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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Articles avec #mineralogie catégorie

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

 « Putnisite »

ce n’est pas un nouveau juron, mais la qualification d’un nouveau minéral analysé par une équipe de l’Université d’Adélaïde, après sa découverte en Australie de l’ouest par une compagnie minière dans un affleurement de nature volcanique du lac Cowan. Peter Eliott et son équipe l’ont baptisé putnisite, du nom des deux géologues de l’Université de Münster, Christine et Andrew Putnis.

Putnisite -  de la mine Armstrong à Widgiemooltha, Western Australia.- photo ddmcdn

Putnisite - de la mine Armstrong à Widgiemooltha, Western Australia.- photo ddmcdn

La putnisite est un nouveau minéral de teinte rose-pourpre, possédant une composition chimique et une structure cristalline inaccoutumée parmi les quelques 4.000 minéraux répertoriés :  SrCa4Cr83+(CO3)8SO4(OH)16•25H2O.

Sa composition élémentaire est en effet intriguante : strontium, calcium, chrome, soufre, carbone, oxygène and hydrogène. Les cristaux analysés ont environ 0,5 mm et sont pseudo-cubiques. C’est une roche fragile d’une dureté de seulement 1,5 et 2 sur l’échelle de Mohs (sur cette échelle, le talc a une dureté de 1 et le diamant de 10) ; elle est rayable à l’ongle. Sa masse volumique est de 2,2 g/cm³.

Putnisite -  de la mine Armstrong à Widgiemooltha, Western Australia.- photo Dakota Matrix

Putnisite - de la mine Armstrong à Widgiemooltha, Western Australia.- photo Dakota Matrix

Dans sa gangue rocheuse verte, le minéral apparaît violet, avec des points roses. D’après le Dr. Eliott, " lorsque les roches se sont déposées dans le lac Cowan il y a des millions d’années, elles contenaient de petites concentrations de strontium, calcium, chrome et soufre … au cours du temps, les intempéries ont libéré ces éléments et les ont concentré, permettant une cristallisation de la putnisite ".

Salt flats du Lac Cowan, à l'ouest de Norseman - photo Travelling Australia

Salt flats du Lac Cowan, à l'ouest de Norseman - photo Travelling Australia

Sources :

- The University of Adelaïde -  New mineral shows nature's infinite variability - link

- Sci-News - Putnisite: New Mineral Discovered in Australia - link

- Mineralogical magazine - Putnisite, SrCa4Cr83+(CO3)8SO4(OH)16•25H2O, a new mineral from Western Australia: description and crystal structure – by P.Eliott & al. - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

Une petite boule blanche de cristaux aciculaires fins, flexibles, associé à des zéolithes, et qui apparait comme minéral de contact dans les basaltes … un silicate calcique hydraté : de l’okénite.

 

Okenit2-_gyrolit-_Bombai-_Indie---Kluka.jpg              Au centre, Okénite sur gyrolite - origine : Bombai /Inde - photo Kluka


Ces cristaux blancs, de formule Ca10Si18O46.18H2O,  sont extrêmement fragiles et le moindre toucher laisse des traces. On les trouve principalement à Pune (ou Poona) en Inde dans les trapps du Deccan (60 - 68 Ma), aussi au Groenland (Disko), au Chili et en Irlande.

 

Deccan-trapps--Kille_Rajgad_from_Pabe_Ghat---Pune---Kppethe.jpgTrapps du Deccan - Vue de l'empilement des coulées de lave non loin de Pune / Inde - photo Kppethe.

La première description en a été faite lors d’une découverte en 1828 sur l’île Groenlandaise de Disko et son appellation, " ockenite " transformée plus tard en okénite, honore un biologiste allemand, Lorenz Ocken.

Les spécimens les plus attractifs sont accompagnés de minéraux rares tels que gyrolite ou apophyllite, des phillosilicates.


Certaines vésicules volcaniques (des bulles dans le basalte) sont tapissées de délicates touffes d’okénite, et sont appelées géodes d’okénite.

Ultra délicates, ne devant jamais être touchées, elles sont d’une conservation difficile.

 

Okenite-dans-basalte.jpg                             Géode d'okénite dans du basalte - photo Amazing Geologist

 

 

Okenite - Khandivali, Maharashtra, India (28 × 22 cm) - Di

Géode dans du basalte contenant de l'Okenite - origine : Khandivali, Maharashtra, India (28 × 22 cm) - photo Didier Descouens

 

Okenite---D.Descouens.jpgOkenite - agrandissement de la partie centrale de la géode / photo ci-dessus - origine : Khandivali, Maharashtra, India (28 × 22 cm) - photo Didier Descouens


Les géodes, du grec γεώδης - ge-ōdēs, semblable à la terre ou terreux, peuvent se former dans n'importe quel type de roche ou de minéral mais, par habitude, le terme est généralement réservé aux formations dans les roches sédimentaires, filoniennes, magmatiques et volcaniques.


La formation des géodes dans les roches volcaniques :

Entre 800 °C et 1 200 °C, la lave en fusion dissout les composants volatils de la roche et produit des bulles de gaz. Comme ces bulles de gaz sont mobiles dans le cœur de la lave, elles migrent vers la surface et peuvent se rassembler pour former des poches de plus en plus grandes. Le refroidissement de la lave, synchrone de ce dernier processus, fige les bulles de gaz à partir d'un certain seuil de viscosité. Elles en gardent une forme de lentille.


geode---ulaval.ca.jpg

                                                            Géode - schéma ulaval.ca


Au cours du refroidissement du liquide, les bulles de gaz sont transportées dans le sens de l'écoulement de la lave. Les facteurs temps et direction de la coulée durant son refroidissement caractérisent la forme en lentille que prennent les bulles. Ces lentilles ressemblent à des gouttes, les pointes fines en tournées vers l'amont de la coulée. L'observation des géodes dans une coulée de lave solidifiée permet donc d'en évaluer avec une certaine précision le sens d'écoulement, la température d'origine et sa vitesse de refroidissement, ainsi que la nature d'éventuels d'obstacles détruits par la fournaise de la lave que l'on peut retrouver piégés dans les géodes.

Un deuxième refroidissement a alors lieu, gazeux cette fois, à partir de 400 °C, selon la composition du gaz emprisonné dans la cavité ainsi formée. Ce gaz passe alors en phase aqueuse et des phénomènes d’hydrothermalisme peuvent commencer. La première (et parfois la seule) cristallisation peut donc s'avérer tout à fait interne à la géode, sans apport extérieur. Ensuite, les transformations peuvent continuer des millions d'années durant, c'est d'ailleurs l'aspect paradoxal des géodes que d'être d'une part des minéraux avec rarement des apports vivants mais pourtant des minéraux qui peuvent exister des millions d'années tout en évoluant sans cesse tout en gardant en permanence une forme de leur héritage originel. (wikipedia)

 

Pour les volcanophilatélistes, on trouve peu de timbres sur le thème de la géode ... un timbre du Territoire Français des Afars et des Issas (Côtes des Somalis, Djibouti) de 1971 est illustré d'une géode volcanique.

 

Timbre-geode-volcanique.jpg

 

Sources :

- Géowiki - Okénite

- Mindat - Okénite -  fiche & photos

- Webmineral - Okénite

- Mineralogical magazine - Zeolites and associated secondary minerals in the Deccan traps of western India - by R.N.Sukheswala & al. - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

  

Sicile-08-930-copie.jpgVue aérienne de l'île de Vulcano - à l'avant-plan, Vulcanello, ensuite l'isthme séparant Porto di levante et Porto di ponante, le cône de La Fossa, et sur la gauche, il Piano - photo B.Duyck, d'après une carte postale.


z-Vulcano-pano--copie.jpg

                  Vulcano, le cratère de La Fossa  et ses fumerolles  - © Bernard Duyck

 

Une étude systématique des minéraux présents dans les fumerolles de l'île de Vulcano, dans les Eoliennes, a été menée au cours des cinq dernières années en partenariat entre l'INGV section de Naples et l'Université de Milan. Elle est parue dans un volume intitulé "Vulcano, trois siècles de minéralogie" ; ce livre relate l'histoire de l'île de 300 avant JC. à nos jours et parle de la recherche sur les minéraux.

 

z-IMG_6216-copie-2.jpg         Vulcano - fumerolles situées sur le bord du cratère de La Fossa - © Bernard Duyck 

  

Grâce à des instruments sophistiqués, microscope électronique à balayage avec analyseur chimique et diffractomètre à rayons-X, 18 nouveaux minéraux ont été identifiés. Cette découverte est approuvée par le commission des nouveaux minéraux de l'IMA - International Mineralogic association - qui sert d'organe de contrôle et attribue les noms aux nouvelles espèces.

 

Ces méthodes modernes d'analyse ont d'ailleurs permis de porter, au niveau mondial, le nombre de nouvelles espèces minérales de 2.000 à 4.700.


Pour les noms, l'inspiration vient de la mythologie : parmi ceux-ci, "l'Adranosite", en honneur d'Adranos -Αδρανός - dieu du feu vénéré par les Sicules, ancienne peuplade de Sicile, dans la ville d'Adrano, près de l'Etna, où il a vécu avant d'en être chassé par Héphaïstos.

L'adranosite - (NH4)4NaAl2(SO4)4Cl(OH)2 - provient d'une fumerolle active à 250°C, se présente en gerbes de cristaux prismatiques blancs à incolores atteignant 0.3 mm de longueur sur une brèche pyroclastique.

  

Adranosite---Vulcano---M.Russo-INGV-11.jpg                     Adranosite  - de Vulcano / îles Eoliennes - photo M.Russo / INGV

Une autre espèce sera nommée "Héphaïstosite", du grec Héphaïstos - Hφαιστος - qui est le fils de Zeus et de Héra, et dieu du feu, des forges et des volcans dans la mythologie grecque.

(ndlr : les anciens expliquaient le nom d'Héphaïstos comme "celui qui est allumé" ... c'est vrai qu'il faut l'être un peu pour grimper sur les volcans.)

 

L'héphaïstosite - TlPb2Cl5, un chlorure de thallium et plomb - fut trouvée dans une fumerolle de haute température, ~ 400°C, sur le bord du cratère de La Fossa.

 

Hephaistosite---Vulcano---M.Russo-INGV-11.2011.jpg                   Héphaïstosite - de Vulcano / îles Eoliennes - photo M.Russo / INGV 

 

Sources :

- Scienze - Scoperte / dalle fumarole dell'isola di Vulcano emergono nuovi minerali.

Libro-Vulcano.jpg- AMI - Associazione Micro-mineralogica Italiana - link

- Vulcano, tre secoli di mineralogia - par A.M.I. 343 p.

- Mineralienatlas - Adranosite - link

- Mineralienatlas - Hephaïstosite - link

- Mindat - Hephaïstosite - link

 

  

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

On ne peut quitter la Colombie sans parler de " La esmeralda " ... une merveille verte et rare.

 

Emeraude_sur_gangue---Parent-Gery.jpg                                     Emeraude, cristal sur gangue - photo Géry Parent.

Emeraude_Musso---Didier-Descouens.jpg

               Cristal d'émeraude (2 cm.) - Mine de Muzo - photo Didier Descouens 2009.

 

Evoquée dans la bible, elle ornait aussi les bijoux retrouvés dans les pyramides d’Egypte, ainsi qu’à Pompeï et à Heraculanum. On rapporte que Néron utilisait une lame d'émeraude à la fois pour corriger sa presbytie et protéger ses yeux du soleil, lorsqu'il regardait les combats de gladiateurs.
Pierre favorite des souverains depuis les temps les plus reculés, elle paraît de nombreuses couronnes royales et objets de cultes.

 

Saint-Louis_sertie---jean-Lossel-museum-nat.-hist.naturelle.gif

"La pierre de saint-Louis" , sertie - au Museum national d'histoire naturelle / photo Jean Lossel.

 

L’émeraude doit son nom au grec smaragdos signifiant pierre verte.
Longtemps toutes les pierres vertes (tourmalines, turquoises, malachites,...) furent désignées sous le même nom, ce n’est qu’au XVIe siècle que l’on sépara les différentes pierres et que le terme émeraude s’imposa pour désigner la famille des béryls.

 

La formation des émeraudes nécessite des conditions géologiques exceptionnelles : leurs composants sont liés au volcanisme.

Le béryllium, composant principal, se trouve dans le magma de la croûte terrestre; chrome, vanadium et fer, responsables de la transformation du béryl en émeraude, sont situés dans le manteau terrestre.

 

En Colombie, il y a 65 millions d'années, des mouvements tectoniques ont amené des minéraux à 300°C au contact d'une couche sédimentaire datant du début du crétacé (135 Ma) contenant des fossiles. Les coquilles constituées de calcaire se sont dissoutes , et ont offert des cavités dans lequel des cristaux ont pu se former.

 

Emeraude_18_-Colombie----gery-Parent.jpg                                                 Emeraude brute - phot Géry Parent.

 

Les caractéristiques de l'émeraude :

Groupe : Béryl

Composition chimique : Silicate d'aluminium et de beryllium, auquel s'ajoute du chrome, du vanadium et du fer. - Be3(Al,M)2(SiO3)6   dans lequel (M = Cr, Fe, V)
Couleur : Vert
Dureté : 7,5 à 8 sur l'échelle de Mohs.
Densité : 2,67 à 2,78 
Dispersion : 0,014
Pléochroïsme : net, du vert ou vert – bleu au vert - jaune
Indice de réfraction : 1,56 – 1,59
Biréfringence : 0,004 – 0,01
Système cristallin : Hexagonal  

Transparence : Transparent à opaque
Principaux gisements : Colombie, Brésil

 

pays_producteur_emeraude-copie.jpg

 

La Colombie est un des principal producteur d'émeraude, avec 60% de la production et 6 millions de carats (chiffres de 1995); les mines sont situées à Chivor, Muzo, Penas Blancas et Coscuez.

Le second producteur est le Brésil avec les mines du Minas gerais, avec 12%.

Suivent Madagascar, puis la Russie, avec 3 et 4%.


 

emeraudes---la-taillerie.jpg                                        Emeraudes taillées - photo La Taillerie.


En joaillerie, l'émeraude est une des pierres les plus chères.

On les taille en "émeraude", (rectangles à pans coupés), ou en "ovale", en "poire", en "cabochon".

La présence très fréquente d'inclusions et de fentes, appelées poétiquement "givres " ou "jardin ", n'est pas un handicap ... elle confère au contraire son identité à une émeraude naturelle.

Certaines originalités cristallographiques sont recherchées : on parle de gemme trapiche, mot espagnol désignant une roue dentée utilisée dans le broyage du minerai. Une émeraude trapiche se présente comme constituée d'un noyau central entouré de six rayons (nous sommes dans le système cristallin hexagonal) développés dans parallèlement aux faces du prisme; les interstices sont remplis d'un mélange de couleur crème, accentuant le contraste. Ce n'est pas un macle, mais bien un monocristal.


3875_emeraudetrapiche01.jpg On distingue au centre un cristal parfaitement héxagonal, et autour 6 cristaux, qui sont venus se lier au centre, grâce à un ciment semi-cristallin, composé de métaux de couleur sombre, généralement des fluo-carbonates.

photo Frediani.fr

Pour d'autres photos, voyez le site de R.Warin.

 

L'identification des pierres, pour établir le lien avec le gisement ou identifier l'origine des pierres anciennes, se fait par spectrométrie de masse, et mesure des isotopes d'oxygène : le rapport 18O / 16O varie de 7 à 25 selon les gisements.

 

Un moment de rêve, mesdames ...

 

bague-emeraude---art-curial.jpg             Bague en or blanc / émeraude 22 carats (estimation 30-40.000 €) - ArtCurial

 

Chevaliere-or-decor-filete-emeraude-cabochon----artcuri.jpgChevallière or jaune à décor filleté / émeraude en cabochon 10,2 carats (estimation 4.500 €) ArtCurial / Alain Truong Canalblog.

 


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

Actu-4 1552 bis

 

                                                                                               ©JM. Mestdagh

 

Une olivine  - (Mg,Fe)2 SiO4 - est un minéral du groupe des silicates, sous-groupe des nésosilicates. Elle n'a pas le statut d'espèce reconnue par l'Association internationale de minéralogie, c'est le terme médian dans la série fayalite-forstérite.

La forstérite - Mg2SiO4 - est le terme de cette série qui ne contient pas de fer; la fayalite - Fe2SiO4 - est l'autre limite sans magnésium.

Elle cristallise dans le système cristallin orthorhombique. Elle possède un fort relief à l'observation au microscope polarisant, ainsi qu'une forte biréfringence, teintes vives du 2e au 3e ordre au microscope polarisant en lumière analysée.


L'olivine est le minéral dominant des péridotites, roches constituant le manteau. 

 

Actu-4-1790.jpg

                   Timanfaya  - Inclusion de péridotite dans du basalte  -  ©JM. Mestdagh


 

L'olivine est le premier minéral à cristalliser lorsqu'un magma refroidit. C'est pourquoi il est souvent présent dans les basaltes. Il peut cristalliser à une température d'environ 1 000°. C'est le premier minéral de la suite réactionnelle :

Olivine (Mg) -->; Olivine (Fe,Mg) -->; Pyroxène (Mg) -->; Pyroxène (Fe,Mg) -->; Amphiboles -->; Biotite (des hautes températures vers les basses températures).


Caractéristiques physiques et optiques :

  • Système cristallin : orthorhombique
  • Composition chimique : (Mg, Fe)2SiO4
  • Couleur : vert jaunâtre, vert olive
  • Dureté  : 6,5 - 7,0 sur l'échelle de Mohs.
  • Gravité spécifique : 3,32 - 3,35
  • Indice de réfraction: 1,65 - 1,69
  • Dispersion  : 0,020
  • Pléochroïsme  : incolore, vert jaunâtre, vert


 

250px-Diagramme basalte.svgModèle basaltique:       plan de saturation de la silice

  • opx:orthopyroxène
  • cpx : clinopyroxène
  • ab : albite
  • Ne : néphéline
  • Qz : quartz
  • ol : olivine

 

 

 

 

 

 

 

 Étant formées à haute température et en absence d’eau, les olivines sont très sensibles aux agents atmosphériques, à l’altération hydrothermale, au métamorphisme de bas degré impliquant l’hydratation, l’oxydation, la silicification ou la carbonatation. Elles s’altèrent en serpentine, chlorite, amphibole, oxydes de fer, talc. Les olivines répondent parfaitement à la loi de Goldich : « les minéraux sont d’autant plus vulnérables que leurs conditions de genèse diffèrent plus de celles qui règnent à la surface ».

 

Le péridot : nom donné à l'olivine lorsqu'elle est utilisée en joaillerie, comme "pierre fine". Son autre nom est chrysolithe, "pierre dorée" en grec.


C’est une pierre ancienne mais très populaire. Elle est si connue, et depuis tant d’années, qu’on en trouve même sur la joaillerie égyptienne, du début du second siècle avant notre ère.
Les pierres que l’on utilisait à cette époque, venaient d’une région située sur une petite île volcanique de la mer Rouge, à environ 70 kilomètres au large d’Assouan. Elle a été redécouverte vers les années 1900 et le gisement est, maintenant, constamment exploité.
Les anciens Romains en étaient déjà férus et ils en convoitaient l’éclat vert et brillant, qui est insensible aux variations de la lumière, même s’il s’agit de lumière artificielle. Ils l’appelaient "l'émeraude vespérale ».
On trouve des péridots en maintes églises européennes, où ils décorent des trésors divers. A la cathédrale de Cologne, par exemple, à l’époque de l’art baroque, le péridot, avec son vert profond, connut une époque florissante mais brève, avant de tomber dans l’oubli.

Le péridot est pourtant une pierre très moderne. Dans les années 1990, un gisement a été mis à jour dans la région du Cachemire. Les pierres qui en proviennent sont, en ce qui concerne leur couleur et leur transparence, d’une beauté unique. Ainsi, l’image de la pierre, qui s’était quelque peu estompée au cours des âges, a été remise "au goût du jour".

 

Pour convaincre la gent féminine, voici un exemple de réalisation moderne ... "avec sa couleur légèrement dorée, d’un vert chatoyant, le péridot est la pierre idéale pour être le complément d’une tenue estivale légère ", dixit un spécialiste.

 

2064R-bague-peridot--jewels-for-me.jpg                          Bague péridot / diamant - or blanc , réalisation "Jewel for me".

 


Sources :

- Péridot-Olivine , par R.Warin

- Roches magmatiques, par Dom.Decobecq

- Peridot, the gorgeous green gemstone - lien

- Joaillerie : site de "Jewel for me " / péridot - lien

   dix pages d'idées !

 

 

Ceci clôture la semaine sur Lanzarote . Encore un grand merci à mon ami Jean-Michel Mestdagh pour son partage d'images.

Un dernier clin d'oeil à César Manrique, avec son logo de Lanzarote, île-volcan, île-soleil.

 

Actu-4-2482-copie.jpg

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

Parler de soufre à un vulcanophile lui fait immédiatement venir à l'esprit des images de volcans, en particulier le Kawah Ijen ou Vulcano.

 

z--IMG_6219-copie.jpg       Vulcano - solfatare dans le cratère de La Fossa - © B.Duyck


Bien que le Kawah Ijen soit une des plus grandes réserves de soufre naturel d'origine volcanique, son exploitation à l'ancienne reste anecdotique au niveau mondial : 99% du soufre utilisé dans l'industrie est d'origine sédimentaire, c'est-à-dire associé à des calcaires, à des sulfates ou de la matière organique, hydrocarbures et lignite.

 

Caractéristiques du soufre élément :

 

Non-métal de couleur jaune pâle (jaune "soufre") de dureté 2, il est insoluble dans l'eau et soluble dans le sulfure de carbone CS2; solide à température basse, sa température de fusion est de 115,21°C, celle d'ébullition de 444,61°C.

Il se combine avec l'hydrogène pour former le sulfure d'hydrogène, gaz toxique à odeur d'oeuf pourri.

Il brûle avec une flamme bleue en émettant un gaz suffocant, le dioxyde de soufre.

Deux formes cristallines : des octaèdres orthorhombiques et des prismes monocliniques, la forme orthorhombique étant la plus stable à température ordinaire.

 

219_soufre01.jpg            Cristallisation de soufre et de calcite - auteur non référencé.


Le soufre d'origine volcanique :

 

Il provient de fumerolles riches en vapeur d'eau, dioxyde de carbone, sulfure d'hydrogène et dioxyde de soufre. Ces fumerolles, encore appelées solfatares (de l'italien "solfo" = soufre) sont à l'origine des dépôts de soufre.

En arrivant dans l'atmosphère, l'hydrogène sulfuré (H2S) réagit avec l'oxygène de l'air pour produire du soufre qui se dépose à la sortie des fissures, et en profondeur :

                  2 H2S + O2 -> 2 S + 2 H2O

Il réagit aussi avec le dioxyde de soufre (SO2) :

                  SO2 + 2 H2S -> 3 S + 2 H2O

 

Ijen-0223-MR---TB.jpg        Kawah Ijen, le soufre en feu - avec l'aimable autorisation de Th.Boeckel

       Un clic sur la photo vous mène vers son reportage et de superbes flammes !

 

  z-IMG_6236-copie.jpg

      Vulcano - cratère de La Fossa - bloc de soufre hauteur 35-40 cm. - © B.Duyck

 

z-IMG_6228-copie.jpg Vulcano - cratère de La Fossa -  évent fumerollien coloré par le soufre et le réalgar

(sulfure d'arsenic très caustique) - © B.Duyck


Inutile d'échantillonner les aiguilles de soufre de haute température ... au déballage, les beaux cristaux se seront transformés en une poudre sans intérêt de soufre basse température.

 

Le soufre d'origine sédimentaire :

 

L'association du soufre avec le gypse, le calcaire et la matière organique s'explique par son origine. En effet ce soufre provient la plus part du temps de la réduction des sulfates par de la matière organique :

          2 CaSO4 + 3 C* ---> 2 S + 2 CaCO3 + CO2

                   (C* étant le carbone organique).

Cette réduction peut avoir lieu de façon "minérale" pendant la diagénèse, mais surtout de façon "biologique" à l'intérieur du sédiment (avant la diagénèse, ou pendant sa phase précoce), sous l'action de bactéries sulfato-réductrices.

 

Le cycle du soufre :

 

Sulfur cycle

                                                                Doc.Wikipedia


Le rôle du soufre dans la santé :


Le rôle biologique du soufre est important : les acides aminés cystéine, méthionine, taurine, de même que des enzymes, contiennent du soufre. Les liaisons disulfure entre les polypeptides sont importantes dans l'assemblage et la structure des protéines.


Le soufre intervient activement dans la guérison des sinusites, rhino-pharyngites et autres infections respiratoires ; Son action locale est fluidifiante, anti-inflammatoire, anti-oxydante et anti-pollution.

Il est présent dans la kératine : solidité de la peau, des cheveux et des ongles.

Le soufre soigne également les affections articulaires.

Il stimule la sécrétion de la bile et participe à la détoxication hépatique.

Le soufre participe à l'activité nerveuse et la production d'énergie.

Ce macro-élément contribue à la respiration des cellules, avec un effet de détoxication.

 

Toxicité de l'H2S : 

 

  - Seuil de toxicité (mg/m³) : 14 

  - Seuil de perception (mg/m³) : 0,000 66

C'est-à-dire que notre système olfactif est capable de détecter cette substance en très faible quantité. Ceci nous permet d'être alerté avant une absorption pouvant être toxique. Ceci n'est pas toujours le cas pour toutes les substances nocives.

Attention, à partir d'un certain seuil, facile à atteindre, le nerf olfactif est paralysé et la détection du gaz devient impossible.

L'exposition à des concentrations inférieures peut entraîner des irritations oculaires et de la gorge, une toux douloureuse et une perte de capacité respiratoire. L'exposition à de faibles concentrations mais sur le long terme a pour conséquences : perte d'appétit, fatigue, maux de tête, irritabilité, vertiges et pertes de mémoire.

 

Toxicité du SO2 :

 

L'inhalation de dioxyde de soufre provoque une irritation du nez et de la gorge, une constriction des bronchioles, des difficultés respiratoires, aggravées par l'effort physique, des douleurs cuisantes aux yeux et un larmoiement.


Sources :

- La géologie des soufres de haute et basse températures -

  Eduscol - P.Thomas

- Le soufre du Kawah Ijen - Eduscol - PlanetTerre

- Volcanos of east Java - Thorsten Boeckel

- Effets du SO2 sur la santé - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie


















 

Bloc d'obsidienne d'arménie, d'où a été tirée cette lame de couteau, lors d'un stage archéologique à Guédelon. Le manche est en corne de cerf.


L’histoire de l’obsidienne se confond avec l’histoire des premiers hommes.

 

En Europe, l’obsidienne d’Arménie est née sur les flancs du Mont Ararat, l’endroit même où d’après La Genèse, Noé s’échoua à la fin du Déluge.

 

Les îles Lipari et Salina, dans les Eoliennes, furent occupées de façon permanente vers la fin du 5° millénaire av. JC ; attirés par cette extraordinaire ressource, les hommes du néolithique moyen exploitèrent le verre noir érupté par le Monte Pilato et le cratère de la Pirrera.

Ici se succédèrent grecs,romains, phéniciens, romands, et de Lipari, l’obsidienne fut exportée au travers de la Méditerranée, d’abord vers la Sicile et l’Italie méridionale, ensuite vers la Ligurie, la Provence et la Dalmatie.


En Afrique, l'utilisation semble limitée à l'Egypte et aux pourtours de la Mer Rouge.

Le Metropolitan museum of art de New York dispose dans ses collections de vases en obsidienne cerclé d’or datés des12° à la 18° dynasties, entre 1990 et 1293 av. JC. Elle fut utilisée pour réaliser les yeux de beaucoup de statues ; la réalisation la plus marquante est le masque funéraire de Toutânkhamon – 1323 av. JC.

 

masque_funeraire_toutankhamon_musee_caire.gif
La coiffure du masque est le traditionnel némès, noué en arrière en forme de catogan. Il est strié de bandes de verre bleu imitant le lapis-lazuli. L'uraeus et la tête de vautour en or qui ornent le front sont incrustés de pierres semi-précieuses et de verres colorés. Les yeux en obsidienne et en quartz sont rehaussés de rouge dans les coins. Les lignes de fard et les paupières sont en verre bleu incrustés tandis que la barbe divine, tressée et recourbée, est en or incrusté de verres. Les trous qui apparaissent au niveau de chacune des oreilles devaient supportés des bijoux. Le gorgerin est formé de rangées de lapis-lazuli, de quartz, d'amazonite et de verres colorés. Une tête de faucon orné d'obsidienne apparaît sur chacune des épaules.

 

Les prêtres égyptiens utilisaient des couteaux en obsidienne pour éloigner les énergies néfastes lors des cérémonies d’embaumement.

 L’obsidienne serait le témoin d’échanges commerciaux depuis le néolithique, entre les deux rives de la Mer Rouge, entre le Yemen et l’Afrique.

 

 

Peu de traces de l'utilisation de l'obsidienne en Asie ; seuls quelques rares objets et des bijoux témoignent de celle-ci.


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                     Umeke - Museul für Völkerkunde - Vienne

Ce type de petit bol devait servir à des fins culinaires, Le petit personnage servant de poignée a les yeux faits d'obsidienne et de nacre. - collecté lors du troisième voyage de James Cook en Polynésie.

 

 

Sources :

- L'obsidienne: un témoignage d'échanges en Méditerranée préhistorique - par Laurent Jacques Costa

- festival de Grangousier - taille de l'obsidienne.

  http://www.benevoleguedelon.com/article-31039003.html


Tout document, ou référence à l'obsidienne et à son usage en asie est le bienvenu pour compléter cet article.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

 

L’obsidienne fut utilisée depuis la préhistoire depuis l’antiquité et dans toutes les parties du monde.

 

carnetdevoyage mexique mexico teotihuacan taillerie obsidi

           Teotihuacan - masque réalisé partiellement en obsidienne -

                             photo carnets de voyage.net

 

C’est cependant la Méso-amérique qui nous donne les témoignages les plus complets , les plus illustratifs des conditions et modalités de  son utilisation.


L’obsidienne, le métal des Mayas ?

Lorsque les conquistadors espagnols pénétrèrent le territoire Maya, ils furent à la fois impressionnés par cette civilisation raffinée, mais aussi étonnés que les Mayas et les autres peuples de méso-amérique aient réalisé de merveilleux travaux artistiques et architecturaux sans utiliser le métal.

Les métaux, y compris l’or, n’ont jamais joué de rôle primordial ici ; il ne faut pas considérer pour autant que les Mayas et les Aztèques comme des « peuples de l’âge de pierre » … bien que leur technologie ait été marquée par la plus belle d’entre elles : l’obsidienne.

 

Des filons d’obsidienne sont exposés en certains endroits et l’exploitation localisée fut facile pour ces peuples. Des grands gisements situés dans les hautes-terres du Guatémala, El Chayal à 25 km. de Ciudad Guatemala et San Martin Jilotepeque à l’ouest de celle-ci, cet obsidienne a du être amenée dans tout l’empire. C’est d’ailleurs ce qui explique l’influence et la suprématie de Téotihuacan sur tout le territoire Maya / Aztèque : le monopole du commerce de l’obsidienne.

 

Mesoamerican obsidian sourc         Les sources d'obsidienne en méso-amérique. - carte Wikipedia.

 

Tracabilité :

L’obsidienne, composée majoritairement de silice, contient des traces de nombreux autres minéraux : césium, uranium, hafnium, cobalt en proportions variables selon les endroits. Chaque gisement a donc une « signature » exprimée par les concentrations des éléments traces dans son obsidienne locale. Ceci permet d’attribuer de façon précise certaines obsidiennes à des lieux d’exploitation déterminés et d’en décrire le commerce et ses routes.

 

Différentes utilisations :

La roche vitreuse revêt une grande importance pour les Mayas, car de ses blocs ils peuvent fabriquer tout un éventail d'outils. Les Basses Terres possèdent des ateliers spécialisés où l'on transforme les blocs d'obsidienne bruts en nucléus presque sphériques Une pression adroitement exercée avec un crochet en bois suffit à détacher du nucléus des lames aiguisées comme des rasoirs. Avec des coups bien placés, on parvient aussi à fabriquer en peu de temps toute une quantité d'autres outils, tels que des poignards et de grands couteaux. Dès qu'un outil est usé ou brisé, on le jette ou on en confectionne un autre à moindres frais. La technologie de l'obsidienne est peu coûteuse en argent et en temps, ce qui fait d'elle une véritable alternative au travail trop onéreux et plus laborieux du métal.

 

582px-Aztec Warriors (Florentine Codex)        Guerriers aztèques armés du macuahuitl - Codex Florentin - Doc. Wikipedia


L'obsidienne sert aussi à fabriquer les armes et outils sacrificiels des mésoaméricains. Un bel exemple : le macuahuitl, un objet précieux à plus d'un titre ; le guerrier peut infliger de sévères blessures aux ennemis grâce aux lames d'obsidienne qui garnissent les deux côtés, tandis que le sommet émoussé permet d'assomer un individu en vue de sa capture pour un sacrifice ultérieur.

Cependant, pour les Mayas, toute la valeur des produits en obsidienne ne repose pas, en premier lieu, sur le travail effectif, mais sur son origine exotique. C'est la nécessité d'acheminer la marchandise de régions lointaines qui fait de ce matériau un produit de luxe. L'étude d'habitations mises au jour prouve que les outils en obsidienne n'étaient utilisés que par un petit groupe de privilégiés de la société maya. Les moins fortunés devaient se contenter d'ustensiles en silex plus friable, mais présent dans les Basses Terres.


De cette précieuse obsidienne, on a également réalisé des bijoux et des objets cultuels. Les fragiles figures d'une extrême finesse en forme de lames, mais également d'animaux et d'êtres humains sont des objets spectaculaires et excentriques fabriqués uniquement en guise d'offrandes.

 

vase aztèque 18 cm. roches ornementales.com       Vase aztèque en obsidienne (hauteur : 18 cm) - Doc. Roches ornementales.com

 

Valeur mystique :

Beaucoup d'entre elles dédiées aux dieux ont été trouvées sous les stèles, autels et entrées des maisons. Quand on un prince, on déversait à l'entrée de sa sépulture des milliers de petits éclats d'obsidienne. Même si ce rite n'a toujours pas été interprété, il montre néanmoins toute la signification, symbolique de, ce matériau dans la culture maya. 

L'obsidienne a été fréquemment utilisée pour les rituels d'autosacrifice par prélèvements sanguins; l'obsidienne était considérée comme "le sang de la terre" et dès lors son usage lors de ces sacrifices revêt un caractère symbolique.


D’Amérique du nord, ne nous restent que des pointes de flèches ou de lances/javelots, ainsi que quelques bijoux, considérés bien souvent par les indiens comme des talismans. Là aussi, la localisation des nombreux filons et coulées d’obsidienne, pour la plupart localisés à l’ouest des actuels Etats-Unis et au Yellowstone, a permis de mettre en évidence des échanges commerciaux axés sur l’obsidienne. (on a retrouvé de l’obsidienne provenant du Yellowstone dans la vallée du Mississipi)


En Amérique du sud, et en absence de métallurgie, l’obsidienne a eu la même importance pour les Incas. La plus ancienne civilisation connue sur cette portion de continent, les Mochicas, pratiquait des sacrifices humains pour se concilier les éléments, et maitriser les phénomènes climatiques (El Nino). Des couteaux d’obsidienne étaient utilisés pour ôter le cœur des prisonniers afin de l’offrir encore palpitant aux dieux.

Dans l’île de Pâques, les yeux des Moai "Kavakava" , petites statuettes de bois, ont leurs pupilles façonnées en obsidienne.

(plus de détails sur le site : "Beauté et mystères de l'île de Pâques" , de Jean Hervé Daude - photo)

 

Sources:

- Obsidian use in mésoamerica - Wikipedia

- Beauté et mystères de l'île de Pâques - Jean Hervé Daude

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

Un peu de minéralogie, avec la pierre que je préfère :

 

                                  l' Obsidienne.

 

Son nom vient du latin obsidianus, transcription erronée d'obsianus, qui signifie "pierre d'Obsius" ; Obsius étant, d'après Pline, un romain supposé avoir découvert cette pierre foncée en Ethiopie.

 

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 Ethiopie - triangle Afar - obsidienne et cassures conchoïdales -© B.Duyck  2007

 

Plus scientifiquement, l'obsidienne est une roche volcanique vitreuse, de couleur sombre, provenant de laves acides riches en silice et visqueuses, remontant rapidement des profondeurs ... et où toute cristallisation est inhibée.

Pourquoi cette inhibition ? :

La chimie des laves acides induit une forte polymérisation de celle-ci, ce qui a comme corollaire une forte viscosité (allant jusqu'à 1012 Pa.s); cette grande viscosité limite la diffusion des éléments et donc la cristallisation.

 

Ce verre volcanique le plus souvent de couleur noire, peut présenter d'autres colorations selon sa composition.

Ce sont la présence d'ions metalliques isolés ou entrant dans la composition de microcristaux, l'état d'oxydation du fer (2+ ou 3+) et la rapport entre les ions ferreux et ferriques dispersés dans la masse vitreuse qui seront à l'origine de la coloration acquise par l'obsidienne. Les variantes sont : noire, gris-noir, rouge, rouge-brun plus ou moins striée, plus rarement verdâtre.


 

L'aspect "arc-en-ciel" dans l'obsidienne gris-noir est liée à la présence de micro-cristaux d'hédenbergite.

Dans la brune, ce sont les ions ferriques dominants qui influencent la coloration; la coloration noire est liée à des nano-particules de magnétite et au transfert de charges entre ions Fe2+ et Fe3+ piégés dans l'obsidienne.

 

L'obsidienne présente une cassure conchoïdale, c'est à dire une cassure franche courbe et lisse, à surface onduleuse, les ondulations s'arrangeant concentriquement à partir du point de choc à l'origine de la cassure ( aspect de l'intérieur d'un coquillage) ; on l'appelle aussi "cassure en cul de bouteille".


 

Cassure-conchoidale---Aline-Denis.JPG Cassure conchoïdale d'un bloc d'obsidienne brune flammée - photo Aline Denis/Wikipedia.

 

Dans certaines obsidiennes, des clusters - des inclusions - de cristaux blancs de cristobalite (SiO2) formés lors du processus de dévitrification donne un aspect "flocon de neige" : on est en présence de "snowflake obsidian".

 

obsidian-snowflake-rough.jpg

                                                 Document Wikipedia.

 

Une autre particularité : les "larmes d'Apache" : ce sont de petits noyaux d'obsidienne noyés dans une matrice blanc-gris de perlite; cette structure se met en place en milieu lacustre.

 

obsidienne_larme-d-apache-ds.perlite---carionmineraux.jpg

          "Larmes d'Apache" dans leur matrice de perlite - photo Carionminéraux.


L'obsidienne se présente en soit en filon, soit en coulées, épaisses et toujours d'étendue courte à cause de la viscosité des laves d'origine.

 

Yellowstone_7963-copie.jpgYellowstone Nat.Park - Obsidian Cliff - le filon d'obsidienne se trouve au niveau de

 la cassure (pointe du grand sapin à droite) © B.Duyck  2009

 

 Big obsid.flow - Vicky Jean Beauchamp FLICKR                       Newberry - Big Obsidian flow - coulée d'obsidienne -

                                              photo Vicky Jean Beauchamps.


L'obsidienne se rencontre sur tous les continents. Pour ne citer que les localisations plus connues:

- en Europe : les coulées des Eoliennes - Lipari et la coulée "Pietre Cotte" de Vulcano -, celles des îles Canaries, les coulées islandaises telle que celle de Laugahraun à Landmannalaugar, mise en place en 1477 et dont l'épaisseur varie entre 20 et 40 mètres. Aussi en Hongrie et dans les Cyclades.

 

Teton 6186              Vulcano - Obsidienne de la coulée Pietre Cotte - © B.Duyck  2008


 - aux Amériques : au Mexique, au Pérou, sur l'île de Pâques, de nombreuses régions aux Etats-Unis ; voir les articles récents sur le Big obsidian flow / Newberry et Glass Mountain/Long Valley.

- en Asie : En Arménie, au Japon e.a.

- en Océanie : Nouvelle-Zélande.

 

Obsidienne et pierre ponce, deux aspects d'une même roche :
Un fragment d'obsidienne chauffé lentement dans un four se transforme subitement en pierre ponce à une température bien
précise, située entre 700° et 800°. En quelques secondes son volume peut décupler.
Ce sont les myriades de bulles microscopiques de gaz renfermés dans l'obsidienne qui gonflent toutes en même temps et confèrent à la pierre ponce son aspect vacuolaire et sa faible densité.

(expérience non conseillée !)

 

L'obsidienne a été beaucoup utilisée dès la préhistoire pour façonner des armes, des outils et des objets rituels ... nous analyserons demain "la relation entre obsidienne et cultures".

 

Sources :

- Colorations des obsidiennes par A.Djemai in "Terre et Volcans"

- Obsidienne versus bordure figée - par H.Bertrand & O.Dequincey

  Eduscol - ENS Lyon - Planet Terre

- Northwest research obsidian studies laboratory - localisation

  des gisements d'obsidienne dans le NO. des Etats-Unis.

- Obsidian reports - divers articles référencés

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