Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages




Panorama_Teide-Los-Roques.jpg        La caldeira Las Canadas, les dykes et necks de Las Roques de Garcia et le Teide.


Teide-et--caldera-Canada---2002-Nasa.jpg           La caldeira Las Canadas et les volcans Pico Viejo et El Teide
          Image Nasa prise de l'ISS à 383 km. d'altitude.

Sur cette photo, on distingue bien la zone centrale du massif, dont le sommet est occupé par la gigantesque caldeira Las Canadas.
Cette caldeire elliptique, de 16 km. sur 9,
est limitée par une muraille verticale surtout marquée dans sa topographie vers l'est et le sud.
Sur son plancher situé à une altitude comprise entre 2000 et 2250 mètres, se dressent deux stratovolcans dont les sommets dépassent 3.000 m.
Le Pico del Teide, stratovolcan haut de 3718 m., a des pentes très raides (plus de 30°) nappées de coulées épaisses de trachyphonolite et phonolite noires, bien visibles sur la photo aérienne. Un petit cratère, de 70 m. de diamètre seulement pour 45 m. de profondeur le couronne; il émet encore actuellement des fumerolles de température égale à 80-90°C, qui altèrent intensémment les roches du sommet.
Sa dernière éruption remonte au XVIIe siècle ap. JC. La plupart des éruptions préhistoriques et historiques ont eu lieu sur des évents périphériques (Pico Viejo, Roques Blancos, Pico Cabras, Montaña Abejera) ou le long de la rift-zone nord-ouest (Chinyero, Garachico, Reventada, Chio). Lors des 10 derniers milliers d'années, une seule éruption explosive se serait produite dans la caldera (éruption sub-plinienne de Montaña Blanca, 70 av. JC). Cependant, des dépôts phréatomagmatiques ont été identifiés sur les flancs nord-ouest du Teide et autour du cratère du Pico Viejo.
Séparé de deux kilomètres, le sommet du Pico Viejo, haut de 3134 m., possède lui une petite caldeira de 800 m. de diamètre et 150 m. de profondeur, avec un cratère dans sa partie occidentale. Ses pentes sont moins prononcées : 20° environ. Il a émis d'innombrables coulées, pour la plupart de type a'a, qui se sont réparties radialement; les dernières sont sorties d'un cratère sur le flanc SO. en 1798.

pico_viejo---T.Schmitt.jpg           Le Pico Viejo, vu du Teide - Photo Thierry Schmitt.

Teide_and_Caldera_2006---J.Steckert.jpg         La Caldeira Las Canadas et le Pico del Teide - photo J.Steckert

Attention : si vous voulez aller au sommet, sachez que l'accès au 200 derniers mètres est règlementé et limité à 2 h. au sommet !
Il faut obtenir une autorisation préalable (copie document d'identité) auprès de 
Oficina del Parque Nacional
Horario: de 9 a 14 hrs de lunes a viernes (llevar fotocopia del DNI)
C/ Emilio Calzadilla, nº 5 - 4ª planta
Telf. 922 290129 - 922 290183
Fax: 922 244788
Correo electrónico:
teide@oapn.es
Apdo. Correos 1047 -
C.P. 38002 - Santa Cruz de Tenerife
     pour une date et un créneau horaire déterminés ( 9-11/11-13/13-15/15-17, mais dernier téléphérique à 16h.30)

A partir d'El Portillo, la route monte vers la Montana Rajada, centre éruptif qui a émis des coulées d'obsidienne phonolitique épaisses.
Ensuite une zone de sables volcaniques blancs: ce sont les dépôts de la Montana Blanca, appareil fissural qui a émis des ponces et lapilli trachytiques et phonolitiques lors d'éruptions subpliniennes.

Los Roques de Garcia , cette crête déchiquetée est composée de tufs et brèches agglomérées, recoupés de basalte et de phonolite en filons. Sa principale figure est un rocher rouge appelé Roque Cinchado. Ce dyke superérodé et debout encore par miracle est situé dans une zone hyper-protégée par les rangers du parc national; sans leur vigilance, de rares endémiques qui s'accrochent à ce terrain seraient écrasées sous les pieds des touristes.


The-Cinchado-rock-of-Los-Roques-de-Garcia-range.jpg      Le Cinchado - Las Roques de Garcia (dyke) et le volcan Teide coiffé de nuages.-
      Avec l'aimable autorisation de Marco Fulle
      Un clic sur sa photo vous mène à sa page sur Tenerife.

La-Tarta---depots-pyroclastiques.jpg          La Tarta - dépôts pyroclastiques séquentiels à partir de magmas basaltiques et phonolytiques
                                           photo Marco Fulle - Swisseduc.ch

Du parking, l'attaque du sommet se fait à pied ou en téléphérique, moyen d'accès rapide au replat de la Rambletta - 3550 m. - , trace d'un ancien cratère de 900 mètres de diamètre au centre duquel s'est construit le cône terminal.
La montée s'effectue le long d'une coulée de phonolite vitreuse noire.
Du sommet, la vue est spectaculaire vers le Pico Viejo, le dôme-coulée de Los Gemelos et s'étend par beau temps jusqu'aux îles avoisinantes.

Le retour s'effcetue par le même sentier vers le Parador de turismo, où si on a réservé, on peut passer la nuit et voir coucher et lever de soleil.
Los Azulejos est une zone où la roche claire se teinte de bleu et de vert en fonction de l'état de réduction du fer.

L'éruption du Chinyero, il y a juste un peu plus de 100 ans.

Le 18 novembre 1909, la terre tremble et se déchire soudain sur les hauteurs de Santiago. Le ciel rougeoit, puis s'obscurcit... pour les habitants, les anciennes croyances Guanches ressortent : c'est Guayota, l'esprit du feu, qui vient souffler sur les braises, pour rappeller aux habitants qu'ils ne sont "qu'invités" sur l'île, la Montagne de feu, toujours active sous leurs pieds.
Cent ans après, le cône et ses coulées de lave sont devenus Réserve naturelle , et le noir manteau de "picon" (les lapillis) sont habillés de pins endémiques bien verts ou de lichens, plantes pionnières sur les laves ...la vie reprend dans sa forme primitive.

chinyero.png                    Sur une vieille carte postale, le paysan est surpris par l'éruption du volcan.
                                   Centre de la photographie de Tenerife.

Le parc naturel de Corona jouxte le Parc national du Teide :

Tenerife---P.Ncorona-forestal--Alumnado-Modulo.jpg                   Le parc naturel  de Corona - cheminée de fée ou demoiselles coiffées.


Sources :
- Global Volcanism Program - Tenerife
- Swisseduc.ch - Tenerife and Pico de Teide - lien

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Ténérife, l'île principale de l'archipel des Canaries, offre une grande diversité de paysages et de curiosités naturelles : plages de sable blanc ou noir, végétation exubérante et bananeraies, champs de lave dominés par la silhouette du Pico del Teide, forêts de pins et laurisylve ... rien ne semble manquer à ce triangle volcanique paradisiaque, fortement attaché à ses racines Guanches.

Toponymie :

Ténérife est un toponyme d'origine berbère (Amazighe) Tin Irifi, signifiant "l'endroit de la soif".
Les romains l'appelaient Nivaria, dérivé du latin "nieve"- neige, faisant clairement référence à la couverture neigeuse du Teide. D'autres dénominations datent des 14 et 15° siècles et rappellent l'activité volcanique de l'île : Isla del Infierno - île du Diable.
Le volcan est en partie responsable du nom de l'île donné par les natifs du lieu : Tene - montagne et Ife - blanc ... ce qui rejoint la dénomination latine; plus tard l'hispanisation ajouta un "r" pour joindre les deux mots.

Quoi qu'il en soit, toutes ces dénominations illustrent bien l'endroit !

Formation de l'île :


Tenerife_LANDSAT-Canary_Islands-copie.jpg                                               Ténérife - image Landsat modifiée .
 

Les stratovolcans El Teide (prononcez "té-i-dé") et Pico Viejo sont les centres de l 'activité volcanique les plus récents sur Ténérife. Cette île de 2058 km² culmine à 3718 m. et possède une histoire volcanique complexe.
La formation de l'île et le développement du Teide peuvent se résumer en cinq grandes phases.

Teideform2.png
Phase un : sous l'action d'un point chaud intraplaque (*), le magma a percé la plaque africaine et déclenché des éruptions sous-marines à l'origine de la naissance de trois volcans à la fin du Miocène. Formés il y a 7 Ma, ces volcans boucliers forment la "série des anciens basaltes" et portent comme noms : Macizo de Teno, Macizo de Anaga et Macizo de Adeje. (aussi appelé Roque del Conde)
(*) :
La théorique la plus récente met en jeu une vaste anomalie thermique sous une zone qui s'allonge de l'archipel canarien au rif du Maroc septentrionale. L'alignement NE-SO des nombreuses failles et des épicentres sismiques, s'égrenant du Maroc à La Palma, soutiennent cette hypothèse.
Ils ont été construits en moins de 3 Ma; ces structures sont actuellement érodées et gisent sous les extrémités ouest, est et sud de l'île triangulaire.

Etapa 1 Teide Etapa 2 Teide








Situation intermédiaire stade 1 & 2                                        Période de repos.

Phase deux  et trois : Après la période juvénile, suit une ère de relatif repos et d'érosion qui dure 2-3 Ma.
Ensuite l'activité se concentre en deux zones : le massif d'Anaga et le volcan Las Canadas central
qui pourrait avoir atteint des proportions considérables : 40 km. de diamètre et une hauteur de 4.500 mètres.

Phase quatre : Il y a environ 160 à 220.000 ans, le sommet du volcan Las Canadas I s'effondre créant une vaste caldeira Las Canadas.
Deux théories coexistent quant à la formation de cette grande caldeira de 16 km. sur 9. La première, théorie classique de formation caldérienne, se réfère à un collapsus vertical du volcan après vidange de sa chambre magmatique suite à un large volume d'éruptions explosives.
La seconde fait référence aux mécanismes décrit sur Hawaii : la caldeira se serait formée suite à une série d'effondrements latéraux gravitationnels. Cette seconde hypothèse se fonde sur des observations terrestres et des études géologiques marines.
Ensuite, un stratovolcan, Las Canadas II se forme avant de subir un sort identique au premier. Son emplacement serait voisin de Guajara.
Las Canadas III et IV se forment ensuite dans le secteur Diego Hernandez de la caldeira.

Etapa_3_Teide---Societad-geologica-canaria.jpgEtapa_4_Teide.jpg









Phase 3 : Las Canadas                                                                Activité post-effondrement


Phase cinq :
- il y a 1 Ma, la Cordillera dorsal voit le jour suite à une activité fissurale; ses mensurations : 25 km. de long et une hauteur de 1.600 mètres.
- il y a 800.000 ans, deux glissements de terrain gravitationnels se produisent donnant naissance aux actuelles vallées La Orotava et Güimar
- il y a 200.000 ans, des éruptions débutent dans la zone Pico Viejo-Teide, dans la caldeira Las Canadas, au centre de l'île.


Etapa_5_Teide.jpg                         Ces images de synthèse sont fournies par la "Societad Geologica Canaria" et
                    illustrent des étapes "intermédiaires" par rapport au schéma de base.
                    Point de vue sud-ouest.

Le vieux massif d'Anaga :

Il abrite la laurisylve de Ténérife, relique florale préhistorique et les roches volcaniques les plus anciennes. Le vieux massif est constitué d'une superposition de coulées basaltiques alternant avec des pouzzolanes, recoupées d'un réseau dense de dykes de roches basiques.

Tenerife-massif-d-Anaga_2006--jens-steckert.jpg       Le massif d'Anagua - photo Jens Steckert 2006

107-rose-canarie.jpg         Orgues volcaniques "en gerbe ou en rosace" - Planet Terre - P.Thomas

Cette étrange formation nait quand la lave forme une intrusion plus ou moins cylindrique. Le refroidissement par la périphérie du cylindre entraine la formation de prismes perpendiculaires aux parois du cylindre (radiales) et dessine cette "rosace".

Pour suivre : Le Pico del Teide, après le week-end.

Sources :
- Guide des volcans d'Europe et des Canries - M.Krafft et F.D.de Larouzière.
- images de la Societad Geologica Canaria
- Planet terre - rosaces d'orgues - lien
- AVCAN - Actualidad Volcanica de CANarias

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Dans un examen volcanologique des Canaries, nous débutons par l'île de Lanzarote, la plus septentrionale.

Lanzarote_Timanfaya-pano-G.Keller.jpg           Lanzarote - parc national de Timanfaya - G.Keller

La morphologie de  Lanzarote est différente de celle des îles occidentales, avec peu de relief, de nombreux cônes de cendres et de scories, et de grandes étendues de lave.
Sa faible altitude est responsable en partie de son climat désertique, les nuages ne s'accrochant pas au relief. Ni source, ni ruisseau sur l'île ...ici il peut ne pas pleuvoir pendant plusieurs années.

Rincon 0243                           Carte géologique - Mitchell-Thomé 1976 in Krafft.
                          1: sables éoliens - 2: carbonates Miocène - 3: basaltes et pyroclastites
                                   série IV - 4 : basaltes et pyroclastites série III - 5 : basaltes... série II
                                   6: Basaltes ...série I - 7: trachytes - 8 : cratères.


La géologie de Lanzarote peut se diviser en 4 périodes:

1. Il y a 12 à 5 Ma (Miocène), les premières activités aériennes consistent en la superposition de couches de basalte et l'apparition de cônes pyroclastiques. Ces "basaltes de plateaux" sont visibles au N. - Famara - et au S. de l'île - Los Ajaches et Papagayo.          Série I.
L'activité devient sporadique ensuite et les éruptions reprennent il y a moins de 2 Ma.
2. Série II : Cônes et coulées basaltiques, maintenant érodés.
3. Série III : depuis10.000 ans, poursuite de l'activité, avec des morphologies bien conservées.
4. Série IV : volcanisme préhistorique et historique.
- au nord de l'île, des appareils volcaniques sont alignés NE-SO. : Quemodo de Orzola, la montana Corola, Los Helchos et la Quemada. Le Malpais (mauvais pays) est constitué par des laves émises par ces volcans; elles couvrent 50 km².
Le volcan Corona présente un cratère égueulé profond de plus de 400 m.; il a émis de nombreuses coulées de basalte à olivine, parmi lesquelles on retrouve le plus grand tunnel de lave, le Jameos.
  • Jameos del Agua : transformation faite par César Manrique d'un Jameo de l'éruption du volcan Corona. Il a su transformer ce jameo en une grotte spectacle. Dans la grotte on peut voir: des cascades, un lac intérieur, de la végétation exotique. Le jameo est formé par 2 grottes : un auditorium, situé dans la petite, y a été aménagé grâce à l'excellente acoustique naturelle de la cavité. Dans ce lac intérieur, c'est développé un crabe endémique albinos, aveugle et brillant, que Manrique a nommé jameíto et il est devenu l'image de cet endroit. Il y a aussi une exposition des flore & faune et des volcans du pays.

  • La Cueva de los Verdes : 7 Km. au travers du tunnel de l'Atlantide. C'est un tunnel construit par une coulée de lave en provenance du Volcan de la Corona il y a 4.000 ans. Il était le refuge des guanches pendant les attaques des corsaires.
_Lanzarote_CuevaDeLosVerdes---G.Keller.jpg                     La Cueva de Los Verdes - l'eau y est limpide et permet cet effet de miroir" - G.Keller

- des éruptions récentes sur les petites îles : Graciosa, Montana Clara, roque del Infierno et Alegranza.
- Les éruptions de 1730-1736 ont dévasté les meilleures terres cultivables de l'époque, recouvertes par des coulées de lave et des dépôts pyroclastiques. un témoignage de Don Lorenzo Curbelo, curé d'Yaiza, décrit le début du cycle d'activité :
" le 1° septembre 1730, entre 9 et 10 h. du soir, le terre s'entrouvit tout à coup près de Timanfaya, à 2 lieux d'Yaiza. Dès la première nuit, une énorme montagne s'est élevée du sein de la terre et, de son sommet, s'échappaient des flammes qui continuèrent à brûler pendant dix-neuf jours {...} Les nuages de fumée étaient fréquemment traversés par de brillants éclairs d'une lueur bleue et rouge, suivis de violents coups de tonnerre comme dans les orages, et ce spectacle était aussi effrayant que nouveau pour les habitants, car on ne connait pas les orages dans ces contrées ..."
- En 1824, les éruptions reprennent à Timanfaya . Une terrible famine s'ensuit et les habitants quittent l'île en masse ... depuis, grâce à des techniques agricoles de culture sur lapillis, le paysage s'est transformé pour retenir l'humidité des alizés et permettre d y faire pousser des vignes.

La_Geria_vines---Yummifruitbat-wiki.jpg                Lanzarote - Vignoble de La Geria - Yummifruitbat / wikipedia.

Lanzarote_LaGeria---G.Keller.jpg         Lanzarote - vignoble de La Geria - autre technique - photo G.Keller.

Le parc national de Timanfaya : sur la route de Yaiza à Tinajo, prendre la route à péage, et se rendre à Islote de Hilario, où seuls des bus vous permettront de visiter la zone, en suivant "la route des volcans" ; ce circuit long de 14 km. permet de voir - de façon "trop surveillée" - un hornito d'une taille impressionnante, le Manto de la Virgen, ensuite le panorama depuis le sommet de Montana Rajada, El Mirador : on peut y observer le tracé de la principale fissure éruptive jalonnée par une succession de cônes pyroclastiques et repérer un tunnel de lave dont le toit s'est effondré. Viennent ensuite la vallée de la Tranquillité (...éternelle pour qui s'y trouvait au 18°s.) et le complexe de la Montana de Timanfaya.

Lanzarote---Phill-Cornish-copie-1.jpg      Lanzarote - Timanfaya - photo G.Keller

Lanzarote_Timanfaya_NationalPark---G.Keller.jpg      Lanzarote - Timanfaya - l'hornito "Manto de la Virgen" - G.Keller

800px-Olivine-Reunion---TH.Caro.JPGBasalte à olivine
collection Th.Caro (La Réunion)

Les roches émises lors de l'éruption de Timanfaya sont des basaltes à augite et olivine; elles sont constellées de nodules de péridotite qui ont été arrachés au manteau supérieur et remontés par la lave ... cette abondance d'enclaves du manteau est un indice en faveur d'une remontée rapide
du magma, depuis sa zone de genèse dans le manteau supérieur jusqu'à la surface (Krafft).

On peut observer l'anomalie thermique qui perdure ici : 250 ans après le cataclysme, des températures de 400°C ont été mesurées à une dizaine de mètres de profondeur et localement les scories sont encore brûlantes. Le restaurant local cuit la viande à la chaleur du volcan, méthode originale à défaut d'être véritablement d'un intérêt gastronomique.

Au Sud-ouest de Timanfaya, un cratère en bord de mer et sa "laguna verde" : El Golfo, on y rencontre des cristaux d'olivine, pierre semi-précieuse utilisée sous le nom de Péridot.

Lanzarote_crater---laguna-of-ElGolfo---G.Keller.jpg      Lanzarote - cratère et laguna El Golfo - G.Keller
Lanzarote---El-Glofo---C.Hansen-photo.net.jpg      Lanzarote - El Golfo - les bords du cratère érodés par la mer - C.Hansen / photo.net

Au nord-ouest de Lanzarote, dans une zone datant de la fin de la seconde période d'activité - 3 à 5.000 ans - de trouve un cratère parfaitement circulaire de 1, 5 km. de diamètre : La Caldera Blanca. Ascencion : 30 minutes AR.

-Lanzarote_CalderaBlanca---G.Keller-W.jpg      Lanzarote - cratère La Caldera Blanca - G.Keller

Lanzarote---Caldera-blanca-google.jpg                        La Caldera Blanca - vue satellite recadrée / Google earth.

Sources :
- Global Volcanism Program - Lanzarote
- "Guide des volcans d'Europe et des Canaries" - M.Krafft et F.D.de Larouzière
- Parques Nationales - Timanfaya
- Olivine sur "webmineral" - lien vers la fiche
             sur Geowiki - fiche

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

CHAP_27-2.jpg
L'archipel canarien est formé de sept îles principales :Lanzarote, Fuerteventura, Grande Canaria, Tenerife, Gomera, La Palma et Hierro
, d'une superficie totale de 7.500 km².

776px-Map_of_the_Canary_Islands.svg.png
Construites sur un substratum où on retrouve de bas en haut :
- une croûte basaltique d'environ 180 Ma.
- une série sédimentaire mixte correspondant à la sédimentation marine dans l'atlantique et à des produits détritiques en provenance de la côte africaine.

Toutes ces îles sont d'origine volcanique. Les premières éruptions furent sous-marines, avec une accumulation de hyaloclastites et de pillow-lavas, avant l'émersion des îles. Les dynamismes furent ensuite variés, depuis des activités effusives jusqu'aux éruptions ignimbritiques.

Géochronologie :

Les roches les plus anciennes proviennent de Fuerteventura : entre 37 et 19 Ma.
Pour Lanzarote, le trachybasalte de la pointe Papagayo est daté de 19 Ma , les coulées basaltiques du nord de 12 à 6 Ma.
Grande Canaria : 18 à 14 Ma
Tenerife :les séries d'Anaga sont datées de 13,7 Ma au N. et 4,65 Ma au S.; la série Las Canadas de 1,54 à 0,6 Ma.
Gomera date pour ses plus vieux complexes de 15Ma; par contre les basaltes qui les surmontent datent de 11,6 à 5 Ma.
Hierro date de moins de 3 Ma.

CHAP_27-22.jpg Document : Volcanic evolution of Gran Canaria de H-U. Schmincke et M.Sumita

Donc, il ressort que les Canaries ont été le siège d'activités volcaniques depuis environ 20 Ma avec deux périodes plus intenses : entre 18 et 10 Ma, et depuis 5 Ma. Plus on se déplace vers l'ouest, plus les îles sont récentes.

Modèles suggérés pour l'origine des îles Canaries :

L'origine de ces îles est un sujet débattu au sein de la communauté scientifique. A ce jour, aucune théorie ne fait l'unanimité. Il est communément admis que le volcanisme océanique intra-plaque est relié à un point chaud. Cependant, la longue période d'activité de l'archipel ne colle pas parfaitement à ce modèle.

Plusieurs hypothèses ont été développées pour expliquer leur origine :
1. La théorie de la fracture propose l'existence d'une très longue fracture connectant les îles Canaries et les montagnes de l'Atlas. Lors d'une période d'extension, le magma emprunterait ce couloir. Les objections principales à cette hypothèse sont le manque d'évidence d'une telle fracture ainsi que l'absence de volcanisme entre l'Atlas et l'archipel espagnol.
2. La théorie du soulèvement de blocs tectoniques est basée sur l'évidence du soulèvement de différentes sections des îles. Un phénomène compressif engendrant un amincissement crustal serait la principale cause du magmatisme et du soulèvement des blocs formant les îles Canaries. D'occasionnelles diminutions des contraintes tectoniques auraient permis la remontée de magma. Ce modèle a été réfuté car il ne propose pas de mécanisme probant pour la genèse des magmas et n'explique pas la répartition spatiale et temporelle du volcanisme.
3. La théorie du rift des îles Canaries propose une structure régionale d'extension active au Cénozoïque. Les objections à cette hypothèse sont que la lithosphère autour des îles est d'âge jurassique et que les directions des dykes sont différentes dans les states sous marins des différentes îles.
4. Le point chaud classique. Un des problèmes soulevés par ce modèle est que la lithosphère océanique sous les îles Canaries est froide, alors qu'elle est habituellement chaude dans une région de point chaud. Le volcanisme sub-aérien montre une progression irrégulière vers l'Ouest. Certaines îles battent des records d'activité volcanique (depuis 39 MA pour Fuerteventura, par exemple) alors que d'autres montrent un arrêt de toute activité depuis des millions d'années. Contrairement au système de point chaud traditionnel, les îles les plus vieilles (les plus occidentales) ne présentent pas de phénomène de subsidence.

5. Un modèle unifié proposé en 2000 se base sur les théories des points 1, 2 et 4. De la théorie des blocs soulevés, il retient que les îles sont dues à l'action de forces tectoniques compressives. De la théorie de la fracture, il retient le rôle de l'existence d'une fracture régionale pour la mise en place du magmatisme. Du modèle du point chaud, il retient que les îles doivent leur origine à une anomalie thermique.
(Eric Reiter - Terre & volcans)

Les études géophysiques ont montré que le Moho était situé à 16 km.sous Ténérife et à 11 km. à l'ouest des îles.
De grandes failles, à jeu vertical important ont été mises en évidence sous les Canaries.

Rincon 0240Document M.Krafft - Guide des volcans d'Europe et des Canaries.

Instabilité des îles volcaniques et risques naturels :

Les îles volcaniques sont caractérisées par un cycle construction-destruction, cette destruction étant liée à des éruptions, des glissements de terrain et autres effondrements.
Dans le cas des canaries, un risque de catastrophe naturelle pèserait sur tout le pourtour de l'océan atlantique du au fait de l'instabilité prévue de l'île de La Palma et de son volcan Cumbre Vieja.
Ce point mérite d'être développé dans un chapitre particulier.

Histoire :

Les canaries étaient sans doute habitées vers 3.000 av.JC; le peuplement se serait fait en deux vagues : des hommes de Cro-Magnon d'abord, des berbères d'afrique du nord ensuite, au cours du 1° millénaire av.JC.
Les îles urent touchées par les phéniciens puis par les égyptiens, à la recherche d'argent, d'étain et de pourpre.
Les romains connaissaient ces îles et Pline l'ancien cite "Canaria", ainsi nommée parce qu'un grand nombre de chiens y vivait.
A partir de la seconde moitié du 13° siècle, des aventuriers génois, portugais ou castillans y firent des rapines au détriment de ceux que l'histoire appellera les Guanches, de gwan chin, "les enfants du grand volcan", habitants de Tenerife.

canarie-gdc-las-palmas-museecanari-venus-guancheDéesse de la fertilité Guanches.

En 1312, les îles sont redécouvertes par le génois Lanceletto Malocello qui aborde à Lanzarote et lui lègue son nom.
En 1402, un conquistador français, Jean de Béthencourt, aborde à son tour ... dès lors, ces terres lointaines allaient lier leur destinée à celle des pays européens. S'en suivent des luttes durant des années entre guanches et Espagnols. En 1495, les guanches sont écrasés et subissent l'anéantissement de leur culture jusqu'à perdre leur langue.
Una anecdote liée à la volcanologie : Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, naturaliste et géographe, intéressé par la botanique et la volcanologie, correspondant de l'Institut de France, publie en 1804, un "Essai sur les îlles fortunées" et "Voyage dans les quatre principales îles des mers d'afrique", où il s'intéresse à Ténérife dans le deuxième chapitre
Texte complet : http://humboldt.mpiwg-berlin.mpg.de/Bory_LiSe/

Sources :
- "Volcanism" de H-U.Schmincke
- "Volcanic evolution of Gran Canaria reconstructed from apron sediment" de H-U.Schmincke & M.Sumita
- "Guide des volcans d'europe et des Canaries" de M.Krafft & F.D.de Larouzière
- "L'archipel des Canaries" par Eric Reiter - Terre & volcans
- "Canaries" - guide Evasion


Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
280px-Selvagens-copie-1
Les îles Selvagens (en Portugais) appelées aussi Savage islands, îles sauvages portent bien leur nom.
Ces îles arides, où les périodes de sécheresse peuvent dépasser trois ans, n'abritent que des oiseaux marins et une flore endémique abondante.

Selvagens islands
Cet archipel est situé à peu près à mi-distance entre Madère et Les Canaries; il est constitué de
plusieurs îlots et trois îles principales : Selvagem grande, Selvagem Pequina et Fora.
Elles furent découvertes en 1438 par Diego Gomes, un navigateur portugais, lors d'un voyage de la Guinée vers le Portugal. Appartenant à quelques familles portugaises influentes, disputées entre l'Espagne et le Portugal, elles furent attribuée à ce dernier en 1938, qui les transforma en réserve naturelle, inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2002.

Origine :

Comme les autres îles de Macaronésie, ces îles ont une origine volcanique. Sur Selvagem grande, des cônes de volcans éteints furent retrouvés, e.a. Atalaia.
Ces îles sont fortement érodées; elles présentent des falaises et sont entourées de récifs rendant leur abord délicat.

Faune et flore :

Les îles sauvages sont un lieu de nidification de plusieurs espèces d'oiseaux pélagiques de l'ordre des Procellariiformes :

Ils sont appelé de façon générique "Cagarra" par les Portugais.

Cagarra_Selvagem_Pequena---Puffin---Coimbra-68.jpg         Cagarra sur son nid, dans une cavité rocheuse sur
              Selvagem Pequina - Coimbre68.
 

Le seul oiseau terrestre nicheur est le pipit de Berthelot.


Pipit-de-Berthelot.JPG  Pipit de Berthelot - Anthus berthelotii - Selvagen islands

Sources :

- Savage islands - wikipedia
- Selvagen faune & flore - lien

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Enorme masse rocheuse sortie de l'océan, il y a 8 millions d'années seulement, elle a été formée par la coalescence de quatre grands centres éruptifs qui en constituent l'arêt centrale. L'île se divise en deux parties séparées par cette arête, la Ribeira Brava et la Ribeira de Sao Vicente.


pico do ariero           Pico do Arieiro, masse basaltique - Madeira.com

A l'est de cet axe, se trouvent les plus hauts sommets volcaniques : le Pico Ruivo (1861 m.), le Pico das Torres ( 1851 m.) et le Pico do Arieiro (1818 m.) et un grand plateau élevé : Paul da Serra, la dernière éruption y est datée de 4500 av.JC.

madere.gif

Pico-das-Torres-de-P.de-ariero---D.Bartel.jpg   Le  Pico das Torres, photo prise du Pico do Arieiro - D.Bartel.

Le relief général est très abrupt : 65% de sa surface a une pente supérieure à 25% ... ce qui aggrave les dégats des pluies importantes, comme il y a quelques semaines.

Sur la côte sud, la falaise de Cabo Girao est l'une des plus hautes du monde, avec 589 mètres. Une vue à couper le souffle ... et on ne se rend pas compte que sous la falaise, les fonds les plus proches sont à moins 2.000 mètres.


Cabo-girao.jpg              La falaise de Cabo Girao - Madeira live

Mad-Sao-Lourenco-03.jpgLes affaissements des zones centrales ont obstrué les filons d'alimentation. Les réactivations internes ont provoqué des fractures et des fissures dans lesquelles la magma a trouvé son chemin, provoquant des éruptions fissurales, qui donneront naissance à des dykes.

Dyke à la Punta de Sao Lorenço.

2915761018_d5820eb003_o-copie.jpg

Mad-Sao-Lourenco-Pedra.jpg          Dykes et Pedra de Sao Lorenço - Madeira .com

Les Ribeiras, ces gorges profondes, ont été formées par les secousses sismiques et l'érosion éolienne et marine. Ces refuges naturels furent occupés par les populations anciennes qui n'étaient ainsi pas visibles de la mer et des attaquants potentiels. Curral das Frairas, aussi surnommé "la vallée des Nones" illustre bien ces refuges, le village est niché dans un cirque montagneux, peu accessible encore à l'heure actuelle.


Curral-das-Freiras-2.jpg          Curral das Freiras - Madeira.com

D'autres curiosités, tout autant d'origine volcanique : les piscines naturellement creusée par l'érosion marine de Porto Moniz, ou des arcs de lave.

Porto-Moniz.jpg              Porto Moniz - piscines naturelles

-Madere--arc-de-lave-copie.jpg               Arc de lave en bord de mer - Madeira.com

Des orgues basaltiques existent aussi sur l'île, mais exploitées sous forme de carrières.

Une autre spécialité de Madère, non volcanique mais humaine, est liée à une mauvaise répartition naturelle des eaux de précipitations;  pour amener l'eau nécessaire aux cultures et à la vie tout simplement,du nord-ouest arrosé vers le sud-est plus propice à l'habitat et l'agriculture, les hommes ont construit tout un réseau de petits canaux, parfois en surplomb ou en tunnels : les levadas.

  Levada-des-25-fontaines_Madeira.jpg

                 Levada des 25 fontaines - J.Schmalberger.

Les portugais commencèrent à creuser ces canaux d'irrigation au 16° siècle, grâce à la main d'oeuvre fournie par des esclaves et des forçats, puis d'ouvriers salariés. Ces levadas permettent, outre l'irrigation, la production d'électricité; ce réseau, long de 2150 km. et qui nécessite un constant entretien, est emprunté par les randonneurs, mais attention certains tronçons sont très dangeureux d'accès; les risques de chute sont réels et le franchissement de tunnels nécessite le port de frontale et de casque.

Levada.jpg             Une levada parmi les pins et les agapanthes - A.Tarazzi

Source :
Global Volcanism Program - Madeira

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


L'archipel de Madère, région autonome du Portugal, est constitué de deux grands groupes d'îles volcaniques.

- le groupe "Madère" : l'île de Madère (727 km²), Porto Santo et qq. îlots (43 km²) et les Desertas (4km²) formés de 3 îlots: Deserta grande, Bugio et Chao.

- le groupe "Selvagens" : Selvagem grande, Selvagem Pequena et Fora. (4 km² en tout)

 

                      Le groupe "Madère" :

690px-Madeira topographic map-fr.svg

Madère, qui constitue 90% des terres de l'archipel, est probablement connue depuis l'antiquité, e.a. par les intrépides navigateurs Phéniciens.

Elle entre dans l'histoire en 1351, avec des documents géographiques arabes et florentins. Des explorateurs portugais, Joao Gonçalves Zarco et Tristao Teixeira, se réfugièrent à Porto Santo, nommé ainsi en reconnaissance de leur sauvetage. La colonisation portugaise démarra l'année suivante. L'archipel devint un point de relâche à l'époque des grandes découvertes ... Christophe Colomb y séjourna et y épousa la fille du gouverneur de Porto Santo, Perestrello, par qui il put connaître des cartes marines qui ont aidé ses découvertes futures.


Géologie et tectonique :

 Comme les autres îles macaronésiennes, elle est d'origine volcanique et surtout basaltique. Elle est formée par la coalescence de quatre grands centres volcaniques qui ont joué un rôle essentiel dans la formation initiale de l'île et constituent l'ossature élevée de sa partie centrale. Le volcanisme de Madère est associé à une fracture océanique et comporte plusieurs épisodes d'activité éruptive, d'abord sous-marine explosive au Miocène supérieur, puis subaérienne au Pliocène et au Quaternaire. S'épanchèrent alors d'abondantes laves basaltiques (basaltes à olivine, hawaïtes, mugéarites, benmoréites et trachytiques en moindre volume), accompagnées de grandes quantités de produits pyroclastiques. L'activité se termine des phonolites trachytiques, des rhyolites et des pantellerites. Les dernières éruptions ne remontent qu'à quelques milliers d'années.

 

La géomorphologie de Madère, avec des falaises au Sud et au Nord, est surprenante pour une île volcanique de « point chaud » que l’on croyait située sur la même dorsale atlantique que l’archipel des Açores. En réalité, son substratum repose sur un plan presque horizontal, rattaché au plancher océanique dans les zones profondes du manteau terrestre, ce qui explique l’uniformité de l’ensemble des falaises et sa stabilité. Aucune secousse sismique importante n’a été enregistrée depuis sa découverte.

 

Des plongées en bathyscaphe au large de Madère ont permis de découvrir par environ 1200 m de profondeur un dispositif morphologique attribuable à un cratère ou une petite caldéra. Entre 900 et 1700 m de profondeur, des formations volcano-sédimentaires interprétées comme des hyaloclastites d'origine explosive ont été observées. Nous sommes conduits à supposer que ces formations ont été déposées initialement à des profondeurs moins importantes et illustrent les phénomènes de subsidence dont a du être le siège l'archipel de Madère par suite de l'importance de l'épaisseur de la série volcano-sédimentaire (plus de 6000 m).

 


Pico-ruivo.jpg   Le Pico Ruivo, second plus haut sommet de l'île.


 Son relief tourmenté, sculpté par l'érosion, est spectaculaire avec des sommets déchiquetés culminant à 1861 mètres au Pico Ruivo. Elle est entaillée de gorges profondes (les ribeiras) qui découpent d'impressionnantes falaises côtières. Les ribeiras et les contreforts montagneux, difficiles d’accès, sont restés sauvages. Les cultures en terrasses s’étagent de la mer jusqu’à 700 mètres d’altitude. De 700 à 1000 mètres, c’est le domaine de la forêt primaire (la laurisylve), et au-dessus, un univers essentiellement minéral de lave et de cendre volcanique.

 

Faune et flore :

 

L'isolement géographique et le peuplement tardif ont favorisé un endémisme important.

L'avifaune dénombre divers endémiques : Roitelet, pétrel, pinson des arbres...de Madère, pigeon Trocaz, sans compter les nombreuses sous-espèces locales : bergeronnette des ruisseaux, moineau soulcie, pipit de Berthelot, faucon crécerelle ... (birds checklist)


Pinson-male-Madere---Fringilla-coelebs-maderensis----Caldei.jpg             Pinson des arbres de Madère 

            Fringilla coelebs madeirensis. - photo Madeira birds.


De par l'humidité atlantique, son relief accidenté, sa latitude subtropicale et l'influence du Gulf stream, Madère possède une flore d'une grande richesse. La Laurisylve, couvre 16% de l'île et 150 km², ce qui en fait la plus grande entité de Macaronésie. Lauriers et bruyères arborescentes côtoient des plantes endémiques telles que l'orchidée, la digitale ou la vipérine de Madère. Amaryllis, agapanthes, fuchsia, hortensias ... toutes ces plantes fleuries se sont échappées des jardins et ont colonisées Madère, lui donnant son surnom "d'île aux fleurs".

 

Orchidees-des-rochers---laurisylve-de-Madere.jpg         Orchidée des rochers - Laurisylve de Madère.

 

Autre particularité de Madère : son vin.

 

Avec des variétés classiques et un goût distinctif dérivé d’un procédé hors du commun, le vin de Madère est devenu célèbre et leader sur le marché mondial.

Le développement du vin de Madère a commencé grâce au riche sol volcanique, au climat propice et à une diversité de cépages importés de nombreux endroits du monde. Le premier étant la vigne Crete Candia Malvasia de Venise, remontant au XIIIe siècle. Ce n’est pas une surprise puisque Venise était le leader en commerce de vin de la Méditerranée avec des opérations menées dans toute l’Europe.


Pipas_de_vinho_Madeira.jpg                 Pipas de vinho Madeira. - Wikipedia.


Le processus de maturation du vin de Madère fut découvert totalement par hasard ; les conditions difficiles d’expédition, la brise maritime et la chaleur des voyages tropicaux ont développé des goûts différents qui ont rendu le vin encore meilleur et plus fort. On dit qu’au XVIe siècle, pour les plus longs voyages, le vin de Madère était renforcé à 20 % d’alcool pour supporter les conditions de navigation. Cependant, le tangage du bateau et le fait de traverser l’équateur faisait accélérer le processus de vieillissement du vin et le faisait chauffer comme dans un sauna. Les longues expéditions étaient de rigueur jusqu’en 1794, période où l’on a commencé à utiliser la science pour le procédé.

Les Madériens, étonnés par la transformation, commencèrent à créer diverses techniques, telles que la méthode de chauffe, estufa “hot sauna”, par laquelle le vin est chauffé jusqu’à une période de 3 mois à une température de 50 °C.  L’autre méthode traditionnelle s’appelle Canteiros, une méthode de vieillissement par laquelle le vin est stocké pendant 20 à 100 ans à la chaleur naturelle. Ces méthodes sont toujours utilisées à l’heure actuelle.

 

Sources :

- Madère, une île volcanique atlantique par G.Kieffer - CNRS.

- Origin and geochemical evolution of the Madeira-Tore Rise (eastern North Atlantic) par J.Geldmacher & al.

 

Origin and geochemical evolution of the Madeira-Tore Rise (eastern North Atlantic)

- Observations en bathyscaphe de formations volcano-sédimentaires aux environs de Madère - par G;Bellaiche et JL.Cheminée - CNRS

- Madeira live - vin de Madère

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Ce riche archipel, composé de trois groupes d'îles, révèle encore quelques superbes sites volcaniques dans le groupe le plus proche de l'europe, avec Sao miguel, Santa Maria et les Formigas.

Sao Miguel présente une structure variée : un massif ancien à l'est de l'île, le complexe de Povoçao; trois stratovolcans à caldeira, Sete Cidades, Agua de Pau et Furnas. Ces massifs volcaniques sont reliés entre eux par des alignements récents de cônes de scories : la région des Pics.

Sete Cidades, ce stratovolcan est connu pour sa grande caldeira (5 km. de diamètre et 350 m. de profondeur moyenne) qui abrite deux lacs de cratère, Lagao Verde au sud et Lagoa Azul au nord. Des dômes trachytiques habillent ses flancs.
Cette caldeira se serait formée en trois phases, datées de 36.000, 29.000 et 16.000 ans. Le volcan a connu 22 éruptions post-caldeira, et des éruptions surtseyennes à faible distance des côtes, la dernière datant de 1880.

Sete_cidades_twin_lakes---U.Sverdrug.JPG          Sao Miguel - Caldeira de Sete Cidades - le ciel couvert ne permet pas de différencier les
          couleurs verte et bleu des Lagoa Verde et Azul - photo U.Sverdrug.

Agua de Pau est un stratovolcan central, doté de deux caldeiras imbriquées : l'externe, de 4 km. sur 7, s'est formé il y a 30 à 45.000 ans. Elle abrite une caldeira interne, de 2,5 km. sur 3, formée il y a 15.000 ans et emplie partiellement par un lac de cratère : le Lagoa do Fogo - "le lac de feu". Des dômes post-caldeira habillent les flancs nord et ouest.
Au cours de 5 000 dernières années, sept éruptions très explosives se sont produites dans la zone sommitale, dont la célèbre éruption dite du "Fogo A" datée de 4 640 av. J.-C.  Cette éruption plinienne fut la plus importante connue dans l'archipel des Açores produisit 3,2 km3 de ponces et fut à l'origine de coulées pyroclastiques et de lahars.
La dernière éruption trachytique date de 1563. Quelques sources chaudes sont situées sur le flanc NO. du volcan, témoignant de son potentiel.

Sao-Miguel---Agua-de-Pau-lago-do-fogo---R.wunderman-smith.jpg

                Sao Miguel - Agua de Pau, Lagoa do Fogo  -  photo R.Winderman - Smithsonian inst.

 

 

Lagoa_das_Furnas-_ilha_de_Sao_Miguel-_Arquipelago_dos_Ac.JPG

                                                    Sao Miguel - Lagoa das Furnas  - photo wikipédia.

 

Le volcan Furnas est situé à l'extrémité est de Sao Miguel, ce stratovolcan est actif depuis 100.000 ans. Deux caldeiras caractérisent sa structure actuelle; elles sont emboitées, la plus vaste date de 30.000 ans, et s'est constituée à partir de l'émission d'une nappe d'ignimbrite, dite de Povoaçao.

Les ignimbrites (de ignis, feu et imber, pluie) sont le produit d'éruptions extrêmement violentes, qui s'expriment par l'émission de coulées pyroclastiques (coulées riches en gaz, chargées de particules chaudes, progressant à très vive allure) issues pour la plupart d'édifices volcaniques à base très large qualifiés de strato-volcans.

Les ignimbrites du Furnas sont des ignimbrites fiammées, où des éléments vitreux ont été étirés.

L'autre caldeira date de 12.000 ans environ et abrite le Lagoa das Furnas.

Ce volcan très actif a connu au cours des 5.000 dernières années dix éruptions subplinienne à caractère phréatomagmatique marqué, dont deux lorsque l'île était peuplée. La première s'achevait en 1440, au moment  de l'installation des premiers colons, la dernière provoqua la mort de 200 personnes en 1630. Il est considéré comme dangereux.

Il existe une zone de fumerolles et de mares de boue bouillonnantes à l'extrémité nord du lac. Un secon champ fumerollien est situé dans le village de Furnas auquel il donne un atmosphère particulière... vapeurs, odeurs, bruits, tout participe à rendre ce lieu étrange. Une trentaine de sources,  avec des propriétés et températures propres à chacune d'elles - entre 15 et 60°C -, avoisinent des vasques bouillantes et quelques geysers; les eaux sont riches en bicarbonate sodique, en bore et fluor, et dégazent du gaz carbonique à raison de 50 tonnes par jour.

 

800px-Caldeira_fervendo-_Vale_das_Furnas-_Povoacao-_ilha_.JPG                   Sao Miguel - Vale das Furnas , caldeira fervendo - photo Luis da Silveira.


Ces zones géothermales sont utilisées par les locaux pour cuisiner leur ragoût : le Cozido, servi dans les restaurants. Choux, carottes, pommes de terre et patates douces, boeuf, poulet, boudin noir et chorizo mijotent dans un faitout enveloppé de liges et plongé à 60 cm. de profondeur ... le volcan et le temps font le reste ! Bon appétit !


Santa Maria : morphologiquement, l'île est constituée à l'ouest d'un plateau uniforme, érodé et dénudé dont l'altitude n'excède pas 200 mètres. Sa partie orientale, séparée de la précédente par une chaîne montagneuse - la Serra Verde -, est plus accidentée et relativement boisée ; ce contraste se manifeste par un habitat différent, de type villages-rue à l'ouest et dispersé à l'est.

L'île est d'origine volcanique mais son histoire géologique est complexe: c'est l'île la plus ancienne de l'archipel des Açores et elle a connu plusieurs phases d'édification et d'érosion intense depuis la fin du Miocène. Elle a également connu des phases d'immersion liées à d'importantes transgressions marines. Ce contexte explique la présence de quelques formations sédimentaires intercalées dans des formations volcaniques subaériennes ou sous-marines.

Son volcanisme s'est vraisemblablement exprimé entre 8 et 2 millions d'années et il est considéré comme éteint aujourd'hui. L'île de Santa Maria est épargnée de l'activité sismique intense qui caractérise sa voisine São Miguel ; toutefois elle a connu quelques rares tremblements de terre au cours de son histoire.

 

Formigas_Islets_-_no_watermark.jpg                                 Les Formigas - Wikipédia.

Les îles Formigas, connues aussi sous le nom "banc des Formigas", sont les sommets d'un vaste banc rocheux situé au NE. de Santa Maria. Composés par des coulées basaltiques, ces rochers parsèment une vaste zone de 9.000 m²; seul un phare dépasse des rochers, signalant ce piège parcouru de dangereux courants. Leur intérêt réside dans la riche faune marine que ces rochers abritent.

Prochaine destination : Madère.


Sources :
- Global Volcanism Program - Sete Cidades
                                         - Furnas
                                         - Agua de Pau
- The Formigas bank - WWF - lien

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Pico : île allongée de 42 km. sur 15, elle est dominée par le Ponta do Pico, stratovolcan basaltique, haut de 2.351 mètres, qui occupe sa pointe ouest .
Pico a abrité juqu'en 1980 une industrie baleinière importante. La culture de la vigne et son produit, le Vinho do Pico, est un autre atout commercial.

Ilheus-da-madalena--wikimedia-commons.JPG           Ilheus da Madalena - Neck volcanique, solde laissé par l'érosion marine d'une struture palagonitisée
                       résultant d'une éruption phréatomagmatique ancienne.   -  Wikimédia commons.

Ponta do Pico est le plus haut volcan des Açores; son cône est construit sur le "Montanha volcanic complex" et est coiffé d'un cratère large de 500 m., lui-même surmonté d'un petit cône pentu.
Ses éruptions historiques se sont limitées aux flancs du volcan et à la zone de rift située au SE., le "Roque Piedade volcanic complex" parsemé de cône pyroclastiques. Les principales datent de 1562-64, 1718, 1720 ; en 1963, une petite éruption sous-marine a eu lieu près de la côte nord-ouest de l'île.

Pico---Portugal-blogs.jpg            Le volcan et les vignobles, avec les murets protecteurs typiques - photo Portugal blogs.

  
Pico100.jpg            Le port et le village de Madalena, et le volcan habillé d'un nuage lenticulaire - photo C.Johansson 2007

L'escalade du volcan démarre près du Cabeço das Cabras , à 1200 m.; l'aller-retour demande 4 à 5 heures d'efforts et permet d'admirer le majestueux cratère et quelques fumerolles sur le Piquinho, surmontant de 50 m. le bord de celui-ci. Si les nuages le permettent, la vue porte sur les îles du groupe central. Il parait que le lever du jour est inoubliable ... mais comme je ne suis pas partisant des ascencions nocturnes ...

Grutta das Torres est un tunnel de lave situé sur les pentes ouest du volcan, formé dans une coulée Pahoehoe originaire d'un cône parasite, le Cabeço Bravo, et datée de 500 à 1500 ans. Formée d'un groupe de tunnels de lave interconnectés et pas toujours faciles d'accès, cette zone a été décrétée "Monument national" en 2004. On ne visite que les 400 premiers mètres de ce tunnel, long de 5439 m. et haut à certains endroits de 15 m.

Gruta das Torres - 2 Mike Norton


Le tunnel nécessite l'usage d'une frontale ... et le casque n'est pas superflu par endroits.





On peut y photographier de belles stalactites de lave.




Photos Mike Norton.




Gruta das Torres Lavacicles - Mike norton















L'île de Terceira est formée de quatre stratovolcans construits sur une zone de fissure prohéminente, balafre axée SE-NO.

Terceira -cone pyro. Monte brasil - Lda Silveira         Terceira - le cône pyroclastique Monte Brasil domine la cité historique Angra do Heroismo.
                                                                  photo Luis da Silveira.

Le volcan Santa Barbara est tronqué de deux caldeiras; la plus jeune âgée de 15.000 ans.
Pico Alto, dans la partie centrale, date du Pleistocène; sa caldeira est occupée par des coulées de lave et des dômes.
La caldeira Guilhermo Moniz se trouve au sud sur une zone de fissures, et celle de Cinquio Picos, large de 7 km. occupe le SE. de Terceira.
Les dernières éruptions concernent Pico Alto, la zone de fissures entre Pico Alto et Santa barbara et des cratères sous-marins situés à l'ouest de l'île.

Terceira---Santa-Barbara---1021-m-jpg                        Terceira - volcan Santa Barbara - 1021 m. -  Wikipédia

Terceira---Pico-do-Gaspar.jpg                                Terceira - le Pico do Gaspar - auteur non référencé.

Ces éruptions sous-marines récentes - 1999 et 2000 - ont produit des "lava balloons" , blocs flottants retrouvés en surface.

lava-balloon---CVUA---Terceira.jpgLeur formation est attribué à un magma de basse viscosité, se mouvant facilement au travers de fractures. Ces blocs résulteraient du détachement de parties de "pillow-lava" suivi de leur ascencion facilitée par leur haute teneur en gaz ou de fragments de lave riche en gaz résultant de fontaines de lave ou petits lacs de lave sous-marins. lava-balloon--2---CVUA---Terceira-copie.jpgDurant leur montée vers la surface, les gaz sortent et à leur sortie, l'interaction entre l'eau de mer et ces blocs chauds provoque une émission de vapeur et de gaz ... ensuite ils coulent, ou explosent violemment si l'eau entre en contact avec l'intérieur chaud de la structure.


Photo du haut : un ballon de lave arrive en surface et émet vapeur d'eau et gaz.
Photo du bas : ballon de lave récupéré le 10.02.1999 - diamètre de 80 cm. de diamètre.
documents CVUA - Center of Volcanology of the Azores University.

A Terceira, il faut déguster les pouces-pieds, les patelles et les crabes "façon açorienne", ou les balanes et les cigales de mer ... accompagnés de  Verdelho dos Biscuitos, un vin murit sur la roche basaltique et apprécié des Tsars russes.

Sao Jorge : cette île "linéaire" - 54 km.sur 5 - est difficile d'accès, les falaises bordières atteignant plusieurs centaines de mètres de hauteur. Des terrasses basses formées par leur effondrements, appelées Fajas, sont fertiles et dotées d'un micro-climat favorisant des cultures exotiques, dont le café.

Sao Jorge - Pico da velha - L;da Silveira                       Sao Jorge - Pico da Velha - Photo Luis da Silveira.

L'île compte plus de 200 volcans basaltiques d'origine fissurale, alignés sur des failles orientées NO-SE. Les édifices les plus anciens sont datés entre 550.000 et 110.000 ans. Les dernières éruptions datent de 1580 et 1808, toutes deux ont fait quelques victimes.

Sources :
- Global Volcanism Program - Pico
                                         - Terceira
                                         - Sao Jorge
- CVUA - Center of Volcanology of the University Azores.
- photos de Pico sur Flickr - lien

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
                                      
Les îles de la plaque Eurasienne -  partie centrale.

Geochimie des volcans Faial- tectonique
Les volcans, situés sur la plaque Eurasienne, le sont sur des zones de fractures orientées NO-SE sur la "microplaque des açores - document Pacheco. réf en sources.

 

Faial - Ilha do Faial, île aux hêtres -
connue aussi sous le nom d'Ilha azul - l'île bleue, qualificatif du aux nombreuses hortensias qui y fleurissent en été, à moins que ce ne soit un rappel de sa production d'un pastel bleu. On aborde cette île volcanique pentagonale par le port de Horta, escale courue par les marins qui font la traversée transatlantique. Sur la jetée de la marina, les dalles de béton sont couvertes d'un patchwork de peintures et graffitis, témoignages de marins à la manière d'ex-votos peints; on retrouve cette pratique dans d'autres ports des îles de la Macaronésie e.a. à Funchal sur Madère. Le bar "chez Peter" sert de boite aux lettres aux navigateurs et d'officine de change; il abrite aussi une belle collection de dents de cachalots gravées ou sculptées.

                                      
                             Un  ex-voto belge ...parmi d'autres / port de Horta - Faial - photo Annie Guir

Faial est un concentré des formations volcaniques que l'on rencontre dans l'archipel açorien:
- volcan-bouclier : volcan de Riberinha
- stratovolcan : volcan de la Caldeira
- volcan monogénique basaltique : dans la péninsule de Capelo ou sur la
   plate-forme de Horta
- volcan trachytique : Altar au fond de la caldeira
- volcan sous-marin : Morro de Castelo Branco (trachytique) et
   Monte da Guia (basaltique) , Cabeço dos Capelinhos (sous-marin puis
   aérien)

Active-tectonics---paleoseismological-results-Azor-copie-1.jpg                    document Pacheco - réf. voir sources.

Faial---caldera-from-Cabeco-Gordo.jpg                                 La Caldera, vue de Cabeço Gordo - photo wikipédia.
Profondeur 400 m. - périmètre 2.000 m. - remarquez les cinder cones sur le plancher de la caldeira.

Géologie : l'île se compose d'un proto-volcan bouclier, le volcan de Geochimie-des-volcans-Faial-3.jpgRiberinha, au NE, largement détruit par l'érosion et les forces tectoniques, à l'origine du graben de Pedro-Miguel, du volcan de la Caldeira et de la plate-forme basaltique de Horta, dominée par des volcans monogéniques.
La péninsule de Capelo, formée d'une chaîne linéaire de volcans basaltiques, a connu les deux éruptions les plus récentes : au Cabeço do Fogo (1672-73) et au Cabeço dos Capelinhos ( 1957-58).

capelinhos-volcano---Faial-isl-jpg           Cabeço dos Capelinhos et le phare qui a échappé de peu à l'éruption - Wikipédia.

L'éruption du Capelinhos : 393 jours - 27.09.57-24.10.58

L'éruption du volcan Capelinhos fut une éruption de type Surtseyen parmi les mieux observée, débutant le 27 septembre 1957, avec l'apparition d'une île qui s'effondre le 29 octobre. Une autre île sort de la mer durant la première semaine de novembre, à une centaine de mètres à l'est de la première. Une troisième croit, juste après le collapsus de la seconde, et se connecte par un isthme à Faial vers la mi-novembre; l'activité violente durera quelques semaines avec éjection de matériaux à 1,5 km. de hauteur.
Le 16 décembre, le magma n'interagit plus avec l'eau de mer : c'est la fin de la phase sous-marine.

faial-island-eruption 1957 R.F.Sisson-306337-ga                     L'éruption du Capelinhos en 1957 - photo prise par R.F.Sisson.

Le type d'éruption évolue vers le type strombolien avec des coulées de lave qui atteignent la côte de Faial.
Une autre phase sous-marine débute avec l'année 1958, avec des retombées de poussières volcaniques jusqu'à 70 km. du volcan. elle se termine le 12 mai 1958, avec l'apparition d'un lac de lave dans le cratère, qui s'épanche en coulées sur les flancs. La phase strombolienne se termine le 24 octobre 1958 ... le volcan couvre alors 2,4 km².
Depuis, l'érosion permanente détruit le volcan peu à peu. (traduction de l'article de Marco Fulle)
Données du GVP : VEI 2 - vol de lave émis : 84 Mm³ - tephras : 80 Mm³.

azores_capelinhos_mf1551.jpgCouches d'ignimbrites du cône de tuff, couverte par des bombes de la phase éruptive strombolienne.
             Avec l'aimable autorisation de Marco Fulle - Un clic sur la photo pour en voir d'autres.

Un intéressant "centre volcanique" a été construit intelligemment en sous-terrain, à proximité du phare épargné par l'éruption.

Sources :
- Global Volcanism Program - Fayal
- Geochemistry of volcanic rocks from Faial island - Pacheco
- Active tectonics and first paléosismologicalresults in Faial - link
- Swisseduc.ch - Surtsey-like cones on Faial 09.2009 - link
- Faial island, by Absolute Astronomy - link
- The Azores islands - blogspot.com

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog