria se sont formés, post-caldera, le long d'une ligne orientée OSO-ENE.

Le cratère du Tecapa est entaillé sur son côté Est et empli par un lac de cratère, la Lagune de Alegria; elle est entourée de solfatares (94 °C) et d'une zone d'argiles altérées hydrothermalement, contenant plus de 45% de soufre.

 

Tecapa---Laguna-de-Alegria---C.Pullinger.jpgLa Laguna de Alegria, vue du sommet du volcan Tecapa - photo Carlos Pullinger - SNET/GVP.

Ce lac de cratère de 600 m. de large domine la cité de Santiago de Maria, comprise entre le Tecapa et le Cerro Oromontique, visible à droite en haut de la photo.


Le volcan Usulutan, stratovolcan basaltique à basalto-andésitique, a ses flancs largement  ravinés. L'Usulutan et le cône pyroclastique Cerro Nanzal, situé sur son flanc SE, sont datés de l'Holocène.

 

Usulutan---L.Siebert.jpg 

Le volcan Usulutan a son cratère largement ouvert, depuis le sommet jusque bas sur son flanc Est.

A gauche, le Cerro Oromontique - photo Lee Siebert - Smithsonian inst.

 

Le cône symétrique du San Miguel, un des volcans parmi les plus actifs du Salvador, culmine à 2.130 mètres; son sommet dénudé surmonte des flancs habillés par des plantations de café.

Aussi connu sous le nom de Chaparrastique, ce volcan a son sommet tronqué par un cratère profond et de structure complexe, souvent modifié par de nombreuses éruptions.

Des fissures radiales sur ses flancs ont nourri  des coulées de lave qui ont atteint sa base; l'activité la plus récente a consisté en  éruptions mineures à partir du cratère sommital.

 

San-Miguel---W.Parsosn-GVP.jpg                 Le sommet du San Miguel  - photo W.Parson / GVP

 

San-Miguel-cratere---GVP.jpgDes glissements de terrain ont affecté le cratère et laissé des terrasses, restes de l'ancien plancher. 

En haut, la zone ouest en subsidence (2005) ; en bas, un puit et une zone de subsidence en arc (02.2006)

photos  SNET / GVP.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - El Tigre

                                         - Tecapa et Taburete

                                         - Usulutan

                                         - San Miguel

- CVO - El Salvador volcanoes and volcanics - lien

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